‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 76 sur 143 · STÉRILITÉ · texte numérisé non relu

STÉRILITÉ

côté de récartompiit et à quelques lignes en dehors. 11 j)ut ainsi disse(iuer des deux côtés vers le milieu, deux lambeaux qu'il renversa de manière à rendre nasale la muqueuse buceale ; ces lambeaux furent ensuite réunis sur la ligne médiane par quelques points de suture. » (Vidal, loco cit., 258.)

Procédé de M. Bonfils. « Ce chirurgien conseille de tailler sur la voûte palatine un lambeau dont Tétendue est en rapport avec la perte de substance éprouvée par le voile ; ce lambeau est disséqué d'avant en arrière, tiré en bas et mis en contact par la suture avec les bords avivés de la perte de substance du voile. » (Vidal, ihid.)

Procédé de M. Felpeau. « Une circonstance importante à noter , c'est que la membrane tibro-muqueuse du palais avec sa dureté, son peu de vascularité, se prête mal à la formation de larges lambeaux; et que s'il convient de donner à ces lambeaux plus d'un demi-pouce de long, ils se mortifient presque inévitablement en tout ou en partie. L'ayant essayée de cette façon , ayant vu que le lambeau s'était gangrené dans la moitié de son étendue, quoiciu'il eût une large base , et que je l'eusse emprunté à la racine du voile du palais , je me suis arrêté au procédé suivant.

« Deux rubans de tissu, longs de six à dix lignes, ayant la forme d'un triangle un peu allongé, sont tailles l'un en avant et l'autre en arrière de la perforation. Disséqués et abaissés l'un vers l'autre, réunis à l'aide d'un point de suture par leur sommet, ces lambeaux laissent chacun une plaie dont le rapprochement des bords resserre peu à peu la fistule dans tous les sens. On peut d'ailleurs, pour aider au succès, pratiquer de temps à autre une incision longitudinale sur les deux côtés du trou a fermer. On pourrait en pratiquer aussi de transversales sur la racine de chaque lambeau, lorscju'ils sont convenablement revivifiés. C'est ainsi que je me suis comporté chez un jeune homme devenu tristement célèbre, et qui, par suite d'un coup de pistolet, conservait un trou long de huit lignes et large de six dans la voûte palatine. » (Velpeau, loco cil., p. 680.)

'J'ous CCS procédés , et quebiiies autres que nous passons sous silence, peuvent trouver une heureuse ai)|)lication suivant les cas; ce n'est guère qu'en presenee du malade (|u'on peut faire un choix.

STÉATOME. {V. Tumeur.)

STKUCOUALE. (Tumeur) {V. Intestin.)

STEIULITÉ. Un vice de conformation apparent ou caché des parties génitales de la femme ou de l'homme s'oppose à la consommation de l'acte reproducteur, c'est là l'impuissance; il faut entendre par le nom de stérilité un état des [>arties ou des individus qui rend nul l'acte de la copulation, bien qu'il puisse s'elfectuer: seulement, dans ce cas, la conception ne peut être produite, beaucoup d'auteurs, et même des plus modernes, ont confondu ces deux états, ce qui a jeté quelque obscurité sur ce sujet.

Nous n'avons que peu de chose à ajouter à l'article Impuissance pour compléter ce que nous devons dire sur ce sujet; tous les vices de conformation des organes génitaux, tant chez l'homme que chez la femme, qui ont été indiqués dans ce chapitre , et qui déterminent l'impuissance, sont nécessairement des causes de stérilité, puisqu'ils portent obstacle à l'accomplissement de la fonction qui seule peut permettre la conception. Dans ces cas, le diagnostic est facile ; mais il n'en est pas de même si le médecin est consulté pour des cas de stérilité proprement dite, ou mieux d'infécondité, tant il existe de causes souvent inappréciables qui peuvent l'occasionner. Ici, l'on ne peut faire que des hypothèses; en effet, comment reconnaître dans beaucoup de cas si l'infécondité dépend de la femme ou du mari? Combien de femmes, qui avaient été stériles pendant un grand nombre d'années, sont devenues fécondes après dix , quinze , vingt et même vingt-deux ans de mariage ! Combien de femmes n'ont pas d'enfans avec un premier époux, et en ont facilement avec un second ! On a encore pu voir des individus inféconds pendant toute la durée de leur union, qui ont cessé de l'être l'un et l'autre lorsqu'ils ont été séparés et ont contracté de nouveaux rapports. En général , on peut admettre que les conditions suivantes nuisent à la féconilité. L'irritation pro-

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(luite ou pntretcnne par rc\*eroico i-rpctc (iu coït. .AI arc a remarqué {Dictionudire des sciences médicales, t. vi, p. 28») que les filles publiques produisaient fort [xmi d'eufans. Une statistique du docteur Hesson établit qu'il y a peu de conceptions dans les premiers mois du mariage, IM.

Villermé a constaté le même fait pour les premiers jours et les premières semaines des unions. Souvent le cancer, les llueurs blanclies, les pertes utérines ont été une cause d'infécondité, mais il n'en est pas toujours de même. Les déplacemens de l'utérus ont aussi entraîné les mêmes conseipiences. Des dispositions particulières du tempérament ont encore été remarquées ebez des femmes stériles; les femmes cliari,'ées d'embonpoint, celles qui sont grandes, maigres, et n'offrent aucun (lè\eIoppement des mamelles, celles dont les formes se rapprocbcnt de celles de riiommc , celles qui se livrent avec beaucoup d'ardeur aux plaisirs vénériens, sont souvent infécondes.

On ne peut tracer des règles de traitement (jui puissent diriger les praticiens qui seront consultes pour des cas analo-

gues ; l'examen attentif des organes génitaux, la coimai>sance parfaite des babitudes et de la constitution des personnes pourront seules mettre sur la voie •. disons seulement que c'est dans l'bygiène et non dans la matière médicale qu'il faudra cbercber les remèdes nécessaires pour prévenir ou [)0ur combattre cet état avec quelque succès. ( f^. Impuissance.)

STi:r.\r.M (maladies du).

yl. Fractures. <f Les fractures du sternum sont assez rares à cause de la position de cet os, qui est soutenu et comme suspendu par les cartilages des côtes ; à cause du grand nombre de pièces dont il est forme jusfpi'a un âge assez avancé, cl du tissu spongieux dont il est compose. Lors(jue cet accident a lieu, il ne peut être produit <|ue par une cause externe qui agit directement sur Tendroit de l'os où la sdbilion de continuité arrive. 11 s'ensuit que la fracture est toujours accompagnée de contusion ou de plaie aux teguinrns, et d'une affeclion plus ou moins grave des organes contenus dans la poitrine. A la faveur de l'élasticité des carlilaj^os des côtes , T't de la mobilité (prils

prêtent an sternum ; celui-ci pouvant être facilement porté en arrière par une cause qui le presse en ce sens, il en résulte un cbangement de forme et une véritable dimimition de la poitrine. Or cette ca\ilé, toujours exactement remi)lie , ne peut éprouver de cbangement considérable et rapide sans exposer les viscères (pi'elle contient à une compression proportionnée, à une violente contusion, ou même à qiiel(]ue rupture, d'où peuvent résulter des épancbemens graves ou même mortels. Aussi a-t on vu la contusion du poumon , celle du cœur, la rupture de ces mêmes organes, être la suite de percussions sur le tborax qui avaient causé la fracture du sternum. On sent que ces effets doivent être l)eaucou[) i)lus à craindre lors(|ue la fracture .est avec enfoncement d'un ou de plusieurs fragmens d.ins l'intérieur de la poitrine. Dans certains cas il se fait dans le tissu cellulaire du médiastin antérieur un êpancbement de sang et du suc médullaire dont le tissu spongieux de l'os est abreuvé, ce qui peut causer riiiflammalion , la suppuration, et donner lieu à la carie. Les i)oumons peuvent aussi être blessés par la cause qui a occasionné la fracture, ou par la dépression d'un des fragmens de l'os. L'empbysème peut devenir une autre complication de ces accidens, ainsi qu'on le voit d.uis une observation rapportée par Flajani. » (Sam. Cooper, Dict. de chirur., t. r, p. 4S5'; Taris, iS2r>.)

Il existe des faits positifs qui prouvent que des fractures du sternum sim[)les en apparence, ont été suivies d'accidens formidables. Duverney rapporte u qu'un jeune liomme jouant aux (juilles , après avoir jeté la boule, penchait le cor[)s vers la terre. Le cbangement de but fit qu'en re|)èlanf cette situation , il tomba sur un gros caillou «pii lui enfonça le seccmd os du steinum avec fracture et esrpiille; il resta mort sur la place, .le lis l'ouverture de la poitrine, et trouvai, outre la fracture, le pericanb^ déchiré , et l'oreillette droite divisée en trois ou quatre lambeaux »( Malad. des os, t. i, p. 254). Un carrier, travaillant sous o-uvre, couché sur un côte, reçut une |)ierrc sur la poitrine, qui lui enfonça la seconde pièce du sîtTimin ; il iiiourui sur le champ. A Tau-

STERNUM

topsie, on trouva les fwumons et le cœur déchirés ( ibid. , p. 235 ). Un autre reçut sur la poitrine une pile de bûches chez un marchand de hois , le sternum fut fracturé en travers, deux cartilages des côtes furent détachés de leur adhérence au ster-

num, et les tégumens déchirés : la réaction thoracique a été violente ; mais , grâce aux saignées répétées , elle a été conjurée et le malade a été guéri. {Ibid.)

On a avancé que le sternum ne se fracturait que par cause directe. Gela est vrai généralement ; cependant il existe des faits qui prouvent que cet os peut aussi se rompre comme une corde tendue par SCS deux bouts. David a rapporté le cas d'un maçon qui étant tombé sur le dos sur la barre d'une chaise, se fractura le sternum en travers. Le docteur Grando de Corse a observé une femme qui, en soulevant une lourde charge d'olives, pour la placer sur une charrette, a senti un craquement et une vive douleur à la poitrine; à Texamen , on a trouvé le sternum fracturé en travers, le fragment inférieur chevauchant sur le supérieur.

{Bévue médic, 1855, p. 192.) On trouve un fait analogue dans l'ancien journal de médecine (t. xxxvi) ; il s'agit d'un homme qui s'est fracturé le sternum en tombant sur les pieds.

En général , les fractures du sternum sont transversales et ont lieu entre la première et la seconde pièce ; c'est là aussi que cet os se rompt ordinairement lorsqu'on le soulève de bas en haut dans les nécropsies. Quelquefois la fracture est oblique, toujours dans la moitié supérieure; et dans quelques occasions elle est étoilée , c'est lorsqu'elle est produite par des coups de feu ou par des causes analogues. Ges fractures de la moitié supérieure sont les plus graves à cause du voisinage des organes thoraciques. Gelles de la moitié inférieure sont plus rares et moins graves; cependant, on a vu la fracture de l'appendice xyphoïde s'accompagner d'enfoncement de cette partie vers le péritoine et de symptômes graves dépendant de la compression de l'estomac : mais ces cas sont fort rares. (Monteggia , Instit. chir.^ t. IV.)

En résumé, les complications des fractures du sternum se réduisent aux suivan-

tes : 10 comminution ; co qui peut entraîner des abcès graves du médiastin, des nécroses fâcheuses, etc. ; 2° saillie ou enfoncement d'un des fragmens avec ou sans lésion des viscères sous-jacens (cœur, poumons , estomac) , ce qui peut donner lieu à une mort prompte ; 3" plaie externe, plus ou moins grave. Gette complication peut , au dire de J.-L. Petit, s'accompagner d'un tel gonflement qu'il fasse méconnaître la fracture , môme lorsqu'elle existe avec enfoncement ; ce qui serait très fâcheux. «J'ai ouvert, dit-il, le cadavre d'un homme mort de cette maladie; il avait un gonflement gangreneux qui occupait tout l'extérieur de la poitrine et toute l'étendue du cou jusqu'au menton , et je lui trouvai une enfonçure du second os du sternum qui comprimait le cœur:

il y avait beaucoup d'eau sanguinolente dans le péricarde et dans les côtés de la poitrine. Si cette maladie ne conduit pas toujours à des suites aussi funestes , on doit craindre au moins qu'elles ne laissent souvent de grandes incommodités.» (Maladies des os, t. ir, p. 101.)

« Les fractures du sternum sont faciles à reconnaître aux inégalités que l'on trouve en promenant les doigts sur sa surface, quelquefois à la mobilité des fragmens pendant les mouvemens de la respiration, et même à la crépitation. Quand il y a enfoncement, la douleur, la toux, l'oppression , jointes aux signes locaux que l'on peut obtenir d'ailleurs, surtout s'il y a plaie aux parties molles , ne laissent pas de doute sur l'état des parties. » (Boyer, Malad. chirur., t. m, p. 143.)

Les terminaisons sont variables selon l'état de la lésion. Si la fracture est simple, elle se termine heureusement. Il en est autrement dans le cas de certaines complications. « J'ai remarqué, dit J.-L*- Petit, qu'un homme était sujet à une toux sèche avec palpitations de cœur et difficulté de respirer, depuis qu'il avait eu le sternum enfoncé dans la partie inférieure du premier et supérieure du second os ; parce que les enfonçures qui n'avaient point été relevées faisaient bosse en dedans, et gênaient la respiration.

«Le crachement de sang, la toux violente et fréquente, les étoulTemeiis et la fièvre sunl des symptômes presque inséparables

oro

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