STER^U^T
d<' la fracture du sternum. Soiiveiit iiu-inc la douh'ur et les aulres syinplùnies subsistent a[)rès la réduction des os, surtout quand on la néglige. Il «e forme même abcès sous le sternum ; les malades crachent le pus, et ont tous les symptômes de la péripneumonie. » {Loco cit.)
A. Pare nous a conserve un fait extrêmement curieux d'une fracture du sternum produite par une balle (pii enfonça la cuirasse et l'os slernal à la fois ; le malade a craché le sang pendant trois mois. " L'an 1505, je fus envoyé par le commandement du ddunt roy de Psavarre, lieutenant-général du roy, pour penser AnUioine iJenand, seigneur de Ville- Pseufiie, chevalier de Tordre du roy et gentil-homme de sa chambre, capitaine de Ô()(i hommes , lecpiel fut blesse, près la porte de la ville de Menu , d'un coup de mousquet au milieu du sternum, dont sa cuirasse enfonça les os du sternum ; qui fut cause qu'il tomba par teire comme mort, iettant grande quantité de sang |)ar la bouche : et en cracha par l'espace de trois mois après. Et pour réduire les os, i'y proceday connue i ay dit ; et récent parfaite gnerison,estanta présentvivant. u (Liv. XI n, chap. 10.)
Les faits et les considérations qui précèdent font déjà pressentir que le pronostic offre de la gravite dans beaucoup de cas de fracture du sternum.
Le traitement présente en général les mêmes indications que celui des autres fractures. Lorsf|ue la fracture est simple, un simple bandage de corps et ime compr«!sse en plusieurs doubles sur le lieu de la loion sufli-ent. Un fait rester le malade couche sur le dos ; et l'on se lient prêt à ])re<crire une ou plusieurs saignées si la (lys|inée devenait intense , ou s'il se développait des symplùmes d'inllammation lhoraci(|ue.
Si les fragmens chevauchent, il faut les réduire d'abord. Tour cela il suflit le j>lus souvent de faire asseoir le malade sur un tabouret , et de lui porter les deux épaules en arricre en même truq)s (pi'on lui pousse Pé[)ine dorsale en avant à l'aide d'un genou placé eiUre les « paules. La r»'duction s'opère spoulancment |ipn(lant cette m.UKi'uvre , sinon ou l'accomjilit en exerçant quelques pressions avec les
mains sur le fragment inférieur. Il s'agit alors de la mainleiura l'aide d'un bandage en S de chitlrc autour des épawles en arrière, d'une pyramide de compresses sur le fragment inférieur, et dun bandage de corps serré par-dessus. Ces moyens ont été employés parlai. Grando et par d'autres avec succès.
.l.-L. Petit donnait un antre précepte qui n'est pas à dédaigner, pour opérer la réduction. « Pour relever le sternum avec les mains il faut, dit-il, presser la poitrine de droite à gauche et de gauche à droite et forcer ainsi les côtes à s'avancer en devant et à élever le sternum en jioussant leurs cartilages; et s'il est impossible de réussir avec les mains dans cette opération, il ne faut faire» aucune didiculté, surtout si les accidens pressent, d'inciser sur le lieu frapi)é pour découvrir la fracture et relever les os avec lelévatoire, le tirefond ou autres instrumens. L'exemple des fractures du crâne nous autorise. » {Loco cit., p. 103.)
A. Paré s'exprime de la manière suivante : « Or, pour réduire cet os, il faut, dit-il, situer le malade comme nous avons dit en la réduction de l'os claviculaire, à sçnuoir, le mettant à la renverse; et luy mettra-on un cpiarreau sous son dos, puis sera foule sih' ses épaules contre-bas, et avec les mains on réduira l'os, pressant les costi s d'un costé et d'antre : et feraon de sorte que la réduction soit bien faite. Puis après on appliqtiera les remèdes ci -dessus mentionnés , pour prohiber rinflannnation et seder la douleur. " {Loco cit'ito.)
Ce précepte d'appliquer ini corps rond entre les épaules lors(pic le malade est couché , a été aussi recommande par iMonteggia et Majaui ; non seulement pour réduire la fracture , mais aussi pour la maintenir réduite.
Si ces diiïercns procédés échouaient, conmie cela arrive chez les sujets dont les cartilages costaux ont perdu leur flexibiliie , Duverney prescrit de coucher le malade sur le côté , sur un corps résistant, et d'aiiplupier sur le côté opposé le-; i)aumes (\v> mains sur l'elendue des vraies côtes, «n les comprimant de derri'-re en (levant en FFiêmc temps qu'un
STl-UNUM.
aide pousse répinc dorisale d'arrière en Lor.s(|uft , cependant, avant. {I^oco cit., p. 257.)
«( Lorsqn'il y a une dépression très grande de l'os fracturé, il faut faire les incisions nécessaires pour relever la portion d'os poussée en dedans ou pour extraire les esquilles qui peuvent s'être détachées ; mais il n'est pas souvent néces-
saire de trépaner le sterinnn , soit pour soulever la partie d'os déprimée ou pour livrer passage au liquide épanché. Dans le premier de ces cas, je crois , avec M. Ch. Bell, que l'application du trépan n'est jamais convenable ou nécessaire , quoique le chirurgien ptiisse être appelé pour extraire des esquilles. Cette opération peut cependant être quelquefois convenable lorsque des abcès se forment sous le sternum ou que l'os est nécrosé , et qu'il est probable que la nature n'effectuerait la séparation des parties mortes que lentement. Les fractures du sternum sont en général occasionnées par des coups de feu; aussi, dans la plupart des cas, présentent-elles plusieurs esquilles qu'il devient nécessaire d'extraire. A la bataille de Marengo le général Champeaux reçut une blessure de ce genre , et vécut plus d'un mois après. Le nombre des esquilles était si grand , que les baltemens du cœur étaient visibles dans une étendue assez considérable à l'endroit où on fit leur extraction.') (Sam. Cooper, oux). cité.)
Les symptômes de compression thoracique qui surviennent quelque temps après la fracture ne dépendent pas toujours de l'intropression des fragmens , une collection purulente formée derrière le sternum fracturé a produit quelquefois ces symptômes ; on ne l'a pas soupçonné; on a agi sur le fragment présumé déprimé : en attendant , le malade est mort et Ton n'a reconnu la véritable cause qu'à l'autopsie ; on lui aurait peut-être sauvé la vie si ou l'eût trépané ( de La Martinière, Mémoire sur l'opération du trépan au sternum) .
Dans tous les cas , il importe dans le pansement de fixer les parois thoraciques à l'aide d'un bandage de corps; afin d'obliger le m;ilade à respirer par PabdoiTien : dans ce but , il e^t aussi utile de lui tenir les cuisses fléchies sur le bassin à l'aide de deux oreillers sous les jarrets.