‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 79 sur 143 · MENS · texte numérisé non relu

MENS

STIMULAIS, (r. MÉDICAMENS.)

STOMATITE. On api)elle ainsi l'inflammation de la muqueuse qui tapisse la cavité buccale. Cette maladie a été surtout étudiée dans ces derniers temps par M. Guersant et Billard , et plusieurs espèces différentes ont été établies par ces auteurs. Suivant M. Guersant ( Diction, en 21 vol. , art. Stomatite , t. xix, p. 524), les variétés de la stomatite peuvent se rapporter aux cinq divisions suivantes : 1° stomatite simple; 2° stomatite aphtheuse (aphlhes); 5^ stomatite crémeuse ou pultacée (muguet) ; 4° stomatite pseudo-memJ)raneuse ou couenneuse; 5» stomatite gangreneuse. Billard a admis également cinq divisions, dont plusieurs correspondent à celles de IVl. Guersant; ce sont : 1« la stomatite érythémateuse { stomatite simple de M. Guersant ) ; 2» la stomatite avec altération de sécrétion (stomatite crémeuse de M. Guersant); 5° la stomatite folliculeuse (stomatite aphtheuse de M. Guersant) ; 4» la stomatite ulcéreuse ( non décrite par M. Guersant) ; S Ma stomatite gangreneuse (id. de M. Guersant). Dans ces derniers temps, Dugès, dans le Dictionnaire de médec. et de chir. prat. (t. m , p. 188), et M3I. Delaberge et Monneret dans leur Compendium de médecine pratique (t. I, art. Aphthes, p. 207) ont décrit sous le nom d'aphthes les différentes phlegmasies de la bouche. Nous avons dit ailleurs (/^. t. i de ce Dictionnaire, art. Aputhes, p. 411) que le mot adopté comme générique par ces auteurs devait être seulement appliqué à une variété, {f^. les mots Aphthes, Bouche [gangrène de la] et Muguet.)

I. Stomatite érythémateuse. Causes. Elle se montre souvent chez les très jeunes enfans, surtout à l'époque de la première dentition et lorsque l'éruption se fait laborieusement. Billard attribue la fréquence de cette affection chez les nouveau-nés à l'état habituel de congestion

dans lequel se trouve chez eux \^ membrane buccale. On [leut d'ailleurs la rencontrer à tout âge. Quant aux causes directes locales, ce sont l'action de corp.s chauds sur la muqueuse et spécialement des bois.sons ; les effets immédiats de substances acres, vénéneuses ou caustiques introduites dans cette cavité. Des contusions , des plaies, les diverses opérations qui se pratiquent sur les dents , l'accumulation du tartre autour de ces organes, peuvent également déterminer une stomatite. Cette phlegmasie peut se montrer pendant le cours dune variole , et alors la muqueuse est souvent parsemée de pustules plus ou moins volumineuses; d'autres fois elle est le résultat de Textension d'une inllammalion située plus profondément, d'une pharyngite, d'une amygdalite , par exemple. Elle coexiste assez souvent avec une phlegmasie de Teslomac ou du tube intestinal ; elle est alors symptomatique.

Symptômes. « La douleur, souvent très vive , augmente encore {)ar le passage de l'air froid, par le contact des corps étrangers et même par celui de la langue seule. Pres(jue toujours les malades accusent un sentiment de chaleur plus ou moins incommode. Rarement la rongeur est distribuée d'une manière uniforme ; plus souvent elle est pointillée et disséminée par plaques. Le gonflement ., quelquefois peu considérable, est toujours bien plus prononcé aux gencives qu'ailleurs. Les fonctions de la bouche sont troublées ; la mastication, la parole et la déglutition s'exécutent avec douleur; le goût même est parfois altéré , et il s'établit un ptyalisme plus ou moins abondant.

» A moins que l'inflammation ne soit très intense ou qu'il n'existe en même temps une angine des voies aériennes ou digestives, il est rare qu'on observe des symptômes généraux. Quelques malades se plaignent de céphalalgie, de soif, d'inappétence ; la chaleur générale est augmentée et le pouls notablement accéléré.

(Guersant, art. cité., p. 525.)

Presque toujours les phénomènes d'une stomatite érythéniateuse simple, rougeur, chaleur et quelquefois sécheresse de la muqueuse buccale , précèdent les autres formes , mais spécialement la stomatite

STOMATITE.

couenncuso ot \c inuguot. « L'innaïuinalioii se borne dans (|iiol>iues cas à nue seule partie de la bouche, tandis que dans d'autres elle comprend cette cavité tout tMilière , et vient parfois s'étendre aux le\res, qui se lunielient , s'excorient, se fendillent et deviennent queUjuefois le i^ivgeAlcVhcrf'Cit iabialis.>'(VÀ[\i\ri\,Trailc (Us matad. des enf. nouvcau-ncs^ p. IDl», Paii«;,i«os^.)

« La marche de cette plilegma-ic, dit 3Î. Gnersant, est ordinairement aiguë.

Après trois , (piatre , six ou huit jours au plus on voit tous les symptômes diminuer peu à peu, et la maladie se t<'r!i)iner [)ar lesolulion. Quehpjefois repiiiu'liu;n se <lelache , se roule et s'enlève dans les endroits où l'inllanimaîion était la plus vive, (."/est surtuui lorscju'elle a été [)roduite ])ar quelque causti(|ue on ])ar un corps cliaud que cette résolution de l'epiderme a lieu. » (Guersaiit . art. cité ^ \). o-io.] JJans ('crtains cas , les tissus subjacens ]);irticipent à l'inflammation : ainsi le tissu cellulaire peut être engorge, hypérémié ; d'autres fois il est infiltré de sérosité , «pdémateux ; dans d'autres cas, enfin, une sécrétion pundente a lieu , et le pusse réunit en abcès. C'est surtout aux gencives que ces petits foyers purulens s'établissent.Ouand l'alTection est liée avec une |)hlegmasie gastro-intestinale chronique , avec une maladie dartreuse, elle peut passer à l'état chronique. Il n'est pas rare alors, dit Hillard , de voir un ptyalisme assez abondant, surtout clie/ les enfans de sept à neuf mois. Oiiand la mala lie dure depuis très long-lem[>s, on a vu le li.ssu cellulaire sous-muqueux s'indurer, devenir comme fd)reux ou même sqiiirrheux, et cet état persister pendant a^sez long -temps. On com[)rend que dans les cas où celte |thh'gma*jie serait très intense ot très opiniâtre, il i)ourrait y avoir ébranlement et même chute des dents; mais cet accident s'o])";erve f-urtont dans la stomatite mercurielle dont nous parlerons plus bas.

Diagnostic. La rougeur, la chaleur et les autres phénomènes de la stomatite erylheniatcuse empêchent (ju'on ne puisse confondre cette phh'gmasie avec aucune autre maladie ; seulement , au début , il

siriq)le que ron observe n'est pas le prélude d'une des formes pseudo-membraneuses ou i)ultacees. L'existence ou l'absence d'une épidémie de di[)htherite ou de muguet serviront beaucoup pour décider cette (luestion.

Pronostic. Quand ralTeclion est idio- [lathicpie, elle est généralement légère et se dissipe facilement ; mais , comme nous l'avons dit, elle [>eut passera l'état chroni(|ue et devenir même assez rebelle.

Traitement. Le traitement de la stomatite est essenlieilenient anti-phlogistique ; dans les cas simples , on se bornera à l'usage de liqueurs mucilagine\ises: les décoctions de racines de guimauve ou de figues grasses , seules ou coupées avec du lait, données en boisson ou que l'on fera retenir dans la ])ouche sans les agiter. Quand les doulcurssont assez vives, on peut remplacer les lotions par des fumigations éinoliicntes administrées au moyen d'un entonnoir comme dans le coryza ( A^. ce mot). Quelques révulsifs légers sur les extrémités, pediluves ou cataplasmes sinapisés appli(|ués siu* les jambes , des lavemens emolliens ou légèrement laxatifs, tels seront les moyens à mettre en usage. Quand l'inflammation est plus intense, on applique des sangsues à Tangle de la mâchoire inférieure; et même, s'il s'agit d'un adulte vigoureux et pléthorique, on pratique une saignée générale : en même tenq)s le malade est mis à la diète ou assujetti à un régime assez severe. b'il y a des abcès , il faut les ouvrir; quand ralfcction est chronifiue , on peut avoir recours aux fumigations et aux lotions res(diUives de sureau, de décoctions aromatiques. S'il y a les engorgemens indurés dont nous avons parle, des frictions sous la mâchoire avec la pommade d'iiydriodate de potasse poiirront être très utiles; des lotions avec une liqueur ioduree auront encore de bons résultats.

IL Stom\titf: couknneusk {stoniacace , (jangri'ne de la houchc de cpielques auteurs ; Ktomatite pscudo-membra?ieuse , stomatite diphthéritiquc de M. Hretonneau). Cette variété esta la stomatite simple ce que l'aui-ine couenneuse est à l'angine inflammatoire , le croup à la laryngite, etc. C'est la forme la plus simple c'bi iiijpubsiblo de i»rcvuir ti la i)ldcgmabic de celte atrccliou comi)lexe à laquelle

STOMATITE.

IVI. Bretonneau a assigné sa vérital)le place no?ologi(|ue et. (iiic nous avons décrite au mot DiPii'jiii'jiuTE.j

(Jauscs. La sloiiialito couenncusc peut se rencontrer à tout âge ; mais elle allecte plus souvent les enfans i]ue les adultes, et ceux ci que les vieillards, lille peut se présenter dans une foule de conditions diverses ; elle est lanlôL sporadique, tantôt endémique, tantôt épidémi(|ue. Sporadique, elle attaque les sujets pauvres, mal nourris, logés dans des habitations froides et humides, etc. On la rencontre dans le cours de certaines lièvres graves, elle s'observe quelquefois dans le cours de certaines affeclions chroniques , telles que la phthisie , le cancer de l'estomac. Elle est endémique dans des lieux bas , obscurs , malsains, dans lesquels l'air n'est pas souvent renouvelé, dans des hôpitaux, des prisons , des cavernes ; la mauvaise alimentation paraît jouer là un assez grand rôle. La stomatite diphthéritique est épidémique dans les cas d'encombrement de personnes malades ou même saines dans des localités étroites et mal situées. Du reste, dans ces cas, la cause cessant , on voit la maladie disparaître. C'est sous cette forme qu'elle a été si bien étudiée par M. Bretonneau en 1818.

L'abus du mercure donne lieu à une stomatite couenneuse dont nous parlerons à propos du diagnostic ; elle est connue par les auteurs sous le nom de stomatite mercurielle. Cette affection ne paraît pas être contagieuse.

Symptômes. M. Guersant en a donné • une excellente description que nous allons suivre dans ce paragraphe.

« Les gencives , les commissures des lèvres, leur face postérieure et la paroi interne des joues , sont , avec la pointe et le pourtour de la langue , les parties sur lesquelles siège ordinairement la stomatite pseudo-membraneuse ; le plus communément elle est bornée à un seul côté, mais sans qu'il en soit toujours ainsi : comme on Ta prétendu à tort. «(Guersant, art. cité, p. 526.)

Le même auteur partage en quatre périodes la marche de la maladie.

Première période. On voit apparaître à l'intérieur de la bouche de petites plaques d'un blanc grisâtre , oblongues ou

irrégulièrement arrondie.^; ou mémo, rondes; ces plarpies sont ordinairement précédées de roug(Mir, d'une chaleur itîcommode et d'une douleur plus ou moins cuisante qu'exaspèrent le contact des corps étrangers et des substances irritantes. Ln même temps Thaleine contracte une odeur fétide et les ganglions sous-maxillaires s'engorgent et devicruient un peu douloureux. Cet engorgeinent est très im[)ortant à noter ; car, clu z les jeunes sujets , c'est souvent le seul indice (jui met sur la voie pour reconnaître les commencemens de la maladie.

Deuxième période. « Les plaques s'étendent et s'agrandissent, elles deviennent grisâtres , noirâtres ou livides ; un cercle rouge les entoure et forme une sorte de bourrelet saillant qui les fait paraître enfoncées. Des laml)eaux plus ou moins considérables de fausses membranes se détachent, et sont remplacés par d'autres. La langue est gonflée, et elleolfreà son pourtour un liséré grisâtre , sinueux, inégal , qui reçoit et conserve l'impression des dents; la même chose a lieu à la face interne des joues , à Tendroit où les dents supérieures et inférieures se réunissent. Des lèvres, la maladie a bientôt atteint les gencives quand celles-ci n'en ont pas été primitivement le siège ; elle gagne la sertissure des dents et, détruisant les moyens d'adhérence, en détermine l'ébranlement et la chute consécutive ; les lèvres et les gencives sont boursouflées et saignent au plus léger attoucliement ; la bouche, constamment enlr'ouverte , laisse écouler une salive abondante et sanieuse, l'haleine exhale une odeur excessivement fétide et des plus repoussantes , le gonflement des ganglions circonvoisins augmente , la face se tuméfie et devient quelquefois très rouge du côté malade, le pouls s'accélère, il existe de la céphalalgie, une anxiété [)lus ou moins vive , et les malades sont ordinairement privés de sommeil.

Troisième période. « Dans la troisième période , l'affection ne fait pas communément de progrès; la rougeur s'étend un peu plus, il est vrai, mais le gonflement est moins considérable : les fausses membranes commencent à se résorber, ou bien elles restent stalionnaires et passent à l'état chronique.

STOMATITE.

Quatrième l'èriode. « Danf^ la quatrième nt (leniit'ie période , l'elat îles jiarties varie suivant que la maladie se termine par résoluliou ou qu'elle passe à Tétat de gangrène. IJans le pi eniier cas c'est par le centre des plaques ou [)ar leurs hords que cornmenee la résorption; bientôt il ne reste plus (pi'uii simple liséré blanchâtre , qui disj)araît peu à peu lui-UK-ine : l'épithélium se reproduit alors, et la maladie ne laisse absolument aucune trace dans les points où elle existait. La terminaison par },'angrène est assez rare ; mais dans certains cas rinllammation couenneuse se termine par résorp:ion dans un point , à la joue ou à la lèvre par exemple , tandis (pTailleurs elle est suivie de la mortification com[)lètedes tissus. » (Guersant, art. cité^ p. o27.)

Quant aux caractères anatomiques spéciaux de la muqueuse el de la fausse membrane , nous renvoyons à ce que nous en avons dit aux mots Angine, Group, \)ivh-

TUÉlUTi:.

Diagnostic. Personne mieux que l\î. Bret(uuieau (Des in/l.sprc. du tis. iiinq.Vixn.i^ Isa»), sec. mem.) n'a distingue la stomatite diplilliérique des alFections «jui peuvent la simuler. Dans radeciion gangreneuse , dit-il , et il veut parler de la gangrène de la bouche (y. ce mot) , la mortifieition s'étend rapidement, et vient bientôt se manifester en dehors par une eschare cutanée de la joue. Gette eschare est circonscrite [)ar un gonllement œdémateux. La fétidité de la slomacace diplnheritique est ]<eul-èlre i>lus re[)ou»;s;uite que celle de la véritable gangrène. Dans le sphacèle , les tissus organiques frappes de mort conservent (pielqui! t(Mnps leur texture, et une certaine consistance ; les concrétions diphtlii'riiiques au contraire sont toujours Jacdes a déchirer, et on peut au uioins les détacher des surfaces enflammées qu'elles recouvrent et (jui laissent tre.s facilement tianssufler le sang.

Les caractères cpii distinguent la stomacacc diphiherilique de rinllammation roucnneu>e mercuriellesont plus dilliciles à saisir; mais , des le début , la phlogose mereurielle envahit d'ordinaire les den.v côtes de la bouche : la lan<jiic tic tumrfic; les pseudo-meiid)ranes , plus miitces et plus concrètes , revêtent des surfaces ex-

coriée«î. Enfin les circonstance*; cnmmémoralives achèvent d'eclaiier le diagnostic. (Brelonneau, loco cit.)

Quant au scorbut^ avec lequel on a souvent confondu cette maladie; l'absence des autres signes propres au scorbut , et souvent des causes qui peuvent [iroduire celui-ci, feront éviter Terreur.

Pronostic. Dans les cas ordinaires la stomatite couenneuse est plutôt grave par ses complications (pneumonie , phlegmasies gastro-intestinales, elc.),(jue i)ar ellemême ; cependant il faut noter que la terminaison par gangrène, bien (pie très rare, peut survenir comme Tout noté MM. liretonneau et (iuersaiit et amener la mort.

Traitement. Dans la première période ou s'en tient au traitement de la stomatite simple : émolliens ou émissions sanguines suivant les («as. Si les ganglions maxillaires sont engorges, douloureux, on mettra autour du cou des cataplasmes en cravate , et des sangsues s'il est nécessaire. L'eréthisme inllammatoire une fois dissipé , c'est aux moyens l(»piques (pi'il faut avoir recours; el ces moyens sont à peu j)rès les mèines que ceux dont nous avons déjà parlé à Toccasiou de l'angine gangreneuse : tels sont le mélinge d'acide chli)rhydii(iue et de miel déjà recommandé par > an-Swielen. La proportion d'acide varie suivant le degré de rinllammalion, depuis un (juart ou un tiers jusqu'à la moitié ou les trois-quails : (pielquefois même on peut porter sur la mucpieuse buccale Pacide pur et même concentré. L'application (ie l'acide hydrochloritpie pur ou mèh; avec du miel j-e fait au moyen d'un j)etit pinceau de charpie que l'on trempe dans le (olluloiie. Ou fait celte application loutes les Niiigt quatre ou (piaranleliuit heures, et on doit continuer pendant plusieurs jours. Quand la phiegmasie occupe le boni des gencives, il faut, à l'aide d'un petit morceau de bois pointu ou d'une lleche de papier roulé , faire pénétrer le caustique dans les intervalles des dents.

M. liretonneau, ayant beaucoup vanté l'usage de la poudre d'alun réduite en |)àtc à l'aide d'un peu d'eau ou de salive, M. (iucrsaiit l'a expérimentée ; mais il l'a trou\ee inférieure a l'acide chlorhydriiiue, bien qu'elle ait (juchpiefois réussi dans des cas où ce dernier avait échoué. M. Breton-

STOM

noaii a encore donné la formule suivante , (jiii peut (Mrn fort, avantageuse : eau , 120 grammes; acétate deplomb^ 50 centigr. ; vinaigre, 8 grammes ; a/coo/ , 15 gram. J.e chlorure de chaux, étendu d'eau en (lilTérentes proportions, est utile pour corriger la fétidité de l'haleine. On a aussi parlé de la poudre de calom.el employée à peu près de la même manière que la poudre d'alun, etc.

M, Bretonneau , et il est imité par M. Guersant et une foule d'autres praticiens, détruit avec le nitrate d'argent les boursouflemeus indolens des gencives. Du reste on emj)loiera les boissons rafraîchissantes , les légers laxatifs , etc. Quand on craint la gangrène , les gargarismes au quinquina et les cautérisations peuvent entraver la marche de ces accidens. (F. plus bas Sto:matite gangreneuse.)

La stomatite couenneuse mcrcurielle se traite à peu près de la même manière , M. Guersant vante beaucoup le borate de soude à la dose de 2 à ^i grammes pour 480 à 250 grammes d'eau. M. Jardon , dans un îMémoire récemment publié sur ce sujet (Jouni. des conn. méd.-chir. , t. VI, 2' série, p. 36-62, an. 1859), fait surtout consister le traitement dans l'emploi des purgatifs minoralifs et des diaphorétiques, pour entraîner l'expulsion complète du mercure: condition sans laquelle la guérison est lente et se fait long-temps attendre.

Quant à la prophylaxie de la stomatite couenneuse en général, nous en avons énuméré les causes ; il faut les éloigner, faire changer l'habitation , le genre de vie du malade , assainir les lieux qu'il habite , éviter l'encombrement, etc.

III. Stomatite ulcéreuse. Les ulcérations de la bouche ne sont pas toujours la suite des aphthes proprement dits (/^. Aphthes). Billard a parfaitement posé l'état de la question sur ce sujet. « On voit , dit-il , chez les cnfans nouveau-nés et chez ceux qui s'éloignent plus ou moins de l'époque de la naissance se manifester dans la bouche d'autres ulcérations que celles qui succèdent à la désorganisation des follicules. Ces ulcères occupent indifféremment toutes les parties de la cavité buccale, j'en ai vu survenir au frein de la langue, à sa base, à la face interne des

ATITI^. 2rô

joues et à la voiMe palatine. 11-; peuvent avoir lieu de diverses manières. »

La description des ulcérations de la bouche que IM. Dugès a donnée dans l'article Aputues du JJict. de méd. en 15 vol. (t. III , p. 196) ne se rencontrant aussi complète dans aucun autre traité , nous la transcrivons textuellement ici ; nous intervertirons seulement un peu l'ordre qu'il a suivi , et nojis avertissons le lecteur que par aphthes il faut entendre ici stomatite.

Causes. « On voit quelquefois, dit-il , paraître les aphthes ulcéreux chez les sujets arrivés au dernier degré de la diaihèse cancéreuse ; chez les phthisiques, il s'en forme aussi fréquemment à la gorge, aussi bien qu'au pourtour de l'anus , signes à peu près certains qu'il en existe encore de plus fâcheux dans le canal intestinal. Leur éruption semble tenir à une constitution épidémique, ou à l'air vicié des lieux que les malades occupent. Un mémo ordre de causes a produit aussi sous m.es yeux, en 1817, des apluhes ulcéreux nombreux et profonds à la face interne des joues, chez les scrofuleux de l'hôpital des Enfans.

Symptômes. « Les aphthes ulcéreux sont isolés , souvent peu nombreux (nu seul quelquefois), rarement accompagnés de fièvre ou précédés par elle, à moins qu'ils ne soient une conséquence du muguet ; ils lui succèdent en effet quelquefois.

*> Un point rouge, rarement couvert de muguet , leur donne naissance ; ils s'agrandissent rapidement en surface , et cette surface est grise: les bords, coupés assez nets , sont rouges et douloureux , mnis rarement offrent-ils les contours sinueux qui caractérisent fréquemment les chancres ; jamais ils n'ont autant de profondeur, de dureté , jamais ils ne font des progrès aussi considérables et ne persistent pas avec la même opiniâtreté. Si leur durée est longue, c'est d'ordinaire parce qu'il s'en forme de nouveaux après la disparition spontanée des premiers. Cette dernière circonstance suffit déjà pour les distinguer des ulcères , d'ailleurs plus profonds , qu'occasionne la saillie d'une dent fracturée ou anguleuse qui irrite et déchire la langue ou la joue \

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!;i saillie est (V.ùilLMiri^ f.icile à reconiKiitr..' : iii.ii"^ (jncl'HK l'ui«< c'est la miKjiX'iisc hoiirsoii/li'n jiar niic iiillaininalion préliiiiiiiairt' (]iii vient se placer dans les aicades «Jeiitaii'es conformées connue de couiuine. L'ulcération est alors longitudinale; et une sorte de crele (|ni répond à l'intervalle des arcades , sijj;nale la nature du mal et sa cause. Quant aux nlceraiions produites ]>ar la salivation mercnrielle , les antécédens sont trop évidens ; et la salivation même, le gonflement des glandes du cou, l'odeur de flialeine, sulliraicnt pour faire ésiter tonte e(juivofpie.

traitement. <( Les aplithes ulcéreux idiopathi()ues se dissi[>ent facilement en ])en de jours, sans aucun traitement; plus opiniâtres, ils exigent:-!*^ des soins de[)ropreté ; 2'> des anli-phlogistiques , tels que lolions, gargarismes,fomentalii:ns(n] bains (le nature émolliente ; 5» s'ils diu'ent de- ])uis quelque lem[)s , que la douleur dimiiiue , ainsi que rinflaiinnalion cpii les entoure, on se trouvera bien des gargaiismes ou des lolions acidulées ; c'est par 1( nr emploi (viiiai,'re) que je faisais disparaître certains aplithes e[)id('miqnes ; 4" d;ins (jnelcpies circonstances, Iciu' tenacile a cède seulement à l'alcool de coclilearia «'tendu (Teau ; parfcjis même il a fallu louclicr la surface ulcérée avec un cristal de sulfate de fer; deux fois le nitrate d'argent a seul pu amener la cicatrisation , et celait, du moins dans un de ces deux cas, sur les amygdales que siégeait l'ulcère. »

IV. Stomatite gangrkneusk. Il ne faut pas confondre la stomatite gangreneuse avec la maladie toute spéciale (jne lions avons dicrite sous le nom de gangrriic (le la liouclie, La sloinalitc gangreneuse siiccfile , soit à l'une des formes i\\\v nous venons fie décrire, soit aux aplithes pro|treMienl «lits. I-^lle ailaijue d abord la mu'pieose buccale, et s'étend même rareiiienl au delà ; tandis que la gangrené de la boni lie nualiit d'cmhlce les parties woUcs jrofovdc^. Celte forme a été anciennement confondue avec la stomatile cournneuse, dont elle oITre quelques caractères; mais les tra\aux de MM. Bretoineau, (',uer<ant et liillard ont fait ressortir les dillerences qui bcparcnt ces deux maladies.

ATITE.

Les causes de la stomatite g.iiigrénense sont celles de touti's les alleclions de même nature ; on ro])serve suilout chez les très jeunes sujets, et spécialement chez ceux (jui sont placés dans des conditions débilitantes, rencombrement, Ihabilation dans de^ localités mal-daines, etc.

Symplônies. Billard les a décrits avec sa précision accoutumée. Lorsque les aplithes, dit il , passent à l'état gangreneux, leurs bords se flelrissent, prennent un aspect brûlé , déchiré et mollasse ; souvent il se forme à leur centre une eschare brune (pii bienUM se détache et laisse assez souvent une surfacevermeille etgranulée. Au lieu d'une eschare le centre de ruicére fournit quchpielois une matière réduite à la consistance de bouillie, d'une couleur brune et d'une odeur gangreneuse très évidente. Les paities en\ironnanles se tuméfient , prennent un aspect violacé et sont molles et faciles à déprimer. Pendant ce temps la bouche de l'enfiint , toujours entr'ouverte , laisse découler une salive fluide et filante; la face pâlit; le malade reste assoupi , abattu , et s'éteint insensiblenif'nt sans avoir olFcrlde réaction fébrile ni d'excitation cérébrale : son pouls reste toujours d'une faiblesse extrême et sa |.eau est remarquable par si pâleur et son insensibilité. A ces symptômes s'ajoutent souvent les vomissemens, la diarrhée, la distension du ventre et cpichpiefois le ho(|uet et des régurgitations frctpienlcs. >» ('.iillard , oiiv. cit., p. i2ti5.)

L-omme le fait remar(juer l'auteur que nous venons de citer , cette terminaison est extrêmement funeste ; car elle se montre ordinairement à une époque où l'enfant épuise par les progrès anlèiieiirs de la jihlegmasie dont il est atteint ne laisse plus |;ri»e aux agens lliéiapenti(|U(S: mais (piand il est assez fort pour sullire au tia- \ail de l'élimination, on voit l'eschares'entour<'r d'un cercle rouge , la boiJcli(; (hîvient plus douloureuse et (|uelques pli(!noniènes «le réaction se déclarent. l-Lnfin au bout (](\ quelques jours une su[)puration de bonne nature environne la portion sfthacelée, qui s'est séchée, racornie et ne tarde pas à se détacher. La solution de contimiilé (pii résulte rie la chute de l'e.schaie se cicatrise et l'enfant est guéri. Mais celle terminaison est malheureuse-

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