‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 86 sur 143 · STRYCHNOS · texte numérisé non relu

STRYCHNOS

STRYCIINOS.Conrfi (le plantes (le la famille «les apocynées, i)('Mlaii(liie(iiji;ynie,L.,<l<)nl |)resquc loiiles les espèces conslilueiit des a<^eiis in(''(iicamenieux énerj^iques. Nous ne p.nleroiis (pie <le deux espèces , la noix vomique et la fève Saint- Ignace, en leur adjoiiinant les deux alcaloïiies auxquels doivent èlre rapportées leurs propriélés phy.siologiques, la biMiciiie et surlouL la strychnine.

I. Noiv voMiouE. C'est la graine du vomiquier (.sn'//r////o.v 7nix vomira, L.), arbre de grosseur médiocre qui croit dans l'Inde. Elle est très plate, orbiculaire. d'un gris vcrdàlre, inodore, très dure, d'une saveur très amère, nauséeuse et persistante.

IF. FÈVE Saint-Ignace. Graine du stnfchnos Ignatii, Lam., espère de liane qui croit depuis les Philippines jusqu'à la Cochinchinc. Celte semence a la grosseur d'une praline; gris - noirâtre ; comme pierreuse ; d'une amertume considérable.

MAI. Pelletier etCaventou y ont découvert la strychnine et la brucinc. Elle contient de l'igasurate de strychnine, de l'igasurale de brucine, de la cire, une huile concrète, une matière colorante jaune, de la gomme, de l'amidon et de la bassorine.

La lève Saint-Ignace a la môme composition chimique que la noix vomique; seulement elle contient bien plus de strychnine et inoins de brucine que cette dernière.

m. Strychnine. A l'état de pureté , elle est sous forme de très petis cristaux blancs, inodores, très amers; fusible, volatile.

IV. Brucine. Pure, elle est en cristaux prismatiques ou sous forme d'écaillés nacrées ayant l'apparence de l'acide borique; inodore mais très amère, et acre.

On a expérimeijlé sur les animaux l'extrait de noix vomiijue. Les chats, les chiens et les lapins sur lesquels Desportes, Wagcndie et Delilïc essayèrent celte substance moururent, comme asphyxiés, à la suite de con- Iractioiisspasmodiquoset tétaniques, avec une raideur qu'on pourrait assimiler à celle du tétanos, associée à une insensibilité absolue. Les chèvres, qui peuvent résister, comme on sait, à l'action de plusieurs poisons végétaux, meurent par celui-ci. Les nécropsies ne décèlent pas la moindre trace de phlogose chez les sujets qui ont succombé à l'action de ce poison. La fève de Saint-Ignace produit les mêmes elï'ets que la naix vomitjue.

Si l'on fait prendre à un homme bien portant de la fève Saint-Ignace ou de la noix vomique à petites doses, on produit toujours des spasmes douloureux aux muscles des membres; d'abord aux membres inférieurs, ensuite aux membres supérieurs : quelquefois il y a flux de ventre avec nausées , et des picotemens dans les extrémités. Bergius a déterminé , avec des doses un peu plus fortes, des vertiges , des tremblemens dans lous le corps, des mouvemens convulsifs, des ueurs froides et des défaillances.

Les eff(ît» de la .«;trychnine sont plus lerribh.'S encori! ; et à des doses minimes, elle «Iclruil prompUînient la vie. BrollVrio rapporte le cas d'un individu (pii mourut en très peu de leuips avec 10 t'enligranimes seulement; il observa en même temps l'action particulière de cette subsiaMce sur la moelle épinière, oh-^ervaiion confirmée depuis par d'autres. P.ardsley porta la dose jusqu'à 7 centigrammes (Jans les vingt-quatre heures, et il a vu des aecideiis graves se déclater: tels (pje des vertiges, des vomissenierîs, l'abaissement du pouls, de la dillicullé dans lu respiration, de lanxiélé, des contractions tétaniques dans les nu-nibres , et une sueur aboridante vers la télé. Ce praiicien parvint à calmer ces phénomènes à l'aide des stinmlans diirusibles, tels «pie l'alcool, l'éther, etc. Pvliipiel en a apaisé les efleis à l'aide de la morphine. Un élève en médccuie s'est empoisonné avec une fève de Saint-Ignace, et il a été parfaitement guéri moyennant l'alcali volatil à la dose de Ci gouttes répétées tou.< les quarts d'heure. Après 1. s vomitifs, les opiacés ont été regardés comme les meilleurs remèdes contre l'empoisonnement par la noix, vomique par Alibcrt , par ilichler et par d'autres.

L'action de la sîrychnine et des substances qui la fournissent est donc hyposlhénisante. Cependant, quelques expériences faites par le professeur Bi^raudi, tant sur lui-même que sur l'un de ses cièves, sembleraient, au premier coup d'oeil, établir que cet agent est doué d'une action stimulante. Ces deux observateurs ont commencé par avaler chacun 2 centigrammes 1.2 de noix vomique le premier jour; ils augmenièrent cette dose graduellement tous les jours jusqu'à ôdécigram, lis commencèrent leurs expériences dans une chambre chauffée à 1.% degrés (Réaumur) ; c'était vers le mois d'octobre 182-2. l's éprouvèrent d'abord de l'élourdissement et une confusion dans les idées, de l'obscurcissement dans la vue, quelques douleurs à la tête, à l'oreille gauche, le long de l'épirie dorsale, aux membres, au ventre. Leur teint s'anima, leur langue devint rouge et le pouls plus fréquent que d'ordinaire; quelquefois pourtant il a été plus lent et plus faible. Ils éprouvèrent des spasmes. Plus tard la céphalalgie se dissipa, quoique les autres symptômes, tels que la dilatation de la pupille, la lourdeur dans les membres, les borborygmes, la chaleur et la douleur à l'épine dorsale et au plexus brachial, i)ersistasseni encore pendant quelque temps. IM. Beraudi a considéré la douleur à la tête, la rougeur de la langue et des yeux, l'accélération du pouis et les autres phénomènes comme des symptômes d'excitiitlon, et il a cru pouvoir conclure que les effets de la strychnine étaient excitans. « La conclusion eût été logique, dit M. Giacomini, si ces effets eussent été réellement produils par la noix vomique; mais j'ai de fortes rai-

sons pour croire qu'ils tiennent h des circonstances accossoiips niai appréciées, lellcnienl ils iiH' [i.iraisscnt on coniradit lion avi'C l'ol)scrvadoii jomrialicro. Ondoil rctnar(|ucr, en clTet, (pic les deux cxpérinuMilatcurs se sont jjIai'Cs dans une tcnipcralure cMcvée , la chambre étant très chaude. Or on sait que , chez heauconp 'Je personnes, la chaleur détermine des conizeslions vers la l6lc, et l'accélération du pouls. Knccliveinenl ces |)hénomènes se sont déclaré^ an^sitôl après lintieslion de la siil)slanee déiclere, c'esl-à-ilire lorMiuelle n'avait peul-élre pas encore com menée à opérer , et ils (estèrent quelques heures plus tard . précisément lorsque le poison aurait dû faire seruir davantage S(ui «ictior). Avant de prendre la sul)Stance vénéneuse, le pouls mar(]uait T."), T(j ou 78; ce qui n'est ()as ordinaire chez riiomme bien jtorlaul : à moins d'êlre jil.icé dans une temjieralure élevée, comme devant un poêle allumé. D'ailleurs ils éprouNèrenl à peu près les mêmes phénomènes, lorsqu'ils prirent «l'abord une dose prescjue insijinilianic de ii centiLTammes el demi, et lorsiiu'ils en prirent 7)0 eeniipranunes. II faut remarciucr en outre (pie, jtar cet;e dernieri! dose, le pouls de M. IJeraudi s'abaissa, dans l'espace d'une <lemi-lieure , de S jmlsalions, el de deux autres après une seconde demi -heure; tandis (pie dans l'expérience précédente, à 20 centiiirarTunes , le pools avait baissé de ipulsations du nombre (ju'il présentait avant rexp(''ricnrc. ce «pii esl tout à l'ail en opposition avt'c les déductions de ce professeur et s accorde, au contraire, avec l'action hyj)osthénisante. r, [Trnduct. de In phartnarol. , p. .S.",5.)

La brueine exerce une action idenliquc dans le rapp(ut de I à 10; I\l. Andral pré tend même (pie ce rafiport est de I à 24. (Pelletier, Din. ilrux-d., 2«"é(l., t. vi, p. ITu)

Dans le cas d'empoisonnement par ces di- \'erses substances, l'école ilalieiuie, ^'uidée par ses idées dlnposlhénie , conseille de combattre dynanni]iiemenl les accideus produits, en administrant des af;ens excitans, l'opium cl ses alcaloïdes, l'éther, le vin, l'ammoniaque, etc. Nous ne nous refuserions pas san> doute, en pareille circonstance, à recourir ii ces a^ens si les sympi("»mes présentés par les sujets nous paraissaient les jndiqM( r ; mais, eu somme, nous croyiuis cju'il vaudrait mieux suivre en tout point le traitement conseillé par INI. Orlila , et (pie nous avons fait connaître en parlant de la rcque du Levant. (1 . t. m. i». W.)

Les Arabes sont b's premiers (pii aient emplové la noix vomi(lue Coinine médicament; mais c'est depuis la lin du dernier siècle qu'on en a fait iisa^e en lhera|)eulique.

La dysenterie est une des maladies contre laquelle la noix vomiipie a montré le plus il cilicacilé. lla^strocm a prouse par (pieltiues

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