‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiques (volume 2)Chapitre 87 sur 143 · STRYCHNOS · texte numérisé non relu

STRYCHNOS

centaines d'observations, rutllitê de cette substance dans une épidémie de cet te maladie; il faisait [irécéder son administration |)ar l'eni- |)loi de la rbiihai be. Dans une autre éiddémie semblable, llufeland en a fait usacecluz lU) malades avec un succès complet. Au début, il employait I ipécacuanha.

On a tenté aussi la noix vomique contre l'épilepsie, la raire, etc. Le fameux spécifi- (|ue aniiépilepti(]iie (lui a fait la fortune de !MM. Wcilz père el tils, n'élait autre chose (lue la lève de Saint-knaee en poudre.

I\L Fouquier, rélléchissant aux expérience-; de MM. Alajiendie et Delille . |)ensa que, puinjuc la noix vomicpie pioduisail des spasmes létani(pies dans les muscles, elle jjourrail , en portant la même action sur ceux à qui le mouvement est soustrait, le leur rendre en tout ou en partie. Celle heureuse idée, mise en pratique dès LSll , avec niélliode et prudence, fut suivie d'un succès, sinon jzénéral , du moins assez m.ir<pjé pour faire époque dans le traitement de la paralysie. Voici les circonstances principales de l'admiiiisliation de la noix vomi(pic lirées des mémoires de ce praticien. C'est ordinairement une demi-heure après que le malade a pris celte substance qu'elle a^it ; selon que la dose est |)lus ou moins forte, les nniscles sont .soumis à l'enqiire de la volonté ou au moins les muscles parahsés sont saisis d'une con- Iraclion forte et permanente. Ce spasme se développe d'une manière imperceptible, et s établit en même lernps dans toutes les partics qu'il doit allecter. Il s'élève bient<U , et le plus souvent en quelques miniiles , au point de ri^idiie (pi'il doit atteindre. Tous les muscles du tronc el des membres [)araissenl écalement passibles de celle impression, mais elle est ordiiiairemenl |dus faiblement et plus tardivement ressentie par le diaphragme. C'est |)our cela que le léianos {général , accidenlellenient produit par cctt(î sub'ilance dans (piebiues cas , n'a jamais été funeste ii pers(»niie. La contraction spasmo- (lique des membres paralysés esl souvenl !a seule qui ail luu ; la noix vomique n'a;;it alors ipie sur les parties malades, qui en sentent d'autant plus l'action (piClles sont plus paralysées ; elles sont si peu fautantes que la plupart des malades peuvent dormir en les é[irouvanl. On observe que la {luérison est (l'aulanl plus sOre , que les contractions ont été plu.s luarquces.

La puissance médicinale de la noix vomi- (pie ne se manilcste pas toujours par les phénomènes ra[)porlés ci-dessus. 11 n'y a (luelquefois (pi'iin serrement de poitrine produit , un seiiiiment d'ap|)reliension incommode, (Ml bien un Iressailbnient soudain el iiislanlane , ou encore une si-iisalion de chaleur vive et une exaltation considérable de la sensibilité dans les |)arlies malades ; d'autres fois ce sont des (oiirmillemens ou des

STRYCIINOS.

picolcmcns doulouroux , des baltemens , des tiraillerneus , une sorte de crampe ou de bouillonnement , qui annoncent l'action secrète et salutaire de celte substance. Indépendamment de ces phénomènes, qu'on peut appeler spécifiques , il en est qui tiennent à l'action primitive de ce médicament sur le conduit alimentaire, ou qui résultent secondairement de l'impression que le système nerveui en reçoit. L'appétit augmente presque toujours pendant son administration ; les évacuations alvines deviennent plus rares ; elle occasionne une sorte d'ivresse à plusieurs paralytiques , même lorsqu'elle est prise à forte dose. Elle entraîne des accidens beaucoup plus importans , lorsqu'elle est administrée sans règle et sans mesure ; un tétanos général en peut être l'enet , et alors la difficulté de parler , d'avaler , de respirer, de rendre les urines , etc. , cause l'anxiété lu plus pénible au malade : il s'agite, il se tourmente , il s'offraie, son cœur palpite, tout son corps est baigné de sueur. Toutefois, cet appareil menaçant n'a pas de danger ; bientôt le calme se rétablit de lui-môme, le spasme se dissipe par degrés et il n'en reste au malade qu'un sentiment de fatigue douloureuse.

Ces effets , quels qu'ils soient, peuvent être renouvelés ou soutenus à volonté par de nouvelles quantités de noix vomique ; il est des sujets chez lesquels une dose légère reproduit chaque fois les phénomènes indiqués , il en est d'autres qui ne les éprouvent qu'après plusieurs doses successives. Un vomitif, un purgatif, une affection morale, etc., rendent plus sensible à l'action de ce remède ; les effets sont aussi plus énergiques après qu'un en a suspendu l'usage : il semble que quelques malades deviennent d'autant plus susceptibles du spasme arliflciel , qu'ils l'ont éprouvé plus souvent. Les mouvemens produits par la noix vomique sont plus ou moins durables; tantôt ils cessent au bout de quelques heures, tantôt ils subsistent encore le lendemain , et même pendant plusieurs jours. Lorsqu'on parvient à renouveler pour un certain temps les phénomènes qui viennent d'être indiqués, le mala(ie s'aperçoit que la volonté reprend de l'empire sur les parties paralysées ; la sensibilité et la chaleur y augmentent en même temps que les mouvemens en deviennent moins pénibles , moins bornés , moins incertains : mais , quoiqu'il y ait quelques exemples d'amélioration dès les premiers jours, en général ces heureux résultats se fonlquelqueloisattcndrelong-temps. Si l'excitation est trop faible , le traitement n'a pas de succès. Lors même qu'il est conduit avec habileté, la maladie peut cé>ler lentement ; elle i)eut enfin éluder tout à fait l'action de ce moyen , ce qui dépend de l'espèce de paralysie, des lésions cérébrales qui la causent , etc. Il a plus de valeur dans celles qui sont rhumatismales, scorbutiques, fébriles,

par atonie ou fatigue cérébrale , la masturi)ation , les liqueurs alcooliques, l'influence des métaux, surtout pour celles des membres supérieurs , que dans celles par lésion , compression du cerveau , quoiqu'il y ait quelques exemples de son efficacité dans ces derniers cas. (Mérat et Delens, Dict. de tliérap., t. VI, p. o:;9.)

On a également employé la noix vomique avec avantage dans quelques autres affections tenant plus ou moins de la paralysie ou même ne s'en rapprochant aucunement , comme l'amaurose , Tincontinence d'urine , le relAchemenl et la chute du rectum , la diarrhée chronique, les névroses de l'estomac , le rhumatisme chronique , la leucorrhée, l'empoisonnement par les préparations d'opium, les sueurs excessives, le choléra morbus, etc.

La strychnine et la brucine conviennent surtout dans les cas de paralysie et comme anli-sudorifiques.

Passons aux doses et aux modes d'administration.

1° Pondre de noix vomique. La dose est de

1 à 12 décigram. et môme plus dans les vingt-quatre heures, en pilules, en électuaire ou délayée dans un peu d'eau sucrée , et toujours en frictionnant la totalité de la dose en plusieurs prises : mais on ne doit passer des moindres doses aux doses plus fortes qu'en augmentant progressivement et avec beaucoup de circonspection suivant les effets produits. C'est une forme qui peut convenir dans tous les cas où la noix vomique est indiquée. M. le docteur Asselin l'a donnée avec succès en laveuicnt à la dose de

2 gram. en nature, et à celle de 4 gram. en décoction.

2° Pondre de fève Saint-Ignace. C'est d'elle que l'on s'est servi dans toutes les circonstances où l'on a eu recours à cet agent. Wcitz en donnait, contre l'cpilcpsie, 10 à lo centigr. deux ou trois fois par jour , en raison de l'âge , de la force et de la constitution des sujets , et encore en raison du plus ou moins de fréquence , d'intensité et de longueur des accès.

ô" Teinture alcooliqne de noix vomique.

Elle s'administre par gouttes, dans les potions ou les boissons , dans les mêmes circonstances que la poudre elle-même. On s'en sert aussi en frictions sur les parties atrophiées ou paralysées : dans ce dernier cas, la dose de teinture pour chaque application doit être en raison de l'étendue de la surface à frictionner.

4" Teinture amnioniricale de noix vomique. Cette préparation n'a été encore employée que pour l'usage externe, en frictions. M. Magendie en a obtenu d'assez bons effets dans le traitement du choléra-morbus asiatique, en 1832.

ô" Extrait a'cooliqne de noix vomique. On l'administre ordiiiairemtut en pilules du

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