SU
encore en dedans : favorisnnt ainsi la formation d'iin foyer de snppnration , ou d'une collection profonde de pus. Ils croyaient qu'une plaie musculaire profonde ne pouvait être guérie avec sûreté sans avoir suppure, tandis qu'ils désiraient la réunir en même temps au fond; ils craignaient de la fermer très exactement, de peur que le pus ne séjournât très profondément. Ce fut pour cela, dit J. Bell, qu'ils employèrent la suture qu'ils ont appelée suture composée ou mchevilUe. C'est simplement la suture entrecoupée avec cette ditïérence que les fils ne sont pas noués sur la plaie elle-même mais sur deux tuyaux ou rouleaux de diachylon ou sur deux bougies qu'on met le long de chaque côlé de la plaie. Pour pratiquer cette suture on fait d'abord deux , trois ou quatre points , comme pour une suture entrecoupée très profonde, et alors, quand les ligatures ont été posées, on applique une bougie le long de chaque côté de la plaie, et Ton passe une des bougies dans l'anse des ligatures d'un côlé, l'on tire en même temps toutes les ligatures de l'autre côté, jusqu'à ce que la bougie appuie fortement sur la partie; après cela, on place aussi l'autre bougie, et l'on fait dessus les nœuds de chaque ligature en tirant aussi assez fortement. Les ligatures formant ainsi un arc parviennent au fond de la plaie et la maintiennent rapprochée, tandis que les bougies ou les tuyaux maintiennent en contact le milieu de la plaie et ses lèvres avec assez de force, préviennent tout tiraillement exercé sur les fils, et dispensent de laisser sur la surface de la plaie un nœud dur et douloureux. Dans une note J. Bell dit que Dionis rejette avec force la suture enchevillée , mais que La Faye dit qu'elle est bonne dans les plaies musculaires profondes [^^\\ ^ Principes de chirur.^ t. i, p. 50). Nous avons vu à l'artit le Périnée, qu'on lirait de nos jours un grand parti de celte suture dans les déchirures de celle région. Sabatier veut que les nœuds de chaque fil soient graissés afin de pouvoir être relâchés au besoin; il ajoute judicieusement que cela ne serait pas nécessaire si l'on ne serrait pas trop la suture, de manière que les bords fussent très rapprochés sans se toucher tout-à-fait. A'^ Suture à anse. (F. Intestins.)
rURE. 335
5" Suture conlinue ou àswjct. (F. Intestins.)
licmarques générales. « l» La plaie doit être bien lavée et débarrassée du sang et d'autres corps étrangers; 2° il faut, à chaque point nouveau , faire rapprocher les lèvres de la plaie , pour que les points se correspondent parfaitement; 3" les tégumens doivent être traversés sous un angle de 4o° au moins ; plus obliquement, on embrasserait une portion à la fois trop mince et trop étendue; 4° le fil doit pénétrer assez profondi'ment dans la plaie pour ne pas laisser au dessous de lui un espace où le pus pourrait s'amasser ; o» il faut éviter de piquer des nerfs, des membranes ou des tendons; 6° si l'on fait pénétrer l'aiguille de dehors en dedans, il faut saisir le lambeau entre le pouce et l'indicatrur de la main gauche; si de dedans en dehors, on appuie avec ces deux doigts sur la peau de chaque côlé du point que l'aiguille va traverser; 7° quand on craint la suppuration, il faut laisser au bas de la plaie un espace libre pour placer une mèche de charpie; 8° la distance entre les points varie selon l'épaisseur des chairs: règle générale, il faut que les points soient assez rapprochés pour que la plaie ne baille point dans leurs intervalles ; la distance doit être la même entre tous les points, elle doit être de moitié moindre entre les points extrêmes et les extrémités de la division; 9» la distance entre les bords de la plaie et les points par où sortent les aiguilles varie de même : elle ne doit pas dépasser quatre lignes, ni être moindre d'une ligne et demie ; elle doit être égale des deux côtés; 10° on commence en général par placer les fils à la partie moyenne de la division; à moins qu'elle n'offre des angles ou qu'elle ne tombe sur un bord libre comme à la lèvre, et alors le premier point doit se faire près des angles ou du l3ord libre ; 11° quand on a atïaire à une plaie récente ou fraîche, on laisse la suture en place de quatre à huit jours. Si l'on ne réunit que par seconde intention , la suture doit rester appliquée un mois ou même plus si quelques causes s'opposentà l'adhésion des bords. On n'enlève d'abord qu'un seul point à la fois et on commence toujours par les points les moins essentiels, ceux qu'on a serrés les derniers. Le nœud
556 SY.MPHY
elaiit coupe a\ecdes ciseaux, les bords de la division rapprocliés ()ar nu aide, on retire le iil ou Taiguille , selon respèce de suture, de gauciie a droite , en appuyant avec le ponee et Tindicaleur gauche sur le point par où on les fait sortir. Un juge, par l'adhésion de la plaie en cet endroit , ï<i l'on peut enlever les autres points, ou s'il faut encore attendre. » (Malgaigne , Miniu'l de mcd. opér., p. 57.)
SYCOSIS. (V. Acm':.)
SY.AinLKPIIAROX. (Y. PAuriÈnL.^.)
SYAIPIIYSLOTO.MIL , de cvu^ûo) , j'unis, doù symphyse, et -riu-jw , je coupe, synchondrotuniie. Ces nom-; oiit ete donnes à l'opération qui consiste dans la division de la symphyse du pubis, pour agrandir les diamètres du bassin et faciliter laccouchement. Celte opération fut proposée par Sigault en 17G8 et exécutée par lui en 1777.
« Il résulte des meilleurs travaux proposés sur cette matière , (ju'on ne i)eiit espérer pouvoir obtenir plus de 9 à 15 millimètres dans l'étendue du fliamèlre anléro-i)oslerieur du détroit supérieur et de l'excavation. Après la section du cartilage , les os pubis s'écartent spontanément de 1 à 2 centimètres 1;2 ; pendant que ce mouvement s'opère , les iigamens qui sont places à la partie antérieure de Tartirulation sacro-iliaciue sont tendus, tiraillés, et déchires même , quand il a été porté 1res loin. On conçoit assez que le degré de leur résistance indue beaucoup sur le degré de Tecartemenr. Ijilin , si i'accoucheur, saisissant lescréies iliacjues, tend à les tirer en dehors, il peut augmenter beaucoup l'intervalle (pii existe déjà entre le pubis; mais il serait imprudent de trop insister sur cet ecarlemcnt artificiel : car il serait diflicile de le porter au delà de 5 centimètres sans déchirer les Iigamens sacro-iliaf|Ues antérieurs, et sans s'exposer à des inflammations consi;cutives très graves pour l'avenir. Chaque centimètre d'écart enient entre les pubis augmente rn\ir(in d»' ii millimeires l'étendue du diamètre antéro-postérieur , puis que cet erartement peut être porté à 3 centimeires; c'est donc lu millimeires ajoutés au diamètre sacro- pubien. De plus, la bosse panclale antérieure, s'enga-
SÉOTOMIE.
géant dans le vide que laissent entre eux les pubis , diminue d'autant ce diamètre bi-pariétal ; et on a calculé que cet engorgement pourrait être de 4 à (> millimètres, ce qui permettrait de compter sur une amputation de U à 16 millimètres dans retendue du diamètre sacro-|)ubien. Il résulte encore des expériences de Desgranges, que l'amputation du diamètre transversal est presque de la moitié de lecarlement obtenu, dans toute la hauteur de l'excavation, et que l'agrandissement transversal de l'arcade du pubis est à peu près égal à cet ecarteinent ; de telle sorte (jue lopération , qui semblait devoir être seulement applicable aux cas où le rétrécissement portait sur l'intervalle sacropubien, donne surtout des résultats avantageux lors(pie les diamètres transverses de l'excavation ou du détroit inférieur sont rétrécis. En résume l'accoucheur ne se décidera que 1» lorsque l'enfant sera vivant , et que sa vie pourra être compromise par la durée du travail ; 2" quand la tête sera fortement engagée et comme resserrée dans le détroit supérieur trop rétrê< i , 5". (|uan(l elle sera arrêtée par un rétrécissement transversal du détroit inférieur.
Nous concevons difïicilement l'opportunité de cette opération lorsqu'après la sortie du tronc la tête est retenue dans l'excavation. La compression du cordon ombilical si fréquente alors, la lenteur inévitable des prej)aralifs de l'opération, nous paraissent devoir compromettre trop sérieusement la vie du la'tus , pour ne pas engager les praticiens à préférer dans ces cas l'embryolomie. (Cazeaux, Tr. d'ace. j p. 7G2.)
Manuel opératoire. « On couche la malade sur le bord droit de son lit, les poils du pubis sont préalablement rasés; le chirurgien , place a sa droite, fait, avec un bistouri convexe, sur la ligne médiane une incision longitudinale (]iii commence un jM'u au dessus do la syiiqihyse et se prolonge jusjpie sur le clitoris, ('ependant, a sa |>arlie inférieure , il est bon de Tinclinerde côté entre le sommet de la grande et de la petite lèvre, et même de séparer de la branche du pubis lune des racines (lu cliiori>- |>our éviter plus lard les déchirures dangereuses. Toutes les parties mol-
SYPlî
K's divisc^os jusqu'à Vo^-> , on rhonlio le carlil,3gede la symphyse et, on le divise, d'avant en arrière , en ayant soin de rester toujours maître du bisfouri , pour ne pas aller blesser la vessie. Dupuytrenseservait pour cela d'un couteau solide fixé sur son manche et boutonné à son extrémité; il recommande également de diviser le ligament triangulaire placé au dessus de la symphyse en rasant la branche descendante du pubis. » (Malgaigne, Manuel de médec. opérât., p. 786.)
M. Imbert pratique celte opération en séparant le clitoris du pubis , il pénètre ainsi derrière la symphyse , en introduisant alors , par cette incision , un fort bistouri dont le tranchant est tourné en haut, on divise le cartilage de bas en haut et d\arrière en avant : de cette manière l'incision de la peau est beaucoup moins considérable.
On peut rapprocher de la section de la symphyse du pubis , la section de Tun des os pubis proposée par Deschamps ; la section est faite dans ce cas avec la scie , et porte un peu en dehors de la symphyse.
M. Galbiati de Naples a fait à son tour la double section des pubis ; il obtient par ce moyen un écartement plus grand , et prétend que son emploi est nécessaire quand le diamètre sacro-pubien a moins de 27 millimètres (1 pouce). Le manuel consiste à découvrir, d'un côté , le corps du pubis, à le rugiiier et à en faire la section avec des cisailles ; de l'autre on pratique la division de la symphyse par la méthode ordinaire.
Depuis l'invention des scies à molette , M. Leguillon a proposé de se servir de ces instrumens pour pratiquer la symphyséotomie.
SYNOVIALES. (V.Bourses MUQUEUSES.)
SVPIllLIDES. On désigne aujourd'hui sous ce nom générique, les éruptions cutanées de nature syphilitique.
Selon les anciens auteurs qui ont écrit sur la maladie vénérienne, les pustules paraissent avoir été pendant long-temps le symptôme caractéristique et presque unique de cette maladie; aussi fut- elle B\)\)e- \ée morJ)i/s pustularum, grosse vérole.
Jusque dans ces derniers temps , on a conservé en France celte dénomination
TOMK VH.
lî-ini'.S. 557
fautive. M. Lngneiu décrit les syphili/jcs sous le nom de pustules, d'excroissances, de végétations ; cet auteur admet des pus- Iules miliaires, ortiées, vésiculeuses, lenticulaires, plates, squammeuses, croûteuses, ulcérées, serpiginées , etc. L'énumération seule de cette nomen(;lature sufîit pour faire sentir combien le nom de pustules convient peu aux dermatoses qui présentent les caractères orties, vésiculeux, squammeux, etc. Alibert compte trois espèces de dermatoses vérolouses : 1° la syphilide pustuienle; 2° la syphilide végétante; S'' la syphilide ulcérante. Ces trois grandes sections de syphiiides ne nous paraissent pas em]>rasser toutes les variétés de ces maladies; aussi préféronsnous de beaucoup à cette classification celle adoptée par VVillan et lîateman.
Nous considérerons les syphiiides dans leur forme élémentaire , et nous admettrons conséquemment des sy[)hilides : !<> exanthématcuse; 2° vésiculeuse; 5° bulleuse; 4° pustuleuse; 5" papuleuse; (>»
squanuneuse; 7» tuberculeuse; S" maculeuse.
Avant de décrire séparément ces formes diverses des syphiiides, nous allons exposer quelques considérations générales applicables à elles |toules : abstraciioa faite de lein-s phénomènes symptomatiques spéciaux.
Ces maladies sont des signes positifs d'infection vénérienne, presque constamment constituiionnelle. On a lieu de croire ces dermatoses plus fréquentes après les chancres qu'après la bleniiorrhagie. C'est aussi notre opinion, disent MM. Cu!lerier et Ratier {DiciiowK de médec. il chirur. prat., p. 158), tout en faisant remarquer quil est bien diiTiciie, chez les sujets qui ont eu plusieurs fois des symptômes primitifs, de diverse nature, de déterminer à quelle attaque appartiennent les phénomènes d'infection générale. Les syphiiides apparaissent le plus ordinairement pendant l'existence des symptômes primitifs ou peu de temps a[irès leur cessation ; mais chez quelques sujets on ne les voit se développer qu'après plusieurs mois et même plusieurs années d'une santé parfaite. L'administration d'un traitement mercuriel , sous l'influence duquel les symptômes primitifs
558 SYPÎIir.
ont cédé, n'empôche paa la manifestniion ' siibséi|iiente des syphilides, iicanaioins 1 ces cni[)lions cutanées giiéri-sent fort bien à l'aide des mercuriaiix. Tantôt les syphilides naissent brusquement, sans pro- <^lromes sensibles; tantôt elles sont précédées pendant un temps plus ou moins long par un malaise général, par de la lassitide, par des douleurs va:jiies, etc.
On a un assez grand nombre de fois inoculé sans aucun résultat, les liquides sécrétés à la surface des i«yplulides. Chaque jour on observe des personnes saines qii ont dc> rapports hal)ituels avec des s;ijels allecles de ces maladies, sans que \tur santé soit altérée. Mais lor.'fpje les syphilides se manifestent commti symptômes primitifs peu de teuq)s après le coït, ce (jui est très rare, elles sont inoculables par le rapprochement des sexes.
Toute la surface de la peau et les portions les plus extérieures des membranes muqueuses peuvent être le siège de syphilides. On les observe souvent au visage, sur le cuir chevelu, souvent aussi sur la poitrine, les épaules et dans la région dorsale ; chez quelques sujets, ce sont les membres qui sont plu^ spcciaicmcnt atteints : on a même avance (juc la main et le poignet étaient très frinpiemmeiit affectés, mais ces derniers cas ont elc notes comme très rares par liiett. Dans les intervalles restés sains, la peau a lui aspect terreux. Ilunter parle de la couleur mar- ])rèe de la peaji dans la syphilis conslilulionnelle en gênerai. ICiifin, dans cpiel- 4|ues(as fort rares, tous les points de J'enveloppe tégumenlaire sont syphilides.
»*«"elon iNlM. (lazenave et Schedel [Ahri-ge prat. (les maladies de la peau, p. 434;, les iFialades (xhaleiit le plus orilinairejnent vme odeuri iilectc et tout à-fait particulière.
Ces dermatoses offrent-elles toujours à la vue, conune on l'a dit, une coloration d'un muge cuivré caracleristiqiie ? << La plupart des auteurs assignent la couleur ruivree comme un caractère essentiel de la syphilide ; mais . outre que les syphilides ne pre-entent souvent point celte couleur, l'observation la plus superficielle fait voir qu'elle est, comme dans l'ecchymose, le re-ultal de lalierition des lifjuides cpanchea par un séjour [ihis ou moins