IDES
prolongé hors de leurs vaisseaux, et par l'absorption qui en enlève une partie seulement. ]N'esi-il pas bien imprudent de se contenter de caractères aussi incertains, et c'est cependant ce qui arrive chaque jour ! )> (Cullerier et Ratier, loco cit. y p. 160.)
M. Baumes de Lyon, qui considère la couleur cuivrée de la pea»i , lorsqu'elle existe, comme l'indice le plus précieux de la diathèse syphilitique, attribue la teinte cuivrée en question à une modification survenue dans la couche colorante de la peau; voici comme cet auteur s'exprime.
" Il paraîtrait que ce n'est pas le système capillaire sanguin artériel ou veineux du tissu cutané, principal théâtre des phénomènes inflammatoires se dévelo[>pant sur ce tissu, qui devient le véritable théâtre où se passe le fait de la modification dans la couleur. Ce fait se passe plutôt dans la couche colorante qui est aussi un des élémens d'organisation de la peau. Lorsque donc l'influence ou l'action syphilitique s'exerce sur cet élément, en même temps que sur d'autres elémens de la peau , elle semblerait imprimer à toutes les éruptions (jui en résultent une nuance ou \m très petit nombre de nuances idenliciues. Si celte action ou cette iidluence s'exerce sur la couche colorante seulement , comme cela a lieu dans ce qu'on appelle syphilide uiaculease , la couleur est gént'ialenient plus jaune-clair, moins cuivreuse, moins foncée, moins rouge violacée ; j)arce (|u'il n'y a pas alors mélange de deux nuances (lues, l'une, aune altération de la couche <olorante , l'autre à rafllnx du sang dans le système capillaire s.uiguin artériel et veineux. Si cette action ou cette influence s'exerce sur d'autres elemens de la i)eau que la couche colorante, la nuance caracleristir|ue manquera. \ Oila pourcjuoi c'est une erreur de croire (|ue toute éruption cutanée (pii n'offrira pas cette nuance , ne sera pas due à la diathèse syphilitique ; il est possible, par exemple, cjue dans les cas de svphilide vésiculeuse, forme du reste la plus rare qu'alfecte la syphilis à la peau, il n'y ait absolument rien de remarquable dans la couleur, d'assimilable à la nuance en (pieslion : et cela parait avoir lieu ici parce que l'alfcclion est très superficielle^
SYPriIUDES.
qu'elle ne consiste qnVn un soulèvement (le l'épiderme par de la sérosité sans aucun symploine indammatoirehien manpjé à la base. La couche colorante n'est pas comprise alors dans Taffection cutanée, et la nuance cuivrée ne saurait par conséquent exister. Mais la même chose se présente dans certains cas de syphilide pustuleuse, squammeuse, furfuracée. Au contraire cette nuance existe beaucoup plus constamment dans les syphilides papuleuse , tuberculeuse , maculeuse , dans une variété de la syphilide fnrftu'acée ou squammeuse (syphilide lenticulaire). Ces dernières fournissent ainsi les moyens les plus surs de diagnostic. Assez souvent la couleur des syphilides est au commencement un rouge inflammatoire franc, et ce n'est qu'à la fin que paraît la couleur rouge-cuivré éteint. Dira-ton, dans ces cas, que c'est le sang qui a subi celte modification dans sa couleur ; mais si la syphilis était capable d'imprimer une semblable modification au sang du système capillaire, artériel ou veineux, dans les phénomènes fluxionnaires qui constituent les syphilides, on ne voit pas pourquoi cela n'arriverait pas toujours dès le commencement même de l'éruption. » {Précis théorique et pratique sur le mal vénérien, p. 581.)
Les syphilides affectent le plus ordinairement la forme circulaire ; tantôt ce sont des plaques petites et isolées , tantôt l'éruption est plus ou moins étendue et groupée : dans ce dernier cas le cercle qui résulte de l'agglomération des points malades est, à vrai dire, presque toujours incomplet, mais il ne manque souvent qu'un très petit segment.
Les syphilides ont une marche lente et chronique; leur durée, ordinairement fort longue, n'est guère limitée que par un traitement approprié. Cependant, d'après Biett , les syphilides primitives peuvent quelquefois se présenter à l'état aigu, surtout sous la forme exanthématique.
Toutes les autres maladies de la peau , aiguës ou chroniques, peuvent exister simultanément avec les syphilides, ce sont même ces diverses et nombreuses complications qui ont rendu et qui rendent encore parfois difficile le diagnostic de ces dermatoses.
On a observé les syphilides à tous les Ages de la vie, chez l'adulte, le vieillard et même chez l'enfant qui vient de naître. Dans ce dernier cas la maladie a été transmise soit héréditairement, soit par une nourrice.
Bien que les dermatoses syphilitiques ne puissent naître jamais en l'absence de l'inoculation du virus vénérien, on a noté cependant que certaines conditions favorisaient leur manifestation : tels sont le tempérament lymphalicjue, les inflammations de la peau, le printemps , les écarts de régime, les vives affections morales, l'action du froid, elc. « Quant à l'opinion qui attribue les symptômes syphilitiques conséctitifs , et parmi eux surtout ceux qui ont l'enveloppe cutanée pour siège , au mercure administré pour combattre la syphilis, elle n'est pas mieux fondée; et il faut avoir vu peu d'érupiions syphilitiques pour n'avoir point rencontré , nous ne disons pas quelquefois mais souvent, des malades qui en étaient couverts, et qui cependant n'avaient jamais pris de mercure. » Enfin serait-ce, eomme on le dit, de simples inflammations de la peau déterminées le plus souvent par un agent direct, ou l'inflammation d'un organe intérieur? S'il en était ainsi, on devrait rencontrer aussi souvent des éruptions dites syphilitiques chez des individus qui n'auraient point eu de maladies vénériennes, que chez ceux qui oiU été atteints de la syphilis, comment se fait-il donc qu'on ne les retrouve jamais que dans ce dernier cas? » (Cazenave et Schedel , loco cit., p. 459.)
Syphilide exanlhémateuse. Certains auteurs admettent deux variétés d'exanthèmes syphilitiques : l'une, décrite sous la dénomination de roséole syphilitique ^ prend la forme aiguë ; l'autre affecte la forme chronique et est désignée sous les noms de taches^ de macules. La nature exanthémateuse de cette dernière syphilide n'étant pas admise par tous les observateurs, nous en traiterons séparément à l'exemple de plusieurs dermatologistes ( r. plus bas, Macules).
La roséole syphilitique se développe souvent pendant la durée des symptômes primitifs ; elle peut aussi ne se montrer que d'une manière consécutive avec d'au-
SYPHILIDES.
très symptômes secondaires , tels que des ulcérations du voile du palais, une iritis , des pcriostoses , etc. Son siège le plus fréquent est le visage, le cou et les meinbres ; mais elle peut apparaître dans toutes les régions de Tenveloppe cutanée.
Cette syphilide se manifeste sous la forme de petites taches irrégulières , d'abord rouges pendant quelques jours et prenant ensuite une teinte d'un rouge cuivreux obscur ; elles sont légèrement confluentcs sans faire de saillie au-dessus du niveau de la peau : elles disparaissent complètement par la pression du doigt. Il est bon de noter qu'elles deviennent plus apparentes après un exercice actif ou un bain de vapeur , tandis qu'elles sont à peines visibles lors(jue les malades se sont reposés pendant quelque temps. Cette éruption est généralement d'une courte durée ; elle apparaît sans phénomènes fébriles , et s'accomi)agne d'un léger prui it : après quelques jours elle diminue peu à peu mais en laissant une teinte cuivrée pendant plusieurs mois. Dans quelques cas, cet exanthème peut être occasionné par une émotion morale vive, l'action d'un purgatif ou d'un bain chaud.
On distingue la roséole syphilitique de la roséole sin][)le par la coloration s[teciale des plaques, leiu' longue durée, leur nombre plus considérable. Les plaques roseolées (pje fait naître queUpiefois l'ingestion du baume de cof-ahu ont un aspect franchement inflammatoire et disparaissent sans laisser de taches au bout de quelques jours.
« Quant aux inflammations exanthémateusesow crythcmaleufics de la gorge, (le la eonjonctive , du prépuce, du vagin et de nature syphiliti(|ue , leur diagnostic otlrirait le plus souvent des didiculles insurmontables si ces altérations n'étaient pas accompagnées d'autres phénomènes caracteristi(iues (squammcs, tubercules, ulcères^, et si leur nature cont.igieuse était incertaine.
» Un mal de gorge c.iafilhcmalcu.r chronique est un des synq)t(')mes constitutionnels les plus frerjueiis de la syphilis. Il dilh-re par son ap|)arence et par cpicl- (jues autres phénomènes des ulcères simples ou phag(;(leni(iues du pharynx , (|ui le plus souvent sont accompagnes de peu
de gêne dans la déglutition; tandis que cette gène est toujours assez marquée dans l exanthème du pharynx. Quand ou examine l'intérieur de la gorge et surtout la partie postérieure du pharynx et la luette, ces parties sont généralement rouges et gonflées. Les amygdales sont quelquefois un peu tuméfiées , ainsi que les glandes sous-maxillaires. Cette tuméfaction des glandes, qui, en général, est peu douloureuse, a été quelquefois confondue avec celle que produisent les scrofules. Ilunter pense que cette inflammation érythémateuse peut se propager dans l'œsophage. Cet exanthème est l'analogue de l'ophthalmie vénérienne chronique. » (P.
Uayer, Traité des maladies de la peau , t. Il, p. 57y.)
De toutes les formes des syphilides, Pexanihémateuse est la moins grave.
Sypiiilide vcsicuUuse. Elle est extrêmement rare ; Mi\L Rayer, (iibert, Cazenave et Schedel en citent à peine quelques exemples. Cei)endant , selon M. lîaumès {loc. cit., p. 4U!2 ) , elle ne serait considérée comme aussi rare que parce qu'on n'admet comme syphilitique qu'une éruption ve?-i(uleuse entourée de l'auréole cuivreuse caracteristi(pie ; or ce médecin prétend avoir reconnu avec certitude la sy{)h:lide eczémateuse sans aucun changement de couleur à la peau.
Les vésicules syphilitiijues sont assez semblables par la forme à celles de Veczema simplex , mais sont un peu plus grosses, plus globuleuses et entourées d'une auréole cuivreuse caracteristicpie. Celte éruption vesiculeuse n'est pas prurigineuse ; elle i)eut occuper le visage , le tronc ou les membres : les vésicules sont disposées en groupes plus irréguliers que ceux de I herjiès. Après leur nq)ture ou leur exfoliation, la peau présente des macules aii.ilogues aux autres taches .syphilitiques, l'allés ont été le plus souv(;nt ohservées pendant l'existence d'autres sympU^mes syphilili(iues , ce (jui sert à elahlir le diagnostic.
M. (iibert a cru reconnaître deux nuances bien tranchées dans la syphilide ; l'une se rapprocherait de l'eczéma , et l'autre de la varicelle. « INous n'avons vu, dit il, (ju'une seule fois la première forme ; c'était chez un malade (ollranl d'ail-
SYPÏIILIDES
leurs d'autres symptômes vénériens consécutifs ) <iiii portait à la face externe et postérieure de Tavant-bras une large tache d'un rouge-cuivré obscur semée de petites vésicules séreuses passant à l'état de dessiccation et assez analogues à celles de l'eczéma. La teinte cuivrée et livide de cette éruption , bien dill'érente de la coloration rosée ou rouge de l'eczéma ; l'aspect flétri des vésicules, l'absence des excoriations squammcuses, la marche de la maladie, les phénomènes concomitans établissaient des caractères distinctifs suffisans.
» Dans la seconde forme , les vésicules, volumineuses et isolées les unes des autres , ont une marche lente , un aspect terne, et, dans quelques cas, une petite auréole cuivrée qui les ditférencie des boutons de la varicèle, éruption dont la marche aiguë et les périodes plus ou moins régulières offrent d'ailleurs un tableau que ne peut représenter ralfecûon syphilitique» {Tr. des malad. spéc. de la peau , p. 185.)
Syphilide huileuse. Les éruptions huileuses syphilitiques ont rarement offert la forme du pemphygus. M. Fabre en cite un exemple remarquable (r/ièse, de Paris, sur le pemphygus j 1854). On en connaît une variété qu'on a proposé d'appeler rupia syphilitique^ivès rare comme éruption isolée chez des vénériens. M. Rayer n'a eu l'occasion d'en observer qu'un seul exemple ; mais le rupia syphilitique s'observe fréquemment chez les sujets affectés de pustules phlyzaciées.
Les caractères qui servent à distinguer le rupia syphilitique du rupia simple se tirent de la coloration cuivrée ou livide qui environne les bulles, de la nature des croules, qui sont verdàtres et deviennent plus épaisses en se desséchant, et qui laissent voir après leur chute des ulcérations à fond grisâtre et à bords taillés à pic « Lorsque le rupia syphilitique a été abandonné à lui-même , l'ulcération fait
des progrés au-dessous de la croûte , qui devient de plus en plus proéminente et prend l'apparence du rupia proeminens non syphilitique. Lorsqu'on comprime cette croûte avec les doigts , on fait sourdre du pus d'au-dessous d'elle vers sa circonférence qui pendant quelque temps reste purulente.
M Peu à peu la sécrétion du pus diminue au-dessous de la croûte, sa base se dessèche ; l'épiderme, décollé à sa circonférence , se fend et se rompt : des fragmens desséchés de la croûte se détachent de manière à en diminuer l'épaisseur ou l'étendue, pendant que la cicatrisation s'opère de la circonférence vers le centre de l'ulcération ; enfin une exfoliation épidermique a lieu pendant quelque temps sur la surface qui avait été primitivement couverte par la croûte. L'ulcère dépasse rarement l'étendue de la bulle qui l'a précédé, à moins qu'une inflammation accidentelle provoquée par la marche s'il est situé sur un des membres inférieurs , ou bien par des topiques irritans s'il s'est formé sur d'autres régions, ne vienne favoriser les progrès. » (Rayer, loc.cit.^ t. II, p. 392.)
Le rupia syphilitique ne survient guère que chez des individus dont la constitution est altérée par une infection vénérienne ancienne.
Syphilide pustuleuse. On distingue deux variétés de pustules vénériennes :
les unes, volumineuses, sont appelées phlyzaciées ; les autres, plus petites, portent le nom de psydraciées.
Les pustules phlyzaciées sont larges , aplaties, ordinairement isolées. Elles naissent par un point rougeàlre dont le centre devient purulent, tandis que la base s'élargit et s'entoure d'une auréole cuivrée. Le pus qu'elles contiennent forme en seconcrétant une croûte noirâtre, adhérente à la peau, à circonférence cuivrée, livide, laissant après sa chute une cicatrice déprimée ou simplement parfois une tache foncée, et très rarement une petite ulcération. Dans certains cas , plusieurs pustules se réunissent et se confondent ; ce qui donne lieu à des surfaces croûteuses plus éiendues. Il arrive parfois que les ()ustules acquièrent des dimensions telles qu'elles égalent celles de l'ecthyma, d'où le nom d'ecthyma syphilitique qui leur a été donné. Ces grosses pustules forment en effet , en se desséchant , des croûtes brunâtres , comme dans l'ecthyma ; mais elles en différent en cela qu'elles sont entourées d'un cercle constamment cuivré , que la croûte [lénètre dans l'épaisseur de la peau et qu'elle recouvre une ulcération
SYPIULIDES.
arrondie, \»liis on moins pvcfontle, dont les Iwrd-s sont dnrs, violaccs, coupés à pic, et le f<ind grisâtre, blafard, baigné par un pus sanieux. Les cicatrices consécutives à ces ulcérations sont fortement dé[)riniees et 1res apparentes.
Les pustules plilyzaciées peuvent être peu nombreuses et disséminées ; queUpiefois , au contraire, mais assez rarement, elles sont en grand nombre , rapprochées les unes des aulris, disposées i)lus ou moins symelriciuenjent en groupe , et affectant une forme qua>i-circulaire. Un les voit communément survenir chez des sujets allectes de doukurs osteocopes articulaires, de périostoses, d'ulcérations à la gor^'e , etc. ; elles sont toujours l'indice d'une sy[ihilis ancienne : elles ne sort (jue très rarement précédées de phénomènes généraux. Ou les observe sur le tronc, au \isage, aux membres : les gios ses pustules ecchymateuses siègent le [)lus souvent aux jaml)e> ; elles sont très communes ch( z les eiilaiis nouveau-nés.
Les pustules i)sydraciées sont petites , leur dimension n»; de[);isse pas celle de la couperose. Un les trouve d'ordinaire sur le front, les épaules cl au?si sur les membres : laniùtclles sont nond)reuses , presque confluentes sur le vidage, le dos ou sur le ventre ; laniôL elles sont eparses , disséminées sur toute la >^urfa(e tegumenlairc. L'eru[ition est ()arfois précédée de phénomènes fébriles, de douleurs dans la tëtc, les épaules et les grandes articulations , avec redoublemens nocturnes. La îievre ne cesiC, en gênerai, (pfaprès plusieurs éruptions successives ; aussi le même individu presenlc-t-il en mémn temps dt's |)n^tijhs coii.men< anles et d'auires qui s.int parvenues a leur elat dintegiite ou ii.eme à la de-sirc ition. La .«^yphilide psvdraciee n ait si.uvenl a une epo(|ue a-^sez viMMU*' du développement des syinp-
ulceration à laquelle succède une cicatrice circulaire, brune, dejirimée , qui plus tard devient d'un blanc mat et autour de laquelle persiste pendant un certain temps une maculature livide , cuivrée ou grisâtre. La ressemblaïkce des pustules psydracièes avec l'acné ont porté quelques auteurs à désigner cette éruption sous le nom û^aciicsyp}ùlili(/uc.
Chez les sujets cachectiques , cette variété de pustules est précédée de taches violacées, pres(|uc noires, qui parfois se réunissent. Ces pustules , une fois développées, sont suivies d'ulcérations irrégulieres, mai> peu profondes, qui, comme dans le cas précèdent , sont suivies de taches d'uii rouge brun parsemées de petites cicatrices blanchâtres et déprimées.
L'éruption syphilitique psydracice est facile à (lisiiiiLMier de Viwpctifjo sparsa , dont les [(uslules sont arrondies, au lieu d'être coniques, et ne s'ulcèrent jamais. Ouant aux pustules de l'acné et surtout de Vucne rosaccd , elles difFerent des p^ydraciees en ce (pi'ellcs reposent sur une base rouge, (iii'elles ne s'ulcèrent pas et (ju'elles ne s^onl pas sui\ies de cicatrices déprimées ni de maculalures livides.
De plus, dans l'acne, la peau e.>t luisante, iiuileuse ; et dans la sy^ïliilide psydraciée , elle est saine ou terne.
Syphilidi; papultusc. Cette forme d'eru()tion sy[)hiliii(iuc est caractérisée par de petites elevures peu saillantes, solides, peu sensibles, onlinairement sans démangeaison et se terminant constamment par résolution et desquanunalion.'rous les auteurs s'accordent à dire (|ue la svphilide papuleuse e.st un des symptômes les plus Ireipiens de la sypiiilis con^tilulionnelle ; mais aucun n'est allé encore aussi loin sous ce rapport (|ue MM. Cullericr et Hatier. Ces auteurs considèrent rerupliou papuleuse syphilititpje comme le symptôme
tùiiiis priiii:tif>: le> pu>tules de celle \a- le plus positif de la vérole, et (pii enm-
pi end le plus grand nombre des alleclions vénériennes secondaires; selon eux, la plupart (les>iyphili(h!s décrites séparément jiar les auteurs , comme autant d'espèces distinctes , ne sont autre chose <pie des papules modifiées dans leur aspect et dans leur forme par di's eii constances a(*erssoircs «pii ne rli.iii'eiil rien a la nature primitive de raUVcli'-n.
riete sont conoïde» , d'un rouge terne; leur base est dure, i niouree d'une auréole cuivreuse ; leur sominel, légèrement acumine,e'«t rempli de maiicr»- piniih iile (jui, en se défrichant , se transforme en une petit!* croûte d'un juine lerne, gri-.ilre. A la ch ite de cetic croule , on aperçoit une pptile cicatrice ronde, superficielle et blanchâtre ; ou bi'-n parfois une petite
SYPIIILIDES.
M\I. Cullerier et Raticr pensent que l'erreur qu'ils reprochent aux auteurs (|ui les ont précédés est principalement due aux différences que présentent les papules sypliililiques , selon qu'elles siègent sur une partie sèche de l'envelopiic cutanée ou siir une région rendue habituellement humide par une [)lus grande activité sécréloire.» L'observation montre que les va riélés , ainsi que nous l'avons déjà fait pressentir, naissent de circonstances étrangères à la maladie elle-même, et qu'on peut en quelque sorte les produire à volonté. Ainsi la syphilide papuleuse dans sa forme primitive est petite , peu sensible , et non sécréloire; mais, par suiie de causes auxquelles on n'a pas donné une sufîisante attention, elle prend un aspect particulier, qiii peut exiger des modilicalioiis importantes dans le traitement, et qui a engagé les praticiens à former une multitude de classes , de genres, etc. : il faut indiquer cependant ces apparences diverses, afin de mettre nos lecteurs en état de les reconnaître avec facilité. La papule qui a lieu sur la peau sèche étant prise [lour point de départ et de comparaison , celle du cuir chevelu est plus volumineuse , plus douloureuse à la pression , presque toujours recouverte d'une croûte molle et jaunâtre dont la chute laisse voir une surface rouge , saignante et exulcérée au front et sur les tempes [corona tenerea) ; c'est une papule d'un rouge vif, très dure et constamment sèche: ce qui la distingue de l'acné, où une portion de matière sébacée est le centre d'un petit abcès
Lorscjue la syphilide a son siège à la peau des bourses, du péri.née, du pubis, de l'aisselle, elle s'accompagne gènéraleuient de démangeaison, et même de douleur causée par le frottement exercé sur les parties malades et attendries par une espèce de macération. Cest le même phénomène qui se présente encore à un plus haut degré aux parties sexuelles , à l'anus, aux commissures des lèvres, au pharynx, au voile du pidais, aux ailes du nez et dans son interiem- , de même qu'aux orteils : dans ces diverses parties, les papules sont [)lus volumineuses, [)lus saillantes, plus rouges, plus enflammées ; outre (pje leur groupement altère beaucouj) leur loruie véritable , qu'altère encore leur situation.
Ainsi , aux ailes du nez , à la commissure des lèvres , à l'anus , elles sont sillotuiées de fKsures, soit horizontales, soit longitudinales , qui en changent complètement l'aspect. Enfin les végétations et les ulcérations <iui survieinient à leur surface doivent encore appeler un examen attentif. Quand la pulpe sous-onguéale est affectée il s'en suit une douleur excessive et qu'on ne trouve jamais ailhMjrs , si ce n'est peutêtre lors(pie les orteils sont atteints d'ulcérations. On sait maintenant que l'odeur de la suppuration ne pourrait pas fournir les caractères distinctifs qu'on ait prétendu y trouver ; celte odeur dépend plus des localités que de la nature de la maladie, ainsi fpj'il e^t facile de s'en convaincre.
» La sy[)hilide papuleuse peut se compliquer avec toutes les affections tant aigiies que chroniques de la peau , et cette couq)lication a été fréquemment une cause d'incertitude et d'erreur. En effet , sans réfléchir (jue les affections virulentes avaient une existence spéciale et (pi'elles ne subissaient aucune alliance , les auteurs ont admis des gales et des dartres vénériennes ; prétendant conclure de la coïncidence à la liaison et à l'influence récij)roques. Cela est tellement vrai qu'on voit tous les jours la syphilide papuleuse survivre aux autres maladies cutanées avec lesquelles eile s'est trouvée réunie , de même qu'elle peut disparaître avant elles.» (Cullerier et Ratier,D<cf de méd. et chir, prat.^ t. XV, p. 164.)
Dans un autre passage les mêmes auteurs disent : «< Considérée de cette manière la sy[)hilide papuleuse renferme à elle seule le plus graiid nombre des affections vénériennes secondaires, puisqu'elle constitue : 1» les pustules sèches, ortiées, miliaires, lenticulaires , squammeuses , corona venerea ( syphilides sur la peau sèche); 2" les pustules phîes, humides, muqueuses , croùteuses, dartrenses, suppurantes (syphilides sur la peau très sécretoire) ; 5" enfin, les [)ustules rongeantes, ulcéreuses , Noll me tan gère , chancreuses , phagédeniques, merisées (syphilides sur les membranes muqueuses, etc.). Il est bien entendu, d'ailleurs, qu'indépendamment du siège, les dispositions individuelles , les maladies incidentes, le régime et les moyens iheiapcutiqucs eut-