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ployés cxeropiil sur la foime , la marche , \i (luive cl la uriniiiaisoii de la papule sypliiliti(]ue une influence dont il faut t 'uir coiiiple. » (l.ococit. p IGl.)
La manière de voir de MM. Cullerier €t llalier. sur le rôle important (pi'ils accordent à la forme papiilense dan> lelude lies syphiiidL'S, n'étant pas i:enera!emenl admise , nous ne décrirons dans ce parai,'raplie que 1.» sypliilide caractérisée pailles papules évidentes.
La sy[)hilide papuleuse ju-ut se manifester avec la forme aii^iie ou avec la forme chronicpie. Dans le j'remiei" cas queltjues plieuomènes généraux ou fébriles [)r<'cèilenl parfois Tapparilion des |)apuîes (pii se monîrent pr^sipie sinudlanemenl dans 4lill"erenles régions du corps , et spécialement au dos et à la face : ces papules , petites , peu proéminentes, légèrement coiii(jue.s , d'une coloration rouge cuivré , ne causent que peu ou [)as de démangeaison; le plus souvent elles sont rap[»rocliees les unes des autres, ou forment p ir leui" lenuion de ])etits groiq)es ovalaires dans rintcrvalle desquels existent (jiielques boutons dissémines. Il est rare (pie 1 iTuplion ton! entière soit disséminée. Les [lapules svphiliiifjues étant entourées d'une auréole de même couleur , il eu residte <|ue les poitions de peau sur lescpielîes il en existe un certain nombre présentent une tfcuile générale cuivrée. A|)rés quebpies jours de durée les |)a[)ules se ilciri-scnt et s'iilliissent ; un |)eiit nombre <!'( nlrc elles sont le siège d'tuie légère dcHpiammatioii, toutes laissent après eibs sur la [)eau de petites taches jaunâtres «pii se di-^si|u-nl assez promplemenl -. on voit quebpnfois cette variété de sypliilide suivenir chez des >ujets (pii n'ont encore que des svmptùmes piimitifs de syphilis; mais comme dans ce cas (îlle ne se montre guère que plusieurs semaines ou même plusieurs mois après l'inb'i tion , on doit la considérer comme un indice de syphilis constitutionnelle. (Cependant !\LM. Cullerier et Halier avaueent cpie dans (piehpics cas la sypliilide j)apuleu-e se manih'sle comlUR symptôme primitif, et .succède imme- «liateuient au roïî.
La '«vpliilidi' papo^Mise apparaît bien plus s»Mi\enl a II lat ilnuiuque , t'aijours alors elle f.ut p; rlic des synipiOmcs con-
LIDES.
sécutifs ; souvent même elle ne se montre (jue plusieurs années après la disi)aritioii complète des [)hénomènes primitifs. Dans cet'.e vaiiété , les [japules se développent lentement et successivemenl ; elles sont plates, lenlicidaires, régulièrement arrondies, ne dépassent (]ue très peu le niveau de la peau : elles ont une teinte jaune-cuivré sans auréole à leur base; la peau, dans les intervalles (jui les séparent , est saine et, sauf chez les vieillards ou les sujets cachecti(pies , où clic est llétrie cl comme terreuse, il n'existe jamais de démangeaison. Les membres dans le sens de l\;xlensi(m , le cuir chevelu , le front eu sont le siège le plus fre(picnl. Une fois parvenue à son état complet, cha(|ue papule se recouvre d'une pellicule grisâtre, epidermi(pie, (pii se détache de la circonférence au centre ; puis il s'opère ainsi une suite de des(piammalions successives, jusqu'à rallaissemint conq)letde la papule (jui est alors remplacée par de petites ta- ( hes arrondies, d'un jaune grisâtre, dune très longue durée.
M. r»ayer ( loro cit., t. ii , p. oiO') signale encore deux variétés plus rares de la syphdide papuleusc. L'une est caractélisce par des papules d'une leiute brune , violacée, [ilus proeunnentes que le-> précédentes, se terminant parfois par des- (juammalion en laissant après elles une petite dépression ridée; dauires fois les [)apules suppurent ou s'ulcèrent à leur sommet, tandis que leur base et leur corps s'all,iis-enl : aj)res Icîjr disjtarilion on voit une pelil(> cicatrice d'iui blanc bleuâtre entourée d'iMU' petite dépressn)n brunâtre dans les points de la peau »pii en avaient ete le siège.
L'autre variété est constituée par une éruption papuleuse disposée en larges groupes ovalaires, assez régulièrement circonscrits, d'une (cinic violacée et cuivreuse. La guerison de celte sypliilide s'opère du centre des groupes a leur circonférence , (|ui souvent s'agrandit par l'addition de nouvelles papules. Dans (|Uel(iues cas il se forme des ulcérations centrales suivies de larges cicatrices bleuâtres d'abord, plus tard d'un blanc mal.
La sypliilide p.qiuleiiH' pourrait éirc
conhuidue avec le Iniieu sinqtle; mais le
! volume ['h:s coihi leraMe des [)apulcs sy-
SYPIIILIDES.
philitiques, leur grand nombre, leurlcinte cuivrée, les laelies (prelles laissent après elles ainsi que l'absence du prurit feront éviter Terreur.
Syphilide F^quammcuse. Elle est très fréquente, et annonee toujours une infection syphilitique constitutionnelle. Un exemple , observé par IJiett , tendrait à prouver cependant qu'elle peut se manifester peu de temps après un coït impur : sa marche est habituellement chroni(|iie , et sa durée ordinairement fort longue ; elle se termine constamment par résolution et par desquammation, sans laisser de traces sur les parties qui en ont été le siège.
La syphilide squammeuse revêt différentes formes qui corres|)OMdent assez bien aux affections squammeuses simples; de là la division qu'on a faite de cette syphilide en 1° psoriasis syphilitique , 2» lèpre vénérienne.
Le psoriasis syphilitique est annoncé par des plaques cuivrées , légèrement saillantes au-dessus du niveau de la peau , peu ou pas prurigineuses , plus ou moins arrondies , lisses et luisantes , et offrant le plus souvent les dimensions de celles du psoriasis guttata ; elles se recouvrent de squammes minces , grisâtres , assez adhérentes. Dans quelques cas on ne rencontre ces plaques que dans une seule région, mais d'ordinaire elles occupent à la fois le cou, la face , le dos, la poitrine , les membres et même le cuir chevelu. Le plus souvent discrètes et isolées , elles peuvent cependant se rapprocher et se confondre par leurs bords; il résulte de cette disposition, qui s'observe particulièrement aux jambes, de larges surfaces irrégulières , en partie lisses et en partie couvertes de squammes. Dans le f)lus grand nombre de cas , cha • que plaque du psoriasis syphilitique est limitée à sa base par un petit liséré blanc que Biett regarde comme un signe pathognomonique propre à distinguer cette syphilide du psoriasis guttata <« C'est un petit liséré blanc qui entoure la base de chaque disque au point où il s'élève audessus du niveau de la peau. C'est une espèce de cercle blanc , adhérent à la base, évidemment produit par l'épidcrme, en (juelque sorte déchiré au pourtour. Ce
moins très fréquent , et c'est à tort que l'on a regardé ce collet comme n'étant d'aucune valeur. Enfin , c'est encore une erreur de dire qu'on le retrouve sous d'autres formes et notamment dans les vésicules , dans les varicelles, par exemple ; mais il y a une très grande différence. Le liséré syphilitique est fortement adhérent autour de la placjue , tandis que dans la varicèle , ([uand la vésicule s'ouvre pour laisser échapper la sérosité qu'elle renferme , elle laisse une partie de l'épiderme qui reste flottante.») (Cazenave et Schedel , loco cit., p. 452.)
A la paume des mains et à la plante des pieds , le psoriasis syphilitique présente des particularités qu'il importe de noter. Dans ces parties les plaques cuivrées ont un diamètre de 5 à 4 lignes , leur centre plus prot'urment contient une siibstance analogue à la corne , de forme cylindrique et tout-à fait enfoncée dans l'épaisseur de la plaque ; la présence de cette substance , que l'on observe seulement dans les cas de maladie ancienne, a engagé Biett à donner le nom de cornée à cette variété de syphilide squammeuse. Ordinairement les plaques se réunissent et forment une large surface recouverte de squammes dures^ fendillées, avec des rhagades et des fissures. Ces deux derniers phénomènes ont lieu surtout quand la maladie se manifeste entre les orteils ; lorsqu'elle atteint le bord des ongles, il en résulte souvent de véritables onyxis syphilitiques.
Après un temps plus ou moins long, et sous l'influence d'un traitement convenable , la guérison du psoriasis syphilitique est annoncée par une diminution successive de la desquammation, qui finit par disparaître complètement en laissant la peau dans son état normal.
La lèpre syphilitique diffère notablement du psoriasis syphilitique, elle est très rare. Au début on n'aperçoit qu'une élevure papuleuse d'un rouge violacé ou noirâtre , lisse et non couverte de squammes , qui s'élargit circulairement jusqu'à 5 à 4 lignes de diamètre , alors le centre se déprime et les bords nettement arrêtés font une saillie en forme de bourrelet audessus de la peau qui les entoure ; l'épi-
caractère, s'il n'est pas constant , est au j derme qui recouvre les plaques arrivées à
SYPiULlDES-
ce degré de dcveloppemeiil devient d'une teinte grise , legèrenienl jaunâtre , puis il t<e rompt et se détache surtout vers le centre : cette desquammalion se répète à |)lusieurs reprises , sans être jamais aussi abondante que dans la lèpre ou le psoriasis simple. 11 peut arriver que les plaques continuent à s'agrandir, on voit alors l'exfoliation continuer sur les bords tandis que le centre, d'un jaune cuivré, demeure bsse et luisant. Dans quelques cas les plaques de cette sypbilide ont ()resenté une teinte gris- foncé, pres(|ue noire , (jui Ta fait confondre avec la variété de lèpre connue sous le nom de lepra nigricans. On évitera Terreur eu faisant attention aux caractères particuliers de la desquammation décrits ci-dessus et à l'existence antérieure de symptômes syphilitiques.
La lèpre sy[)hiliti'|ue peut envahir presque toute la surface du corps ; mais elle est souvent bornée à une seule région , coinine le front, la nuque , les épaules , le ventre , etc.
" Le progrès des plaques vers la guerison est in(li(iue par l'ailaisseuieiit (U^ leur bord el leur changement de couleui-, ijui, d'un rouge noirâtre , passe à un jaiuie cuivreux. Cet allais-^ement des bords se fait ordinairement d'une manière irrcgulière \ ils semblent se rompre , et se transforment en des espèces d'arcs aplatis plus foncés (pie b'S aires qu'ils embrassent. Quelquefois j)res(]ue toutes les plaipies salfiis • siiit en même leuq)s et sur tous les points de leur surface; les bords élevés ipii les cara( leri.«aienl n'existent plu-^, et la jxmu présente des taches arroiulies d'une teinte cuivreuse , à |>einc s(iuauuii('uses , analogues aux macules sypliilitii|U('s prinuiivcs. r.iiliii , après rallai^scnn'nt debords (\rs plaques , il reste <'nc()r(' prn <lant plusieurs scinaines des m.icides dini jaune tmciix qui raM[icll('nl la f^rnii' cl a peu près la (lunen-ion des j laqiies. » (Kiiyer , loc. Cit., t. ii , p. -io-j ;
Sijphilidc lubtrciilcusc. Les lubercules (pii caracteri>cnf cette forme des syphdidf's , l'une des plu> fre pientes et des plus iiiq)ortantes à étudier, pre'Cnteu' de nom brcuMs variations sous le lappMt de leur vohime, de leur coloraiiou, de le\n a^peel lisse ou squammeux , de leur conligura-
tion , de leur siège , de leur mode de terminaison , enfin selon qu'il sont isolés ou disposés en groupes. Ces dilTerences olfertes par la sypbilide tuberculeuse ont permis de la diviser en un certain nombre de variétés principales , que nous allons successivement étudier en suivant Tordre adopté par MM. Cazenave et Schedel.
(^oco cit.)
La première variété consiste en de petits tubercules arrondis, d'un volume égal à celui d'un pois ou même moindre , d'une tei[ite cuivrée , disposés régulièrement, les uns à côté des autres,de manière à former des cercles parfaits, d'un diamètre variable, au centre desquels la peau demeure saine; du sommet et quelquefois même de toute la surface de cluKpie tubercule il se détache un petit disqtie d'epiderme desséché , dur , grisîUre : cette desquammation , jjIos ou moins ap[)réciable , ne se manifeste pr.s en même temps sur tous les tubercules. Il est bien rare que celte variété de sypbilide tuberculeuse , dont le siège le plus habituel est au front ou au cou , se termine par ulcération , pres(|ue toujoiu's les tubercules se résolvent en s'alVaissant peu à peu et en se rapprochant du ni\eau de la peau ; il ne reste alors à leur place (jue des taches d'un rouge livide ou fauve , qui , avec le temps , disparaissent complète nient. Celte variété n'est jamais primitive.
Dans une seconde variété observée surtout à la face, et particulièrement aux joues et aux ailes du nez , il existe des tubercules ovales ou pyriformes , d'un volume (pii varie depuis celui d'un pois jus- (pi'a celui d'une petite olive, très proémineus, et irrcgulicreinent groupes sur une surface j'Ius ou mouis eiendue. (îes tubereiiles sont lisses . luisans ; polis à leur sommet , sans au'Uiie exfolialion : ils peuvent demeurer statioiwiaircs pendant plusieui'S mois (»u iiièine plusieurs années sans causer la moindre douleur; il est fort rare qu'ils soient le siège d'ulceralions. C>ettc variété , la plus rare des syphilides tuberculeuses , est loiijouis consecuti\e.
( ne troisième variété est caractérisée par (le larges tubercules isolés , arrondis, d'im rouge violacé, entourés d'une auréole cuivrée , qu on observe le plus souvent , en petit nombre , au visage , el
SYPHll
parliculièrement à la lèvre supérieure et au nez. Au l)()ut d'un tem[)s varial)le, pendant lequel ils demeurent stalionnaires , on voit de la tension et de la douleur se manifester dans ces tubercules; un cercle érythémateux , de couleur violacée , se développe autour d'eux , et bientôt leur souiniet s'ulcère. Souvent de nouveaux tubercules , au nombre de trois , quatre ou même plus , naissent à côté des premiers,se confondent avec eux, et donnent lieu, par la réunion de leurs ulcérations , à un vaste ulcère dont les bords durs , violets, proéminens , irrégulièrement anguleux, sont profondément taillés à pic; un pus séreux de miiuvaise nature s'écoule de sa surface jaunâtre , inégale , bosselée. Cet ulcère , surtout s'il reste exposé au contact de l'air, se recouvre bientôt d'une croûte épaisse d'un jaune brunâtre profondément encbâssée au-dessous des bords : si on vient à la comprimer , on fait sortir une humeur sanieuse par quelque poiut de sa circonférence ; puis si un l'enlève on s'aperçoit que l'ulcération a fait des progrès en tous les sens, et particulièrement en profondeur. En général , les ulcères tuberculeux dont nous parlons , ont de la tendance à détruire les parties qui en sont le siège ; dans quelques cas ils bornent leur action à la peau , mais souvent on les voit envahir les deux ailes du nez , gagner la profondeur des fosses nasales , détruire la pituitaire , les cartilages et même entraîner la carie ou la nécrose des os : cependant MiVl. Cazenave et Schedel pensent que, quand il existe une destruction aussi complète , le mal a presque toujours commencé dans les parties profondes , d'où il s'est ensuite propagé jusqu'à l'extérieur. Cette variété est toujours consécutive.
On distingue une quatrième variété de syplnlide tuberculeuse, à l'existence sur dillerens points de renvelo[ii)e cutanée , et spécialement sur le dus, de gros tubercules rouges, durs, arrondis, dispersés çà et là. Après être restés stalionnaires pendant un temps plus ou moins prolongé, sans jamais se recouvrir de s(pjammes , il se produit au sommet une uuéralion qui n'intéresse le derme (jue dans une épaisseur de qnel(|ues lignes, mais qui s'étend par l'une de ses extrémités , en décrivant
IDLS, 347
des contours nombreux et variés , tantôt formant un cercle complet au milieu duquel la [)eau reste saine , tantôt décrivant des sillons nombreux et irréguliers , de manière a re[)résenter des chillres , des lettres ou des zigzags , des spirales , comme dans le psoriasis gyvata. Un des caractères remarquables de ces ulcères serpigineux, c'est qu'au fur et à mesure qu'ils font des progrés par l'une de leurs extrémités ils se cicatrisent spontanément vers l'autre. Eu outre ils se font encore remanpicr par des bords taillés à pic et par les croûtes épaisses , noirâtres et très adhérentes dont ils sont recouverts ; ces croûtes sont interrompues de distance en distance, et alors la surface découverte est baignée de pus : des cicatrices indélébiles et dilFormes ou des espèces de brides succèdent aux ulcères dont nous venons de parler. Le plus souvent on est à même d'observer sur le même sujet tous les degrés de l'éruption tuberculeuse qui caractérise cette variété de syphilide : elle est toujours consécutive.
Enfin une cinquième et dernière variété est foimée par des tubercules circulaires, épais , aplatis , d'une teinte rouge-livide foncé , dont la dimension ne dépasse pas celle d'une lentille lorsqu'ils siègent au point de jonction de l'aile du nez, delà joue ou bien de la commissure des lèvres, mais qui peuvent acquérir le diamètre d'un franc quand ils se développent sur le scrotum , la verge , le pubis ou la marge de l'anus. La surface de ces tubercules, toujours humide et quelquefois excoriée, laisse suinter un liquide sanieux d'un blanc grisâtre et d'une odeur fade et nauséabonrle. Dans quelques cas ils sont groupés autour de l'anus ou sur le scrotum, en assez grand nombre pour former une plaque large et aplatie, proéminente, sur la siH'face de laquelle existent des gerçures et des crevasses profondes (rhagades). On voit même sur les tubercules plats, restés isolés, des excoriations et des ulcérations linéaires qui occupent particilièrenifiitleur sommet. Lorsque la commissure des lèvres est occupée par un dece tubercules, sa dimension égale, eu général, celle d'une forte lentille et sa surface est creusée i)ar un sillon plus ou moins profond ou rhogade. Cette variété de la syphi-
SYPHILIDES.
lide tuberculeuse , qui a ete décrite par Cullorier sous le nom de pustules plates, est tantôt un syin[)lôme primiiil' do Tinfectionsyphiliticiue, et tantôt un symi)tôme consccutil".
S y phi lide maculeuse. Kl le ne sérail pour plusieurs auteurs, entre autres pour MAI. Cazenave et Schedel , counne nous l'avons déjà dit, que la foruie chronique de la sypliilide exantliéniateuse, mais les macules syphilitiques dillèrent trop de la roséole syphilitique pour qu'il ne convieiHie |)as mieux d'en faire un ordre à part.
On reconnaît les macules syphilitiques aux caractères suivans : ce sont des taches généralement arrondies, quelquefois ovales et irré^Milières , ayant un diamètre qui variedetia,>cent.;ellessontcommunément peu nombreuses, d'un rougecuivré, parfois d'une teinte brunâtre , noirâtre , surtout chez les vieillards ou les sujets cachectiques ; elles ne s'accompagnent ni de prurit, ni de desipuunmation ; la pression du doigt ne les fait disparaître (ju'iuqjarf.iitement. Les macules syphilitifpies siègent princi[)alement au vis;igc , a la région frontale, mais oIIps peuvent cependant se manifester sur le tronc et sur les membres ; souvent elles coïncident avec Texislence de sym pi ornes vénériens divers, et speeialement de Tirilis.
La durée de la sypliilide maculeuse varie d'un à plusieurs mois; elle se termine presipie constaimnent par la résolution qui s'opère de la circonférence vers le centre. Dans quelques c.is rares on observe une légère exfoiijition epi(lermi(iiie , mais il n'y a jamais de desquammation véritable ni d ulcérations.
Les taches vénériennes pourraient être confondiies avec celles du cliloasmn^ mais ces dernières sont , ou plus petites , ou beaucoup p'us larges et irregulières ; elles aiïeclent la partie antérieure delà poitrine ou l'abdomen , et n'ont pas d'ailleurs la teinte cuivrée syphiliti(|ue ; de plus elles sonlsouvontacconqiagnees de deman;;eaisons et dune des(pianni;ation furfuracee manifeste.
Hielt serait porte à croire que la forme macideusp primitive n'existe 'pas et (pie les faciles syphilitiques sont constamment la trace dune forme élémentaire pustu-
leuse , tuberculeuse ou autre. Telle n'est pas l'opinion de M. Rayer, «pii admet une tache syphiliii(pie primitive dont la durée est toujours moins longue que celle des maculatures consécutives.
Souvent on rencontre chez le même sujet plusieurs formes de syphilides ; c'est ainsi (ju'il n'est pas rare de trouver des paipules à côté de jiusiules, et celles-ci avec des tuliercules. Il n'est guère (pie la sypliilide S(piammeuse qui ne se compliipie que très rarement d'autres éruptions syphililicpies.
Traitement des syphilides. Nous allons exposer d'une manière générale le traitement des syphilides, sauf à indiquer, cliemin faisant , (pielqiies particularités spéciales à chacune d'elles.
Les syphilides réclament une médication interne et des applications extérieures. l'> Aledication interne. Pour éviter les répétitions, nous n"indi(juerons que sommairement le traitement interne des syphilidesqui iiedllfère pas notablemenldu traitement de la syphilis cohslitulionnelle en général ( f^. Syimulis). Les mercuriaux sont assez généralement mis en tète des medicameus anli-sypliilili(iucs ; ces agens guérissent en elFtt dans le plus grand nombre des cas, mais non aussi constamment (pi'on l'a avancé. Serait-ce donc parce (jue radministration des préparations meicurielles était iniempestive :* C(!S medicameus sont contre • indiqués dans la période d'acuité des symptômes , leur dose doit être relative ci la gravité des accidens, aux forces du sujet , à l'action jiroduite par le médicament , etc. La préparation (pie l'on choisit le plus ordinairement est le deulo-chlorure de mercure , tantôt en radmini>traiit en solution (li- (jueur de \'an Swieten), tantôt eu pilules uni ou non à l'opium ; voici une formule souvent usitée par Hiett : deuto chlorure de mercure, 0 décigranmies ; extrait aqueux d'opium, -l'i (lecigrammes pour .")«> pilules : on en fait prendre au malade une par jour. Ce même praticien administrait aus<i le sublimé selon la méihctde de Dzoïidi , cc'^rà (lire en commençant |)ar 1/5 de centigramme , et augmentant gradiK'llement tous les jours , justpi'a la dose de o a K» centigrammes cpii sont alors 1res bien supiiorlés , administrés en
SYPHILIDES.
20 , 50 , 60 pilules; dans les vingt-quatre lit'ures. Ce mode de (railement a eu, ditil , des succès fort remarquables dans des cas très graves et presque désespérés.
M. Rayer accorde la préférence à Tadministration intérieure de Tonguent mercuriel. «Depuis plusieurs années j'ai adopté, comme mélhode ordinaire de traitement des syphilides , l'emploi , à Tintérieur , de l'onguent mercuriel ; et Texpérience de chaque jour me confirme la supériorité de cette méthode sur toutes les autres. Elle a, sur l'administration de l'onguent mercuriel en frictions , l'avantage d'être plus sûre dans ses effets curatifs, d'être exempte de la malpropreté et de la dépense de linge qu'entraînent les frictions. De nombreuses expériences m'ont prouvé que l'absorption du mercure, administré à l'intérieur, était plus ^ égale et plus régulière que lorsqu'elle était P soumise à toutes les incertitudes que laisse la plus ou moins grande exactitude apportée dans la;pratique des frictions, dans leur durée , et l'aptitude très inégale qu'a la peau à l'absorption chez un grand nombre de sujets. Depuis que j'emploie cette mélhode , et avec des succès vraiment remarquables , je n'ai pas eu , soit dans ma pratique , soit dans mon service de l'hôpital de la Charité , ou au dispensaire de l'hôpital , un seul cas grave de salivation et d'inflammation mercurielle de la bouche ou de la gorge ; et toules les fois que l'action du mercure s'est fait sentir sur les gencives j'ai pu prévenir les accidens qui l'auraient suivie , en diminuant la dose d'onguent mercuriel ou en suspendant l'usage de ce remède pendant quelques jours. Aux adultes et aux individus d'un âge mûr je fais prendre le matin à jeun , chaque jour, 2 et quelquefois 5 pilules de Sédillot (onguent mercuriel double , 1 gros; savon médicinal, 2 scrupules; poudre de guimauve,! scrupule : faites des pilules du poids de 4 grains) pendant un mois ou un mois et demi , rarement plus long-temps : si l'affection est ancienne , presque toujours en même temps je fais prendre chaque jour une pinte de tisane de Feltz et deux ou trois bains tièdes par semaine ; et lorsque l'éruption est accompagnée de douleurs ostéocopes ou de douleurs articulaires , je prescris 1 grain ou
1 forain et 1/2 d'extrait gommeux d'opiu[n pour le soir. » [Loco citato , t. ii, p. 441.)
Le mercure soluble dellahnemann convient dans les syphilides peu invétérées et chez les sujets faibles, irritables; on le donne à la dose de 5 centigrammes par jour (mercure soluble de Ilahnemann, 12 décigramines ; [)0udred'althœa, q. s. pour 24 pilules).
Biett a préconisé l'usage du proto-iodure de mercure administré à la dose de 1 a 3 centigrammes par jour; ce moyen paraît lui avoir été très utile dans beaucoup de cas.
Le plus grand nombre des praticiens préfèrent l'administration interne des préparations mercuriellcs; mais quelques* uns croient , parfois , plus convenable de faire seulement absoiber le mercure par la surface cutanée , au moyen de frictions avec la pommade mercurielle. M.
Gibert annonce guérir très bien les syphilides en faisant placer, chaque soir, 4 grammes d'onguent mercuriel sous l'aisselle.
Préparations d'or. Autrefois préconisées, puis tombées en désuétude, les préparations d'or semblent reprendre un peu chaque jour la place qu'elles méritent parmi les anti-syphilitiques. Chrestien , MM. Niel, Gozzi, etc., ont rapporté des observations de guérison on ne peut plus concluantes. M. Legrand a rassemblé un bon nombre d'exemples de dartres syphilitiques (syphilides) traitées sans eflicacité par les mercuriaux, et guéries radicalement par les préparations aurifères.
C'est même au travail de M. le docteur Legrand {De l'or, de son emploi dans le traitement de la syphilis récente et invétérée et dans celui des dartres syphilitiques ) que ce métal est en grande partie redevable de sa réhabilitation. Les préparations d'or les plus usitées sont : le perchlorure d'or et de sodium , l'oxyde d'or, l'or à l'état métallique. La première se donne à la dose d'un milligramme par jour, élevée graduellement jusqu'à 2 centigrammes; la seconde, à la dose d'un demi - centigramme et plus successivement; enfin, la troisième, à la dose de 5 à 20 centigrammes : presque toujours on emploie ces substances en frictions sur la
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langue, en les mélangeant ft une poudre inerte; quand on se sert du perclilorure il sulTit de frictionner pendant une minute, mais il faut prolonger la fiiction pendant quatre mintile:^ si on emploie l'oxyde ou Tor métallique.
Tout récemment, on a fait des expériences avec les préparations d'argent et de platine dans le traitement des sypliilides ; mais les faits qui s'y rapporlent n'ont encore rien de concluant.
Sudorifiqucs. Presque toujours on les administre concurremment avec les préparations merciu'ielU's, de sorte que dans ces cas il estdidiciie dedeleriniiur au juste la part qui leur revient dans les succès obtenus. Cependant, dans (pielques cas, on les a employés seuls, particulièrement chez des sujets <jui avaient été infructueusement soumis à l'action du im-rcure, et les avantages (ju'on en a retirés démontrent d'une manière incontestable que leurs propriétés anli-sypliiliti(iues ne sont pas nulles counne l'ont avancé certains praticiens. Les substances siulorifi- (jues les plus usitées scuu la salsepareille, le gaïaCjla squine, le safran : on |)repare une décoction avec 50 grammes de lune ou d'un mélange de plusieurs de ces substances, que l'on fait bouillir d,uis une pinte et demie d'eau réduite à une pinte ; souvent on ajoute Iti decigranunes de dapbne mezereum oti cnidium à celte tisane, pour la rendre plus active. On peut renq)lacer la tisane par le sirop sudorili- (pie , dont on l'.iit ]>reiidic Hn a 10 grammesjpar jour en plusieurs lois.
Sous-carbonale d'ammoniaque. Ce sel, dont l'usage a ele j)reconise parPeyrilbe, a fait obtenir (pielijues gui'ri>()ns assi z rapides dans les cas où les préparations inerciirielles avaient ete enqiloyees ^;im>< succès, liiett dirait dans ses leçons clini- (pies , qu'il en aNait retiré de bons elFels, à la d(»-e de 4, !S ou 42 grammes, en solution dans un liipndc nuiiilagincux.
yiciduhs. J.e même praticien a souvent combattu certaines formes de sypbilides avec avantage au moyen des limonades sulfuri(pie et nitrique (de 2 à 8 granmies d'acide dans un litre d'eau d'orge). C'e^-t surtout dans lescas de ro>eole sypluliliquf (jue ces agens ont été utiles. Cependant ils ont encore rendu, parfois, de grands