IDES
services dans des affections invétérées qui avaient résiste à plusieurs traitemens énergi(]ues, telles que certaines formes p)istuleuses ordinairement très rebelles.
!M. llayer [loco cil. p. 450) a vu des éruptions papuleuses et autres disparaître |)e[idant l'emploi de la limonade nitrique; mais ce praticien habile ne peut assurer si les guérisons qu'il a obtenues par ce moyen ont été durables.
IS'ous sommes loin d'avoir fait une exposition complète de tous les agens usités à titre d'anti-syphilitiipies, nous renvoyons, pour plus de détails , à Tarlicle SvpniLis.
Moyens extérieurs ou locaux, lîien que dans la [)!upart des cas les éruptions syphilitiques puissent disparaître et guérir sous la seule influence d'nn traitement interne bien diri-ré, il est cependant des ciiconstances où des moyens locaux sont indis[)ensables ou au moins fort utiles.
C'est ainsi (pi'on favorise quelquefois la résolution des tubercules en faisant de légères onctions avec diverses pommades préparées soit avec le proto-nitrate de mercure (l'2 à 18 décigrammes pour r.O grammes d'axonge), soit avec le proto-iodure (12 décigrammes pour 50 grammes), soit avec le deuto-iodure de mercure ((> décigram. pour 50 grammes).
« Mais, de toutes les préparations de ce genre, la ])lus utile, et celle (pii est suivie iruiie resolution jtlus prompte, c'est la ponunade avec l'iodure de soufre incorpore dans l'axouge à la dose de 20 à 50 j,Mains sur une once do graisse ; nous avons vu ce moyen, employé par M. liielt, amener des résultats très avantageux chez un malade dont tout le dos et prescjue tout le corps étaient couturés de cicatrices et de gros tubercules. » (Cazenave et Scliedel, loco cit., p. 474.)
Les ulcérations syp'iilitiques consécutives aux syphilidesonl souventunc leiiflance à envahir les parties voisines, cpi'il importe de chercher à arrêter. On parvient ordinairement à ce résultat eu modihant les surfaces ulcérées par l'emitloi de pommades dont le deutoxyde de mercure, le deuto-iodurc ou le cyanure de mercure font la base. IJans certains cas, il faut agir plus énergi- «piement encore en cautérisant ces mêmes surfaces à l'aide du nitrate acide de mer-
SYPHILIS
cure, Quelqufs praticiens préfèrent, pour remplir ce but, le nitrate cVargent. liielt avait coutume de calmer les douleurs , quelquefois très vives, qui souvent accompagnent les ulcérations syphilitiques en appliquante leur surface des plumasseaux de charpie enduits de cérat hydrocyanique (acide hydrocyanique, 20 gouttes; cérat, 60 grammes}.
Les syphilides réclament, en général, l'emploi des bains, quelquefois même ils ont suffi pour guérir ; les douches de vapeur conviennent à la sypliilide squammeuse, et les bains de vapeur à la syphilide tuberculeuse. Les bains alcalins sont avantageux dans la syphilide pustuleuse.
Les bains de sublimé ont élé de nouveau prescrits dans ces derniers temps, mais les résultats ne sont pas encore sufiisamment appréciés pour que nous osions en recommander l'usage. Il est probable d'ailleurs que le deuto-chlorure de mercure est décomposé par les principes salins de Teau, ce qui explique, peut-être, l'innocuité de ces bains.
Les fumigations cinabrées procurent souvent à elles seules la guérison des tubercules plats du scrotum et de la marge de l'anus.
On peut établir, en principe général, que les phénomènes inflammatoires concomitans des éruptions syphilitiques doivent être combattus par les anti-phlogistiques internes et externes ; ces moyens sont souvent des auxiliaires fort utiles : mais ils ne peuvent être érigés en méthode générale et unique de traitement, comme cela a été proposé; leur impuissance est aujourd'hui bien démontrée.
On observe, dans quelques circonstances rares , des syphilides si opiniâtres qu'elles résistent aux traitemens les mieux dirigés; les malades restent en proie aux symptômes alarmans d'une infection générale qui détériore leur constitution.
Dans ces cas malheureux ils peuvent encore trouver du soulagement ou même la guérison en faisant usage d'opium à doses successivement croissantes, en commençant par 5 centigrammes jusqu'à 2 décigrammes et plus par jour.
Quelle que soit la méthode de traitement à laquelle on ait recours pour combattre les syphilides , il est toujours de la plus
haute importance que les malades soient soumis, jusqu'à la guérison complète, à un régime approprié ; ils devront éviter avec soin tous les stimulans, tels que les viandes noires, les mets épicés, les boissons alcooliques , le café , etc. Ils évileront les fatigues corporelles ainsi que les émotions vives de l'àme. Us se garantiront avec soin des vicissitudes atmosphériques et des effets de la malpropreté.
SYPHILIS. « On appelle syphilis une affection multiforme et complexe qui paraît procéder d'une cause unique àl aquelle on a imposé le nom de virus vénérien. » (Cullerier et Ratier, art. Syphilis du Diction, de médcc. et chir. prat.)
Les symptômes principaux de la syphilis, tels que bubon, chancre , etc. , ont été étudiés séparément dans le cours de cet ouvrage. Cet article ne peut donc traiter que des généralités.
Les auteurs ont longuement discuté sur l'origine de la syphilis en Europe. De toutes les opinions émises à cet égard, la plus accréditée est celle qui en attribue l'importation aux gens de l'équipage de Christophe Colomb qui l'auraient reçue des naturels d'Amérique.
Une autre opinion fait remonter non plus l'importation mais la propagation de la syphilis en Europe, au siège de Naples par l'armée française dans le quinzième siècle. Cette opinion compte un assez grand nombre de partisans , et il est remarquable que, dans beaucoup de pays , la syphilis est appelée mal français ; dans d'autres, au contraire, on lui donne le nom de mal d'Espagne, maldelNaples, etc.
Généralement les auteurs qui se sont le plus occupés de ce point d'histoire ont rétréci la question, en ne recherchant que ce qui a rapport à l'importation ou à la diffusion de la maladie parmi nous. Mais il ne s'agit pas de savoir comment elle nous est venue ; il s'agit de savoir comment elle s'est développée. Quand on sera parvenu à fixer d'une manière positive son itinéraire, en supposant, par exemple, qu'elle nous vienne effectivement d'Amérique, il restera à savoir comment elle s'est produite en Amérique ; c'est-à-dire que l'on en viendra forcément à se poser cette question : Quel a été le principe de la syphilis? Hunter a vu la question ainsi, et
SYPHILIS
son opinion à ce sujet mérite (VcMro r.i[>- i Étioloqie. « SU e^t nn jjenre de malaportt'ii. "De (jiielfun' manière, dit-il, (|ue die où la cause sonil)le être liée à Telfet b maladie vénérienne se soit manifestée d'une manière évidente , c'est , sans con-
pour la première fois, ce ne peut être que chez des individus de l'espèce humaine, puiscju'il parait qu'elle n'allecte pas les autres animaux. 11 pense aussi que les organes sexuels en furent le siège primitif; car si la maladie s'était manifestée sur d'autres parties, elle se serait bornée à la personne ipji en aurait ete atteinte la première. Mais en supposant (pi'elle attacjua d'abord les organes de la génération (jui ne se trouvent en rapport immédiat qu'entre la mère et l'enfant , rien ne pouvait être plus favorable à sa pro()agation. Hunier conclut (pie les premiers elFets de la maladie doivent avoir ete locaux; et il appuie son opinion sur un fait incontestable aujourd'hui , c'est que quand elle est devenue constitutionnelle elle ne se communi(pie plus. » (Sain. Couper, Dict. de ch. , art. Syphilis.)
Cette opinion est explicite, mais il y manque (juchpie chose. Hunier recherche comment la syphilis s'est développée , mais dans cette recherche il ne se j)reoccupe(pie du siège dans hMjuel ont dû se produire |)0ur la première fois les symptômes syphiliti(|uos ; et ce siège, il le [lace avec raison dans les organes génitaux : mais quelle est la cause .^
Ainsi, relativement à l'origine de la syphilis, il est probable (pi'ellc a dû exister de tout temj)s et partout à la fois. (^)ue si, à un mouïcnt donné, elle s'est près» ntée avec une telle fréquence, (jue l'on a pu croire à l'invasion toute récente d'une affection jusipi'alors inconnue , cela tient à un certain nombre de circonstances difficiles à pénétrer, mais surtout à ce que l'allention se fixa alors davantage sur cette maladie.
Un certain nombre de chirurgiens , parn)i les(juels nous pouvons surtout citer H. liell , professent fpie la sy|thilis était conmie ^ur l'ancien eoniinent , et qu'«'lle existait chez les Juifs , les Grecs, les Homaiii»^, par conseipuiit bien long-temps avant la découverte de r.Aiiit rniiie. I.e> citations d'historiens, les descriiition> de» poêles ne m,iii(|uent pas pour appuyer cette opinion , (pii a poin* elle dcja d"«'lre rationnelle des le premier coup d'n il.
tredit la vénérienne » { Petit-Radel
«^ Depuis Alexander Renedictus, médecin de Vérone , qui le premier admet comme principe contagieux une teinture vénérienne produite dans les organes génitaux de la femme par l'altération des humeurs qu'ils exhalent ^ et qui, reconiuie par Fernel , reçut le nom de lues venerca , jioison , virus vénérien ; le plus grand nombre des syphilographes est reste convaincu de l'existence d'une cause spéciale , d'un principe délétère particulier.
» Cependant celte cause si facile à saisir dans sa source , et à suivre dans ses efiels réguliers, méconnue des anciens avant la terrible maladie épidémique du quinzième siècle, a trouvé, dans ces derniers temps quelques incrédules de bonne foi et beaucoup plus de mécréans intéresses. » (Ricord, Traite prat. des mal. venir.)
Les antagonistes de la doctrine qui admet le virus ont été obliges de recourir à des doctrines qui , quehpiefois , ne sont pas très intelligibles. Le lecteur va être à même de s<; i^rononcer sur la subtilité ou mieux l'obscurité de celle de Bru. Cet auteur a fait des inoculations, et il n'a jamais pu réussir à reproduire les symptômes (pii avaient fourni le [)us inocule ; de plus il a vu qu'un homme ayant eu des rapports avec une femme icnpure , et n'éprouvant encore aucun accident vénérien, Iors(jue , dans cet état , il approchait une femme saine , ne hii communiquait pas la maladie dont bientôt lui même allait être atteint , et de tout cela il conclut : « 1» que le mode vénérien n'est point inoculé avec l'aclion vénérienne, mais avec la disposition ; '2' (jue celte action est le résultat de sa combinaison avec une substance sur la(iuelle il a quelque pouvoir ; 5» que celle substance, telle (ju'on la sui>pose , doit être d'une nature à mettre le phlo- isti(jue en iction, puisque l'inflammation est la |»reiniere chose (pTclle produit ; 4,"^ que pour conserver sa veilu contagieuse , clic ne doit êiie ni ^oumi«^e au contact de lair, ni disséminée dans les excrétions purulentes ; o" enfin , que, ne s'inoculant
SYPriTl.IS.
avec la disposition vénôiienne que dans la circonstance du (u)nîact iniinédiat , où il y a chaleur el fiollenient, cl après (ju'ii a manifesté son aclioji, on ne peut soupçonner autre ciiose sinon que le mode vénérien est le lluide électri(jue ou tout autre mode du feu élémentaire altéré et passé sous une forme d'expansion. » (Bru, Méthode nouvelle deiraiter les maladies xénériennes par les gâteaux toniques mer cartels.)
Voici maintenant comment sVxprime Caron, qui est dans les mêmes idées d'opposition au virus .- « Si l'on peut dire avec raison que l'imprégnation des femelles est une vraie contagion , une sorte de virulence nerveuse , on peut dire égalciocnt que l'origine de la contagion du virus vénérien est une espèce de conce[)lion, et non le résultat d'une simple intusî-usception ou absorption d'un liquide \iru\('nl.» Et plus loin : "Sans pouvoir expliquer la nature du vii'us vénérien, ou plutôt le principe de sa conception dans l'économie, nous poserons, comme une vérité incontestable, qu'elle n'a lieu que par une irritation spéciale, une sensation particulière de l'esprit d'animation, puisiju'il faut du frottement , de la chaleur ou uoe certaine disposition vitale dans les partiels propres à cette cotitagion ; puisipio enlin la sécrétion vénérienne n'ayant rien de contagieux et d'irritant par elle même, elle n'est pas même capable de la développer. M {Nouvelle dochine des rnalad.
vétiér.)
Ainsi, Caron admet un virus , m.iis un virus en (juclque sorte impondérable.
Nous dirons avec M. Ricord que la doctrine qui vient d'être succinctement exposée ne mérite pas de réfutation sérieuse.
M. Ricord a résumé, comme il suit, les objections d'un autre opposant, M. Riciiond des Brus :
" 1° Les résultats de l'inoculation sont négatifs ou incertains ;
2" Les symptômes secondaires de la \éYo\e^ plus virulens que les primitifs., devraient s'inoculer seuls, et le contraire a lieu ;
5« S'il y avait des varioles constitutionnelles, des infections générales, les individus saturés du principe vénérien ne devraient pas être susceptibles d'une noa- TOME vu.
velle infection , et cependant il en est autrement d'après les expériences de Ilunter ;
4" La propriété contagieuse des sécrétions vénérieiiiies ne lient pas à l'essence du pus, mais du degie d'intlaiinnation de la partie (pii h; fournit ;
o" Le pus (le la gonorrhéc, que beaucoup d'auteurs regartient comme une affection simple, ne devrait pas s'inoculer, et , dans l'expérience de Hunier, le contraire eut lieu. »
A ces objections, M. Ricord répond :
« 1" Que l'incertiiude dans les résultats de l'inoculation ne lient qu'au défaut de |)récision dans les ex|>ériences;
n^" Qu'il n'est pas be>oin, pour qu'il.s soient dus à une cau<e S|.éciale , (pje les symptômes .secondaires s'inoculent coînnie les primilifs, et (pi'ils j-oimt plus virulens (jue ces derniers ;
" ^" QuG la possibilité d'inoculer fie nouveaux symptômes primitifs , comme, lui même l'a observé , n'eitipè.he pas une infection générale d'avoir eu lieu et d'exister encore, une infection n'en prévenant pas une autre;
»'4o Que jamais, avec du pus d'une gonorrhée, d'une leucorrhée, d'ini cor\z;i simple, on ne produir.i des chancres, biciï qu'il [)!!is«e donner lieu à des irritations, des excotiali;)ns même;
•)5o Que, (piand le pus d'une gonorrhée produit un chancre par inoculation, c'est qu'il y a autre cliose (pi'une gonorvhée.'
» Le \irus vénérien, a-t on dit, est lui être chimérique et insaisissable ; les effets qu'on impute à cette caust! imaginaire ne tiennent (ju'à la nature du siège, à la vitalité particulière des parties uia'ades, aux difiérens degrés de l'inflammation, et aux réactions sympaihiques qui peuvent eu être la consétiueiu^e.
)> J'ai donc dû m'attacher à matérialiser cette cause, à coercer cet être prétendu imaginaire , à lui assigner des caraclèies distinctifs et d'espèces qui ne permissent plus, à moins de mauvaise foi ou d'ignorance, de la méconnaître, et j'ai dû prouver que le siège, la vitalité et les fonctions de l'organe mala le n'avaient sur elle «pie des iniluences secondaires, et qu'enlin elle n'était pas la conséquence foituile du [dus ou moins
ZU
SYI>HILIS.
iriiiflammatioii. « ( Ricord , loco cUato.)
Tons lt'< praticit'iis savent par quel moyen >1. llicurci a demunlre l'exislence du virus vénérien; les résultats <iuM a obtenus de rinocnlalion sont connus.
I\I. llicord a pratitiue rinorulalion non pas de riiomme aux animaux, non pas do riioinnie malade à riiomnie sain, mais de riiouuue malade à Tliomine malade luimême.
J/inoculaliou employée comme preuve d'une théorie, ou comme moyen diagnosti(iue, a été jugée sévèrement par MM. (lullerier et l'»aiier dans l'article déjà cite du DiclioiuKiire de mcdecinc et de cliirunjie pralif/ms.
«'On ne saurait, disent ces deux auteurs, proposer un moyen de diairnosiie plus vicieux (jue l'inoculation du jius lecueilli à la surface des ulcères, ainsi qu'on n'a [)as craint, dans ces d','riiiers temps , de l<î pieconiser. Oue resulle-t-il, en eflet, de cette prali(pje ? Le malade a un ou deux ul(>ères de |)lus ; les chances din- Icctiou générale augmentent à proportion, «le sorte que Ton a donné la syphilis con- .slitulionnelle à un honune cpii ne l'aurait
pas eue i)eul-élre D'ailleurs, rulcére
r(!sultant de rinoculation ne saurait ollrir de caractères plus vigmlicalifs a ceux (jui n'ont pas su les reconn liire sur l'ulcère <pii s'est développe d'abord ; et si l'inoculalion vient à ne pas réussir par uiw circonslance dépendante de la négligence ou de l'inadvertance de l'opj'raleur, la maladie sera donc par là déclarée complétetuent étrangère à la syphilis, et le malade, à (pli ou aura ainsi délivre une patente nette, s'en ira tranquillement donner une alleclion f.iclieuse à ceux (pii auront qufhpu's rajtporis avec lui »
H y a là, abstraction laile du fond, sur le(iu(l nous auîous a nous ( xpli(pier toutà-l'hrure. une f-ri eur de d«Mail. Les auteurs disent (pie ccliu cpii n'aura pas reconnu le caractère venenen dans l'ulcrre préexistant ne le recoiuiaîlra pas davantag»; dans l'ulcère inoculé. IMais comment n'onl-ils pas vu que le fait de l'inonilalion était lui-méihc la preuNC du caractère vénérien?
;M. DcriHlles ( Trait c prniiquc dcn tnaladiis vcntrietuies ; Vni\< ^ is.~ro ne b'e-l [>ai montre [>lus indulgent pour l in-
oculation , au sujet de laquelle il a d'ailleurs parfaitement résume les opinions de M. llicord , relativement à l'inoculation, dans le passage que voici.
« Le chancre, pendant sa période d'ulcération, s'inocule toujours;
» Le bubon d'absorption suppuré s'inocule toujours;
» La pustule d'inoculation peut être reproduite par son pus à l'infini;
» Le pus de l'urethrite non ulcérée ne s'inocule jamais:
)' Il résulte de là que la forme ulcéralive,unie à l'état aigu, est seule susceptible de s'inoculer. »
Le passage suivant, extrait du livre même de M. llicord, achèvera de faire com[)rendre la théorie de ce praticien .-
... <( .l'ai passé en revue toutes les affections réputées vénériennes , ou autres, soit primitives, soit secondaires. 'J'outes les sécrétions normales ou inprbides, chez les individus réputés syphiliti(pies , ont ete exaimnees par la voie de l'inoculation, et une seule forme a fourni des résultats eoustans; et cette forme, c'est l'idcére primitif : autrement dit le chancre.
» Le chancre , qui est à la vérole constitutionnelle ce(ju'estlamorsiuedu chien enragea l'hydrophobie (iNL llicord a voulu dire à la rage), ne produit, toutefois, un pus spécin(pie (ju'à une certaine é()0(pu'! (lésa durée; et c'est bien ccrtainenient faute d'avoir apprécié ce fait si simple, que les résultats de l'inoculation ont pu être contestés ou paraître incertains. Il est bien évident (jue l'ulcère syphiliti(pie |)rimitif ne saurait être le même à toutes les époques, et qu'il lie pourrait arriver à la cicatrisation s'il ne passait enfin à l'état diilcére simple par la de>trnction de la cause (|ui tendait à l'entretenir; or on ne saurait exigei- de ces (hlFerentes phases des caractères semblables, des résultats pareils : c'est à la période de jirogrès ou de f^lalu quo de l'ulcération, alors qu'il n'y a pas de travail de cicatrice , que le chancre secrète le virus syphilitique. »
.Alais il est temps de dire ce (pie nous pensons de l'inoculation, que nous allons d'abord envisager sous le point de vue de riililii(! On y a recouru :
" 1" Pour prouver l'existence de la
SYPHILIS
cause spéciale des maladies syphilitiques , le virus vénérien ;
)» 2° Pour distinguer entre elles des maladies en apparence semblables. » (Ricord.)
Mais, sous le premier rapport,qui ne voit que l'inoculalion avec la lanceite ne saurait prouver plus que Pinoculation d'organe à organe , qui est aussi probante que possible; tellement probante qu'elle fait écrire à Pelit-Radel la phrase rapportée plus haut, et rappelée pourtant par I\I. Kicord lui-même ! Un homme approche une femme qui a un chancre en pleine suppuration, et contracte une affection semblable*; n'est-ce point assez pour que nous soyons autorisé à conclure? Supposons que cela ne suffise pas. Voici alors une preuve qu'il nous semble difficile de récuser. Un homme a approché une femme impure, et il a le germe de la syphilis ; mais celle-ci ne se manifeste pas encore entièrement : cependant il a des rapports avec une femme saine, et cette femme échappe à la contagion; pourquoi? parce que le moyen de transmission, le liquide spécifique , n'est pas encore produit. En voilà plus qu'il n'en faut pour démontrer Pexistence du virus syphilitique. Employer Pinoculation, c'est-à-dire une opération sur l'homme , et une opération chanceuse, pour démontrer ce qui se démontre de soi-même, c'est en vérité prêter trop d'attention à des théories subtiles, confuses, et incapables de soutenir la discussion.
L'inoculation, comme on Ta vu, peut s'exercer de Phomme aux animaux et de l'homme à Phomme. De Phomme aux animaux elle ne réussit pas, puisque tous les auteurs sont d'accord sur ce point ; et l'on doit comprendre qu'elle ne réussisse pas , les animaux ne présentant jamais les symptômes de la syphilis : ce qui porte naturellement à penser qu'ils ne sont pas susceptibles de la contracter. De Phomme à Phomme, elle peutsexercer de l'homme malade à Phomme sain et de Phomme malade à lui-même.
En résumé , relativement à Pexistence du virus syphilitique :
1° Le virus syphilitique existe ;
se prouve surabondamment par le seul fait de la contagion.
A ce dernier égard , nous ne pouvons que rapporter les expressions dont s'est servi I\l. le docteur IMarchal dans un mémoire sur le traitement du bubon. { ^mnales de la chlr. française et clraivjère , no i.)
« Il n'est pas plus possible de nier le virus vénérien dans ses résultats que le liquide spermatique dans les siens. Les affections syphilitiques se continuent par leur virus comme les races d'animaux par la liqueur séminale. C'est de part et d'autre la même puissance dans une reproduction fidèle aux types primitifs.
"Donc le virus sypinlitique existe. Mais sous quelle forme existe-t-il ?
» Je crois que le virus vénérien n'est autre chose que de petits vers vivans qui produisent des œufs en s'accouplant , et qui peuvent aisément se multiplier comme font tous les insectes. » (Didier, Dissert, médic. sur les malad. vénériennes; 7<^ édit. Paris, 1710.)
M. Donné revient à cette opinion , à laquelle il a su donner une forme plus scientifique. Cet habile expérimentateur a trouvé dans le pus des chancres , mais des chancres du gland et de la vulve seulement, des animalcules ayant la forme du vibrio lineola décrit par Muller. Le seul autre cas dans lequel I\I. Donné ait retrouvé ces animalcules était celui d'une femme qui portait un ulcère vénérien à la jambe. Cet ulcère, d'un fond livide, offrait tous les caractères de la pourriture d'hôpital; il s'en écoulait une matière très fétide.
Le pus du bubon inguinal , chez des malades affectes de chancres , n'a jamais offert de vibrions ; les globules qui le composent sont semblables à ceux du pus ordinaire.
M. Donné ayant inoculé le pus du chancre à vibrions avec de l'eau vinaigrée, les vibrions ont péri par l'action de l'acide affaibli; quelquefois alors Pinoculation n'a rien donné, d'autres fois elle a réussi. Par cela même que les vibrions n'existent pas dans tous les chancres virulens, il est absolument impossible d'admettre que ces animalcules constituent Pélément
20 11 porte sa preuve avec lui-même, et ^ essentiel du virus j et au contraire , on
556 SYPHILIS
doit penser qu'ils en sont complètement i verait qne cette opinion est erronée. »
indepejulans. « Pour nous, difSl. Rieord ' (Sam. Cooper, loc. cit.)
{loc. cit.), jusqu'à présent la présence de l'animalcule n'est due (pi'à un travail de déconqiosition, sans éirard à Tel émeut véneiien; et, malgré sa brillanle théorie , ]M. Donné avoue presque la question, en iinli(iu;uit que tout ulcère à vibrions n'en ollre plus dès qu'il a été cautérise ou lave : est-ce, en elîet, autre chose que d'enlever le pus altère et stagnant a la surface d'une plaie de la(|uelle malheureusement il n'est pas si facile de chasser l'élément syi)hiliti(|ue? M
Un autre caractère que 31. Donné a trouvé au pus des chancres virulens, c'est une altération dans la forme des globules; <|U('l(jues- uns étaient comme dissoiis dans le liquide, au milieu ducjuel paraissaient nager leurs débris. Ce caractère est tout à fait insuflisant ; mille causes peuvent altérer la forme des globules du pus ordinaire , et ainsi donner à celui-ci ra[)i)arence du pus virulent.
Un fait qui n'est pas sans importance , c'est que le pus virulent mêlé aux acides perd, d"aj)res les expériences de M. llicord, sa pro[)riete virulente et contagieuse. H y a là une indication prophylacticpie.
Au demeurant, le virus vénérien n'existe pas sous la forme d'animalcules ; il ne peut j>as non plus consister dans une altération de forme des globules. '< 11 est conmuinement, dit Ilunter, sous forme de pus , ou nni avec le pus ou avec quelque sécrétion de ce genre. » Ce n'est pas encore là, selon nous, l'expression de la vcrité. H ne faut ()as chercher à distinguer le virus (lu |)us ; c'est le ])us même (pii est le >iriis.
Le virus syphilitique est-il un ?
« On s'est débattu pour savoir ^i le virus d«' la maladie vénérienne était le même que celui de la gonorrhée. M. Hunter avoue que l'opinion <|ni attribue un viru>^ dilleuMit |»our chacune de ees alFections parait avoir quelque fondement quand on V(»it la diiïerence des syin|itômes et de la méthode ( iirative qu'ils neees>iient ; mais il assure en même temps (pi'en f)renant la question sons un autre point de vue, et en taisant des expériences sur les résultats desquelles on iKjurrail couïpter, on trou-
D'après i:ela, le môme pus pourrait déterminer indistinctement un chancre et la gonorrhée ; ou bien encore le pus d'un chancre pourrait déterminer la gonorrhée, et le pus de la gonorrhée un chancre.
B. iJell a fait des expériences dont les résultats sont opposés à ceux de Ilunter. Voici plusieurs de ses expériences -. « On imprégna le bout d'une sonde du pus d'un chancre fixé sur le gland avant d'avoir fait aucune application, et on l'introduisitcomplétement dans Turètre. Pendant les huit premiers jours l'individu qui était le sujet de l'expérience n'é[)rouva j)as .d'incommodité, mais après ce temps il sentit de la douleur en urinant; on aperçut, en dilatant l'urètre autant (pie possible , un large chancre presque tout entier, et, peu de jours après, il se manifesta un bubon sur les deux aines. Il n'y eut point d'écoulement par l'urètre durant tout le temps de la maladie; mais on ne tarda pas à apercevoir un autre chancre sur le côté opposé de ce canal. On fit , comme sur l'autre , une application de précipité rouge au moyen d'une sonde préalablement humectée à dessein; on |)rati(pja en même temps des frictions mercurielles sur le côté externe de chaciue cuisse, (|ui déterminèrent une abondante salivation. Les bubons, (pli jus(pralors n'avaient cessé d'augmenter de volume, devinrent stalionnaires et finirent |)ar disparaître entièrement. Les eiiancres prirent un bon aspect, et la guérison s'opéra complètement par la continuation de l'emploi convenable du mercure.» (H.Hell, On yonorrhca virulcntd and lues ir:icrva.)
D.uis un autre fait le i)us d'une gonorrhée est introduit entre le prépuce et le gland , et dete» mine une balano postilite.
« Deux éludians en médecine, voulant s'asvurer de la vérité, firent sur eux-mêmes les expériences suivantes. Ils n'avaient jamais été alTeclés ni de chaudej)isse ni de vérole, et l'on prit la matière infectée sur des malades (|ni n'avaient jamais f.iit usage du mercure. Ils inlrodiii-^irent tou^ deux entre le prépuce et le gland une petite mèche de (harpie imprégnée de ce [His (du pus de gonorrhée), et
SYPHILIS
Ty laissèrent séjourner pendant Tespace de vingt-quatre heures. On s'attendait à voir des chancres se développer ; mais il se manifesta chez Tun des deux une violente inflammation sur tout le gland et le prépuce , absolument semblable à celle que Ton nomme vulgairement chaudepisse bâtarde. I>a surface des parties enflammées fournit un écoulement fétide très abondant, et Ton craignit pendant phisicurs jours d'avoir à faire une opération pour un paraphimosis. On eut recours aux applications d'acétate de plomb, aux laxatifs, à une dicte légère, et l'inflammation se calma, récoulemeiit disparut; il ne se développa point de chancres, et la personne lut entièrement guérie. Chez l'autre étudiant, rinflammation fut légère; mais, le pus s'étant introduit dans le canal de l'urètre , il fut pris , le second jour , d'une violente gonorrhée , qui le tourmenta pendant plus d'une année. » {On gonorrh., etc.)
Enfin, dans une autre expérience rapportée par B. Bell, on voit un étudiant en médecine, après s'être inoculé inutilement le pus gonorrhéique, s'inoculer celui d'un chancre ; « au bout de cinq ou six jours on aperçut un chancre douloureux, enflammé, sur le point où le pus avait été appliqué. Il survint ensuite un bubon , qui passa à l'état de suppuration malgré l'application immédiate du mercure ; et il en résulta une plaie désagréable et douloureuse. Enfin, on aperçut des ulcères au fond de la bouche dont on ne put obtenir la guérisou qu'après l'usage d'une grande quantité de mercure et en faisant garder la chambre au malade pendant plus de trois mois. » {Ibid.)
Voilà un certain nombre de cas dans lesquels le \ms d'un symptôme inoculé a donné lieu au symptôme semblable.
Parmi nous , M. Lagneau revient à l'opinion de Hunter et admet que, dans le plus grand nombre des cas , le virus de la gonorrhée et celui du chancre sont de même nature. 11 se fonde sur ce que l'on a vu le même homme donner les deux maladies à plusieurs femmes , et réciproquement.
Déjà Vignrous avait rapporté le cas de six jeunes gens qui , ayant vu la même femme , éprouvèrent des accidens diffé-
rens. Ainsi, deux curent des chancres et dps J)ubons , deux la gonorrhée , et les deux autres un bubon seulement, [OEntr, de chirur. prat. ^ Montpellier, 1812, p. 8.)
Le docteur lïennen fait mention dun cas analogue dans lequel, sur trois hommes qui avaient vu la même femme dans l'espace d'une heure, l'un n'éprouva rien, tandis que les deux autres gagnèrent, l'un, des chancres et des poireaux , l'autre une gonorrhée. " Les soldats, dit ce chirurgien, font l'amour par bandes, et il nous en est souvent arrivé un grand nombre dans le même hôpital infectés par la même femme avec laquelle ils avaient eu commerce, les uns a[)rès 1rs autres, dans un très court espace de temps. Les uns avaient gagné un genre de maladie , les autres un attire^ et quelquefois tons les deux ') [Principles of military surgery ; 2" édit. , p. 525). Mais peut on savoir si dans tous les cas il n'y avait pas eu une infection antérieure?
Guthrie pense que « la matière de la gonorrhée peut faire naître des ulcères sur le pénis; que la matière des ulcères peut, à son tour, produire la gonorrhée, et que les deux maladies peuvent même survenir après un coït impur. Je suis parfaitement convaincu, d'après différentes observations, qu'uii grand nombre d'ulcères produite de cette manière prennent quelquefois le véritable caractère du chancre , dont il est alors impossible de les distinguer ; mais je suis également persuadé que, sous la forme des symptômes de la plus mauvaise nature , la chaudepisse peut dépendre et dépend quelquefois effectivement de causes irritantes communes aux parties exemptes de toute espèce de maladie syphilitique ou de virus , qu'on ne peut pas la distinguer de celle qui naît d'un coït impur , et que les deux maladies sont curables par les mêmes moyens et sans mercure. » ( Medic.-chir. trans. , t. viii, p. 554.)
On a dû rechercher si le pus syphilitique était capable de se conserver comme celui de la variole ; l'analogie des deux virus conduisait naturellement à l'affirmative. Des observations nombreuses , entre autres celles de Hiniter , confirmèrent celte solution , en faveur de laquelle nous
SYPHILIS
citerons^ aussi le passage suivant de Petit- Radrl : <e Lo inrine (U'iélère pris d'un jtus varioli(]ue (juc l'ouniissaient des clianctcs, desséché et conservé dans une boite comme le varioliqtie, inoculé long-temps après aux bras à l'aide d'une lancette, y a fait iiaitre deux ulcères vénériens précédés de tous les symptômes d'inoculation véroli(pie, et il s'en est suivi la guerison , sur un soldat mine par inie syphilis ancienne et rebelle à toutes les méthodes. » {Luco cilaio.)
« J'ai pris, dit ;M. P»icord , du pus de chancres et du pus de pustules d'inoculation ; ces i)us ont été conservés pendant sept jours dans des tubes semblables à ceux dans lesquels on conserve le vaccin , €t l'inoculation s'est faite comme avec du pus récent.. >
llcchcrchons maintenant quels sont les modes de tran^inissiou du virus.
" Dans Ie> cuuiinciicemens , lorsqu'il fut counu (pie la maladie était contagieuse , ou Cl ut. (pi'cllc (levait être commuiii(|ucc en rcs[)irant le même air, en touchant la niaiu, les vèlcmens , les membres d'un vérole ; (|ue la rcunion d(i> clireticus daus les temples, (jue les approcliemcns du iril)unal de la pénitence, étaient des moyens frè(|uens de contagion : aussi, à cette époque, ne se cachail-ou pas d'être atteint de celle maladie ; les auteurs médecins n'hésitaient pas à rendre publiques des observations de sy[)hilis f.iiies sur de vertueux l)riiices, siu' de respectables prélats. » (Cullerier, ar:, S\ rnii.i.s du grand Pirt. des se. mcd.)
Sans doule ce serait duperie et ignorance (pie de croire a une telle facilite de trausuiivsioii. Mais il ue faut pas pou^^^er l'iuci cdulite tro,! loiu. Ainsi , l-'abricc (\v llildcu U' u«; a lai>M' riiistoire diiu galeux qui, eu l«»(i*>, .lyaut couche dans un lit où av.ucul sue plusieurs véroles, fui in- It c:e d'uue -\ plnlis a la piclle il succomba. l»ien ne jirouvc (|ue ce galeux n'eut luimèuie antt lit u!( nient , el par ses [)ropres a -le", le germe de l'aircctiou sy[)hilili(pic. Dcvaul de tels faits, il est ju-tc de douter.
« \.o iU(,y('U dp propagaliou de la syphyh.> le plus cttmmun c^t, iiicoutc >tal)lcmcnt, celui {\v^ parties sexuelles dans le ra[)prochement des deux se.xes, parce que
c'est dans ces parties que le virus fixe le plus eonununèment son séjour, parce que ces parties sont toujours ou presque toujours humectées , parce que l'epiderme qui les recouvre est tendre et mince , parce <pie les organes restent en contact , parce que le mouvement rend l'absorption plus facile.
» Les organes de la bouche sont souvent les propagateurs de la contagion par nu baiser lascif, par l'application des lèvres ou de la langue sur une partie du tis^^u muqueux, par la succion des seins , surtout dans l'allailemeut. Si la bouche d'un enfant peut infecter une nourrice , le sein de la nouriice peut aussi infecter l'enfiint ! ') (Cullerier, loco eit.)
1/infection de la nourrice à l'enfant peut avoir lieu de deux manières : la nourrice i)eut avoir des symptômes primitifs ou la syphilis consiituliounelle. Dans le i)remier cas , la tiansmission du virus s'opère par le contact inunédiat , l'usage d'eponges, de linges souillés, elr. ; dans le second, elle s'opère directement par l'allaitement, en quelque sorte par transmission : ce ipii a été nié; unis les faits ne se nient pas.
Quand la transmission a lieu de l'enfant à la nourrice , c'est , en gênerai , le mamelon (pii commence à devenir le siège d'un chancre cpii fait de grands ravages , eu égard à la .structure et à la fonction de celte partie , et (pii donne frccpieinment lieu à la syphilis constitïilionncllc , [)arce (pu^, les malades, dans la pluparl des cas, igiKU'ant la nature de leur airecti()n , ha lai-.<cnt faire de grands ravages.
« IMais il faut au médecin beaucoup de prudence avant de se prononcer dans les (piestions niedico-lcgales soulevées à celte occasion. Souvent, en ellet, surgissent enlre les parens el les nourrices des accu-^atious recipro(pies , et d« s actions eu dommages-intérêts... Des enfans sont atteints d'aphthes malins el gangreneux, (pii peu\cnl amener ruidamm.ition ulcéreuse (lu mamelon, l'engorgement des ganglions aNillaircs et autres acriden-^ jtlus ou moins grave-, ; de même (pu; leiifant peut préseiitf r diver.ses affections cutanées fort sérieuses, sans (|u"il y ail lieu de part ni d'autre à aucun mauvais soupçon. » (Cullerier et Halier, loco cit.)
SYPHILIS
A ce sujet Cullcrier l'ancien a tracé des règles de diagnostic qu'il ne sera pas inutile de rapporter. <« On peut avoir certitude que l'enfant a passé le mal à la nourrice, lorsqu'il a des ulcères dans les fosses nasales, des pustules luberculeuses, croûteuses ou ulcérées dans quelque partie du corps, avec les caractères de maladie déjà ancienne. On peut aussi avoir la certitude que la nourrice a infecté Tenfant , quand elle a des ulcères à l'arrière-bouche, des pustules sur le corps , des exostoses , et l'enfant seulement des ulcérations à la bouche, au nez ou à l'anus. » {Loco cit.)
«' Un verre, une cuiller, une pipe, communs à plusieurs individus , peuvent être aussi un intermédiaire de contagion; mais il est nécessaire que le contact ait lieu immédiatement de l'un à l'autre : que la pipe quittée de rinfeclé ait été prise par un homme sain aussitôt après; que le verre passé au voisin n'ait pas été posé sur la table; que la cuiller ait été d'une bouche à l'autre sans avoir été essuyée. Nous avons vu plusieurs exemples bien positifs el bien constatés de ces dilférentes communications. Nous avouons notre incrédulité sur les moyens de contagion qu'on attribue à une lunette de commodités ou à un pot de chambre que personne n'a touché depuis plusieurs heures ; à une éjionge dont on ne s'est servi que la veille , aux vétemens de ceux qui avaient été toute une nuit éloignés de celui qui les portait habituellement. Cependant , nous ne nions pas absolument la possibilité, ne fût-ce que pour explitpier des choses inexplicables sans cette ressource.» {Ibid.)
Nous ne saurions, pour notre compte , avoir peine à comprendre qu'un homme qui irait aux lieux el s'assiérait sur une lunetlc sur laquelle une personne qui l'y aurait précédé aurait laissé tomber une goutte de pus syphilitique , pût en éprouver uneairection vénérienne.
)' Les yeux peuvent aussi être infectés directement par un baiser humide sur les paupières, ou par un véhicule lancé à une certaine distance. Le pus qui jaillit d'un bubon en suppuration , quand on en fait l'ouverture , et qui va frapper la conjonctive, peut donner la syphilis et desorganiser l'œil. [Ihid.)
») Parmi les ophthalmie^ qui surviennent pendant le cours d'une hlennorrhagie , une seule mérite le nom d'ophihalinie blennorrhagique. C'est cclh! qui est le résultat de l'applieation directe de la matière bIeiuiorrhagi(pie sur l'oeil. Malgré l'assertion de (juehiues auteurs, la plupart des praticiens moch^rnes aflirment n'avoir vud'aulreo[)lithalmieblennoirliagique(pift
celle due à cette caus(! Que l'infltience
du froid sur l'œil, penuant l'exisferice d'une blennorrhagie , donne lieu à une ophlhalmie plus ou moins violente , avec écoulement de matière piniforme , cela est possible et vrai quelquefois : mais qu'à l'apparition de cette ()[)hthnlmie . la blennorrhagie cesse; qu'il y ait déplacement de cette dernière maladie, mcla- .<f/ase;quc la matière puriforme jouisse d'une propriété contagieuse , comme la matière blennorrhagique ; que cette ophthalmie offre la violence, la rapidité , les suites ordinairement funestes de l'ophthalmie véritablement blennorrhagique , voilà ce que bien des praticiens nieront formellement comme moi. Dans des cas semblables, cités par un petit nombre d'auteurs, il est infiniment probable que les malades avaient, par inadvertance, touché leurs yeux avec de la matière blennorrhagique; aussi faut-il toujours recommander aux malades affectes de blennorrhagie les plus grands soins de propreté. » (Baumes, Précis théorique et pratique des maladies vénériennes ; 2"= partie, i840 )
Des filles qui étaient saines, mais qui venaient de voir des hommes inftctos , ont communiqué la syphilis à des hommes sains, sans être elles-mêmes ultérieurement affectées.
«Voici, dit M. Ricord, un fait qui s'est tout récemment présenté à mon observation : un jeune homme eut des rapports avec une femme affectée de chancres et eut , le même jour, des relations avec sa maîtresse habituelle , qui fut infectée de la même maladie sans <jue lui-même en fût atteint. Il est à remarquer que ce jeune homme ne s'était pas lavé après le coït , et que chez lui le prépuce était fort long. »
Le toucher d'une partie infectée avec la main , par exemple , celle-ci étant le siège d'une excoriation , a pu être suivi de la syphilis.
SYPHILIS
« De jeunes diiriirgiens en pansant (Us dc'pôis oMVf ris , surtout des aecouclieurs en ('otistal.uit la iirosscsse et en fae.iliiaiit le liavail de PcnlantcnuMU , ont ]iris !a nial.wlie dont les feniint-s elaient atttinles, [)ar les legt-res exeoriatii^ns resnllanl de rarraclieinciit de ces |)e!its pro- I(Ui|j;tniens dCitidei me sihiés presdcsontîles, et (jne Ton aj)[)t lie envies. » (Cullclier. loco r'u.)
La sy[ihilis est tran'^nii^sible des parens à reniant, c'est-à (lire (pie de parens aliec- Us de syphilis eonslitutionnelle naissent souvent des enFan»; atleinls de syphili»*. C'est orilinairenient la sypliilid(î p.ipu leuse qu'ils présentant. Cela a |arlieu!iereu'.ent lieu cpiand c'est la mère qui e^t malade. La tran^niission de la syphilis de la iTiére à l'enfant ne s'ojx're |>as de cette manière seulement. «Quelquefois il arrive que des enfans priiTuîivemcnt sains sont infectés au [)assai;e , lorsque les parties de la mère sont , au morîient de la partnrition , le siège (U* symptômes primitds, tels qup la bleiMiortlia-ic ou le cliancre \ et ce (pii le prouve c'est (pie les phénomènes î-ont primitifs et ne se manifestent (jne j'iusieurs jiuu- après la nais-aiu*e , c'est-àdire dans le dtlai ordinaire de l'inoculalion. .\ous nous euq>ressons d'ailleurs d ajouter que ces aceidens annoncent Timpèrilie du médecin , (pii n'a pas pris le soin de i,Mranlir l'enf-mt du contact d( s parties malades en cautérisant superliciellement les ciiancres , pu- exemple, au moment de l accouchement , et en interp(t«ant heaucoup de curps gras , et rpii , aprè-; ^w naissance, ne prend pa< une attention i)ar ticulière p!)ur le laver et ei.tianuT les moiendes de pus virulent (|ui peuvent avoir adhéré à la peau ; enfin <pii ne le survfiilc pas i-pi;dant les Inui ou dix j)r(miers joins de sa vie , pour voir s'il ne se manife>iera ri<'n d'insolite chez lui.» (Cullerier cl Ualier, liirn cit.)
On a vu des feiiiuies afTrctf'es de hlennorrhagie ou de cliajicres accoucher d'enlans qui n'ont éprouve aueuiu' atteinte de syphilis ; c* qu'il faut attrd)uer sans doute à ce que dans la plupart des cas l'endui» gras (pii rei ouvre le ((Ptus à sa nai^^sance doit être un pn s< rvatif.
Au surplus , il ne faut pas se l.à'er de ironofieer «pi'il y a syphi!i< chez un eu-
fant : comme on le faisait anciennement. Un enfant peut être très grêle , avoir la peau comme llelrie , et cependant n'è;rc pas cniaclie de syphilis. Par contre , une belle carnation et l'embonpoint ne prouvent millemenf (pie l'enfant n'est pas syphi!ili(pje. <- Il faut bien se souvenir que le premier âge de la vie est sujet à une foule derup'ions cutanées totalement etiangères à la syphilis , et se garder , par con>ètiuent , de considérer comme vénériens les enfans qui viennent à en être atteints , comme cela s'est fait trop souvent. » (Cullerier et llatier , loco cit.)
Quf Ujues auteurs ont pense (pie la syphilis constilutionnelie chez l'enfant pouvait ne se montrer qu'à la seconde dentition.
Selon l'époque à laquelle les symptômes sy[)hiliti(pies se produisent , ils se distinguent en primitifs et en consécutifs ou constitutionnels ;ce (pii établit une division analogue dans la syphilis elle-même, (pii seia primitive ou constitutionnelle,
« l.orscpi'un malade a un chancre primitif, il n'a (pTune alï'eclion locale cpii prMit mourii" où elle est née , et ne laisser aui'une inipiielude pour l'avenir. Si dans h^ cours de ce chancre il se manifeste un bubon , les piobabilites de syphilis constitutionnelle augmentent: bien (pi'il soit possible encore, comme de nombreux exenq)Ies le proclament . (jue l'airection se borne là , et ne donne jamais |)lus signe de
son existence INous ferons remanpier
(pie dans le plus grainl nombre des cas la syphilis constitutionnelle, succède immédiaiement , et ^ans lacune, à la syphilis jn-imitiv(« , et (pi'on doit examiner avec sévérité ceux d uis lescpiels il y a de longs intervalles. » (Culleiier et Hatier , /oro cit )
On peut croire à une sy|)hilis consécutive éloignée du moment (h^ 1 infection ; tandis qu'il y a eu une infection nouvelle, ou rpie la syphilis s'était continuée par des syini>t("imes plus ou moins dilliciles à aj)precier.
'- Les symptômes les plus positifs de la syjihilis eonsiiiiilioniRlle sont . au premier rang, les syphilides, dont nous avons montre h's variétés nombreuses rpii ont ele décrites eomiiie autant diï maladies , s ni- (pi'on ait apcKju le lien qui les unis-
s Y PI
sait , bifiii qu'on l( nr rrconinit cependant nnc cause commune. Viennent ensuile les symptùmes genéialement indiqués par les autours , et dont la liaison avec la syphilis est si peu établie qunne école moderne n'iiésite pointa !es attribuer an traitement mercuricl : ce sont les douleurs osîéocopes , les cxostoses et les périostoscs... Eiilin , vient l'iritis; aîrection dont une variété appelée syiihililique se manifeste d'ordinaire accompagnée de lasyphilide papuleuse, et guérit avec elle sous Tinfluence du tr.iiteinent spécifique. L'ordre dans lequel se dcvelop;)ent les divers phénomènes de la maladie est le suivant: d'abord la blennorrhagic , les chancres, et, avec iesbid)ons, les excroissances , les végétations, etc., puis les diverses formes de la syphilide , renfermant les ulcérations du voile du palais , l'ozène syphilili(iue , les ulcéiaiions des orteils , de l'anus et des parties sexuelles , etc.; enfin, les douleurs ostéocopes , les périostoses , les cxostoses. Ces afleclions peuvent venir soit successivement, soit simultanément; et tel malade a le malheur d'en présenter la réunion complète. » (Les mêmes, fôicT-J
On a dû comprendre , d'après ce qui précède , qu'il n'y a pas de ligne de démarcation bien tranchée entre la syphilis primitive et la sy[)hilis constitutionnelle.
Le diagnostic de cette dernière est souvent difficile. La blennorrhagic peut- elle lui donner lieu? Cela doit être, au moins, fort rare. Toutefois n'avons-nous pas vu que, par suite de circonstances particulières, le pus de la blennorrhagie devait pouvoir s'altérer au point de déterminer un chancre. Dès lors, pourqiioi , résorbé , ne pourrait-il introduire dans la circulalion sanguine, à l'instar du pus du chancre, le germe des symptômes consécutifs?
« Quant au chancre, on a prononcé que le plus petit était un signe de vérole présente, et un gage de vérole à venir, et Ton a conclu qu'il fallait toujours employer le traitement mercuriel sous peine d'être voué à toujours à la vérole. »
Les douleurs qui s'accompagnent d'exacerbations la nuit , donnent immédiatement au médecin l'idée de la syphilis.
Pourtant les simples douleurs rhumatismales , et même la plu[)art des douleurs , sont s!jjettcs à ces redoublemcns noclur-