PLOMB
1«> Emplâtre simple. Il est le résultat de la saponification , avec linterméde de l'eau, de la graisse de porc et de riiuile d'olives par la lithargc en poudre très fine, 'l'rès usité dans la pratique chirurgicale, il sert principalement à protéger, contre les injures de l'air, les plaies et les ulcères dont la surface n'est pas le siège d'une trop vive irritation. Il entre aussi dans la composition d'un grand nombre d'autres em])làlres.
2" Emplâtre de ccruse. Cet emplâtre est préparé, à chaud et par Tinterméde de l'eau , avec la céruse ])ure en pondre , l'huile d'olives rt la cire blanche (Toc/cr, p. 481); on l'emploie comme dessiccatif , dans les pansements de certaines ulcérations. On le prescrit aussi comme sérlatif, dans le traitement des douleurs névralgiques.
50 Emplâtre de mininm camphre ou de Nuremberg. Cet emplâtre , composé d'emplâtre simple , de cire jaune , dhuile d'olives, de minium et de camphre [Codex^ p. 481 ), est regardé comme adoucissant, résolutif et defensif. On l'emploie surtout pour accélérer la cicatrisation des ulcères peu étendus , et pour protéger les parties
irritées par une trop longue pression du lit.
4-^ Emplâtre diachylon gommé. Il est formé, da[)rès le Codex (p. 482) , d'emplàlre simple , de cire jaune , de poix blanche , de térébenthine, de gomme ammoniaque , de bdellium , de galbanum et de sagapenum. On l'applique sur les tumeurs pour les amollir et ponr les résoudre , ou les amener à suppuration. On s'en sert aussi pour hâter la cicatrisation des plaies et de certains ulcères atoniques.
50 Emplâtre de Canet ou onguent de Canet. Ce médicament, qui est composé d'emplâtre simple , d'emplâtre diachylon gommé, dt cire jaune , d'huile d'olives et de colcDthar porphyrisé [Codex ,\i. 485), est employé comme tonicpie, astringent, dessiccatif , dans les cas de débilités musculaires et dans le pansement des ulcères indolens.
6» Emplâtre mercuriel oude Vigo cum mercurio. Cet emplâtre est îormé [Codex, p 485), d'emplâtre simple, de cire jaune, de poix résine purifiée , de gomme ammoniaque , de bdellium , d'oliban , de myrrhe , de safran pulvérisé, de mercure métallique , de térébenthine , de styrax liquide purifié et d'huile volatile de lavande. ]1 est excitant et passe pour être résolutif et fondant. Ou l'applique sur les tumeurs indolentes produites par le gonflement des glandes lymphatiques, spécialement dans les cas de syphilis. On l'emploie aussi comme moyen abortif des boutons de variole.
7° Emplâtre diapalme. Il est composé d'emplâtre simple, de cire blanche et de sulfate de zinc. ( Codex, p. 484 ). On le prescrit comme dessiccatif, dans le traitement de certaines plaies et de vieux ulcères atoniques.
8° Emplâtre de savon. Il est composé d'emplâtre simple, de cire blanche et do savon blanc. [Codex, \). 485.) On l'emploie comme résolutif dans les cas d'engorgemens glanduleux.
9" Emplâtre résolutif ou des quatre fondans. Il résulte du mélange à parties égales d'enq>lâtre de savon, d'emplâtre de cignë , d'em[)lâtre diachylon gommé et d'emplâtre mercuriel. [Codex, \). 485). On l'emploie comme fondant, excitant et ma-
EMPYEME.
turatif , dans les cas de tumeurs indolentes et d'engorgemens glanduleux.
10" Emplâtre Irun ou onguent de la mère Thècle. Cet emplâtre est préparé , à chaud et sans Vintermède de l'eau , avec l'huile d'olives , la graisse de porc , le beurre , le suif de mouton , la cire jaune , la litharge en poudre fine et la poix noire purifiée. Il est très employé comme maturatif sur les abcès et bubons que Ton veut faire suppurer : on s'en sert aussi pour favoriser la suppuration après l'ouverture des foyers purulens. On l'applique soit incorporé dans un cataplasme émoUient , soit étendu à la surface d'une compresse ou d'un gâteau de charpie.
Outre les préparations dont nous venons de parler , il en est d'autres auxquelles , par une extension abusive du mot , on donne encore la dénomination d'emplâtres ; tels sont , entre autres , les écussons de thériaque et de diascordium , avec ou sans addition de laudanum, que l'on applique sur l'épigastre ou sur l'abdomen : mais ces derniers sont de véritables épilhèmes, et c'est à ce mot que nous devons renvoyer pour en parler. ( F, Épithî:mes. )
£MPOTSONNEME]NT. (^.Poison.)
E.MPYÈMEjS. m.,de£v etdcTvuov.On a donné long-temps le nom d'empyème aux collections purulentes de la plèvre ; ce mot est aujourd'hui exclusivement consacré pour désigner l'opération qui a pour but de pratiquer aux parois thoraciques une ouverture pour évacuer les matières qui y sont contenues.
Lhistoire du procédé opératoire doit seule trouver place ici ; les altérations diverses qui peuvent demander cette opération , devant être décrites aux mots Plaies, Poitrine (plaies pénétrantes de, et épanehemcns dans la), Plkui'.ésie CHROiviQUE, etc., pLÏiVRES (maladies des), c'est encore dans ces articles (jue seront posées les indications et les contre-indications à l'opération, ainsi que les résultats que l'on doit en attendre, n'sultats qui varient en effet selon les conditions différentes (jui ont nécessité l'empyème.
Opération, y/. J)()nnées pralif/ncs.
d" Existence d'une ouvcrlure accldentelle au thorax. « Si la plaie, non encore cicalribce ou rouverte, donnait issue en
partie au sang épanché, il conviendrait de favoriser cette évacuation, en couchant le blessé d'une manière convenable ; mais si des injections devenaient nécessaires, si l'on avait la pensée d'attirer le liquide au dehors, au moyen de sondes introduites dans la poitrine, une contre-ouverture serait presque constamment préférable à ces procédés toujours incerlains, et dont l'emploi ne peut avoir lieu sans irriter les parties avec plus de violence que ne ferait l'incision pratiquée sur le point le plus déclive du foyer. » (Bégin, Nouveaux élém. de chir., t. ii, p. 55.) Ces remarques s'appliquent également à l'empyème qui s'ouvre spontanément au dehors. M.
Roux a pour pratique dans ces circonstances de pomper la matière à l'aide d'une seringue, si l'ouverture se trouve placée défavorablement.
2° Lien de V opération. « L'opération de l'empyème, dit Boyer, doit être faite au même endroit et de la même manière, soit qu'on la pratique pour donner issue à du sang, à de la sérosité, ou à du pus épanché sur le diaphragme entre la plèvre et le poumon.» (0£'«t\c/ur.,p.567.) C'est là le précepte qu'on suit toutes les fois que le liquide paraît s'étendre également et librement dans la cavité pleurale. On choisit alors naturellement le lieu le plus déclive de cette cavité , et ce lieu est appelé Heu d'élection; mais lorsque le mal est circonscrit, ou qu'il se présente au dehors sous forme de tumeur fluctuante, c'est là qu'on doit plonger l'instrument: cet endroit est appelé lieu de nécessité.
Le lieu d'élection n'est pas le même pour tous les chirurgiens , et il n'est pas le même à droite qu'à gauche. « De nos jours, on préfère généralement, du moins en France, le troisième espace intercostal à gauche , et le quatrième à droite. Plus bas, le diaphragme et le foie pourraient être blessés; on s'exposerait à ])orler rinstruincnt jusque dans le péritoine, à tomber au-dessous de la colleclion; plus haut, on njanquerait le po'ut le phjs déclive, et le liquirle ne s'écoulerait pas avec toute la facilite désirable. On pourrait objecter à CCS raisons, il est vrai -. i'* que dans les collections abondantes , le diaphragme, et le foie avec lui, est ln)i) fortement refoulé en basi l'our être lésé ,
EMPYEME.
même quand on pénètre entre la deuxième et la troisième côte ; 2° qu'on transporte à volonté le point déclive du thorax, en donnant au malade telle ou telle attitude, et que , sous ce point de vue , le sixième, ou le neuvième espace intercostal , est à peu près aussi avantageux que le troisième; mais, comme il n'y a d'ailleurs aucun inconvénient à suivre le précepte établi parmi nous, il vaut autant s'y conformer que d'en chercher un autre; d'autant mieux que le sentiment de sulîocalion qui tourmente habituellement les malades affectés d'épanchement dans la poitrine, rend diflicile pour eux toute autre position qu'une position plus ou moins rapprochée de la verticale. Seulement, je ne vois pas qu il faille s'astreindre trop rigoureusement à tomber plutôt au-dessus de la troisième côte que de la quatrième, lorsqu'on éprouve quchpie difliculté à les distinguer.» (\elpeau,/, c, p. 7:20.) Le même pré( epte est donné par Lassus , Sabatier, Pelletan, Boyer, llicherand, etc. Quant au point do la longueur des côtes au(iuel rincision doit correspondre, on s'accorde à choisir Tunion du tiers postérieur avec les deux tiers antérieurs de l'espace compris entre les apophyses des vertèbres et le milieu du sternum. Là l'ouverture tombe au-devant du muscle grand dorsal, entre les faisceaux ou les digitations du grand dentelé et du grand oblique abdominal. 11 n'y a (jue les tégumens,les muscles intercostaux et la plèvre à diviser. L'artère, dcjà logée dans la rainure sous-costale, n'est point encore bifurquée, et l'espace est assez large pour admettre l'extrémité du doigt. Toutefois , si ce lieu n'olfrait pas en outre le grand avantage d'ctie le plus déclive, quand le malade est légèrement incliné sur le côté, assis ou couché, il y aurait peu d'inconvénient à se porter plus en arrière ou en avant, ainsi (jne David et divers autres praticiens en ont donné le conseil. [Ibid.)
La déterminaison du lieu en question mérite aussi quelques considérations.
(( Chez les sujets maigres , on peut, dit IMiirat, facilement compter les côtes, et déterminer par consé(jnent avec précision le lieu où il est convenable de pratiquer Topcration; il n'en est pas de même lorsque l'embonpoint, l'œdématie ou Tcm-
physèmc est considérable. Dans les cas où l'on ne peut pas distinguer les côtes, on recommande de pratiquer l'opération à quatre travers de doigt au-dessus du rebord cartilagineux qui termine inférieurement la poitrine pour le côté gauche, et à cinq travers de doigt pour le côté droit. Nous supposons que le sujet est bien conformé, et qu'il n'existe pas de maladie au bas-ventre. Lorsqu'on ne peut reconnaître le bord inférieur de la poitrine, on conseille de rapprocher le bras des côtes, et de faire lléchir l'avant-bras, de manière que la main vienne se placer sur le creux de l'estomac. On cherche ensuite l'angle inférieur de l'omoplate. La position de cet angle connue, on doit faire l'opération quatre travers de doigt au-dessous en se rapprochant du milieu ou plutôt du tiers postérieur de l'espace compris entre le sternum et la colonne vertébrale. Cette dernicre manière de déterminer le lieu où l'on doit opérer otl're moins d'exactitude et de précision (pie les précédentes; en elfet l'omoplate est (luelquefois plus ou moins longue, et réi)aule plus ou moins élevée; de telle sorte que la première de ces parties i)eut correspondre à des points (Jillerens de la hauteur du thorax. » [Dict. de mèd,^ t. XI, p. 451, 2* edit.)
JM. Yeli)eau conseille d'opérer à six travers de doigt au-dessous de l'angle inférieur du scapulum.
3» Appareil. Un bistouri droit, un autre boutonné, un trois-quarls à paracentèse, une compresse fenétrée , une mèche de linge eflilé, de la charpie, des compresses, un bandiige de cori)set du sparadrap de diachylon, composent, avec des bassins, de l'eau et des éponges , l'appareil (ju il convient de i)rcparer. Le sujet, couché sur le bord de son lit correspondant à la maladie, doit avoir la poitrine élevée, la tète soutenue par des oreillers, et le corps incliné du côté opposé. (Begiu.) Il peut être aussi assis sur son lit ou sur une chaise, fléchi plus ou moins, de manière à faire bomber le côté sur lecpiel on veut opérer; plusieurs aides le tiennent dans cette position. On employait autrefois des canules qu'on laissait en permanence pour faciliter l'écoulement de la matière, et permettre de faire des injections dans le foyer. îSabatier lui-même en recommande
:mpyeme.
Mi
l'usage {oiiv. cit., t. ir, p. 458). De nos jours on y a renoncé avec raison. La i)résence de la canule est une source d'irritation grave dont on peut se passer sans inconvénient ; la plaie en effet reste béante tant qu'un liquide existe dans le foyer avec lequel elle communique ; la seule position suffit pour en favoriser Fécoulement; il suffit d'ailleurs d'une bandelette de linge effilé pour la tenir béante.
B. Manuel opératoire. ±^ Par incision. Le chirurgien tend la peau avec la main gauche, et la fait tirer en haut par un aide, avant de l'inciser parallèlement à l'espace intercostal, dans l'étendue de 2 pouces environ. Le tissu cellulaire et les muscles extérieurs qui garnissent le thorax, sont divisés du second coup. On arrive enfin aux muscles intercostaux, que Ton incise avec précaution, en se rapprochant du bord supérieur de la côte inférieure. Lorsque la plèvre est à peu près à nu, le doigt indicateur de la main gauche, porté dans la plaie, reconnaît le flot du liquide, et sert de guide au bistouri, avec lequel on fait à la membrane séreuse une ouverture que l'on agrandit avec le bistouri boutonné. La matière épanchée s'échappe aussitôt. Si rien ne sortait, cela pourrait dépendre, ou de ce que Ion s'est trompé sur l'existence de l'empyème, ou de ce que le poumon est adhérent au point incisé de la plèvre costale. Dans le premier cas, que l'on reconnaît à la facilité avec laquelle le doigt introduit dans la poilrine rencontre un espace vide , et parcourt la surface du poumon , il faut réunir immédiatement comme s'il n'existait qu'une plaie [)enelrante simple à la [)oitrine. Dans le second, on peut chercher ou à dé(îhirer les adhérences, ou à agrandir la solution de continuité, ou mieux encore il faut réunir celle-ci et opérer dans un autre endroit. »> /^Hégin.)
2" Par ponction. Dupuytrcn conseillait de sub«liluer à l'opération ordinaire de l'empyème les ponf.liotis successives de la poitrine, afin de vider cette cavité en plusicuri» fois, et à mesure seulement que HfiK parois reviennent sur elles-mêmes, ou qfiele poumon, en se rlilntant par gradation, remplit res[)ace oe('.ui)é par le liquide. Le malade étant convr-iiahleirient situé , le chirurgien, après avojr fait dé[)laccr la peatl
en la tirant vers les parties supérieures , l'incise entre deux côtes , dans l'étendue de quelques lignes. Puis, saisissant le troisquarts , il le porte dans la plaie vers le milieu de l'espace intercostal, et l'enfonce au degré fixé d'avance, d'après l'épaisseur présumée des parties. La sensation d'une résistance vaincue annonce que l'instrument a pénétré dans la poitrine. Le chirurgien laisse ensuite s'écouler le liquide jusqu'à ce que le jet qu'il forme perde de sa force. Alors, et sans attendre l'introduction de l'air dans la poitrine , il retire la canule, abandonne la peau à elle-même' et réunit exactement la plaie. Cinq, six, huit jours après, une seconde ponction est pratiquée de la même manière, et l'on continue jusqu'à la guérison complète du sujet. Il convient alors de faire les ponctions à des endroits successivement plus inférieurs, afin d'atteindre aux derniers restes des épanchemens. Les moyens de traitement employés, avant l'opération doivent être continués avec persévérance après qu'elle a été faite, et dans l'intervalle des ponctions. [Ibid.) Nous venons de voir, cependant , que l'introduction de l'air , si elle avait lieu , n'était dangereuse qu'autant que tout le liquide n'aurait pas été évacué, et qu'il y avait dans tous les cas avantage à vider d'un seul trait la matière de l'empyème. En conséquence , le procédé des ponctions successives doit avoir aujourd'hui une tout autre application, c'est-à-dire que chaque ponction doit vider complètement le licpiide et n'être répétée que lorsque celui-ci se sera reproduit.
M. Yelpcau a proposé de pénétrer d'un seul trait les tissus ihoraciques avec le bistouri sans suivre tous hs apprêts ordinaires. « Les motifs, dit-il, sur lesquels on se fonde pour traverser les parois ihoraciquesavec tant d'api)rêts me seml)lent peu dignes de la sanction qu'ils ont r('(;ue. Que peut-on craindre en i>énélrant d'un seul trait dans la plèvre? I Vatteindre le poiunon? Mais cet accident n'est possible (pi'autant que l'instrument n'est pas dirigé .sur le foyer. D'ailleurs, le poumon est libre et sain derrière la plaie, et alors la plèvre n'est pas plutôt percer; que la [ircssion de l'atmosphère le rejiousse vers le rachis; OU bien des adhérences inliuies l'unissent
ÉMULSIONS.
aux pavois thorncifïiies, et dans ce cas quel danger pourrait faire naître une faible piqûre de son parenchyme? Je pense donc que l'opération de rempyème serait infiniment plus simple et tout aussi sûre, si, pour Texécuter, on traversait subitement, et sans hésiter, l'espace intercostal par ponction avec le bistouri tenu en deuxième ou en troisième position, c'est-à-dire comme dans les abcès externes qu'on ouvre de dedans en dehors. On réunirait en quelque sorte ainsi les avantages de la paracentèse avec ceux de l'incision, et l'ouverture de la poitrine, qui paraît si redoutable au premier aperçu, mériterait à peine, en réalité, le titre d'opération. J'ai pratiqué cinq fois l'opération par ce procédé, et je n'ai pas compris qu'il pût être utile d'en employer d'autres. M. Caffort m'a écrit qu'il s'en est égalementservi plusieurs fois avec succès. » (Z. c.,p. 726.)
C. Pansemens. Les pansemens doivent être extrêmement simples. Un linge fenêtre appliqué à plat , un peu de charpie molle, quelques compresses et un bandage de corps, tel est le pansement le mieux assorti. Le malade doit rester coucher sur le côté opéré. IN'ous avons déjà dit que l'usage des canules était abandonné de nos jours. Si l'on jugeait cependant à propos de faire des injections, on pourrait se servir chaque fois, au moment du pansement, d'une petite canule à double courant. D'autres procédés ont encore été employés , nous devons mentionner les suivans.
Cautérisation. Ce moyen, employé par Galien, les Arabes, A. Paré, a presque cnticremciit été abandonné de nos jours. Cependant iM. douraud dit l'avoir employé plusieurs fois pour vider des épanchemens de pus. On peut prati(iupr ce procédé de deux manières : 1" en perforant d'un seul coup les parois thoraci<|ues, et dans ce cas ce procédé n'a pas d'avantage sur la perforation au moyen du Irois-cjuarts; 2° ou bien en produisant une eschare qui com[)rendra peu à peu l'épaisseur des parois.
Trépanation d*un côté. M. Reybard a remis ce procédé en honneur; il perfore le milieu d'une côte avec un |)oinçon ou un trois-quarls,et placeunecannle à demeure:
à l'extrémité de ce tube pend tin morceau d'iiileslin de chat qu'on mouille. De cette
manière, lorsque le malade fait un effort , le liquide s'échappe et l'air ne peut pénétrer, parce que le tube flexible ferme le tube solide.
yenlouses Stanski. Ce médecin a présenté en 1837 à la société anatomique un appareil qu'il propose pour exécuter cette opération et remédier aux accidens si communs après elle.
Cet appareil se compose , 1" d'un troisquarts à forte canule, afin que les liquides même un peu épais puissent la traverser facilement. Son extrémité interne estmunie d'un trou latéral, pour que le liquide puisse s'écouler, même dans le cas où la canule appuierait contre le poumon ; 2° l'extrémité externe a un robinet. Sur la canule, glisse une plaque recourbée en dedans pour appuyer sur la poitrine; 5° à la canule s'adapte une ventouse qui reçoit le liquide. En outre, il y a deux robinets au moyen desquels on peut la fermer et y faire le vide; 4» un tuyau en gomme élastique sert à amortir les secousses qu'on imprimerait au malade avec la pompe foulante. Miuii de cet appareil, on fait la ponction avec le trois-quarts, on laisse couler le liquide, on adapte la ventouse, on fait le vide, et l'air arrivant dans les bronches dilate les poumons , qui ainsi se rapprochent des côtes et servent à rendre l'oblitération du foyer plus facile.
Voyez pour tout ce qui concerne les indications, les contre-indications et les suites de l'opération, les mots Poitrine (épanchemens dans la). Pleurésie curomique, etc.
ÉMULSIONS. « Les émulsions , selon M. Colloroan, sont des niédicamens liquides, liuleux, ordinairement de couleur binnclic ou blanc-jauiiàlrc , formés (l'eau et d'huile ou de résine : ces deux dcrnicres substances se trouvent dans un état de division extrême et restent en suspension dans l'excipient au moyen d'un intermède.
L'intermède, qui n'est pas toujours le même, est (luclquefois naturellement associé à la substauic huileuse ou résineuse ; d'autres fois, il est ajouté. Dans le premier cas, l'émulsion est dite rrnir , coinme l'émulsion d'amandes douces, ccllcd'une ;^ommc-résine : dans le second, ellcprend l'épilhèlcde/rn^s.se, par exemple l'émulsion faite avec une huile ou une résine. » (Trait, clem. de pharm., p, GGl.)
Toutes les émulsions, en général, maiâ particulièrement celles préparées avec les
ENCANTHIS.
amandes ou avec une huile fixe, s'altèrent rapidement; aussi doit-on les tenir constamment dans un lieu frais , et les renouveler tous les jours, ou même soir et matin pendant la saison chaude. On doit aussi s'abstenir de leur associer des liquides acides ou alcooliques, parce qu'ils s'opposent à la formation de l'éraulsion et qu'ils en opèrent même la décomposition si on les ajoute au médicament préparé. Quelque bien conservée que soit une émulsion, il faut aussi avoir soin de l'agiter fortement avant d'en faire prendre aux malades, parce qu'elle se sépare assez rapidement en deui couches, une supérieure opaque, l'autre inférieure presque purement aqueuse ou du moins à peine chargée de matières émulsives : cependant, lorsque le médicament contient une assez forte proportion de sucre pour se trouver à l'état sirupeux, comme cela se rencontre dans le sirop d'amandes {sirop d'orgeat) , la séparation n'est jamais aussi complète et demande un assez long temps pour s'opérer.
« Les émulsions, dit M. Guersant {Dict. de viéd., 2« édit., t. xr, p. 458), sont préparées avec 1 once d'amandes mondées et 2 onces de sucre pour 1 livre d'eau, ou bien avec 2 ou 4 parties d'huile d'olives ou d'amandes douces, et 2 ou 4 parties de gomme arabique ou adragant , triturées exactement ensemble. On suspend ensuite ce mélange dans un plus grand volume d'eau. En augmentant suffisamment la proportion de gomme pour épaissir le liquide, on obtient ce qu'on appelle un looch. Si on unit l'émulsion à la gélatine, on forme une gelée amandée connue sous le nom de b'.anc-mainjer.
» Toutes les émulsions préparées avec les amandes douces, seules ou mélangées avec une très petite proportion d'amandes amèrcs, sont éminemment tempérantes ; elles calment la soif, la chaleur intérieure et la fièvre, facilitent les sécrétions intestinales , rénales et cutanées. Cependant l'estomac de plusicuis individus ne peut supporter ce mélange d'huile et de mucilage ou de gomme : ils éprouvent , après l'avoir pris, un sentiment de pesanteur et de froid dans la région épigastrique, cl souvent cette première impression c>l suivie de colique cl de di.irrhée. Ou remarque aussi (pjc, clwz d'autres individus, les émul>ions déterminent de la l(iux, de l'enrouement, et suspendent l'exprcioralion. Il faut donc, pour l'emploi des émulsions, consulter l'idiosynirasie, et s'en ahsieiiir avec goin chez plusieurs jjprsonm'S. Souvi'ut l'addition (h- <)U<l(]ues do>es d'eau (iistilliit; de fleurs d'oranger sullit pour ésiler c*s iiiconvéniens ries émulsions. I, es émulsions simples conviennent dan< toutes le» maladies iiiflammalolrc», et particuleremenl dans les plilegmaflies (zaRtro-intestmales , dans (-elles des rein» et den voies uriuaires, et enlin dans Ions les ras ou les rufrulchiiiïaus cl les Icmpérans 90Ql utiles, n
C'est à la classe des émulsions qu'appartient la préparation adoucissante connue sous le nom de lait de poule ; c'est parmi elles aussi que viennent se ranger les potions purgatives que l'on prépare, soit avec l'huile de ricin, soit avec la résine de jalap ou avec celle de scammonée.
EiVCA]\THIS, s.m., du grec £v, dans,et xav^o;, angle ; maladie de l'angle de l'œil, ou plutôt de la région caronculaire. C'est une tumeur ayant pour siège , soit la caroncule lacrymale , soit le repli semi-lunaire de la conjonctive, soit ces deux parties à la fois. Cette dénomination est donc générique, puisqu'elle embrasse toutes des tumeurs de l'angle caronculaire en dedans des paupières. De là autant d'espèces d'encanthis qu'il peut naître de tumeurs dans cette région.
§ I. EXCANTHIS INFLAMMATOIRE. M.
Middlemore et la plupart des oculistes ont décrit une sorte d'hypertrophie de la caroncule lacrymale et du repli semi-lunaire produite par une phlogose chronique. « La membrane semi-lunaire et la caroncule lacrymale^ dit cet auteur, s'enflamment , et cette inflammation arrive très communément à la suite de blessures ou par fausse position des cils. Un corps étranger peut rester engagé dans ces parties, surtout dans la caroncule, et produire une inflammation , une suppuration, et conséquemment l'atrophie ou l'hypertrophie. Cette inflammation est caractérisée par une rougeur avec gonflement , douleur, raideur dans les mouvemens des paupières , sentiment de l'existence d'un cor()s étranger ou de grains de sable entre les paupières, sécrétion d'un liquide puri forme à l'angle interne, et larmoiement abondant. Elle peut donner naissance, soit à une ophllialmie générale, soit à un autre état morbide (ju'on ap[)elle teigne palpèbrale, et dont le siège ordinaire est a la moitié interne des dcuK paupières.
» l.orsqiie rinllauunalion est très violente, la caroncule lacrymale est très gonflée et empêche les |)aupièr('s de se fermer ; de là I uinoiemcnt. Il est probable que ce larmoiement lient aussi à la propagation (le riulIaiMmatioii dans les points lacrymaux , et à leur oblileialion par suite du gonflement (hî leur membrane interne. On prétend (pu; la phloj5'ose de la caroncule produit (picl<iuelois le squirrhe de
ENCANTÎIÎS.
cette parlie, c'e«t ce que je n'ai jamais vu ; j'ai vu cet organe se londre , je l'ai observé à l'état d'hypertropliie permanente , mais jamais converti en squirrlie par suite de phlogose. I\I. Monteath dit avoir vu deux cas d'inflammation de la caroncule produits par un cil dont la racine touchait le point lacrymal supérieur , et la pointe fra[)pait contre la caroncule. J'ai observé le fait suivant. Une petite fille , âgée de douze ans, est entrée à l'infirmerie pour être traitée dun développement très considérable de la membrane semilunaire et de la caroncule lacrymale. Ces parties étaient très rouges et à peine ou pas douloureuses. La malade n'a pu donner aucun renseignement sur Torigine de la maladie. Des applications répétées de sangsues à l'angle interne , et des scarifications abondantes , l'ont promptement guérie. Au moment de congédier cette malade , sa sœur s'est présentée à la consultation pour une maladie absolument pareille qu'elle avait depuis un mois. Le même traitement a dissipé l'inflammation, mais la membrane semi-lunaire et la caroncule sont restées hypertrophiées.
» Le développement chronicjue de la caroncule lacrymale n'est pas accompagné de douleur intense. Souvent il ne présente d'autre inconvénient que d'empêcher la clôtui e des paupières et l'absorption des larmes par les points lacrymaux, à moins toutefois que son volume ne soit très considérable ou sa surface inégale. Dans ce cas, la tumeur produit un certain malaise quand le malade ferme les paupières et qu'il les comprime contre le globe de l'œil, sur tout s'il y exerce quelques frictions avec les doigts ; l'organe oculaire en éprouve une irritation plus ou moins vive. On guérit cette maladie à l'aide d'applications répétées de sangsues à l'angle interne, de scarifications, de pommades astringentes, de lotions , avec une solution de nitrate d'argent , de sulfate de zinc, de cuivre ou d'alun. Si la tumeur ne cède pas à ces remèdes et qu'elle coniimie à faire des progrès, il faut l'enlever à l'aide de l'instniment tranchant, en ayant soin cependant de ne pas léser le sac lacrymal. Le cautère actuel, les caustiques potentiels, la ligature ]>ourraient être aussi employés , mais l'excision est toujours prcfcralile
comme plcjs prompte et moins douloureuse.
» Lorsque la membrane semi-liniaire est en même temps hypertrophiée , elle envoie ordinairement deux prolongemens le long des bords tarsiens. Il faut , en extirpant la caroncule , disséquer la membrane semi-lunaire et l'enlever jusque dans ses prolongemens. Dans tous les cas, il y a avantage à opérer le plus tôt possible. Un monsieur italien est venu me consulter pour nne excroissance volumineuse qu'il portait à l'angle interne. J'ai passé une ligature autour de sa base , et, en serrant fortement, je l'ai excisée ; j'ai abstergé le sang et j'ai frotté la ])ase avec une pierre de vitriol. Guéri sans récidive. » ( A treatise on the diseases ofthe eye , t. ii , p. 545.)
Ainsi donc, c'est toujours le traitement résolutif qu'il faut d'abord opposer à l'encanthis inflammatoire, et ce n'est que lorsqu'on a reconnu son ineflicacité qu'il faut en venir à l'ablation chirurgicale. Dans ce cas , la tumeur rentre dans les mêmes règles que l'encanlhis fongueux, cancéreux , mélanique ou autre dont nous devons parler. C'est probablement à l'encanlhis inflammatoire que ÎMaitre-Jan faisait allusion quand il disait que, lorsque la tumeur est petite et indolente , on pouvait la guérir par dessèchement à l'aide de l'onguent saturnin , de collyres astringens et de nitrate d'argent. « Cet événement, cependant , dit -AL Riberi , est excessivement rare , et il est presque toujours nécessaire d'avoir recours à l'opération avec l'instrument tranchant pour en débarrasser convenablement le malade. » {iHt'faroftalmoierapia operatUa, p. 65.)
§ IL Lncantiiis fongueux. Dans l'espèce précédente , il s'est agi d'une hypertrophie simple dépendant, soit d'un développement de chacune des petites glandes sébacées qui forment la caroncule, soit d'une interposition de matière fibrineusc entre ces glandes. La tumeur ofl're alors une surface granulée et une forme ronde. Dans l'encanthis fongueux, il y a autre chose : la tumeur a une forme inégale , végétante, avec des prolongemens semblables à des crêtes de coq, saignant au moindre attourlu'ment. Son volume peut devenir considérable et la faire peridre sur la joue. Sa nature peut être simple oucancé-
EiNCA
relise, conime toutes les tumeurs fongueuses des autres régions du corps. Lorscpie le mal s'olTre sois la forme squirrlieuse, il présente d'autres caractères. « L'encan ihis squirrheux, dit M. Riberi, présente une surface inégale, tubéreuse, indolente, de couleur rouge-pâle, d'one dureté remarquable. Après être resté long-temps stationnaire ou avoir fait des progrès très lents , Tencanthis squirrheux se convertit en ulcère cancéreux; alors il s'offre sous la forme d'une ulcération fongueuse, de couleur rouge-foncée, accompagnée de douleurs qui s'irradient au front , à l'œil , à la tempe, etc. ; entourée de gros vaisseaux variqueux, saignant au moindre attouchement, et sécrétant continuellement un liquide noirâtre très fétide et corrosif. Cette ulcération se répand, non seulement du côié de l'œil, mais encore du côté du nez; se prolonge dans le tissu cellulaire de l'orbite et attaque même les os de cette cavité. Cette variété d'encantiiis émane primitivement, tantôt de la caroncule, tantôt des bords palpébraux, et se communique ensuite à celle-ci. » {Ouv. cité^ p. 62.)
La plupart des encanthis décrits par les auteurs appartiennent , soit à l'espèce hypertrophique simple , soit à l'espèce fongueuse bénigne , quelquefois à l'espèce cancéreuse ; dans ce cas , le mal s'est terminé le plus souvent d'une manière fâcheuse , qu'on l'ait ou non opéré.
Voici quelles sont les idées que Scarpa nous a laissées sur la maladie en question. M L'encanlhis n'est dans le principe , ditil, qu'une petite excroissance molle, rouge, quelquefois un peu livi le, née de la caton cule lacrymale et du pli «emi -lunaire de la conjoiiclive (pii Pavoisine. L'encanlhis invétéré est ordinairement d'un volume assez considérable ; ses racines s'étendent au-delà de la c.ironcule laciyinale jus(ju'.» la membrane interne de Tune ou de l'autre paupière , ou de toutes les deux.
» L'encanthis est fort incommode , soit par la place qu'il occupe, soit [)arce que , interjK)-.é entre la commissure interne des paiq)iere.s, il les tient nécessairement écar- B técs de ce côté. Il a d'ailleurs l'inconvirnienl d'entretenir roj)litlialiiiie clMoniijue; il gène les mouvemens de^ paupières et les empêche de se fermer ; enfin , il dérange le cours des larmes par la compres- TOME m.
iN'JHlS. 54^
sion qu'il exf rce, et par In dévia' ion qu'il fait subir à la direction naturelle des points lacrymaux. Dans son principe, cette excroissance est le plus souvent granuleuse comme une mûre, ou frangée sur les bords, et formée de plusieurs lambeaux. Quand elle a pris un certain degré d'accroissement , elle paraît encore granuleuse dans une certaine étendue, mais, dans tout le reste, elle est lisse, blanchâtre ou cendrée, et parsemée de vaisseaux variqueux. Quelquefois elle avance sur la conjonctive oculaire et parvient jusqu'au point où la cornée se réunit avec la sclérotique. Dans cet état, elle intéresse constamment la caroncule lacrymale , le repli semi lunaire et la membrane interne des paupières, et jette un prolongement particulier sur toute la face interne de la paupière supérieure ou de l'inférieure dans la direction de ses bords ; en d'autres termes , le corps de l'encanlhis se divise aux environs de la cornée en deux appendices ou prolongemens, dont l'un s'étend le long de la surface interne de la paupière supérieure, et l'autre parcourt la face interne de la paupière inférieure. » [Malad. des yeux, 1. 1, p. 282, trad. Bousquet et Bellanger.)
On voit bien que Scarpa n'avait connu , ou plutôt n'avait décrit que le seul encanthis fongueux, bénin ou cancéreux. Il cite en effet comme exemple de sa description une observation de Fabrice de Hilden (jue cet auteur a intitulée : Ficus scirrhosus ad majorem oculi canthum ( fongus squirrheux au grand angle de l'œil); et, un peu plus loin , il ajoute que l'encanthis devient quelquefois cancéreux, etc. Selon Travers, cependant, roncanihis cancéreux est très rare , jniisqu'il ne l'a jamais rencontré. {Synopsis, etc. , p. 103.) Au reste, coriune toutes les autres végétations morbides , l'encanthis peut être sinqde ou bénin dans 1 origine , et devenir malin avec le temps par la sécrétion d'une matière cancéreuse dans son tissu. De la la nécessité de l'opérer le i)lus tôt possible.
« Le cor|ts de l'fMicanihis , dit Scarpa, égale (pielquelois la gross(MU' dune petite noix ou d'une châtaigne. Dans (piehjues ras, il est dépriiiK*, et eoirniie écrasé dans sa |)arlie moyeniu^, (pii n'en conserve pas moins l'apparence granuleuse «ju'elle avait I dans son principe , tandis que ses [)rolon-
EINGAM'HIS.
gemens offrent l'aspect d'une substance lipomalcuse. Si Ton renverse les paupières, ces proloiigemens font une saillie qui se porte en avant; en sorte que, lorsqu'ils existent sur les deux paupières, ils représentent une espèce d'anneau adossé au globe deToeil. » (Loco cit., p. 284.)
L'encanthis en question n'admet qu'un seul mode de traitement, l'extirpation.
On préfère encore ici l'instrument tranchant à la ligature. <f L'encanthis bénin , quelque volumineux (ju'il soit, peut toujours , dit Samuel Cooper, être guéri par l'extirpation. Dans le cas où Tencanthis est petit , commençant et granulé comme une mûre, ou d'un lissu frangé; lorsqu'il siège sur la caroncule lacrymale , ou le repli semi-lunaire de la conjonctive, ou sul' ces deux parties à la fois , et même en partie sur la commissure interne des paupières , on peut le saisir avec une paire de pinces , et le couper sur toute la surface qu'il occupe , ainsi qu'à sa base , avec des ciseaux courbes à brandies convexes. Pour prati(iuer cette opération, il est inutile d'inti oduire une aiguille enfilée dans cette petite excroissance, comme quelques chirurgiens ont coutume de le faire , pour Tenlevcr et détruire plus exactement tous ses points d'origine et ses adhérences. On obtient le même effet au moyen des pinces sans incommoder le malade par une piqûre de cette espèce, et sans faire passer un fil autour de la partie , afin d'y faire un nœud. Mais, en enlevant un encanthis d'un aussi petit volume, on doit avoir soin de ne pas ôter, avec la portion de Texcroissauce qui s'élève sur la caroncule lacrymale, une plus grande portion de ce dernier corps, qu'il n'est absolument nécessaire pour l'extirpation complète de la maladie, de peur qu'il n'en résulte un larmoiement incurable. Lorsque la petite excroissance et toutes ses racines ont clé enlevées, dit Scarpa, on doit laver l'œil plusieurs fois avec de Peau fraîche , jusqu'à ce qu'il ne reste plus de sang , et on le recouvrira ensuite avec un morceau de linge fin, et un bandage pour maintenir le tout. L'inllammation qui suit l'opération cesse entièrement vers le cinquième, le sixième ou le septième jour , et la sup[)uration que fournit la plaie a cette a[)parence niuï^ueuse que nous avons dcja dé-
crite. On touchera ensuite les petites plaies avec un morceau d'alun taillé en pointe comme un crayon, cl on fera plusieurs fois par jour dans l'œil affecté des injections avec un collyre vitriolique contenant le mucilage de semences de coing. Si ces moyens ne procuraient pas la cicatrisation que Ton désire, et si , au contraire, les petites plaies situées sur la caroncule et la commissure interne des paupières devenaient stationnaires , et se couvraient de chairs fongueuses, il faudrait y appliquer le nitrate d'argent. Mais on évitera, autant que possible , de toucher la conjonctive , surtout si elle a déjà été lésée. Lorsque les granulations fongueuses ont été détruites, on peut achever la guérison par le collyre dont j'ai parlé plus haut, ou plutc)t en introduisant trois fois par j^iur, entre l'œil et l'angle interne des paupières, la poudre de tuthie et de bol arménien. Bidloo loue beaucoup le carbonate de chaux en poudre , soit seul , soit mêlé avec l'alun brûlé. « L'excision est également applicable à l'encanthis ancien , qui est d'un volume considérable, interrompu et frangé à sa partie moyenne , ou (jui forme une saillie du volume d'une noix ou d'une châtaigne, avec deux appendices charnus, s'étendant le long de la surface interne des deux paupières ou de Tune d'elles seulement. On ne doit jamais regarder l'application d'une ligature sur une telle excroissance comme une méthode de guérison , car Tencanlhis volumineux invétéré n'a jamais un pédicule assez étroit pour pouvoir être lié. Au contraire, lorsque la tumeur est considérable , les racines s'étendent invariablement juscju'à la caroncule lacrymale , au repli semi-lunaire, à la conjonctive qui couvre l'œil , et souvent prescpie jusque sur la cornée. En cet état aussi, l'encanthis a un ou deux appendices charnus qui s'étendent le long de la membrane muqueuse d'une des paupières ou de toutes les deux. Quoique la ligature puisse procurer la séparation du corps de l'encanthis , il resterait encore à extirper l'un des appendices ou tous les deux, et l'on ne pourrait praticjuer cette seconde opération qu'avec l'instrument tranchant. Dans cette affection , on n'a aucune raison de craindre Ihémorrhagie à laquelle les i)artisans de la ligature attachent tant d importance,
ENCANTHIS,
^Ât
car on rapporte des cas d'encanlhis ancien et d'une grosseur remarquable qui ont été enlevés sans qu'on ait éprouvé le moindre accident par des pertes de sang. » Lorsque l'encanthis est volumineux et ancien , avec deux prolongemens charnus considérables j on procède à l'opération de la manière suivante. Le malade étant assis , un aide tournera en dehors la face interne de la paupière supérieure, de manière à faire saillir en avant l'un des appendices de l'encanthis. On fera ensuite avec un petit bistouri une incision profonde sur le prolongement, dans la direction du bord de la paupière, et, quand on l'a saisie et tirée en avant avec une paire de pinces, on doit la séparer dans toute la longueur de la face interne de la paupière supérieure, en dirigeant l'instrument de l'angle externe de l'œil vers son angle interne, jusqu'au corps ou milieu de Tencanthis. On agira ensuite de même pour l'appendice graisseux de la face interne de la paupière inférieure. Après cela , il faut soulever la tumeur elle-même, s'il est possible, avec une paire de pinces; mais, lorsque cet instrument ne remplira pas l'objet qu'on se propose , on emploiera une double érigne. On doit alors , en partie avec le bistouri , en partie avec les ciseaux courbes , détacher cette partie moyenne de la conjonctive qui recouvre le globe de l'œil, du repli semi-lunaire et de la caroncule lacrymale , en divisant la substance de cette dernière partie plus ou moins profondément , selon la profondeur et la dureté de l'encanthis. Il est nécessaire de rappeler ici que lorsqu'il s'agit d'une tumeur de cette nature , ancienne, volumineuse , profondément enracinée dans la caroncule lacryma'e, il n'est pas toujours possible de conserver une portion sudisante de cette partie i)our empêcher récouicment continuel des larmes sur la joue a[)rès que la plaie est guérie. >> {Dict. dechir., lom. i, pag. 423, edit. de Paris.) Ces préceptes sont les mêmes que ceux que Scarpa avait établis depjiis longtem[>s, (il (pjc la |)Iupart des chirurgiens ont adopté-s. « Alonteggia, néanmoins, avait fait remarquer avec raison, flit M. I^ognetta {Mat. de l'œil) ^ qu<; la crainte d'un larmoiement consécutif à l'extirpation de la caroncule lacrymale était mal fon-
dée , parce qu'il est des personnes chez lesquelles la caroncule est tellement petite qu'elle est à peine apercevable , et pourtant elles ne sont pas pour cela sujettes à l'épiphora. D'ailleurs, si le mal est manifestement cancéreux ou soupçonné tel, on aurait à se repentir d'un pareil ménagement. Le traitement consécutif est réglé d'après les données exposées a l'article ptérygion. Une circonstance importante, cependant , doit être mentionnée à ce sujet; c'est que le tissu inodulaire qui remplace la base de la tumeur après l'opération contracte quelquefois de telles adhérences avec le bord correspondant de l'orbite que le globe oculaire reste comme bridé de ce côté , et son mouvement d'abduction devient borné ou impossible. « J'ai vu dans deux cas , dit M. Riberi , la cicatrice consécutive à l'ablation de l'encanthis volumineux rendre fixe le globe de l'œil vers l'angle interne , et occasionner la diplopie toutes les fois que les opérés voulaient regarder les objets placés du côté de l'angle externe de l'orbite correspondant, et cela à cause de la perte d'équilibre des deux axes visuels. »
M. Yelpeau pense que l'extirpation de l'encanthis exige beaucoup de précautions^ « L'extirpation de la tumeur est-elle-même, dit-il , une opération assez déUcate , en ce qu'il serait facile de blesser, soit les points, soit les conduits lacrymaux , soit le muscle de Horncr , soit le tendon du muscle orbiculaire , soit enfin la paroi externe du sac lacrymal. » {Méd. opcr.., t. ni, p. 370.) Sans doute que ces parties pourraient être lésées si l'opérateur portait son instrument sur les bords tarsiens ou derrière la caroncule. Ces parties, cependant, sont supposées hors de cause , et ce n'est que par maladresse ou ignorance qu'il pourrait les léser ; néanmoins, elles pourraient être impliquées dans le mal et rendre leur division inévitable. Au total , la plupart de ces lésions ne seraient pas au-dessus des ressources de l'art, et il ne faudrait pas craindre d'enfreindre les limites indiquées si l'état de la maladie l'exigeait pour tout enlever.
TI est des cas d'cncanthis dont l'ablation exige le sacrifice du globe oculaire. En effet , lorsque la tinneur est de nature maligne , et qu'elle a jeté de profondes raci-
Ui»
ENCANTHIS.
nés snr la sclérotique , il est indispensable d'amputer en même temps rhémisphère antérieur de l'œil. Cette indication pourrait se présenter encore sans que le mal fût de nature cancéreuse , comme dans le cas où, par son action mécanique, la végétation aurait sérieusement endommagé les tissus de la coque visuelle. Une autre remarque importante à rappeler, c'est que Tencanthis fongueux a de la tendance à se reproduire , quoique sa nature soit bénigne au fond ^11 faut revenir à rexci>ion, à Tebarbement des végétations fongueuses et aux cautérisations autant de fois qu'elles repullulent : on finit le plus souvent par en triompher. En 1771, Wenzel ayant été appelé à Saint Pétersbourg pour le comte kasoumouski, dont les yeux étaient couverts d'énormes végétations sarcomateuses provenant des caroncules , répéta avec persévérance l'ablation à cha(iue reproduction, et il finit par obtenir une guérison durable , à ce qu'il assure. Il est des cas enfin où l'opération est tout-à-fait contre-iudiquée , c'est lorsque le mal est cancéreux , qu'il a atteint les tissus profonds de Torbite, rongé profondément les os, altéré la constitution. L'opération , dans cette occurrence , ne pourrait que bâter la mort : mieux vaut donc se contenter d'un traitement palliatif, de l'usage de topiques, de remèdes caïmans, etc.(/^. Cancer.) $ 111. Encantuis hydatique. Cette variété d'encanthis n'a été signalée que par M. Quadri et M. Kiberi, que nous sachions. Les auteurs avaient, il est vrai , parlé de tumeurs enkystées ou de loupes rencontrées à l'angle interne ; Scarpa avait cité , d'après IMarchettis, l'exemple d'une tumeur mélicéri(iuedu volume d'une jujube, que ce chirurgien avait extirpée de la région caronculaire d'un chanoine polonais, mais ces tumeurs diffèrent , (juaiil à la nature, de celle décrite par M. Itiberi, bien qu'au fond cette différence importe peu sous le point de vue pratique. « J'ai vu deux fois, dit ce chirurgien, l'encanlhis hydatique. Son siège m'a paru le tissu cellulaire interposé entre la caroncule et la membrane qui la couvre. Dans les deux cas, la tumeur était petite, circonscrite à l'angle de l'œil, sans se prolonger sous les paupières , et, quoiqu'elle fût déjà ancien
this bénin. Quadri rapporte aussi un cas d'encanthis hydatique. » {Ouv. cit., p. 62.) On conçoit d'après cela que le diagnostic précis doit en être obscur, car la forme circonscrite , c'est-à-dire sans prolongemens du côté de la face interne des paupières, n'est pas exclusive à cette variété, puisque toute autre espèce de kyste et l'encanthis hypertrophique simple présentent la même condition. Cette obscurité , néanmoins , n'olfre rien de fâcheux , puisque l'indication curalive est toujours la même , l'extirpation. On dissèque en conséquence la tumeur, et, si l'on a soupçonné sa nature cystique , on doit faire en sorte de ne pas ouvrir sa poche, si cela se peut ; on l'excise pnfin à sa base en ménageant la caroncule.
§ IV. E.VCANTHIS MÉLANIQUE. NoUS
avons déjà parlé de cette variété de tumeur à l'occasion des maladies de la conjonctive (t. Il, p. 25). Nous ne reproduirons par conséquent pas ici les mêmes faits. Tout ce que nous devons seulement ajouter, c'est que cette tumeur se trouve souvent compliquée d'un principe squirrheux , ce qui la rend sujette à récidiver et capable d'entraîner quelquefois des conséquences fâcheu.ses. Ce n'est pas la mélanose par elle-même qui présente ce caractère de malignité, mais bien le tissu qui la compli(iue. On comprend par là pourquoi tel encauthis mélanique a pu être extirpé heureusement et sans récidive , tandis que tel autre de même apparence a donné lieu à des répuUulations fâcheuses.
« Dans l'encanthis mélanique , dit M.
Riberi , ou nos remèdes ne sont pas couronnés de succès , ou leur succès n'est que passager, car le mal se reproduit, soit dans le même lieu, soit dans les lymphatiques ou glandes voisines , soit dans un viscère important. Trois fois j'ai extirpé l'encanthis mélanifjue simple ou fungomelani(iue ; deux fois il existait à la conjonctive des deux paupières; je l'ai extirpe avec toute l'exactitude que j'ai pu ; mais , dans les trois cas , le mal s'est reproduit , chez un sur le lieu même , chez un autre dans la fosse canine du côte correspondant sous forme de tumeur squirrheuse, et ensuite dans les ganglions jugulaires profonds; chez le troisième,
iX^, cUq conservait le carcictère d'eucou- 1 Uaus le» gloudes ju^laiies profon(|«8 , et
ENCÉPHALE
successivement dans les glandes et viscères thoraciques sous forme de tumeurs fongueuses. » {Ouv. cit.^ p. 65.) Évidemment, les trois cas opérés par M. Riberi appartenaient à Tespèce de mélaiiose compliquée de squirrhe, car il est prouvé que la mélanose simple n'est pas par elle-même une maladie maligne. (/^. Mélaxose.) Au reste, nous n'avons rien à ajouter quant au mode d'extirpation de i'encanthis mélanique , les choses rentrant dans les mêmes règles que pour les autres espèces dont nous venons de parler.
Disons enfin en terminant que Monteggia décrit aussi un encanthis lithique dépendant d'un dépôt de substance calcaire dans le tissu de la caroncule. Ce cas est extrêmement rare , et , s'il se présentait , la conduite que nous avons exposée suffirait pour son ablation ; seulement, comme dans ce cas la caroncule est présumée saine, il faut la ménager ou n'enl';ver que la seule partie oui paraît exubérante.
EI\CÉPHALE (maladies de l') , encephalum , de s^ t/j xs^aV/j, qui est placé dans la tête. On a donné ce nom à la portion principale du système nerveux qui se trouve renfermée dans la cavité du crâne et de la colonne vertébrale. La portion contenue dans cette dernière partie porte plus spécialement le nom de moelle epinière. {K ce mot.)
L'encéphale proprement dit , auquel quelques anatomistes ont donné le nom de cerveau^ se compose des portions nerveuses et de leurs enveloppes; il ne sera question dans cet article que des premières , les maladies des enveloppes devant être étudiées au mot Mkm.ngfs. {f^. ce mot.) Quant aux renflemens nerveux, ce sont le cerveau [)roprempnt dit^ la protubérance cérébrale, le cervelet et le renflement supérieur de la moelle. Nous décrirons ici les maladies des trois premières portions; ce qui concerne le rennement supérieur de la moelle trouvera place parmi les maladie.s de la monl/e épinière. [f^. ce mot.)
La division que nous acceptons n'est pas neuve , et tous les auteurs modernes de pathologie l'ont employée : Calmeil (/Hct. de mérf., 2* édit., t. xi , p. 444) , Monncret et Fleury [Campendlum de mcdecine, t. m, paj:e13<>), Foville { Dictionn. de méd. et cf€ chir. prat.^ t. vu, page 200).
Il est très difficile, en effet, de séparer en chapitres distincts ce qui concerne la pathologie de ces divers organes , sans s'exposer à des répétitions inutiles , attendu que sous le point de vue de l'étiologie , des symptômes et du traitement , leur histoire offre une complète analogie. « Toutes les parties de la masse nerveuse qui est renfermée dans le crâne sont altérées sous Tinfluence des mêmes causes ; elles manifestent leur souffrance par des symptômes, sinon identiques , au moins fort analogues; elles se confondent parfois dans une disposition pathologique générale. A l'état de maladie, elles entraînent des conséquences également ou presque également fâcheuses; elles réclament enfin des moyens thérapeutiques qui ne sauraient être différens , suivant qu'on prétend combattre avec eux les lésions du cerveau , du cervelet ou de la protubérance annulaire. » (Delaberge et Monneret, t. ii , p. 151.) A.ENCÉPHALE(maladiesde V) en général.
Il est souvent fort difficile de déterminer le rôle que prennent les centres nerveux dans la production des accidens pathologiques que Ton observe chaque jour. Celte recherche a donné lieu parmi les médecins à des opinions très contradictoires, à cause des idées systématiques qui ont décidé la manière de voir de ces divers observateurs. Georget avait déjà saisi cette source d'erreurs et s'était élevé contre elle {Dict. de méd., 1" édit., 1828, t. vu, p. 5o2); après lui , M. Foville a de nouveau prévenu les praticiens des embarras qu'ils rencontreraient {Dict. de médec. et chir. prat.^ t. vu , p. 220). « Quehiues pathologistes , dit-il , n'écoutant que leur préoccupation en faveur de la suprématie de l'encéphale, et semblant en même temps avoir oublié les maladies des autres organes ou appareils d'organes , ont voulu faire rentrer dans le domaine de l'encéphale toutes les affections des symptômes , desquelles ils ont pu extraire un phénomène nerveux , ne réfléchissant pas (jue les nerfs, pénétrant toutes les parties du corps, établissant entre elles et rencéphaleune communication indispensable à l'exercice de leurs fonctions, il était impossible qu'un organe, (pj'un ajq)areil d'organes ïù\ malade, sans (jue le mal se fit sentir aux nerfs qui l'animent et «lue cette propagation d'affections
sm
ENCEPHALE.
ne se manifestât par quelques symptômes particuliers. Ces symptômes isolés et grossis par leur prévention étaient pour eux toute la maladie. D'un autre côté, l'encéphale participant aux affections générales de Téconomie, et exprimant, au milieu du trouble de Tensemble, sa souffrance particulière par des symptômes particuliers , c'est encore lui seul que voient et qu'écoutent les partisans exclusifs de son importance; ces maladies de l'économie tout entière , si peu connues dans leur véritable nature , si dignes par conséquent d'être étudiées dans leur ensemble et dans leurs détails , deviennent encore à leurs yeux de pures maladies de Tencépliale.
« D'un autre côlé, certains médecins, attachant, avec Broussais, un genre différent d'importance à la manière dont se fait sentir sur le cerveau l'influence des autres viscères par l'intermédiaire des nerfs , ce qu'ils appellent sympathies, tirent de cette circonstance la conclusion qu'il n'est presque jamais affecté directement, et qu'il est de tous les organes le moins sujet aux phlegmaçies. Pour éviter l'erreur , il est nécessaire de faire appel à l'opinion de tous les maîtres, et d'observer les faits sans prévention. »
Classification. Les classifications des maladies de l'encéphale sont fort nombreuses et souvent très opposées entre elles ; nous n'en discuterons pas la valeur, ce qui ne peut être d'aucune utilité pour le sujet que nous avons à traiter. Un examen rapide de ces méthodes diverses trouvera place parmi les généralités relatives aux maladies du système nerveux. (F.
IVerveux (maladies du système). IS'ous n'avons à nous occuper ici que des maladies dont la nature anatomique nous est comme.
Symptômes. M. Lallemand a établi, et plusieurs pathologistes ont admis après lui , que les symptômes que l'on observe dans la jdupart des maladies de l'encéphale peuvent être rapportés à deux états opposes : celui de spasme ou d'irritation , et celui de paralysie ou de collai)sus.
« Vexattation caractérise un grand nombre de névroses; elle est continuelle en quehpie sorte chez les sujets nerveux, impressionnables; elle complique la plupart des maladies aiguës fébriles; elle sem-
ble dépendre d'une activité plus grande des fonctions de circulation générale; elle accompagne à leur début les phlegmasies des méninges et du cerveau , et se développe souvent sous l'inlluence d'une irritation cluoni(|ue de ce viscère, comme chez les sujets atteints d'aliénation mentale.
» La dcpression appartient aux sujets épuisés par des dépenses réitérées de l'inllux nerveux. Elle survient dans la convalescence des maladies qui ont fortement compromis la santé. Elle paraît dépendre d'un ralentissement dans la circulation cérébrale, ou d'un obstacle à la circulation veineuse ; elle accompagne les phlegmasies aiguës et chroniques des méninges et tm cerveau , soit à cause des épanchemens séreux de la turgescence de la masse nerveuse , que l'on observe en pareil cas , soit en vertu d'une désorganisation particulière qui s'oppose au libre exercice des fonctions.
» Les phénomènes d'irritation sont les suivans : la céphalalgie , la photophobie , la sensibilité de l'ouïe , les douleurs des membres, les vertiges, les éblouissemens, les tintemens d'oreilles , les picotemms , les fourmillemens aux extrémités tactiles , l'insomnie , le délire dans ses différentes formes, l'exaltation des facultés intellectuelles, la contraction de la pupille, la contraction continue ou intermittente des muscles , les convulsions , les tremblemens , etc.
» Les phénomènes de collapsus consistent dans l'état obtus de la sensibilité , la diminution de la vue et la cécité, la diminution de l'ouïe et la surdité , les engourdissemens dos membres et l'insensibilité cutanée , la diminution de l'intelligence , la stupeur, la somnolence, le coma, le carus , la faiblesse musculaire, le balbutiement , la perte de la parole , la paralysie du mouvement, etc. » (Delaberge et Monneret, ouv. cité , p. 153.)
Diagnostic. Le diagnostic des maladies de l'encéphale se déduit de l'appréciation de ces manifestations diverses (jui peuvent varier en nombre et en intensité. « Une lésion partielle des fonctions suppose dans l'encéphale des désordres plus restreints que la pluralité des phénomènes fonctionnels morbides. En somme^ le nombre des altérations encéphaliques e^t représenté
E\CEPIIALE.
Sol
par le nombre des lésions notées à Textélieur. Les lésions qui portent atteinte aux mouvemens du côté gauche du corps ont leur siège dans le côté droit de Tencéphale ; que la paralysie ou les convulsions existent à droite , l'encéphale a subi à gauche un changement morbide. Les lésions générales des mouvemens supposent une altération dans chaque lobe cérébral ou cérébelleux, ou bien un désordre affectant les parties de Tencéphale placées sur la ligne médiane. Les lésions de la sensibilité et les désordres qui leur correspondent dans la cavité crânienne admettent aussi un croisement de siège ; les altérations sont diffuses dans le délire général , bornées à un espace circonscrit lorsqu'un seul penchant, par exemple , présente des dispositions maladives. » (Calmeil , oiiv. cité, p. 488.)
Les lésions que nous venons d'énumérer peuvent exister séparément ou se combiner de mille manières différentes. Un bras peut devenir insensible sans perdre le mouvement, et réciproquement ; le délire peut porter sur les idées, sur les penchants ; on pput avoir des hallucinations sans pécher contre les règles du raisonneuient ; on peut , tout à la fois , perdre rinlelligence , le mouvemeiit, le sentiment , etc.
Les phénomènes généraux peuvent aider au diagnostic, mais, en général , ils ne lui fournissent que des lumières fort restreintes et tout à f.iit accessoires. Pour éviter des répétitions inuiiles, nous ne les indiquerons cpi'au fur et à mesure que nous étudierons les diverses lésions encéphaliques (pTils accompagnent.
L'iiologie. Les causcîs des maladies du cerveau soht générales ou accidentelles.
Les premières sont innées ou acquises, les secondes sojit communes à tous les individus. (Quelques-unes d'entre ces affections atiei;^nent plus géiièiiilrment les sujets de tel âge ou (h; tel sexe : ainsi , la folie sévit plutôt sur les femmes que sur les hommes ; rhy<^lerie est hî p.uiiige du sexe féminin , tandis (jue riiypochondrie attaque prcsrpjc exclusiveuient l'homme.
L'enfance expos(; aux convulsions, a la <'horee , à Thydrocephalie, à la méningite, aux contractures, etc. Les phlegmasies aigui», quelque» de;;«nérescenc««, ne «'ob-
servent guère que cliez l'adulte. L'apoplexie, certaines démences, le ramollissement sénil , sont pour ainsi dire le partage exclusif des sujets avancés en âge.
Notons parmi les influences accidentelles certaines cachexies, les causes traumaliques, l'insolation, l'action du calorique concentré, dune vive lumière, les travaux d'esprit , les excès de toute espèce, etc.
Pronosiic. « Quelle que soit la nature des maladies du cerveau, a dit M. Foville, leur gravité est proportionnée à leur étendue et à l'importance de la partie qu'ils occupent. La guérison complète des désordres qui ne sont qu'une modification organique est possible ; rien de plus commun que le retour à l'état normal d'une partie (pii contenait dans son tissu plus de sang qu'cà l'ordinaire; tous les cas de resolution de maladies inflammatoires ou de simples congestions en offrent la preuve ; l'indication à remplir poiu' obtenir ces guérisons est facile, La guérison couiplète des altérations de l'autre nature est impossible; il y a pourtant encore, néanmoins, quelques changemens favorables à espérer dans plusieurs de ces espèces. « (Foville, loco cit., p. 224.)
Lésions analorniqms. « Beaucoup de maladies de l'encéphale ne paraissent laisser sur le cadavre aucune trace de leur existence ; beaucoup de iésions qui 'rappent l'anatonjiste qui ex[)lore les organcsf contenus dans le crâne ne se rapportent aucimement aux i)henomènes fonciionnels morbides notés pendant la \ie; rexi)ression anatouiique d'une foule de lésions des fonctions intellecluelles, sensoriales , locomotives, reste donc à déterminer. L'anémie paraîi coopérer à laiJioductiond'un certain nombre d'accidens cérébraux ; l'influnmation joue un rôle important dans la proiluction des princii)ales losions (Us centres nerveux. Plusieurs altérations sembb'ut o!]' ir des ciu-actères spcc/iaiix, ri. (jui deuolcntun uiode de fornuitiou dont le> secret reste inconnu. » (CalmeM, ouc. c.^
yrailemenl. On peut apporterrpiehpuîH modifications aux lésions fonclionnelh.'S de l'encéphale , en dégorgeant les vaisseaux par les saignées gen<'ral«^s , ou bien encore en agissant sur le système veineux crânien par les saignée» locales. Les ob-
Ho^
ENCEPFLA.LE.
servations de M. Foville ont prouvé que les saignées les plus abondantes et les plus nmltipliées ne peuvent jamais dégorj^er le cerveau, autant qu'elles dégorgent les autres orgjines. On auiait tort cependant d'eu conclure quVlle> sont sans ellet et qui! ne faut pas les employer, car on s'eloi^'uerait des vues de iM. Foville. e' l'on >e!nil même en contradiction avec elles. Outre la deplétion vasculaire, les saignée-, oui encore pour ac tioa de modifier la portion (ibrint'use du sing; on jieut proliier encore fie cette propriété. Dans d'autres occasions on agit ^ur les léiiumens. sur les or^ranes des caviiés s[tlaiicluii'iues, on irrite la peau, on la couvre d'exutoires, on cherche à y provoijuer la transpiration, on lui confie des substances calmantes. On peut encore agir s r le tube digestif , et sur les divers oriianes sécréteurs au moyen des excitans, des purgatifs, des diurétiques, des nar coliques , etc. On stimule les «rgan< s des sens, on met en action réleclricité, le calorinue. lùdin on associe parfois les moyens moraux à ces agens pliysiqnes.
B. E.NCLPUALE (maladies de V) en particulier.
I. Encéphale (congestion de V ) ; coup de ^a/ii,' , hypérémie cérébrale { Andral). « Quebpielois l'hypérémie cérébrale passe par des nuances insensibles jusiju'à l'héniorrhagie , cl les lésions trouvées sur les <îadavres ne peuvent pas toujours dctruiie Vincertitude ipii règne ta cet égaid. La congestion cérébrale peut constituer à elle seule tome la maladie , ou bien elle peut n'être que le premier degré d'une encéphalite locale ou générale couimencante(/^. Encéphalite), elle peut n'être que l'effet d'une autre affection, telle que dun tubercule.d'i nky>le, (lucancer(.u(r<iUties|)roduits accident llement développés dans le cerveau. (/^. î. XI J,produ(TJC)NS accidentelles DE l'encéphale. )ll importe pour le pronostic et i)our le traitement de difféiencier ces congestions diverses, car, si elles sont réunies par un [tliem)mene commun , la fluJ ion sanguine, eliesdifferent par leur point de départ ». (Delaberge et IMonnerel, Co»J/)e//(i. demcd.^ t. i , p.
Symptûina;. Selon M. Andral la congestion cérébrale peut s'olTrir à l'observa-
teur sous plusieurs formes qu'il importe de distinguer. Nous reproduironsici les principaux points de ce trav.til.
Première forme. Elle est caractérisée par des étourdissemens; ils ont une intensité plus ou moin< grande ; les malades peuvent avoir en même temps de la céphalalgie, des éblouissemens, des tintemens d'oreille , des aberrations de la vue, uu embarras momentané de la parole, des fourmillemens dans les membres, et quel- <pu'foi>< à la face. La figure est ordinairement colorée; les yeux sont injectés; le pouls est ordinairement peu fréipient et de force variable.
Cet état peut ne durer que quelques instans ou (]uelques heures; mais il peut aussi se prolonger pendant plusieurs mois, persister même pendant plusieurs années; chez certains individus il ne se montre qu'une fois, chez d'autres il reparaît à des intervalles plus ou moins éloignés.
Deuxième forme. Après que les étourdissemens ont duré plus ou moins longtemps*, il peut arriver qu'ils acquièrent toui-à-coup assez d'intensité pour qu'ils se transforment en une |)erte subite de connaiss mce , mais celle-ci peut également survenir sans avoir été précédée d'étourdissemens. Dans cette forme, les malades toMibent à terre , privés subitement de toute intelligence , de tout sentiment et de tout mouvement; mais, si on soulève leurs memhres, ils ne retombent pas de Icin* propre poids, et quel(|ues uns les soutiennent en l'air; il n'y a donc pas à proprement parler de paralysie. Ils peuvent rester dans cet état depuis (pielques minutes juscpi'à vingt-(|uatre ou trente heures; puisilsrevieimentàeux et se rétablissent pronq)temenl sans conserver aucune lésion du mouvement et du sentiment. D'autres, après éire revenus à eux, conservent pendant plusieurs jours de la gêne dans l'accomplissement de quehpiesunes des fonctions de la vie de relation. Ain^i leur parole est embarrassée, ou les divers mouvemens sont difficiles.
Troisième forme. En même temps que les malades tombent sans connaissance , ils peuvent être frappés de paralysie , soit générale , soit bornée à un seul côté du corps; mais prescpi'en même temps que se dissipe la perte de conuaiëgauce on yoit
ENCÉPHALE
awséî dîs[)arattre la paralysie, de telle sorte qu'on ne saurait admettre qu'il y eût dans ce cas hémorrhagie cérébrale.
Quatrième forme. Au lieu d'une suspension générale ou partielle de la motilité ^ cette fonction peut s*accomplir d'une manière irrégulière , désordonnée , sans participation de la volonté. Alors en même temps qu'il y a perte de connaissance , on observe soit differens mouvemens convul sifs , soit la contraction permanente d'un certain nombre de muscles ; tous ces accidens durent tout au plus quelques heures, puis ils disparaissent sans laisser aucune trace.
Cinquième forme. Il n'y a plus perte de connaissance ; c'est une paralysie qui survient tout d'abord, tantôt limitée à quelques muscles de la face , tantôt étendue à tout un côté du corps. Cette paralysie disparaît très promptement, peu d'heuressouvent après avoir pris naissance, et dès lors il n'est pas présumable qu'elle soit liée à une blennorrhagie ou à un ramollissement.
Sixième forme. Elle est caractérisée par l'apparition subite de mouvemens convulsifs partiels ou généraux, sans perte antécédente de connaissance. Ces mouvemens se dissipent promptement sans laisser de traces à leur suite. Ils peuvent aussi survenir après que les individus ont éprou- Té pendant plus ou moins long-temps des étourdissemens , et ceux-ci peuvent leur survivre.
Septième forme. La congestion cérébrale ne produit [)Ius le coma , elle n'exerce plus d'influence notable sur les mouvemens; c'est ici rintelligence cpii est spécialement troublée : on observe un délire violent accompagné d'un grand développement des forces musculaires. Le plus souvent , (|uel'|ue iemps avant, la mort , le délire est remplacé par un état comateux qui devient de i)lijs en plus profoud : cependant nous-iiié>ne avons vu des cas dans lescpiels , jii.squ'au rnouient de la mort, les malades conservaient une agitation ex tr<»me , et ne cessaient de parler et de vociférer.
/luilième forme. Dans cette forme on voit .survenir une lièvre continue au début, et pendant la durée de lupielb; prédoiûixieiit burtout k* symptôme)^ qui ap»
partiennent à la première forme que nous avons indiquée. {Clinique médicale , maladies de l'encéphale, t.v, p. 256-241, éd. de 1840.)
M. Rosîan a combattu ces divisions, et croit qu'on ne peut admettre toutes ces variétés de la congestion. H pense qu'on s'est souvent mépris sur la nature de la maladie , et que dans plusieurs circonstances on a pris pour des congestions ce qui était de véritables hémorrhagies , très circonscrites à la vérité. {Gaz. des hôp. , année 1835, t. ix, n»» 36 et 59.)
Causes. Les causes qui agissent pour produire la congestion cérébrale sont celles qui font affluer une grande quantité de sang vers l'encéphale, telles que la pléthore , l'exercice de certaines professions; les obstacles à la circulation veineuse encéphalique peuvent encore lui donner naissance. Des exercices violens , l'action de tourner pendant la valse , par exemple, peuvent déterminer une congestion cérébrale instantanée. Un étudiant en droit mourut ainsi subitement en valsant dans un bal public; on trouva la substance cérébrale sablée dans toute son étendue. {Lancette française , 1829, n» 80.)
J. Russe!, M. Andral et beaucoup d'autres auteurs ont observé la congestion cérébrale après l'insolation , chez des individus qui étaient restés assez longtemps exposés à l'action d'un soleil brûlant. Il en est de même des effets du calorique trop intense. Les hommes soumis à une température de 30 > à 40° cenlig. périssent souvent avec rapidité , et l'on observe que les lésions anatomiques de la congestion encéphalique à l'ouverture des corps, le froid porté à un degré de 13° à 23", produisent des effets analogues. Cette observation, déjà faite par Hank et Solander à la Terre de Feu, a de nouveau été constatée lors de la retraite de Russie , par Larrey, Kirckolf et d'autres médecins.
Sans même (pie le froid soit aus>ii excessif, il paraiirail (ju'une température moyeime d'hiver dans nos climats tenq)érés prédispose à la congestion cérébrale. Ainsi des relevés faits à 'l'iirin , en Hollande, à l'aris par divers observateurs ont démon" tré (pie les congestions cérébrales étaient fort commiiiies pendant les mois d'hiver. (Andral, Fulret, etc.)
ENCÉPHALE
M. Andral a recherché {Clinique médicale^ loco cit. y p. 265) rinfluence exercée par les difîérens organes sains ou malades , sur la production de la congestion cérébrale. Ainsi il admet que le travail de la digestion à l'état normal , la gastro entérite aiguë et chronique à Pétat pathologique exercent une action non douteuse sur la circulation cérébrale. Il en est de même de la force d'impulsion du cœur augmentée ; mais il faudrait se garder de penser, dit-il, que tous les individus qui ont des palpitations ont pour cela des congestions cérébrales. L'état fébrile, surtout chez les enfans, certaines phlegmasies des divers viscères, quelques congestions organiques, peuvent aussi, juscju^à un certain point, avoir des relations de cause à effet avec l'hypérémie du cerveau.
Une alimentation trop succulente, l'abus des boissons alcooliques, quelques poisons, l'absorption de certains gaz, tels que l'acide carbonique, l'oxyde de carbone, les passions vives, les exercices violens , ont encore été considérés par la plupart des pathologistes, comme des causes fréquentes de la congesiion encéphalique.
Allèrations ancUomiques. « L'hypérémie a surtout pour eiïet de donner à la substance cérébrale une coloration insolite, et d'injecler plus ou moins fortement les vaisseaux des méninges et le tissu cellulaire sous-arachnoïdien. La consistance de la pulpe est ordinairement normale; quand on la coupe par tranches, on voit suinter de toute sa surface de petites gouttelettes de sang qui reparaissent à mesure qu'on les essuie ; ces gouttelettes ressemblent à des grains de sable, colorés en rouge, que Ton aurait semés sur la substance blanche. On désigne sous le nom dV'tat sable ou piqueté du cerveau cette forme d'hypérémie; elle peut être partielle ou générale. Ce piqueté est surtout très api)arent dans le centre ovale de Yieussens, la couche optique et en dehors des ventricules.
Traitement. A. Prophylactique, ^ous ne reproduirons pas ici ce (jui a été dit sur les régies à suivre pour prévenir, autant que possible, Tapparilion des congestions ou des héinorrhagies cérébrales cliez les individus qui y sont exposes, ou même pour empêcher leur retour, rsou» ren-
voyons pour ce point d'hygiène à l'article Apoplexie, où ces précautions ont été indicjuées avec détails. (/^. ce mot.)
B. Curatif. « Il semblerait que la congestion cérébrale devrait être une des maladies contre lesquelles doivent réussir à coup sûr les émissions sanguines largement pratiquées. 11 en est effectivement ainsi dans beaucoup de cas ; bien souvent nous avons vu disparaître tout-à-coup, à la suite d'une abondante saignée, la céphalalgie , les étourdissemens , les tintemens d'oreille, les engourdissemens des membres, etc. Mais [)lus d'une fois aussi, on multiplie les pertes de sang, et les signes de la congestion ne s'évanouissent pas, ou bien ils disparaissent pour se reproduire un peu après. H» (Andral, loco cit. y p. 282.) [r. IMaladies de l'encéphale EN GÉNÉRAL, § TrAITEiMENT.)
L'observateur que nous venons de citer a même vu la saignée produire une perturbation telle que , sous son inlluence, les simples signes d'une congestion cérébrale se transformèrent en ceux d'une apo[)lexie. Celte insudisance dans l'action des saignées a engagé M. Andral à expérimenter d'autres agens thérapeutiques, et il croit pouvoir affirmer que , si on retire peu d elFets de l'emploi des purgatifs, c'est qu'on n'y a recours qu'avec une extrême réserve. « IN^ous pouvons allirmer, dit-il, (pie nous avons essayé cette médication avec le plus grand avantage, mais les purgatifs que nous prescrivions avaient assez d'action pour produire de dix à douze, à (juinze évacuations alvines en vingt-cjuatre heures. Par ce moyen, des congestions qui avaient résisté aux saignées furent guéries en peu de temps. » Ces résultats doivent encourager les praticiens à tenter les elleis de cette médication.