‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 99 sur 117 · SÈME · texte numérisé non relu

SÈME

parois des vésicules tantôt s'h\7>ei'trophipnt, tantôt au contraire s'atrophient. {.Jdditions à Laénnec par Andral, p. 105, et Bourgery, Anatomie de l'homme , t. iv , pi. VI, fig. VI, p. 62.)

2» Emphysème mtcrlohulaire. Il se présente ordinairement sous la forme de vésicules irrégulières situées à la surface du poumon sous la plèvre ; elles ont la grosseur d'un pois, d'une noix, d'un auif ; il peut même se former des poches énormes. 3L Bouillaud a vu à la base du poumon gauche un kysterempli d'un fluide gazeux tellement volumineux (ju'au premier abord on l'aurait pris pour l'estomac, tandis (jue ce n'était (ju'une portion de [tlèvre pulmonaire soulevée par une grande quantité d'air. {Dictio7i. de méd. et chirur. prat.^ t. vn , art. EviPUYsi'.ME.) Les anciens auteurs contiennent beaucoup d'observations de ce genre. Ordinairement on peut déplacer ces vésicules aériennes avec facilite, et les faire cheminer sous la séreuse, jusqu'à la cloison qui sépare deux groupes de vésicules, et cette disposition seule permet de ne pas les confondre avec les vésicules elles-mêmes dilatées. Tq\ e^iV emphysème interlobulaire sous-pleural.

Une autre variété de cette même allération a pour siège, non pas le tissu sousséreux, mais bien le tissu cellulaire qui sépare les lobules; dans ce cas, ces bandes celluleuses, qui séparent ainsi les lobules, acquièrent de l'épaisseur et figurent des lames transparentes (jui pénètrent plus ou moins dans la substance pulmonaire, et peuvent avoir depuis 40 millimètres jusciu'à 50 millimètres d'épaisseur environ.

Enfin, il peut se faire encore que l'air ainsi échappé fuse le long des vaisseaux , se trace des anfractuosités ; et, dit-on , dans quehiues cas rares, il aurait pu, suivant les racines des poumons, gagner le médiastin, le cou, etc., et donner lieu à l'enq>hysème général.

Les deux variétés principales de l'emphysème que nous venons d'énumérer sont-elles indépendantes l'une de l'autre, ou bien ne sont-elles que deux degrés dillércns d'une même maladie? Laiinnec a dit que le dernier [Cinterlobulalrc] n'était presque jamais l'elfct du premier (/e

emphysème:

vésicuîaire) ; ailleurs, il paraît revenir sur ce jugement; quoi qu'il en soit, ils sont rarement séparés ; leurs symptômes sont semblables, et l'on peut partager Topinion de beaucoup de pathologistes , qui pensent que Tun n'est que la conséquence indispensable de l'autre , c'est-à-dire de la distension et de la rupture des vésicules.

Cet état s'accompagne-t-il d'autres lésions pulmonaires ? Sans aucun doute, dans beaucoup de cas, mais il n'est pas possible de voir dans ce fait autre cbose qu'une simple coïncidence ; il en est du moins ainsi pour les tubercules et les granulations grises, demi -transparentes; les adhérences pleurales , quelques infiltrations sanguines ou séreuses s'associeraient seules plus directement à cet état. Enfin, disons en terminant que les recherches de 31. Louis n'ont pu le conduire à admettre la participation des petites bronches à la maladie, car la dilatation observée sur elles quelquefois seulement (quatre fois sur treize), n'a pas même permis, par suite des circonstances qui l'ont accompagnée , de voir entre ces deux altérations la moindre communauté d'origine.

/?.Étiologie. Cette partie de l'histoire de Templiysème n'est pas encore très avancée. Laënuec considérait le catarriie puhnonaire comme une des causes principales de la dilatation des vésicules pulmonaires, et il en concevait le mécanisme en adiiKjttant la présence d'un mucus visqueux daiis les vésicules qui, ne pouvant s'en débarrasser aisément, s'en trouvaient nécessairement dilatées. M. Piorry admet également que rcmphysème dépend de l'oblitération des ramuscules bronchiques p.ir du miicus ou un liquide spumeux.

(Traité du diafjnostic et de sémciolofjic, 1. 1, p. 474.) M. Louis n'.iccepte p;is cette manière de voir, et il donne en échange l'explication suivante. « 11 faut admettre pour les vésicules [)uhnouaires une cause de dilatation dillérente de celle rjui détermine la dilatation de la |)liq)art de nos organes dans l'ctat de maladie, une force analogue à celle (jui préside au développement des organes creux, et en vertu de lacpjeile ils s'élargissent sans (ju^aueun obglacle ou cause mécani(|ue puisse en rendre compte. (Louis, vmu. cit.y i». 367.)

Il faut avouer que cette explication n'est pas de nature à satisfaire toutes les exigences.

J. Jackson a étudié l'influence de l'hérédité, et en a constaté les effets; il est arrivé, après des recherches minutieuses, aux résultats suivans : 1» sur vingt-huit sujets atteints d'emphysème pulmonaire, dix-huit avaient leur père ou leur mère atteints de la même affection, et plusieurs de ceux-ci avaient succombé dans son.

cours; dans quelques cas les frères et sœurs (et cela a été constaté directement sur quelques-uns) ont aussi été atteints de la même affection ; 2» sur cinquante individus exempts d'emphysème, trois seulement avaient eu des parens atteints de cette maladie; d'où cette conséquence nécessaire que l'emphysème est souvent héréditaire.

D'après le même observateur, l'influence de l'hérédité est plus marquée dans les cas où l'emphysème remonte à la première jeunesse, que dans ceux où il déhute après l'âge de vingt ans.

On a encore rapporté l'origine de l'emphysème à des causes mécaniques , telles que la compression des bronches par une tumeur, les grands efforts respiratoires exigés par certaines professions , l'imperméabilité d'une certaine étendue du poumon , l'introduction de l'air dans le système veineux , l'asphyxie par le gaz des fosses d'aisances.

C. Marche. « L'emphysème se développe à peu près également chez les deux sexes; il n'épargne aucune constitution et débute à des époques très variées de l'existence, souvent dès la première jeunesse, dans l'enfance, par une dyspnée plus ou moins considérable qui gène la marche ou la course, de manière que les enfans (jui en sont atteints ne partagent que très incomplètement les jeux de leurs camarades. Une fois développée, l'oppression persiste au même degré, une ou plusieurs années, ou, ce (\\n est le plus ordinaire, elle augmente avec plus ou moins de rapidité, i)uis offre par intervalles de l)romptes et violentes exaspérations , <|ui obligent les malades à se mettre toul-àcoup sur leur séant s'ils sont couchés, ou bien à sortir du ht pour respirer. (]es accès surviennent (pielqucfois sans cause»

connue, le plus ordinairement par suite d'un catarrhe pulmonaire aigu qui s'ajoute au catarrhe chronique habituel, qui a lieu dans presque tous les cas d'emphysème, ou l)ien à la suite d'une impression morale forte, ou de l'exposition à la poussière ; et leur durée varie comme la cause à laquelle ils paraissent se rattacher. Bien rares au dé- Lut de l'alfection, ils paraissent être inséparables à une certaine époque de sa durée, et ils augmentent de force avec l'âge. Des palpitations les accompagnent ordinairement, puis elles deviennent continues dans un certain nombre de cas, et souvent aussi on observe de l'œdème aux membres inférieurs. » (Louis, ioco cit.^ p. 358.)

L'auscultation, la percussion, l'examen de la forme du thorax fournissent des symptômes certains. Un côté du thorax est plus saillant qu'à l'état normal ; dans toute cette région la percussion donne un bruit plus sonore ; le bruit respiratoire y est plus faible, il s'y joint du râle sibilant, souvent les battemens du cœur sont faibles.

Quand l'oppression est peu considérable, les malades peuvent se livrer à leurs occupations; devient-elle plus élevée, les forces diminuent, de sorte que, dit M.

Louis, « par le seul fait de la dyspnée , sans pal[)itations, sans symptômes de maladie du cœur, sans œdème, sans fièvre, queUpiefois sans catarrhe pulmonaire ou avec un catarrhe pulmonaire très faible , les malades ne peuvent se livrer à aucune espèce de travail, ou seulement à un travail très léger. »

L'emphysème est une maladie très commune , telle est au moins la conclusion que l'on peut déduire des travaux de M. Louis; sa marche est essentiellement chronique; cependant diverses circonstances peuvent lui imprimer une marche très rapide. Une femme ne présentant aucun symptôme d'emphysème mourut en vingthuit jours. (Louis.) Un homme de soixante-neuf ans mourait subitement; on ne ]ieut rapporter la cause de sa mort qu'à l'emphysème. (Pillore, Thèse de Paris, 1854.)

/). ExAME>r DES SYMPTOMES. !«> Conformation du thorax. Sur quarante-cinq sujets observés par M. Louis, tous atteints

EMPHYSÈME

d'emphysème, la forme normale du thorax était altérée. M. Woillez est arrivé au même résuitatsur vingt-quatre sujets {Jiech. pratiques sur rinspect. et la mensuration de la poitrine, p. 25). On assignait autrefois comme caractère à la poitrine déformée réiargissement des espaces intercostaux, la forme globuleuse du thorax, etc.; mais la dilatation générale est rare. En revanche, la dilatation partielle , comme nous venons de le dire, est excessivement fréquente , puisqu'elle existe chez tous les malades; plus fréquente en avant qu'en arrière, elle parait encore affecter de préférence le côté gauche. En résumé , les déformations thoraciques propres à l'empliysôme son*" la voussure formée par la saillie des côtes et par celle des espaces intercostaux. Elles existent, !« sur les côtés antérieurs de la poitrine; 2° sous la clavicule; 5° dans la région sterno-mamelonnairc; 4° enfin le creux sus-cLaviculaire peut s'elîacer aussi. Quant à la déformation postérieure de la poitrine, elle paraît n'exister que dans les cas de déformation générale du thorax. IN'oublions pas de dire que dans ces points la percussion et Tauscultalion doivent faire reconnaître les signes ordinaires de l'emphysème.

2^^ Sonoréité du thorax. On indique un son analogue à celui du pneumo-thorax ; il est à son summum au niveau des saillies indiquées, il est à peu près le même dans tous les points du thorax quand la déformation est générale. (Louis. Woillez.)

De plus, quand on percute, on sent une élasticité plus grande des parois thoraciques; lorsqu'on fait parler le sujet, la vibration de ces mêmes parois est moins forte qu'à l'état normal. (Louis, Piorry, Delaberge, IMonneret et Fleury.)

5° liruit respiratoire. « L'affaiblissement de ce bruit est un des phénomènes les plus remarquables dans Pemiibysème; nulle part il n'existe à un degré aussi remarquable qu'au niveau des parties saillantes. Dans cinq cas soumis à mon observation, elle était dautant plus remarcjuable qu'elle avait presque uniquement lieu en avant, vers la partie saillante du thorax, et en arrière vers le point correspondant. ^> (Louis, ouv). cit.^ 353.)

Le même observateur a constaté sur des sujets qui n'ont pas succombé, et par con-

EMPHYSEME.

séquent sans en reconnaître la cause , un bruit dur, sec et rude, et comme produit par rentrée de l'air dans un nombre de cellules moindre de beaucoup que du côté opposé, où la respiration semble plus fine et plus douce. M. Fonrnet croit avoir reconnu que dans l'emphysème à un haut degré, la totalité des mouvemens respiratoires durant cinq au six secondes ,4aiie seule était employée par l'inspiration et les autres par l'expiration. (Bech. clin, sur Vausc. des organes respir,^ t. i, p. ^7'è.)

4° Belles. On entend chez les emphysémateux un ou plusieurs râles , selon M.

Louis. Ce sont le râle sibilant^ crépitant humide, crépitant sec. Comme ils sont la conséquence du catarrhe qui complique quelquefois l'emphysème, nous n'en parlerons pas. Ajoutons que Laënnec considérait le râle crépitant sec à grosse bulles comme un signe certain d'emphyserne; on a encore constaté le frottement ascendant et descendant dont nous avons parlé dans une autre partie de cet ouvrage. (/^. Auscultation.)

S"^» Dyspnée. Nous avons déjà indiqué ce phénomène et ses conséquences pour le malade. Il ne manque jamais : ses caractères sont 1° de débuter à une époque variable de la vie; 2" de ne faire que dos progrèslents; 5° d'offrir des exacerbations. Jackson, dont nous avons parlé, a étudié la respiration depuis l'enfance sur cent vingt-huit sujets ; vingt-huit l'avaient plus ou moins courte depuis la naissance , tous , excepté trois , étaient emphysémateux. « En un mot, dit M. Louis, la dyspnée datant de l'enfance, et accompagnée d'accès, est un symptôme presque palhognomonique.» [L. c. , p. 347.)

0'^ Toux ^crachats. Ces symptômes appartiennent aux complications, telles que le catarrhe, etc.

7" Douleurs du thorax. On s'est occupé (le ee (ihénomene (jui [)arait exister souveiit dans l'emphysème, mais la science ne possède encore rien d'exact sur ce sujet.

8" /'latdn cour. I.e volume de cctorgaîie est augmenté drins la [)lupart des cas. Il existait chez les qu.irantedrux malades morts, observés par !\L Louis; il se conrentrait également sur un certain nombre de ceux qui ont vér.n , selon le meflccin que nous citons ; l'emphysème est [lour (luel-

que chose dans la grande proportion des cas de dilatation du cœur,

B. Diagnostic. Après ce que nous venons de dire, le diagnostic de l'emphysème doit être facile à établir. Nous n'en parlerons pas ici, car il nous faudra revenir sur cette question aux articles suivans. (/^.Poumons [maladies des] , Phthisie, etc.)

F. Traitement. Ce qu'il importerait surtout de faire connaître, dit M. Louis, ce serait l'ensemble des moyens à l'aide desquels on peut se préserver de Tenijibysème. Mais cela est impossible, vu l'obscurité qui règne encore sur Tétiologie de cette maladie.

Dégagéedetoute complication, cette maladie réclame les précautions thérapeutiques suivantes : 1° désemplir le système vasculaire du poumon; 2° diminuer le besoin de respirer. On remplit la première indication, en pratiquant une ou plusieurs saignées; M. Louis n'a même recours à ce moyen que dans les cas complexes, car il n'a pas remarqué qu'une amélioration rapide succédât à son emploi.

On a conseillé pour quelques malades les toniques, le fer, la melis.^e , les balsamiques , le polygala , la scille , l'oxymel , etc. Mais il parait qu'on ne peut guère compter sur l'action des mcdicamens dans ce cas. Reste l'opium indiijué par Laënnec; ce médicament a une action marquée, presque tous les malades qui en font usage sont soulagés; il calme la dyspnée d'une manière remarquable. On le donne en potion ou en pilules, à la dose de 5 à 10 centigr. (1 à 2 grains) par jour. On peut prescrire le soir des sédatifs moins actifs que l'opium, mais qui agissent de la même manière: les sirops d'opium, de têtes de pavots. Les pilules de cynoglosse sont encore em()loyées dans ce but. Il ne faut [)as craindre, chez quelqiics sujets, les vieillards entre autres, de mettre en usage les cxci-^ tans diffusibbis et les révulsifs.

Les moyens hyj^iénifpies seront employés ainsi : « Toutes les causes qui agissent pour produire le catarrhe devront être évitées avec, soin. Dans ce but, on recommandera aux malades d'éviter l'humidité de l'air, les vieissitudes almosphéri- (pies, l'exposition i\ la poussièn; ou à des gaz irrilans; on [tresrrira l'habitation d'un lieu abrite des brouillards et des vents;

EIMPIATRES.

le malade devra fuir l'exercice prolongé, les ellorls musculaires, la lecture, les conversai ions trop longues et tout ce qui peut faire accélérer la circulation etraclivité du poinnon; les émotions morales, les chai^rins surtout peuvent exercer une inlluence nuisible. Il importe de faire observer rigoureusement ce traitement aux sujets nés de parens asthmatiques , car nous avons vu (jue c'est une fâcheuse prédisposition qui se montre fréquemment. Il est i-ouveut utile de changer les malades de lieu; le séjour dans les grandes villes ramène quelquefois les accès , ou les rend ])lus intenses et d'une plus longue durée. On se trouve bien alors de faire voyager les malades, ou de les envoyer à la campagne. Quelques-uns ne sont entièrement délivrés de leur oppression, qu'en changeant de climat ou de lieu; une température élevée et uniforme est, sans contredit, la modification atmosphérique qui contrihue le plus à faire disi)ariulre ou à diminuer la dyspnée et la toux; elle empêche aussi, jusqu'à un certain point, la })rédispositionà l'asthme d'éclater. » (Moniierct et Fleury, ouv. cit., p. 209 )

INous ne tracerons pas ici le traitement de complications, ces maladies élant ellesmêmes le sujet d'articles spéciaux.

E.^ÎPLA'I RI::S. Les emplâtres sont des médicamens ollicinaux destines a l'usage externe, et caractérisés principalement par leur consistance. Ils ont un degré de solidité tel «lu'ils peuvent se plier à dillerentes formes et les conserver a|)rès les avoir prises ; cpjand on les a()plique sur une partie du cor[)s , ils doivent pouvoir s'accoimnoder à sa forme et y adhérer assez fortemenl. Considérés sous le point de vue de leur composition , on distingue deux sortes d'emplâtres. Les uns contiennent les mêmes substances qui entrent dans la composiliim des onguens , c'est-à-dire des corps gras et résineux; seulement, les malières solides y sont en plus forte proportion : on les désigne [)lus particulièrement sous les dénominations dou^îans .solides cl^fïongucns emplâtres. Les autres ont pour base un savou de plomb : ce sont ceux que l'on doit considérer connue les emplâtres proprement dits. Parmi eux, il en est que Ton préi)arc sans rintermède de l'eau cl ù une leniperature qui dépasse

de beaucoup celle du point d'ébullition de ce liquide : il en résulte, dans les corps gias , des altérations qui ont fait donner aux produits le nom ({'emplâtres hrûlés. Quant aux propriétés médicales de tous ces composés , dit M. Guersant , « on les emploie seulement à Textérieur. Pour cet elFet, on les ramollit dans Peau chaude, et on les étend , à l'aide des doigts trempés dans l'huile, sur des morceaux de toile ou de peau; d'autres fois, on les fait fondre an feu , et on les répand , lorsqu'ils sont en fusion, sur des étoupes ou sur des pièces de toile, de manière à ce qu'elles ne soient couvertes que d'une couche très mince : cette dernière préparation des emplâtres a reç.'. le nom de sparadrap.

« Toutes ces compositions emplastiques jouissent d'abord de propriétés générales communes, (jui sont, jusqu'à un certain point, indépendantes des dilîérenles substances actives qui peuvent y être incorporées. 'Pons ces topiques imperméables à Pair , et qui adhèrent fortement à la peau , au moyen de la résine et de la cire, s'opposent à la trans[)iratit)n insensible de la partie s^nr laquelle on les appli(pie. L'humeur de la transpiration agit alors avec elFort, et s'aceuuiule (juehpiel'ois sous forme de gouttelettes. On voit ainsi les emplâtres de i)oix blanche perforés d'alvéoles remplies de sérosité. Il résulte de ce premier elfet une espèce de bain de vapeur local qui ouvre seulement les pores (|uand la peau est saine, ou favorise les sécrétions séreuses ou purulentes quand les parties sont priinitiveuient excoriées ou ulcérées. Indépendaïuuicnl de c»'s elfels, Pap[)lication de Pemiilàtre excite de la chaleur, de la rougeur, du prurit, et, chez certains individus, un vériiable erysipele ou une éruption de petits boutons <pii causent une grande démangeaison. Les excitations différentes de la peau varient, au reste, suivant la nature des dilfércntes substances qui entrent dans la composition de l'emplàtre. Certains emplâtres produisent aussi des ellets généraux, par suite de l'absorption du mercure, de la ciguë ou de Popium qu'ils contiennent. » {Diction, de mèd., t. XI, p. IGi. )

IM. (juersant partage ensuite les emplâtres, par rapport aux propriétés immédiates de chacun d'eux en particulier, en

EMPLATRES.

cinq sections principales : 1" les emplâtres émolliens; 2» astringens; 5» excitans; 4° irritans ; o^ narcotiques. Nous ne le suivrons pas dans l'examen de ces diverses sections ; nous nous contenterons de faire connaître ici les préparations emplastiques consignées au nouveau Codex, en faisant observer toutefois que , de nos jours , ces agens topiques ont éprouvé le plus grand discrédit. En effet , comme le dit avec raison M. Barbier (Dict. des se. méd.j t. xn, p. 46), « on ne croit plus en chirurgie aux vertus occultes ; on ne pense plus qu'il puisse résider dans un emplâtre une vertu spéciale qui modifierait , détergerait un ulcère ; qui déterminerait, d'une manière certaine, ou la suppuration d'une tumeur, ou sa résolution; qui cicatriserait une plaie ; enfin , qui aiderait la guérison d'une fracture ou d'une luxation. Les emplâtres ne servent , le plus souvent , dans les pansemcns, que pour préserver du contact immédiat de l'air atmosphérique les surfaces malades, et pour y retenir la cliaipie et les autres matières que l'on applique dessus. Aussi le nombre des recettes d'emplâtre , si multiplié dans les anciennes pharmacopées , est-il bien diminué dans les ouvrages modernes de pharmacie. M 1. Emplâtres sans oxyde de plomb

ou O.NGLENTS SOLIDES.

1« Empldlre afjg/utinatif ou d'André de La Croix. Cet emplâtre qui est formé, d'après le Codex (p. 475), de poix blanche , de résine élémi, de térébenthine et d'huile de laurier, est très agglutinatif : on s'en sert f)our réunir les lèvres des plaies , pour maintenir en rapport les parlies fracturées, et pour assujettir sur la peau la pierre à cautère ou les autres applications. C'e.^t toujours à i'ctat de sparadrap (ju'on l'emploie.

2" Emplâtre de cire. 11 est composé de cire jaune, de suif de mouton et de poix blanche (Codex , p. 470) : on remploie comme émollient et comme résolutif.

."/' Kmpldlrc de poix. Forme de cire jaune et de poix blanche (Codex, \t. 47(')j, il n'est guère errqiloyé qu'à titre de dérivatif, dans les cas d'alfcctions rhumatismales.

4'» Emplâtre d'acétate de cvirre ou cire vatc. Celle préparation, comi)oséo

de cire jaune, de poix blanche, de térébenthine et de verclet porphyrisé (Codex^ p. 476), est appliquée sur les cors. C'est le remède ordinaire des débitans d'arcanes contre cette lési«m, aussi douloureuse que légère, du tissu épidermoïde. La propriété excitante que lui donne le verdet ne peut que nuire à l'effet de la cire ou de l'emplâtre , qui est de provoquer la chute du cor ramolli par la transpiration retenue et accumulée autour de lui. L'extraction à sec est un moyen plus sûr , beaucoup plus expéditif et tout aussi peu douloureux.

On se sert encore de ce médicament pour ronger les bords fongueux de quelques plaies; mais M. Chevallier fait à ce sujet (Dictionn. des drogues , t. ir , p. 40oj une remarque qui mérite l'attention des praticiens. » Il est dangereux, dit-il , de l'appliquer sur une plaie d'une certaine étendue ; nous avons vu un accident causé par l'absorption du sel métallique , faisant partie d'un emplâtre appliqué sur une plaie résultant d'un large vésicaloire. w

50 Emplâtre de ciguë. Cet emplâtre se compose , d'après le Codex (p. 477), de résine de pin, de poix blanche, de cire jaune , d'huile de ciguë, de feuilles vertes de ciguë et de gomme ammoniaque. Bien préparé , il est d'une belle couleur verte ; mais , avec le temps, il finit par noircir à sa surface. Il est à la fois émollient , excitant et résolutif; on l'applique sur les tumeurs glanduleuses, les nodus, les engorgemens squirrheux , etc., seul ou mélangé avec une certaine proportion d'iodure de plomb. Lorsque le lieu d'application est le siège de vives douleurs, ou peut associer à l'emplâtre une dose plus ou moins forte d'extrait aqueux d'opium.

6" Emplâtre decantharides ou vc.sicatoire. Ce médicament est composé (Codex^ \). 4,T6) de parties égales en poids de poix résine, d'axonge, de cire jaune et de cantharides en poudre fine. Ou ne s'en sert que pour f)ro(luire la vèsication : pour cela , on r<'.t('nd sur de la |)eau, on recouvre sa surface de poudre de cantharidcs, puis on rap|)li(|ue ,iti lieu d'élection. Ouelquefois , dans Pinlenlion de prévenir l'action fâcheuse que Icscanlharides exercent sur les voies urinaires, on ajoute à la pou-

EMPLATRES.

dre de ces insectes une certaine quantité , de camphre pulvérisé à l'aide de Talcool ou de Téther sulfurique.

7° Emplâtre vésicatoire avglais. Il est formé [Codex , p. 479) de parties égales eu poids d'emplâtre de cire, de graisse. de porc et de cantharides eu poudre très fine. Étendu sur de la peau et appliqué sur le tissu cutané, il n'a pas besoin d'être saupoudré de cantharides pour déterminer la vésication.

8» Emplâtre cèroène. Il se compose {Codex, p. 479) de poix de Bourgogne, de poix noire, de cire jaune , de suif, de bol d'Arménie préparé, de myrrhe en poudre, d'encens pulvérisé et de minium porpliyrisé. On le prescrit, comme dérivatif, dans les cas de rhumatismes : pour s'en servir, on l'étend sur une toile assez large pour recouvrir toute l'étendue de la partie douloureuse. On l'applique aussi sur la peau pour fortifier les muscles . les tendons, les aponévroses. (Virey, Traité de pharmacie ^ A" édit., t. ir, p. lot.)

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