‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 103 sur 117 · X. Encéphale (hypertrophie de T · texte numérisé non relu

X. Encéphale (hypertrophie de T

Sous le nom dliypertrophie cérébrale^ on désigne généralement l'état de la substance encéphalique qui consiste essentiellement dans Taccroissement contre nature, soit en nombre , soit en volume , des molécules qui lui sont propres. (Delaberge et Monneret.)

État anatomique. « On trouve la duremère immédiatement appliquée sur la surface du cerveau, elle se moule sur lui avec exactitude ; ce feuillet fibreux paraît trop étroit pour contenir la masse encéphalique ; il paraît aminci , comme violacé ; les sinus renferment à peine du sang, et, si on incise cette membrane , on voit saillir la substance cérébrale qui , pressée à Tintérieur, fait hernie à travers cette ouverture récemment pratiquée. On ne rencontre pas dans la cavité séreuse la quaniilé de lluide qui la lubrifie ordinairement; aussi sa surface paraît-elle sèche, aride, et adhére-t-elle assez fortement lorsqu'on vient à la toucher du doigt. Les circonvolulions du cerveau , principalement vers sa face convexe et supérieure , ont acquis un voluHje plus considérable; elles sont aplaties et tellement tassées les unes contre les autres qu'on a quehjue peine à distinguer les intervalles qui les séparent ; supérieurement, le cerveau représente une masse uniforme, sur lacpielle on ne voit ni saillie ni dépression. Toute la substance cérébrale ressemble à du blanc d'œuf durci par la coction , à de la pâte de guimauve desséchée ; son poids et sa densité sont considérables; elle résiste notablement à la pression. Soumise à une traction modérée, elle s'allonge sans se rompre, et revient ensuite sur elle-même à la manière d'un corps elastiijue , ce qui lui donne quelque analogie avec la matière des cartilages. Elle contient peu de sang , les tubes vasculaires sont vides. La substance corticale |)arait plus p.ilc et la sid)stance médullaire plus blanche qu'à l'état ordinaire. Les ventricules latéraux sont comme effaces ; leur cavité semble rétrécie de moitié par le rapprochement de leurs parois; ils ne contiennent pas un atome de sérosité. En même temps que le cerveau tend à occuper un plus grand espace , la boite osseuse peut ne pas augmenter de dimension , ou bien s'agrandir à mesure que le

cerveau lui-même se développe. Le premier cas s'est rencontré plus souvent. » f Andral , Précis d\matom. patholog., t. II, p. 77 A.)

Dans les observations recueillies jusqu'à ce jour , la protubérance cérébrale participait de letat du cerveau ; on n'a pas encore constaté l'hypertrophie du cervelet, soit concomitante, soit isolée. (Calmeil, Andral.)

« L'hypertrophie des lobes cérébraux a été observée sur des enfans , sur des adultes , sur des individus âgés de près de quarante ans. Elle affecte les deux sexes, ses causes sont inconnues ; on ne peut attribuer à cette supernutrition aucune origine appréciable.

» L'hypertrophie cérébrale s'accompagne presque toujours de maux de tète. Ce symptôme débute souvent le premier, et il dure depuis plusieurs années lorsque l'ensemble des accidens commence à inspirer quelques craintes. Les douleurs sont continues, rémittentes et intermittentes.

Dans les' deux derniers cas , les exacerbations ou le retour des accès i)euvent présenter une intensité , une violence telles que le sujet ne peut contenir ses cris, qu'il s'agite malgré lui , qu'il demeure couché, fuyant le contact de ses semblables , et redoutant le bruit , le plus léger mouvement.

"Les convulsions paraissent devoir constituer un phénomène à peu près constant dans l'hypertrophie cérébrale accidentelle. Ces convulsions offrent l'aspect, la durée instantanée , la marche irrégulière de l'épilepsie , ou bien elles n'ont aucun caractère détermine positif , se présentant sous la forme vague de contractions musculaires qui affectent , pendant un temps illimité, un bras, les deux bras, un seul côte du corps, la face, les quatre membres. Dans quehjues circonstances , surtout vers la fin de la maladie, les phénomènes convulsif> deviennent à peu près continus , redoublent par crises, avec état comateux ou sans perte de connaissance , ou bien éclatent simplement par accès qni inspirent la plus grande frayeur aux malades. Quelques individus tiennent difficilement le corps et les membres en équilibre , et semblent comme affectés d'un commenceraent de paralysie générale.

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5îjr

» L'état des sens est incertain. Pendant les accès convulsifs, les accès de migraine, la vue et Touïe peuvent être troublées; le toucher est quelquefois obtus ou douloureux ; Todorat et le goût sont peu actifs : mais ces phénomènes sont trop variables pour être pris sérieusement en considération.

» Le développement de Thypertrophie marche avec lenteur , mais on ne peut jamais déterminer d'une manière positive l'époque où la masse cérébrale a commencé à acquérir un développement anormal. Le plus grand nombre des malades jusqu'ici observés ont souffert pendant plusieurs années. D'abord, les fonctions organiques sont à peine troublées; il se manifeste tout au plus des envies de vomir pendant les accès de migraine ; la peau n'est pas chaude , le pouls est plutôt ralenti qu'accéléré ; les sujets peuvent continuer, quoique avec une certaine peine , à se livrer au soin de leurs affaires , qu'ils finissent par abandonner au fur et à mesure que l'ensemble des accidens acquiert plus d'intensité. Le mal fait-il des progrès , le moindre déplacement est pénible; le malade, sans cesse obsédé par un phénomène ou par l'autre , ne traîne phis qu'une vie pénible. Tantôt la mort a lieu au milieu d'une crise convulsive , tantôt pendant une syncope imprévue ; tantôt l'agonie survient graduellement, et le sujet succombe avec les symptômes d'iine hydrocéphale portée au plus haut degré. Une autre affection peut encore emporter le malade. » (Calmeil , ouv. cit., p. 494.)

Les moyens thérapeutiques employés jusqu'à ce jour n'ont amené aucune amélioration dans cet état dont la connaissance exacte laisse encore tant à désirer.

XI. Encéphale (agénésie et atrophie de 1'). INous réunissons ici l'histoire de ces deux états morbides que les palhologistes ont jus(iu'ici confondus dans une même description , bien (ju'il n'y ait pas en tout ideritilé parfaite entre eux Ainsi , « Vagcnésie cèréhralt dési^^'ne le défaut [)rimilif ou eonsécutif de dévelopyx'inent ou d'accroisseriK'iit de reiicéphale ou de l'un»; de ses parties; Yalrophic cérébrale., au couiraire , ne yxMit avoir liru que (|n;iiid l'organe a acquis tout sou déveIopi)cinciit , que quand il a subi un^: diminution du sua

volume, après avoir été primitivement bien conformé. » (Cazauvieilh, archives génér. deméd., t. xiv, p. 7.) L'atrophie , selon M. Breschet , est un défaut de nutrition générale ou locale , elle ne survient qu'après l'évolution organique , n'appartient point aux diverses périodes de l'évolution, et conséquemment, pour la grande majorité des appareils , elle se fait remarquer à une époque postérieure à celle de la vie intra utérine. (Breschet , Archives génér. de méd., t. xxv, p. 4o5, et t. xxvi, p. 78.)

« Il est intéressant , dit M. Calmeil , de soumettre au calcul le degré de fréquence de l'atrophie dans chaque hémisphère de l'encéphale ; la solution de ce problème attend , pour devenir définitive , des faits nouveaux et plus nombreux. En comparant le résultat de 18 ouvertures de corps, nous avons remarqué que l'agénésie est plus fréquente dans le lobe gauche que dans le lobe droit. Cette fréquence a lieu dans le rapport de 7 à 3. » {Ouv. cité, t. XI, p. 603.)

L'atrophie des hémisphères est plus fréquente que celle des autres parties ; la diminution de volume peut porter sur la substance des hémisphères mêmes ou seulement sur les circonvolutions, en totalité, et même sur quelques-unes seulement.

Dans quelques-uns de ces cas , bien qu'il manque une grande portion d'un hémisphère , le sac qui représente les méninges conserve à peu près sa capacité normale , et un liquide séreux , plus ou moins tranparent , tient la place de la substance nerveuse. Chez d'autres .sujets^ on trouve au-dessous des méninges les différens organes , tels que les corps striés , les couches optiques, etc. Ces portions nerveuses peuvent elles-mêmes faire défaut , les autres ï)arties étant à l'état normal ; on a môme vu dans les corps striés , par exempl«; , l'atrophie |)orter exclusivement sur la substance blanche ou sur la su!)stance grise. On a encore constaté l'absence du corps calleux. ((Jazauvieilh, Andral, lleil, Calmeil , Breschet.)

D'autres portions du système nerveux peuvent offrir diverses altérations accompaL'iiant rati-o|»hie : ainsi, on a vu les nerfs ofUiqucs altères , la nioelh; epiniére d'un fort petit volume ; ou a rencontrii des lu^

SoS

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hercules dans la substance cérébrale, etc.

Les causes de Tagénésie sont fort peu connues , raclion de ces causes agissant ordinairement pendant la vie intra-utérine. Les uns ont admis pour l'expliquer un arrêt de développement dans l'évolution du système nerveux (Cazauvieilh) ; d'autres attribuent Tatrophie du cerveau à un épancliement séreux dont la cause première serait l'inflammalion; telle est à peu près la manière de voir du professeur Lallemand. On a encore pensé que les parties absentes n'ont jamais existé, sans prétendre donner une explication des causes qui ont empêché l'évolution d'avoir son cours. On a aussi invoqué laotion des causes traumaliques , telles qu'un coup reçu par la mère pendant la gestation , une chute faite par elle ou par le sujet lorsfju'il était très jeune (Andial) ; les convulsions ont pu paraître parfois la cause première de la maladie (Cazauvieilh).

Symplômes. « L'atrophie d'une portion de l'encéphale entraîne presque constamment une lésion des mouvemens volontaires. Le sujet est en partie privé de lusage d'un côté du corps , d'un bras , d'une jambe, des quatre membres, selon le siège, l'étendue, la profondeur de l'atrophie. En général , lorsque la lésion cérébrale existe à gauche, la paralysie s'observe à droite , et elle a lieu à gauche , lorsque l'atrophie siège dans le lobe cérébral droit. Plusieurs malades offrent en outre une contracture musculaire plus ou moins forte dans les membres paralyses. Ces individus sont infirmes ; ils marchent , mais avec peine , si c«st la jambe qui est affectée. Ils se servent du bras malade , (ju'ils sont quelquefois obligés de soutenir avec la main qui jouit déplus de force et de liberté. Phisieurs sont épileptiques, d'autres sont totalement paralytiques sans que la jambe et le bras soient frappés^du même dpgré d'immobilité. Les membres atrophies sont plus ou moins difformes. L'hémiplégie existait 11 fois sur l'2; la contracture , 9 fois sur 12; la sensibilité peut être i)lus ou moins abolie.... L'absence de paralysie n'est pas cependant impossible , pourvu que l'atrophie n'occupe pas une tropgrande étendue. Chez une idiote parvenue à sa quinzième année, et qui conservait le libre usage de ses membres , les deux lobules

cérébraux manquaient entièrement. Les sens sont loin d'être lésés dans la même proportion que les mouvemens; la sensibilité, qui est incomplète sur quelques individus , n'est presque jamais totalement perdue. A peine si Ton compte maintenant quelques exemples de surdité, de lésions de la vue , du goût , de l'odorat. Quelquefois il existe du strabisme ; la bouche , la face sont déviées, les mouvemens de la langue embarrassés , les sens n'en sont pas moins intacts. L'intelligence se ressent presque toujours de la mauvaise conformation du cerveau , la mémoire est infidèle, l'esprit borné, le caractère inégal, les malades apprennent difficilement à lire, à travailler Le crâne est rarement symétrique : un côté du front, la région pariétale, le région occipitale droite ou gauche , présentent une dépression parfois considérable et qui correspond pour l'ordinaire à la partie qui fait défaut. » (Calmeil, iococit., p. 59^.)

Il est rare que les individus atteints d'une atrophie cérébrale succombent par une maladie de cet organe. Plusieurs arrivent à un âge avancé. Ceux qui périssent aux différentes époques de la vie succombent le plus souvent à des affections des voies respiratoires ou des autres viscères , mais non à une affection cérébrale.

31. Calmeil s'est efforcé de réunir les données qui pouvaient servir à établir d'une manière aussi exacte que possible le diagnostic de cette affection : «La paralysie congénitale, ou pseudo-congénitale, dit- il, est en général facile à reconnaître (|uand elle est ancienne. Les circonstances où la lésion des mouvemens s'est manifestée , l'aspect des membres qui sont , ou raccourcis, ou atrophiés, ou contractures; l'arrêt de développement de l'inlelligence, la régularité presque constante des fonctions de la vie organique , ne permettent guère a l'esprit de s'égarer dans les conjectures, et tout de suite la méthode d'exclusion le force à repousser l'idée d'une tumeur, d'un abcès, d'un ramollissement, etc., tout au plus s'il était tenté de s'arrêter à la supposition d'une ancienne hémorrhagie, qui se serait terminée par voie de résorption et de cicatrisation, après avoir produit dans le crâne de puissans ravages. 3Iais le diagnostic est-il également facile

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sur un enfant à la mamelle, chez un jeune sujet qui commence à peine à se tenir debout , et dont on essaie les premiers pas ? Si le jeune sujet a présenté en venant au monde une difformité sensible des membres , une différence notable dans leur volume , la question est aussitôt jugée ; mais il n'en est pas ainsi lorsque les parens ne s'aperçoivent que tardivement de l'état de faiblesse d'un côté du corps, lorsque l'émaciation musculaire semble s'effectuer d'une manière graduelle. Il est clair, en effet, que le développement d'un tubercule, d'un squirrhe, qu'un abcès enkysté provoqueraient à peu près les mêmes accidens. Joignons à cela que le sujet peut éprouver quelques douleurs et pousser des cris , éprouver des accidens convulsifs , et nous aurons une idée de l'embarras justement fondé du médecin. Dans les cas de ce genre, il convient de suspendre son jugement définitif, d'attendre, pour prononcer en dernier ressort sur la nature du désordre qui affecte l'encéphale, que le jeune sujet ait pris quelques années de plus. Alors, si la santé physique paraît bonne , si l'intelligence continue à rester presque nulle , si l'hémiplégie se dessine davantage , si les deux moitiés du corps subissent un développement inégal , l'on peut déclarer les craintes que l'on a sur l'avenir du malade. Il faut cependant mettre de la réserve dans ce jugement , car des enfans scrofuleux peuvent, lors du premier âge, offrir quelques phénomènes analogues pour ce qui est des fonctions de locomotion. »

Xir. Encéphale (productions accidentelles de V). Ainsi qtuî le fait judicieusement observer ^I. HoiiWhnd (Traité de l'encéphalite , p. 2fi9 Paris , i823), « les prodijc'ioiis diU's accidentelles , anomaleg ou de nouvelle formation , qu( lie que soit leur différence anatomique , ont cola de commun f|u'elles journt toutes le rôle de véritables corps étrangers ; toutes [).ir conséquent déterminent des symptômes locaux semblables. Qu'il existe dans le cerveau de la matière tuberculeuse, squirrheuse , en'eplialiiïfle ou autre , il en résultera toujours un effet conimun . savoir, la désorganisation de la portion du cerveau où se rencontrent ces productions, et la compression de la substance qui les

environne. Il est bien évident que par elles-mêmes, les productions accidentelles qui n'ont pas d'analogues dans l'économie ne peuvent donner lieu à aucun symptôme, car qu'est-ce qu'un symptôme ? l'altération de la fonction d'un organe. Or, ces productions accidentelles n'ont pas de fonctions, puisqu'elles ne sont pas organisées ; elles ne sauraient donc par conséquent avoir de symptômes , ou ce qui est la même chose, de lésions de leurs fonctions. »

Ces considérations, appuyées de l'autorité et de l'exemple d'Abercrombie (Des malad. de l'encéph. , p. 449 , trad. de Gendrin; 2« édit., 1855), nous ont engagé à donner d'abord d'une manière générale l'histoire symptomatique des productions accidentelles de l'encéphale, nous proposant d'étudier ensuite, à part et successivement , ce que ces diverses productions peuvent offrir de spécial suivant leur nature et leur siège.

Ces formations anomales peuvent être lo des tumeurs fongueuses, fibreuses, cartilagineuses ou même osseuses du cerveau ou de la dure-mère ; 2» des productions squirrheuses, encéphaloïdes ou sarcomateuses , des tubercules , des kystes et des hydatides développés soit dans la piemère , soit dans les diverses parties de la pulpe encéphalique.

Symptômes. Nous adopterons les catégories posées par Abcrcromhie et basées sur l'analyse d'une cinquantaine de faits qu'il a grouppés suivant la nature des symptômes. Ces catégories sont au nombre de sept. (F. Abercrombie, ouv. cit.j

Première forme. Céphalalgie longtemps prolongée se terminant enfin par le coma ou par vn épuisement graduel.

Ici le [)hénomène saillant est une céphalalgie continue. «Cette douIcMu* varie beaucoup , tant quant à son siège que quant à son intensité ; et l'un des caractères les plus remanpiables de celte affection est que la douleur revit;nt (juehpiefois par [)aroxysmes réguliers avec des intervalles d(! rémission incouq)Ièt(î ou mi^nie complète. Cesviolens synq)lômes ont souvent des rémissions si reinanpiabb's , (jncî l'observateur superliciel s'arrét(î à penser (pj'il n'a affaire qu'A une céphalalgie périodique

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ou à une céphalalgie dépendant d'une dyspepsie. On s'arrête d'autant plus volontiers à cette dernière idée , que l'estomac est souvent aussi alors trouldé dans ses fondions , et que les plus violentes attaques sont souvent accompagnées de vomissemens. La terminaison des atîections de celte première forme est variable ; la maladie peut devenir funeste subitement par des convulsions, ou graduellement par l'état comateux, ou par un épuisement graduel sans coma ni convulsions. Un mode de terminaison très fréquent est par l'invasion d'une inflammation chronique qui se termine elle-même par un épanchement ou de toute autre manière.»

(Abercrombie, ouv. cit. , p. 433-56.)

Deuxième forme. Céphalalgie^ lisions des sens, de la parole ou des facultés intellectuelles, n Dans la deuxième forme, après une céphalalgie fixe qui a duré quelque temps , les sens s'afl^eetent. Ainsi la vue , l'ouïe , le goût , l'odorat , et quelquefois les facultés intellectuelles se perdent. La cécité survient en général graduellement. '■> {Id. ibid.) C'est ordinairement l'un après l'autre que les yeux sont privés de la vue. La perte de la parole est aussi un phénomène assez ordinaire de cette forme ; elle suit la dégradation des facultés de l'intelligence. La mort survient encore souvent au milieu d'un état comateux progressif ou de phénomènes apoplecliformes.

Troisième forme. Céphalalgie avec affection des sens et convulsions. «< Les symptômes de la troisième forme des maladies organicjues du cerveau sont tous ceux de la deuxième , quant à la douleur et à la lésion des sens , plus des accidens convulsifs. Ces accidcns peuvent se reproduire avec une certaine régularité comme dans l'épilepsie, ou peuvent ne venir qu'à certaines périodes , lorsque la maladie pa rait aggravée et jointe à un certain degré d'inflammation. Les paroxysmes ressemblent quelquefois à des accès de tétanos, et d'autres fois à de légères attaques d'apoplexie. » {Id. , p. 437.) Dans ces cas la mort arrive assez souvent d'une manière subite au milieu d'une atia(|ue d'apoplexie ou de convulsions , ou bien d'une manière progressive.

Quatrième forme. Convulsions sans

dérangement des sens, intelligence quelquefois affaiblie. « La quatrième forme se caractérise par les convulsions sans aucune affection des sens , souvent avec très peu de douleur, et en général sans cette douleur fixe et constante qui se manifeste dans les formes précédentes. Les convulsions paraissent quelquefois avec les formes régulières de l'épilepsie ; dans d'autres cas , elles paraissent par attaques plus irrégulieres, se renouvelant plusieurs fois dans un temps court . et cessant ensuite petidaiit des intervalles considérables. De violens paroxysmes de céphalalgie précèdent ou accompagnent parfois les convulsions , et la mémoire se dérange en général au bout de quelque temps. La mort arrive quelquefois dans ces cas', dans une attaque de convulsions, ou après quelques jours de coma. » {ld,\, p. 438.)

Cinquième forme. Symptôtnes cérébraux avec paralysie. « Les symptômes de la cinquième forme sont des accidens paralytiques, soit l'hémiplégie , soit la paraplégie , soit la paralysie de toutes les parties situées au-dessous du col. Dans quelques cas , la paralysie est limitée à uu seul membre. Ces paralysies se distinguent des paralysies ordinaires en ce qu'elles se manifestent graduellement :

c'est d'abord un membre qui s'affaiblit ; celte faiblesse augmente de plus en plus jusqu'à ce qu'elle devienne une véritable paralysie. Cette paralysie est quelquefois précédée de violentes douleurs dans le membre. La parole devient en général gênée , et dans «pielques cas la mémoire s'altère; la tète est habituellement embarrassée , ou de la céphalalgie revient par l)aroxysmes. » (/d., p. 439.) L'auteur auquel nous empruntons tous ces détails fait remarquer à propos de la paraplégie que les résultats donnés par les ouvertures de coq)s ne sont pas salisfaisans , parce que l'on a omis d'examiner la moelle épinière; nous reviendrons sur ce point en étudiant: les symptômes un à un.

Slrième forme. Symptômes dominant ayant leur siège dans les organes digestifs. « Laj^ixième forme de la maladie appelle notre attention sur un sujet d'un grand intérêt; elle se caractérise par une série de symptômesquc le malade rapporte à reslomac , mais qui sont eu réaUté le

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résultat de la maladie du cerveau. Dans plusieurs maladies organiques du cerveau, l'estomac est malade, mais celles dont il est maintenant question sont remarquables, parce que l'affection de l'estomac est le symptôme dominant. Les malades ne se plaignent souvent que très peu de la tète pendant une partie considérable du cours de ces maladies. La tête est cependant en général le siège de douleurs ou de pesanteurs,qui reviennent quelquefois par accès, comme une céphalalgie périodique , ou par paroxysmes accompagnés de vomissemens, coamie les attaijues de migraine. La douleur est augmentée par les elforts , la chaleur , les commotions morales et l'ingestion de liqueurs stimulantes. L'appétit est en général variable, le sommeil mauvais ; l'estomac est le siège d'un sentiment d'oppres-«ion ; il se manifeste de fré({uens vomissemens qui reviennent »]uelquefois le matin au premier réveil, ou d'autres fois à des intervalles incertains , et subitement sans aucune indisposition préalable. Les malades éprouvent en général des malaises qu'ils rap[)ortent à divers organes qui peuvent masquer la nature de la maladie dans ses premières périodes ; mais, au bout d'un certain temps , des accidens cérébraux commencent ordinairement à se montrer, tels que des accès de perte de mémoire , des paroxysmes de convulsions, et des affections de la vue. A ce degré de la maladie , la mort peut arriver subitement dans une attaque de convulsions, ou après avoir été précédée d'une suite de vives douleurs. » (/d., p. 461.)

Comme on le voit , le diagnostic est excessivement difficile, surtout pendant les premiers temps de la lualadie ; les f)hénomènes du côte des voies digestives, étant alors prèdoininans, attirent seuls l'attention du niedecin ; dans des cas i)areils , il faut bien tenir compte des accidens du côte de la tète (juisont plus mai'quès (ju'ils ne devraiiril Tctre dans une ujaladie (\o. restoinac. M. Abererombie croit que dans cette forme les lésions existent plutôt du côte du cervel» t.

Septième forme, f^ertiges et fiymptômefiapoptectif/ucs^ nt laques d'npoplcrie faibles et pansa fj«-res.'<\y,i septième forme se dislingue particulièrement par des affections apoi»lecliforinca légères et pajjsa- TOME ui.

gères. Ces affections consistent particulièrement , dans quelques cas, en des vertiges habituels, tels que les malades n'osent sortir seuls; d'autres fois ce sont des attaques subites et passagères de suspension de tout pouvoir musculaire sans perle de connaissance. Dans quebiues cas , ce sont des attaques de coma complet qui peuvent se reproduire à des intervalles régulieis ou irréguliers; quelques malades ont la conscience de l'approche de ces accidens, et se mettent au lit avant l'attaque; il existe ordinairenient dans ces cas [)lus ou moins de faiblesse dans les membres ; et en général , mais non constanmient, de la céplialalgie. Li vue est affectée dans quelques cas , soit d'une manière permanente, soii par paroxysmes , et il arrive que les vertiges et les pertes de connaissance sont excités par les mouvemens dp. corps , disparaissent par le repos des malades. » [Id., p. 461.) La termiiiaison faiale arrive comme dans les cas précèdens d'une manière subite au milieu d'une attaque, ou bien dans le coma , ou bien encore avec de la fièvre, du délire.

Il nous reste maintenant à reprendre l'examen des principaux phénomènes énoncés dans ces diverses foraies morbides.

1° De la céphalalgie. Rien n'est plus variable que les c.iractères qu'elle présente relativement à son siège et à sou intensité. Et d'abord, qiiant à la fiéquence, nous avons vu q»i'elle existait presque toujours, mais à dillérens degrés; tantôt faible, [iresque nulle, le plus souvent très aiguë et revenant par accès; elle est obtuse dans certains cas , lancinante dans d'autres , pouvant s'a<;compagner de battemens très incommodes qui occupent une grande partie ou un point limité de la tète. Elle remonte ordinaiicnn-nt à une époque très éloignée , comme le fait observer l\I. Calmeil {Dicl. en 2o vol. , art. Knclpuali:, t. xi, p. 560), et presque toujours enfin elle a suivi une marche progressive. La chaleur du lit ou d'iui aj)partement, les travaux intellectuels, la contention de l'esprit, le bruit, les émotions rappellent facilement les paroxysmes, ou les rendent phjs intenses. « La douleur simule datis «pielques cas une névralgie par la manière dont cllo s'irradie d'jui

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point toujours le mèiiie vers d'autres parties du cràno. Coinine la iiévnilgie , elle peut se montrer sous une forme intermittente , sans qu'il y ait toutefois rien de régulier dans ses retours. Comme certaines douleurs dites nerveuses, nous lavons vue diminuer par une pression plus ou moins forte, exercée sur les points qu'elle occupe. Les saignées, qui n'ont aucune prise sur Taffection organique dont elle est le symptôme , peuvent cependant la diminuer, ou même la faire disparaître momentanément. Parmi les observations publiées il en est dans lesquelles on voit la douleur revenir ou s'exaspérer au retour de chaque épocpie menstruelle , puis cesser ou diminuer , une fois que le sang a commencé à couler. Dans tous ces cas cependant la lésion organique reste la même ; mais autour d'elle changent sans cesse les conditions de la pulpe nerveuse. M {Andrul , Cliniq . mêdic.^ t. v, p. 640.) Le siège n'a rien de plus constant -, tantôt il est circonscrit à un point très limité , ailleurs il occupe une moitié de la tète; ailleurs, enfin, c'est toute la tète qui est malade. H n'y a pas un rapport certain entre le siège de la douleur et celui de la tumeur , cependant le plus souvent elle se montre du même côté que la lésion anatomique.

2'> SensihiiUé générale. « La douleur dont la tète est le siège peut se répéter dans d'autres parties. C'est ainsi que dans certains cas les individus ont éprouvé dans le tronc et dans les membres des douleurs phis ou moins vives , (pii siunilaient encore très bien les douleur^ rhumatismales ou nerveuses. D'autres ont olfertune exaltation singulière de la sensibilité cutanée ; on ne pouvait point toucher la peau sans produire une impression dus plus pénibles , tandis que d'autres fois au contraire la peau aN ait perdu toute sensibilité. Quelquefois enlin un prurit insupportable tourmentait Icsniiilailes. Ainsi, à propos d'une Icsioii identique, le cerveau, chez un individu , rellèchit dans les organesla diversité infinie de ses imi)ressions par la diversité même des phénomènes qu'il y détermine. » (Andral, oiiv. cll.^ p. 640.) .> Des sens spéciaux. C'est la vue qui

abolie. Nous avons dit, d'après Abercrombie, que la cécité complète ou incomplète commençait d'habitude par un œil pour attaquer ensuite le second ; une autre remarque non moins importante, tirée du même auteur , c'est que l'accident dont nous parlons peut arriver alors même que la tumeur encéphalique ne comprime pas le nerf optique. Du reste, ce n'est pas toujours un affaiblissement de la vision que l'on observe ; il y a des cas de diplopie (vue double), et enfin certains sujets ont présenté de véritables hallucinations du sens de la vue. Yient ensuite la surdité ou du moins l'obtusion de l'ouïe. Le goût et l'odorat ne sont pas affectés.

40 l)e Vintelligence. Athiiblie dans un assez bon nombre de cas, elle s'est conservée intacte dans quelques autres , mais il est rare que vers la fin le malade ne tombe pas dans l'une des deux perversions opposées de l'intelligence, le coma ou le délire : chez certains sujets, il y avait aliénation mentale.

5" De la paralysie. C'est un des phénomènes les plus communs ; elle s'établit de différentes manières : chez le plus grand nombre des sujets, elle se montre d'une manière progressive; ailleurs, elle survient brus(juement à la suite d'un accès épileptiforme , etc. , elle peut disparaître ou diminuer à plusieurs reprises pour reparaître ensuite. Abercrombie, qui a beaucoup insisté sur ces accidens , regarde rhémii)lègie comme le résultat de la présence d'une tumeur dans l'un des hémis[)hères (celui du côté opi)osé),et la paralysie comme dépendant d'une lésion du côté du cervelet ou de la moelle épinière. Il va même ( ouv. d/., pag. 489) jusqu'«i se demander si Ton peut admettre qu'une paraplégie puisse avoir lieu sans lésion du cordon rachidien. Quoi qu'il en soit, notons avec M. Andral {ouo. ci/., pag. 63«), que cette paralysie peut être simple ou compliquée de contracture , soit contiimellement, soit par intervalles.

6° Convulsions. « Les convulsions remontent (pielquefois à une date très ancienne, présentent les principaux caractères de répilej)sie, et se manifestent à des intervalles variables, par accès que l'on prend pour des accès d'épilepsie. Dans ce

est le pluii iïouvcut et le plus piomptcmcut | cd», ki pliuiuia^ue» iau»Qul«Lk«» âoiU i^*;

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néraux, sans danger apparent pour les malades, aussitôt que la crise est dissipée. Sur quelques individus, les attaques convulsives sont annoncées par de la céphalalgie, une tendance au coma, par un ensemble de symptômes cérébraux excessivement graves , et dont la durée est de plusieurs heures^ quelquefois de plusieurs jours.... Enfin, dans plusieurs circonstances, les convulsions affectent exclusivement un bras, une jambe, un côté de la face, et c'est ordinairement ces mêmes parties qui sont menacées de paralysie , si déjà elles ne sont privées de mouvement volontaire . . . On cite quelques exemples de contracture permanente des muscles du bras , de la nuque, etc.... » (Calmeil, art, cit., pag. 561). Remarquons que les convulsions peuvent moins encore que la paralysie servir à localiser le siège de la production accidentelle.

Durée et terminaison. La durée offre une foule de variétés ; on pourrait croire, au premier abord, qu'elle doit être très considérable , mais on reviendra de cette opinion, en songeant que des productions accidentelles peuvent exister dans le cerveau pendant très long-temps sans donner lieu à aucun symptôme. Ce n'est le plus souvent que lorsque la tumeur a acquis des dimeasions assez considérables, qu'elle manifeste sa présence par le trouble qu'elle occasionne alors dans le cerveau : d'autres fois , les accidens se déclarent beaucoup pias tôt , et dans des cas où la production olfre des dimensions très petites : c'est surtout ce (jui se voit pour les tubercules et les formations osseuses. Ainsi, les phénomènes morbides peuvent se montrer seulement quelques mois avant la mort, landisque dans les autres cas ils tourmentent le malafle pendant plusieurs années. « La terminaison peut survenir de deux manières : ou bien les signes d'une encéphalite aiguë surviennent, elles individus succombent soit dans ie coma , soit dans les convulsions; ou bien iU s'éteignent graduellement; leurs forces se perdent, toutes leurs fonctions se détériorent; des phle^inasics intercurrentes viennent frap- [utr le poumon ou les voies digeslivcs, des eH<-.hares h*i forment a la peau , et la mort est le résultai de toutes ces causes réimies

Diagnostic. « Nous devons rappeler, avant tout, dit M. Calmeil, que ni la céphalalgie ni les lésions des mouvemens de l'intelUgence et des sens,envisagées isolément en elles-mêmes , et comme symptômes spéciaux, ne peuvent jamais servir à fixer le diagnostic d^aucune lésion de l'encéphale. La seule chose qu'indique la céphalalgie, comme l'on sait , c'est l'existence d'un dérangement cérébral. Les convulsions générales , épileptiformes , indi-^ quent une lésion double des hémisphères cérébraux ; les lésions de tous les sens, de toutes les facultés intellectuelles, prouvent en faveur d'une altération cérébrale générale, etc.; mais chacun de ces accidens ne permet, en aucune façon , de préjuger la nature de l'altération du système nerveux, pas plus que son siège. C'est donc la durée de la céphalalgie , la violence de ses paroxysmes, l'absence des phénomènes morbides qui accompagnent la douleur de tête dans les autres maladies , qui impriment ici à cette douleur une valeur particulière ; ce sont donc les circonstances où apparaissent les convulsions, la paralysie , les autres lésions fonctionnelles , la manière dont elles se compliquent mutuellement, s'établissent, disparaissent, reviennent, qui leur impriment un cachet propre, qui les fait tourner au profit du diagnostic général. Quant au diagnostic local, une fois que l'on est à peu près fixé sur la nature de l'altération qui affecte l'encéphale, nous n'avons pas oublié qu'il ne peut s'éclairer (jue par le siège d'une paralysie locale, d'une contracture locale , de convulsions locales, etc.... » {^^rt. cit., p. 364.)

Pronostic. Ce que nous avons dit des terminaisons prouve toute la gravité du pronosiic que l'on doit porter dans les affections organiques du cerveau. Du reste, le danger est en rapport avec le siège, la nature, le volume, l'ancienneté, etc., de la maladie.

Traitement. Nous le donnerons d'une manière générale ai)rès avoir exi)Osé ce que les différentes pnxJurlions accidentellea dont le cerveau peut être le siège otfrent de spécial.

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