‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 105 sur 117 · État aigu. 1" Congestion sanguine · texte numérisé non relu

État aigu. 1" Congestion sanguine

Sous cette forme, la vascularité de la pulpe cérébrale est rendue plus apparente, une l)lus grande quantité de vaisseaux capillaires que dans l'état sain ont donné passage au sang rouge. Si on coupe le cerveau par trancbes, on voit toute la surface divisée , pointillée de rouge, et des gouttelettes de sang, qui se reproduisent quand on les essuie , suinter et colorer en rouge cette substance (Lallemand). Lorsque l'inflammation est générale, l'aspect sablé existe dans tous les points de l'organe, les sinus gorgés de sang , les circonvolutions tuméfiées, pius larges qu'à l'état normal, et aplaties par suite de la compression qu'elles ont dû éprouver (Forget). La puli)e nerveuse n'a subi aucune altération, ou bien elle a augmenté de consistance , et elle olFre une manière d'être que M. Bouillaud compare à la turgescence sanguine que l'on renconire dans l'érection. (^. Apoplexie)

2<^ Infiltration sanguine. La congestion sanguine plus intense donne lieu à une autre forme anatomique qui est caractérisée par une infiltration sanguine qui a été reconnue par la plupart des analomo-patbologistes, mais qui a donné lieu à des interprétations bien dilTérentes. Dans ce cas, le sang est infiltré dans la substance cérébrale , de manière à former avec elle un mélange intime ; les portions du cerveau qui avoisinent ces taches offrent également un changement de coloration qui , d'un rouge assez vif, passe à une teinte de |)lus en plus claire, à mesure qu'on l'envisage plus loin du centre de la tache. Cette espèce d'auréole peut avoir jusqu'à 1 pouce d'étendue. (Abercrombic, Recherches anatomiques et pratiques sur les maladies de iencéphale et de la moelle épinière., plU , ti'ad. française.) La substance du cerveau a conservé sa consistance naturelle , ou a subi une espèce de condensation , surtout dans les points où elle est altérée , dans sa couleur; <'lle semble avoir éprouvé une légère induration , peut-èU'e a-t-elle déjà moins d'élasticité que dans l'élat normal , et commence-t-elle à devenir fragile. (liouillaud.) M. Cruveilhier a considéré Taugmentatiori

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de densité dans le tissu cérébral comme caractérisant seul la première période de Tencéphalite , et comme étant suivie, sans état anatomique intermédiaire , de la formation du pus. {Dict. de mèd. et de chir. prat.f t. m , p. 269.) La plupart des auteurs, au contraire, ne regardent cet état que comme une condition passagère. L'état opposé a donc aussi été considéré comme une conséquence de Tinflammation, et, pour le distinguer d'une lésion analogue par sa forme, mais bien différente par ses causes , on lui a donné le nom de ramollissement inflammatoire.

{r. Ramollissement.) Un des points principaux de la discussion élevée dans ces derniers temps porte donc sur ce fait : de savoir si ce ramollissement rouge est différent de l'apoplexie, opinion que M. Cruveilhier ne partage pas ; toute la différence , selon ce médecin , consiste en ce que, dans l'apoplexie, le sang est ramassé en foyer, et , dans la seconde, il est infiltré dans une sorte de combinaison avec la substance cérébrale. Aussi croit-il devoir lui donner le nom d'apoplexie capillaire. [Méd. prat., 1821, 1" cahier, et Anatomie patholog.^ liv. m et v.) « Ce n'est pas le lieu de discuter une opinion qui se rattache plutôt à la pathogénie qu'à l'anafomie pathologique, puisque M. Cruveilhier n'a fait que substituer le nom d'apoplexie capillaire à celui de ramollissement rouge ou inflammatoire : il n'a rien ajouté, rien changé à la description anatomique que nous avons tracée , il a seulement attribué à l'altération une cause , une nature différentes; en un mot, il a décrit , sous le nom &' apoplexie capillaire , une certaine période de rencé|)ljalite (pji caractérise une hémorrhagie capillaire. ^ous nous bornerons donc à fjiire remarquer : \" (lu'on ne peut admettre (pje les causes , les symptômes et les inflieations thérapeutiques soient les mèiries dans le ramollissement rouge et dans l'apoplexie; 2" que si le ramollissement rouge a de commun avec l'apoplexie r('[).inehement du sang hors des vaisseaux (jui le renferment, èpaneheinentcpji a lieu,(;oinme le dit M. Cruveilhier , ici hors des gros vaisseaux , là hors des vaisseaux capillaires , u Pessenee de la maladie ne consiste

terlamement pas dans la présence de ce 1 de Vieussens. [Loco cit. y p. 121.

sang épanché » (Andral , Clinique médicale .^ t. V, p. 529); 5» que l'observation démontre , d'une manière qui nous paraît incontestable , que, dans le cerveau, l'induration rouge est séparée de la suppuration par le ramollissement. » (Monneret et Fleury , ouv. cit.^ t. m, p. 271.)

On a encore agité la question de savoir si le ramollissement inflammatoire pouvait offrir une coloration différente de la rouge. M. Bouillaud a trouvé, dit-il , parfois une portion de la substance encéphalique ramollie , et de couleur jaune-serin ; mais , comme il existait en même temps une infiltration plus ou moins marquée , « peutêtre , ajoute le même observateur, est-il rationnel de penser que la coloration jaune dépendait de la présence du sang dont une partie avait déjà été résorbée. On sait, en effet , qu'à mesure que l'absorption s'empare du sang épanché dans une de nos parties , la couleur rouge ou noire passe peu à peu à une teinte jaune. » ( Traité de l'encéphalite, p. 254.)

50 Suppuration. Le pus se présente sous deux aspects différens; tantôt il est disséminé , infiltré dans la substance cérébrale [infiltration purulente)^ tantôt il est réuni en foyers plus ou moins considérables [abcès).

M. Lallemand a montré que , dans le cerveau , l'infiltration purulente succède à l'infiltration sanguine, absolument comme dans le poumon. L'hépatisalion grise succède à l'hépatisation rouge ; le pus prend en quelque sorte la place du sang , s'infiltre, comme lui, dans la substance cérébrale ; mais, au lieu de la colorer en rouge, il affaiblit la teinte rosée qui lui est nalurelle, et, tandis f|u'il altère à peine la coloration de la substance blanche, il change considérablement , au contraire, celle de la substance grise, au point qu'elle se confond entièrement avec la substance blanche ; au reste , selon que le pus aura une teinte blanchâtre, jaunàln; ou verdàtrc;, il altérera diversement la coloration de la substance encé|tliali(|ue. (Kouillaud , oini. cité, p. 254.) La décoloration (pie sid)it la suhstance grise est (piehpicfois si complète que I\I. I>allemand a vu cette substance dans les circonvolutions et dans le corps sirié être aussi blanche <pje le centre ovale

sro

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« Il faut se garder de confondre, comme cela est arrivé souvent, le pus du cerveau avec la pulpe nerveuse liquéfiée. Examinez , comparativement même à l'état de mélange, du pus et de la matière cérébrale diflluente, et rarement vous serez embarrassé pour distinguer ces deux produits de l'organisme. Le pus ne coule pas, comme la neurine liquide, il ne se rassemble pas en gouttes, il ne s'étend pas sous le doigt de la même manière : il offre des caractères à lui , qui constituent un produit à part , qui défendent de le confondre avec les autres matières animales. » (Calmeil, ouv. cité, p. 469.)

« Nous pensons, disent I\IM. Monneret et Fleury, qu'il faut établir d'une manière générale 1» que le ramollissement peut avoir lieu avant la formation du pus, et être le résultat , soit d'une infiltration séreuse, soit de l'absorption de toute la partie colorante du sang épanché ; 2° que le plus fréquemment, dans la substance grise^ il est déterminé par le mélange du pus avec cette substance ; 3o que dans tous les cas la substance grise est plus ou moins décolorée, et qu'elle peut même devenir complètement blanche; 4° que la substance blanche, au contraire, ne peut tout au plus que conserver sa couleur naturelle , le ramollissement ne devant plus être considéré comme inflammatoire, lorsqu'elle est plus pâle qu'à l'état normal. » {Ouv, cit., p. 276.)

Quant aux abcès, ils offrent un grand nombre de paMicularités à observer; M.

Lallemand a fort bien décrit leur mode de formation. Ce n'est que peu à peu, dit-il, que le pus se forme une cavité eirconscrite. 11 commence par former de petites gouttelettes isolées, qui, en se reunissant, déterminent de très petits foyers purulens du volume d'un pois, par exemple, lesfjuels, disséminés dans la substance cérébrale ramollie, forment à leur tour, parleur réunion, un foyer conunun plus ou moins considérable. La description qui suit nous en offre un exemple: vers la par tic moyenne de Ihemisphère droit, on trouve un foyer contenant environ deux cuillerées de pus jaune-verdàtre; la suppuration n'est pas contenue dans luie cavité bien circonscrite; les pai'tics voisines sont converties en une sorte de putrilage, de manière que le i)us

s'irradie comme dans des espèces de clapiers; on voit flotter au milieu du liquide des espèces d'appendices de substance blanche, qui ne tiennent plus au reste de la masse que par un faible pédicule. Yoilà lepremier rudiment d'un abcès récemment formé dont la cavité n'a pas eu le temps de se circonscrire exactement. (Lallemand, ouv. cit.., 5o6-5o8.)

« Une fois le pus amassé en foyer, l'étendue de la caverne est variable ; tantôt la collection de pus occupe un hémisphère presque tout entier, tantôt un espace d'un pouce, de quelques lignes. Aussitôt que la lame du bistouri plonge dans le foyer purulent, il s'en échappe une traînée de pus blanc-jaunâtre, bien lié, filant, fortanalogue à celui que fournit le tissu cellulaire de la peau, par exemple.Quelqucfois ce liquide est floconneux et doue d'une odeur infecte, mais beaucoup plus souvent privé d'odeur. En examinant avec soin, après que l'abcès est vidé, les parois de la coque où il était déposé, on les trouve formées, dans la profondeur d'une demi-ligne ou d'une ligue, par de la substance cérébrale, ou piquetées de points rouges ou jaunâtres , presque toujours moins consistantes que dans l'état normal. Dans quelques cas , ces parois oiïrent une teinte brune, ardoisée; quelquefois elles diffèrent à peine du tissu cérébral le plus sain. Il n'est pas rare do rencontrer dans le même cerveau plusieurs abcès, ou isolés , ou communiquant entre eux. Il n'est pas rare de voir un abcès so faire jour dans les cavités ventriculaires ou à la surface du cerveau. La malade qui fait le sujet de la troisième lettre de M. Lallemand portait dans l'hémisphère droit deux cavités pleines d'un pus grisâtre; la substance cérébrale qui circonscrivait les foyers était inégale, comme creusée par des clapiers , assez molle sur quelques points, consistante dans les autres, traversée par un grand nombre de vaisseaux qui lui donnaient une teinic rouge uniforme.» (Calmeil, loc. cit., p. 541.) Sur un malade ouvert par AL Vaidy, on évalua la quantité de pusevacuee,ii 5 onces environ, (//iô/. méd.) L'observation quarante et unième d'Abercrombie offre un exemple de plusieurs abcès; dans la (juarante-deuxième, le corps slrié d'un côté est le siège d'un abcès, de môme que celui du côté oppoaé ;

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dans la trente-nenvîème , le même auteur rapporte un exemple de quatre abcès dans le même cerveau. (Al)ercrombie,oîa'. cit.) « Nous avons cru d'abord, dit M. Calmeil, que nous avons déjà cité , en lisant les observations de suppuration du cerveau, dont la publication appartient déjà à une époque éloignée, que les auteurs avaient oublié de noter la rougeur, Taspcct pointillé des parois de l'abcès, et probablement cette omission a eu lieu (juelquefois. Mais comme il nous est arrivé plus tard de rencontrer la substance cérébrale plutôt décolorée qu hypérémiée dans le voisinage d'un foyer rempli de pus; comme nous nous sommes assuré plusieurs fois que le même anatomiste, qui ne signale dans le cerveau que de la suppuration sans hypérémie, décrit avec la plus grande exactitude , dans les cas analogues, toutes les modifications de couleur de la substance cérébrale, force nous a été de nous rendre à l'évidence^ et de reconnaître que la suppuration ne suppose pas constamment riiypérémie.» {Ouv. cit.^ p. 545.) Jusqu'à présent , il ne s'est agi que d'abcès non enkystés; on en rencontre cependant assez fréquemment offrant une véritable enveloppe qui les isole du tissu encéphalique. On a donné à ceux-là le nom d'abcès en- Jiystés, et quelques pathologistes tendent à penser qu'ils appartiennent plus spécialement à Tencéphalite chronique , bien qu'il ne soit pas facile de déterminer d'une manière exacte quelle est la forme de la maladie à laquelle ils appartiennent. M. Calmeil indique, comme moyen de transition, enire les collections purulentes ordinaires et ces kystes |)urulens, l'espèce d'enduit moitié lloconneux, moitié muqueux, qui commence à former, si on peut le dire, comme une incrustation à la surface interne de certains foyers purulens de rencéplialc. « Cette première couche de matière plastique , quelle soit précii)itee du dépôt commun, ou qu'(;lln constitue un dépôt à part, ressemble parfaitement d'a- I)ord à un putrilagc grisâtre, cendré, qui se détache facilement par le frottement, mais (pii laisse eà et Id sur la suifaec dv. la cavité (|ui contenait le pus des plaques inégales dont la cohé-iion est [)lus prononcée. La vingt- troisième observation de la IroUiéim lettre de M. LaUcmand offre

un exemple frappant d'abcès du cerveau avec organisation commençante d'une capsule pseudo-membraneuse. Après que l'on eut évacué un pus d'un gris -blanchâtre qui occupait dans le lobe moyen du côté droit un foyer de trois pouces de diamètre environ dans tous les sens , on vit la cavité du foyer tapissée par une espèce de membrane molle, floconneuse , assez épaisse et assez dense pour pouvoir être facilement distinguée, mais pas assez résistante pour qu'on put la séparer de la substance cérébrale avec laquelle elle était en contact : celle-ci était tout autour, et à une assez grande distance, réduite en bouillie. )> (Loc, cit., p. S45.)

A une époque un peu avancée, la face du kyste qui est baignée par le pus est, en général, tomenteuse, douce au toucher et semblable à la surface villeuse des intestins; la face externe est au contraire unie, serrée et en quelque sorte comparable à une membrane séreuse. Quant à l'épaisseur, elle n'a rien de constant : on peut trouver deux, trois et même quatre lames superposées. Parfois on rencontre sur le sac des vaisseaux sanguins , faciles à suivre; dans d'autres cas , la membrane interne est rosée; en général il est facile de les isoler de la substance nerveuse qui les entoure, et même de les enlever entièrement sans répandre le liquide qu'ils renferment.

« La substance cérébrale qui avoisine les abcès enkystés , se présente sous des aspects différens; dans un cas, celle qu est en contact avec le kyste offrait une couleur rouge foncé qui allait en diminuant d'intensité ; dans les parties moins uniformément colorées et d'une teinte moins foncée , on distinguait des points d'un roufje sombre, très rapprochés, qui donnaient aux tranches du cerveau l'aspect sable de certains granits ou porphyres rouges ; plus loin, la pulpe était jaunâtre, enfin elle reprenait sa couleur naUnelle. >» (Lallemand, ouv. cil.., |). 11.)

Jl faut néanmoins remar(|uer avec M.

Calmeil, (pi'une au^-'incnlalion ou «ju'une légère diminution de consistance dans la substance nerveuse qui environne le kyste constitue le plus souvent la seule modification de lissu appréciable, et (pie parfois la suhslauco nerveuse paraît Hrc tellement

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saine, qu'une fois le kyste enlevé, il serait didîcile, à l'aspect seul des parties qui le renfermaient, de soupçonner la moindre altération. Disons enfin, pour terminer, que certains paihologistes étrangers ont cru que les abcès enkystés du tissu encéphalicpie étaient dus à la su[)pura!ion de produits accidentels : cette opinion n'est pas admissible.

40 Gangrène. « Plusieurs médecins ont agité la question de savoir si rintlammation du cerveau peut se terminer par la gangrène? Les caractères anatomiques de la gangrène sont, pour l'ordinaire, le changement de couleur du tissu mortifié, qui prend une teinte brune, verdàtre, (jui est imprégné d'un liquide d'une fétidité insupportable, trouble, tirant sur le noir, comme si la putréfaction s'effectuait sur une partie exposée à la chaleur et à l'air, entièrement privée de vie. Il n'est pas douteux que l'on ne rencontre de loin en loin, à la surface de l'encéphale , des plaques noires ou vertes, ou livides : la substance cérébrale, qui a subi ce changement morbide, contient en même temps un liquide en décomposition , et qui exhale l'odeur des eschares gangreneuses ; dans ([uelques cas même, l'on trouve au centre d'un lobe cérébral une certaine quantité de matière sanieuse, verdàtre, infecte, et toutes les parties adjacentes ofTrent un commencement de ramollissement et un reflet ardoisé. Il ne faut cependant pas prendre à la lettre les expressions de quelques anciens auteurs qui confondent souvent la suppuration avec le sphacèle.Forestus, ayant été appelé auprès d'un jeune homme qui était tombé en léthargie, prédit qu'il existait un abcès du cerveau, et que ce viscère était spharili'. On trouva le cùtc droit du cerveau sanieux , putride et corrompu. Dodonée dit que la dure -mère était noirâtre, et que le cerveau semblait sphacclc sur lui homme qui avait été ])lessé à la tète par un instrument contondant. Les descriptions de la gangrène cérébrale décrite par Morgagni nous paraissent assez positivrs pour lever tous les doutes. Un homme s'élant blessé au front en tombant sur le visage, la table externe du crâne présenta vers le siège de la blessure une fente (jui ne pénétrait pas à l'intérieur du coronal. Le cerveau non seulement au-dessous de

la fracture, mais encore dans toute retendue d'un hémisphère, était d'un noir verdàtre, et répandait une odeur repoussante; l'altération de couleur s'étendait en profondeur jusqu'au ventricule latéral , et n'épargnait que la base de l'hémisphère. IMorgagni revenant sur cette altération de la substance nerveuse à l'occasion d'une rupture vasculaire qui s'était elfectuée sur le même individu , dans l'un des sinus du cerveau , n'hésite point à la considérer comme un produit gangreneux. {Lettre LU, § 55,et leltre li, § 12 ) Probablement la terminaison de l'encéphalite locale par gangrène est précédée des symptômes propres à rencéphalite partielle pendant la période de turgescence, et la paralysie des membres caractérise la période de putréfaction.» (Calmeil, Dict. de 7»r(/., 2^ éd., t. XI, p. Oui.) lîaillie dit avoir observé un cas de gangrène du cerveau; la substance était d'un brun noirâtre, et n'avait pas plus de consistance que la poire la plus pourrie. ( 7'/y/i7. d'anat. palh., section XV.) Pour M. Lallemand, les cas de gangrène sont très rares; je ne prétends pas, dit-il , que l'inflammation du cerveau ne soit susceptible de se terminer par gangrène qu'à l'aide du contact de'l'air; je dis seulement que la couleur foncée qui a fait croire à la gangrène n'est pas une preuve suffisante de son existence, puisque cette couleur peut dépendre de linflltration sanguine de la substance grise. (Lallemand, Lettres citées., t. i, p. 420.)

b. /'Jtat chronique. i° Induration. M.

Lallemand a admis plusieurs variétés d'indurations. 11 décrit les indurations rouges, puis les indurations libreuses, fibrocartilagincuses et osseuses. Nous ne parlerons ici que de la première variété , la seconde ayant été décrite en faisant l'histoire des productions mor!)ides de l'encéphale, {r. Encéi'iiatj:, Patuologie.)

Les indurations rouges sont donc, pour I\L Lallemand, d'anciens ramollissemens avec infiltration sanguine. Ils se forment, selon cet anatomiste, de la manière suivante : dans le principe, la substance cérébrale qui environne les plus petits globules de sang est ramollie , par conséquent enflammée ; c'est exactement le même état que celui qu'on observe autour des foyers hémorrhagiques récens. Qu'ar-

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rive-t-il à cette substance cérébrale ramollie , qui reçoit , qui sépare les petits globules? Ce qui arrive à celle qui reçoit les gros caillots ; elle prend de la consistance, elle emprisonne séparément chaque globule, s'identifie avec lui, et le tout forme une tumeur de figure, de couleur et d'aspect variables, suivant une foule de circonstances. Les globules de sang peuvent être assez gros pour rester distincts dans certains points de la tumeur, et former de petits caillots séparés; ils peuvent élre assez ra[tprocliés, assez intimement unis, pour paraître confondus, et donner à la tumeur divisée par l'instrument tranchant l'aspect d'une masse de sang coagule. Si l'altération est plus ancienne, le tissu plus dense aura l'aspect dune masse de chair tout-à-fait semblable à un gésier d'oie^ ce sera une tumeur ferme à lintérieur, ressemblant au tissu du rein; s'il contient un peu moins de sang, on croira y voir des tumeurs charnues, ou seulement rougeâtres, de couleur de chair pâle.

Si le sang est encore en moindre quantité, en molécules i)lus ténues, s'il est plus intimement combiné avec la substance grise , rinduration sera brunâtre ou d'un brun foncé. Enfin, si les molécules sanguines sont encore plus disséminées, la tumeur sera rosée , aura l'aspect d'un stéatôme. (Lallemand, loco cit., t. ii, p. 593-596.)

Il est encore important à noter que les indurations rouges portent ordinairement sur la substance grise. Sur dix-huit observations rapportées par M. Lallemand, une seule fois l'altération occupait la substance blanche. Ce (jue nous avons dit dans une autre partie des tumeurs fibreuses, fibro-cartilagineuses, etc., nous dispense d'y revenu- ici. (/^. Encépuale.)

2° Ulcération. Cette altération paraît être extrêmement r;«re. Ahercrombie dit l'avoir rencontrée une seule fois. Les anciens analomisles , iionet, Lieutaud, iMorgagni en ont rajiporté divers cxemi)les. M. Scoutetlen en a publié plusieurs observations ( /trch. fjcnér. de méd.^ t. vu, p. SI). Mais on doit surtout des détails curieux sur ce sujet à M. Lallemand {Lettre viii). Selon ce professeiu', on voit d'abord des portions plus ou moins considérables de substance cérébrale séi)iu'ccs

des parties voisines ; la substance du cerveau est comme érodée, ou bien l'altération consiste en un magma formé de substance cérébrale et de sang mélangés ensemble , au milieu desquels on rencontre des fragmens de substance cérébrale intacte. Dans le principe, la ligne de démarcation est peu tranchée entre la portion qui doit être absorbée et ce qui peut continuer à vivre. Les parois sont rouges, irrégulières, ramollies; plus tard, la cavité se vide, les parois sont enduites d'une couche de matière coagulée, d'une substance pulpeuse, jaunâtre, semblable- à du pus épaissi: phis tard encore, la portion déprimée se tapisse d'une espèce de membrane ceiluleuse. En même temps les parties voisines (ic la substance encéphalique, d'abord ramollies , s'indurent et se colorent diversement. En résumé, dit-il, les excavations, les ulcérations, toutes les destructions de la matière cérébrale ne diffèrent des autres altérations chroniques que par une absorption plus complète du tissu désorganisé , et des fluides dont il est pénétré. {Ouv. cit.)

3° Cicatrisation. MM. Monneret et Fleury ont cherché à réunir les travaux ^épars, sur ce point intéressant de l'histoire de l'encéphalite. Nous allons en présenter le résumé. Jusqu'à ces derniers temps, le plus grand nombre des anatomo-pathoïogistes ont élevé des doutes relativement à la possibilité de la cicatrisation du tissu encéphalique ramolli, des recherches récentes au contraire paraissent mettre ce fait hors de doute.

M. Sims considère comme des traces de cicatrices de ce genre, l'absorption d'une ou de plusieurs couches de substance cérébrale, l'adhérence de la pie-mère, des cavités dans la substance des corps striés ou les autres parties centrales avec atro[)hie, s'il s'agit de la substance grise; dans la substance blanche, au contraire, il [signale des ouvertures comm(; taillées à [)ic, ou très lisses, contenant un lluide limpide ou un dépôt rougeâlre, et dont quelques-unes sont tapissées par une membrane fine ; en général la substance est indurée à leur [)()urlour.

.M. Lallemand considère comme des cicatrices de la substance encéphali(|ue toutes lea iaduraliuns liiireuses et libro-

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cartilagineuses qui sont minces, aplaties, radiées, allongées, irrégulières, {f^. Encéphale.)

Broussais et M. Bouillaud admettent aussi la cicatrisation dont nous parlons. L'analogie nous porte à croire, dit ce dernier, que cette terminaison n'est pas audessus des ressources de la nature, et pour moi, je suis tenté de croire que plusieurs cicatrices , prises jusqu'ici pour des suites d'épanchemens apoplectiques, doivent réellement être considérées comme la terminaison de phlegmasies cérébrales. M.

Dechambre a fait des recherches nombreuses sur ce sujet, et il est arrivé à établir, que la cicatrisation du ramollissement s'opère par la formation d'une induration d'un blanc de nuance variable, constituée par des faisceaux inégaux de fibre cérébrale qui sont entrelacés entre eux. Entre ces faisceaux existent des lacunes tantôt vides et sèches, tantôt contenant un liquide blanc de chaux, etc. (^. Encéphale.)

Ici se termine l'examen des modifications de tissu attribuées à l'inflammation et à ses conséquences ; cette partie importante de l'histoire des maladies de l'encéphale est complétée, comme nous l'avons déjà dit ; par l'article qui concerne les altérations pathologiques de cet organe.

Nous y renvoyons pour ne pas nous répéter ici.

c. Étiolofjie. 1» Causes prédisposantes. M. Calmeil paraît reconnaître Tinfluence de Yhércdilè sur le développement de l'enct'phalite; il est, pour ainsi dire, le seul qui ait songé à cette prédisposition. {Ouv. cit., p. -494.) Le tempérament nerveux a été indiqué chez quel(|ues malades, de morne Tétat plelhori(|ue, et I\L J>allemand a constaté sur quel([ues-uns des sujets échus à son observation une constitution apoplectique caractérisée. On observe cette maladie à tous les âges de la vie, cependant l'enfance et la jeunesse paraissent être les époques de la vio pendant lescpielles l'inflammation de la pulpe nerveuse est plus commune ; en seconde ligne arrive la vieillesse; mais, dans ces deux conditions, la maladie paraît être moins franchement aiguë. Le sexe influe d'une manière très évidente sur le déve-

vie intra-utérine, il n'en est pas de même, il y aégali'é parfaite; ainsi, sur vingt-sept sujets obsei\es par M. Lailemand, treize étaient du sexe inascufin, et quatorze du sexe féminin. IMii-^ pendant la vie réelle^ il n'en est pus de ni' me; 3L Calmeil porte aii double le nom) re des malades hommes , et 31. L illcin; nd a trouvé une proportion encore l'I' s élevée, puisqu'il dit que dans ses relevés le nombre des hommes était deux' ou trois fois plus considérable ; il attribue cette prédisposition au surcroît d'activité cérébrale que la condition des hommes exige. Les afjectiort»

morales tristes, les émotions vives, les travaux de l'esprit trop prolongés, les veil" les, les excès divers, l'action du calorique élevé pour les individus de (juelques professions, sont encore autant de causes qui peuvent disposer au développement de l'encéphalite.

2» Causes déterminantes. Au premier rang de ces causes, se placent les violences extérieures. M. Calmeil évalue leur action au quart des cas observés ; M.

Lailemand, à la moitié {r. Tête). Vient ensuite l'influence des efl'orts de vomissement (jui déterminent la congestion cérébrale ; Broussais admet encore l'irri* tation de la muqueuse du tube digestif. Les exanthèmes sont aussi des causes déterminantes, il faut noter enfin l'influence du virus vénérien admise par M, Lailemand d'une manière positive ; celle des maladies de l'oreille signalée par M. Itard , l'insolation , l'action de quehjues médicamens, tels que la noix vomiquo , l'opium, etc. (Giacomini.)

1). Symptômes. Nous admettrons, à l'exemple de la plupart des auteurs , deux variétés de rencéphalile selon le siège : la cérébrite, làcérébellitc. Onrecomiait de plus à chacune d'elles une forme aiyiië et une forme chronique. On a distingue ensuite pour l'encéphalite aiguë , !<> l'encéphalite dite générale ou diffuse , et 2° l'encéphalite locale ou circonscrite^ L'histoire de la première est trop étroitement unie à celle de l'inflammation des méninges pour qu'il soit possible , dan.s l'état actuel de nos connaissances , de l'en séparer; aussi le plus grand nombre des nosographes ont-ils confondu leur des-

Ipppcmeut U« l!eaçéyhAU(e » pQii^^t la | cnpUoa ftQUs les wma Uq cé^^Mi^-mnirh^

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gite, méningO'Céphalite , etc. Nous renvoyons pour son histoire au mot Méninges (maladies des).

10 Cérébrite locale {aiguë). La célébrité aiguë donne lieu dès le début à la céphalalgie, à des vertiges, à des éblouissemens , à des tintemens d'oreilles, à un fourmillement incommode dans les membres , quelquefois à une sensibilité exagérée (Lallemand , t. i , p. 277) , ce qui est rare , si" ce n'est dans les cas où la méningite complique la maladie principale. Le sommeil est agité , continuellement interrompu , ou bien il existe un peu de somnolence. Le système musculaire est le siège de symptômes variables en intensité, mais assez constans dans leur forme : ce sont d'abord des crampes , quelques soubresauts des tendons , puis la contracture ou la raideur musculaire , qui en est un peu différente ; les convulsions ou spasmes cloniques , et une difficulté très grande ou même une impossibilité absolue de mouvoir les membres , qu'il ne faut pas confondre avec la paralysie , dont elle diffère essentiellement. (Monneret et Fleury, Andral et Lallemand.) L'intelligence reste le plus souvent intacte suivant les uns (Lallemand) , elle peut être troublée selon d'autres (Andral). Il est rare que cette fonction ne soit pas altérée à un certain degré. Il n'existe pas toujours , il est vrai, du délire, mais on ojjserve dans les réponses du malade une certaine brusquerie , une insouciance ou une exaltation qui prouvent que rintcUcct n'est plus dans son état normal.

Presque toutes les fonctions participent aux désordres dont le système nerveux et locomoteur sont le siège : la face est rouge colorée , les yeux brillans , la soif vive, les selles sont rares. Il se inanifL'sle en méuie temps des phénomènes sympathiques vers h tube digestif; on observe des nausées, des vomissemens; le pouls est fort, accéléré , ou bien on a noté des variations extrêmes (Andralj ; les urines s(ji»t rares , fortement colorées , denses , laissant depo- •er de» sédimens; la peau est chaude, couverte de sueur. Lue fois que la lésion anatomique se modifie et tend à passer au ramollissement ou à la fonnation du pus , r.inèantissernenl augmente, les facuilès in-

UU«ctu«Ueif «oQi »upprim«ei U'uii<j ui<t-

nière plus ou moins complète. « Les symptômes procèdent avec une certaine lenteur , et l'on peut observer une gradation sensible entre les phénomènes du début, qui annoncent une exaltation de fonctions, et ceux de la fin, qui traduisent la désorganisation dont le cerveau est frappé.

« Au bout d'un temps variable, la sensibilité , qui est plus rarement affectée que la motihté , diminue ou s'éteint ; une insensibilité générale ou partielle succède à l'augmentation de la sensibilité ; le malade tombe dans le coma, les convulsions toniques et cloniques sont remplacées par l'immobilité des membres et par leur paralysie ; la commissure des lèvres , les paupières et les différentes parties du visage, éprouvent des changemens qui sont en rapport avec l'étendue ou le siège de la maladie. Le délire, l'incohérence des paroles cessent entièrement; il n'est plus possible d'obtenir une seule réponse du malade , lors même que les organes des sens restent intacts; le cerveau perd la faculté de percevoir les impressions qui lui arrivent, l'intelligence s'engourdit et semble s'oblitérer. En même temps , les symptômes généraux ne sont plus ce qu'ils étaient dans la première période , la soif est nulle, la déglutition difficile et bruyante, le ventre météorisé,les selles et les urines rendues involontairement, la peau froide, couverte de sueur; le pouls ralenti, irrégulier, quelquefois fréquent, intermittent; la respiration gênée, stertoreuse, râlante; les traits du visage profondément altérés. » (Moimeret et Fleury, p. 290.)

Quant aux signes qui pourraient servir à faire reconnaître quelle est la portion de Tencéphale qui est atteinte, et qui se tireraient du siège de la contracture et de la paralysie, nous ne les indiquerons [)as ici, ces particularités ayant été discutées avec soin à l'arliele Apoi»li:xie. (/^. ce mot.)

Cérébrite locale {chronique). Les phénomènes merbides qui s'appliipient àl'inflammalion aiguè caractérisent la marche des lésions (|ui ont été attribuées aux altérations clironi(|ues ; ils n'en diffèrent que par l'acuité et la durée ; ainsi , les phénomènes inflammatoires (liuiinuitnt à mesure que le pus se réiniit en foyer, tandis que les aecidens de [)aralysie, do coniracturo,

pQrsblciU OU uu^Mu^uttiut, Pour dYoir

ENCÉPHALITE

un tableau exact de la cérébrîte chronique, dit M. Lallemnnd , il suffit de se reporler à ceux de riudammation aiguë ; seulement, au lieu de durer douze à quinze jours, ils persistent pendant sept à huit mois. La forme essenliellement chronique se présente rarement dans les cas de ramollissement et de sjippuration, parce que les malades succombent assez promptement, soit à cause de l'inflammalion consécutive qui siu-vienî dans la substance cérébrale voisine de la lésion , soit à cause des méningites ou des apoplexies intercurrentes ; aussi faut-il avoir soin, dans l'étude des symptômes de la cerébrite chronique, de faire la part de Taltération pathologique et des maladies consécutives qu'elle provoque et que nous venons d'indiquer. Il faudra se rappeler qu'on n'a pas sous les yeux une seule et même maladie homogène, mais une série de maladies distinctes, offrant des caractères variés.

2° Céréhdlite {aiguë). Ax^ni d'aller plus loin, il est important de constater l'état peu avancé de la science sur ce sujet. IM. Lallemand et M. Andral indiquent une céphalalgie bornée souvent à l'occiput ; la contracture, les convulsions musculaires , la paralysie sont , de même que l'altératiou, rarement bornées à >in côte du corps; MiM. Houillaud, Magendie ont noté la rétraction de la tête en arrière et des mouvemens désordonnés dans le système musculaire. MM. Foville et Pinel-Grandchamp pensent que la sensibilité doit être plus ou moins altérée; M. Lallemand contredit celte opinion. Il en est de même de l'opinion de Gall et de iM. Serres, relativement à la valeur de l'érection et de réjaculaiion. L'intelligence est restée intacte dans la plupart des faits observés; aussi, disent MM. Monneretet Fleury. on pourra soupçonner lacérébrite quand on verra se manifester des convulsions dans les membres , la progression et la station devenir difRcilcs , la sensibililé et l'intelligence rester intactes; cependant, n'oublions pas que la myélite peut nous offrir un état semblable.

CcrcbclUle [chronique). Lessymi)lùmes morbides qui l'accompagnent doivent présenter avec ceux de l'état aigu les ménu*s relations que ceux de la cérebrite chronique olfrciU avec ceux de la cerébrite ai-

guë. C'est là tout ce que nous apprennent les auteurs, car personne encore n'a essayé de tracer l'histoire de cette forme de Tenccphalite.

E. Durée, pronostic. 11 est difficile d'indiquer d'une manière précise la durée de la maladie. M. Bouillaud a constaté que , sur quarante-cinq observations , la mort est arrivée dans le premier septénaire 7icuf fois ; pendant le second , six fois ; pendant le troisième , six fois; pendant le quatrième , deux fois ; peiulant le cinquième , trois fois ; après plusiem's mois et même phisieurs années , dix-huit fois. [Ouvrage cité.)

Le pronostic est très grave, souvent les malades périssent, et(]uand la mort n'arrive pas il résulte presque toujours des désordres qui existent , soit la paralysie, soit rhéini[)légie, rimbécillité , ou l'abolition d'un ou de plusieurs sens. Quelques observations de i\l. Lallemand tendraient cependant à faire penser que l'encéphalite aiguë, au premier degré, peut se terminer par résolution. Enfin des recherches récentes faites par M. Dechambrepourraientaussi faire croire à la ciu'abilité du ramollissement. [Gaz. mèd. de Paris, lb38, n" 20.)

Quoi qu'il en soit, les paroles de M. Galmeil n'en conserveront pas moins toute leur importance. « L'encéphalite partielle, dit ce médecin , n'interessàt-elle que la partie la plus superficielle de la substance corticale du cerveau , constitue une des intbunmations les plus funestes de l'organisme. En supposant même que le malade pût échap[)er à la mort pendant la période d'acuité , ce (pii est fort rare lorscjue le foyer infbunmatoire présente seulement un pouce de profondeur et d'étendue, l'on a toujours à craindre de voir l'encéphalite se reproduire sous la forme chronique ou la forme d'une méningo-céphalite diffuse, [f^. MivMNCiTE.) L'encéphalite locale Iraumaliiiue offre cependant beaucoup moins de danger que l'inflammalion cérébrale spontanée. L'application du trépan a phisieurs fois permis d'évacuer des abcès situés à la sin*face du cerveau , ou même dans son propre tis.su ; des pertes de substance assez considérables , qui ont du nécessiter , pour la cicatrisation de la plaie, le concoins d'un travail inflamma- . loire d'une ceilaine durée, ont eu lieu

ENCÉPHALITE. srr

sans entraîner do vio- la veine jugulaire externe. Quelques {^ra-

dans quelques ca

lens désordres dans renseinl)le des fonctions, mais l'importance même que Ton attache aux succès de ce genre témoigne du danger des phlegmasies cérébrales et méningées , et les médecins qui visitent avec quelque assiduité les hospices d'aliénés n'ignorent pas combien il est fréquent d'y renconlrer , parmi les paralytinues , des militaires qui ont été autrefois trépanés ou blessés à la tète par des coups de sabre, des éclats d'obus ou des balles. » (Calmeil, ouv. eit.^p. 538.) (F. Tète [plaies de] , Trépan, etc. )

F. Diagnostic. M. Lallemand a tracé sous forme d'aphorismesle diagnostic différentiel des maladies cérébrales.

Inflammation des méninges. Symptômes spasmodiques généraux sans paralysie.

Hémorrhagie cérébrale. Paralysie subite sans symptômes spasmodiques.

EncéphaWe (excepté le corps calleux , leseptum lucidum, la votite à trois piliers). Paralysie précédée ou accompagnée de symplômes spasmodiques , ou bien affaiblissement partiel lent et progressif; marche souvent irrégulière , intermittente.

( ^. Apoplexie , Encéphale [produits divers de l'J ^ Ramollissement , Tête [plaies de].)

G. Traitement. « La cérébriie et la cérébellife doivent être réunies dans une même étude thérapeutique ; mais il importe de distinguer l'état aigu de l'état chronique , et de séparer des difîérentes périodes anatomiques de la maladie, les indications variant avec chacune d'elles » (Monneret et Fkury , ouc. cit. , p. 504.) II ne faut pas oublier encore que h; traitement de l'enccpha'ife locale dillcre peu de celui de l'encéphalite diffuse ; aussi ce chapitre .sera l il coinplcté p;ir celui (pie nous consacrerons au Iraiteuicnt de la méningite, {r. ce mot.)

I" /'encéphalite aiguë. Période d'excitation (con^e.slion et infiltra/ion .sanguinei). Au premier rang prennent place les émissions sanguine?; générales , c.ir la première indicalion esi «le dé«crrq)!ir h-s Taissiaux et de favoriser la résolution si cela est po-«il)le, Toii^^lcs autmis tnod<'rne« s'arcord»Mil siu' rinilucnci' des Lir^'cs §3»gnèC!* prati(juéeH «Mjit auv bras, soit a

TOMK Uf.

ticiens ont même eu recours à l'ouverîure de l'artère temporale , mais il ne faut pas oublier que ce moyen n'est pas aussi utile qu'on pourrait le croire à priori , et qu'il est difficile de retirer ainsi une quantité de sang suffisante. M. Bouillaud {Traité de r encéphalite) ., M. Calmeil [Dict.de niédcc- , 2.*' édit.) insistent sur ce que les saignées soient faites largement , que l'on enlève chaque fois quatre ou cinq cents grammes de sang , et pour que la saignée soit , bien entendu en ayant égard à l'état du pouls , répétée quatre , cinq et six fois dans l'espace des premiers jours delà maladie.

Les saignées locales viennent en seconde ligne. On aura recours à des applications de trente , quarante sangsues et plus aux tempes , à la base du crâne, aux apophyses mastoïdes; quelques praticiens entretiennent l'écoulement du sang au moyen des ventouses qu'ils appliquent sur ces piqûres , d'autres préfèrent n'employer que quatre ou cinq sangsues à la fois, et les renouveler sans intervalle pendant deux jours ; on a encore proposé l'usage des ventouses scarifiées , les incisions sur le cuir chevelu. (Ilufeland's journal , v. m, p. 694.)

Un moyen analogue conseillé par I\T.

Blaud , de Beaucaire, consiste dans la compression soutenue des artères carotides pendant des périodes de quatre ou cinq minutes séparées par(|uel(pies minutes d'intervalle. ( Bibliothèque médicale , t. lmi.)

L'application du froid sous des formes variées, telles que les affusions froides, les applications de topiques froids et humides , la glace pilée renfermée dans ime vessie sont encore des moyens habituellement employés. M. Foville se prononce pouf les allusions froides; il en est (hî même de J. Co[)Iand {('yclop. ofpracl.

méd. ., t. î, p. 510). MAL iVIonneret et "l'Icury acceptent également ce moyen dont ils se sont servi avantageusement, disentils. {Ouv. cit. , p. .^j(i:> ) C,«s prali(ti('ns l'ont nouer autour du cou du inal.idc nn nianfeau de toile cirée ; ou le vclrw. en goiittièr(! pour favoriser l'éconleHient du li- (piidc, et (Ui verse pendant une heure en viron de l'eau glacée sur lalc!«; il y a

'iiieîque avnni;ig<' à jilacti' en même temps le sujet dans un bain tiède, l.orstm'on cesse l'irrigation on a soin d'insister snr les appliea lions chaudes aux exlrémilés , etc. M. Calmeil ne se montre pas partisan de ce moyen , il croit qu'il a donné lieu à des accidens. {Oiiv. cit.)

Les dérivatifs sont assez fréquemment usités en France. A l'exemple de Desault on administre l'émétique en lavage [tartre stlhiè., cinq centigrammes dans une pinte de houillon anx hcrhea ou de tisane); il faudra y renoncer si les voies di- ^eslives sont en mauvais état ; une autre précaution importante à observer, c'est (|ue reinelicpie n'occasionm; pas de vomissemens, car ceux-ci ne pourraient qu'exaspérer l'indammation.

On a encore eu recours aux révulsifs appliqués aux extrémités , tels que sinapisnies , vésicatoires , etc ; (juclques-uns les ont mis sur le cuir chevelu lui-même , ou sur la face (Rostan). M. Calmeil préfère le sétoli à la nu(}ue.

3Icnlionn()ns encore la méthode du contro-stimulus (Brera, 'Jommasini), le calomel à hautes doses (Copland), le colchique , la digitale , etc.

Période de collapsus. Bamollisement ronge , suppuration diffuse , rumollissemenlpultacéoucrèmeux\((lc'i\c^i^n'\{ri\ées, les applications froides deviennent inutiles. Faut il recourir aux stimnlans , anx Ioniques? Cette (jucslion a soulevé de vives discussions , surtout de la part des médecins de l'école physiologique , et il nous semble qu'elle n'a pas ete examinée sous son véritable poini de vue. Personne sans doute ne prétendra qu'il faille administrer les toniques pendant la période de congestion de l'enccplialile; mais lorstjue le malade , épuisé par les émissions sanguines ou par la maladie, succombe pour ainsi dire à la faiblesse , lorsiju'il ne [teut résister au travail de résorption , duipiel dépend sa guéridon, lorscpiil ne peut suffire à l'excitation secrétoiie (pii doit favoriser et activer ce travail, ne sera-t il pas indicpic de soutenir l'économie , et de la maintenir dans certaines limites de force par une alimentation nutritive. Le fer , h' tpiinquina, administrés avec précaution, auraient- ils les elTets incendiaires ou'on leur u alliibués ? nous ne saurions J^mi-

tNCEl^IlALOCKLli

ser. » (Monneret et Fleury , ouv. cit. , p. :>()^.) A cette époque de la maladie on peut encore insister avec succès sur les révulsifs et les exutoires.

Période de paralysie. Ahcès. Celte partie soulevé des discussions fort importantes; mais la nature même du sujet fait de celte question un point de chirurgie qu'on ne peut séparer de l'élude des plaies de tète. Les considérations dans lesquelles

nous devrions entrer nous engagent à renvoyer cette étude à l'article dans lequel il sera question des lésions traumatiques du crâne et des organes qu'il renferme, et de leur traitement, [y. Tête [plaies de], Encéphale^ Trépan.)

2» Encéphalite chronique. «« Lorsqu'on aura lieu de soupçonner qu'il est resté dans le cerveau une altération grave , il faut se hâter d'établir dans le voisinage un ou plusieurs foyers d'inflammation permanente , afin de prévenir des recrudescences toujours imminentes en pareil cas , et de favoriser autant que possible l'absorption. II importe de se rappeler constamment que le retour complet des fonctions n'est pas toujours une preuve incontestable de rinlégrite du cerveau , et qu'il vaut mieux en pareil cas multiplier inutilement les précautions, (jue de laisser le malade exposé aux funestes conséquences qu'entraîneraient inévitablement des rechutes. 11 faut aussi, pour les mêmes motifs, que l'action de ces dérivatifs soit prolongée pendantun temps plus ou moins long.» (Lallemand , ouv. cil.., t. ni, p. 46G.) f^oy. MÉNINGITE, TÊTE [plaics de], etc.

EXCÉPII.ALOCÈLE. On donne ce nom à lissue d'une portion plus ou moins considérable de l'encéphale hors de la boîte crânienne.

Cette espèce de hernie peut se produire (le deux manières diflérentes. 1" L'ossification des os du crâne étant retardée , il en résulte , dans les points correspondans aux sutures et aux fontanelles, un défaut de résistance qui prédispose à la sortie d'une |)ortion de l'encéphale; on donne à cette variété le nom (Vencéphaloccte congénitale. 2" La seconde variété se manifeste après la destruction dune portion des parois du crâne , par une plaie avec perte de substance , par ropéralion du

ENCÉPHALOCELE.

trépan , la carie, etc. : on la nomme e7icéphalocèle accidentelle. (J. Cloquet.) L'histoire de cette dernière variété trouvera place à Tarticle des lésions traumatiques du crâne, [f^. ïète [plaies de].)

Lorsque l'encéphalocèle congénitale est volumineuse , elle est dépourvue en tout ou en partie seulement des tégumens du crâne ; le défaut d'ossification des os de cette boîte est souvent considérable. Dans ces cas, dit M. J. Cloquet (Z)icf. demêd., 2^ édit., XII® vol., p. 6), une grande portion du cerveau se trouve enfermée dans un large sac que forment les membranes allongées, et souvent en partie détruites. Les tégumens n'existent pas , ou sont dépourvus de cheveux et considérablement amincis ; ils forment une membrane rougeâtre, demi-transparente , molle et très facile à déchirer. On trouve au crâne une ouverture plus ou moins large, par laquelle sortait la tumeur. Cette ouverture est ordinairement placée au niveau des sutures ou des fontanelles , plus rarement au milieu d'un des os plats du crâne ; cette dernière cavité est souvent rétrécie et plus ou moins déformée. M. Moreau a présenté à l'Académie de médecine un enfant nouveau-né alîecté d'encéphalocèle du volume d'une grosse châtaigne. La tumeur était située au-dessus de la racine du nez , et paraissait sortir par un écartement des deux pièces du coronal. Dans un cas que j'ai disséqué , la tumeur , du volume du poing , assez étroitement pédiculée , sortait par la fontaurlle postérieure. Les circonvolutions de la portion déplacée du cerveau avaient entièrement disparu, pour former les parois d'une grande ca\ité remplie de sérosité transparente, et qui comumniquait par un canal étroit avec le ventricule gaurhe. L'enfant avait exécuté de faibb'S mouvemçns , et était mort immédiatement a[tres la nai.ssance. En mars 1»4() , M. l'aul Dubois [m:sei\Vd a sa clini(|ue la tète d'un enfant né à la Maternité; raccouchcment avait suivi sans difllculté les phases ordinaires, et s'éiait terminé rapidement; lenlanl mourut bientôt. Ce nouveau-né portait à la partie postérieure de la région occipitaïf! une tumeur ayant environ les deux tiers du volume de la tète. Celte tumeur était pendante en arrière sur le cou j elle cnlruinait

même par son poids la tête de l'enfant, et la maintenait fléchie en arrière : elle était arrondie , sans bosselures ; sa tension n'était pas considérable. La réunion des caractères observés pouvait faire penser que cette tumeur contenait un liquide , et , de plus , qu'il existait une communication entre elle et la cavité crânienne.

Une incision fut pratiquée à la partie postérieure , et donna issue à une assez grande quantité de liquide séro-sanguinolent ; la tumeur s'affaissa aussitôt : les parois du sac avaient à peu près l'épaisseur du péricrâne , et paraissaient formées par ces tissus repoussés et distendus par le liquide, la surface interne offrait un aspect lisse , comme séreux. En examinant cette surface dans tous ses points , on vit que le sac communiquait avec la cavité du crâne au moyen d'une ouverture qui pouvait permettre l'introduction du doigt.

Cette communication avait lieu par suite d'une perte de substance faite sur Tos occipital. M. Dubois dit qu'on observe assez souvent une réunion tardive des premiers noyaux d'ossification de cet os , et qu'il en résulte alors une ouverture parfois assez considérable. Il sait fort bien que la possibilité de cette espèce d'arrêt de développement a été contestée par des anatomistes et plusieurs accoucheurs , entre autres par M. Velpeau ; mais plusieurs faits du genre de celui-ci , qu'il a été à même d'examiner avec beaucoup de soin, l'autorisent à donner cette opinion comme certaine. ( Gazette des hôpitaux , avril 1840. 2» série, t. ii, n^ 43.)

Lorsque la tumeur est moins volumineuse , alors elle est recouverte par les tégumens du crâne , parfois distendus et amincis, mais à un moindre degré que dans le cas précédent.

L'encéi)lialocèIe est ordinairement simple; dans quehiues cas rares, elle existe dans plusieurs points à la fois. Dans la corrc-poiiflance de Nuremberg (année 1755), on trouve un exemi)Ie de deux hernies sur un même sujet. Un malade observé par .M. lîeniKîtl a la Caroline du Sud présentait deux tumeurs de ce genre , dévelop[)ccs au-dessus des apo[>hyses masloïdes. {Gazelle médicale, ann. 4854, p. i'A\7,) La hernie peut exister dans divers points du cranc ; ahisi, rciicéplialocèle observée par

ENCÉPHALOCELE.

M. Moreau existait au-dessus de la racine du nez, entre les deux pièces du coronal. Un homme Agé de trente-trois ans, présenté par Guymot à TAcadémie royale de chirurgie en 1774, portait une encéphalocèle frontale. La tumeur dissé(iuée par 31. Cloquet sortait par la fontanelle postérieure. La malade de Lallement dont nous parlerons présentait une hernie encéphalique à travers une ouverture de l'occipital. (Boyer, Traité des malad. c7ar., t. V, p. 207.) Il en est de même dans les deux cas que nous avons recueillis daprés M. Paul Duhois. Chez les sujets ohservés par Salleneuve {académie de chirurgie) et par M. Bennett, la hernie se faisait par les fontanelles latérales postérieures.

La portion de l'encéphale hcrniée varie ; ainsi, dans le cas de Guymot, la tumeur était nécessairement formée par les lobes antérieurs du cerveau ; il en était de même sur le sujet décrit par ÎM. Moreau. Celui qui fut disséipié par INL J. Cloquet offrait une hernie des lobes postérieurs , les circonvolutions avaient disparu : il en était de môme sur Tun des deux enfans étudiés par M. P. Dubois. Le cerveau sortait chez un enfant opéré par Scheider en 1781. La tète d'un enfant, déposée par ^L Sanson aîné dans les cabinets de la Faculté , présentait le cerveau sorti en entier par la fontanelle postérieure translormée en une ouverture large et arrondie. [Elèmcns de pathol. mcdico-chirurg. , par Roche et Sanson , t. iv.)

Bien que les auteurs n'aient pas été tentés de reunir tous les faits observés, et de les comparer entre eux, il paraiirait que rencéphalocele formée par le cervelet est une des plus communes. Cette manière de voir est cependant contraire à celle de M. J. Clo(iuet , qui dit que la hernie du cervelet est plus rare que renccplialocèle proprement dite. [Ouv. cité, p. 5.) (^)uoi qu'il en soit, tels étaient les faits de M. Uennet, de M. P. Dubois, celui de M. Baffos et de Lallement ; dans ces deux derniers cas, les deux lobes du cervelet étaient contenus dans la tumeur; un enfant observé par Isennamm ollVit égaleineul une hernie du cervelet et de ses membranes à travers le trou occipital. {.Jrch. gén. de fnéd.,t. \\\i).^{)\).){[(\G\'\cn(]vi\H^\\[)c\i\\] de multiplier ces exemples ; disons cepen-

dant que cette dernière variété de procidcnce encéphalique a reçu le nom de parenccphalocl'le.

L'encèphalocele est souvent complétée de riiydropisie du sac herniaire. Adams dit avoir observé cinq cas de ce genre {Gazette médicale, 1855, p. 73); M. Paul Dubois a également vérifié ce fait anatomi(|ue, comme nous l'avons rapporté plus haut, sur un second enfant offrant luie altération de ce genre. Jl y avait également communication entre le sac et la cavité crânienne , au moyen d'une ouverture existant sur l'occipital. La tumeur avait le même volume que la tète de l'enfant, et elle renfermait les lobes postérieurs du cerveau et le cervelet; aussi peuton remarquer sur cette [)ièce un iirand aplatissement de la région frontale. {Gazette des hôpitaux^ loco cil.)

Quoi qu'en ait dit Boyer, la fumeur peut être et est assez fréquemment volumineuse; elle peut aussi débuter sous un polit volume et augmenter progressivement. La tumeur offre pour caractères d'être arrondie, lisse, égale, circonscrite, souvent rétrécieà sa base, ordinairement sans changement de couleur à la peau , peu ou point -douloureuse, agitée par des pulsations isochrones à celles du pouls ; elle est soulevée et offre une augmentation de volume lorsque le sujet fait une forte expiration, lorscpiil crie , tousse ou étennie. Elle est encore non transparente et plus ou moins réductible. La i)ression sur la tumeur donne lieu aux symptômes de la compression de l'encéphale , tels que , assoupissement, paralysie momentariee dans dillérens points du corps , perte des facultés intellectuelles, etc. On s<nt autour de la tunu'ur les bords de l'ouverture du crâne à travers laquelle le cerveau s'est échappé; si, après avoir comprimé la tumeur, on ce>se la compression , elle reprend son volume ordinaire et l'innervation se rétablit. Quand il y a en même temi)s hydrocéphalie, les symptômes sont moins faciles à saisir ; le cerveau est souvent déplissé , aminci ; la tumeur peut être transparente , les baltemeiis sont moins faciles à saisir; la réductil)ilité, la plupart du temps , est impossible. Ce vice de conlonnalion est plus ou moins compatihie av*'c la vie; quand la tumeur est volumineuse au début,

ENCÉPHALOCÈLE.

dépourvue en tout ou en partie des tégumens , les enfans qui en sont porteurs vienne;it morts , ou bien périssent peu de tem[»s a[)rès la naissance. L'enfant observé par M. i^anson vécut quinze beures , et exécula toutes ses fonctions comme un enfant bien conformé. La fille opérée par Lallement était âgée de vingt-trois ans, mais, depuis son enfance, dans un état complet d'idiotie. Nous avons déjà parlé de rhomme de trente-trois ans observé par Càuymot : il n'avait jamais éprouvé le moindre dérangement dans ses fonctions intellectuelles. La fille négresse dont 1\1. Bennett nous a transmis Tobservalion était très emportée, et, depuis Tàge de onze ans J!isqu'à celiii de dix-sept , époque de sa mort, se livra au libertinage et à la masturbation. Elle mourut presque subitement après avoir porté sur la tète un large baquet plein d'eau.

L'encépjjalocèle, dont le diagnostic devient plus simple par les progrès de Tobservalion et de l'anatomie pathologique , a été confondue avec Vliydrencéplialocèle ; mais c'est surtout avec les tumeurs sanguines , décrites avec soin seulement depuis quebjues années , et connues maintenant sous les noms de cœphalématomes , que les auteurs anciens Tout fréquemment confondue. (^. ce mot.) On a pu même prendre cette tumeur pour une loupe , comme le prouve l'opération tentée par Lallement sur l'idiote que nous avons déjà citée. M. Balfos a observé un cas analogue, et, sans l'enseignement qu'il lira du fait de Lallement, il serait tomLé dans une semblable erreur.

TnAiTrvMENT. 1° (Compression. Lorsque rcncéplialocèle congénitale est recouverte par le-) tégumens du ciàne , on a pensé (pi'on pouvait avoir recours ta une dojjce pression. Salleneuve a communique à l'Acadénue de chirurgie une observation qui tend à prouver qu'une tumeur, considérée comme une hernie congénitale du cerveau , de la grosseur d'un petit «eiif de poule , et placée vers l'angle postérieur et inférieur (hi pariétal , compritnée pir un(t plaque de plomb , diminua peu a peu d(; volume et disparut entièrement Callisen <lit (pie huit f(jis il éj»rouva les bons edels de ce moyen, miis il n'est pas p;*ou\e qu'il n'eût pas ullaire a des bosses sangui-

nes. Ce moyen pourrait peut-être convenir dans le but d'empêcher un plus grand développement lorsque la tumeur est peu volumineuse et reconnue de bonne heure ; mais il ne faut pas oublier qu'il n'est pas toujours supporté par le sujet, et que des accidens peuvent en résulter.

2° Ponction. Adams dit avoir guéri deux malades atteints d'encéphalocèle compliquée de hernie. [Loco cit.) « On ne doit guère espérer de succès réels par cette méthode, car , appliquée à l'hydrocéphale et à Thydro-rachis , elle compte de nombreux acr-idens. » (J. Cloquet.)

50 Liijature. On a encore essayé ce moyen : M. Dézeimeris a réuni la plupart des observations de ce genre et a constaté que presque toujours l'opération avait entraîné des accidens et la mort. [Expérience, 1857, n» 8.) Une encéphalocèle pédiculée fut liée par Scheider en 1781 ; au moment de la constriction du fil . l'enfant poussa des cris; une fois le nœud fixé, il devint calme; le onzième jour, les parens remarquèrent que l'enfant était faible; dans la soirée , il survint des convulsions dans le visage et dans les membres. Quelques heures après , Penfant expira. Une portion considérable du cerveau était contenue dans la tumeur et comprise par la ligature.

40 Incision. La jeune fille morte à dixsept ans fut opérée par M. Bennett lorsqu'elle avait quatre mois. Une fois le sac ouvert , voyant qu'il avait affaire au cerveau, ce médecin rapprocha les lèvres de la plaie, et, heureusement, sa malade guérit en six ou huit semaines. Là , il y eut opération par erreur de diagnostic ; mais on incisa plusieurs autres fois des tumeurs de ce genre avec connaissance de cause , et cha(iue fois les malades moururent.

M. Dézeimeris a rapporté plusieurs de ces faits dans le mémoire (pie nous avons cité. Une seule malade guérit, mais ce cas est f)eut-être apocryphe. D'ailleurs, dit M. Dézeimeris , « je ne crois [)as (pie ce succès , opposé aux autres cas , soit assez décisif pour faire ado[)ter l'opération. Dans le cas dont il s'agit , on n'aurait porl(! h; couteau sur la tinneur (pjc parce (ju'on ignorait co qu'elle contenait. On s'arrêta (|uand ou fui arrive a la jxution liernie(! du cerveau. >» [Mèm. cité.) On a encore contre ce pro-

ENTÉRITE

cédé l'exemple deLaîlement, qui s'arrêta en arrivant sur la dure-mère ; la malade n'en mourut pas moins le huitième jour. En un mot, quel (pie soit le procédé mis en usage , les malades courront des dangers réels , et la cure radicale sera toujours, selon les apparences , très difficile , sinon impossible à obtenir.

l':XCLAVt:AIEI\T. Peu est le premier accoucheur qui ait consacré le nom de tête enclavée. Désormeaux désigne sous ce nom : « la situation de la tète du fœtus qui se trouve sériée entre les os du bassin comme la clef d'une voûte entre les voussoirs. » {Répertoire général de méd.^ t. xn, p. 6.)

Ce qui a été dit aux mots Bassin, Dys- TOCiE, Fœtus, nous dispense de revenir ici sur celte cause d'accouchement laborieux, {r. aussi Gastro-uystéhotomie, Forceps [application du] , etc.)

E\^TÉRITE. Quelque précise que paraisse au premier abord la signiticalion de ce mot, les auteurs ne sont cependant pas parfaitement d'accord sur sa valeur pathologique. Dérive de evrspov, intestin, il exprime, pour (juelques-uns, l'inllammatiou générale du conduit inlestiiial ; pour les autres , au contraire , il doit être spécialement réservé pour rinflammation de la membrane muqueuse de ce conduit.

Suivant les premiers, « rentérile se présente sous des formes varices qui dépendent principalement sans doute de l'étendue de rinflammation en surface et en piofondeur. Les phis importantes sont la diarrhée, la dysenterie et l'entérite phlegmoneuse. La première est généralement hornée à la meuibrane muqueuse, la seconde est regardée par quelques-uns comme s'élendant aux fibres musculaires de l'intestin. La troisième allécte toutes les tuniques , la péritonéale elle-même. » (Chomel, Dict. de mcd.^ t. viii, p. 114.) Suivant les seconds , renlerile serait une îilfection dont la diarrhée ne serait, à proprement parler , qu'iui symptôme , et la dysenterie une forme spéciale particulièrement caractérisée par l'excrétion douloureuse de matières muqueuses vitrées, plus ou moins mélangées de sang. (^. les mots DiAiiRULE et Uvse.nterie de ce IHciionnairc.) Enfin, une étude approfondie des symp-

tômes de cette maladie , et les recherches minutieuses d'anatomie pathologique auxquelles on s'est livré avec tant de succès dans ces derniers temps , ayant démontré que, même bornée à sa mui[ueuse, elle dilïérait suivant la portion du tube intestinal qu'elle alfectait , on a admis que le mot entérite devait s'appliquer « presque exclusivement à linllammation de la membrane mufjueuse des intestins grêles, car on désigne [)lus particulièrement par celui de colite la phlegmasie de la membrane interne de l'intestin colon. » Roche, Dict. de nu'd. et de chir. prat., t. vn, p. 291.)

Comme l'inflammation de la totalité des tuniques intestinales ne comporte évidemment pas toujours celte foule de phénomènes qui résultent de l'altération isolée de la muqueuse, et que cette <lernière nollVe pas constamment non j)lus les symptômes aigus qui accompagnent la première , nous pensons qu'il est conforme à des vues pratiques bien entendues de comprendre par le mot entérite une inflammation intestinale (pielcompie , et de la diviser en l'hlegmoneuse ou profonde et en muqueuse ou superficielle.

Entérite phlcgmoncuse. Cette affection n'est pas commune. IN'occupant pres(|ue j.imais une portion considérable du conduit intestinal, elle est généralement bornée à une étendue comprise entre quelques pouces et un pied, et peut affecter aussi bien les gros intestins que les intestins grêles. Elle reconnaît presque toujours des causes ap[)reciables, comme une contusion ou une pression violente sur le ventre, riutroduction de substances vénéneuses dans les voies digestives, l'étranglement d'une anse intestinale dans un sac herniaire, une intussusception , l'occlusion du tube digestif par un corps étranger,ou une tumeur quelconque qui le comprime en dedans ou en dehors.

Elle débute (juehpjcfois subitement par un frisson et une douleur fixe dans un point du ventre; mais le plus ordinairement son invasion est lente et précédée de phénomènes qui dénolent la rétention des matières fécales dans les intestins , tels que la constipation, l'augmentation progressive de r.ibdomen , l'amertume de la bouche , la i)erte de rapi»etit. Le malade se plaint d'abord d'une douleur fixe , per-

ENTÉRITE

manente , surtout dans les régions iliaque droite ou ombilicale , et qui augmente par la pression. La région malade, explorée attentivement, offre sous les doigts une rénitence sourde, ou une tuméfaction distincte au milieu et autour de laquelle se font sentir er, entendre de fréquens borborygmes. A mesure que le mal fait des progrès, la douleur augmente et va jusqu'à arracher des gémisseraens et des cris , et il survient des éructations, des vents et des vomissemens successivement alimentaires, bilieux et stercoraux, tantôt avec constipation opiniâtre , tantôt avec déjection par l'anus de matières mu(iueuses et sanguinolentes.

« Au milieu de ces phénomènes, la face porte l'impression de la douleur et de l'effroi; le malade est couché sur le dos, le thorax ordinairement élevé pour vomir plus facilement; tantôt il se lient dans une immobilité complète, qui n'est interrompue que par les secousses du vomissement; tantôt il se jette fréquemment de côté et d'autre pour chercher dans une nouvelle position quelque allégement à l'anxiété qu'il éprouve. La respiration est gênée par la douleur qui accompagne l'abaissement du diaphragme ; le pouls est fréquent , serré , la chaleur peu élevée ou même diminuée, la prostration des forces considérable, les facultés intellectuelles, conservées dans la plus grande [lartie du cours de celte affection , sont troublées quehiutfois dans les dernières heures , ou même dans les (limiers jours de l'existence. « (Chomel , Diciionn. cité, pag.

La mort n'est cependant pis le résultat inévitable de Tentérite [)lilegmoneuse , même lorsciu'elle dc[)end d'un étranglement inférieur ou d'une invagination ; la portion d'intestin gangrenée a (picbpjr'fois été séparée et rendue [)ar l'anus sans qu'il en soit résulté ni épanchemfnt de matières fécales dans le péritoine, ni aïKMin accident redoutable. Mais ces cas , d'une heureuse terminaison , sont rares , et l'issue funeste est annoncée par la cessalion de la douleur et des vomissemens, la décomposition des traits, la pâleur caflavérique de la face , le refroidissjMrifnt du corps , la faiblesse et la disparition du pouls.

Quant à l'autopsie cadavérique, elle fait voir dans l'abdomen un espace plus ou moins étendu, dans lequel les intestins agglomérés forment une masse distincte du reste par sa couleur violacée et sa consistance. Des fausses membranes blanchâtres les recouvrent en partie, et le plus ordinairement le péritoine a contracté avec les parties voisines des adhérences plus ou moins intimes. Les tuniques muqueuse et celluleuse offrent un épaissement remarquable et une rougeur inaccoutumée.

La cavité de l'intestin contient souvent des mucosités sanguinolentes , sa surfa'ce est parsemée de taches grisâtres, indice d'un état gangreneux qui , en perforant l'intestin , a quelquefois occasionné un épanchement de matières dans l'abdomen, et une péritonite.

Dans le cas d'occlusion, la portion d'intestin comprise entre l'estomac et la tumeur est énormément dilatée, tandis que celle qui est comprise entre la tumeur et l'anus est au contraire resserrée sur ellemême. Un examen attentif de la partie malade fait souvent reconnaître un étranglement produit par un anneau, une bride , une position vicieuse des intestins grêles contournés plusieurs fois sur euxméoies, leur invagination , surtout à leur réunion avec le gros intestin.

Le diagnostic; de l'entérite générale est ordinairement facile à établir; la péritonite, surtout quand elle est bornée â quelques points, peut bien produire des symptômes à peu près semblables, mais jamais on n'observe dans ce dernier cas, ni l'intumescence consécutive de tout le ventre, ni l'excrétion de mucus sanguinolent, ni les signes d'occlusion des intestins. Le pronostic est le plus souvent fâcheux.

« Le traitement est établi sur les mêmes bases (jue celui des autres phlegmasies, et offre les mêmes indications. Le repos absolu du corps et de l'esprit, l'abstinence conq)lete cralimens solides, l'éloignement de toute [)ression sur les parties affectées, l'emploi des évacuations sanguines et des boissons adoucissanH's sont les principaux moyens qu'on o[)pose. On y joint l'usage des fomenlalions éinollienles , des lavcmens muc.ila^,'ineux , le decubitus sur le dos, et (juclques autres moyens subordonnés aux causes spéciales de la maladie.

384 ENTÉRITE

Les saignées doivent être employées avec plus d'énergie dans celle innammation que dans la diarrhée et la dysenierie (jiii sont aussi des entérites. On doit les faire aussi abondantes et les répéter autant de Uns (pje rindique rintensilé de rinllainniation et que le permettent les forces du sujet. » (Chomel, Dict. ci7.,p. 119.)

On a quel(iuefois aussi employé avec succès les préparations opiacées ; mais on est forcé de reconnaître qu'elles n'ont un «'llet avantageux (jue dans les cas où l'intensité des douleurs est extrétne. Les purgatifs sont aussi indi(piés toutes les fois (pjil y a de la constipation, et qu'elle est indépendante d'un obstacle insurmontal)le au cours des matières ; s'il y a engouement de (juelque portion intestinale, un purgatif peut 'alors produire un bien très manjué. On a aussi, dans plusieurs cas d'occluiïion des intestins, applicjué avec avantai;c de la glace sur le ventre, et même administré des lavcnens d'eau glacée. Ces moyens conviendraient particulièrement lors(pie l'entérite résulterait d'un étranglement intérieur. Lnfin, nous avons vu les frictions mercnrielles li.àter la résolution de la maladie, et ra[)i)lication de quebjues vésicatoires volans déterminer sur la peau une révulsion favorable. Mais, dans tous les cas, une fois la convalescence déclarée, la diète et le repos absolus sont indispensables pour prévenir les rechutes.

Enièrilc muqueuse. Des trois membranes (jui forment le tissu propre des int»^•^lins, la nuKiueuse est sans contredit la jjIus susceptible de s'enflammer; et cette inllammation peut se |)iesenter sous les formes aiguë ou chroni(|ue, continue ou intermittente. « IMais, indépendamment des dill'erences qu'elle présente dans ces divers états, et des modilicalions (juc lui imprimei.t aussi les tem[)eramens, les saisons et les climats, elle se montre sous deux formes bien distinctes, suivant (ju'ellr affecte phis spécialement tel élément de la membrane muqueuse intestinale que tel autre, m (Hoche, Diclion. cit.^ t. ^u, p. 'l'M .)

On sait en effet, qu'outre le tissu cellulaire, les nerfs et les vai.sseaux sanguins qui entrent dans la texture de celle meuibrane et forment en cpiehpie sorle son ca-

nevas, elle contient un grand amas de petits organes de deux espèces particulières; les uns, composés de filets nerveux 1res déliés et de vaisseaux sanguins très lins, ont la forme de petites houppes, se gonflent, rougissent au contact des stimulans, et paraissent être le siège principal de l'irritabilité de la membrane; on les nomme villosités. Les autres sont de petits sacs qui s'ouvrent à sa surface et dont la fonction est de sécréter le fluide connu sous le nom de mucus , <iui la lubrifie incessamment sous l'influence de l'excitation qu'ils reçoivent ùc:^ villosilés. On les appelle follicules, cryptes^ glandes mucipnrcs^ ghndes de Peyer, de Brunner.

C'est aux observateurs de notre époque, mais surtout aux recherches de M!\L P.retonneau (/"rai/ 6' ^6' la diphlhèrile ; Paris , 1821*)), (jcndrin {IJistoire analomiqiie des in/îammalUms, IS^ô), Scouletten {Journal compl. des se. méd., 1827 et 1828), Houillaud {Traité cliniq. et cxpérimvnt. des (Hures dit. essent , 1826), Louis {/icchcrches siir la gastro-entérite, 1829), etc., que nous sommes redevables de savoir (pje les deux séries d'organes que nous venons d'indi(pier peuvent s'enflammer isolément sous l'influence de causes spéciales, et donner lieu ainsi à deux groupes bien distincts de symptômes qui sont devemis la base de la division de la phlegmasie de la muqueuse intestinale en entérite villeuse et entérite folliculeuse. On en admet même une troisième espèce, (jui lire .«ou nom d'un de ses caractères consécutifs, c'est Wntérite pseudo-membraneuse. Examinofis-les successivement.

1" L'intérite vitlcwe affecte indistinctement les individus de tout âge et les deux sexes, mais particulièrement les lemperaniens nerveux et irritables, et se développe nécess.jirement sous l'influence des cau.ses «pii excitent vivement la sensibilité de la mucpieuse intestinale. Les alimens fortement épiées, les salaisons, l'abus des acides, desalcooli(|ues, l'ingestion de substances acres, vénéneuses, ou corrosives, des boissons glacées, une alimentation trop abondante en sont les causes les phis hahitiielles. Klle est quelquefois aussi reffet sympathique d'iuie affection éloignée ou U résultat de la repercussion

ENTÉRITE

d'une dartre, de la suppression d'une évacuation habituelle ou de la transpiration des pieds, etc.

Les symptômes varient suivant le degré d'intensité et suivant qu'elle est aiguë ou chronique. « Al'etataigu, etdans un degré moyen d'intensité, elle se manifeste ordinairement par les symptômes suivans :

l'abdomen est tendu, gonflé etballonné; les parois en sont plus chaudes que la peau du reste du corps; quelquefois une douleur sourde et profonde se fait ressentir à la pression dans la fosse iliaque droite; mais ce signe appartient plus spécialement à l'entérite foUiculeuse (et à l'entérite phlegmoneuse),et dans celle qui nous occupe, il est plus ordinaire que le ventre soit indolent à la pression. Le malade éprouve des coli(|ues plus ou moins fortes que l'ingestion des boissons froides réveille ordinairement. Elh s sont ordinairement exaspérées par les substances alimentaires et surtout par celles qui sont tirées du règne animal, telles que le bouillon, par exemple; rarement la diarrhée les accompagne; elles déterminent un brisement extrême des forces musculaires, en môme temps une sensation de chaleur intense existe dans les intestins; la constipation est opiniâtre et seulement interrompue quelquefois par une diarrhée bilieuse de courte durée , presque toujours les malades rendent beaucoup de vent.><. Quelques borborygmes précédent toujours la diarrhée bilieuse passagère dont nous venons de parler, les urines sont, en général, peu abondantes, rouges et sédimenteuses. » (Roche, I)ict. cit., p. 294.)

Si à ces symptômes locaux nous joignons la sécheresse et l'aridité (ht la peau, l'état blanc ou jaune de la langue à sou centre , sa rongeur à ses bords et à sa pointe, une Boif vive, une ina[»pétenee complète, un aspect jaune du pourtour des lèvres et des ailes du ne/., petitesse et accélération du [louls quand il y a diarrhée, dureté et plénitude (pi;tn>l il y a ronsiipation, nous aurons le Inhleau de cette première nuanc(î de l'entérite villeusc (|ue les auteurs décrivent sous les nomsdcm^^/r/Y/x intestinal timple et Rembarras inttslinal bilieux.

I.a maladie i»ren(l-el!e une plus grande intensité, elle s'accompagne desymplômes

plus graves, dont l'ensemble atteste surtout une vive réaction vers le cerveau, comme de l'anxiété, de l'oppression , des soubresauts dans les tendons, une agitation continuelle, une céphalalgie, de l'insomnie et même du délire , ou des convulsions chez les enfans. C'est cette autre nuance que l'on a long-temps confondue sous les noms de fièvre maligne , nerveuse., cérébrale^ alaxique, avec les inflammations du cerveau ou de ses enveloppes, qui portent en effet de fréquentes traces de son passage.

Lorsque l'entérite villeuse n'est pas- le résultat d'une cause énergique, elle débute rarement d'une manière subite et violente; sa marche n'est jamais rapide non plus, excepté quand elle est produite par des substances vénéneuses ou qu'elle s'accompagne de symptômes cérébraux. Son pronostic est généralement favorable, surtout quand elle ne règne pas épidémiquement; mais elle passe assez aisément à l'état chronique. Chez les enfans, elle s'accompagne presque toujours de diarrhée glaireuse ou verdàtre et détermine quelquefois l'engorgement inflammatoire des ganglions méseniériques, connu sous le nom de carreau. (/^oy.cemot.) Enfin les altérations pathologiques qu'elle détermine varient suivant que les malades ont succombé à l'état aigu ou à l'état chroni(]ue. Dans le premier cas, on trouve la muqueuse intestinale rouge, injectée , quelquefois épaissie , friable et s'enlevant par larges plaques rouges épaisses et saignantes ; les valvules conniventes sont plus développées, les villosités rouges, gonflées et saillantes ; dans le second cas, la membrane est plutôt brune que rouge, les villosités violacées ou même noirâtres. Si la maladie a été longue, la muipieuse est souvent érodée et i)arsemée d'ulcérations à fond bleuâtre et entourée d'une auréole rouge.

« Quand «-ette maladie est peu intense, et ne provocpje (ju'une faible accélération du pouls , il sullit ordinairement pi)ur la dissiper de (piehpies joius de diele , do l'usage de boisions froides, gonun(.'Uses ou mucilagineuses , de cataplasmi's et lavemens éinolliens. IMais, lorscpTelle es! plus vive, il faut y joindre nécessairement l'emploi des saignées locales aulourde l'ombilic (!l dans les (lanes. I.es l)oi*»s(Uis acidulés nui.?ent [iresiiue toujours dans cette forme

ENTORSE

de rentérite. On retire an contraire d'assez bons effets en général de l'emploi de quelques narcotiques à doses fraclioiinées. Il faut s'en abstenir cependant quand l'inflammation est très intense , et surtout quand elle réagit sur l'encéphale ; ils nuisent alors plus fréquemment qu'ils ne sont utiles. » (Roche, Dict. cit., p. 298.) Lorsque la maladie s'amende sous rinflucnce de ces moyens et que le besoin d'alimens se fait senlir, on doit les choisir paruii ks substances qui ne laissent que peu ou point de résidu excrémentitiel, comme le lait, le sucre, les fécules, la gélatine, les bouillons de poulet, etc. Les frictions sèches sur la peau, les vétemens de laine, l'exercice modéré, Ihabitaiion de la campagne sont aussi fort utiles dans ce cas.

2"* Ventérite foUiculeusc conslilue une afl'ection parliculière qui s'accompagne d'une série de symptômes dont la véritable cause a long-temps é(ha[)pé , et que MM. Petit et Serres [Traite de la fièvre enter o-mèsenterique, Parig, lsi5) ont les premiers rapportée à une lésion de la muqueuse intestinale. Elle formait la ftècre putride ou typhoide des anciens, \:\ fièvre muqueuse (h lUivIerer et Wagler, Vadcnoifiénin(/cei\GV\ne]\cii6\\dL(jaslro entérite aOijnamiquc de Broussais, la fièvre typ/to)d6' de I\L\L Louis et Chôme!, la doihinenlerite de M.;Hretonneati, Vilèo-dyclidite de M. IJally. {/^. Typhoïde [fièvre].)

5° « H existe une autre forme d'enlérite qui , bien qu'elle ne se rapporte pas à l'espèce folliculeuse, mérite d'éire rai)prochée des précédentes avec lesquelles elle a beaucoup d'analogie sous le point de vne clini(iue; c'est renlerife pseudo-membraneuse, dans laquelle une portion plus ou moins étendue de la (in de rniteslin grêle et de la portion voi.sine du gros intestin, est enduite d'une matière caséiforme, très adhérente, d'un blanc-jaunàtre , plus ou n)oins morcelée, (pii forme à chacjue pa|)ille une gaine incomplète; sous elle la membrane muqueuse est d'un rouge fonce. )) (Cruveilhier, yinat.pa'h. du corps hum.^ septième liv.)

L'histoire de cotte variété de l'entérite est loin d'être aussi comi)lète que celle des deux variétés rpii précèdent. Malgré les recherches de ^IM. Hrctonneati, Louis, Guersant, Guibcrt,Gendrin, tout ce qu'on

sait à son égard se réduit à des détails encore assez peu précis d'anatomie pathologique, et à des faits incomplètement observés d'expulsion par les selles de débris plus ou moins étendus de fausses membranes, mais « on ignore quelles en sont les causes, si toutefois elle en a de spéciales ; on ne lui connaît pas de symptômes particuliers, enfm on ne possède aucune donnée sur le traitement (ju^il conviendrait de lui opposer. On a remarque seulement qu'elle se montre rarement isolée , et que presque toujours, quand oii l'observe, elle accom[)agne l'angine coucnneuse ou le croup. » (Roche, dict. cit., p. 311.) Ne serait-cp pas dans cette variété, ajouteronsnous, que h i purgatifs auraient du succès, par la tendance qu'ils pourraient avoir à débarrasser l'intestin du produit de sa sécrétion morbide?

E\T()liSE (de intorquere ^ tordre, fonriicr de travers}. Lorsqu'une articulation éprouve un mouvement forcé qui porte ses surfaces au delà de leurs limites naturelles, ou bien dans une fausse direction, il s'opère un déplacement momentané des surfaces articulaires : on a donné à celle lésion le nom iV e)it orse ; c'est donc, [)our ainsi dire, un premier degré delà luxation. Ce mot est remplacé par celui de diastdsis , quand on veut désigner reloignement latéral de deux os longs articulés entre eux par les points correspondans de leurs extréuiites, certains os du bassin, le tibia et le péroné, par exemple.

'Joules les articulations ne sont pas également exposées aux entorses. Celles qui jouissent d'une grande mobilité, par suite de la liixation de leurs moyens d'union, telles que les articulations orbiculaires , sont plus rarement atteintes que celles dont les mouvemens sont peu nombreux ou bornés , les ligamens serrés, et qui ont des résistances assez grandes à éprouver : la plupart des ariiculalions ginglymoïdales sont dans ce cas. Certaines de ces articulations , ont même soutenu quelques chirurgiens modernes , ne peuvent jamais se luxer complètement; mais , en revanche , leur entorse est très fréciuente. Au premier rang , sous le point de vue de la fréquence , se place l'articulation tibiotarsienne puis celle du poignet, les articulation ^des 03 du tarse entre eux , c«l-

ENTORSE

les du genou , du coude et des doigts ; enfin , rarticulation coxo-fémorale : on a même observé l'entorse des articulations intervertébrales.

« Les entorses peuvent être produites par les contractions violentes des muscles, comme on le voit quelquefois après des efforts pour le poignet , le genou , la colonne vertébrale. Le plus ordinairement, elles reconnaissent pour cause une violence extérieure , qui a forcé les mouvemens de l'articulation ou leur a donné une fausse direction. On voit souvent les entorses arriver au poignet après une chute sur les mains, lorsque l'articulation radiocarpienne a été portée dans une extension ou une flexion forcée, et que ses ligamens antérieurs ou postérieurs ont été allongés ou rompus par Técartement que les extrémités articulaires des os éprouvent dans ces cas. L'entorse de la colonne vertébrale est plus souvent la suite d'un mouvement violent de torsion de cette partie, ou bien d'un effort considérable fait pour soulever un fardeau pesant. L'entorse de l'articulation coxo-fémorale s'observe après des chutes dans lesquelles les cuisses ont été fortement écartées Tune de l'autre; celle du genou très ordinairement quand une violence a été portée contre la partie externe de l'articulation, ou lorsque, dans une chute , la jambe a été portée en dedans , de manière à augmenter l'angle saillant que forment en dedans le fcmur et le tibia à leur rencontre. Aussi , c'est presque toujours sur la partie interne de l'articulation que porte le désordre , bien que la force extérieure ait agi sur la partie externe. » !'J. Cloquet, Dict. de méd., 2' édit., t. XII, p. 55.)

Tous les auteurs s'accordent pour signaler In fréquf;nrf; plus grande de l'entorse de l'arliculation tihio-tarsienne. M. J. Cloquet explique ce fait par les ellbrts qu'elle e«t continuellement obIi;:ée de supporter dans la marclic et dans la station, par la dis[>osition du pied, dont le bord interne est relevé et distant du sol , de sorte; qu'il ne peut être abaissé sans que Tarlieulalion tibio-larsicnne ou les articulations tarsiennes elles-mêmes ne se tournent en dedans. 11 suflit même, pour (pie cet accident se I)roduise , dune chute violente s>ir les pieds » d'un faux pa.s. L'entorse peut arri-

ver après la torsion du pied, soit en dedans, soit en dehors; dans ces cas, les ligamens latéraux, soit internes, soit externes , supportent la distension. Dans d'autres circonstances, au contraire, ce sont les ligamens antérieurs ou postérieurs qui sont distendus , ainsi dans une chute en arrière , la pointe du pied étant retenue , ou bien dans une chute en avant , la partie antérieure du pied étant seule ap* puyée et maintenue.

Le développement vicieux des articulations prédispose aux entorses : ainsi j les sujets scrofuleux présentent souvent cet accident ; les os , en effet , ayant été gonflés, surtout vers leurs extrémités pendant le premier âge , les ligamens ont été distendus, et les articulations restent mobiles et relâchées. Pour le pied, par exemple, cet état des os dispose à l'enfoncement de la voûte tarsienne , vice de conformation connu sous le nom de pieds plats , et il est de notoriété que les individus affectés de cette disposition sont très sujets aux entorses tibio-tarsiennes et tarsiennes, et que, chez eux, cet accident se reproduit même plusieurs fois de suite dans la même articulation. On a encore considéré la goutte et le rhumatisme comme étant des causes prédisposantes de l'entorse.

Sous le point de vue anatomi(|ue , les ligamens ont seulement éprouvé un allongement dans les entorses légères ; mais, lorsqu'elles sont violentes, toutes les bandelettes fibreuses de l'article peuvent être rompues, la capsule synoviale ouverte, les cartilages articulaires contusionnés, les muscles, les tendons , les vaisseaux voisins peuvent être distendus, lacérés, rompus même. Il y a , comme on le pense bien , une foule de nuances intermédiaires aux deux états que nous venons de signaler.

Lois(jue l'accident se produit , le sujet éprouve toujours une douleur vive , mais dont la violence peut être telhi , que dans fpjehjues ciieonslanees elle donne lieu à lasynco|)e.l'res(jue aussitôt il se produit un léger gonflement; les mouvemens de l'articulation neKontcependanl[)as'plusdi(lieil<>s que dans l'état ordinaire, <iu(;l(piefois mémo on remarque le contraire , par suite de la rupture de (juehpies li;.^lmens ; mais <*ette disposition (liu'(; p(Mi de t(;mps , ))eu à peu les mouvemens dcvicinieut plus diiUcilcs,

ENTORSE

plus clonloumix ; rarliciiîation devient chaude , sensil)le , elle se tuméfie , et parfois le gondenieut de\ient considérable ; des ecchymoses j)his ou moins étendues apparaissent au pourtour de rarliclc , et tous les symptômes d'une vive réaction inllammaloire se manifestent. 11 faut alors éviter d'imprimer à la partie lésée le moindre mouvement qui pourrait augmenter les dou'eurs et rendre Tinflammation [)lus intense.

M. Sanson a indiqué une particularité que présente Tecchymose dans les entorses des articulations gingiymoïdales. Elle ne se inanifes:e [)as seulement du eùlé (pii correspond aux ligamens (jui ont été tirailles, mais encore du côté opposé. Ainsi dans l'entorse qui résulte d'une forte abduction du pied, ce sontlesligamens internes qui supportent les tractions et qui sont quelquefois rompus ; néanmoins dans ce cas, outre recchymose existant du côte de la malléole interne, il s'en produit une autre au-dessous de la malléole externe, parce que, par suite du renversement du [lied , cette malléole va toucher le calcanéum, et les parties molles intermédiaires sont refoulées ou contuses. C'est une cause analogue qui occasionne qiiehiuefois la formation d'une ecchymose sur la face dorsale du poignet après une chute sur la paume de la main , (pii par consécjuent a dû produire la rupture des ligamens antérieurs du i)oignet , et donner lieu à l'épanchement sanguin d'abord dans ce lieu. (^)uand l'entorse produite par un coup porte sur une grande articulation comme le genou , on constate une crépitation [)articulicre , qui est due à la présence du sang épanché dans le tis«.u cellulaire , tache qui entoure l'articulaîion et «jui par la pression fait éprouver le bruit particulier d'une bonle de neige qu'on voudrait écraser. Ajoutez aux signes indi^pies , et surtout à la liberté des mouvemens, l'absence de loiue dilforniite , de toute altération manifeste dans les rapports naturels de l'os , et on aura le diagnostic de l'entorse. (Yidal.)

" Sûus le point de vue du pronostic , l'entorse légère est peu dangereuse ; après un certain temps la douleur diminue insensiblement , le gonflement se dissipe ,

l'ecchymose se résout , les mouvemens se rétaî)Iissent peu à peu, et bientôt l'articulation revient à son état naturel. Quand la maladie est plus intense , qu'elle dépend d'un elTorl violent et qu'elle a lieu dans une articulation serrée et entourée de forts ligamens, les accidcns sont bien plus graves et plus lents à se dissiper. Parfois l'articulation reste plus faible , ce qui la dispose à éprouver de nouveau le même accident , ou bien elle contracte une raideur qui rend les mouvemens ditliciles et gène les fonctions du membre. Cette raideur ne se dissipe ordinairement qu'après un temps fort long , elle peut même durer toute la vie. Les entorses peuvent avoir des conséquences très fâcheuses dans le cas où le traitement a été mal dirigé, ou lorsque les malades , peu dociles aux conseils do leurs chirurgiens, ont voulu se servir de l'articidation avant la cessation des accidens inflammatoires. Dans ces cas, les symptômes locaux , après avoir diminué , restent stalioiuiaires , ou jirennent un nouvel accroissement , de manière que la maladie, au lieu de guérir en un mois, six semaines, peut se prolonger pendant plusiein's mois et même pendant plusieurs années. Il n'est pas raie de voir la douleur et l'engorgement augmenter graduellement , la sup[)uratiori s'emparer de l'intérieur de l'articulation, déterminer le ramollissement des cartilages, la carie des os, etc. » (J. Cloiiuei, loco citalo , p. 58.)

Il n'est pas nécessaire pour la production de ces accidens graves (jue les malades soient atteints de (jucique diathèse ou mal constitués , il est d'observation (pje les sujets dans les meilleures conditions de santé, qui commettent des im[)rudence^,'jui fatiguent l'articulation malade, peuvent voir les parties s'engorger pour très longtemps. Quoi qu'il en soit, ces complications fâcheuses sont plus conununes sur les sujets scrofuleux , rhumatisans , cachectiques , et frèipiemment on a vu l'entorse déterminant sur une articulation un point d'u-ritation donner lieu chez eux à des tumeurs blanches trop souvent incurables.

Les indications (pie le chirurgien se propose dans le traitement de l'entorse sont les suivantes : 1» prévenir le gon-

ENTORSE

KSd

flement et le combattre lorsqu'on n\i pu rempêcher; 2° favoriser la cicatrisalion des parties fibreuses qui ont élé tiraillées ou rompues; 5° surveiller Tétat de Farticulation , et lui rendre sa force et ses mouvemens.

Un des moyens les plus anciennement et les plus avantageusement employés pour prévenir l'engorgement des parties après l'entorse, c'est rimmersion de la partie malade dans l'eau froide; autant que possible on l'emploie à un degré de température fort bas, et ou la renouveile souvent. On peut encore augmenter l'effet sédatif et résolutif de l'eau froide en y ajoutant 8 grammes d'acétate de plomb par pinfe. Il ne faut pas oublier que cette immersion du membre dans Teau doit être continuée pendant buit ou dix heures au moins, sans quoi, au lieu d'empêcher l'afflux des liquides, on le favorise en provoquant une réaction vive, et surtout rapide quand les réfrigérans n'ont pas éîé employés pendant un espace de temps suffisant. Quand le membre est retiré de l'eau, on continue factiou du liquide en le couvrant avec des compresses imbibées que l'on renouvelle de temps en temps.

Ce moyen ne peut cependant être employé sans imprudence chez tous les sujets. Il f.uit tarder pour l'employer chez les personnes dont le corps est baigné de sueur. On ne peut y avoir recours sur les femmes qui sont à l'époque de leurs règles, chrz les i)liihisiques , chez les individus qui ont la poitrine délirate.

Quand l'rntorse est très violente, ou que déjà un gonflement infl;urunaloire considérahle est survenu, il f.iui renoncer aux résolutifs et aux répenussifs :ils seraitiil plus nuisd)!es (pTutiles. Ils ne peuvent en effet faire avorter rinllauimatiou , ils sont inrap.ibles de modérer la douleur. M. .1. Cloquel et beaucoup de praticiens con- .seillent d'avoir de suite recours au Iraiic;in< nt auli-plilogi:'li(pic général et local; ainsi on pratique au malade des saignées phrs ou moins ahondintes, selon sou âge, 8a force, rinlensilé des synq»tômes in- (lammatoiies ; ou couvre de sangsurs l'.irlicui.itiou linnefice , et on lai-si; h; s.ing couler peiid.ui!. plusieurs heures. « Nous avons toujours obtenu de grand •> avantages de renq)Ioi de-, saiig-jues dans les en-

torses des articulations des membres. »

(J. Cloquet, ouv. cit.^ p. 59.) Pour quelques variétés d'entorses, les ventouses scarifiées sont préférables : telles sont les entorses de la colonne vertébrale.

Quelques chirurgiens ont cependant proscrit le traitement par les sangsues et les cataplasmes dans l'entorse. M. Baudens, entre autres, leur attribue la grande part des insuccès si fréqucns dans ce genre de lésion. Les sangsues, appliquées au début d'une entorse, dit-il, appellent l'afflux du sang là où il faudrait au contraire tout mettre en œuvre pour prévenir jine fluxion traumatique. Les cataplasmes entretiennent cette fluxion, et quand le pied a macéré, comme on le fait, pendant dix ou quinze jours, dans ce tO[)ique, il reste empâté, privé de ressort et sujet, sinon à une dégénérescence qui assez souvent nécessite l'amputation, du moins à une fiiblesse que trahissent la difficulté de la marche et un engorgement malléolaire.

(Gazette des hôpit.y 2,^ série ; t. ir, n» 90, août 1840.) On peut lire des faits, analogues dans le traité du froid intùs et extra (Lacorbière, 5^ et 4« partie).

En même temps ((ue l'on a recours au traitement anli-phlogistique, il faut mettre le malade à une diète sévère, à l'usage des boissons délayantes et laxatives, l'eau de gomme, de veau, de poulet, l'eau de Sedlitz. Une fois les accidens inflaunnatoires calmés, on remplace les auli-[)hlogisti(pje3 par les résolulils, tels que les compresses lrem[)ées daiis les dissolutions dacétale de plond), d'ainmoniaipie; on j)eut encore y ajouter l'alcool à la dose de '250 grammes par [)iiUedes solutions sus-indicpiées. Selon M. Sanson aîné, on pourrait aussi se servir avec avantage d'un mélange fait avec la suie de cheminée, raluii, l'opiuuj, des blancs dcculs battus. Pendiut la durée du traitement, il est iujportant de laisser le membre dans h' re|)o-i conq)let, ou le placera dans une flexion moyemie. On peut se servir avec avantage i\v. la compression pour achever d(î résoudr»! l'engorgement, et pour obtenir l'Iunnobililé.

Quebjues praticif'ns, et au premier rang se placent M. XCipeau et 1\I. liégin, coi seillenl et euqiloii'ut ce procedt; même au début , couiiue un nutyen eiieiL;i(|Ue (!<; prévenir l'engorgement cl rinllauimalion.

ENTROPION.

Cette méthode, contre laquelle certains raisonnemens s'insurgent en vain, compte d'assez beaux succès dans des inflammations beaucoup plus graves et plus franches que la plupart de celles qui succèdent quelquefois àTentorse, pour qu'on ail le droit de la rappeler aux praticiens. M. Baudens emploie depuis long-temps un appareil analogue avec beaucoup de succès. « Ce bandage, fait artistement à Taide d'une longue bande, représente un bas lacé , et exerce une pression parfaitement graduée à partir de la base des orteils jusqu'à la hauteur des malléoles.

» Le pied ainsi contenu serait bientôt le siège d'atroces douleurs par le fait du développement de la tuméfaction ; pour les prévenir, M. Baudens fait placer le membre jusqu'à mi-jambe dans un baquet d'eau froide placé près du lit, de telle manière que le malade, tout en étant couché, puisse l'y maintenir plongé sans éprouver de fatigue. Il fait aux malades la recommandalion de ne retirer le pied que lorsqu'ils né sentiront plus la nécessité de le conserver dans l'eau froide. En elfet, quand, retiré de l'eau , le pied ne s'échaulfe plus et ne tend plus à se tuméfier; quand enfin il ne devient plus le siège de douleurs, le moment est venu de le laisser à l'air. Et bien, il est à noter que les malades ne discontinuent jamais ce moyen, dont ils se trouvent souverainement bien , qu'après cinq à six jours; quelquefois, dans le cas d'entorses graves , ils y ont recours pendant douze jours avec une persévérance instinctive bien remarquable.

» Le pied se flétrit^ se couvre de rides comme la main des blanchisseuses; les tendons se dessinent en relief, les malléoles font saillie; il n'y a bientôt plus de lumefaclion; et, terme moyen, en vingt jours, la guérison est complète. Dans les derniers jours, M. Baudens emploie (pielquefois de l'eau végélo-minérale, de l'eau-devie camphrée , des fomentations aromali- (|ues; souvent aus4 il se contente de solidifier le bandage à l'aide d'une solution concentrée de gomme; et, dans l'un comme dans l'autre cas, il obtient d'excellens resiillats. » [Gazcltc des hôp.; loc. cit.^ p. 557.)

M. Larrey a, depuis long-temps, l'habitude d'ulAciiir le repos des i)artic5 en

enveloppant rarliculation avec des pièces de linge imbibées du mélange siccatif avec lequel il fabrique son bandage inamovible contre la fracture, (r. ce mot.) Les appareils dextrinés d'aujourd'hui sont plus simples, et remplissent tout aussi bien cette indication. Enfin , disons encore que M. J . Cloquet a recours à la compression au moyen de moules en plâtre dans lesquels il enferme le membre.

Quant à la troisième indication, il faudra surtout diriger l'attention sur les entorses des articulations du membre inférieur , et parmi celles-ci sur les plus fréquentes, celles de l'articulation tibio-larsienne.

Il faudra ijue le malade ne marche que lorscjue la douleur et l'engorgement seront complètement dissipés ; il est très utile aussi de remédier à la faiblesse des ligamens, et de prévenir une rechute en entourant l'articulation d'un bandage roulé , ou bien d'un brodequin de peau de chien lacé et serré sur le côté.

Lorsqu'il reste de la raideur et de la tension dans les parties, on a recours aux fomentations et aux douches émollientes, aux bains de vapeurs simples et aromatiques. Les frictions faites avec un Uniment volatil versé sur un morceau de flanelle sont encore bonnes à employer. On a conseillé les bains de tripes, le sang d'animal fraichement tué, etc. Enfin les eaux sulfureuses ou alcalines , telles (jue celles de Baréges, de lîourbonne, les Ijoues de St.- Amand peuvent encore être utiles dans quehpies circonstances.

ENTOZOAIBES. ( T. Vers intestinaux, HVDATlDr.S. )

E\TIU)lMO\ (du grec ev , dans, et

TOETTO), je tourne), maladie des paupières (jui consiste dans le renversement du bord tarsien en dedans. C'est une alîection précisément contraire à l'eclropion. Il ne faut pas coiifondre Tiulroversion de la paupière ou l'cntropion avec le trichiasis , ainsi (jue l'ont fait quelques auteurs. Il y a celle (liirerenee entre ces deux all'eclions que dans le trichiasis les cils seuls sont dévies en dedans, le bord palpébral conserve sa position normale , tandis que dans lentropion celui-ci est roulé en dedans et frappe contre l'organe visuel. Il est donc vrai de dire que dansj tout entropiou il y

EINTROPION,

a inéviiablement trichiasis , tandis que le tricliiasis peut exister sans enlropiou.

Scarpa regarde ces deux conditions différentes comme deux simples variétés d'une même maladie , puis il ajoute : « La première forme (le trichiasisj est rare , je ne Tai vue qu'une seule fois , et encore n'y avait-il que quelques cils dont la direction fût changée : la deuxième espèce est celle qui se rencontre communément dans la pratique. » {Malad. des yeux, t. i, p. 91, édit. citée.)

« Sous le rapport de son siège , l'entropion a lieu à la paupière supérieure , à l'inférieure , aux deux ou aux quatre paupières à la fois. Il est en outre partiel ou total, selon que tout le tarse ou une partie se trouve renversé. Lorsqu'il est partiel c'est la moitié interne ou externe du bord palpébral qui est déplacée.

» Sous le point de vue de l'anatomie pathologique , il offre des variétés importantes : lo tantôt toute l'altération consiste dans un relâchement excessif de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané. Ce relâchement est tellement considérable quelquefois qu'il faut pincer une assez forte quantité de ces tissus pour ramener le tarse et les cils dans leur direction naturelle. C'est ce qui a lieu ordinairement chez les personnes âgées qui ont perdu leur embonpoint (entropionsénile). A cette condition s'en joint souvent une seconde, le ramollissement du tarse. Cela «'observe surtout chez le., enfans et les vieillards de constitution lymphali(iue; 2" taiilôt, au contraire, c'est dans la conjonctive et dans les tissus soiis-muqueux que l'altération principale se manifeste. Ces parties sont épaisses, contractées, racornies , et quel- (juefois même couvertes de cicatri(;es. On conçoit que du moment (pie les tissus internes de la paiipi«jre sont raccourcir, le bord tarsien doit perdre de sou équilibre et se laisser entraîner du coté (lù la tracliou a lieu. L'introversion se déclare d amant plus facilement (pj'un pareil é!at s'accompagne souvent d'un rela.jiemenl de la ])eau. Il est des e.isoù l<!s coiidiiious j)recédentes se trouvent jointes à une sorte d'hy[)erlroi)liie du bord libre de ];i paupière, oii a des espèces dossifieaiious parcellaires dans la même prulir; (Miildlemore). La rétraction en question seiend

quelquefois aussi sur le fibro-cartilage tarse ou sur son attache à l'angle interne ou externe. Dans ce cas il y a parfois rapetissement de l'ouverture palpébrale ; 5» dans quelques circonstances enfin la condition pathologique principale consiste dans une hypertrophie des fibres du muscle orbiculaire. Celte hypertrophie se rencontre assez souvent chez les enfans scrofuleux, rend la contraction musculaire très puissante et supérieure à celle du muscle releveur et de la résistance naturelle de la peau. De là le rapprochement permanent des cils contre le bulbe ociilaire. M. Riberi prétend qu'il n'y a pas d'entropion sansblépharo-spasme, ou plutôt que le blépharo-spasme est une condition sine qitd non pour la formation de l'entropion. Il donne pour exemple Tatoniato-blépharon , non paralytique , qui existe sans entropion , parce que , dit-il , dans ce cas le muscle orbiculaire n'est point contracté. Je crois qu'il se trompe ; il suffit du simple déséquilibre entre la rétraction naturelle de la peau et de la conjonctive poin- que l'entropion ou l'ectropion se déclare. Le prolapsus palpébral a lieu généralement sans introversion par d'autres raisons que je ne dois pas exposer ici. Il faut néanuioins ajouter que le blépharo-spasme est un effet et non une cause du déplacement de la paupière. »

(Rognetta , Cours d'ophlh^ p. 436.)

Les caractères de l'entropion sont très faciles à saisir. « En observant, dit M. Middlemore, un œil dont les paupières sont déviées de la sorte, on trouve d'abord (|ue sa surface est plus ou moins enflammée et irritable , que le bord tarsien paraît plus lis.se et plus roml (juc dans l'état normal , et que les cils ont disparu ^ mais en baissant la paupière inférieure ou en écartant les deux pau[)ières de manière à mettre l'œil à découvert, Ton trouve (juc les cils étaient cachés et Irajjpaient contre l'œil i)ar suite de TenroubMiieut du bord tarsien en dedans. L'effet inévital)!(î (h; Pinlrovetsion de, la p.iupière et des <-,ils est d'abord une légère opbtlialinie ; ensuite , si le me:ne état p(!rsist<î , c(!lte |)lilogose dr'\ieni intense et chronique, la cornée pei'd sa lranspar(!nc(r , la conjonclise corné.île s'éjtai.ssit it finii âla longue p,-ir produire une fâcheuse infirmité, le [lannus. »

EMROPION.

(// Treatisc an the diseases ofthc eye , t. II. p. 793.)

Tout ceci c>t très exact, et nous pourrions rapporter un grand noml)re de faits à Tappui. Un antre caractère que Ton observe constamment, c'est la photoi)hobie et le larmoiement, ce qui prouve que l'irritation produite [.ar les cils et les tarses ne se borne pas aux ujcmbranes extérieures. M. IMiddIemore dit avec raison que « lorsque rintroversion est très complète le bord palpebral et les cils étant cachés sous le repli du tarse irritent moins Tœil que quand Tinlroversion est moindre, car dans ce cas les cils sont tournés plus directetement contre Tœil. >• (P. 794.)

Un peu plus loin il ajoute : « Si les cils sont longs et l'introversion très complète , le patient souffre moins que quand les cils sont courts , durs et Tintroversion légère , mais telle pourtant à permettre aux cils de frotter contre rn'il. » [Ibid.) Dans cette dernière circonstance le diagnostic pourrait tromper si l'on n'examinait pas attentivement et de profil le bord palpebral. On n'aperçoit pas bien sans un examen attentif la légère déviation du tarse , on croit à un trichiasis , on arrache les cils , le mal éprouve dos variations , et en attendant il se développe cruellement. Qu'on ne perde donc pas de vue cette circonstance,'qu'une très faible déviation du tarse , à peine visible au premier aspect, est suffisante pour donner lieu aux symptômes en question , et que le seul déi)lacement des cils, qui est très rare d'ailleurs, ])eut se confondre aisément avec l'état précédent. En général lorsque la peau de la i)au|)ière est llas(]ue, que l'individu a épiouve préal iblement di's ophthalmies , la maladie se rattache à riiicliuaison du tarse.

Les causes occasionnelles de l'entropion se réduisent à des cicatrices de la conjonctive palpebrale (pii raccourcissent cette memlirane et à un relâchement excessif de la peau, (les deux causes peuvent exister à la fois. Voici comment Scarpa s'exprime a ce sujet.

•( Quant à moi je pense , dit-il , que les cicatrices qui se forment quelquefois .sur le tarse produir.iierit plutôt la seconde espère de iriehiasis fenti o[)iou} fjue la pre iniere , car les peùls ulcères <pi'elles r( mpliurent ont ordinairement le carac'ère

rongeant^ si on les néglige, ils détruisent une portion de la conjonctive; puis à mesure qu'ils se cicatrisent ils se resserrent sur eux-mêmes , et tirent par conséquent en dedans le tarse et les poils qu'il soutient. Ces petits ulcères n'occupent pas toujours toute l'étendue du bord libre des paupières ; on ne les voit quelquefois que sur une longueur de deux ou trois lignes , tantôt siu* le milieu du tarse, tantôt vers l'angle externe de l'œil; aussi n'observet-on souvent après leur cicatrisation que la déviation des cils seulement. Enfin dans tous les cas de trichiasis incomplet produit par des cicatrices on voit clairement, avec un peu d'attention, cpie le tarse et les cils n'ont éprouvé de déviation que dans le point primitivement occupé par des ulcérations , et si l'on renverse les paupières on trouve dans la pâleur, la rigidité et les callosités de la portion de la conjonctive correspondante , la cause évidente du renversement du cartilage tarse et de l'introversion des cils contre le globe de l'œil. Il est encore d'autres causes capables de produire les mêmes elîets : les vieilles ophtlialmies qui s'exas[)èrent de temps en temps , comme font ordinairement celles qui sont dues au vice scrofuleux , à la variole , tiennent pendant long-temps la peau des paupières dans un état de distension et d'crdématie auxquelles succède plus tard un relâchement qui permet au cartilage tarse, privé d'un appui suffisant, de s'incliner vers le globe de l'ieil , de se replier en dedans et d'entrainer les cils dans la même direction. On voit encore quelquefois, indépendanunent du relâchement de la i)eaii , le même ellet résulter du ramollissement du cartilage tarse luimême, occasionné par une abondante et longue sécrétion puriforme des follicules de !Méil)omius; ce cartilage devient incapable de soutenir et de conserver sa courl)ure n;Uurelle; il s'alFaisse en arrière et entraîne contre le globe de l'œil les cils qui le recouvrent. Toutes ces causes assez souvent simultanées co-existent encore (piehpiefois avec les cicatrices du tarse. »» [Loc. cil., p. 95.)

'l'ous les auteurs modernes s'accordent stir l'exactitude de celle éliolo;.rie, et pour la confirmer lieer ajoute avoir souvent observé rpic 1 usage trop prolongé des ca-

ENTROPION.

taplasmes émolliens sur les paupières produisait la maladie dont il s'agit. (Lehre, etc. B. u, p. 115.)

Le pronostic du trichiasis n'offre rien de fâcheux puisqu'on peut le combattre sûrement ; cependant, si la cornée est déjà profondément altérée par l'effet de la phlogose déterminée par l'introversion, on conçoit que le pronostic doit varier en raison de l'intensité de cette lésion. {V. Copi-

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