COMBUSTION
dus cités par !\î. Devergie, il y eut seize femmes; presque toujours les sujets avaieut de ciucjuanle à quatre-viugt-dix ans.
Marche. « Daus les couibustious, on a souvent remarciue une petite llanuue bleuâtre qui s'étendait peu à peu à toutes les parties du corps avec une rapidité extrême, ou qui restait bornée à quelquesunes d'entre elles. Cette flamme persistait jusqu'à la carbonisation, et même l'incinération des parties brûlées. L'eau ne l'éteignait pas. Dans quelques cas, elle paraissait au contraire l'étendre et en augnienter l'intensité. Si l'on touehait aux parties en combustion, une matière grasse s'attacbait aux doigts et eontiiuiait à brûler. Une odeur forte et désagréable, analogue à celle de la corne brûlée, se répandait dans l'appartement ; une fumée épaisse et noire s'attaebait à la surface des murs et des meubles sous forme d'une suie onctueuse et d'une horrible fétidité ; une couche huileuse, jaunâtre, de quelques lignes d'épaisseur, mélee à des débris du corps, recouvrait le plancher. 11 est rare que les meubles voisins du cadavre prennent feu; quebpiefois même les vétemens n'ont pas été endounuagés ; c'est ainsi que dans un cas , les habits d'un enfant et un écran de papier furent trouvés intacts auprès du cadavre ; dans un autre cas, le fauteuil sur lecpiel fut trouve le corps était à peine roussi; daus une troisième observation, le feu avait respecté une chaise placée au pied du cadavre, et dans m\ quatrième cas, les cheveux, un mouelioir plaee dans le dos, et un ealeron furent trouvés intacts. Notons cei»eiidant que le contraire fut observé (pielquefois. ». (Sestier, /)icf. des ctudcs lucd. prat.^ t. iv,
La marche de la combustion génrrale est rapide, et dans l'espace de (juebiues heures, le corps est réduit en cendres ; il est rare cependant quVlle soit complète : ordinairement le> pieds et une portion de la tête ne sont pas brûlés. Les faits observés tendraient à faire croire que la combustion spontanée peut parfois être partielle.
Pour expliquer le phénomène de la combustion spnnlanée, " la geueralitr des médecins adopte que les tissus des individu» adyunes à livrognerie, imljibés cl sa-
turés d'alcool, peuvent prendre feu à l'approche du plus léger foyer en ignition. Dès lorsi la flamme est bleuâtre comme celle de l'alcool; les femmes entre soixante et quatre-vingts ans y sont plus exposées, parce que c'est à cet âge qu'elles boivent le plus d'cau-de-vie. Leur constitution lymphatique, leur embonpoint doivent rendre les tissus plus perméables et plus combustibles; c'est spécialement en hiver que cet accident s'observe , parce qu'à cette époque les ivrognes s'abandonnent davantage à leur passion, parce que l'exhalation cutanée est prescjue entièrement suspendue, chez les vieillards surtout, et parce que le corps se trouve plus souvent en rapport avec des foyers comburans.
Cuvier, MM. Duméril, Breschet, Devergie affirment avoirtrouvé, dans les tissus d'in-
dividus morts d'ivresse, l'odeur des liqueurs spiritueuses. » (Sestier, ouv. cit., p. 165.)
Selon Dupuytren, au contraire, l'alcool n'entre pour rien dans le développement de la combustion spontanée , sous le rapport (le son imbibition dans les tissus de l'économie.
« La combustion spontanée, dit-il, peut être considérée eouime api)artenant au sixième degré de la brûlure, sous le point de, vue des lésions anatomi(jues. Bien des auteurs attribuent la eombuslion s|)ontanee à une combinaison de l'alcool avec les tissus vi\*ans. De ce que la plupart des individus qui succou)bent à cet accident étaient plus ou moins adonnes à l'usage des boissons spiritueuses, ils en concluent que eetle substance, rendant les tissus plus intlauuiiables, détermine la combustion, gue celle-ci soit plus ou moins spontanée, ([u'elle preniu'. naissance dans le sujet luimême ou hors de toute cause extérieure, ou (pi'elhi soit produite par le voisinage et le contact de quehpic corps cond)uranl; toujours esl-il, suivant eux, que l'alcool combine avec les tissus doit être regardé eonune la cause déterminante de la combustion. Sans nier que la plupart des individus spontanément combures ne fussent pour l'ordinaire adonnes à l'usage des Tupieurs alcoolisées, M. Dupuytren nie forfucllenunt <ju(! l'alcool, en ce qui est au moins de sa combinaison avec les tibsus, cuire pour rien dam l'évéucment.
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Voici les raisons sur lesquelles il s'appuie pour coinlialtre Topinion des auteurs. Ou a nié qu'une combustion autre que la conibustion spontanée piU consumer un corps complètement en une seule nuit. Counne vous, j'ai passé ma jeunesse dans les amphithéâtres, et plus peut-être que la plupart d'entre vous ; j'ai consumé mon temps dans les dissections; mais il y a trente ans, les cadavres n'abondaient pas comme à votre époque; on avait beaucoup de peine à s'en procurer; il fallait les dérober dans les cimetières, et la difficulté était plus grande encore pour y apporter les débris. Aussi préférait-on les faire disparaître, et le plus souvent on les livrait aux flammes. Pour cette opération, des fagots étaient amassés dans la cheminée; les restes de deux, trois ou quatre corps étaient placés au-dessus, le feu y était mis le soir, et le lendemain matin tout était consumé. Nous avions pris soin de placer au-dessous les parties chargées de graisse, et la combustion était d'autant plus rapide, d'autant plus active que la matière graisseuse était plus abondante. Mais toujours la nuit suffisait à rentière combustion. Cette observation pratique sur le plus grand degré d'inflammabilité des parties graisseuses acquiert une nouvelle certitude par la lecture attentive des observations de combustion spontanée que l'on a publiées. Je ne connais pas d'exemple de combustion spontanée chez un individu maigre et sec ; tous les sujets, sans exception, que la flamme a dévorés , étaient extrêmement gras.
»Il y a vingt ans que j'ai été appelé, rue Saint-Thomas-du-Louvre, pour un cas de ce genre, j'y reviendrai; il me suffit de direici,quelafemmequien a été la victime était d'un excessif embonpoint. Si maintenant on porte son attention sur les phénomènes qui se manifestent à la suite d'une combustion spontanée, si l'on veut bien noter que la chambre dans laquelle elle a eu lieu est trouvée pleine de vapeurs épaisses , les murs recouverts de matières noires carbonisées, qu'ordinairement des ruisseaux de graisse couvrent le sol, et avec quelques cendres, et parfois quelques fragmens osseux, forment les seuls débris d'un corps naguère organisé, notre remarque obtiendra une nouvelle créance. Voilà ce qu'on observe ; voici l'explication qu'on
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peut donner fie ces phénomènes , voici comment les f.iils doivent se passer le plu» souvent. Une femme (c'est pai-mi les femmes que cet accident a été observé le plus souvent) rentre chez elle après avoir i)ris une dose plus ou moins forte de liqueurs spiritiieuses; il fait froid, et pour résister à la rigueur de la saison , un peu de feu est allumé; on s'assied sur une chaise, une chautrerette placée sous les pieds. Au coma, produit par les li(|ueurs s()iri!ueuses, vient se joindre l'asphyxie produite par le charbon ; le feu prend aux véiemens : dans cet état, la douleur se tait, le sujet est dans une complète insensibilité; le feu gagne , les véiemens s'enflainmentetseconsument, la peau brûle, l'épiderme carbonisé se crevasse, la graisse fond et coule en dehors; une partie ruisselle sur le parquet, le reste sert à entretenir la combustion, le jour arrive et tout est consumé. Voilà comment l'alcool a été cause occasionnelle de h combustion ; c'est en produi.sant le coma , et non par un prétendu amalgame avec nos tissus qu'il agit. Pour ce qui est de la combustion elle-même, outre que l'exacte observation atteste qu'elle n'est jamais spontanée et que toujours on a dû l'attribuer au contact d'un corps comburant , voici une observation qui tend encore à prouver qu'elle ne peut avoir lieu spontanément. Il n'est personne d'entre vous qui, dans les chaleurs, n'ait observé le phénomène que je vais signaler. Quand la putréfaction est avancée, que les corps ont pris celte couleur livide et bleuâtre qui la caractérise, et qu'on entre le soir dans les amphithéâtres , on est frappé d'une lueur phosphorescente qui entoure et recouvre les cadavres, analogue à la phosphorescence que l'on remarque quelquefois sur la mer dans les chaleurs de l'été. La plupart de ces corps appartiennent à des individus qui ne se faisaient pas faute de liqueurs alcoolisées; une auréole de combustion les entoure, et cependant jamais on n'a cité, jamais personne n'a observé, dans ce cas, de combustion spontanée. (Fabre , Lancette française , 1850 , et Leçons orales , 2» édition. )
M. Marc a émis une autre opinion ; il suppose qu'un gaz inflammable s'accumule dans le tissu cellulaire, ainsi que la lymphe s'accumule chez les individus atteints
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dhydropisie, et permelà différentes parties du rorj-.s de s'enflainiiier, la combustion donne alors lieu à un nouveau developiiemenl ^'uzeux qui infecte les parties entl.unmees , surchargées d'iiydrogène. Selon 31 Marc , les tissus rendus ainsi conibus tibles exigent, pour que cet accident se manifeste, le voisinage d'im corps en igiiition et surtout un état idio-dectrique , en vertu diKiucl Tetincelle une fois développée parcourt tout le corps avec une grande rapidité. (Dict. des se. méd., art. Com- BUSTio.N si>o.\tam':e.)
Jusqu'à un certain point, cette hypothèse est raisonnable, beaucoup d'auteurs ont ra[)porte des faits analogues. M. Bally, M. Sestier et beaucoup de médecins ont vu aussi des gaz iiiflanunables jaillir des corps d'individus enipbyseniateux. M.
Devergie a vu des jets de gaz brûlant pendant plusieurs secondes, connue la llanunc de l'alcool, ou celle de l'hydrogène carboné, sortir par des incisions pratiquées sur presque toutes les parties du corps du c idavre du nommé François , âgé de (|uarante ans, mort en état d'ivresse, et déposé assez long-tenqis dans un tas de fumier. L'autopsie était faite le troisième jour après sa mort. l'^Iais peut-on comparer cet état des cadavres à celui d'individus vivans qui n'offraient aucun caractère de rinfiltration gazeuse!
M. Julia-Fontanellc a supposé au contraire qu'il existait, spécialement chez les fennnes, une diathése particulière qui, jointe à l'asthénie qu'occasionne Page, une vie peu active, et l'abus des Ii(pienrs spiriluc'use.-. , peut donner lieu a une combustion spontanée ; que si , aioute-t-il , l'alcnol jtiue un rôle dans cette alfeclioii, c'est en tlonuaiil lieu aux causis pn citées, c'est en pro<bii>anl cette dégénérescence dont non-* avons parK' , laquelle engendre de i;ouveau\ produits très cuiiibustd)les, dont la réaction détermine la couibusiion des corps. C«'tle explication, selon M. l)e\ergie , n'explique lieu, elle ne me p.iralt pas susce,.id>le de discussion, dit il, elle est du genre de celles que l'on aelmet en înedecine, (juand le raisonnement devient insu (lisant.
Il est facile de voir que toutes ers opinion*; peuvent èire combattues avec a\antag« et (luu la aucuce a bcaum de nouveaux
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faits pour décider celte intéressante question.
'« L'histoire des combustions spontanées ne doit pas être une simple étude physiologique; elle se rattache aux plus h.uits intérêts de la société , sous le rapport médico-légal. L'événement rapporté parLecat, du malheureux iMillet, en fait foi. Lecat logeait a Reims, chez Millet , dont la fennne était continuellement ivre ; le niénage était dirige par une jeune lille fort jolie, et c'en fut assez pour éveiller des soupçons. M. Chrétien , chirurgien , releva lui-même le corps de la femme Millet, morte d'une combustion spontanée, et l'alfaire fut examinée [)ar les juges qui s'en saisirent et la poursuivirent vivement. La jolie servante lit le malheur de Millet, (pie sa probité et son innocence ne sauvèrent pas du soupçon de s'être défait de sa femme par des moyens mieux concertes, et d'avoir arrangé le reste de l'aventure de manière à faire croire à un accident. Il essuya toute la rigueur de la loi, et quoique par appel à une cour supérieure et très éclairée, il sortit victorieux, il n'en fut pas moins ruiné et réduit à aller passer à riiôpital le reste de ses jours.» (Breschet.)
11 faut donc, lorsque le médecin légiste est appelé à se prononcer sur un cas semblable, s'occuper de recueillir tous les renseignements possibles sur l'âge de la persoiHie brûlée, sur son sexe, ses habitudes, sur le temps (jui s'est écoulé depuis la dernière fois qu'on l'a vue, jusqu'au moment où l'accident a été connu. Il importera de se rendre sur les lieux pour examiner les restes du corps, sentir l'odeur de la chambre, en examiner les parois, le plniieher, le foyer, les ouvertures, les meubles, les cendres et la suie, ou la matière grasse trouvée dans le point correspondant au corps incinéré. Il faudra noter SI les |>roduils(le la combustion ou les restes des corps combures ne sont pas couverts d'une humidité grasse et fétide; si les corps coinbuslibles voisins n'ont pas été atteints, ou, s'ils l'ont été, en indiipier le degré et le mode; si les restes du cadavre odrent di's cendres onctueuses, d'odeur nauséabonde,parsemées de fragmens osseux ou de charbons très fragiles. Ces fragmens sont, le plus souvent , (b's vertèbres , des os du cïMiH el de.) uiembi'cii^ (quelquefois des
cheveux ont été trouvés iiitaols. Si l'évéïicniont est une cuinbuslioii spontanée, il aura dû se passer eu peu d'hfMJies, II faudra soigneusement s'enquérir si cpieicpie corps en ignition était prés de la victime; et tenir grand compte, si c'est une femme, si elle était grasse, adonnée aux boissons spiritueuses, si le temps éiait froid, sec, etc. II faudra aussi examiner s'il n'y a pas eu asphyxie accidentelle ou préméditée pour se suicider, et si la combustion n'a fait (jue succéder à une asphyxie. (Ih'eschct, toc. cit., p. 492.)
Dans les cas où le médecin serait appelé pour combattre des combustions partielles dont on a cité quelques exemples, on a conseillé l'immersion de la partie en combustion ou du corps entier dans un bain, de faire boire de l'eau , du lait, des boissons acidulées, de couvrir les parties de sable, déterre, etc., poiu' les protéger contre l'action de l'atmosphère.
CONCOMBRE. Le concombre est l'une des espèces du genre cucninis , delà famille naturelle des cucurbilacées et de la monœcle syngénésic de Linné. C'est une plante que l'on croit originaire de l'Orient et des Indes, et que l'on cullive dans les jardins de toute l'Europe. Le fruit seul est employé.
« La propriété réfrigérante et laxativc du concombre , dit Biett {Dict. des se. méd., t. vt; p. 207), a été connue dans l'antiquité. Hippocratc s'exprime h cet égard d'une manière très claire , dans son livre De diœiù. L'u.sape de ce fruit comme aliment convient spéciidemcnt aux individus bilieux et sujets à des constipations opiui'ilres; mais il ne pourrait être que très nuisible à ceux qui ont l'estomac faible, paresseux. On a prétendu que le suc de concombre avait été donné avec quelque avantage dans la première période de la phthisie pulmonaire. D'autres ont loué vaguement les bons elïets de ce fruit dans l'tiémoptysie; mais rien n'est moins prouvé que ces assertions.
» Mais c'est surtout a l'extérieur qu'on fuit un usage fréquent du concombre. Sans doute il ne mérite point tous les éloges qu'on lui donne comme cosmétique; cependant il est certain qu'il fait disparaître avec assez de promptitude quelques-unes des éruptions qui se manifestent sur la peau. Celle propriété , qu'il partage avec plusieurs autres cucurbilacées, lient à un principe vireuxqui se trouve uni dans ces plantes à un principe aqueux très abondant. Toutefois, il est important d'observer que l'application du suc de concombres, ou de la pommade à laquelle il sert de base, n'est point sans inconvénient (ians les éruptions qui se lient à quelque