‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 110 sur 117 · ÉPIST · texte numérisé non relu

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sales, en actives et en passives, suivant que le sang coule par Telfet d'une action vitale des vaisseaux, ou qu'il s'échappe par suite d'un relâchement de leurs porosités exhalantes, comme cela arrive chez les individus affaiblis par d'autres hémorrhagies, parle scorbut ou toute autre maladie chronique. Ces distinctions sont d'une grande utilité dans la pratique, car non seulement elles tracent la conduite à tenir dan> chacpie circonstance, mais elles deviennent souvent un moyen de diagnostic dont les anciens ont toujours su tirer un exi client parti.

En général, l'épistaxis active ou pléthorique a pour caractère do se répéter à des époques irrégulières, dmt ia fréquence paraît subordonnée à la cause qui la produit. On Ta cependant \ue survenir régulièrement et remplacer une hémorrhagie supprimée, et même les menstrues. Elle est ordinairement annoncée par des signes non équivoques d'une lluxion sanguine vers la tête : céphalalgie obtuse, vertiges, éblouissemens, tuméfaction et sécheresse de la pituitaire, rougeur des yeux, tinlemens d'oreilles, battemens des artères temporales , frissons et lassitude générale; bientôt le sang coule et le malade est soulagé. Sous cette forme, il est souvent synjplomaticiuement lié à un grand nombre de maladies aiguës, parmi lesquelles on compte principalement les fièvres inflammatoires , et un très grand nombre de phleginasies parenchymateuses ou membraneuses. On juge surtout qifil en est ainsi par le soulagement marqué qu en éprouve le malade; c'est une véritable cris", dont le médecin doit respecter et même favoriser raccomplissement.

Kn tenant un compte e.\act de Tessence et de II marctie de l'épistaxis, il devient donc aisé <i'établir le traitement qui lui convient. I>1 il actif et de médiocre intensité, un doit l'ab. indonner aux seules ressources de la nature, (|uel(pielois même, comine nous venons de l'indiquer, em()loyer des moyens projiresà Tentreleiiir , lel.H (juc 1 inspiration de vapeurs émollienles, la persistance <lans un lieu chaud et humid(î. Lorsque par «r)n abondance il f«'r;« naître rpu-lqucs craintes, oti placera le malade dans un lieu frais, la TO.viii m.

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tête élevée; on appliquera sur le front et les tempes des compresses imbibées d'eau froide ou glacée^ d'oxycrat ou d'élher; ou entretiendra la cliaîeur aux pieds en les entourant de cataplasmes chauds et sinapiscs, on fera boire de la limonade à !a glace, on pourra même faire aspirer une liqueur astringente, et, dans quelques cas très marqués de pléthore , pratiquer umi saignée au pied.

Quant aux moyens propres à prévenir ré()islaxis passive, ils sont nécessairement subordonné.s à la nature du mal qui Toccasionne. « Ainsi, un scorbutique sera soumis au traitement qui convient contre le .^corbut. Un homme alTaibli i)ar un régime exténuant, un séjour in'olongé dans uii« atmosphère humiiie, une maladie antécédente, sera mis à un régime analeptique et tniité par des toniques, parmi lesquels l'usage d'un vin généreux, le quinquina, les amers et quelques préparations ferrugineuses tiennent le premier rang. Tels sont les moyens purement médicinaux et d'une action plus ou moins lente que l'on oppose à l'épistaxis. » (Rochoux, Dict. da mêd. ^ t. Mil, p. 257.) Quand il résiste à ces moyens, il est plus opportun et plus sûr de recourir au tamponnement , opération qui doit même se pratiquer dès le début dans certaines circonstances.

Le tamponnement des fosses nasales peut se foire de deux manières : i° en bouchant simplement leur ouverture antérieure ; 2° en bou^-hanî, les deux ouveri.ures à la fois. Quand le premier procédé paraît devoir suffire , on peut ou porter dans la narine une longue mèche de cliarpie à longs brins, trem[)ee dans una soluiion astringente, et fpi'on foule doucement en haut "t en arrière du cùlé de la e!()is4)n, jusipi'à la |)aroi supérieure, au moyen d'un porte-mèche; ou bien exercer ilans celle e;«viié une [tression au moyen dun li'pii- (U: poussé itvee une certaine l'or<(' d.uis un morceau d'intestin de porc pn-piire en forme di? doi^t de gant, et dont on lerujc l'ouvertur»? par ww ligature. (Je moyen est aujourd'iiiii rarement usité.

P(»ur pratirpu'r h; double lam|ion;K;ment, on peut à la rigueiu' se servir d'une sonde ('la>li(jue Irè. soupb; et très (le.vibhr; mais il est inliniment |)lus commode de se servir de la sonde de liellocq, donlsunt

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aujourd'hui pourvues toutes les trousses, et qui consiste, comme on sait, en un tube d'argent recourlié à la manière des algalies urélrales ordinaires , muni d'un mandrin terminé par un ressort de montre, et fermé d'un bouton percé d'un chas. On disposera deux bourdonnets de charpie, Tun du volume d'une grosse noix, qu'on liera par le milieu avec un double fil, et l'autre un peu moins gros.

« Le malade sera assis sur une chaise , devant une croisée bien éclairée ; sa tète sera appuyée sur la poitrine d'un aide placé derrière lui, et fixée dans cette position. Le chirurgien, placé en face, glissera avec la main droite la sonde de 1kllocq dans la fo?:se nasale qui sera le siège de l'épistaxis ; il lui fera suivre le plancher de cette cavité, et la poussera ainsi dans le pharynx, derrière le voile du palais ; là cet instrument sera reçu et guidé par l'index de la main gauche, pendant qu'un aide, appuyant sur son mandrin, le fera sortir sous le bord inférieur du voile du palais vers lequel son ressort et sa courbure le porteront naturellement; on l'attirera hors de la bouche, et on fixera sur son bouton les deux chefs de l'un des fils liés sur le milieu du gros bourdonnet. Aussitôt le mandrin sera retiré dans la sonde; celle-ci elle-même, entraînée par la narine, servira à y ramener le fil (pu y aura été fixé. Avec les doigts , on portera le bourdonnet dans la bouche et le [)iiarynx, et on l'appliciueta contre l'ouverture [jos- Icrieure des fosses nasales ; une traction forte, exercée sur le fil qui sortira parla narine, mainlit'udra le tampon dans cette position. Alors les deux chefs du fil étant écartés l'un en haut, l'autre en bas de l'ouverture de la narine, on y interposera le petit bourdonnet ()ue Ton fixera en liant sur lui très fortement les deux fils précèdens; l'autre fil reste en arrière dans la bouche, et on fixe son extrémité sur la joue. » (P.-F. Blandin, Dict. cit. , t. vu, p. 454.)

Il résulte de la disposition de cet appareil, au moyen ducpiel la fosse nasale est fermée en arrière et en avant par les deux bourdonnets que réunit le même lien, que le sang qui arrive encore dans cette cavité s'y coagule, et oppose par la compression qu'il exerce sur la membrane pitui-

taire un obstacle complet à la continuation de Thémorrhagie. Lorsqu'après un temps convenable, deux ou trois jours par exemple, on a lieu de présumer que l'effet désiré est obtenu, on dénoue ou mieux on coupe les fils qui sont fixés sur le tampon antérieur, et tirant celui dont un bout sort par la bouche , on emmène de ce côté le bourdonnet postérieur auquel il tient.

Le tamponnement des fosses nasales, quelles que soient l'adresse et la promptitude avec lesquelles on puisse l'exécuter, occasionne toujours des efforts de vomissemens assez pénibles , qui peuvent même se renouveler après l'opération.

D'ailleurs, il est suivi d'un sentiment de gêne et de pesanteur dans toute l'étendue de la cavité nasale, du côté des sinus frontaux et maxillaire. On a même vu, dit M. Blandin, le sang, qui s'épanche dans la narine, remonter par le canal nasal et les conduits lacrymaux,et paraître sur la conjonctive. Il est donc prudent de n'en venir à cette opération (jue dans les cas, heureusement assez rares, où tous les autres moyens ont échoué.

EPITIIEMES. On donne en général ce nom à tous les médicamcns topiques, qui n'ont ni la consistance molle du cataplasme, ni celle de l'onguent ou de l'emplAlre, mais qui sont ou meios ou beaucoup plus humides. On arrose souvent les épillièmes , au moment de leur application, avec une li(|ueur qu'on choisit d'une nature analogue à celle des substances dont ils sont formés.

« Ce (pi'il importe stirloiit d'apprécier, dit M. Barbier (Wrf. de.^ sc.mrtl., t. \ii, p. GO.'î), c'est I influence que les cpithèmc!! peuvent exercer .sur l'économie animale. Leurs effets doivent être divisés en deux parties distinctes ; il faut noter, d'abord, leur impression sur les parties mômes avec lesquelles on les met en contact immédiat, en n'oubliant pas que cette action ne reste pas bornée à la surface du derme, mais qu'elle se propage aussi au\ tissus sous jacens, aux organes contigus; de manière qu'un épithèmc , appliqué sur la région de l'estomac, du cœur, de la vessie, etc., fait sentir à ces viscères sa puissance active, détermine dans leur état actuel des changemens incontestables. Mais, déplus, on saitrpie la peau est parseméed'unemultitudc de pores absorbans. Or, ces suçoirs prennent des molécules des substances médicinales qui composent l'épithème; ils les font pénétrer dans le torrent circul.itoire : tous les appareils organiques sentciit leur action ; des variations daus l'eiorcicc do la clrcuIaliOQ cl i^$ autres

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