TOME m
le recouvre le soit en même temps : ce phénomène trouve son explication facile dans la distribution des vaisseaux qui ,là, sont contenus dans l'épaisseur de la peau, et non dans le tissu cellulaire sous-jacent comme aux membres. » (Chôme! et Blache, art. cit. , p. 228.)
L'érysipèle de la face est sans contredit le plus fréquent de tous; il est assez souvent précédé de symptômes généraux et surtout gastriques , et de céphalalgie ; bientôt un sentiment de prurit et de tension sur le nez , ou au côté de la joue plutôt cà droite qu'à gauche , annonce le développement de l'inflammation, qui envahit ordinairement tout le visage ; le nez est dur, rouge, énormément distendu ; les narines sont obstruées ; les joues sont lisses et tendues , souvent couvertes de vésicules ou de bulles ; les paupières, gonflées et œdémateuses, restent fermées et s'opposent à la vision ; les yeux sont larmoyans ; les oreilles sont rouges et luisantes quand la phlegmasie se propage dans le conduit auditif -. il y a des bourdonnemens d'oreille , de la surdité ; les lèvres sont boursouflées , s'entr'ouvrent diflicilement et laissent écouler une salive abondante ; en même temps il y a une violente douleur de tête, de la fièvre , et très souvent un délire aigu sur lequel a insisté, avec beaucoup de raison M. Piorry. [Mém. sur les accid. cérébr. quisurv. dans Vérysipèle de la face , etc. , Gazette wêd. , t. 1 , p. 281, 1855.) L'érysipèle de la face I)eut disparaître subitement , et alors ou voit survenir ou s'accroître les accidens cérébraux et le malade succomber avec tous les signes d'une violente méningite ; ou bien l'érysipèle reparaît et les accidens nerveux se calment. A la suite de cette forme il survient assez souvent des abcès surtout dans l'épaisseur des paupières; aux oreilles la gangrène ])eut survenir: cet accident peut aussi être la conséquence d'un érysipèle des joues chez les nouveaunés, IJillard en a cité un cxemi)Ie.
//. Érysipèle du tronc. JN'ous avons ici peu de chose à dire. Pour l'erysijtèle de.s mamelles, comme il est le plus souvent jihlegfnoneux , nous renvoyons au mot ÎMamklt.es pour les détails (pii s'y rap- I)ortent.
Les auteurs ont confondu avec l'érysi-
pèle une phlcgmasie vésicnleu?e ou plutôt phlyctt'noïrle connue sous le nom de zona ou zostcr; il en sera question à propos de Vherpès. Quant à Vérysipèle proprement dit qui se montre sur le tronc , il n\i rien de particulier; celui du ventre chez les cnfans nouveau-nés a été examiné plus haut {Variétés suivant Vdge).
C. ÉrysipHe des organes génitaux. 11 olîre surtout cela de remarquable qu'il s'accompagne d'un gonflement œdémateux très considérable, tant du scrotum chez Thomme, que des grandes lèvres chez la femme : on le voit assez souvent chez les vieillards atfectés de maladies des voies ininaircs. La gangrène a terminé plusieurs fois ces phlegmasies ; quant aux auteurs qui parlent de ce pliénomène comme fréquent dans les érysipèles de la vulve chez les petites filles, nous croyons qu'ils ont confondu avec une phlegmasie franche un accident tout spécial, analogue à la gangrène de la bouche (cancer aqueux de Richter), et qui survient assez souvent aux grandes lèvres chez les petites filles, {r. Vulve.)
J). Érysipèle des membres. Il se montre surtout aux jambes où il est assez communément phlegmoneux ; du reste il n'y a rien qui ne rentre dans ce qui a déjà été dit antérieurement.
E. Érysipèle général. Il n'existe pas dans la science, du moins à ce que nous sachions , une seule observation dV-rysipèle occupant à la fois toute la surface du tégu- •ment. Les dilférens cas cites dans tous les articles classiques , auxquels il faut joindre les deux belles observations publiées par ]V1. Bricheteau {Clinique de llwpital .\cclicr , p. :>-i et 57. Paris, 1853) , ont trait à des phlegmasies qui ont envahi une grande surface du corps , ou qui ont parcoiuu rapidement, mais successivement ., toute la périphérie tégumentaire. Les deux malades de M. Bricheteau ont succombé sans laisser de traces organiques. «Nous ne pouvons donc attribuer ici la mort, dit cet auteur, qu'a Faction d'une inflammation générale de la peau et de quelques portions du tissu cellulaire sous-cutané sur le système nerveux : il en est probablement résulte un épuisement profond du principe de la vie qui , ayant été pendant dixhuit jours aux prises avec la douleur ,
ÉRYSIPÈLE
s'est éteinte par un mécanisme qui nous échappe. » {Ouv. cit. , p. 61.)
F. J£rysipl'lc interne. On appelle ainsi rex-îension de la i)hlegmasie cutanée aux membranes muqueuses (la bouche , l'œil , le vagin) , (jui se continuent avec la peau enflammée ; on a même parlé de Térysipèle des séreuses; il y a là abus de mots : ces membranes peuvent , il est vrai , s'enflammer, mais de leur phlegmasie propre; l'érysipèle n'appartient qu'à la peau.
yi. Érysipèle CONSIDÉRÉ comme terminaison d'une maladie. Les auteurs qui ont écrit d'une manière dogmatique sur Térysipèle ont pour la plupart oublié de faire figurer parmi les variétés : 1° l'^rysipéle crilique , dont tant d'observateurs anciens ont parlé , et qui aj)paraît en môme temps que cesse ou s'interrompt une aiïeclion grave intérieure, telle qu'une pneumonie, la goutte, un rhumatisme, etc.; 2" Vérysipèle curatif ., nom que nous donnons, faute d'un meilleur, à la phlegmasie érysipélaleuse qui, s'emparant d'une surface atteinte d'une affection spécifique et surtout dartreuse (/^. Dartres), en épuise en quelque sorte , par son acuité , le principe morbide et l'emporte avec lui ; tels sont les cas indiqués par M. Alibert [Précis thér. et prat. des malad. de la peau , t. I , p. 548. Paris , 1810) , et surtout par feu Sabatier dans son excellente thèse sur Vérysipèle considéré comme moyen curatif dans les affections cutanées chroniques (Paris, 1851).
VII. Diagnostic. Les détails avec lesquels nous avons traité toute l'histoire symptomatologique nous permet d'être très bref sur ce sujet. Voici au reste l'excellent résumé diagnostique donné par M. Rayer : (c L'inflammation est trop générale et trop superficielle dans la rougeole pour être confondue avec l'érysipèle.La scarlatine, lors même que cet exanthème n'occupe pas la totalité de la surface du corps, en difi*ère en ce qu'elle est contagieuse et constamment accompagnée d'un mal de gorge plus ou moins considérable. La teinte rouge /"ramhoisée de la scarlatine est en outre bien
différente de la teinte rouge-foncée de l'érysipèle. Dans l'érythème, Pinflammation souvent disposée sous forme de taches est toujours plus superficielle et moins étendue que dans l'érysipèle , qui occupe au
contraire une large surface quelquefois surmontée de bulles ou de vésicules , et toujours accompagnée de la tuméfaction du lissu cellulaire sous-cutané. (F. Ery- THÈME.) De nombreux caractères séparent l'érysipèle des maladies bulieuses , et en particulier du pempbygus. » {Art. cit., p. 487.) Une saurait non plus y avoir confusion avec l'eczéma , qui ne s'accompagne pas de tuméfaction de la peau , et dont la marche est d'ailleurs si différente; quant au phlegmon (/^. ce mot) , les caractères en sont trop bien tranchés, sauf le cas d'érysipèlcphlegmoneux, pour qu'il puisse y avoir confusion.
YIII. Pronostic. « L'érysipèle simple est une maladie peu sérieuse , surtout si la peau n'est enflammée que dans une étendue peu considérable. Lorsque Tinflammation des tégumens s'est développée sous l'influence de causes qui ont agi primitivement sur le système nerveux ou les organes digestifs, ou lorsque (c'est le cas le plus ordinaire ) la cause est restée mdéterminée , le pronostic est moins favorable. Les érysipeles phlegmoneux et profonds des membres sont une maladie grave ; les érysipeles de la face , du cuir chevelu , des parois de l'abdomen , des bourses exigent aussi une surveillance active ; les érvsipèles diffus et erratiques, développés dans le cours de maladies chroniques fébriles, sont du plus mauvais augure; les érv'sipéles phlegmoneux compliqués de phlébite sont très graves.
» La disparition subite et spontanée d'un érysipele est toujours un accident du plus fcicheux caractère. Elle est souvent déterminée par le développement accidentel ou par le progrès d'une autre inflammation plus étendue et plus intense. »
(Rayer, art. cit.^ p. 4ii7.)
iN'ous avons vu plus haut ce qu'il fallait pensfM" de l'érysipèle criligue ou curdlif. IX. l'RArncMKNT. M. Lepclletier , dans sa 7n.<scrfaf /on, déjà plusieurs fois citée, a rangé, sous les dix ciiefs suivant, les nombreux moyens proposés contre l'érysipele. Ce sont W-s méthodes : d" cxjicclante; 2" anti-plilo;^istifiue; .">• répcrcussivc ou réfrigérante; 4» dérivative; ^o cc- Iroliquc; G^' évacuante et perturbatrice; 7" mercurielle; ^>" tonique ; 9" couqtres- Bivcj 10» divisante. iSous simplifierons en-
core cette classification en réduisant à six les méthodes générales, car quelques-unes des espèces décrites par M. Lepclletier, comme fondées sur une intention spéciale, peuvent cire réunies en une seule.
1° Anti-phlogisîiques. Wous rattachons aux anti-phlogisliques proprement dits la méthode mercurielle et la compression. Ainsi, nous allons examiner successivement :
a. Les émissions sanguines. Quand on a affaire à un érysipele très étendu, avec tension très marquée delà peau, extension de la phlegmasie au tissu-cellulaire souscutané (érysipele phlegmoneux) ; que l'individu est jeune, vigoureux, que la réaction inflammatoire est très marquée et accompagnée des symptômes de la fièvre angéioténique de Pinel, il faut faire une ou plusieurs saignées générales, suivant les indications. Il est des auteurs, M. Bouillaud entre autres, qui insistent presque exclusivement sur l'emploi de ce moyen; et l'auteur que nous venons de citer annonce de brillans résultats par sa méthode des évacuations sanguines coup sur coup.
M3L Chomel et Blache assurent que les saignées générales n'ont souvent d'autre etfet que de faire pâlir l'éruption sans en abréger sensiblement la durée {art. cit. y p. 256), et M. Bally va jusqu'à dire que les saignées, si vantées dans l'érysipèle de la face, sont propres à aggraver les symptômes, à faciliter l'invasion du délire, à lui donner de l'intensité et à prolonger la maladie. Sans être aussi exclusif que ce dernier praticien , nous pensons que les pertes de sang, poussées trop loin, peuvent avoir des inconvéniens, mais qu'elles sont cependant utiles quand se présentent les indications que nous signalions en comm^'iiçaut ce paragraphe. Ajoutons qu'elles conviennent seulement au début ; à une [)ériode avancée , leur effet serait presque nul et même plutôt nuisible qu'utile.
Les émissiojis sanguines locales ont été beaucoup préconisées |tar une fouie de médecins; on les pratiquer .soit au ujoyen des sangsues, soit au Fnoyen des scarilications. Les srniysucs, (]uan(l i'acuilé de rinflimmation exige leurem|>loi, doivenl- «^tre uiises sur la peau saine, a la circonférence de la surlac»! nialade , mais surtout entre elle et le centre circulatoire. Suivant
M. Blandin, « si la lymphite estraffection préexistante et prédominante ; si , après qu'on Ta détruite, il ne reste plus qu'une simple phlcgmasie de Tappareil tégumentaire, il s'ensuit que c'est à la première de ces deux alfections qu'il faut d'abord s'attaquer; et comme c'est vers les ganglions lymphatiques, situés plus haut, que le mal
des parties trop tendues par Tafflux sanguin, ne sauraient, cependant , être employées au visage chez les femmes , car il pourrait en résulter de petites cicatricules blanches qui altéreraient l'aspect ordinairement lisse et poli de cette région. Ainsi, tant à cause de ces inconvéniens que de la répugnance inspirée par l'instrument
scpropage, c'est là qu'il faut agir. Ce mode tranchant , on aura plutôt recours aux
de traitement est d'autant plus aisé , <jue chaque ganglion est un point d'arrêt pour le cours de l'inflammation comme pour celui de la lymphe ; et on doit proliter du séjour du fluide enflammé en ce point pour l'attaquer par les sangsues,cow/7 sin^ coup, afln que la lymphe soitdébarrassée de toute irritation lorsqu'elle reprendra son cours vers les ganglions viscéraux. » {Journ.
des conn. mcd. chir., t. v, p. 10.) Nous avons cité cette méthode, à cause des résultats avantageux qu'elle a, dit-on, fournis à son auteur , mais nous n'acceptons nullement ces idées de lymphe irritée ou enflammée ; la lymphe n'est pas un corps organisé, elle ne saurait donc subir l'irritation qui est un trouble de fonction.
Les scarifications et les moucheiiires ont déjà été anciennement proposées par Freind, puis parHutchinson, Lassis, 1 )()!)son, Ikigth, etc. Les deux derniers auteurs apijliijuent surtout la méthode des mouchetures aux erysipèles de la face; ils praticiuentavcc une lancette un grand nombre de très petites mouchetures ([)liis d'une centaine et même plus d'un millier, suivant ^L Dobson), sur la surface envahie par l'éruption érysipelateuse, et ils facililent récoulemeiit à Taide d'une éponge imbibée d'eau liéde. {.Journ. des^ conn. méd.prat., t. I, p. 8.) Tout récemment, on a publie dans la Lancette (19 septembre 1840) un compte rendu de la cliniiiiie de M. Baudens, dans lequel on se loue beau-
sangsues employées comme nous l'avons dit qu'aux scariflcations. En résume, nous dirons qu'il faut être très réservé sur l'emploi des émissions sanguines dans l'érysipèlc, rarement elles abrègent sa durée, mais peut-être MM. Chomel et Blachc {art. cit.,\). 256) ont-ils exagéré en disant que leur emploi n'est suivi de diminution que vers le déclin naturel de la maladie.
Sous le nom de Méthode dicisatite, ■\L Lepelletier a exposé un procédé qui se rattache aux scarifications , et qui consiste à pratiquer de larges incisions sur la partie malade. Les auteurs de ce moyen , MM. Hutchinson et LaNvrenre , ont prétendu éviter ainsi les supjmrations dans le cas d'érysipèle phlegmoneux. Le fait est (]ue des incisions largement pratiquées l)euvent être utiles (juand la phlegmasie est intense et qu'il y a étranglement; on lève ainsi une cause mécanique (|ui pourrail déterminer la gangrène, en même temps que l'on provo(|ue un dégorgement sanguin très salutaire. IS'ous ne parlons pas ici de l'ouverture des foyers [)uruleiis , nous renvoyons pour celte question aux mots Aiîcî:s et Phlegmon.
b. Topiques èmolliens. Relativement aux to[)i(pies, voici ce (jue disent MM. Chomel et Blache (irf., ihid.) , et leur opinion nous semble tout-à-fait conforme à la saine prati(iue. « Les cataplasmes mucilagineux et les compresses imbibées de liquides
coup des résultats obtenus par la scarifi- | onctueux nous ont paru avoir, en géné-
calion des surfaces enflammées. « Onand l'érysipèle fait des progrès assez profonds pour faire craindre le phlegmon, M. I5audens promène a grands traits son rasoir sur la surface enflammée, sans aller biaucoup au-delà de l'cpiderme. Ces divisions suflisent pour fuiunir une plaie sanguine abondante, et dont les effets sont faciles à apprécier. »> {Art. cit.) Les mouchetures €t les scarifications, bonnes pour dégorger
rai , te double inconvénient de provoquer une éruption eczémateuse, et de favoriser le décollement de l'épiderme. Les farines sèches de seigle et de froment , etc., dont on a proposé de saupoudrer la surface enflammée , forment des croûtes sous les- (juelles se fait souvent une exhalation purulente , et sont en général plus nuisibles qu'utiles.
n Dans le cas où la chaleur est très in-
ÉRYSIPÈLE
commode et la douleur très vive, on peut, sans inconvénient , permettre l'usage des lotions fréquemment répétées avec ritifusion de fleurs de sureau , la décoction de feuilles de laitue ou de tètes de pavot, Fémulsion d'amandes, etc., et mieux encore avec Peau simple , qui ne laisse sur les parties affectées aucune matière susceptible de s'y altérer. C'est dans ces circonstances aussi qu'on a proposé l'application du camphre mouillé , dont M. Malgaigne dit avoir obtenu d'heureux résultats. »
(Gaz. médic.^ 1852, t. tu, p. o82.)
rvous verrons bientôt que Taxonge a quelquefois procuré de bons résultats.
Quant au coton cardé appliqué sur la surface enflam.mée par 31. Baudens {art. cité)^ l'expérience n'a p;is encore prononcé sur remploi O.e ce moyen.
c. Méthode mcrcurlelle. « Dès 1820 , un médecin américain , A. T. Dean , publia un travail sur l'utilité des onctions mercurielles contre Térysipèle. [The americ. medic. recorder, t. m, Philadelphie, 1820.) Quelques auti'es praticiens^ Little entre autres (id,, ibid., 1821), adoptèrent cette méthode, ce qui donna lieu à Brodie d'examiner si les succès n'étaient pas dus plutôt à la graisse qu'au métal. {Froriep 7ioiizen , t. n , 1822.) Plusieurs années après, ]\IM, Serres d'Uzès et Pxicord reprodui-sirent les idées des médecins américains , ce qui souleva en France les mêmes objections que Brodie avait déjà adressées aux fauteurs des mercuriaux.» (Gerdy, Traité des jpanscmens y t. ii, p. 290, Paris, 1839.) Ces quelques phrases résument parfaitement l'historique de l'emploi des frictions mercurielles , vantées par I\PM.
Serres et Bicord. Le premier emploie l'onguent mercuriel double et fait faire des frictions, chatjue deux, trois, quatre, cin([, six ou .se[)t heures, à la dose de 1 gramme; à S grammes, selon l'étendue et la violence du mal, sur la partie rougie, tuméfiée, et mrlme un peti au-delà. Suivant lui , ce moyen employé des le début fait avorter la phlcgmasie, sans aucun phénomène critique. « Lorsque, dit-il, a[)rèH vingt quatre ou (pjarantc-huit heures, Ifs IViciions n'ont pas sensiblement change h; mal en bien, on peut, avec grande proltahilitc , s'attendre à la >uii[»uralion ou a tonte autre terminaison fâcheuse. » [Dus [ridions
mercurielles^ etc., par M. Serres d'Uzès , Journ. des conn. méd. prat.^ t. i, p.
195.) M. Ricord procède un peu différemment, « il couvre de prime abord toute la surface qu'il (l'érysipèle) occupe , d'une couche d'onguent mercuriel double étalée par une simple onction sans frictionner, la dose de Ponguenl étant relative à l'étendue de l'érysipèle; une condition {sine quel non).^ encore, c'est que Ponguent soit très récent. Le lendemain de l'onction, si elle a agi favorablement, la rougeur a diminué; mais on ne peut pas bien apprécier la diminution de ce symptôme, la couleur de l'onguent masquant celle de la maladie. Ce qui apprend alors à M. Ricord que l'érysipèle s'amende, ce sont les rides qui se forment sur Fépiderme , le gonflement ayant diminué ; si cette diminution n'a pas lieu , on fait une nouvelle onction sur l'érysipèle ; enfin , s'il est étendu ou s'il a changé de place, on le poursuit avec l'onguent mercuriel, et il est rare qu'on soit obligé de faire plus de six onctions pour vaincre les plus rebelles; le plus ordinairement, trois ou quatre onctions suffisent; dans quelques cas même, il n'en a fallu qu'une ou deux ». {Lancette franc. y t. V , p. 109.) En employant ce procédé , M, Ricord n'a jamais vu de salivation ni de métastase, M. Vel[)eau a aussi employé l'onguent mercuriel, mais en frictions, et il assure en avoir retiré de grands avantages; cependant, à ces succès on peut opposer l'expérience d'une foule d'autres praticiens qui ont vu presque constamment (îchouer la pommade mercurielle, et la maladie continuer sa marche : c'est ce qui est arrivé à Mi\L Chomel et Blache {art. cité, p. 257) , et ce que nous avons vu nous-méme bien des fois, il ne faut pas pour cela rejeter ce moyen d'une manière ab.solue, mais ne pas trop com|)ter sur son action , et surtout ne pas remployer seul. M. IMartin Solon, ayant essayé des onctions avec de l'axonge simphî, est arrive; aux résultats suivans : « 1" Si l'axonge nv. \)n\sente pas constamment tous les avantages (h; la [xjnimade nn-icurielle fraichemcïnt I)répar(e, il n'en est pas moins vrai (jue ce* corps gras, à l'état récent, tantôt entrave la ni:n-(-li(; de la maladie; , tuilôl diminue les douleurs que cette; malaelie; etee.asieinne. l'' L'axonge fraîche n'a pui le» inconvé-
ÉRYSIPÈLE
niens que Ton a ivprochés aux corps gras, et ce médicament peut être employé utilement par ceux qui ont de la répugnance à se servir des préparations mercurielles. »> [Lancette française^ t. v, p. 2i7.) Nous adoptons très volontiers ces conclusions , et nous pensons que l'axonge est un moyen adoucissant qui doit èlre préféré aux mercuriaux dans la plupart des cas.
Quant aux anli-plilogisliques généraux, on donnera des boissons éraollientes ou rafraîchissantes, suivant les cas (les tisanes do violettes, de mauve, d'orge, etc., la limonade citrique, l'orangeade); on fera prendre de grands bains lièdes; M. Renauldin en a retiré beaucoup d'avantages dans un cas d'érysipèle général.
d. Méthode compressivc. La compression ayant pour résultat de déterminer l'évacuation locale du sang renfermé dans la partie comprimée, nous semble très convenablement placée au nombre des moyens anti-p!)logistiques. « Ce moyen , dit M. Velpeau, est un des plus eflicaccs que Ton puisse tenter contre les inflammations aiguës des membres en général; il est applicable à tous les cas sans distinction, lorsque la pbiegmasie est bornée à la couche sous-cutancie et aux tégumens, et"* que cette pbiegmasie est répandue en nappe et non rassemblée eu masse pour former des noyaux phlegmoncux. Leséiysipèles simples ou gangreneux seront arrêtés par son emploi. )» {Mêm. sur remploi du handacje compre.ssif, etc., Arch. gèn. de mtd,, t. xr, \). 192; !■« série.) La compression peut, en elfet, offrir quelques avantages, mais il faut qu'elle soit employcMî sur des sujets sains et bien conslitwe's , que Ton n'ait pas affiire à des érysipéles phlegmoncux déjà arrivés à la période de sup[)uratiou, enfin (ju'il ne s'agisse pas de ces phlegmasies coïncidant avec un état général, grave, typhoïde, adynamifpie, etc., dont nous avons déjà parle. M. Jlayer a vanté les avantages de la compression dans les cas d'érysipèle (pdémateux, auxquels cette méthode convient d'une manière spéciale. « La compression s'cxorce au moyen d'un bandage spiral convenableriient appli(iué, à partir de l'extrémité du membre la plus éloignée du tronc, (le l)andagedoit être partout également bien serre, autrement il serait i)lus nuisible
qu'utile. Il faut aussi le surveiller avec soin , d'un côté , pnrce qu'il se relâche prompNMTient à cause du dégorgement (pi'il produit , et de l'autre, à cause des ancidons qu'il pourrait occasionner s'il était serré. Dès {\\\e. le malade ac€use de vives douleurs, il faut enlever son appareil ; si l'on résistait aux souffrances qu'il témoigne, on s'exposerait à voir sm-venir des eschares et même la gangrène de tout le membre. Il faut encore bien prendre garde à ne pas comprimer les parties dans lesquelles la peau repose sur le bord saillant d'un os, comme cela s'observe sur la crête du tibia; on peut alors étendre, sur cette partie du coton cardé, qui amortit l'effort compressif sans le neutraliser. ]Malgré ces inconvéniens auxquels on peut remédier comme nous l'avons dit, je crois que ce moyen peut être fort utile , surtout si Ton dispose le membre sur un plan fortement incliné, qui place le siège du mal beaucoup plus haut cpie le reste du corps. On voit alors le membre diminuer de volume avec une grande ra[)idité. » (Gerdy, Trait, des panscniots , etc., t. ii, p. 348.)Lasituation élevée de la piilegmasie, c|uand le siège qu'elle occupe le permet, est d'une haïUe importance et nous y insistons. Quelques personnes, i\L Velpeau entre autres, trempent les bandes qui servent à la compression dans une liqueur résolutive.
2» Jicsolulifs et astrinr/eus. Ils sont presque toujours associés dans la prati- (juc; c'est ainsi que beaucoup d'auteurs recommandent de couvrir le membre de compresses imbibées d'une solution froide d'acétate de plomb , de carbonate d'ammoniaque , d'alcool camphré étendu d'eau, etc.; I\L IMalgaigne a employé avpc succès le camphre mouillé, étendu sur la surface enflammée, (piand la chaleur était très intense; l'èvaporation (pii a lieu délermine une absorption de calorique (pii soulage l)caucoup le malade. Les réfrigérans proprement dits, tels que l'eau vinaigrée et l'irrigation continue , ne conviennent guère que dans les érysipèles traumaliques peu intenses, car de leur action peut résulter une véritable répercu-sion suivie de métastase grave. M. Blandin a rapporté un cas de ce genre fort intéressant (La/jcef/e franc.., t. v, p. 434); un
ÉRYSIPELE.
érysipèle survenu à la cuisse , par suite d'une plaie par inst rumeur [)iipiniit, ayant été répercuté au moyen de l'eau froide vinaigrée, un délire furieux s'empara du malade, et ne cessa que (juand réruption eut été rappelée vers son siège primitif au moyen des frictions avec la pommade stibiée. 3ïais il est un moyen prudent de se servir du froid , c'est celui indiqué par M. Tanchou : « Toutes les fois que dans un érysipèle , quelque intense , quelque étendu qu'il soit , on emploiera de l'eau, d'ahord un peu tiéde^ puis un peu fraîche, puis un peu plus, puis enfin toute froide, et enfin à la glace s'il est nécessaire, et qu'on aura la précaution de la tenir sur la partie malade d'une manière permanente et soutenue , jamais on n'aura à craindre de répercussion ni de métastase, et toujours on finira par dominer la maladie et Téteindre. » {Du froid et de son application , etc., p. 106, Paris, 1824.) M. Josse fils, dans ses Mélanges de chirurgie pratique (Paris 1855), et M. Lacorhiére, dans son grand ouvrage sur le froid iniùs et extra (p. 511 et oo2, Paris 1S59) , ont beaucoup insisté sur l'usage des réfrigérans ; c'est qu'en edet leur usage, bien entendu, a pour résultat de soulager beaucoup les malades en calmant cetle ardeur brûlante qui a valu à l'érysipèle les noms expressifs de feu sacré, feu Saint 'Antoine.
3'^ Méthode dérivalice ou récuUue.
Celte méthode a pour intention de déterminer sur un point du lé.,^ument interne ou externe \uie irritation (jui contrebalance, ou même neutralise celle qui constitue le point de départ de l'aflection principale; nous avons donc à examiner les révulsifs cutanés et les révulsifs intestinaux.
a. IlcmiUifa cutanés. Les rubéfians, tels que les sinapismcîs, les frictions ammoniacales, etc., sont assez rarement emjiloyes dans le couis (Tun érysipèle, a l'exception p(»urlant de cflui <le la t('Ie;oii se trouve alors qiHîlipiclois a^-ez birn de sinapisujes applicpies au.x exlrt-mitès inH;rieuir.H,de pediluvci* rendus irritans,etc., uiai-i il ne faudrait [)ns employer ces moyens chez des sujcU nerveux et 1res excitables, car alors la douleur produit*; parla rubefaclioa artificielle pourrait deterintner une
réaction fàcbeuse, ou bien amener la production d'un nouvel éi'vsipèle sur la ])artie irritée. On y a j)lut()t recours pour rappeler à l'extérieur et sur son siège primitif un érysipèle répercuté, c'est ce qu'a fait avec succès M. Blandin, dans le cas dont nous avons parlé à propos des réfrigérans. On pourra agir de la même manière pour fixer sur une partie peu importante, sur un membre par exemple , un érysipèle ambulant qui tendrait à envahir la tête ; mais bien rarement obtient-on le but qu'on se propose.
h. Ré cul si f s intestinaux. C'est la ?7î'cthode évacuante de M. Lepelletier. Les vomitifs ont été surtout employés par Sloll contre les érysipèles bilieux qu'il avait eu l'occasion d'observer; ils ont en efTet une incontestable utilité dans les cas d'érysipèles de causes internes ou épidémiques ; nous n'hésitons donc pas à lecommander ces moyens de préférence aux anti-phlogistiques, lorsque s'observent les phénomènes décrits sous le nom d'embarras gastrique ou d'état bilieux, que l'on rencontre si souvent dans la maladie qui nous occupe. M. Boinet {art. cit., p. 25) rappelle les succès que Desault obtenait de Témétique en lavage, et pense avec raison que le traitement de ce grand chirurgien doit encore éti-e préféré la plupart du temps. On doiuicra donc soit l'émétiipie en lavage, 5 centigrammes (1 grain) dans un lirre d'eau de veau , soit l'ipécacuanha à doses répétées, jusqu'à ce (jue la marche de l'érysipèle soit arrêtée; on pourra ainsi faire prendre clia([uc matin, 10 à 12 décigrammes (20 à 24 grainsj de poudre d'ipéca, eu deux ou trois prises égales. — • Les purgatifs doux, l'eau de Sedlilz, ou de Pullna sont encoîc très utiles dans le tr.uiemcnt de rèrysii'.èle.
Nous ne terminerons pas ces remarques sur les révulsifs sans rappeler que, quand la supj)ressiou d'un flux san,L;uin habitiud parait (îtr(! la caiise de la malaMic!, il est hou de h; rappeler à Paidi! d'une application (U: sangsues en petit nombre dans le lieu où se fei-ail revacuatiou normale.
Ainsi, ou appliquera des sangsues à l'arui.s s'il s'agit (riicMiorrlioïdes , à la partie; interne (!l supérieur»! di'S cuisscîs si ce sont les règles, e-le.
4" Méthode pcrlurbalrice. i\ous desi-
ÉHYSIPELE.
gnons ainsi remploi (rmi moyen fortement excitant appliqué sin* le mal luimême ou sur ses limites pour moclilier rinflammation cutanée et la forcer de suspendre sa marche , soit sous le rapport de la durée , soit sous celui de Vclcndue.
a. Bu vésicatoire. On avait déjà anciennement conseillé l'usage d'un vésiraloire placé au centre même de Térysipèle, et ce moyen élait tombé dans Toubli lorsffii'il en fut tiré par Du[)tiytren , (jiii lui dut quelques succès , surtout dans le cas d'érysij)èle plilegmoneux. Depuis lui, plusieurs auteurs ont tenté ce moyen, et n'en ont pas reîii'é les avanlages (pie l'on avait annoncés. i\i;M. Cazenavé et Schedcl disent avec jusie raison (pie « les vésica'oires ne doivent être employé-; (pie pour fixer rérysi[)èle ambulant, ou ])ien pour r.q)|)elcr sur la partie primilivement afrccté(! cet exaiillièiije, quand il a disparu subitement, et (|ue celta disparition coïncide avec dos accidens plus ou moins graves. » [(Jui\ cil., p. 25.) Quelques personnes ont voulu limiter la maladie avec des Itandes de talïetas vésicant : nous avons vu mettre ce moyen plusieurs fois en u^age, noiammentà rii()piial Saint-Louis par le professeur (jcrdy, mais Térysipèle fran- <'liissait bientôt cette iiiqiuissante barrière. .Dans un cas tiré de la clini(pie de M. Fouquier [Luncetlc fr.^ t. m , i)areille chose étant arrivée, le professeur fit remarquer que lVmi)loi des vésicatoires devait élre lilus nuisible qu'utile dans les temps d'é- 2>idémie.
b. Des caustiques. L'applicalion du fer Touge, du moxa a été pro()osée par plusieurs chirurgiens, entre autres Pelletan Il M. Larrey, [)our entraver les progrès de l'inlhimm dion , et surtout la fixer sur une partie moins imi)orlanle cpie celle qui va élre envahie. Ce moyen est très peu usité de nos jours, et il faudrait de bien graves circonstanees pour s'y décider.
« Un autre genre de moyens a été j)roposé par le docteur lliggiiibollotn ('/'/te Loiid. med. and phys. journ. , sepfemhre 1827) pour arrêter la marche de l'èrysijièle : c'est rai»plicalion extérieure du nitrate d'argent, faite sur les limites de la ])hlogose. ÎNOus avons plusieurs fois employé ce mode de cautérisation, lorsque i'érysipèlc occupait la face et que nous re-
doutions lenVahissemont du cuir chevelu; assez souvent alors, l'érysipèhî a suspendu sa marche ; mais , dans d'autres cas, ses progrès n'ont été nullement entravés , et la maladie a suivi son cours ordinaire. IS'ous avons cherché à connaître les circonstances aux(pielles il fallait attribuer ces résultats opposés , et nous avons pu nous convaincre ([ue la cautérisation par le nitrate d'argent, aussi bien que la vésication , également recommandée par plusieurs médecins honorables, n'avait ou ne paraissait avoir d'elfet que dans les cas où l'érysipèle n'offrait plus sur ses limites qu'une sim[)le rougeur sans gonflement , c'est- à- dire dans les cas où il était sur son déclin ; tandi.. que là où il y a un bourrelet rouge, indice certain du progrès de l'érysipèle, la cautérisation et la vésication étaient l'une et l'autre sans action pour en arrêter la marche. » (Ghomel et lilache, art. cit., p. 257. ) On peut en dire autant du procédé de iM. Tanehou , qui consiste à crayonner toute la surface malade avec la pierre infernale. (T. Lancette fr.^ t. v, p. 120,. 1851.)
o" Méthode tonique. L'usage intérieur des préiiarations de (juiiKjuina, des amers, des cordiaux, est convenable dans les formes que nous avons décrites sous les noms d'erysipèle adynami(pie , d'érysipèle des vieillards , ou dans certains cas d'œdème : dans cette dernière circonstance , les tonicpies pourraient aussi élre fort avantageux.
fio Méthode expectante. Recommandée dans presfpie tous les cas par plusieurs auteurs, elle n'est admissible que dans les cas très légers ou lorscpie la maladie occupe une partie où elle ne saurait avoir de gravité. Alors on place le membre dans une situation convenable, on met le malade à l'usage des boissons rafraîchissantes ou laxatives, des lavemens, des bains, etc. ;\LAL Chomel et Blaclie, dans leur article, excellent d'ailleurs, n'ont peut-être pas fait une part assez large à la iherapeuliipie de l'érysipèle, et ont trop peu compté sur les ressources de celle-ci.
Quebpies mots sur les indications spéciales présentées par les formes principales que l'érysipèle peut alfecter, serviront de résumé à ces généralités sur le traitement.
ÉRYTHEME.
66îJ
S\igit-il d'une phlegmasie cutanée simple, légère : quelques adoucissans, la méthode expectanle en un mot. Les phénomènes locaux et généraux sont-ils , au contraire , très marqués ; la réaction fébrile est-elle franche et énergique : saignées générales ou locales, onctions mercurielles ou d'axonge , ou bien encore légers réfrigérans.
La méthode évacuante par les vomitifs s'applique surtout aux cas si fréquens d'érysipèle avec embarras gastrique, ou état bilieux , et les toniques aux phlegmasies cutanées avec état général adynamique ou typhique. Yoilà pour les phénomènes généraux; quant aux symptômes locaux , s'il se forme des phlyctènes , on les piquera pour évacuer la sérosité qu'elles renferment, et éviter la formation d'excoriations superficielles ; l'engorgement œdémateux ou phlegmoneux sera combattu par la position et la compression, sans préjudice, pour le cas de phlegmon, des évacuations sanguines générales et locales, et , dans plusieurs circonstances , des rélrigéraus , qui s'accordent très bien avec l'emploi de la compression méthodique. Enfin, l'érysipèle erratique sera fixé, si faire se peut, au moyen d'un irritant local très énergique.
ÉRYTIIÈME, s. m. ; t^^B-zi^u, mot grec transporté dans notre langue et dérivé de epvO&o;, rouge ; dans le langage d Ilippocrate , il servait à exprimer toute rougeur anormale du tégument ; aujourd'hui , il a une signification plus restreinte et s'applique exclusivement à une maladie non contagieuse de la peau, caractérisée par une éruption de taches rouges, superficielles, ou avec induration partielle du tissu dermoïde , de forme et d'étendue variables , et développées le plus ordinairement sans phénomènes généraux.
Cette alfection a été désignée sous les noms divers dr; ruhor^ phlofjosis tryihema, feu volarje^ (fp.oresreuce^ inlcrtriyo, etc.. Sauvages la classait dans l'ordre des vices {Nosot. MètUod., t. i , [>. i77> ^ trad. de iNicolasj; Alibert vu avait fait autrefois la dartre érytlu inoïde ( J'récis thcor. et jrrat. df:s maladies de la peau , t. i , p. ii91, Paris i.Sid;, et, plus lard, lu premier genre des dermatcses eczémateuses (Monogr. des dcrmat.^ t. i, p. <1 , I'ari« ,
1832); Willan, Cateman [Àlrégé prat.
des mahid. de la peau^ trad. de Bertrand, p. 160, Paris, 1820), MM. Cazenave et Schedel , Gibert , Rayer et les autres partisans de la classification anglaise la rangent dans l'ordre des exanthèmes.
Causes. L'érythème se rencontre souvent chez les jeunes enfans, et, alors, cette éruption tient à diverses circonstances dont nous parlerons plus bas. Les femmes en paraissent plus souvent atteintes que les hommes. Certaines variétés (l'érythème simple) s'observent plutôt chez les sujets sanguins et doués d'une bonne constitution, tandis que d'autres (éry thème noueux) atteignent spécialement les individus lymphatiques et scrofuleux. Il paraîtrait que , dans certains cas , la nature des alimens a influé sur la production de l'érythème ; ce sont surtout les substances irritantes; mais il est aussi des aptitudes spéciales en vertu desquelles des alimens très sains , pour la généralité , déterminent sur des idiosyncrasies particulières l'éruption qui nous occupe. Les irritans directs ont une grande part à sa production : ainsi, chez les nouveau-nés , le contact des matières fécales avec la peau des cuisses ou des fesses donne lieu à un érythème , il en est de même chez les adultes ou les vieillards de la part de certains ccoulemens , les leucorrhées très acrimonieuses, le suintement ichoreux du cancer , l'écoulement de l'urine dans le cas d'incontinence , etc. Le décubitus prolongé sur une partie (crythema paratrima) agit d'une manière analogue, et c'est encore ainsi que, chez les très jeunes enfans et les personnes douées d'un grand embonpoint , on voit un érythème se développer dans tous les points qui sont le siège d'un frotteujenl de la peau contre elle-même, sous les mamelles, aux aisselles, mais surtout aux cuisses et entre les fesses; le même accident s'observe encore à cette dernière région à la suite d'une marehe forcée; , ou chez le cavalier à la suite d'une écpiilation prolongée; d'antres fois, il est le résultat (rnne bnjlure {crylhcma (Oinhustio) , ou bien , au contraire, du ïrokl {erylhema pcrnio, engelines , « Dans (pjebpies circonstanee^, dit AL (Cazenave, 1 Crylheme est évidennnent syuq>t()màli(pje d'une autre aU'oclion ; il se développe souvent chez
ERYTHEME.
les enfans à IV-poque de la deiiiiiion, cliez les femmes lors des évacuations menstruelles , où à Page critique : il précède on accompagne une foule d'éruptions ; mais il est clair que , dans ces cas, il rentre toutà-fait dans leur description particulière. » [Dict. en 25 vol., art. Érythème, t. xir, p. 254.)
Le printemps et l'été paraissent favorables au développement de cette maladie ; enfin , on l'a observé régnant d'une manière épidémique. [f^. Acrodynie.)
Siège. L'éryllième peut se montrer partout, mais spécialement sur certaines parties, telles que le visage, la poitrine et les membres ; il est en outre certaines variétés qui ont des sièges spéciaux , il en sera question plus bas.
Symptômes. Les auteurs, et notamment Willan, ont admis un assez grand nombre de variétés d'érythème; nous les rangerons dans les trois catégories suivantes.
Première forme. Éryllième simple ou superficiel. Quelquefois précédé d'un peu de malaise et d'anorexie , et même d'un léger état fébrile, mais assez souvent aussi se montrant sans phénomènes précurseurs, il apparaît sous forme de taches d'un rouge rosé, dont la couleur disparaît sous 1-1 pression du doigt pour reparaître immédiatement après. L'étendue de ces plaques colorées n'a rien de constant, elles varient de 15 ou 20 lignes cà 5 ou 4 pouces de diamètre ; il en est tjui sont beaucoup plus considérables et envahissent une large surface : quand les plaquessontnombreuses et petites, elles laissent entre elles des intervalles souvent assez considérables dans lesquels la peau reste parfaitement saine. Dans certains cas , enfin, on a vu presque toute la surface du corps couverte de ces taches rouges. Dans cette forme d'érythème , la peau malade n'oH're pas de relief sensible au-dessus du tégument, la chaleur est peu élevée et n'olFre pas ce caractère d'ardeur (jui est si remaniuahle dans l'érysipèle , la douleur est aus>i à peine marquée, et, le plus ordinairement, la sensation consiste surtout dans une cuisson ou un prurit avec fourmillemens , qui détermine une agitation dont le malade est surtout incommodé pendant l.i nuit. Au bout de trois ou quatre jours , les taches pâlissent, disparaissent, et, sur
la surface qu'elles occupaient, une desquammation furfuracée vient, comme dans l'érysipèle , constituer la dernière période de la maladie. Dans cette espèce se rangent les variétés suivantes.
a. Erythemafugax. Erythème fugace.
« Cette éruption est caractérisée par des taches rouges , irrégulières et ressemblant à la rougeur (jui est produite par la pression ; leur durée est courte. Elles paraissent successivement sur les bras , le cou , la poitrine et la face , dans les difTérentes
pyrexies et dans la diarrhée bilieuse
Elles ont lieu aussi dans les affections chroniques , surtout dans celles qui sont caractérisées par le dérangement des premières voies , comme dans la dyspepsie , l'hystérie, riiémicrànie. >» (Dateman, ouv. cit., p. 161.)
6. Erylliema lœve. Érythèmc lisse ou luisant. « Ou reconnaît cette éruption à sa surface uniformément unie et luisante, à son apjiarition sur les extrémités inférieures , sous forme de taches confluentes. Elle est en général compli(piée d'un état d'anasarque. Elle attaque les jeunes personnes qui mènent une vie sédentaire. Cet état maladif est accompagné d'iuie fièvre légère, et, dès (jue l'anasarque a disparu, il se termine progressivement, et au bout d'un temps indéterminé, par une des-
quammation élendue Quehpiefois, cet
erythème se manifeste sans œdème , lorsque les intestins sont très dérangés , et survient chez les femmes à ré[)oque de leurs menstrues. » [Idem , p. lfi2.) M. Gibert ajoute que, dans les dernières conditions signalées par Hateman, les rougeurs peuvent aussi se montrer sur les parties siq)érieures du corp>^. {Traité pratique des maladies spéciales de la peau., p. iJO, Paris , 1839.) A cette variété se rattache Véryllii-me diffus , décrit par M. Rayer. {Dict. en 15 vol., art. Ei\YTnL:M]:: , l. vu , p. 49i.)
c. Krythcma paralrima. On appelle ainsi celui (jui succède à une pression prolongée : on l'observe surtout dans [v.^ lièvres graves, à la suite d'un deciibitus I)rolongé, et il se manifeste là où la peau est comprimée cuire le matelas et une.
surface osseuse , au coccyx , aux coudes par exemj)le. 1! se termine iiabiluellement dans ces cas pur des eschares superUciel-
ERYTHEME.
les à la chu!e desquelles succèdent des ulcérations excessivement douloureuses et difficiles à guérir.
d. Enjthema intertrigo ou interlrigo tout simplement. Cet érythème se montre chez les enfans tenus malproprement Ou qui sont très gras , chez les personnes les femmes surtout, pourvues d'un embonpoint considérable. Le siège de Tinflammation estle plus souvent à la partie interne et supérieure des cuisses , entre les fesses et aux parties génitales-, puis aux aisselles, sous les mamelles , etc. ; la rougeur est d'une nuance vive , surtout dans les points qui sont le plus soumis aux frottemens, et elle vjien s'éteignant vers la circonférence. Très souvent il se forme des excorialions superficielles qui donnent lieu à un suintement séro-purulent d'une odeur fade et désagréable. Ces excoriations sont ordinairement étroites et allongées , dans le sens des plis de la peau au fond desquels elles se trouvent , d'autres fois elles sont irrégulières, arrondies et se présentent généralement ainsi aux fesses et aux parties génitales. Les cuissons et le prurit qui résultent de l'intertrigo sont ordinairement très intenses. La variété qui nous occupe est fréquemment liée chez les enfans à une irritation chronique gastrointestinale \ elle siège alors au pourtour de l'anus et s'étend plus ou moins loin sur la peau qui recouvre les fesses et les parties génitales ; sa durée est diins ce cas subordonnée a celle de la maladie principale.
Nous ne parlerons pas ici de Verythema per adiistioncm , premier degré de la brûlure^ ni (\vA('ru1hema'pcralo,(\\\\ n'est autre chos(; que \ engelure (^. ces mots.) Deuxième forme. li'rylhcme papu- Icux. Ici , sa surfuce n'est plus luiie , elle est cli.'igrince , iné'ale , et présente divers aspects qui donnent lieu aux vaiiétés suivantes.
a. Eryllicma pnpulatum. Érythème papuleux pn»i)rcnienl dit. o II se d(;veloppe .surtout clii'z les femmes, les jfîunes gens, l'i se montre If plus ortlinairement à la face d(jrsale des mains, au col, sur la lace, la f)oitrine , les bras cl les avant-bras. Les petites taches rougcH qui le (caractérisent, iiTOgulièrement arrondies, légèrement sail-
rement la largeur d'un centime ; d'un rouge vif au début, elles prennent bientôt une teinte violacée , surtout à leur centre, et disparaissent presque complètement sous la pression du doigt. Dans Tespace d'un à deux jours , elles s'affaissent au niveau de la peau qui les entoure, et la rougeur elle-même est dissipée après un ou
deux septénaires Enfin, elles peuvent
être confluentes, et former parleur réunion des taches irrégulières plus ou moins considérables. » (Rayer, art. cit., p. 492.)
b. Eryllrema marginatum. Érythème abords saillans. «< Cette éruption se présente sous forme de taches arrondies dont les bords sont rudes , proéminens , tortueux , rouges et légèrement papuleux.
Les taches paraissent sur les extrémités et les lombes, chez les personnes âgées ; elles continuent pendant un temps indéterminé, et elles ne produisent aucune irritation sur la peau. Elles sont sous la dépendance de quelque dérangement interne, et leur développement doit être regardé comme nui.-ible. » ( Bateman, omu. cit., p. 165.)
c. Erylhcma tuberculatum. Dans cette variété qui se rapproche beaucoup de l'érythème papuleux proprement dit , les taches sont larges, rouges , irrégulières; mais de plus, on observe de petites tumeurs indurées , légèrement proéminentes.
d. Erylhema centrifvgum. Érythème centrifuge ou excentrique. Tel est le nom donné par M. Biett à une variété fort remarquable qu'il a décrite le premier. Bien (pie l'on en ait fait une espèce à part, nous la rattachons cependant a l'érythème papuleux,;! cause de ses caractères physiques. Cet érythème attaque surtout les femmes, et affecte pour siège s[)ècial le visage. » Il apparaît d'abord sous la foruu; d'un point paj)uleux , qui s'élargit peu à peu , et suit un develoi)pemeut excentri- (|ue tel (pi'il i)eut envahir toute la joue , pMr exem[>le... Cependant, dans quelques cas, l'accroissement est moins manpié :
ce sont des pla(|ues jjIus ou moins régulièrement arrondijcs, rouges, saillantes aiidessus du niveau de la peau. La rougeur présente des nunnces a^sez rem;u(piables : tuiijoins ell(! dispara/t soiis la pression du
lanles, comme papuleuses, dépassent la- [ doigt, mais quel(|uefois elle est très vive,
ERYTHÈME.
et quelquefois, nu contraire, peu intense.» (Cazeiiave, arl. cit.^ p. 2o5.) Assez souvent, cette éruption ne détermine aucune douleur , ni même aucune sensation pruriijineuse ; mais , dans d'autres, elle est le siège d'une chaleur avec douleur fort incommode. Le caractère le plus remarcjual)le de réryllième centrifuge, c'est de laisser à la place qu'il occupait une cicatrice l)lanche , molle et comme craillée , bien que jamais la peau ne i)résente d'ulcération au niveau des parties malades. La marche de cette affection est ordinairement fort longue , elle peut durer des années entières.
Troisième forme. Erythema nodosum.
Eryllième noueux. Dans cette dernière forme , la maladie est caractérisée par de petites tumeurs ovoïdes, fort dures, qui ressemblent très bien à des nœuds semés de distance en distance sur la région affectée. On l'observe chez les sujets lymphatiques , les enfans , les femmes , notamment chez celles qui ont de la dysménorrhée : son siège habituel esta la partie antérieure des jambes, puis aiix autres membres dans le voisinage des articulations, quelquefois à la face dans la région du menton. L'éruption est presque toujours précédée de phénomènes généraux, tels que malaise , anorexie, lassitude dans les membres, état fébrile plus ou moins prononcé. MM. IMonneret et Fleury, dans leur Compcndium de mèd. prat., disent avoir vu des cas où rérythème noueux s'est annoncé par des phénomènes généraux graves, tout-à-fait semblables à ceux (pii préludent à l'invasion d'une fièvre tyl)hoïde. {Ouv. cit.., t. wi, p. 492.) Au bout de trois , quatre , cinq et même huit jours, ces accidens cessent plus ou moins brus- «juement, et Ton voit apparaître sur les parties indi(|uées des élevures ovalaires assez douloureuses, d'un rose vif, sé[)arées par des intervalles plus ou moins considérables de peau parfaitement saine. Ces nodosités, dont les dimensions offrent ordinairement celles d'un œuf de pigeon aplati, semblent comme enehatonnées dans le tissu culane, tant est bruscjue le passage de la partie saine à la partie malade. La rougeur se change bientôt en lUie teinte bleuâtre ou violacée, cpii se montre d'abord à la circonférence des nodosités. La
couleur de ces petites masses indurées disparaît fort difTicilement sous la pression du doigt. r>ient(jt elles prennent une consistance comme pâteuse, s'aplatissent et finissent par se fondre entièrement dans l'espace de huit à quinze jours au plus. Jamais ces indurations dermoïdes, auxquelles semble participer le tissu cellulaire sous-jacent , ne se terminent par suppuration ; elles ne laissent pour trace de leur pa.^sage qu'une tache bleuâtre assez semblable à une ccciiyinose , et qui persiste pendant plus ou moins long-temps.
Marche et durée. La marche de l'crythème est essentiellement aiguë; IM. Rayer a regardé comme un erythème chronique certaines rougeurs du visage, qui ne sont autre chose que de l'acné (^. ce mot) à l'état (le plaques variqueuses. (^)uant à l'interlrigo considéré aussi comme une affection chronitiue, il faut remarquer qu'il est entretenu par une cause incessante d'irritation. En général, et à part les cas d'érythème symptomatique < d'une entérite chronique et ceux dont nous venons de parler, la maladie qui nous occupe dure ordinairement de dix ou douze jours à (|uinze ou vingt jours au plus. On a observé des cas d'érythème intermittent, coïncidant avec des fièvres d'accès , ou même olTrant ce type par eux-mêmes.
Tcrminaii^on. La terminaison constante de cette allèclion est la résolution ; nous ne pensons pas qu'on ait cité des cas de métastase ou de sup[)uration ; rpiehiuefois, comme nous l'avons dit, il survient des exulcerations dans l'intertrigo et l'èrythèmc paratrima ; mais cela tient à des circonstances accidentelles qui ne se rencontrent pas dans les autres variétés.
Diagnostic. Il est en général très facile, et d'abord l'existence de plaques discrètes ou conlluenles, mais sans douleur et sans chaleur bien vives , la rougeur toujours .superficielle, empêchent de confondre l'erylhème simple avec l'érysipèle.
[y. ce mot.) !( L'erylhème papuleux pourrait être confondu avec la roséole, la rougeole., la scarlathie, {'urticaire ; mais la généralité de l'eruplion, sa forme, sa couleur et les caractères particuliers de chacune d'elles devront toujours facilement faire distinguer ces maladies de l'éry thème papuleux , éruption circonscrile , à