‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 115 sur 117 · ESPÈCES · texte numérisé non relu

ESPÈCES

teinte particulière, sans symptômes généraux.

«Quant à V urticaire, elle en diffère par Télévation plus grande des plaques, par labsence de la teinte violacée que l'on observe dans rérythème papuleux, par les démangeaisons qui l'accompagnent, par sa marche irrégulière et souvent fugace. Il n'en est pas de même du lichen urticaîus, qu'il est souvent difficile de distinguer^ si l'on ne se rappelle avec soin que les papules sont moins larges^ plus arrondies, plus solides, que leur couleur est bien moins foncée , que l'éruption est beaucoup plus étendue , et que , comme dans l'urticaire, le prurit est souvent très intense.

w En fin, on pourrait prendre la couleur de rérythème noueux marchant à la résolution, pour celle de taches syphilitiques, et l'erreur serait encore aidée par le gonflement qui Taccompagne.et qui donne à chaque plaque une analogie assez frappante avec les tumeurs gommeuses. Mais la différence de la durée, de la teinte qui est cuivrée ou grisâtre, de l'injection de la peau qui ne disparaît pas sous la seule pression du doigt, etc., ne peut laisser long-temps confondre les taches vénériennes avec celles de rérythème. w (Cazenave , art. cit., p. 156.) Ce diagnostic différentiel ne serait pas complet, si nous n'ajoutions que les taches fauves^ insensibles ou presque insensibles de réiéi)hantiasis des Grecs à son début, ont pu en impo.'jer pour des phqiics érylhémateuses , à des médecins peu habitués à reconnaître les maladies de la peau. (^. Lèpre.)

Pronostic. L'érythème est par lui-même une maladie très légère, (jui n'entraîne aucune espèce de danger. La plus grave de ses variélf's, Térythèine centrifuge, n'occasionne d'autre accident (jue les cicatrices dont nous avons parlé.

Traitement. « L'crythème pst en général une maladie légcjre et facile à guérir. Lorsqu'il est local, partiel et accidentel, conune par exemple d.uis Vliilerltigo , le repos, les soins de pro[»n-té, des lotions émollienles, des topiques adoucissan», Iris qufî riiuihî ou le ctrat, r.qntlir.iMoii de

f)oudres absorbantes^ comme Ut lycopodf, a poudre a poudrer, etc. , feuffij»ent ordinairement pour le dissiper. Lorsqu'il est

général et aigu, comme dans la variété que nous avons décrite sous le nom d'erythema nodosum, la saignée, un régime sévère, les boissons délayantes, quelques bains tièdes, quelques laxatifs , sont les moyens les plus rationnels et les plus convenables à employer.

« Lorsqu'il est constitutionnel, et qu'il tend à passer à l'état chronique , il faut, si d'ailleurs l'état général de la constitution l'indique, user à l'intérieur des acides minéraux, de légers toniques, des laxatifs tant vantés par les médecins anglais, tandis qu'on prescrit à l'extérieur des ba'ins tièdes, légèrement aromatiques ; quelquefois même des bains alcalisés ou sulfureux.

« S'il est symptomatique^ c'est aux maladies qu'il complique qu'il faut d'abord opposer les remèdes convenables... » (Gibert, ouv. cit., p. 97.)

Ajoutons, d'après M. Cazenave {art.

cit., p. 257), que les moyens exigés par l'érythème centrifuge, sont les évacuations sanguines, surtout les applications de sangsues derrière les oreilles , aidées de purgatifs répétés suivant la constitution et l'état du sujet.

ESPECES. « On appelle espèces, disent MM. Mérat et Delens (Dict. univ. de mat médic, t. ni, p. 152), des plantes qu'oii croit semblables par leurs propriétés, quoiqu'on sache qu elles sont très dillérenles par les caractères spécifiques, génériques, et de classes môme éloignées. Ce n'est plus alors qu'un nom collectif d'une application abusive, j)Uis(|u'il peut provoquer des idées fausses et donner lieu à de fausses applications pratiques. Effectivcnient, de niémc qu'il n'y a peul-^tre pas, dans la nature, deux êtres absolument semblables, on peut dire (pi'il y a encore moins de pro{)riéiés médicales identiques entre des végétaux différens. Ainsi, toutes les espèces pharmaceutiques contiennent des plantes de genres et de classes dillérens , auxquelles on croit recoim.illre (juelque analou'ic dans les propriétés. Mais comme cette sujjposition est impossible ici à admettre, surtout dans son acception rigoureuse, il en résulte qu'on emploie , en s'en servant, un mcdicamcDl sur les projjriétés duquel on ne jieut pas compter, puiscpi'd peut varier suivant la dose de chacun de seg cnmposans, fiuivarit le soin qu'on a mis à le itréparer, ftic. D'ailleurs, si on ^suppose à ces Ncgclaux des propriél<*s idenlKiues, il vaut mieux n'en employer rpi un ^('ul ; et s ils m oui de dilTérenleii, il est de r|<.'ueur de le« em|)loyer in- Uividucllcment, cl suivant leurs qualités res-

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pcctivcs. Donc l'emploi des espèces doit 6lre banni de la science thérapeutique. »

Quoi qu'il en soit, les mélanges connus sous le nom d'r.«;;^Vr.s figuienf (ians notre Codex, et |)ar conséquent il est nécessaire de, faire eonnailrc ceux que la nouvelle édition de cet ouvrage a conservés. Nous indiquerons en peu de mots ce qui est relatif à chacun d'eux.

1" Espèces émnllirvirs. Ces c?j)èfcs consistent dans le mélange , à parties égales (comme dans toutes les autres espèces oflicinales sans exception), de feuilles sèches de mauve, de guin;auvc, de bouillon blanc, de séneçon commun et de pariétaire, i

Elles sont siiéL-ialement destinées pour l'usage externe. On prépare, avec une poignée de ces feuilles que l'on fait bouillir pendant une heure dans '■2 livres d'eau , une décoction (pic l'on erni)loic pour faire des fomentations, des injections, des lavemens, qui convieimcnt dans les dilTércns cas d'inflammation. (A. Richard, Dicl. de mcd., l. vm, p. 1294.)

2° Espèces béch'K/iirs. Composées de fleurs sèches (le mauve, de pied-de-chat, de pasd'âne et de pétales de coquelicot, ces espèces servent à préparer, par le moyen de l'infusion, des tisanes adoucissantes, qui , édulcorées avec du sucre ou un sirop queicontjuc , peuvent être prescrites dans la pneumonie ou le catarrhe pulmonaire peu intense. (A. Kiehard, loc. cit.)

3° Espaces dites fruits hêchiqnes ou fruits pectoraux. Elles consistent en dattes privées de leurs noyaux, en jujubes, en ligues sèches et en raisins secs , et s'emploient dans les mêmes cas que les dernières, mais sous forme de décoction.

4° Espèces amères. Elles sont formées de feuilles sèches de germandrée ou petit chêne, et de sommités de petite centauri-e et d'absinthe. Par le moyen de la décoction, on en prépare des tisanes toniques, spécialement indiquées dans certaines maladies chroniques, telles que les scrofules, la convalescence d!>s lièvres de long cours, etc., lorsqu'il s'agit de rendre à l'estomac et aux autres organes de l'économie animale le degré dexcilabilité qui leur est nécessaire. (A .Richard , Inc. cit.)

fi° Espèces aromatiques ou vulnéraires.

Elles résultent du mélange de feuilles sèches de sauge, de thym, de ser[)ol('t, d'hjsope, de menthe aquatique, d'origan commun et d'absinthe.

C'est par infusion, dans des vaisseaux clos, que l'on en fait des boissons aromaticpies (pii doivent être administrées chaudes. Tantôt elles déterminent une excitai ion générale , tantôt elles semblent concentrer jjIus particulièrement leur action sur un organe, et

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