‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 17 sur 117 · CONTUSION · texte numérisé non relu

CONTUSION

l'écras(^ment des testicules , sont les acci- (lens que Pon a pailicnlièrcmoiit h redouter lorsque les corps contoiidans heurtent contre le scrotum.

La contusion des nerfs peut fréquemment donner lieu à la paralysie , le plexus brachial, le nerf radial le long du bras, le nerf circonflexe ou deltoïdien, le nerf obturateur, le sciatique, sont les plus exposés. Quand ces nerfs sont fortement contus , il arrive souvent que la paralysie , au lieu de se dissiper à la longue, reste incural)le. (^. Muscles, Paralysie.)

Les grosses artères sont rarement déchirées dans les cas ordinaires, mais leurs membranes peuvent subir une rupture partielle, capable de déterminer plus tard la production d'un anévrisme. Les veines, ayant des parois minces , se laissent fréquemment rompre , et quelquefois un de ces vaisseaux volumineux placé sous la peau étant rompu , il en résulte une ecchymose et un épanchement considérables.

M. Marchessaux a recueilli dans le service de M. Jobert, à Thôpital Saint-Louis, une observation de ce genre. Une femme de trente-sept ans avait reçu à la cuisse une violente contusion sur le trajet de la saphène interne , cette veine fut sans doute rompue; il se fit une collection énorme de sang qui pouvait être évaluée à plusieurs livres. Cet épanchement resta fort longtemps liquide et formait une espèce de poche fluctuante à la partie interne de la cuisse. Le sang finit cependant par se résorber sans accident, dans l'espace de cinq à six semaines.

Dans toutes ces conditions , il faut qu^il s'opère un travail de résorption. L'ecchymose , de noirâtre , devient violette , puis rouge, jaune; elle s'étend toujours plus et s'évanouit enfin. Quand , au contraire , le sang est accumulé, même en assez grande quantité, d'autres phénomènes ont lieu.

±° La partie la plus liquide est résorbée , la poche qui le contenait revient sur ellemême et coilfe une masse fibrineuse que l'absorption fait disparaître. 2° Le sang , au lieu de se concréter, se fluidifie et repasse ainsi dans la circulation. 5° Il sort de la poche, s'infiltre au loin comme pour se mettre en contact avec le plus grand nombre de bouches absorbantes ( Yidal de Cassis) , mais il n'en est pas toujours

ainsi, carie sang peut encore subir les modifications suivantes, i" La fibrine disparait, la sérosité reste, s'é[)aissit de plus en plus ; il se forme un kyste qui persiste : c'est la trans/'ormalion séreuse. 2° Au milieu du caillot se forme du pus : c'est Vaboès sanguin ou iraumatif/ue de M.

Larrey. 3° Un kyste plus ou moins épais se forme ; il renferme des grumeaux fibrineux ou des couches concentriques qui se laissent facilement écraser. De là l'origine d'une foule deconcrétions, kystes, polypes, etc. Les travaux de M. Yelpeau ont jeté un grand jour sur toutes ces transformations, {f^. Abcîîs , Articulations [ corps étrangers dans les], Bourses muqueuses [maladies des], Kystes, Tumeurs , etc.)

« Pour apprécier autant que possible le degré d'intensité d'une contusion, il faudra toujours tenir compte, i» des conditions physiques présentées par le corps contondant , de la vitesse du choc, de sa direction , du temps pendant lequel se sera prolongée la pression ; 2° de la texture de la partie contuse et de sa situation; 5° des symptômes locaux et généraux survenus depuis l'accident; et ce sera d'après les mêmes données et l'importance des parties blessées que l'on portera son pronostic , mais toujours avec une sage réserve , parce que les accidens consécutifs deviennent quelquefois beaucoup plus graves que ceux que semblent annoncer les symptômes primitifs. » (Marjolin et Ollivier, loco cit.,]). 5o5.)

Quant au traitement, la terminaison par absorption du sang étant la plus désirable, c'est celle qu'il convient de provoquer. On devra ensuite combattre l'inflammation si elle est trop intense. « Un grand nombre de moyens ont été proposés , les topiques dits discursifs., tels que l'eau salée, l'eaude-vie simple ou camphrée, l'eau blanche, l'hydrochlorate d'ammoniaque dans du vin rouge ou dans de l'eau avec du vinaigre scillitique , l'eau très froide , la glace y la neige. Il est inutile de dire que , pour la contusion au premier degré, ces moyens peuvent être négligés. La compression méthodiquement faite non-sôulement favorise l'absorption du sang , arrête celui qui coule des vaisseaux déchirés, mais prévient et modère encore l'inflammation ; la pratique de M. Yelpeau le prouve. Les

^ CONTRAYERYA.

satifjauf'ity on ne saurait trop le répéter, quand il y a contusion profonde avec cpanchenicnt considérable de sang, menace dune violente réaction et lésion d'une glande ou d'un viscère, en privant les tissus sous-cutani's d'une grande quantité de sang, les placent dans les conditions les plus favorables à l'absorption. De toutes les maladies dans lesquelles on emploie les sangsues , la contusion forte est celle qui en retire le plus d'avantages. Les voitouses sont aussi indiquées, surtout si on les scarifie, mais elles sont loin de valoir les sangsues, l.^ccrasemcnt des tumeurs sanguines a étepro[)Osé depuis long-temps. Léveillé en parle, mais c'est M. Champion qui a le plus vanté ce moyen. On se propose de remplir la poche (jui renferme du sang pour lui faire occuper un plus large espace , afin de favoriser son absorption. Mais , en général, ou les tumeurs sont petites et superficielles, et alors Técrasement n'est pas d'une grande utilité ; ou elles sont volumineuses et profondes, et ce moyen peut avoir de grands inconvémeu^. L'incision doit être préférée, encore doit-on auparavant tenter les autres moyens. Quand on désespère de la résolution, et dans la crainte que les li(piides accumulés suscitent une inllammalion trop violente, on incise en plusieurs points plu-

tôt que de faire une grande incision. » (Vidal de Cassis, Tr ailé de chirurgie, 1. 1 , p. 59.)

CONTRACTURE, du latin rmurncturn, exprime un étal de rétraction dos niusrlos d'une ré;zion , cl par conséquent une lésion fonclionnclic arconipaRnée de diiïorinilé. On dit (pie le rou, les doipis, In jambe, sont conlracliirés alors (pi'ils >'olTrcnl dans iir) élal permanent de flexion ou d'exlen>ion invoiunlaire. Cet énoncé fuit aisénjcnt pressentir que, comme la paraljsio, la conlrarlurc n'est qu'un pliénonu-iic, un s^inplùriio d'mw autre maladie, et ipiil faut, le plus souvent, en f.herchcr la source dans les rentres nerveux. Il est cependant des conlrucHires (pii dépendent de causes locales : de ce nombre, sont celles (pil se déclarent par l'action rélractile dullssii inodulairc ( V.CicATiucr.), et l'action mécaniipie de certaines tumeurs, comme les tumeurs Manches articulaires, les ltos ane- >ri-mes pie articulaires, etc., cpii donnent lieu le plus souvent ii la A'-iJun involuulairc du memlirc placé au-dessous de la maladie. Lacontracturc dépcndaussi (|uekpjefoisdinie ?miple po<iiiion vicieuse, prolongé»- pendant long-lçDipSi içl est le caS; par exemple, du

pied équîn qui succède ^ ime marche continue sur la pointe du pied. Dans tous les cas , lorsque la contracture a duré quelque temps, les muscles contractés de la région sont raccourcis; de là l'indication esseniielle de les allonger, soit par l'extension mécanique, soit par la ténotomic. {Y. Pied-Bot,

TlÎNOTOMlE.)

Si l'on ne voulait considérer la contracture que comme lésion indépendante de la maladie qui la produite, on pourrait exposer ses caractères par le simple rappel de la position de la partie durant l'action volontaire des muscles dans tel ou tel sens; mais il y a plus que cela dans la véritable contracture; il y a spasme involontaire et par consé(iuent douleur, du moins durant les premiers temps de l'allection. Ce spasme est tantôt dominé , tanlôi il résiste à l'action d'une force mécani(iue, mais les parties reprennent leur position vicieuse lorsciue celte action a cessé d'afiir, à moins toutefois qu'elle n'ait été continuée pendant lonp;-iemps.

Le traitement est variable, selon que la contracture est récente ou ancienne. Dans le premier cas, la médication doit être entièrement diri;;ée contre la cause connue ou présumée. Ce seul moyen i)eut sufllre pour la fruérison , si la cause est de nature à être dissipée. Quehpiefois des moyens mécaniques sont combinés à la médication précédente. C'est ce (pii a lieu, par e\emj)le, dans la coni raclure des doicts, dé|)endant d'une maladie de la moelle épiniere ou d'une cicatrice vicieuse, etc. Dans le second cas, la lénotomie serait apjilicable si la contracture pouvait être considérée comme essentielle , ou comme ayant cessé délre un symptôme immédiat d'une maladie qui aurait existé autrefois. (V. TÉNOTovni:.)

Quant à la contracture liée à diverses altérations et aux alTections encéphaliques, V.

(vANCER , KV'CÉI'UALE , KncÉPHALITE , JMÉ-

M>(;n E. V VRAI V su: , Tirerclle.)

CONTRA V1:R VA. On connaît sous ce nom, en matière médicale, les racines de |i!usieurs espèces du penre (Imstruin, de la lamille naturelle des artocarpées , et de la nionœcic téiandrie de Linné, telles que le Uarsirnin fnnlrm/crva , le 1). draliriia, le />. Iionstoui , le l). l>rasilicusis cl le D. opifcra, toules [liantes exotiques croissant aux Antilles, au IMexi(|ije, au INrou, au Brésil, etc.

I^es racines decontrayerva, i elles (pi'elles se présentent ii nous dans les ollicines des pharmaciens, sont conqujsées d'un corps ovoïde, terminé inférieurement par une queue recourbée qui lui donne à |ieu près la figure d'un scorpion; elles sont garnies en outre de (piehpics radicules. Leur couleur, fauve roiipe/itre à leMérieur, c>l lilanche à linlérieiir; leur <id( ur est un peu aromati(p]e et af-réable ; leur saveur, peu mar(|uéc d'abord, ac- (piiert de l'Acrelé par une mastication prolongée pendant quelque temps.

Page 1