CONVULSION
dantes de toute U-sion organique apprécia- J)le des centres nerveux. » {Compciid. de mi'd. pral., t. n, p. 490.)
.■inatomie patholo<iique . Lorsqu'un individu a siicconibé au milieu d'un accès de convulsions et par le fait même de celles-ci (voy. les terminaisons), on rencontre ordinairement les lésions suivantes. Le tissu de la pie mère est injecte de sang, les sinus veineux de la dure-mère en sont gorges , on trouve même quelquefois la pulpe cérébrale toute piiiuelce ou sablée, suivant Texpression de M. Lallemand.
[liechcrchcs^dic.^ sur l'encéphale, i"^ lettre.) Souvent aussi il va de la sérosité dans les cavités venlriculaires qui en sont plus ou moins distendues. La moelle et ses enveloi)[)es présentent ordinairement le même état d'hypérémie. Ces congestions ne sont pas bornées aux centres nerveux, les poumons et le cœur sont très fréquemment gorgés de sang; et on s'expliijuera facilement ces lésions si l'on réfléebit que les convulsions s'accompagnent de mouvemens désordonnés ou de tensions des muscles (lucorps,d'etiorts violens avec spasme de la glolîe, et de baltemeus de cceur précipités. Toutefdis, il est des cas dans lesquels existe une véritable anémie de l'ap- ])areil(lerinnervaiiou. «.Nousavons trouve plus dune fuis , dit M. Andral , le cerveau et SCS menibranes couiplétemenl exsangues chez des enfans morts au milieu de convulsions.... l'ius d'une fois aussi, chez des adultes, nous avons été frappé de la décoloration (•()m[)lètc du cerveau , notable surtout dans sa substance grise, dans des cas où, pendant la vie, avaient eu lieu des accidens cérébraux , tels que délire, mouvemens eonvulsifs , coma. >e sout-cc pas aussi des accidens de ce genre que présentent les animaux qu'on fait périr dliemorrhagie ;• » (( Unir/, mr//., t. v, p. iil»U.)
Ftiolngic. >()us suivrons ici Tordre indi(pié par M. .loUy dans son article du J)iclionnairc de nudecitie en i^ volumes, et (|iii consiste à partager les caiises en organiques, physiologiques et palhologifpies.
Causes oryani'jins. né|)etons d'abord, avec tous les auteurs , (jue les convulsions recoimaissent pour point de départ un trouble dan-^ la fonction de l'innervation ; mai> en (pjoi consiste ce trouble.' >ous ne reproduirons pas id les mille liypolhèses
de nos devanciers sur les esprits vitaux , le fluide nerveux, Telectricitc animale, etc.. Nous dirons seulement que le phénomène qui nous occupe est généralement attribué aujourd'hui à une irritation idiopalhiiiue ou sympathique du système cerébro-s()inal ou des nerfs (jui en émanent.
L'âge auquel on est le plus exposé aux affections convulsives est sans contredit renfance, surtout pendant les premières années ; l'énorme développement de l'appareil nerveux , à cette époque de la vie^ explicjue suflisamment cette fâcheuse prédisposition. Les femmes y sont aussi , et par une raison semblable , plus sujettes que les hommes, et, parmi ces derniers, les individus à tenqiéiament sec et nerveux ou livrés à des occupations sédentaires rentrent dans les mêmes conditions que les femmes et les jeunes sujets. Les enfans nés de parens présentant habituellement (]cA phénomènes nerveux, dont les mères ont été alfectées d'accidens spasmodicpjcs pendant la gestation, apportent une I)re(lisposition incontestable.
Causes phusiolofiiques. Elles agissent speci.ilement sur l'encéphale : tels sont les travaux intellectuels trop long-temps prolongés , surtout chez les jeunes sujets ; les veilles répétées , les émotions morales vives, de joie ou de douleur; les passions exaltées , le fanatisme religieux. Telle est encore l'action trop énergi(pie de certains modificateurs des sens, une lumière trop éblouissante , un liruit aigu , des odeurs fortes, la vue de (piehiues objets dégoùtans, une araignée, un crapaud ; il est aussi des idiosyncrasies particulières qui s'affectent douloineusemenl de certaines choses indillVrentes ou même agréables aux autres personnes ; on cite l'exemple d'une dame (pii tombait en convulsions quand elle entendait le froissement de la soie, une autre éprouvait les mêmes phénomènes cha(|ue fois «|u'elle apercevait un chat : on connaît les singuliers elfels de l'imitation dont l'.oerhaavc a rapporté un si curieux exemple (^. IIvstliui:); on se rappelle aussi les scènes bizarres auxfjuelles se livrèrent les convulsionistes de Saint- .'Nledard sur le tombeau du diacre Paris , etc. Les excès de coif ou de masturbation, l'i'tat de grossesse, produisent très souvent des accidens spasmodiques ; ricu n'est plus
COINVULSION.
commun que les convulsions au momont (le raccouchcment, (F. Éclampsii:.) 'J'out le monde sait quelle est rinlluence de la dentition, et en général des douleurs vives sur la production des mouvemens convulsifs. En un mot, il faut ranger parmi les causes physiologiques de l'alfection dont nous parlons tout ce qui peut déterminer une secousse plus ou moins énergique du système nerveux.
Causes pathologiques. Elles sont de deux ordres : ou la lésion occupe le système nerveux, ou elle siège dans un tissu ou un viscère quelconque. Aux premières se rapportent les dilîérentes maladies du système cérébro-spinal {encéphalite, méningite, myélite, ramollissement, productions accidentelles, blessures des nerfs , etc.). Aux secondes appartiennent une foule de désordres organiques qui réagissent sur l'appareil nerveux central : tels sont l'inflammation aiguë du tube digestif, la présence des vers dans ce conduit , les plaies, celles surtout qui sont avec déchirure ou produites par un instrument piquant, et enfin les grands désordres généraux , certaines lièvres graves , certains poisons ( la strychnine) , l'action du virus rabique , les hémorrhagies trop abondantes, etc.
Symptômes. Cet article devant renfermer seulement ce que les convulsions présentent de plus général, il ne faut pas s'attendre à rencontrer ici une description minutieuse des symptômes ; nous renvoyons ces détails aux différentes variétés des affections convulsives dont nous donnerons plus bas l'énumération. Nous mentionnerons seulement les deux formes principales que nous avons admises, le tonisme et le clonisme.
1° Les convulsions toniques consistent dans une contraction permanente des muscles d'une ou de plusieurs régions du corps (/^. Tétanos); ainsi, cet état peut être général ou partiel. Dance a le premier décrit [Archiv. gén. de méd., t. xxvi) une forme particulière de convulsions tonicjues sur laquelle MM. Tonnelle ( Gaz. méd., janv., 1832), Delaberge {Jour. hebd. des progrès., etc., t. iv). Constant {Gaz. méd., février 1832, et Lancette., 1857, n°» 56, S7), ont publié d'intéressantes recherches. MM. Delaberge et Monneret ont réuni ouà ces faits, au nombre de ving-huit,
dans leur Compendium (t. n, p. 494), et en ont tracé une excellente descri[)lion (jui trouvera sa |)lace à l'occasion du tétanos spontané ou idiopalhlque. Relativement aux fei)asnies toniques, nous dirons seulement (jue les parties qui en sorit affectées présentent un état de tension et de rigidité extrême dû à la contraction énergique des muscles de cette même partie : il en résulte que les plus forts doivent nécessairement l'emporter sur les plus faibles , et amener certains changemens dans la situation normale des parlies. Ainsi, les mâchoires sont rapprochées avec une violence extrême , les avant-bias sont fléchis sur les bras, les poignets sur l'avant-bras , le tronc est quelquefois renversé en arrière, etc. Delà les différentes variétés du tétanos, admises et dénommées dès les temps hippocratiques , et les contractures qui accompagnent si souvent les phlegmasies de la substance cérébrale.
2° Dans les convulsions cloniques, les phénomènes sont tout autres et bien plus etfrayans : les secousses, avec rapprochement et extension violente et alternalive des membres , ces soubresauts de tout le corps , ces mouvemens désordonnés, ces yeux roulant dans leurs orbites , ces froissemens brusques et saccadés des mâchoires l'une contre l'autre produisant des grincemens de dents , donnent au malade l'aspect hideux d'un démoniaque, et excusent en quelque sorte les idées superstitieuses que les peuples ignorans etbarbares ont attachées aux phénomènes de Tépilepsie et de Thystérie.
L'accès convulsif est , suivant sa nature, idiopathique , symptomatique ou sympathique , accompagné ou non de phénomènes généraux , tels que accélération du pouls, chaleur ou, au contraire, sentiment de froid à la surface du corps, pâleur, rougeur ou même turgescence et couleur violacée de la peau , respiration suspirieuse, anhélante, cris inarticulés ou gémissemens étouffés, etc. Il peut y avoir en même temps émission involontaire d'urines claires et limpides, et même de matières fécales. Du reste , les phénomènes concomitans varient, je le répète, suivant la nature et l'espèce particulière de convulsions.
CO>VULSI0N.
f aiiètès. C'est ici le puiiit important de rarticle ((iie nous traitons.
I,ps prt'niièiTs divisions que nons allons établir sont relatives à la cause ou mieux à la nature niènie des convulsions. Ainsi, nous désignerons par répilliète iVidiopaihiqucs toutes celles qui se développent spontanément sans altération matérielle flu système cérébro-spinal, et (pii paraissent dues uniquement à une irritation de cet appareil; nous appellerons . <î//;»/>/o- VKi tiques toutes celles (\m dé{)endent (Tune ad'eclion organitjuc du cerveau, de la moelle ou des nerfs ; et onnn nous réserverons [tiùivcdiisi/wpalliiqucKii celles qui résultent de la réaction d'une lésion plus ou moins éloignée sin* le système central de Tinncrvation; telles sont toutes les convulsions que peut produire le second groupe des causes patbologiques. Ces considérations une fois posées , nous allojis tnumerer les [)rincipales variétés que [)résentent les convulsions idiopatliiques, suivant Tensemble des symptômes qui les caractérisent, et les sujets qu'elles alfectent. Et d'abord , pour les convulsions cloniques, se montrent-elles accidentellement, avec une certaine gravité et isolées de toute complication , cbez les jeunes sujets ou cliez les femmes au moment de la parturilion, c'est Vcckunpsie ; n'y a-t il (pie des mouvemens bizarres d'une partie du corps ou de tout le corps, sans perte de connaissance et d'une manière continiie, c'est la chorée. Les convulsions sont-elles désordonnées, violentes, avec, écume à la bouclie, turgescence de la face, perte de connaissance, et attaquant surtout les bomiiies, c'est Ycpihpsie ;\(*^ rencontre-t-on au contraire avec un degré i)res<pie égal de violence, mais sans ectnne à la boucbe, et accompagnées de cris inarticulés, cbez de j'unes b'mmes, aux environs de rei)oque de la puberté, c'est \ hystérie; lors- (pie l'état ppasmodique occiqie les broncbc'^, on a les pbenomèncs de Vasthme; s'il altaipie le cœur, ro. s(»nl (\rs palpitations^ etc.
Les convulsions toniques donnent lieu à plu«iieuts variétés fort importantes : la première qui sert en quebjue sorte de transition, est la catalepsie^ (|ui se reconnaît à inie tension gmerale et passagère du corps avec possibilité de clinnjjer la posi-
tion des parties, et tendance singulière des muscles à conserver aux membres la situation ([u'on leur donne , (pieUpie gênante qu'elle puisse être. Si la raideur est permanente, portée à un certain degré et accompagnée de symptômes spéciaux, c'est le tétanos. (F. ce mol.)
l\elativement à la marcbe, les convulsions sont continues (cborée, tétanos) ou intermittentes. Dans le second cas, le plus souvent , l'intermittence est irrégubère comme pour l'épilepsie , l'bystérie, mais d'autres fois l'intermittence est régulière. On en trouve plusieurs observations dans les auteurs ; Cole rapporte un cas très curieux de convulsions se montrant sous le type tierce d'abord, puis quarte, et guéries par le (piimpiina. {Transact. philo- .<fo/7/i.,16So, et Plampie, Bibliot. choisie (le nicd., t. IX, p. 119, édit. in-12.) Casimir IMedicus, (jui nous a laissé un travail remarquable sur les maladies périodir|ues, n'a pas négligé les alFections convulsives intermittentes; il en a réuni un très grand nombre d'exemples dans le troisième paragraphe de son premier chapitre. {Traité (les maladies périodiques.^ p. 7 et suiv. Paris^ 1790.) Alibert a aussi publié (juelqucs cas semblables. (Traité des fièvres /?en?ic/cM.<!C.<,p.r)5 ctsuiv. 1820. )La plupart de ces faits trouveront leur place à l'occasion des fièvres intermittentes , larvées et pernicieuses. Quant aux convulsions symplomatiques et sympathiques , il eu sera question à propos des maladies des centres nerveux ou des autres organes qui peuvent les présenter.
Terminaisons et phénomènes consécutifs. Les terminaisons diffèrent suivant la nature des convulsions. Les convulsions idiopatlii(pies cessent ordinairement d'elles-mêmes sans ces mouvemens criti(pies, dont les auteurs ont ce[)endant cité; quelques exemples ; quebpnfois la terminaison peut être fatale, et alors la mort survient de deux manières dillerentes : « Ou bien elle commence; par l'encéphale ; cet organe trop vivement surexcité cesse d'agir sur les autres organes, la respiration s'arrête, riiematosc n'a jibis lieu, et la mort est certaine ; ou bien elle counnence par les poumons, la respiration, gênée par les contractions irregulieres des muscles respirateurs, ne 8'execule qu'iuiparfailcment,
COrVVULSJON.
les poumons s'engorgent, le snng ne les traverse qu'en parliiî ; hientôl la snllboation devient imminente, et elle a lieu si des mouvemens plus réguliers ne viennent rétablir et la res[)irati()n et la eireulalion. >» (Delaberge et lYionncrct, Compend., loco cit.^ p. 497.) A ces considérations, empruntées à M. lirachet, ces auteurs ajoutent (ju'une syncope peut survenir et se prolonger assez pour ne plus permeKre le retour à la vie. « Dans les convulsions toniques, disent-ils encore, et duis le tétanos en particulier, Tasphyxie parait être la cause principale de la mort , elle semble précéder la congestion encéphalique. Dans les convulsions cloni([ues, c'est Tinverse qui a lieu le plus ordinairement, et Tliypérémie centrale, la fluxion séreuse dans les membranes du cerveau président plus particulièrement à l'extinclion de la vie. » ( lUd. )
Relativement aux convulsions symptomatiques d'une phlegmasie grave du cerveau ou de ses membranes, tantôt elles alternent avec la paralysie ou la contracture, tantôt elles existent seules et cessent peu à peu avec la maladie , ou bien sont remplacées par une résolution plus ou moins complète. S'il y a seulement congestion, les mouvemens dureront quelques heures sans laisser de trace; telle est la quatrième forme de congestions admises par M. Andral. (Cliniq. méd., t. v, p. 257.) Enfin, quant aux convulsions sympathiques, elles cessent avec la cause organique qui les a fait naître.
M. Brachet, dans son Traité prat. des convulsions^ a beaucoup insisté (p. 46) sur certaines conséquences qui peuvent résulter des désordres qui nous occupent. Ainsi il a noté les douleurs que produisent les tiraillemens et les secousses auxquels les muscles et les filets nerveux sont en proie, les ecchymoses qui proviennent de la déchirure des petits vaisseaux dans les mêmes circonstances,, etc. Ajoutons que chez les très jeunes sujets, les convulsions ou plutôt la disposition morbide des centres nerveux qui produit celles-ci, laissent assez souvent à leur suite d'es déviations et des difformités dont il sera parlé aux articles d'orthopédie de ce Dictionnaire.
Diagnostic. Les convulsions toniques sent trop faciles à distinguer des cloniques
pour qu3 nous insistions sur co point, mais les unes et les autres doivent être dillérenciées de quelques jibénomènes analogues. Ainsi, les convulsions cloniques ne seront pa*i confondues avec les contractures pro[)rement dites , et qui consistent dans \m raccourcissement organique de certains muscles atrophiés suivant leur longueur, transformés en tissu fibreux, etc. (Z-^. Contracture.) D'un autre côté, les convulsions cloniques doivent être séparées du simple tremblement, tel qu'on l'observe, par exemple, chez les ouvriers qui emploient le mercure dans leurs travaux. Van Swieten a très bien indiqué cette dillèrence [Comment, in aphor., t. I, aphor. 230), tout en reconnaissant que le tremblement n'était qu'un degré très faible de convulsions. Il en est de même de ces agitations, de ces petites secousses des membres désignées sous le nom de soubresauts des tendons , et qui s'observent souvent dans les fièvres graves; il n'y a pas là, à proprement parler, de convulsions.
Quant aux différences que présentent entre elles les convulsions idiopathiques, symptomatiques et sympathiques, nous ferons seulement remarquer que les premières attaquent le patient au milieu de la plus parfaite santé, cessent assez promptement sans laisser d'autre trace qu'un peu de fatigue, etc. : tandis que les autres se montrent avec le cortège des symptômes qui caractérisent la maladie principale.
Durée. Les accès sont presque toujours aigus, leur durée diffère seulement suivant l'espèce de convulsion. Dans le tétanos, le mal peut exister avec de légères rémissions, pendant douze ou quinze jours, rarement plus; une attaque d'hystérie ou d'épilepsie peut se prolonger plusieurs heures, une journée même ; tandis que les accès d'éclampsie durent à peine quelques minutes, mais se répètent à des intervalles très rapprochés; enfin la chorée est une maladie essentiellement chronique, surtout par rapport aux autres affections spasmodiques.
La plupart de ces maladies ne sont pas constituées par un seul accès, mais par une disposition à la reproduction plus ou moins fréquente des mêmes accidens , et alors cette disposition est ordinairement
COPAHU
chronique et d'une très longue durée (hystérie, t'pik'psie, etc.) ; d'autres fois , chez une personne très nerveuse, à la suite d'une émotion vive, d'une blessure, ou par toute autre causo, des convulsions surviennent, se dissipent pour ne jamais reparaître. Quant aux convulsions dépendant d'une maladie des centres nerveux ou d'un viscère quelconque, leur durée est en rapport avec la maladie qui les a fait naître.
Le pronostic ne saurait être donné d'une manière générale , il dépend ici de trop de circonstances; nous dirons seulement, et par rapj)ort aux convulsions idiopathiques, qu'elles sont d'autant moins graves qu'elles attaquent des sujets chez lesquels elles se développent avec facilité (les femmes et les enfans), que les autres, lorsqu'elles sont intenses, ajoutent à la gravité de la maladie principale, et que le pronostic doit être basé sur l'intensité et la nature de cette dernière.
Traitement. Ce que nous venons de dire du pronostic s'applique très bien au traitement ; il diffère suivant l'espèce de convulsion à la(juelle on a alFaire -. un diagnostic précis est donc ici d'une haute importance.
Quand l'accès est déclaré, s'il y a des signes de pléthore, turgescence de la face, gonllement des veines, etc., on peut saigner et a{)[)li(pier des sangsues derrière les oreilles ; si au contraire la peau est pâle, refroidie, si le pouls est faible et lent ou serré et dur, on insistera sur les révulsifs, les boissons anti-spasmodiques ; on fera respirer des sels, des odeurs fortes, etc.
Déjà à une époque assez éloignée , De Haën avait employé l'électricité contre les alfections convnl><ives, la choree entre autres {/iat. med. de vi cleclricd, et de machina electrica\ t. i, éd. i7Cy\), el en avait obtenu des succès nianiues. Ces tentatives ont été plusieurs fois renouvelées avrr avanla^'e ; et dans ces dernier^ tnnps, M. Addison a publie un travail fort intéressant sur ce sujet. {Expérience, t. i, n" 5, •1S37.) Mais un moyen fort ciu-ieux est celui qu'avait imagine Parry, de Hath, il y a plus de cinfinanle ans, non-seulement contre la maladie qui nous occupe, mais encore ronlrc une foule d'autre-; je veux parler de la compression des carotides.
M. Dezeimeris nous adonne sur ce sujet un travail rempli d'érudition [E.rpér., t. I, no 5, 1S57); et il serait fort à désirer que de nouvelles recherches fussent faites dans cette direction. On a beaucoup vanté les alfusions froides ou les applications de glace sur la tète. MM. Tanchou {Du froid et de soîi application., etc., p. 50 et suiv., 1824), Lacorbière {Traité du froid ^ p.
506 et suiv., 1859) ont surtout insisté sur ces moyens.
La prophylaxie consiste à éviter l'action des causes i)hysiologiques, que nous avons indiquées; pour tous les détails relatifs au traitement , nous renvoyons aux articles qui traiteront des diUérentes sortes de convulsions.
COPAHU. Cette substance, improprement appelée baume, est une olèo-rèsine fournie par plusieurs espèces du genre CopAÏFERA, de la famille naturelle des légumineuses, et de la décandrie monogynic de Linné, et spécialement par le Copai fera officinal is, L., qui croît dans l'Amérique méridionale , et (jui a été naturalisé dans les Antilles, particulièrement à la Jamaïque et à Saint-Domingue.
« On retire la térébenthine de copahu, dit rs'ysten {Dict. des se. mèd., t. vi, p. 49t>), par des incisions profondes que Ton pratifjue au tronc de l'arbre ; et on la reçoit dans des vases suspendus au dessous. >»
Le suc , au moment où il s'écoule de l'arbre, est très fluide et incolore; mais il ne tarde pas à s'ej^aissir et à prendre une teinte jaune. Celui «pie le counnerce nous dorme a une consistance d'huile d'olives, une odeur forte, particulière, désagréable , une saveur amère, acre, repoussante. Par la distillation , il fournit le tiers, et même quelquefois la moitié de son poids, d'une huile volatile moins pesante que l'eau, et à la(]uelle il doit son odeur pénétrante. Le résidu de la distillation est une résine transparente, d'iui vert brun, à cassure plane; d'une odeur et d'une saveur presque nulles. La térébenthine de copahu se dissniU dans l'alcool ; on parvient à la rendre miscible a l'eau au moyen du jaune d'œuf ou d'un mucilage de gomme arabique, ((iuillemin, />>ict. des drog., t. v, p. 223.)
L'oleo-resinc de copahu est, selon Ger-
COPAHU
ber et Stolzc, composée d'huile volatile, 52 à 47; (le résine jaune, 38 à 52 , et de résine visciucuse, l,<)i>, à 2,13, (Soubeiran, Nouv. traité de pharm., 1. 1, p. 519.)
Falsi/icalion. C'est prcs(iue toujours avec des huiles grasses qu'on mélange le copahu , ot Ton choisit Phuile de ricin à cause de sa solubilité dans l'alcool; si cette térébenthine était falsifiée avec toute autre huile, Talcool serait un réactif sur qui décèlerait la fraude ; car il dissoudrait la résine fluide, et laisserait surnager l'huile fixe. La falsification avec l'huile de ricin n'est pas aussi facile à dévoiler ; il faut recourir à d'autres moyens. M. Planche a proposé l'ammoniaque. Si Von agite, dit ce chimiste , à une température de 10 à 15 degrés centigrades, une partie en poids d'ammoniaque à 22 degrés avec 2 parties et demie de copahu, le mélange, d'abord louche, ne tarde pas à redevenir transparent si l'oléo-résine est pure, tandis qu'il reste louche , et d'autant plus (^u'il s'y trouve une plus grande quantité d'huile de ricin mélangée. M. Henry conseille l'ébullition. Le copahu , évaporé jusqu'à siccité, se réduit, comme toutes les térébenthines, en une résine sèche et cassante; ce qui ne peut avoir lieu s'il est falsifié avec une huile fixe. On falsifie aussi le copahu avec la térébenthine ordinaire, mais alors son odeur décèle la fraude, rendue plus évidente si l'on en projette quelques gouttes sur un fer rouge. (Fée, Cours d'hist. nat. pharm., t. n, p. 85 )
Il résulte des expériences de M. Giacomini sur les animaux, que l'huile volatile de copahu exerce une action analogue à celle de laurier-cerise, et diamétralement opposée à celle de l'esprit de vin.
Ejfels sur l'homme en santé. *< Le copahu, de même que son huile volatile, produisent chez l'homme bien portant des effets analogues à ceux de la térébenthine. L'urine est sécrétée abondamment , mais elle n'acquiert pas l'odeur de violette; néanmoins, son odeur rappelle un peu celle du copahu; de plus, sa couleur se fonce un peu , et sa saveur, au rapport de ceux qui l'ont goûtée, devient amère. Le copahu occasionne dans l'estomac plus de trouble que la térébenthine ; il provoque plus vite des nausées, il détermine plus facilement le vomissement elles déjections
alvines. Le pouls se ralentit, ou du moins devient [)lus faible. Par un long usage de cetle substance, on voit survenir sur la peau des taches rougeâtres, mais sans fièvre ni autre [yiiénomène morbide, et qui disparaissent d'elles-mêmes à la manière d(3S sudamina ; quehjuefois on prétend avoir vu survenir de la fièvre, une diarrhée sanguinolente.
» M. Réveillé Parise, en parlant de l'association du copahu au laudanum liquide, dans le traitement de l'urétrite , dit avoir éprouvé que le second nuit à l'action du premier, ce qui signifie que ces deux médicamens sont opposés l'un à l'autre. » {liev. méd.^ avril 1827.)
Action mécanique. « Le copahu n'irrite pas les parties qu'il touche, et ce qui vient à l'appui de cette assertion, c'est qu'on le préconisa d'abord en a[)plication sur les blessures, les ulcères et les autres solutions de continuité. Son huile essentielle aussi n'irrite que peu ou même point les parties externes sur lesquelles on l'applique ; toutefois, elle détermine une sensation de chaleur et de cuisson sur les points dénudés. Dans l'estomac, le copahu occasionne de la pesanteur, de l'embarras et du malaise ; si la dose est un peu forte, et si l'administration dure pendant quelques jours, des éructations pénibles, des nausées, des anxiétés, des vomissemens et une aversion invincible contre ce médicament ne tardent pas à se manifester. Ces effets dépendent en grande partie de l'indigestibilité des résines, car l'huile essentielle ne donne lieu à presque aucune de ces perturbations. » (Giacomini.)
« Le copahu, dit M. Galtier (Traité de mat. méd.^ t. i, p. 454) , est indiqué surtout dans les affections catarrhales. M. Barbier fait respirer un soluté alcoolique ou éthéré de copahu dans les bronchites chroniques avec ou sans expectoration purulente ; M. Bretonneau le donne en lavement dans les mêmes cas , ainsi que dans les leucorrhées. Il convient aussi dans les diarrhées chroniques , les catarrhes vésicau\; cependant, on préfère généralement les balsamiques et les térébenthines. C'est surtout dans la gonorrhée que le copahu est employé ; il peut même être considéré comme l'un des spécifiques de cette maladie. Tous les auteurs ne sont pas parfaite-
COPAHU
ment d'accord sur l'époque à laffuelle il convient de ladmiiiistrer. Les anciens praticiens et quelques modernes combattent préalablement rindammalion par les anti- |)hloii:isiiqnes locaux ou irénéranx, préparent le malade à l'usage de ce médicament par les boissons délayantes. IMM. Ansiaux, Ribes, Delpecb, Rossignol, Velpeau, etc., remploient dés le début de la maladie, qu'elle soit inflammatoire ou non, et sans préparation préalable; les elTets, disent-ils, n'en sont (jue plus sûrs. I\ni. Ribes , Rossignol , l'emploient avec le même succès et de pi ime abord, sanss'occuper des symptômes inllammatoires, dans les ophlbalmies , les arthrites, les engorgcmens des testicules, etc., consécutifs à la blennorrbagie. Ils obtiennent plus de succès que par l'ancieiuic mélbode. Dans les engorgemens des aines, des testicules, Tellet en est aussi très mar(|ué. Dés les premiers jours , la maladie reste stationnaire , ensuite elle diminue et disparait au bout de douze à quinze jours. Ils sont parvenus ainsi à dissi[)er des engorgemens (jui avaient résisté aux moyens ordinaires, ils traitent de la même manière les érections nocturnes, les suintemens mu(jueux,lcs rougeurs de rorilice de Turélre , symptômes si fréquens et si 0|)iniàtres après la cessation de l'écoulement. Dans les blennorrbagies nrètro-vaginales , on voit assez souvent la première disparaître et la seconde persister par l'usage du copaliu. Le docteur Andrieux croit (juc le copaliu ne réussit (pi'autant qu'il provoque des selles. ]\ni. Ribes, Delpecb, S elpeati. pensent tout le contraire. (>|)endant , le plus grand nombre des praticiens n'emploient pas le traitement mercuriel dans les ecouleniens qui cèdent facilement au copaliu.» Le père Labat, disent MM. .Mérat et Delens, prétend «lue le copaliu est un bon fébrifuge.
Les doses auxquelles on le donne sont de 2 à 4 grammes (1/2 gros à 1 gros) en commençant, et on les porle graduellement jusqu'à 13, 20 et même 5u grammes (4 gros, (> gro<, 1 once) , en deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures. On peut même dépasser ce point dans quebjues cirron'*tanceson il importe d'agir avec promptitude ef énergie, en raison de la gravUé des accident cl du danger que le muiadrc
retard peut faire courir aux organes malades.
Quant aux modes d'administration et aux indications particulières , voir Blen-
NORt\nAGlK.
1<* Injections de copahu. On préparc CCS injections en cmulsionnant le copalm avec quantité sufTisante de jaune d'œuf, et ajoutant ensuite de l'eau connnune.
2» Potion de copahu dite potion de Cfwpart.EWii se com[)osed'oléo-résine de co[)ahu , d'alcool rectifié , de sirop de baume de Tolu, d'eau distillée de mentbc poivrée, d'eau dislillée de (leurs d'oranger, de chaque 60 grammes (2 onces) , et d'alcool nitricpie , 8 grammes (2 gros). Cette potion se prend à la dose de trois à six cuillerées à boiicbe dans le courant de la journée. On doit loiijours avoir la [)récaulion d'agiter fortement la bouteille avant de verser chaque dose.
5" Pilules de copahu. Magnésie calcinée, 1 partie ; copahu , 46 parties : on dépose le mélange dan^ un vase , à l'abri du contact de l'air. Jl faut huit à dix jours pour que la solidification ait lieu. (Procédé de M. Mialhe.)
Le copahu , qui a été falsifié avec une huile fixe, ne se solidifie pas par la magnésie; mais il arrive aussi que du copahu pur refuse de prendre la consistance convenable , ce qui dépend probablement , ainsi que le pense M. Soubeiran, de ce que certaines sortes de cette oléo-résine contiennent une trop forte proportion d'huile volatile. Dans ce cas , on peut recourir au procédé de ^1. Fauré , qui ajoute au coj)ahu un sixième de térébenthine de Bordeaux; cette térébenthine , qui est fort riche en parties résineuses, et dont les propriétés sont analogues à celles du copahu, détermine la solidification de la masse.
4' f/uile volatile dccopdhu. Cettehuilc peut élre obtenue i)ar distillation. M. Dui>lanc a proposé de substituer, dans la prati(pie de la iiiédtcine, cette huile volatile à l'oleo-resine en nature, pour éviter aux malades la répugnance que leur inspire trop souvent le e()[)ahu, et en même temps pour se soustraire aux sophistications de ce précieux médicament. D'après des expériences entrejirises par ."MM. Bard et Ciillerier , à Ihùpital des vénériens, cette esbeiice seruit prclcrabie au copahu, parce