COQUE DU LEVANT
qu'elle nMri'ltô pas restomnc et ne dégoûte pas les malades. On la prescrit à la dose de 4 à 15 grammes (1 à 4 gros) par vingtquatre heures, et le trailemcnt dure de cinq à six jours, terme moyen. On la donne à lintérieur, soit seule ou associée à un véhicule aromatique , soit sous la forme d'électuaire ou incorporée avec quantité sufTisante de savon amygdaliu et mise en pilules ; on peut encore Témulsionner à l'aide du jaune d'œuf ou de la gomme , et Tadministrer en lavement. M. Dublanc, pour rendre son emploi plus facile par la diminution d'odeur et de saveur, en a préparé un alcoolat en la distillant avec les deux tiers de son poids d'alcool à 36 degrés, et a indiqué la formule suivante pour Tadministration du produit :
Pr. alcoolat d'essence de copahu ,
Hydrolat cohobé de menthe poivrée, de chaque, 90 grammes (3 onces);
Sirop de baume de ïolu , 60 grammes (2 onces);
Laudanum de Sydenham,16 gouttes.
Celte mixture se prend comme la potion de Chopart. ( Cottereau , Bict. des étud. méd. , t. iv, p. 213.)
D'après MM. Mérat et Delens {loco cit., p. 420), Frédéric Hoffmann recommande l'emploi de l'essence de copahu dans les paralysies essentielles; il l'employait en liniment, incorporée avec quelque corps gras. On a abandonné ce moyen , que le copahu lui-même remplacerait très bien.
S» Résine de copahu. Cette résine s'obtient en faisant bouillir le copahu dans une bassine avec de l'eau , ou mieux en le distillant à plusieurs reprises, afin de recueillir en même temps l'huile essentielle. MM. BardetCullerier laregardent comme inerte. Un médecin américain, le docteur Thorn, assure (/o«r/î. de chim. méd.^ t. IV, p. 225) en avoir retiré les résultats les plus avantageux dans le traitement de la blennorrhagie , spécialement dans la période d'acuité. Il la prescrit à la dose de 7o centigrammes à 1 gramme (io à 20 grains) trois fois par jour.
COQUE DU LEVAxXT. On donne ce nom , en matière médicale , à des fruits qui nous viennent des Indes orientales , où ils sont fournis par plusieurs espèces du genre cocculus , et spécialement par Xanamirta cocculus de Golebrooke , ar-
brisseau grimpant de la famille naturelle des ménispcrmées , et de la diœeie dodécaiidrie de Limié, qui croît surtout à Amboine , aux Célèbes et à la partie méridionale du Malabaj*.
Ces fruits sont d'un volume un peu plus fort que celui d'un pois, sous-arrondis; l'amande est huileuse. L'odeur de ces fruit.s est nulle ; leur saveur est amère , très intense et très tenace. ( Fée , Cours dliist. nat. pharm.,t. i, p. 400.)
D'après l'analyse récente qui a été faite par MM. Couerbe et Pelletier ( yinn. de chim. et dephys., t. liv, p. 178), la coque du Levant contient dans sa semence de la picrotoxine, de la résine, de la gomme , une matière grasse acide , une matière cireuse , de l'acide malique , une matière analogue au mucus , de l'amidon et des sels. Ces chimistes ont trouvé, dans le péricarpe, de la ménispermine, delà paraménispermine , une matière jaune alcaline, de l'acide hypopicroioxique , de la cire , de l'amidon , de la chlorophylle, une matière résineuse, de la gomme et de l'amidon.
La coque du Levant est une substance très active et délétère , spécialement pour les poissons ; aussi est-elle employée dans l'Inde pour les prendre. En Europe , les braconniers de rivière en ont fait aussi et en font encore usage pour la pèche. « Mais, disent MM. Vavasseur et Cottereau [Dietionn. raisonné des plantes.,t. i, p. 194), les graves inconvéniens qui résultent de cette pratique ont provoqué contre elle le.s mesures les plus rigoureuses et avec raison ; car , outre la destruction d'une très grande quantité de poisson, il est bien reconnu maintenant que le produit de cette pêche deviendrait un poison pour l'homme qui en ferait sa nourriture, surtout si le poisson n'avait pas été préparé et cuit sur-le-champ.
» M. Goupil père , médecin à Nemours, rapporte {Bullet. de la Fac. de méd. de Paris .^ novembre 1807) que, le 6 mai 1807, quatre personnes mangèrent des barbeaux achetés au marché : le poisson , qui paraissait très frais, fut vidé avec soin, cuit dans des vases de faïence et sur le gril, et servi au souper. Une ou deux heures après ce repas , les personnes ressentirent de vives douleurs à la région épi-
iS COQUE DU
gastrique, donloi]r.<; qui persistèrent pendant plusieur;» heures et furent suivies de voinissemens , soit des alimens , soit de matières bilieuses; des syncopes se manifestèrent ; enfin , une diarrliée (pii survint enraya les accidens, et après vingt-quatre heures de maladie , la santé se rétablit. La nature des symptômes observés fit présumer que la coque du Levant en avait été la cause, et, dès lors , pour éclairer cette importante question d'hygiène publique et de police médicale, M. Cioupil entreprit des expériences dans le but de reconnaître les elfels de cette substance sur quebjues quadrupèdes carnivores, dont Testomac a de l'analogie avec celui de riiomme , et sur les dillérentes esi)èces de poissons; enfin, ceux que la chair de ces derniers ainsi empoisonnés peut produire sur certains animaux carnivores.
•> Ces expériences ont démontré à M.
Goupil que la coque du Levant, donnée à doses (hlferentes à des chiens, à des chats, suivant leur Age et leur force, les fait ])resque toujoins vomir, provo(|uc (|uel(iuefois des convulsions , et donne constamment lieu à des évacuations alvines qui amènent une teruiinaison favorable (1(! la maladie après quelques heures d'indisposition. Ce médicin a recomiu aussi (jue la même substance pulvL'risee, mék-e avec de la niiede pain, donnée sous forme de boulettes à des poissons, les fait tournoyer à la surface de l'eau, et, au ])out de dix, vingt, vingt-cinq , trente ou quarante minutes , suivant la dose du poison , et la force et l'espèce de ces animaux, etc., les fait expirer quelque temps après. En leur donnant l'enveloppe ligneuse du fruit séparée de l'amande, en (juehpie cpiantite (pie ce soit, l'empoisonnement n"a pas lieu; il ne se manifeste (jue des vomisscmens. Ces poissons ayant été domiés à manger à des chiens et à des chats , ces derniers éprouvèrent, lors(pie la dose de coipie enqtloyre avait été un peu forte, par exemple 15 , ^20 ou ti:> grains , les mêmes accidens que ceux auxtpiels donne lieu l'ingestion de la subslan<(; elle-même. Il faut donc, dit ^L Goupil, (jue le priMcii)e toxiijuc jtasse dans le système absorbant avec toutes ses propriétés, c'est-à-dire sans qu'elles aient été sensiblement allrrccs par les sues digestifs et l'action vitale des organes de la di-