‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 21 sur 117 · LEVANT · texte numérisé non relu

LEVANT

gestion , puisque la chair des poissons qui en ont mangé agit elle-même avec une énergie à peu près égale. Enfin, toujoui-s d'après le même observateur, tous les poissons qui en ont mangé ne meurent pas aussi vite les uns que les autres; gardons, meuniers, brèmes , perches, tanches, barbeaux, tel est l'ordre dans lequel ces poissons paraissent résister , etc. Parmi eux , le barbeau est celui dont la chair produit le plus souvent des accidens ehe/ ceux qui la mangent. D'ailleurs, quelle que soit la dose de coque du Levant que Ton ait fait avaler aux poissons, lorsqu'on prend ces derniers et qu'on les vide aussitôt qu'ils paraissent à la surface de l'eau, ils peuvent être impunément mangés , au moins par les chiens et par les chats. »

M. Orlila , qui a fait aussi une série d'expériences régulières sur la coque du Levant et la picroloxine, les range l'une et l'autre parmi les poisons narcoticoàcres, et conclut de ses essais [Trailc des poisons, o' édit., t. ii, p. 41-4) : 1« que la coque du Levant est un poison énergique pour les chiens; 2° qu'elle agit , comme le camphre, sur le système nerveux, et principalement sur le cerveau ; 5° (pi'on ne doit pas la considérer comme un poison acre, irritant, ainsi que l'avait cru M. (joiq)il; 4" (pie la partie active de ce poison est la picrotoxine ; 5° que lorsqu'on l'introduit peu divisée, elle borne ses effets à produire des nausées et (piehpies vomisscmens; 6" enfin, que le vomissement parait être le meilleur moyen de s'opposer aux accidens qu'elle développe, lorsqu'elle est encore dans l'estomac. »

Ku Angleterre, ati rapport de iM. le professeur Chrislison {On poif^ons) y des brasseurs ont pous.sé la cupidité jusqu'à faire entrer cette substance dans la préparation de leur bière, dans le double but de la rendre plus enivrante et d'économiser le prix du houblon dont l'amertume se trouvait remplacée par celle de ce fruit v<'neneux. Cet abus s'était étendu à tel point, »pie les lois les plus sévères ont été rendues pour réprimer un si coupable abus.

Les Indiens, au raj)porl d'Alibert {\ouv. clni). (le thèr.y 5' edit., t. i , p. 4^2), emploient nonsetdement le fruit, mais encore toutes les parties de l'arbrisseau pour faire disparaître les cors. Ils s'en servent alors

CGOUELTCOT.

en topique, on rn fiimi galion; mais c'est surtout à la racine, (|u'ils attribuent les vertus les i)lus salutaires dans la diarrhée, les indigestions, les lièvres intermittentes, malignes, etc.; à Textérieur, ils la regardent comme dessiccative.

En Europe, en France surtout, on ne se sert guère de la coque du Levant que pour détruire les poux, et pour cela , on l'emploie soit en forme de poudre, soit sous celle de pommade. Toutefois, cet usage peut présenter des inconvénicns graves , si le cuir chevelu est entamé, comme cela arrive souvent chez les enfans.

Bateman et Samuel Cooper ont recommandé {Dict. de chir. pat. ^t.ii,]}. 355), dans les cas de porn'f/o scwfw^af a et de joorrigo fur fur ans , l'usage d'une pommade préparée avec 8 gram. (2 gros) de coque du Levant pulvérisée pour i once (30 gram.) d'axonge. Celte pommade convient particulièrement au début du mal , lorsque la surface est tendue, douloureuse et enflammée.

Jaeger dit {RusVs magasin, t. xiv, p.

105) avoir obtenu la guérison dans deux cas de teigne faveuse , chez des adultes , avec une pommade composée de 5 décigr.

(10 gr.) de picrotoxine, pour 50 gram.

(1 once) de graisse de porc. 43 grammes (i once et demie) de cette préparation ont suffi, d'après ce médecin, pour faire disparaître le mal, et cela en moins de quatre semaines.

Dans le cas d'empoisonnement par la coque du Levant ou par la picrotoxine , quels sont les moyens thérapeutiques auxquels il convient le mieux d'avoir recours ? Hahnemann prétend que le camphre est le véritable antidote de ces substances , et M. Couvrault, dans un travail sur le camphre, semble aussi partager cette opinion. M. Orfila établit {loc cit.^ p. 415), que les meilleurs moyens consistent à faire rejeter le poison le plus promptement possible à l'aide des émétiques et du chatouillement du gosier, et à s'opposer ensuite à l'asphyxie, qui est la principale cause de la mort, en pratiquant la trachéotomie et en insufflant de l'air dans les poumons pendant plusieurs heures; quelquefois il devient avantageux de joindre à l'emploi de ces moyens celui de purgatifs en potions , en lavemens, ainsi que l'adininistralion de

l'eau éthérée et de l'huile volatile de térébenthine.

Si l'empoisonnement était l'effet de l'application extérieure de la substance toxique, on devrait recourir, en outre, à l'emploi des ventouses sur le point même où l'application aurait eu li«u.

COQUELICOT. Le coquelicot (papnver rhœas , Linné) est une plante annuelle de la famille naturelle des papavéracées , et de l'icosandrie polygynie de Linné, qui croit abondamment dans les moissons. Ce sont les fleurs de celle plante que l'on emploie en médecine.

Les fleurs de coquelicot, qui sont d'une belle couleur pourpre , ayant une nuance particulière, prennent, en séchant, une teinte vineuse. D'une odeur forte et sui generis ix l'état frais, elles sont presque complètement inodores après leur entière dessiccation. Elles ont une saveur faible et amère ; elles teignent la salive en violet, et la rendent mucilagineuse.

Analysées par M. RilTard (Jonrn. de pfiarm., t. XII, p. 415), elles lui ont fourni une matière grasse jaune, une matière colorante rouge, de la gomme et de la fibre végétale. D'après une analyse récente, due à MM. Beetz et Luderwig, ces fleurs contiennent de l'albumine végétale, une matière colorante rouge, une matière astringente, de la gomme, de la cérine, une résine molle et quelques sels.

« La matière colorante rouge, que les pétales du coquelicot recèlent en si grande abondance, dit M. Barbier (Traité élém. de mat.méd., 4^ édil., t. n, p. 476), n'exerce aucune impression sur les organes vivans ; elle n'a point de part aux effets médicinaux qui suivent l'administration de ces pétales. Le principe mucilagineux paraît être la partie la plusactivede leur composition; c'est de son action qu'émanent les avantages curatifs que procurent les pétales de coquelicot. »

Les fleurs de coquelicot sont estimées calmantes, béchiques, adoucissantes, et sontdonnées dans les rhumes avec toux sèche, irritation, chaleur, etc. On les prescrit dans la coqueluche, les coliques, les convulsions des enfans, et aussi pour calmer les douleurs, les migraines, etc. Elles font partie des quatre fleurs pectorales avec celles de mauve, de guimauve et de violettes. (Mérat et Delens, Dict, iiniv. de mat. viéd., t. V, p. 186.)

« On administre, dit Alibert (Nonv. élém. de thérap., f\^ édit., t. n, p. 90), le coquelicot sous difl'érenles formes. La préparation qu'on donne le plus souvent , est l'infusion théiformc, qu'on édulcore avec du sucre ou un sirop approprié. On prépare le sirop en ajoutant du sucre dans une lorte infusion de la fleur, et en laissant cuire jusqu'à consistance de sirop. 11 est très utile dans les insomnies rebelles , et très convenable pour

édulcorer les infusions murilapineuscs qu'on «Jonno dans les rhume*; rôccns. Ce sirop se donne depuis 8 juscpi'à 30 fzram. p2 gros à 1 once). Quelques |)harrnaeiens proposent une teinture aleoitlique (le c()(]uelicot, qu'on donne dans quelques j)0iions calmantes. La dose de l'exiraiL aqueux est de 10 h !20 cenli?. (2 à 4 Rt.) juscju'à ÔO ou 40 centig. (G à 8 gr.)

COQrLLUCIlE, s. f. On désigne ainsi une alleclion caractérisée par une toux convulsive , revenant i)ar (luiiitos plus ou moins longues, dans lesiiuelles plusieurs mouvemens brusques et saccades d'exj)irotioii bruyante sont suivis d'une inspiration longue , anxieuse et plus bruyante encore. Les auteurs ne sont pas toiis d'accord sur l'étymologie du mot coqueluche ; la plupart le font dériver de coqueluchon^ sorte de capuce dont on se couvrait la tète lors de répidéniie de j41.i, 1510, etc. D'autres pensent que ce nom provient de l'usage abondant que Ton faisait de la fleur de coquelicot dans le traitement de cette aircclion ; d'autres enlin altiibuent l'origine du mot en question à ce (\ue, pendant les quintes , la respiration sonore imite le chant du cof[.

rs'ous verrons plus loin, en [)arlant de la coqueluclu! épidéiniqne,quela i)lu[)artdes descriptions d'épidémies de co(|ueluch(' données parles auteurs doivent élre renvoyées au mot Grippe ; c'est donc aussi à ce mot que nous reproduirons la plupart des expressions synonymiijues dunnces par les auteurs à l'occasion de la coqueluche. Nous n'acceptons, comme exprimant Li même maladie , que les désignalions î^uivantes. Tiissis pucrorum coiivulsira (Willis), pertussis (Syrienham; , tusxis dantrosa (I5.isseville; , bex coiivitlsini (Good) , f)ro)}chili.<^ rnnvulsiva (Boindet), affection prjL'umo-gnstropitHiicusc'Touvtc\[c»), bro}ic}i<)-cv/)h(ilitc (Desruelle), catarrhe convulsif ■ Laennec).

Piclativement à rhistorifjuc de celte affection, nous j)ens()ns avec Ozanam que les médecins grecs et arabes ne nous (uit rien laisse que l'on puisse rapj)orler à la coquduehe. •« Llle était sans doute , ajoulc-t-il , rare ou inconniuî dans les pays qu'ds habitaient. Il parait même qu'elle n'existe que dan<; tnic partie de l'ijuope, et qu'elle ne se montre jamais sous les Tropicpies. On a confondu, jusqu'au XMir siècle même, la co(]ueliiche

COQUELUCHE

avec les autres aflVclions catarrhales; mais de[)uislois on a mieux étudié sa nature, et on a isolé cette maladie de ces dernières. »> (Ozanam, Jlist. mcd. des épidémies, t.

i,p. 218, 2''édit.) Ces con-^iderations posées , abordons l'histoire de la coqueluche.

I.Anatomikpatuoi.ogique. Les sujets aiïectés de coiptehiche succombent rarement à celte alfeclion , mais plutôt aux complications qui peuvent survenir : il est donc furldifTicile , dans les autopsies , d'isoler ce qui ap[)artient à la première des désordres oecasiomiés par ces com[)licalions. Toutefois voici ce que l'observation a révélé de plus constant.

Atat de la muf/ucusehruîichique. Tout le monde s'accorde à reconnaître qu'elle est généralement rouge et phlogosée partiellement ou dans toute son étendue , et présentant les caractères que nous avons décrits à l'occasion de la bronchite.

Cependant ces lésions n'existent pas toujours, et M. Blache, dans son excellent travail sur la co(|ueluche (.irch. gén. de mcd., t. n[,an. 1855}, relate neuf cas d'autopsies siu" lesquels il a rencontré cinq fois la muipiouse pâle et quatre fois rouge; et encore notez qu'il y avait complication de pneinnonie dans tous les cas. Outre ces le^ionsdes parois, on trouve la cavité des bronches remplie d'une matière visqueuse, tenace, limi»ide. (Ozanam, /. c.,p. 252), ailleurs d'inilluide!miqueux,téimet aéré, etc.

Dilatalinn des broiclies. Elle a été rencontrée pltisietu's fois, et surtout dans des cas oii la maladie durait depuis longtemps. « Je Tai vue une fois , dit Billard , stu" un enfant de 15 mois, et qui présentait à l'exlremile des dernières bronches des espèces de vésicules remplies d'un pus crémeux et inodore-, la dilatation inégale et la crevasse des bronches ont également éîtenmcontrées chez (pielqu''s enfans; il en est de même de l'emphysème. » [Traité (les mal. des en f., p. 540, édit. 1828.) Suivant M. Hlache [loc. c.) , celte dilatation est duc aux violens cIForls auxrpiels se livre le malaile juMidant les quintes.

/ilat des (janglions bronchiques. II3 ont été plusieurs fois trouvés gonflés , rouges et même ramollis.

r.tat des nerfs pneumo-gastriques.

Quebiucs auteurs ayant voulu jjlacer le siège de la coqueluche diuis les nerfs pneu-

pjo-gastriijues , il dovciiait iiUéiessaiil de reclierchcr ce qu'il en était do cette assertion. Albers de Bonn ayant ouvert 47 sujets morts à diiïé rentes périodes de ce tic Hîaladie , ne rencontra que quaire fois de la rougeur occupant le nerf vague d'un seul côté (à gauche une fois, à droite cliez les 5 autres] , et encore les sujets qui offrirent cette lésion étaient-ils lymphatiques et scrofuleux. [liecherc. sur le nerf pn.-gastr. , i)as Albers de Bonn , trad. par

Richelot. Archic. , t. v, 1834, p. 582. ) M. Blache {loc. cit.) n'a jamais observé cette lésion , il en est de môme de MM. Jadelot , Guersant , Baron , etc. ; ajoutons cependant qu'au rapport de Franck, Herman-Kilian avait vu quinze fois une altération des pneumo-gastriques et M. Breschet deux fois.

Complications. La plus commune est sans contredit la pneumonie lobulaire , c'est à-dire en noyaux d'hépatisation rouge, disséminés dans le parenchyme pulmonaire. Cette lésion se rencontre assez souvent chez les enfans morts de la coqueluche, et l'issue fatale de lamaladie peut lui être attribuée dans la plupart des cas ; les neuf sujets dont M. Blache a fait l'autopsie ( il/ém. cHé^ p. 207) présentaient tous cette complication. On a rencontré aussi des congestions dans les méninges, une turgescence du système veineux général , des épanchemens séreux dans les ventricules du cerveau et dans les autres cavités séreuses ; ces divers désordres doivent être rapportés aux troubles de la circulation qui accompagnent nécessairement la coqueluche. Rosen avait déjà observé dans une épidémie très grave qui régna en Suède , en 1769 , que beaucoup de sujets qui succombèrent , présentaient des infiltrations séreuses. [Traité des mal. des enf.., trad. de Lefebvre de Villebrune , p. 524.) Je ne parle pas des tubercules, c'est là une coïncidence tgut-à-fait accidentelle.

II. Causes. Age. La coqueUiche semble attaquer exclusivement les ei)fants,surtout entre la première et la seconde dentition. Cependant on cite quelques exemples rencontrés chez Tadulte et même chez les vieillards comme nous le verrons en parlant de

la contagion. Sur les 21 cas dont M. Blache

fi donné l'analyse dans son mémoire , 20 I dans les régions chaudes de l'Italie * ÏOME m.

avaient rajjport ù des sujets dont le plus âgé avait dix-sept ans , et le plus j(;unft vingt-cinq mois; dans le 21% le malade avait vingt-neuf ans. {Mém.cilé ., [>. 204.) Ailleurs, dans son art. Cooukllc/jk du Dict. en 25 r., il s'exprime ainsi : « Sijr 130 enfans atteints de cette maladie dont j'aL compulsé l'histon-e , on en comptait 10(> depuis l'àgc d'un an jus(iu'à sept , et 24 seulement de huit à quatorze. » ( Dict. en 'lovol.^ t. IX, p. 20.)

Sexe. Les sujets du sexe féminin paraissent plus disposés à contracter la coqueluche que les garçons. Cela résulte de divers relevés; le plus ancien en date et le plus considérable est celui de Hosen.

[Trailé des mal. des enf. , p. 524.) « Les registres publiés, dit-il, nous a[)[)rennent que de[)uis 17^9 jusqu'en 1764 (années |)endant lesquelles régnèrent des épidémies de coqueluche très meurtrières), il est mo:-t en Suède 45,595 enfans de cette maladie... Sur ce nombre il y eut 21,545 du sexe masculin, et 21, 830 de l'autre. » Cette différence est légère comme on le voit; sur les 150 cas de M. Blache , cités plus haut, il y eut 69 ûlles et 61 garçons.

Constitution et manière de vivre. Les sujets lymphatiques et nerveux y sont évidemment plus spécialement exposés.

Les enfans riches et élevés au sein du luxe en sont frappés comme les autres ; cependant les habitations humides , sombres et malsaines, le défaut de vêtemens, etc., semblent exercer une influence réelle , es; il est certain que chez les enfans placés dans les meilleures conditions la maladie se déclare souvent après un refroidissement. Ceci nous conduit directement à l'étude des saisons et des climats. Nous avons déjà noté avec Ozanam que la coqueluche ne se montrait jamais entre les Tropiques ; le même auteur s'exprime ainsi quelques pages plus loin : « Celte maladie ne dépend point d'un vice dans l'air ni des variations atmosphériques : car elle peut régner dans toutes les saisons de l'année , et lorsqu'elle s'est déclarée dans un pays , elle continue à y dominer durant un temps plus ou moins long, malgré les changemens des saisons. On la voit également dans les pays froids du Nord , dans les climats tempérés de l'Europe et.

COQUELUCHE

» Si elle dépendait des intempéries de ratinosjihère, elle se déclarerait en même temp^ dans tous les pays soumis à cette mOme influence, tandis qu\iu contraire elle borne souvent sa domination à une ville seule ou à ses environs, ou même elle est restreinte à (jnelques familles ou à quelques hospices d'orphelins. I.e froid ne la rend pas plus intense, car on la voit fréquemment cesser aux approches de l'hiver, et les ])ains froids, ainsi que les boissons à la glace, en calment les paroxysmes....» (Op. cit.^ p. 231.) H est cependant bien constaté «pie, dans nos climats, la co(]ueluclie sévit particulièrement au prinleujps et à l'automne , surtout dans les années froides et humides.

ï:pidémi€S. La maladie (jui nous occupe se montre très fréquemment sous forme éi)idémi(pie, Hiais il ne faut pas acc<'pler sans contrôle tout ce que les auteurs des siècles derniers nous ont laissé à cri ci,'ard; la plupart des épidémies qu'ils ont données comme appartenant à la co<|U(liielie n'étaient autre chose (jue de véritables grippes, qui n'avaient de res- Rcmbhuirc avec celle-là que par la violence (\e< (juintesde toux. INous en reparlerons d'ailleurs à propos de la coqueluche epidciiiii^ue. (/". aussi le mot Grippk.)

Contagion. Plusieurs auteurs, à la tête desquels nous citerons Stoll [Mcd.prat., u:i(\. de Terrier, I. n, j-. S^'^., ï..«én;iec TrmH^ //<• l'ausrull., \. i, p. i8b*, éd. is^r... Billard [op. àt.^ p. .'iir.ri}, Otawaxu np. rU.^ p. t23i;i, ment ;ib'iolwjnenf l.t irfmv roulagien>c de la foqiiPliiclu'; ce point e>t d'une trop haute importance, relativement à la prophylaxie, pom- (jue nous ne nous y arrêtions pas un instant. llosen;o/}.rj7.,'|). 519) admet, sans hésiter, la transmission directe. »f Klle se communique par contagion, dit-tl; et moi-même, <ans le vouloir, je l'ai transportée d'um; maison dans une autre. Un enfant (pu en et.iit pris la commin«i(pia à deux autres, d.uis une maison ou il avait été envoyé. » M. Dugcs a vu une petite fille atteinte de celte maladie, la transmettre a une cousine en l)as iv^y, chez lai|uell<' on l.i conduisait de temps en temps, (pioiipi'elles habitassent deux quartiers fort éloignes, et que la coquehiclie ne re;,^nàt nullement dans celui que lu dernière n'avait pas quille. << j'ai

été informé , ajoutc-t-il , que la coqueluche avait été également importée parmi cinq ou six enfans en sevrage, par un nouveau compagnon qui en était de- IMiis quelque temps atîeeté. » {Dict. en 15 vol., t. V, p. 48S.) Î\L Blache, dans l'excellent mémoire déjà cité {Archii\, t. m, an. issr», p. 356 et suiv.}, a réuni luie dizaine de cas bien avérés de contagion, dont plusieurs ont été observés par lui. Les suivans nous ont paru remarquables.

Un enfant, allecté de coqueluche, est envoyé auprès de son grand-père et de sa grand'-mère, pour résider avec eux ; bientôt ces derniers sont pris, malgré leuraV/c avancé, de la même maladie, et elle les frappe avec luie extrême intensité. In autre jeune sujet,atleintdu même mal, le transmit également à son grand père, vieillard âge de soixanle-el-dix ansA.a fils de IM. Guersant, l'ayant gagnée d'un autre enfant avec lequel il avait joué seulement une demiheure, la transmit à sa mère qui cependant l'avait eue pendant sa je!messe,etc... Dans une observation relatée ailleurs parle même auteur (Z^icf. en 25 vol., t. ix, p. 25), et enqiruntee à Ilœussler, on voit le fils d'un marchand étranger communiquer d'abord la maladie aux enfans de l'aubergiste chez lecpiel il demeurait, de là au voisinage et bientôt à toute la ville. Les faits l»récédens établissent, selon lui, de la ma- I mère Ih plus loiuteMc le> |»ropriéte-i eon lagieuscs fie h eoqixjlneh^ . .Suivant W. CufTsaiil {Oict en 'ii noI. , art. ('<«m.»li - Hf.Mr.), cette confH;:ion aurait be^-oio pom sVtFeeiuer, que l.« [ter>(>(n»'' -aine i»'spir;fi l'haleine i\\\ M'jet malade; quelques iaitisemblent démentir cette assertion; toujours est-il que si la coqueluche est contagieuse , elle l'est à un degré beaucoup |)lus faible (pie la variole, la rougeole, etc., et, |)our (luelle se connmini(|ue , il faut qu'elle soit arrivée à son plus haut degré de développement.

III. Sv Mi'TÔMi:s. Aou.^ partagerons avec tous les auteurs riiistoire de ceUe maladie en trois périodes; celte division, rejetée par Millard comme ne concordant pas toujours avec la miirche réelle de la malulie, n'en est pas moins vraie la plupart du temi)s, et très commode pour Télude.

J'rcmièrc pcriodQ (période catarrhale.

COQUELUCHE

bronchiiiue ou indammaloire des auteurs). L'invasion de la coqueluche a lieu, soit au milieu de la santé la plus parfaite , soit [)endant le cours ou pendant la convalescence d'une des maladies propres à l'enfance, et à laquelle elle semble se lier; ainsi on voit fréquemment la coqueluche succéder à une lièvre exanthémaleuse ; M. Blache (Mém. cité, p. 203), sur les 21 cas dont nous avons parlé, l'a vue succéder cinq fois à la rougeole, trois fois à la variole, deux fois à la scarlatine, et une fois à la varicelle; ces résultats sont dignes d'attention, et il est étonnant que les auteiu's n'aient pas plus insisté sur une coïncidence aussi remarquable. Mais c'est le plus ordinairement par une bronchite que débute la maladie. L'enfant est pris de frissons, de malaise, de lassitude; il devient moins gai, moins bruyant, il cesse de se livrer à ses jeux ordinaires ; l'appétit est notablement diminué, le sommeil est inquiet, agité; en même temps, la face est un peu bouffie, les yeux sont rouges, larmoyans ; il y a de Tenchifrènement, en un mot tous les phénomènes d'un coryza débutant. A ces phénomènes, il se joint bientôt une toux sèche et revenant par quintes plus ou moins rapprochées ; la fièvre est peu marquée et ne se montre assez souvent que vers le soir, ou même elle affecte mi tvpe inl.f'i iiiittcnl , quoi.iiiirii no iicrc'. I)aii.> d'autres cas le del)ut <'>>t [»'ii- iMusipir, l;i Hf'vre Csl vive et «oiitiinie, il v ;• do la chaknr rt la ))oiirine, de îa (louleur d»nricr'* !c «;ienuMiij 1^ toux est Vorlc et fié<(ueiitc, U' iDrilaiseel rHoorcxic sont pot tes à nu point \)\u- t;o!isidé»abic que dan» Ir cas ]»réo«'deut. Comme on le voit, cet ensemble de phénomènes, et surtout la présence du coryza, offrent la plus grande analogie avec l'invasion des fièvres éruptives, et notamment de la rougeole avec laquelle la coqueluche présente une grande affinité. Cette premièie période dure de huit à douze ou même vingt jours, et peu à peu les symptômes prennent les caractères spéciaux qui distinguent la seconde période. Deuxième période (période spasmodiquc, convulsive, nerveuse, etc.. des auteurs). Elle succède à la précédente ; dans certains cas cependant, elle se montre d'emblée et sans phénomènes précurseurs; c'est ce qui a été vu clans quelques épidé-

mies, celle de Gênes en 18()6, par exemple. (Ozanam, ouv. cit. y p. 228.) M. IMad\e{Dtclion. en 2.') vol., t. ix, p. 24) c'ii* ., d'après M. Tavernier, l'observation d'une [)etite fille de deux ans, arrivant de la canjl)agne en parfaite santé, qui, ayant joué avec d'autres enfans alfectés de coqueluche, fut prise dans la nuit même des phénomènes spasmodi(|ues spéciaux à cette affection. Mais c'est là l'exception ; presque toujours la maladie débute par la période catarrhale. La période (jui nous occupe actuellement est caractérisée par des accès de toux revenant par quintes plus ou moins rapprochées; assez souvent le malade est averti de leur approche par des démangeaisons et des titillations dans le larynx ou la trachée, par un sentiment particulier de douleur anxieuse à la poitrine ; les mouvemens respiratoires deviennent plus fré(iuens et irréguliers ; le malade fait tous ses efforts pour retarder ou étouffer l'accès dont il pressent l'invasion, et qui bientôt éclate malgré lui. Alors on voit survenir des secousses d'une toux sèche, brève, saccadée, se succédant coup sur coup presque sans intervalle , de manière à empêcher presque entièrement l'inspiration ; le patient présente tous les signes d'une suffocation imminente, sa face estsonflée, violette, ses veux sont rouge?, .><<ill<u.is , ic)tqin,< de laruH's. .S<> mcmbi''.< sont cunUarlos, cl le ]»lus souvent il sac- «•roclic tfu\ «orps -olide.s ejivironnaits ([\ù peuvent lui ollVir un point d'af»pui ; f.ouf<*s. les puissances inspiialrices sont enjeu pour faife pénétrer de iair dans les poumons ; bientôt queinncs petites inspiratiotis difficiles et anxieuses sont suivies d'une inspiration lente, excesoi.ement pénible eL sonore, dont le bruit, comparé au chant du coq, parait dû au resserrement spasmodique de la glotte. Cette inspiration est suivie de nouvelles secousses de toux, qui amènent l'expulsion de mucosités visqueu' ses, filantes, incolores, avec vomissement des matières contenues dans l'estomac ou seulement des vomituritions. L'état de congestion qui accompagne les phénomènes de suffocation est souvent ass'- marqué pour déterminer des héircrvhagies par le nez, les voies aériennes, ju même l'estomac, et des ecchymoses sous-conjonctivales» En même temps, la peau est

sa

pâle, livide, couverte crime sueur froide €t visqueuse ; le pouls est petit, conceutré, misérable ; très souvent les urines, et quelquefois les matières fécales, sont rendues involontairement; enfin, Télat convulsif fixé dans les organes respiratoires peut se généraliser, et donner lieu à une véritable attaque dY'clampsie.

Les accès de coqueluche durent de deux à cinq minutes, rarement i)lus, et se répètent ordinairement toutes les heures ou toutes les deux heures; on les a vus se succéder bien plus fréquemment, survenir par exemple de dix en dix minutes. Laënnec {op. cit., p. 187) avait dit (jue les quintes se montraient généralement plus fréquentes le jour que la nuit ; M. Blache sVlève contre cette assertion {Dlct. en 25 vol., t. IX, p. 27) et ])retend au contraire que les enfans sont plus tourmentés pendant la nuit ; souvent en elTet on les voit réveillés en sursaut par l'invasion brusque d'un accès ; ils se mettent précipitamment à leur séant, et les phénomènes décrits se manifestent. Quand ces accès sont séparés par des intervalles considérables , l'enfant reprend, immédialement après qu'ils sont passés, sa gaîté et ses jeux ; mais s'ils sont très rapprochés , il est pâle, aiïaibli, triste, décourage ; du reste , il peut y avoir dans CCS intervalles les phénomènes d'une bronchite plus ou moins grave avec un appareil fébrile plus ou moins développé, ou bien les signes d'une autre maladie qui complique alors la coqueluche. 'J'outes les émotions vives de colère ou de frayeur, l'inspiration d'un air froid et sec ou cliargé de matières pulvérulentes, rappellent les accidents.

Vauscultation a-t-elle appris quelque rjjosc sur cette maladie? « Lors(pron ex-

S^orc, à l'aide du stéthoscope , la poitrine 'u:'« enfant alfcrlé de la coqueluche , on ne trouve dans Tintervallc des (piintes que les sign'}' ordinaires des catarrhes , c'està-dire un bruit respiratoire plus faible ou môme nul dan«^ (juclques points bien résonn.uis d'ailleurs; une respiration puérile dans d'autrrs points, et quehpicfois un pci. de râle muqueux ronflant ou sibilant. I3i i-sles (piintes, au contraire, on ne sent que *. cbranlemenl imprime au tronc par les secousses de la toux , et Ton n'entend un peu de ronchus ou du bi-uit rcs-

COQUELUCHE

piratoire que dans les très courts intervalles qui existent entre les saccades expulsives de la toux ; mais l'inspiration sifilante et prolongée qui fait le caractère pathognomonique de la coqueluche parait se passer en entier dans le larynx et la trachée. On n'entend ni le bruit de la respiration pulmonaire, ni même le bruit respiratoire bronchique, même dans les parties du poumon qui , quel(]ues instans avant et après la quinte , donnent la respiration puérile. » (Laënnec, Traité de Vanscult., t. I, p. 188.) Laënnec attribue celte absence de bruit respiratoire pendant les quintes aux spasmes des bronches, exactement comme pour Vastftme [f^. ce mot).

Quoi qu'il en soit, les détails que nous venons de transcrire sur les résultats de rauscultalion dans la coqueluche ont été pleinement confirmés par tous les médecins qui sont venus après notre grand observateur.

Cette seconde période n'a pas de durée fixe, elle peut se prolonger pendant plusieurs mois, mais ordinairement elle ne reste bien caractérisée que pendant quinze jours ou (rois semaines.

Troisième période (période de déclin).

Elle succède progressivement à celle que nous venons de décrire ; les quintes deviennent de plus en plus rares, les phénomènes spasmodi(pies sont moins franchement accusés. Les inspirations sont plus faciles et moins bruyantes pendant les accès; les secousses de toux sont moins violentes; les vomissemens n'ont plus lieu, tout en un mot indique une diminution notable dans rintensité de la maladie. Le malade, au lieu d'expectorer des matières visqueuses, limpides et filantes, rejette des mucosités opaques , jaunâtres ou vcrdàtres , analogues aux crachats (jui caractérisent la période de coction dans la bronchite; et notez (pie la coqueluche revêt les symptômes ordinaires à celte dernière affection parvenue à son déclin. II arrive pourtant dans cert^iins cas qu'une cause un peu active, une émotion, une douleur vive, etc. , peut ramener un accès convulsif tout-à-fait semblable à ceux de la seconde période. La durée de ce dernier sladc de la maladie ne saurait être donnée d'une manière générale : elle peut varier de huit ou dix jours à uu ou plusieurs mois.

COQUELUCHE

IV. MAncniî et duri^e. La marche de la coqueluclie ne se présente pas toujours à l'observateur avec, la régularité que nous lui avons assignée ; c'est surtout dans les temps d'épidémie que Ton observe des dilFérences à cet égard; le tempérament et la constitution du sujet , mais surtout les complications, lui impriment des modifications dont le praticien doit cire bien averti , et dont il doit tenir compte dans la thérapeutique. On a vu dans certains cas le retour des accès se régulariser et affecter un type intermittent. Quant à la durée totale , d'après ce que nous avons dit de chaque période en particulier , on voit qu'elle ne saurait être moindre que cinq à six semaines , ni s'étendre au-delà de quatre à cinq mois: les exceptions sont fort rares.

Y. Terminaisons. Le plus souvent la maladie se termine par le retour à la santé au bout d'un temps plus ou moins long. Nous avons vu que la violence des accès pouvait produire quelques accidens assez graves, des convulsions, des hémorrhagies par exemple : lorsque ces dernières sont abondantes et se répètent souvent, il peut en résulter une faiblesse très grande pour le sujet, faiblesse qui accroît encore la disposition nerveuse etspasmodique; d'autres fois, quand la maladie dure très longtemps, l'enfant maigrit et finit par tomber dans le marasme ; mais, dans ce cas, il y a ordinairement une complication de tubercules ou de pneumonie qu'il faut rechercher avec beaucoup de soin. Les efforts violens auxquels se livre le malade ont , dans certains cas, déterminé des congestions cérébrales et même des attaques d'apoplexie ; enfin , chez les très jeunes enfans, elles ont facilité la formation de hernies inguinales ou ombilicales, etc. La mort, quand elle arrive, est ordinairement le résultat d'une affection intercurrente, à moins qu'elle n'ait lieu par suffocation, ce qui est d'ailleurs assez rare. La coqueluche peut-elle être jugée par une crise?

Certains auteurs en ont beaucoup parlé , mais sans en rapporter d'observations bien authentiques; sans nier complètement la possibilité de ces crises , nous pensons qu'elles ne s'observent guère que dans la dernière période , alors que la maladie a déjà commencé à décroître. La convales-

cence de la coqueluche est généralement assez rapide chez les sujets doués d'iine bonne constitution , mais il faut surveiller bien attentivement les enfants nerveux, lymphîitiques et débiles; ils ne peuvent se rétablir qu'à force de soins et de précautions.

La maladie qui nous occupe peut-elle récidiver ? Plusieurs auteurs , tels que Rosen {op. cit., p. 518 et suiv. ), Cullen {Instit.de méd. prat., t. n, p. 213, trad. de Pinel) et autres ont répondu négativement; mais il est aujourd'hui bien avéré que cette récidive , quoique rare , peut cependant avoir lieu.

VL Variétés. Les nosologistes ont établi trois variétés qui empruntent leurs différences au tempérament propre du sujet, ou à la constitution médicale régnante.

Ainsi, 1» la coqueluche inflammatoire oû sthéniqne affecte les individus bruns, sanguins , d'une vigoureuse constitution ; la fièvre est assez intense , la face est rouge , la peau chaude, la soif vive, les hémorrhagies ont lieu avec assez de facilité , et la maladie suit une marche franchement aiguë ; 2» la coqueluche muqueuse ou catarrhale présente un appareil fébrile à peine développé ; il y a des signes d'embarras gastrique et intestinal , anorexie , langue jaune, bouche pâteuse, vomissemens abondans et fréquens de matières muqueuses ou bilieuses , etc. 3° Enfin , dans la forme nerveuse ou spasmodique, les phénomènes de la période convuUive sont portés au plus haut degré ; l'anxiété est extrême, la suffocation imminente, etc. Ces variétés , niées par quelques auteurs , existent cependant , surtout pendant les temps d'épidémie , et offrent de l'intérêt sous le rapport pratique , à cause des différences de traitement qu'elles indiquent.

La coqueluche épidémique , dont Ozanam {ouv. cit., t. i, p. 218-231) a donné l'histoire , est loin d'être toujours identique à elle-même. Et, comme nous venons de le dire, c'est quand cette affection sévit d'une manière épidémique qu'elle revct les difTérentes formes inflammatoire , muqueuse ou nerveuse , suivant la constitu-

tion médicale

régnante.

Du reste, nous

renvoyons au mot Grippe la description de beaucoup d'épidémies rapportées à la coqueluche. Arrivons à un point fort im-

54 COQUEL

porlant {\o IMiistoiiP de la coqueluche , les complications.

l» hrenchite. Cette complication est cprl.iitwMiient une des plus tVequentes de la maladie dont nous parlons. Si elle est très étendue, elle augmente Tappareil l\il)rile, donne lieu à un ràU» muqucux plus ou moins humide dans rintervalle des «piintes , détermine une dyspnée continue, etc.

2'' La pneiimoyiie se rencontre peut-être plus fréquemment encore (pie la bronchite. iNotons d'ailleurs que celle-ci , en s'élendant aux dernières ramiOcalions de l'arbre aérien, se change souvent en i)neumonie. tSur 40 cas de coqueluche diversement compliqués, dit I\I. lilache ( J)ict. en 25 vol., t. IX, p. 28), j'ai trouvé douze fois la i)neumonie et dix fois rinflannnation des bronches. Et sur 28 cas observes par Constant ( Gaz. mtd. , d83G , n° 54) , il y avait 10 «as de phlegmasie du parenchyme pulmonaire.

Les signes de rindammation du poumon , quand celle-ci est intense , sont les rtilcs crépitant et sous-crépitant, le souille bronchique et lamatitc plus ou moins flendue, suivant le degré de Thépatisation.

(/'. Pnelaio.mi: dks tmans.) « Lorsqu'il existe une phlegmasie du poumon et (pi'elle est assez étendue , on observe en général (fue les (juintes sont un peu moins fréquentes et })res(iue connue etoud'ees, niais elles reprennent ensuite leur intensité première quand la ])neumonie rétrograde. » ( lilache, loao cil.) Cette circonstance de la dijniuution des accès de sulfocation, jointe il la présence delà dyspnée , doit éveiller l'attention du médecin, et lui fairtî rechercher les autres signes de la pneumonie, assez difliciles à constater chez les enfans, surtotit quand la maladie alfeele la foruie ]ul)ulaire.

J'htltisie. La coqueluche peut-elle dé- Irrmiuer la formation des tubercules? Je jie le pense pas, a moins qu'il n'y ait une «lisposition l)ien marquée de réconomie : mais quand la jihthisie se déclare pendant le cours de la ((xpiehK lie ou lui suecède , il est très probal)le que celle-ci a hâte le progrès et le ramollissement de tubercules ])reexislaus. La maladie (|ui nous oenipe, survenant d'une manière intercurrente pendant le cours d'une phlhisie , rend les

UCIIE.

progrès de cette dernière plus rapides et

rapproche l'instant funeste.

Les exanthèmes fébriles , mais surtout la rougeole , sont de fréquentes complications : 31. lîlache , comme nous l'avons déjà dit plus haut , a vu cinq fois , sur 21 cas, la co(pieluehe survenir après une rougeole ; souvent aussi cette dernière se montre dans le cours de celle-là , sans en modifier sensiblement la marche ; il semble même y avoir mie sorte d'afiinité entre ces deux alïections, surtout si Ton songe au début qui est absolument le même pour toutes deux. Quant aux autres affections aiguës de la poitrine ou même du lubc dif/eslif sur lesquels certains auteurs , notamuuMit I\L lîoisseau et M. Desruelles, ont tant insisté, ce sont là de simples coïncidences. 11 ne paraît pas en être de même des affections ccrcbrales dont le développement peut être favorisé par les congestions vers le cerveau si commu- Tics dans la coqueluche, et qui augmentent encore l'intensiié du mal (juand il est une fois déclaré. Les complications dephlegmasies encéphaliques déterminent souvent des mouveniens convulsifs à chacpie accès de toux. Ici , la complication est de la plus haute gravité.

Les oplithalmicSy zona, i'rysipvle,o\c.^ auxquels on a voulu aussi faire jouer un rôb^ dans l'histoire de la coqueluche, ne me paraissent pas avoir rimporlance que certains auteurs leur ont attribuée.

A'JI. DrAf;N()STH;. Les caractères spéciaux que présente la période convulsive delà coqueluche ne permettent pas de confondre cette maladie avec aucune autre.

Quant à la première période, elle ressemble tellement au début d'une bronchite ordinaire (pie le diagnostic est ici complètement imj)ossil)le ; mais dès que les ipiintes se sont déclarées , pcrsomie ne saurait s'y méprendre; ajoutons qu'il est un autre signe fort important, et sur le(]uel Constant {Gaz. «Kv/., -1850, p. 551) a insisté avec raison, c'est l'expectoration. La coqueluche est la senlc maladie dans la- (pjelle on l'observe chez \eii jeunes enfans. La toux convulsive se distingue de la maladie dont il est ici question , par son début (jui est brusque, san« lièvre, sans phénomène catarrheux, parle défaut d'expectoration, par l'absence de l'inspiration Ion-

COOUEI

gnecf siniiiii'c.ohMirn parcelle ciicoiisi.'inrr» rpron ne Tobsorvo (|ii(» chez (les ailiiltes. (^. laissa, Essai .vwr la touœ concuhice, Paris, 4851, ip 250.)

Yllf. Pronostic. La cofjneluclie simple, chez un sujet bien portant, estime alFection peu grave. IMais le proiiostic devient phis sérieux si renfaiitest très jeune ou si 1 on a a(r;iire à un vieillard , si le sujet est faible et d'iuic mauvaise constitution. On a noté les dangers de la coqueluche chez les femmes enceintes; alors on doit craindre l'avortement. Mais c'est surtout dans les temps d'épidémie que la maladie acquiert de la gravité : on en sera convaincu si l'on jette les yeux sur le relevé donné par Rosen de la mortalité qui a régné en Suéde pendant les années

1747 1769, et que nous avons relaté

dans les causes à Toccasion des sexes. Plusieurs des épidémies rapportées par Ozanam {op. cit.) ont été très meurtrières. Enfin, les complications de phlegmasies pulmonaire , encéphalique et intestinale rendent bien souvent la coqueluche mortelle , surtout dans le premier âge.

IX. Nature de la coqueluche. Les auteurs ont longuement discuté sur ce point. Les uns , en grand nombre, ont placé le siège de celte alfeclion dans Testomac, d'autres y ont vu seulement une névrose, que quelques uns ont cherché à localiser dans le nerf pneumo-gastrique. Plusieurs Pont regardée comme une modification de lahronchite, etc., etc. Sans entrer dans le détail de ces théories générales modifiées à Tinfini par les divers auteurs qui se sont occupés de ce point de la science , nous dirons seulement que la coqueluche nous semble bien évidemment une névrose avec irritation, et même souvent phlegmasie de la muqueuse hronchigue.

iJans la première période, les caractères d'irritation bronchique sont manifestes, et , dans la seconde, les phénomènes spasinodi([ues, le resserrement convulsif de la glotte , cette circonstance que la maladie est plus commune et plus intense chez les sujets nerveux, le retour régulièrement intermittent des accès qui a été [)lusieurs fois observé, Pinfluence des émotions morales, la santé parfaite des sujets dans les intervalles , li'S caractères présentés par les mucosités expectorées, tout en un mot

uciii:.

îin

semble démontrer le caractère nerveux de la co(|ueluche. Au reste , cette recherche de la nature d'une maladie n'est point une chose oiseuse , comme semblent le penser (juclques personnes , car le traitement i\ui découle nécessairement de la théorie sera tout-à-fait différent suivant les hypothèses. II n'est donc pas indiderent d'adopter telle ou telle manière de voir, puisque la thérapeutique doit s'en ressentir.

X. Traitement. Nous suivrons ici Tordre (jue nous avons adopté pour la description de la coqueluche , nous indiquerons le traitement des diverses périodes de la maladie considérée d'une manière générale, en insistant sur les modifications que lui impriment ses différentes formes (inflammatoire, catarrhale ou nerveuse); nous passerons en revue les principaux ordres de médicamens (pii ont été vantés par les auteurs , et enfin nous terminerons par quelques considérations sur la prophylaxie.

^. Traitement de la première période.

Lorsque, dès le début, il n'y a pas de phénomènes graves et spéciaux, lorstju'on observe seulement les symptômes que nous avons décrits , on doit se borner à Pusage des boissons chaudes mucilagineuses, aux juleps gommeux , ou avec un peu de sirop diacode ; s'il y a de la céphalalgie , quelques pédiluves excitans , ou mieux , chez les jeunes sujets, des cataplasmes sinapisés appliqués aux extrémités; s'il y a de la constipation , des lavemens émolliens ; quelques précautions qui consisteront à soustraire l'enfant à l'action du froid et de l'humidité, un régime adoucissant et composé de potages et d'alimens légers, tels sont les moyens en quelque sorte expectans qu'il convient de mettre en usage pendant la première période. Si cependant , comme il arrive chez certains sujets vigoureux ou dans certaines épidémies, il y avait dans le commencement une fièvre très forte, avec rougeur à la face, tendance aux congestions cérébrales ou engouement pulmonaire, on devrait alors pratiquer quelques émissions sanguines^ inutile»

ou même dangereuses dans toute autre circonstance. Si l'enfant est assez âgé , on fera une petite saignée du l)ras, ou bien on appliquera, siiivant les symptômes prédominans , quelques .sangsues derrière le»

coouKLUCin:.

«roill(-<; on «ur les eût»:; de la poidino; on insislcr.i sur Ips cala[)lasmes sinapisOs aux extrémités, et on pourra rendre les lavemens U'L'èrenient laxatifs ; on conçoit que les émissions sang^uines pourront être réitérées si une indication positive le réclamait. Ol)serve-t-on, au contraire, lespliénomènes de la forme catarrliale.' Y a-t-il dégoût, anorexie, langue saburrale, etc.? Les vomitifs conviennent ici parfaitement, mais nous insistons peu sur ce point, ainsi que sur l'usage des anti-spasmodiqi/es dans la forme nerveuse , parce que nous entrerons dans de gr.inds détails à ce sujet en parlant des divers moyens conseillés dans la seconde période.

/?. Ihiixicmc période. C'est ici que les accideu'^ spa<modi(|ues étant survenus , la ujaladie est déclarée et exige un traitement plus actif que celui de la période precéflenle.

Voyons d'abord ce qu'il faut faire pendant racci's : si l'enfant est très jeune, on doit le mettre à son séant et lui soutenir là tête avec la main; s'il est plus âgé, il se lève de lui-même et repose son front contre lés corps solides qui peuvent lui ofl'rir un point d'appui ; on r.ieilit( ra le rejet des matières visqiieuses qui rcmijlissent l.i houelic des j>elits malades, en les extrayant avec le doigl ou un pi'lit linge. " LorscpTon peut parvenir à faire boire le malade à petits coups pendant la (juiiite , on en alu'ège sensiblement l'intensité et la durée. l.c mouvement de la déglutition favorise rui<:piralion et en produit de plus ^profondes et de plus réelles , probablement en ombat'.ant le spasme des broncbes. » (Laëniiec, Inr. cit , p. 190.) Une congestion tr )p active du sang vers le cerveau «pra combattue par des cataplasmes sinapisés aux pieds et des compresses d'eau froide \iuaigiée api)liquees sur le front. J'arrive aux moyens proposés contre la roquelucbe; je n'entrerai |)a8 dans le détail de tous ceux qui ont été successivement vaul«'>, puis bientôt abandonnes ; je in'arrôlerai seulement à ceux dont l'expérience a sanctionné l^i'^ape.

1» I-lmissions sauguinex. Klles ont été rejetées comme très dangereuses par certains auteurs , et vantée; au cfuitiaire comme l;eroï(pies par d autres. Oiif faut il penser de cette apparente contradiction ?

Evidemment que les circonstances et les conditions n'étaient pas les mêmes, et que nuisibles dans certains cas (forme catarriiale et nerveuse), elles peuvent être très utiles dans d'autres (forme inflammatoire). Quant à l'emploi de ce moyen, voyez ce (pie nous eu avons dit plus liant.

2° f'omitifs. «' Aucun moyen n'est plus utile, au début de la coqueluclie , que les vomi I ifs répétés tous les deux jours pendant une ou deux semaines. Les enfans supportent d'ailleurs le vomissement beaucoup mieux que les adultes. Je préfère môme ebez eux l'émétitpie à ri[)écacuanlia, à rai-on de l'cxl renie inégalité de force des ipécacuanba que l'on trouve dans le commerce et qui ai)partiennent à des plante.*» diverses... L'émélique, d'ailleurs, à raison de sa solubilité, est beaucoup plus facile à fractionner en doses aussi petites que [leuvent le demander l'âge et la faiblesse de l'enfant. » (Laënnec, loc. cit.^ p. 190.) Sans partager l'opinion de Laënn«;c sur la fréquente ré[)etitiou des vomitifs, presque tous les auteurs s'accordent à regarder ce moyen comme l'un des plus actifs que Von puisse opposer à la co(|ueluclie , surtout dans sa forme eatarrbalc. Tous lui reconnaissent pour avantages d'éloigner les (juiiiles et de favoriser le dégorgement des broncbes. l'eaucoup de médecins aussi préfèrent l'ipécacuanba , donné soit en poudre, soit en sirop, au tartre stibié ; mais, de laveu de M. IMaebe, cette dernière substance offre réellement les avantages signales par Laënnec. Le vomitif doit être répète plusieurs fois dans le cours de la maladie, autrement il ne produirait aucun des avantages (pie Ton est en droit d'en attendre. Ajoutons que l'etal jilétlioriquo et la tendance aux congestions cérébrales en contre-iudiquent l'emploi jusrju'à ce (pie des émissions sanguines, convenablement ménagées, aient ramené la maladie à des condilions plus favorables.

5" J'urfjali/s. Ils n'ont pas à beaucoup piès les mêmes avantages que les vomitifs; ils ne sont cependant pas sans milité, soit associés à ces derniers, soit seuls, et notamment lors(jue l'état de l'estomac s'oppose à l'administration des émétiques. Les sub-^lanees dont on fait le plus souvent usage sont, d abord, le calomel, auquel les Anglais accordent la propriété de modilier

COQUEl

In s6cr«Hion dfis muqueuses et de faciliter rexpecloralion ; la manne, snl)stanc(3 (r(!S douce, et que les enfans supporlent généralement bien ; la rhubarbe, qui agit en même temps comme tonique, et enfin divers sels cathartiques (sulfates de soude, de potasse, de magnésie, etc.) que Ton dose suivant l'âge, les forces du sujet et TefTet que l'on veut produire.

4» Narcotiques. Presque tous les narcotiques que fournit la malière médicale ont été tour à tour proposes pour combattre les phénomènes spasmodiques : voici ce que l'examen impartial des faits a décidé à cet égard.

Opium. Les médecins modernes ont reconnu que Topium n'avait pas dans le traitement de la coqueluche les avantages que lui avaient accordés certains auteurs ; on a reconnu qu'il favorisait les congestions cérébrales et jetait les malades dans un assoupissement inquiétant. Mais ici encore il faut s'entendre, Topium donné à petites doses et combiné avec divers anti-spasmodiques (musc , castoréum) peut être très utile chez les sujets nerveux, et lorsque la forme convulsive est fortement accusée.

Mais chez les sujets pléthoriques et quand il y a de la fièvre, il faut s'en abstenir; tout au plus pourrait-on alors ajouter 15 à 20 gram. de sirop diacode, dans un julep gommeux de 120 gram. Enfin , il est un autre moyen d'employer la partie active de l'opium, c'est d'administrer la morphine ou l'un des sels de cette base, par la méthode endermique, comme l'a proposé M. Meyer de Menden ( Arch. gèn. de méd.^ t. xx, p. 274, 1852).

Belladone. Regardée presque comme un spécifique par beaucoup de praticiens, surtout par les Allemands , la belladone est sans contredit la substance qui exerce l'action la plus manifeste sur les accidens spasmodiques de la coqueluche. Mais ici encore il faut éliminer les cas de bronchite intense avec phénomènes vers le cerveau, ou bien les complications de phlegmasie pulmonaire. Laënnec donnait l'extrait de belladone à la dose d'un huitième de grain à un demi-grain, suivant l'âge des enfans {loco cit., p. 191), et il expliquait l'action avantageuse de cette plante en disant qu'elle diminue le besoin de respirer (de là amendement de la dyspnée) , et qu'elle calme

.UCIIE. «7

l'irritation spasmodiqiie des bronches.

Beaucoup de personnes en Franco, et notamment plusieurs médecins de l'hôpital des Enfans , donnent la belladone à dose progressive jusqu'à ce que des accidens de narcolisine (troubles de la vision , accidens cércbraux^ etc.) se déclarent. On commence par les doses indiquées par Laënnec, et jamais, dit M. Blache {art. cite du Dict. en 2î> vol., p. 35), il n'a été besoin de dépasser 4 ou 5 grains dans les vingtquatre heures. M. Trousseau a proposé d'associer ro[)ium et la valériane à la belladone ; on a remarqué , au reste , que la combinaison de divers narcotiques avait une action plus puissante que celle des composans donnés isolément. Quant aux frictions de pommade de belladone sur la poitrine, leur eflicacité ne nous paraît pas bien démontrée. (Pour le mode d'administration , F. Belladone.)

Ciguë. La ciguë, tant vantée par Storck, n'a pas généralement répondu aux éloges qui lui avaient été donnés par Tillustre médecin allemand. Voici ce qu'en dit M. Guersant [Dict. en 21 vol., art. Coqueluche) : « Le sédatif que j'emploie ordinairement avec le plus grand avantage est un mélange par parties égales de ciguë, de belladone et d'oxyde de zinc, en commençant par la dose d'un quart de grain de chacune de ces substances, qu'on donne trois fois par jour; on augmente ensuite successivement, suivant l'effet qu'éprouve le malade. Mais ce sédatif a toujours , comme les autres, Pinconvénient de diminuer l'expectoration. »

La jusquiame , la thridace ont encore été conseillées et employées avec quelque succès ; leur mode d'administration est semblable à celui des substances précédentes avec lesquelles on peut utilement les combiner.

L'acide hydro-cyanique , dont M. Magendie a introduit l'usage dans la matière médicale, et qui est administré avec succès pour calmer la toux des phthisiques, a été aussi mis en usage contre la coqueluche avec des succès divers; ainsi, M. Edwin Altée de Philadelphie lui attribue de grands avantages (Ga^. méd.., 1853, p. 86etsuiv.) et le fait prendre à la dose de 4 gouttes dans 60 grammes de sirop de sucre , par petites cuillerées à café. D'un autre côté ,

M. (jupr>ant n'en a relire aucun avantage. >'Blarlio, r/r/. c/fr, p. 58.) L ne reinarcpie générale sur les narcotiques, c'est que l'éconuniie s'habitue assez facilement à leur action, et qu'il est bon de les suspendre de temps en temps pendant quehiues jours pour les reprendre ensuite.

S" y]nti-.<!pasmodi(/ues. Presque tous les médic.'unens de celle classe ont aussi fii^uré sur la scène comme propres à combattre les (juintes de la coqueluche, mais leur action est manifestement moins active que celle des narcoti(pies; toutefois, on peut les employer ulilement en les associant ou les faisant alterner avec les prérédens. Ainsi, le musc , le castoréum , le sirop (rether,rassa-fœlida, l'oxyde de zinc, peuvent être avantageusement unis aux narcoti(jues pour former des pilules , des poiions, des lavemens. La respiration de vapeurs éthérées , vantées déjà par M.

Trousseau contre le catarrhe sulfocant et le croup, sera utilisée avec succès pendant les quintes de la co(iueluche; M. I^ell (Dicf. des dxides mcd., 14» livre, p. 226) se loue beaucoup des résultats (jue l'on obtient en répandant un peu d'éther sur les vétemens du malade au plus fort du paroxysme. D'autres ont em[)l()vé des fumigations faites avec un mélange d'oliban , 1 kilogr.; de benjoin , de styrax, de chaque, 2:)0 gram. ; de fleurs de lavande et de rose, de chaque, 2 kilogr. {Id. ihid.) Ces médications ont été peu expérimentées parmi nous et méritent (Tpendant de fixer ratlention des j)raticiens , car il serait bien important de trouver \hi moyen d'adoucir les angoisses (ju'cprouvi'ut les malafh's pendant leurs (juintes.

r>« Jiévuhifx. Nous avons déjà dit dans quelles circonstances il convenait d'avoir recours aux révulsifs légers, tels (pu- pcdiluves et cataplasmes sinapisés; mais il est d'autres moyens plus énergi(iues (pie beaucoup de médecins ont préconises, surtout dans le dernier siècle; tels sont les vésicaloires. (Jn y a rarement recours aujourd'hui pendant la période spa^modiiiue; on a remarrjue qu'ils augmentaient itlut(*ti les accidens que de les diminuer; ils conviennent mieux dans la troisième période.

Pour 1.1 |iommade d'Autenrielh , nous la rejetons absolument , à cause des douleurs (pi'elle occasioiuic cl des aceidens

COQUELUCHE

graves (pj'elle peut entraîner à sa suite, (/'.l'art. nuoN(:niTE,t.n, p.l72) Quant à l'application d'un morceau de sparadrap, de diachylon, ou de llanelles imbibées de térébenthine dans la région dorsale, ce sont là des moyens bien peu actifs; et la térébenthine a en outre l'inconvénient de répandre une odeur désagréable à beaucoup de persomies.

En même temps que l'un des moyens que nous avons indiques est mis en usage, l'enfant est maintenu à la diète ou à l'usage d'une alimentation légère, suivant les cas; on continue les tisanes emollientes, l'administration assez fréquente de lavemens; dans lescasd'accidens nerveux prononces, on ordonnera avec succès les bains tièdes suflisamment prolongés; s'il y a de la douleur à la poitrine , on pourra appliquer sur cette région des topiques emolliens (cataplasmes, fomentations). Ènrm,divcrses pâtes et [)astilles adoucissantes ou expectorantes seront encore d'une certaine utilité.

Page 1