‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 24 sur 117 · CORPS ETRANGERS · texte numérisé non relu

CORPS ETRANGERS

et je IVnlevai avec là corne. La plaie, au fond (le latiuello on voyait un tissu parfaitement sain, ne tarda pas à êlre guérie; mais trois mois après, la cicatrice se gonfla, s'endurcit, et le cancer se renouvela. » [Malad. chir., t. xr, p. 132.)

L'aecroissement démesuré des ongles peut être rapproché des végétations cornées de la peau. « J'ai souvent, dit M. Breschet, rencontré parmi le grand nombre de cadavres apportés dans nos laboratoires d'anatomie des sujets sur lestjuels les ongles des pieds avaient plusieurs poues d'épaisseur, et se recourbaient jusque sur la surface plantaire des orteils et du pied lui-même. Ces ongles présentaient des lignes ou crêtes transversales. 3e n'ai fait ces observations que sur des cadavres de vieillards. »> {Dicl. cilé, p. 110.)

On ignore quelles sont les véritables causes de l'infirmité en question ; M. Breschet en attribue la formation à une hypersécrétion des glandes blénogènes de l'endroit de la peau où la végétation se forme. « Si l'on suppose , dit-il , qu'un certain nombre de glandes blénogènes est atîecté par une cause qui augmente sa sécrétion, il devra en résulter des productions cornées plus ou moins étendues ou circonscrites. Ainsi se forment certaines verrues, les cors, les choux-fleurs et quelques autres végétations vénériennes, les ichthyoses, qui seraient une sorte d'hypertrophie des écailles épidermiques, etc. » [Loco cit., p. 120.)

« Quoique les cornes de la peau , dit Boyer, ne soient point dangereuses par elles-mêmes, cependant, comme le derme sur lequel elles sont implantées a une tendance remarquable à devenir cancéreux ; que ces excroissances sont un objet de difformité lorsqu'elles sont situées à la tête, et que dans les autres régions du corps elles sont gênantes, incommodes en heurtant contre les parties voisines, on ne doit pas hésiter à en débarrasser les malades , en les extirpant avec la peau qui leur sert de base. L'expérience a appris que cette opération n'est point dangereuse, et qu'elle réussit toujours lorsqu'elle est pratiquée de bonne heure , et avant que la peau dans laquelle la corne s'insère soit devenue cancéreuse. Nous en avons ex-

ans portait à la parlie moyenne gauche de la lèvre supérieure. Celte corne, (jiii s'était élevée sur un petit tubercule dur , conique, que l'on regardait comme une verrue, avait trois à (juatre lignes de longueur, quoiqu'elle ne fit, pour ainsi dire, (|ue de naître, mais elle était très grélc. Je cernai le tubercule par une incision circulaire, et je l'enlevai avec la corne à laquelle il servait de base. Pour arrêter le sang et épargner à la malade le désagrément d'avoir un ap[iareil sur le visage , je touchai la plaie avec le nitrate d'argent. La guérison fut prompte et la cicatrice s'est bien soutenue. » [Loco cit., p. 154.)

On lit dans les mémoires de l'Académie de chirurgie : «« L'Académie a vu une femme de soixante-dix ans, du village de Lihu en Picardie , à quatre lieues de Beauvais, qui portait, au milieu de la cuisse gauche et en dedans , une corne qui ne lui faisait aucun mal, mais qui lui déplaisait. Les chirurgiens de Paris lui ayant dit qu'elle pouvait, à son choix, la porter ou la faire ùter sans aucun danger, elle n'eut rien de plus pressé , lorsqu'elle fut de retour chez elle, que de prier son chirurgien de la lui ôter , ce qu'il fit avec une traînée d'une liqueur caustique appliquée sur la peau , tout autour de la racine de la corne. A cette occasion , M. Morand dit que M. PiOchefort , qui était alors chirurgien-major de la citadelle de Yalenciennes , lui envoya , il y a plusieurs années , une corne à peu près semblable qu'une femme de soixante-quinze ans portait à la partie interne de la cuisse droite , simplement attachée à la peau, et assez longue pour gêner la femme en marchant , parce qu'elle incommodait Tautre cuisse. Il en avait déjà paru deux dans le même endroit , mais plus petites, que M. Rochefort avait emportées avec le bistouri. Celle-ci, la plus grande , étant tombée par l'application d'un caustique, il n'en revint plus. » (T. n, p. llo, édit. de VEncycl. des se. méd.)

Le bistouri, cependant, est toujours préférable au caustique pour enlever ces sortes de tumeurs.

CORNE i S ACOUSTIQUES. ( roy.

Oreille , Surdité.)

CORPS ÉTRANGERS. « On doit considérer comme corps étrangers , dit

tirpé une qu'une femme de soixante-dix 1 Delpech , tout ce qui ne peut participer à

la vie commune dos solides ou des humeurs. Ainsi , des substances introduites du dehors , et qui ne peuvent être rendues aptes à vivre; des portions d'organes vivaces qui ont subi la mort, mais (jui n'ont pu être rejetés; les humeurs qui participent à la vie , dé[)lacées et déposées dans des lieux où elles ne doivent point se tronver dans l'ordre naturel ; le précipité des sels que contient la matière des excrétions; ces excrétions elles-mêmes retenues trop longtemps ; le produit des exhalaisons augmenté et accumulé; des substances gazeuses introduite? par diverses voies dans les lieux où elles s'accumulent , peuvent constituer autant de corps étrangers. » {Maîad. chir., t. n , p. 1.)

(( Des corps étrangers nombreux et divers, dit M. Velpeau, peuvent exister dans le corps de riiomme et réclauier l'intervention de la chirurgie. 'J'anlùt ces corps viennent de Textérieur, tantôt ils s'établissent au sein même des parties. Les sé(|uestres dans les os, les escliares au milieu des parties molles, certaines productions accidentelles, les dillerentes sortes de concrétions calculeuses, les pioduils de fécondation utérins ou extra-utérins décomposés, etc., appartiennent à cette dernière classe. Les sid)stances puisées dans les ti'ois règnes de la nature, et «pu , une fois entrées dans les cavités ou les tissus animés , s'y arrêtent par anomalie et y restent à litre de causes morbiliques, renln-nt dans la première. Les organes les plus exposés à ce genre d'aceidens sont 1 oreille, le sinus frontal, l'uil, les narines, la bouche, le siinis maxillaire, les voies aériennes, l'osopliage, l'urelre et la vessie, le vagin et la matrice, le rectum et les intestins en général. » {Méd. opcr.^ t. ni, [). 'ITA, 2- édit.)

Considères sous le point de vue pathologique , les corps étrangers produisent des effets variables selon leurnalure, leiu' forme , leur volume et le lieu (juils occupent. Ces effets sont en général mécani- (jues et peuvent se r«'sumer dans la compression et l'irritation; mais il se joint bienl(H des phénomènes (lynami(iues, tels que la douleur, la congestion acti\e , linllammalion et ses conséciuences. On en voit souvent des exemples dans l'affeciion calculeuse de la vessie, dans la bronchite eau-

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