CORPS ÉTRANGERS
see par des corps étrangers , dans la trachée , dans les ophthahnies traumatiques , etc. Ces phénomènes, cependant, peuvent disparaître à la longue par la formation dun kyste isolant. On connaît une infinité d'exemples de corps étrangers restés ainsi im[)unément un grand nombre d'années dans l'économie, la présence du kyste les ayant en quehjue sorte isolés du contact des autres tissus vivans. (^'^. Cœur.) Au lieu dèlre fixes, certains corps étrangers se promènent et passent de région en région jusqu'à s'arrêter enfin sous un point du derme où ils déterminent un abcès; cela s'observe assez frétpu'Uiment. (/''. Épingles, Plaies par armes a feu.)
Enfin , ils peuvent être absorbés. « La diminution et même la disparition complète de certains corps étrangers est, dit M. A. P.érard , un phénomène (\\\c l'on a souvent l'occasion d'observer. Solides, liquides ou gazeux, dès qu'ils sont à l'intérieur de nos tissus, ils sont soumis à cette action ;ivec une facilité d'autant plus grande, toutes choses égales d'ailleurs, que leur cohésion est moindre; ainsi, les corps étrangers gazeiix disparaissent plus promptenient (jue les li(piides, ceux-ci que les solides. Le mécanisme de rabsor[)tion des corj)s étrangers est aussi inconnu qtie celui des absorptions en général. Relativement aux gaz, ils disparaissent sans qu'on ai)erçoive d'autre changement dans la partie (jui les recelait ; il en esi de même parfois des litpjides ; mais dans d'autres circonstances, alois que les li(]uides sont rassembles dans des cavités séreuses, on voit celles-ci s'enflammer avant (pie le Lupudc qu'elles renferment soit résorbé. (^)uant aux solides, on sait, depuis Chaussier, ([u lin corps étianger plongé au milieu de nos ti-sus provoipie une secreiion de fluides qui, dans eerlains iW'^^ ont la propriété (le dissoudre le corps et d'en favoriser la résorption. Il faut sans doute un certain degré d inllanimaliou j)our (pje cette sécrétion s'opère ; mais si elle est trop vive, si siu'Iout elle déterminait la formation do pus autour du corps cl ranger, elle cesserait d'en favoriser la résolution. Les phénomènes généraux <pii accom[)agnent et suivent l'absorpiion des corps étrangers sont détermines par la nature même de ces corps , ci ne doivent pas Olre exposés
CORYZA
ici. M {Dict. de méd. , t. ix , p. 125 , 2«
édit.)
On voit, par les remarques précédentes, qu'il n'est pas toujours urgent , ni même nécessaire, de songer à extraire cerlains corps étrangers, puisqu'ils disparaissent par résorption : nous pouvons ajouter qu'il est même des cas où il serait dangereux d'en faire l'extraction, {r. Cœur, Moelle ÉpiMÈRE. ) En général , cependant , les corps étrangers présentent pour principale indication l'extraction. Restent alors les elFets dynamiques (phlogoses , ulcérations, hypertrophie), qu'on doit combattre par les moyens ordinaires. Ce sujet des corps étrangers se prête à d'importantes considérations qu'on trouvera exposées à propos des lésions traumatiques de chaque région , etc.
CORYZiVjS. m., mot grec conservé par les latins et les peuples modernes , et qui était employé dès le temps d'Hippocrate pour désigner le catarrhe, ou ce qu'on appelle aujourd'hui l'inflammation aiguë ou chronique des fosses nasales.
Celte maladie a été aussi nommée gravedo (Celse , lib. iv, cap. 2, § 4) , distillalio {Id. ibid.) , catarrhe nasal ^ enchifrené ■ ment , rhume de cerveau^ et enfin dans ces derniers temps rhinite (de ptv , nez , avec la désinence ite pour exprimer la phlegmasie) , par M. Roche {Nouv. élém.
de pat h. et Dict. en 13 vol.).
L'histoire du coryza , comme celle de la plupart des phlegmasies, est partagée en deux sections bien tranchées , suivant que l'affection est aiguë ou chronique , chacun de ces deux états pouvant d'ailleurs présenter des formes différentes que nous mentionnerons avec soin.
§ I. Coryza aigu. Anatomie pathologique. On n'a eu que bien rarement l'occasion d'ouvrir les fosses nasales d'individus qui avaient succombé avec un coryza. Cependant M. Gendrin ayant rencontré un cas de ce genre , il put constater que la muqueuse olfrait par places une coloration d'un rouge bmn et même noir qui se fondait insensiblement en une nuance ponceau- livide, et semblait comme étendue avec un pinceau : la membrane de Sclmeider était dans ces points intillrée d'une notable quantité de sang, eUe était même soulevée au niveau du cornet moyen
par un épanchcment de ce liquide. {lUst, anal, des in/l., t. i, p. 529.) I.'alflux du sang dans la pituitaire enflammée donne à cette membrane de structure spongieuse une densité insolite. Enfin il peut y avoir des abcès, MM. Gendrin [loc. cit.), et Arnal (Mém. sur quelq. points^ etc.Journ. hebd. , t. VI, p. 344 et suiv.) en ont rapporté des exemples.
Etiologie. Les enfans, les femmes , les sujets à tempérament mou et lymphatique paraissent plus spécialement disposés à contracter le coryza. Mais le développement de cette affection est presque constamment le résultat de l'action du froid, surtout lorsque celui-ci vient agir sur la tète ou le cou , ces parties étant en sueur ; lorsfjue l'on quitte une coiffure chaude à laquelle on était habitué, ou que l'on a fait couper une chevelure longue et touffue. Le refroidissement des pieds amène aussi très souvent la maladie qui nous occupe. Le coryza s^observe donc principalement dans les temps froids, humides et brumeux , lors des brusques vicissitudes atmosphériques : l'action du soleil donnant sur la tète découverte est encore une cause déterminante fort active. Il ene>tdemême de l'inspiration d'un gaz irritant, le chlore ou l'ammoniaque par exemple , ou d'un air chargé de matières acres et pulvérulentes. L'usage du tabac à priser, quand on n'y est pas habitué , ou par une prédisposition toute spéciale, peut encore produire le même effet. Les coups , les chutes , la présence d'un corps étranger agissent aussi dans le même sens. On a été très porté dans ces derniers temps à rejeter Tinfluence étiologique attribuée par les anciens aux suppressions d'écoulemens ou de transpirations habituels. Cependant dans un mémoire fort intéressant, publié par le docteur Mondière sur la sueur habituelle des pieds et les dangers de sa suppression [Expérience y ^ avril, 1838) , on voit que sur 42 cas, où cette suppression a été suivie de maladie de divers organes, on a trouvé cinq fois le coryza. Les faits que l'auteur rapporte sont des plus concluans , et doivent exciter l'attention du praticien dans la recheri he des causes : nous y reviendrons dans le cours de cet article.
Une circonstance fort importante à noter c'est que le coryza accompagne presque
CORYZA
toujours cprtninp:? maladies à forme déterininée. Ainsi, on robservc |)rcs(|iie constamment au début des l)ronchites , surtout dans le cas d'épidémie {r. (jRIppe) , au début de la (vxjucluche [r. ce mot), et enfin il sert bien souvent à faire diagnosti<|ner Tinvasion de la rougeole, dont il est un si^'ne précurseur, en (|uel(|ue sorte j)atlio^n(jmoni(iue ;co?"?/ra morbilleux des auteurs).
\L\\ résumé, on voit que tantôt le coryza est idiopatidque ^ c'est-à-dire développé en vertu de causes qui lui sont propres, tantôt sijmptomatique de diverses alfections locales (corps étrangers) , ou générales (la grippe, la rougeole, etc.)
St/ triplâmes. Le coryza , comme la plupart des autres phlegmasies des membranes muipieuses, débute par un sentiment gênerai de malaise, de lassitude avec des frissons, des douleurs contusives dans les niend)res ; il s'y joint de la céphalalgie frontale, surtout au-dessus de la r;icinedu nez, au niveau des sinus; cette céphalalgie n'est pas toujours aigué; mais le plus souvent accomi)agnée d'une pesanteur que les anciens avaient très bien exprimée i)ar le mot gravcdo , et (jui persiste pend.uit pres(]ue toute la durée de TalFection; le malade est incapable de se livrer aux travaux (jui demandent lintervenliou de l'intelligence, il éprouve même une sorte (riiébèlement cpii se révèle })ar l'expression générale de la physionomie. Les narines sont le siège d'un sentiment de sécheresse et de prurit fort incommodes rpii occasioiuie de (Vequens éternumens ; et la secousse qui en résulte augmente encore les doulenrs frontales : les yeux sont rouges, larmoyans; le malade e[)rouve des tiufemens d'oreilles, les tempes battent avec force, enfui l'odorat est supprime : il y a de l'anorexie , souvent mèuK! dégoût très prononce pour les alimens, soif et apjiareil fébrile |)his ou moins dèveloj)p<'. La unwpieuse |iituilaire dont la structure molle et spongieuse est assez analogue à celle des tissus erectilcs , wp. tarde pas à se congestionner; des lors l'air pénètre dillicdi'menf p.u' les fosses nasales, v\ |e malade obliL'è de resj)irer parla bouche est, pendiuit 1,1 nuit , réveille à chaque instant p ir la sécheresse de l'arrière-gorge , un^enliment de sutfocation ; d'un autre côté la
voixne pouvant pas retentir libroment dans les fossesnasalcs en partie oblitcreesprend le timl)re nazonné. La turgescence de la muqueuse s étend fort souvent en arrière jusrpie dans la trompe d'Eustache, ce qui produit les tiniemeus d'oreilles et même un peu de surdité; en avant elle se continue avec les tegumens du nez cpii se gonflent, deviennent chauds , douloureux et prennent une teinte rouge. Cependant les éternumens sont bientôt acromi)agnés de l'expulsion d'un mucus aipieux . ténu , incolore , d'iHie saveur salée, dont la sécrétion rare d'abord, devient en peu de temps assez abondante, coule incessamment des narines , et par ces qualités acres et irritantes, détermine l'inllammation des parties les plus élevées de la lèvre supérieure, inllammaiion (jui est encore augmentée I)ar l'action ré[)etéc du moucher dont le malade éprouve à tout instant le besoin.
Au bout de deux ou trois jours les phénomènes généraux , dont linlensité est si disproportionnée avec le peu de gravité réelle de la maladie , commencent à s'amender; cette seconde période est caractérisée en oulre par le changement d'aspect du uujcus(pii devient plus épais , opacpie, blanchâtre ou jaune-verdàtre, d'une odeur fade , queliiuefois fétide. Cette matière est sécrétée en (juani ile moins abondante, mais le malade la mouche avec moins de facilité, et la nuit elle se concrète dans les fosses nasales et gène encore notablement la respiration;le matin elle cstentraînéesous forme de croûtes aplaties ou de petites masses globuleuses : « Celles ci existent principalement près des ouvertures postérieures des fosses nasales : elles .sont rejelees par la bou( lie après y avoir ele ramenées par une sorte de renillement. » (Clioiiiel et lilacbe , Dict. en '25 vol. , t. IX , p. 15,').) La durée totale de rallection est de trois à huit ou dix jours, rarement plus, rarement aussi elle passe à l'état chronii|ue. Ajoutons enfin (pie lesrt'c/(/?ct'.s- sont très fréquentes chez certaines personnes.
farièlcx. Après avoir décrit d'une manière générale le coryza simple succédant a r.iction de lime des seules causes délermiiiautes(|ue nous avons cnumérées, il est très important de faite voir les Nariélès qu il pn-seute sous divers pouils de vue afin (]ue Ton puisse bien apprécier le rCta
qup joueccttfi afn^ction dans la pallioloi,^ic, taiiUH comriio pliôiioiiièiie piin('i[»al, tantôt comme symirtùme triiiie aiilio iiialadir:; nous insistons sur ce point parce (jue les auteurs n'ont généralement décrit que le coryza essentiel et n'ont pas donné à l'Iiistoire de cette maladie tout le développement dont elle est susceptible.
Ces variétés sont relatives :
A. Au siège. Si le coryza occupe seulement les wan/ie5, ce qui est assez rare, les symptômes sont alors très légers , et le malade est exempt du mal de tète si caractéristi(jue dans cette affection. S'il a envahi les sinus frontaux , c'est alors la céphalalgie qui domine, elle tient les régions frontale moyenne et sus-orbilaires ; les yeux sont appesantis, rouges et larmoyans ; la douleur au niveau des sinus peut être portée au point de simuler une névralgie, et même, dans quelques cas, au rapport de M. Boucher qui a beaucoup insisté sur ces distinctions , de produire du délire {Thèse sur le coryza^ p. 10, Paris,1826). Lorsque le coryza s'est étendu dans les sinus maxillaires , la douleur réside profondément dans l'épaisseur des joues entre l'orbite et les dents supérieures j et s'étend même à celles-ci et à la voûte palatine. Souvent les tégumens des parties latérales de la face sont gonflés et douloureux. Lorsque le malade incline la tête, les mucosités amassées dans les smus s'évacuent dans les fosses nasales, et le besoin de se moucher se fait immédiatement sentir. (Boucher , Thèse cit. , p. 11.)
V).A certaines circonstances spéciales., telles que les lésions anatomiques, les symptômes , la marche , etc.
1° Nous placerons en première ligne le coryza des nouveau-nés, si bien décrit par M. Rayer {Notice sur le coryza des enf. à la mam. Paris, 1820), et par Billard {Traité des mal. des e/?/"., p. 465. Paris , 1828.)
« L'action du froid, l'air humide, le refroidissement des extrémités baignées par l'urine des enfans qu'on néglige de changer souvent, l'exposition à la chaleur d'un feu trop vif , et surtout à la lumière et au calorique des rayons solaires , sont des causes très ordinaires du coryza chez les enfans. » (billard, loc. cit.) « L'éterûument fréquent est le premier signe du TOME iir.
COI\YZA. 07
coryza ; bienlôt des mucosités filantes et claires, puis jaiHie«? , verdàtres , et enfin puiilormes, s'écoulent d(!S narines : l'enfant ffui dort presque toujours la bouche fermée ne peut alors dormir sans la tenir ouveitc; la respiration est bruyante, et l'on peut reconnaître , au lieu d'un râle, un bruit de sifflement qui se passe dans les fosses nasales. Ce bruit se prononce davantage, et la diiïiculté de la respiration est plus grande à mesure que les mucosités nasales deviennent plus épaisses et plus abondantes. Elles s'o[)posent au passage de l'air en se desséchant à l'orifice externe des narines qu'elles bouchent plus ou moins complètement; alors l'agitation, les cris et la physionomie de l'enfant expriment sa douleur et la gène excessive qu'il éprouve. Si, dans ce moment, on lui donne le sein , son état d'anxiété et de sulFocation redouble , il abandonne aussitôt le mamelon, parce qu'il ne peut plus exercer la succion , puisqu'il ne respire plus que par la bouche , et que celle-ci se trouve alors remplie par le mamelon et par le lait qui s'en écoule ; de sorte que , se trouvant continuellement agité par le besoin de la faim et l'impossibilité do la satisfaire, il tombe bientôt épuisé de fatigue , de douleur et d'inanition, et ne tarde pas à périr avant même d'être arrivé à un degré de marasme avance. La marche des symptômes est quelquefois très rapide; en trois ou quatre jours, un enfant peut périr d'un coryza. Cette maladie doit donc toujours être considérée comme grave chez les enfans. » {Id. ibid.) Cependant les choses ne se passent pas toujours de la même manière, l'inflammation peut être beaucoup plus légère ; les mucosités alors ne s'amassent pas dans les fosses nasales de manière ta les oblitérer,et cette difficulté de la respiration et de la succion qui donne tant de gravité au coryza des enfans n'existe pas. Les complications les plus fréquentes dans le cas actuel sont les affections cérébrales, de sorte , dit encore Billard, qu'il n'est pas rare de voir les enfans éprouver pendant le coryza de l'assoupissement, de la prostration, quelquefois même des convulsions , signes évidens d'irritation cérébrable. {Ouv. cité^ p. 472.) 2" Ou a désigné sous les noms de flux nasal j catarrhe nasal , rhinorrhée , un
y» CORYZA.
icoulcment abondant de mucosités limpides p:ir les narines sans phlcgmasie bien fvidfnle; c'est la forme (|iii a été décrite j)ar Juncker sous le nom de phlegmatorrhagic , comme une varii'lé du coryza.
(rousjicrt. med.. Tabula , \xvii. p. 229, Haie, 1724.) Morgagni en rapporte deux observations fort curieuses [Lettre w\^ § 20, tiad. fr., t. n, p. 556) ; Sauvages a éprouvé lui-même deux fois ce flux muqueux sans autre desordre (pie Tecoulement. {SosoL ?//é//jod., trad. fr., t, ni, p. loi, éd. in-8o.) « Je vois tous Us jours, dit le docteur Couimetic, une demoiselle qui a au pied et à la main gauche des sueurs considérables et d'une àcrelé sensible au tact. Toutes les fois cpie ces sueurs vieiuicnt à se supptimcr par «pjcbiue accident, coinnie par un froid rigoureux, elle est sujette à un écoulement d'une sérosité très acre par la narine gauche, et , ce (jui est bien remaripiable, c'est (pie cet accident n'a pas lieu par la narine droite. » {.inc. journ. de mcd., 179i), t. Lxxxir, p. 45.) Dans la première observation rai)portée par Morgagni [loco cit.) , le ilux avait aussi lieu par la narine gauche , et quand la malade était couchée , le li(iuide tombait dans la gorge. En général , cet écoideinent ressemble assez par la natuie de son produit à celui (]ue détermine laclion du froid , et déjà Sauvages [loco cit.) a^ait reconnu cette analogie, mais la cause et la durée sont loin d'éire les mêmes.
S" Coryza couenneux. «L'inllanuiiation de 1» membrane piluilaire, chez les enfans, doinie (jueliiuefois lieu à la formalion d(! concrétions [)scudo membraneuses qui, au milieu des nmcosilés , tapissent toute la SOI face des fosses nasales. Sur quarante enfans alfecles d'un coryza plus jou u)oins intense et traites à l'inlirmerie <\<>K enfans trouvés, cinq ont présente des f,»u->«es un ujbr.uirs cpii s'arréiaient sur les limiies du l.uynx, tapissaient les sinus et le«^ cornets, et adhéraient d'une manière plus ou moins iniinie à la menibiiuie pituilaire , qui éiaii d un rouge vif, épaisse et tris Iriable La forination fies fausses membranes avait ele précédée de tous les syinp'ùmes propres au coryza. » (liillard , OUI', cit.., p. 4GG ) >1. !)'i|uch Lapoiiiie 1 vu au-si un ro.vza a\ec, fau^>es iiiem
ce n'est pas seulement chez les enfans nouveau-nés que l'on observe le coryza pelliculaire, IVl. Guibert en a rencontré un cas fort curieux sur un sujet de trois ans et demi à la suite d'une rougeole. [Journ. uiiiv. des se. med.^ t. li, sept. 1828, p. 543.) Enfin , dans le croup, il arrive assez souvent de voir les fausses membranes se développer d'abord dans les fosses nasales avant que le larynx soit envahi.
4° Coryza ganyrcneux. La gangrène peut-elle succéder à une phlegmasie aiguë ei franche de la muqueuse nasale ? Je n'en connais pas d'exemple. Mais il n'en est pas de même dans le cas de certaines épidémies d'angines malignes avec coryza, fièvres exanthematiques ou de formes très graves (rougeole, scarlatine); on peut alors voir survenir un sphacèle de la membrane jùtuilaire; mais ici, comme dans Vavgine gangreneuse [r. ce mot dans ce Dict., t. I, p. 585) , J'afTection principale est un état général fort grave , dont l'altération des fosses nasales n'est qu'un symptôme. Il en est de même dans le cas d'une autre maladie générale qui n'a été bien étudiée chez nous que dans ces derniers temps, et qui semble se multiplier d'une manière elîrayanle, je veux parler de la morve aiguë communicpiée du cheval à riiomme. Dans cette allreuse maladie, les narines sont le siège d'une phlegmasie pustuleuse et gangreneuse, accompagnée d'un Ilux ichoreux et purulent, [f^. Mor-
VK.)
5' Coryza iiUerryiitlent. La forme intprmit tente régulière du coryza est ini phénumene très rare; on en trouve un exemple assez remanpiable dans le journal de Fandrrmoudc (mars 1751, p. 197 ). Le (lux nasal venait tous les matins de très bonne heure, et se dissipait vers midi ; il était acconipagne d'enflure à la face, de douleurs et d'engorgemeiit des sinus ; cette atlection ne céda cpi'à l'usage du quin- (joina. Pinel en cite un autre d'après Deschamps, dans le(piel l'ac. es commeni'ait le soir pour se dissiper le lendemain dans la matinée; il était surtout caractérise par de la sécheresse, et un sentiment de tension et de douleur dans les fosses nasales. Dans les intervalles , le malade moueh.iit une malière visipieuse très abondante ; J)ranc^ sur un culanl de douze jour:?. Mai» i celle allccligu pa&^a à l'elat cbruiii«iue ,
CORYZA
malgré l'emploi du quinquina. {Nosogr.
philos., t. II, p. 227, 1818.)
Nous ne reviendrons pas ici sur ce que nous avons dit du coryza syinptomalique, de la rougeole , de la coqueluche , etc. (A^. ces mots.)
Terminaisons. Presque toujours le coryza se termine par résolulion. Dans des cas assez rares il passe à l'état chronique dont nous allons nous occuper : nous avons vu ce qu'il fallait penser de la gangrène de la muqueuse nasale : «Quant à la suppuration , il y a une distinction à établir. L'exhalation d'un liquide purulent à la surface de cette membrane n'est point très rare dans le coryza ; mais elle ne doit pas être confondue avec la suppuration qui aurait lieu dans son épaisseur ou dans le tissu cellulaire qui l'unit aux os. Celle-ci n'a guère été observée que dans l'inflammation produite par l'action d'une cause extérieure , par une blessure de la membrane piluitaire, par exemple. » ( Chomel et Blache,/ococi^, p. 137. ) Ces auteurs même regardent comme différant du coryza les cas dans lesquels la suppuration survient spontanément , comme MM. Arlïâl [Journ. hebd. , t. vi^ p. S44) et Gendrin {op. cit.^ p. 529) en ont rapporté des exemples.
Le diagnostic du coryza est trop facile pour que nous insistions sur ce point. Le coryza symptomatique pourrait seul offrir de la difficulté, mais, au bout d'un jour ou deux , l'apparition de nouveaux phénomènes lèvera tous les doutes.
Pronostic. Le coryza simple et idiopathique n'a de gravité que chez les très jeunes enfans , autrement c'est une affection des plus bénignes, et pour laquelle même il est rare que le médecin soit appelé. Quant au coryza symptomatique , sa gravité est celle de la maladie qu'il accompagne.
Pour éviter les redites , nous donnerons le traitement du coryza aigu après avoir décrit la forme chronique.
IL Coryza chronique. Anatomie pathologique. La muqueuse est généralement épaissie, indurée et sillonnée de vaisseaux variqueux ; sa coloration est rouge, livide , violacée ou bruuàire si l'inflammation est peu ancienne , et d'une nuance
gnée. L'hypertrophie s'étend assez souvent dans le canal nasal , l'ohliière , d'où épiphora , et quehpiefois fistule lacrymale , comme l'ont noté les chirurgiens : lorsque cette même hypertrophie a gagné la trompe d'Eustache, il en résulte une surdité plus ou moins considérable du côté affecté et en rapport avec le degré de rétrécissement du canal. L'irritation chronique peut encore déterminer la formation de tumeurs cellulo-muqueuses connues sous le nom de polypes {f^oy. ce mot), etc. Dans un cas de coryza chronique observé chez un enfant de deux ans par Billard {ouv. cit., p. 469 et suiv.), « la membrane mu(iueuse des fosses nasales était très rouge, tuméfiée et d'une si grande mollesse qu'il suffisait de l'eflleurer avec l'ongle pour la réduire en une bouillie rougeàtre et sanguinolente. » Enfm, à la suit-^ de cette phlegmasie long-temps continuée, on peut voir survenir des ulcérations, des caries, etc., dont l'histoire appartient plus spécialement à l'OzîlNE.
Les causes sont celles du coryza aigu auquel la forme chronique succède presque toujours; Texistence antérieure, d'un polype ou tout autre corps étranger, d'une carie primitive , peuvent encore amener une phlegmasie permanente. Dans son mémoire déjà cité , M. Mondière rapporte avoir vu un coryza chronique succédant à la suppression d'une sueur habituelle des pieds. {Eœpér., t. i, p. 489.) Cette affection est aussi un symptôme très commun de la scrofule , comme le dit très bien M. Lugol dans ses leçons de clinique , et comme l'a aussi noté M. Baudelocque {Études sur les causes^ etc., p. 451).
D'autres fois , c'est le virus vénérien (/^. Ozè\e) qui occasionne les accidens.
De ces quelques mots sur l'étiologie, il résulte que l'inflammation chronique des fosses nasales peut, comme l'inflammation •digu'éjèlreidiopathique ou symptomati^ que, soit d'un état local (polypes, corps étrangers), soit d'un état général (la scrofule , la syphilis).
Symptômes. M. Cazenave de Bordeaux, auquel on doit un bon mémoire sur le coryza chronique , expose ainsi les phénomènes propres à celte alFection, « Les signes de la rhinite chronique varient selon
pàl« si ellb date d'une époque très éloi- J qu'on U oj^serve chex des individus de
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constitutions diverses. Chez les uns , en effet , il n'v a pas d'écoulement de mucus par les narines qui sont sèches; tandis que chez d'autres le mucus nasal est très abondant , tantôt limpide, incolore, sans odeur, et tantôt épais, jaunâtre ou verdAtre, purulent, sanieux et infect. Mais, chez tous ou prescpie tous , on note nne douleur permanente à la racine du nez, avec embarras dans cette partie , de Tenchifrenement , une difliculté de respirer lorsque la bouche est fermée , une altération de la voix qu'on dit être luiaonnèe , de fréquens éternumens , la perte ou du moins ralfaiblissement de l'odorat. » [Du cory^u chronique , etc. , p. 41 et suiv., d853.) Suivant le même auteur, le siège le plus habituel du coryza chronique serait à la partie supérieiu'e des fosses nasales, là où, dans l'état physiologique, la sécrétion muqueuse est la plus abondante, (/d., p. 27.)
Quant aux conséquences de l'aHection dont il s'agit ici , nous les avons énuuK!rées à propos de l'anatomie palhologi(jue ; la durée est en général fort longue , surtout chez les vieillards, et la marche peut être entrecoupée par des exacerbalions et des retours à l'état aigu.
Traitement, i'^du coryza aif/n. « Lorsque le coryza est récent, on prescrit le séjour à la chambre dans une temj)érature douce et uniforme. On recommande au malade, que des affaires urgentes obligent à sortir de chez lui , de le faire seulement a»i milieu du jour, de se vélir chaudement, et de préserver les parties alfectées de rimi)ressi()n irritante de lair froid, du vent, de la poussière, en respirant au travers d'un motiehoir tenu sous les narines; on lui prescrit l'u^^age trr(juemmei)t répété de bains de pieds chauds, ou rendus irritans par l'addition de sel commun , de cendres ou de savon ; les vapeiu's éniolliontes, dirigées dans les fosses nasales , ont des riïets varié*;; elles soulagent queli|ues malades, elles donnent lieu chez d'autres à une exaspération plus ou moins granfle du mal de tète, qui est souvent le synq)tôme le plus pénible du coryza. Eu conséquence, on doit s'en abstenir lorsque la ee[>h:ilalLrie est très forte , et y recourir spécialement dans les eas où la sécheresse titt h menibronc pituiiairc est le phcno-