‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 27 sur 117 · TOME Itt · texte numérisé non relu

TOME Itt

étranger de l'intérieur de la moelle on peut favoriser un épanchement de sang dans le canal vertébral , par les vaisseaux divisés que l'instrument bou(;hait par sa présence ; mais, on le laissant en [)lace jusqu'à l'époque prescrite par les auteurs, ne s'exposerait-on pas à voir le malade périr de myélite su[)piu'alive que provoque le corps étranger lui-même? Pourquoi suiton donc ici une pratique différente de celle (jue l'expérience a depuis long-temps sanctionnée pour les plaies de la tête? {f^oy. Moelle ÉPiNiiiRE.)

Ilémorrhagie. Une des complications les plus fréquentes et les plus dangereuses à la fois des piqûres du cou , c'est sans contredit Thémorrhagie. Il est rare, en ellet , qu'un instrument vulnérant puisse être poussé assez avant sans blesser aucun des vaisseaux principaux qu'on y rencontre, ni quelques-unes des brandies principales qui en émanent. L'hémorrhagie peut ici se faire profondément, et le sang se précipiter dans la trachée artère si la blessure pénètre dans ce canal ; dans ce cas , le malade peut mourir de sulfocation en peu d'instans. Cet accident est facile à diagnosti(iuer à la dyspnée étouffante, et à l'issue momentanée d'un sang écumeux par la plaie et par la bouche. {K Voies aériennes.)

L'hémorrhagie intra- trachéale, déterminée par une plaie accidentelle, est le plus souvent mortelle. Débrider la plaie si elle est étroite , pomper le sang épanché et en arrêter l'écoulement à l'aide de la compression, de la ligature ou de la torsion, telles sont les indications à remplir, si toutefois l'on est appelé à temps pour y porter secours.

On lit dans Morgagni : « La partie inférieure du cou d'un homme fut percée intérieurement, de telle sorte que le trou que le fer avait fait en entrant était à peine éloigné d'un travers de pouce de celui qu'il avait fait en sortant. Il mourut promptement, comme un homme sufl'oqué. Je disséquai le cadavre à Venise. Un anneau de la trachée artère, qui avait été séparé d'un autre anneau , avait ouvert au sang qui sortait des vaisseaux coupés une entrée à travers laquelle ce li(juide se précipita dans ce conduit et dans le poumon. Le sujet mourut de suffocation. » {/'ptlre lui, n" tii , t. m ,

lU

cou.

p. 301, êdit. (le YFî^cyclop. âts se. mcd.) |

Lorsque riieiuonhaiiic se fait à Vextévieur, si elle einaiic de quelques vaisseaux ^ de troisième, qualrièmc, cin(|ui('ine ordre, la seule compression avec le doigl d'abord, , puis à l'aide d'un bandage approprié peut sufUrc. L'appareil compressif , cependant, : exige dans celte région une double précaution ({ue le praticien ne doit jamais oublier, savoir : de ne pas agir sur le canal aériférti , ni de gêner la circulation céphalique. Il suflit , en elFet , dune bande un peu serrée sur le cou pendant quelque temps pour déterminer (juelquerois \uie stase sanguine cérébrale et la mort apoï)lectique du sujet. L'expérience a surabondamment déinonlré que souvent la mort subite ne reconnaît i>as d'autre cause dans ces cas. On mettra donc plusieurs cercles d'amadou sur la i)laie ou de petites compresses carrées , de manière à en faire une sorte de pyramide (|u'on soutiendra légèrement avec une bande. Cet appareil sera ôte le plus promptement possible. On aura recours au debridement, à la ligature ou à la torsion du vaisseau, si la compression était insuflisaiile ou insupportable ; mais on prévoit déjà que , dans une région comme celle du cou, où des vaisseaux, des nerfs viscéraux , brachiaux , cervicaux et faciaux de la première importance peu- \ent se présenter à chaque instant au bistouri , il n'est pas toujours possible de dél)rider convenablement la [)laio sans s'exposer a de grands dangers. Aussi la compression est-elle quehpiefoi."^ la seule ressource à laquelle on puisse avoir recours dans les hémorrhagies dont il s'agit. ( r.

lIlÏMOSTASU-: , HlÎMOHHllAr.IK.)

Ce (pie nous venons de dire de la lésion des artères de médiocre calibre s'applique, à quelques diU'ereiices |)rès , à celle des gros II oncs vasculaires du cou. (^)ue la carotide primitive ou secondaire, 1 innomiliee , la sous-clavière , etc., par exemple, feoit blessée par un instrument jioinlu , il est clair qu'à moins (jue le malade n'expire avant détre sccoiumi, le premier i)arti €st de remédier a la circonst.-mcc la plus urgente , arrêter momentanément le sang avec le doigt porté sui* la pl.iie. On prendra ensuite une décision (h'fiuitive en se réglant dillcienunent suivant les cai, (/'.

llÉ.MOnRllAGin, HliMOSTASIE.)

Emphysème. Les plaies par instrumens piquans dans lesquelles la trachée artère ou le larynx est intéressé sont souvent compli(iuée8 d'emphysème. A. Parc nous a conservé le fait suivant.

«t L'an 1574 , le premier jour de mai , François Brège , pâtissier de monseigneur de Ouise , fut blessé à .Toinville d'un coup d'épée à la gorge, coupant une partie de la trachée-artère et l'une des veines jugulaires, dont s'en suivit grand flux de sang et un chifilement par la dite trachée-artère. La playe fut cousue et appliqués remèdes astringens ; et tost après, le vent qui sortoit de la playc s'introduisit entre le pannicule charneux et l'espace des mu.scles , non seulement à la gorge , mais aussi de tout le corps (comme un mouton qu'on a soufflé pour l'escorcher), ne pouvant aucunement parler. La face étoit tellement enflée qu on ne voyoit apparence de nez ni des yeux. Voyant tels accidens, tous les assistans jugèrent que le dit Brège avoit plus besoin d'un prestrc que d'un chirurgien , et partant l'extréme-onction luy fut administrée. Le lendemain, monsieur de Guise commanda à maître .lean le Jeune, son chirurgien ordinaire, aller voir le dit Brège, accompagné de M.Buho, médecin célèbre de madame la douairière de Guise, ensemble .lacques Girardin , maistre barbier , chirurgien, au lieu de Joinvillc, lesquels, l'ayant veu , le dit médecin fut d'advis de le laisser , n'espérant aucune guérison , et ne trouvoit le pouls des artères aucunement battre pour la grande enneurc du cuir. Le dit le Jeune , ne voulant laisser le malade sans lui faire quelque chose, et comme hardi opérateur, pour la bonne expérience qu'il a eue, d'un vif esprit, fut d'advis d'user d'un extrême remède, (pii fut lui faire i)lusieurs scarifications assez profondes , p.ir les(iuelles le sang et ventosites furent vacuées. Enfin , le dit pâtissier recouvra la parole et la vue , et fut quelque temps a[)rès du tout guéry par la grâce de Dieu, et est encore vivant, faisant service à monsieur de Guise de son estât de pAtissier. » (Liv. x, chap. xxx , p. 248 , edit. de Lyon, ir)r)4.)

dette complication arrive d'autant plus facilement au cou que le ti^^^u cellulaire dont ces parties sont environnées est lAche^ et que les mouvcmens qu'elles exécu-

cou.

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tent dans la respiration empêchent que rouverturc des tcgumens reste long temps parallèle à celle du larynx ou de la trachée. C'est le défaut de parallélisme qui donne lieu à rinfiltration de l'air dans le tissu cellulaire du cou , et de proche en proche dans celui des autres parties, en sorte que l'emphysème peut devenir universel.

Nous reviendrons sur ce sujet. [V. Emphysème.)

Lésion des nerfs et de la moelle. Les instrumens piquans, en pénétrant dans le cou, peuvent léser quelqu'un des nerfs qui s'y rencontrent en grand nombre , et la moelle épinière elle-même. (^. Moelle

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