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de fracture de l'extrémité inférieure du radius. Dans la luxation la saillie antérieure est lisse, elle est rugueuse dans lafracture, si on fait exécuter des mouvements de pronation et de supination la fracture fait sentir la crépitation. Au toucher on sentira dans la fracture la petite tête du radius restée en place.
On peut réduire cette luxation en deux temj)s : celle du cubitus d'abord, puis celle du radius. M. Nélaton conseille le procédé suivant : « L'extension et la contre-extension étant faites j)our éloigner les surfaces articulaires , le chirurgien saisira l'avantbras à .sa partie supérieure et lui imprimera un mouvement de torsion en dehors à l'aide des doigts , (pii se recourberont au-dessous de l'ajjophy.se olécràne, tandis qu{» le pouce appuyé sur l'extrémité supérieure du radius le repoussera en arrière et en dehors.» (Nélaton, loc. cit.)
Luxations latérales. Elles sont presque toutes incomj)Iètes ; lorsqu'elles sont complètes , elles constituent une lésion très grave , vu l'énorme violence que la région a du essuyer.
<( Il ne saurait y avoir de luxation latérale (le l'avant-bras, môme incomplète, dit Boy(M" , sans (ju'elle soit accompagnée de la rupture de tous les liganuMits (pii affermissent celte articulation. Les nuiscles de l'avant-bras eux-mêmes , cpii forment d(Mix faisceaux volumineux et puissants s^ir l'un et l'autre côlé de l'articulation du coude , peuvent être rompus près de leur origine, pour peu ([uc; le déplaccMuent soit étendu. Aussi e>t-il rare (pu», dans ces cas, le nuMiibn» luxé pré.sente cette fixité qu'on lui trouve le j)lus souvent dans la luxation en arrière. » [Lococit.. p. 230.]
Dans la luxation latérale interne, si le déplacement est conqdet, les os de l'a- \ant-bras ne correspondent absolument j)lus avec 1 luunérus ; h» cubitus étant entièrement à côté du condyle interne, le radius appuie sur l'éminence du cubitus (|ui touche à ce con(iyl<'. Lors(pie la luxation est inc()mj)lète, la cavité externe semi-lunaire du cubitus reçoit l'éminence interne de I humérus , et connue celte éujiiu'uce est un peu jtjus élevée que celle qui est nalurellemenl reçue dans la cavité externe du cubitus. ra\anl-bras est un peu tourné en dehors. On iioucc le c\d»itus situé sous
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le condyle interne, de manière à donner lieu à un enlouceincnt manifeste au-dessus de lui. Le radius se trouve sur Téminenee moyenne de riiumérus , et , si l'on fait tourner la main, on sent le mouvement de rotation de la tête de cet os. Quelcjuefois, lorsque le cubitus est situé au-dessous du condyle interne, il fait encore une saillie en arrière comme dans la luxation latérale externe; dans ce cas, la tète du radius est dans la fosse olécrànienne de rhumérus , et le condyle externe est très saillant. En résumé, les caractères de cette luxation sont : 1° tumeur à la partie interne du coude formée par Tolécràne déplacé ; 20 enfoncement à Tendroit qu'occupe ordinairement la tète du radius ; 5° déviation interne de la masse du muscle triceps, ce qui produit un certain changement dans la forme de la face postérieure du bras ; ^o rigidité articulaire, déviation de la main et de Tavant-bras.
Dans la luxation latérale externe , si elle est complète , les os de l'avant-bras forment une grande saillie en dehors ; le bout inférieur de l'humérus en fait de même une considérable en dedans. Les vaisseaux sont seulementun peu alongés , mais souffrent bien moins que dans la luxation en dedans. Si la luxation est incomplète , la tête du radius a entièrement abandonné ses rapports articulaires avec l'humérus , elle est tout-à-fait en dehors. L'éminence la plus proche du condyle externe est reçue dans la cavité externe du cubitus, et sa cavité interne reçoit l'éminence moyenne de l'humérus, ou celle que la cavité externe du cubitus recevait.
On conçoit aisément que les caractères dogmatiques sont ici absolument l'inverse du cas précédent, savoir : 1° déviation du membre et de la main en dedans ; 2° tumeur à la partie externe du coude formée par la tête du radius; 3° enfoncement inter-condyloïdien répondant à l'endroit qu'occupait l'olécrâne; 4° déplacement de la masse du triceps en dehors , etc. « Au reste , dit Bichat, ces changemens de rapports varient singulièrement, et la théorie, plus que la pratique , en trace avec précision l'histoire. En général , la luxation en dehors arrive plus fréquemment que celle en dedans, remarque qu'explique la structure articulaire. Presque toujours, dans
l'une et l'autre , les ligamcns latéraux se rompent. Un gonflement plus ou moins considérable accompagne toutes les di liérentes espèces de luxations , et souvent il est porté au point de jeter sur le diagnostic une grande incertitude, lorsque le déplacement n'est pas très sensible. >j [I.oco ci7.,p.589.)
« Les luxations sur les côtés arrivent , dit J.-L. Petit, bien plus difficilement que la luxation en arrière, non seulement parce que le mouvement de l'articulation ne favorise point la sortie des os en dedans ni en dehors, mais encore parce que les ligamens latéraux s'opposent directement à cette luxation, et que, de plus, s'il est permis de s'exprimer ainsi , tous les tenons de la charnière se soutiennent dans leur résistance. Par ces mêmes raisons^les luxations sur les côtés sont presque toujours incomplètes. L'avant-bras ne peut donc être luxé en dedans ou en dehors que par un effort très violent; mais il faut de plus que, dans la chute ou le coup, l'effort soit compliqué, ce qui peut arriver d'une infinité de façons différentes. Un laquais, en tombant d'un carrosse qui versait, se trouva le bras engagé dans les rayons de la roue, et eut l'avant-bras luxé en dehors. Un autre eut le coude luxé en dedans pour être tombé avec un cheval qui s'abattit sur son bras dans un lieu inégal. La partie inférieure de l'humérus appuya , et l'avantbras , portant à faux , fut luxé en dedans par le poids du cheval. » [Malad. des os , 1. 1, p. 258.)
Les luxations latérales incomplètes sont plus difficiles à réduire que les complètes, les tissus étant moins lacérés dans le premier cas; aussi sont-elles moins dangereuses. (( Mais quelle cause peut assez puissamment s'exercer pour produire la luxation complète? Telle serait alors l'étendue du délabrement que sans doute l'amputation resterait la seule et unique ressource. » (Bichat, OEuvres de Desaiilt y 1. 1 , p. 586.) Dans la luxation incomplète, les ligamens sont même si peu alongés qu'avec le temps ils s'accoutument à cette tension, et l'avant-bras peut être fléchi et étendu sans douleur, et presque aussi complètement que s'il n'y avait point de déplacement. (Petit.)
Boyer dit qu'on peut réduire les luxa-
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lions latérales en recourbant Tavant-bras sur le bras, et en pou^^^ant on même temps la télé du radius et du cubitus dans des directionsopposées.J.-L. Petit avait donné le mt me précepte , mais en termes pUis clairs. « A Tégard des luxations sur les côtés , dit-il , pendant qu'on fait faire les extensions et contre-extensions , on applique les deux mains, l'une sur la partie inférieure de rbumérns, l'autre sur la partie sui)erieure du rayon et du cubitus; et, en approcbant les deux mains l'une de l'autre avec force , et dans un sens contraire au déplacement, ou fait la réduction. » [Loco cit. , p. 245.) Suivant sir A. Cooper, on peut obtenir la réduction dans chacune de ces luxations, en étendant le bras sur le genou; et, quand le déi)lacement est récent, il pense (ju'on iieut opérer la réduction en tirant lortement sur le Ijras ; les contractions du biceps et du triceps brachial rétablissent ensuite les surfaces articulaires dans leurs rapports naturels. Cet auteur a dccrit mu autre procédé. «< Une dame me consulta , dit-il , pour une fracture de la rotule, qui s'était réunie par une substance li^'amenleuse treshjnguc Je lui recommandai de porter continuellement un bandage , sous peine de s'exposer à faire une chute et à se fracturer lautre rotule , ce dont j'ai observé plusieurs exeml)les. (Quelques heures aitrés, la même dame entre à riiùpital Guy pour une luxation du coude en arrière et en dedans. Trouvant le tendon du biceps et h; br.ichial interne dans un état de tension considcrable, je pensai que je pourrais me servir de ces muscles comme d'une corde qui presse contre une poidie , afin de repousser l'humérus en arrière, en rendant encore leur tension plus for;e. En conscquence , ayant étendu a\ec force l'avautbras siu'lc bras, la luxation se réduisit aussitôt. » {Ouv. cit., p. 115.)
11 est facile de comprendre au reste que tous les procédés et sous- procédés que nous venons de décrire en parlant de la luxation en arrière sont api)licables aux luxations latérales.
Lorsque la réduction est opérée, on fiéchit 1 avant-bras à angle droit; on entoure l'articul ition avec des compresses longuettes, etc.
Après la réduction de toute espèce de
luxation de l'avant-bras , Desault appliquait l'appareil suivant : « 1° L'avant-bras et le bras sont préliminairement recouverts de doloires destinés à les garantir de l'impression des attelles et à diminuer la force des muscles par la pression exercée sur eux; 2° derrière l'olécrâne se place une épaisse compresse, dont le but est de le retenir en bas et qu'on assujettit avec une forte attelle , située postérieurement , et recourbée vers le coude, pour s'accommoder à la flexion de l'avant-bras ; 5» sur les côtés sont mises deux autres attelles, princii)alement nécessaires dans les luxations latérales ; 4« le tout est maintenu par le reste de la bande (|ui a servi à faire les doloires. Dans ce bandage, l'immobilité du bras est assurée par les attelles, tandis que l'olécrâne est pousse par la compresse en sens inverse de son dé[)lacement, double indication qui était à remplir. » {L. c,
Terminons ces considérations en faisant remarcpier avec Monteggia qu'il n'est pas rare de voir des luxations latérales très peu prononcées être cachées sous le gonllement, passer inaperçues pendant long-temps et rester ainsi irréductibles. Les mouvemens de l'articulation perdent une partie de leur liberté, mais le membre continue à fonctionner après quelque ten)i)s, bien (]u'im[)arfaitement. <« Deux fois, dit Leveillé , j'ai remarciue un déplacement à peine sensible du cubitus en dedans et sufTisant pour gêner les mouvemens du coude pendant toute la vie. Une chute de cheval a produit cet effet dans les deux circonstances. Les deux malades n'ont pu lléchir l'articulation (ju'en partie. Le gonllement a eu lieu comme dans une violente entorse , et a augmente celte gène des mouvemens. A|)rès six semaines ou deux mois de soins il est reste un enq)atemcnl |)our le({uel on a prescrit inutilement les douches, et cpii s'est dissi[)é peu à |)eu sans qu'il y eût plus de liberté dans celle articulation. C'est à cette époque (]ue ces deux malades ont demande mon avis et après s'être exerces long-leiiqis et péniblement à rendre leurs mouvemens plus libres. ,Tai reconnu quer.ipophysc olécràne était seulement plus rapprochée de la luberosité cubitale de l'humérus cpi'elle ne doit l'être naturellement , que le cubitus
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faisait assez de saillie pour que je pusse toucher avec le doigt uue certaine étendue du côte interne de l.i grande ccliancrure sigmoide ; enfin que le changement de rapports , quoique léger, des surfaces articulaires en dedans, suffisait pour rendre les mouvemens plus bornés. [Loc. cit., p. ilO).
/?. Luxations du cubitus seul sur l'humérus. F. Cubitus (luxations du).
C. Luxations du radius sur l'humérus SANS LE cubitus. A'. RADIUS ( luxations du ).
Coude ( fractures du) ( F. Épiphyses , Cubitus, Humérus, Olécrane, Radius, Fractures en général, etc.)
Coude , amputation. Amputation de l'avant-bras dans Tarlicle ( r. Avant -