‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 36 sur 117 · TOME lU · texte numérisé non relu

TOME lU

ClUNE. n>i

maladies sont : 1*^ les lésions Iraumatifpjes (fractures , enfoncemens , ablations, conlu.»,ions) ; elles .seront étudiées à l'occasion des plaies de la tète [F. Tête) ; 2" hypéro.^to.se et exostose ; 5" atrophie ; 4» carie et né( ro.se; 5° dégénérescences cancéreuses ; 6° fistules.

$ I. Hyi'éro.stose et exostose. Nous avons rapproché ces deux états morbides parce qu'ils se confondent souvent ensemble, et sans inconvénient dans la pratique, surtout lorsquils ne sont pas parfaitement circonscrits. Sous le j)oint de vue pathologicjue, cependant, ou plutôt pathogénique, il importe de distinguer l'hyperostose de l'exostose. [T. ces mots.)

Lliypêrostose s'olfre au crâne , comme ailleurs, sous deux formes distinctes. Dans Tune, il y a à la fois augmentation de la masse et du volume de los; le tissu diploïque a disparu, ou i)lulôt est envahi par de la matière osseuse sécrétée en excès, les tables osseuses sont éloignées entre elles, los est plus épais qu'à l'état normal, la cavité crânienne est rétrécie si l'accroissement s'est opéré de ce côté. Dans l'autre, il y a seulement exagération du volume de l'os sans augmentation de sa masse ; son parenchyme est très spongieux , ses cellules sont agrandies , épanouies : c'est là ce que quelques pathologistes ont appelé spina ventosa des os du crâne, et que Lobstein a nommé ostéospongeose ou 05téoporvse.

Lliypérostose crânienne peut être partielle ou générale, bornée à la table externe, à la table interne, ou s'étendre à tout le parenchyme osseux. On conçoit que, tant (|ue le mal n'est que borné à la table externe, l'encéphale peut ne pas s'en ressentir, les fonctions organiques s'exécuter normalement ou à peu pi es , et l'hypertrophie n'offrir d'autre phénomène que le volume exorbitant du crâne avec ou sans céphalalgie. Tel est , par exemple, le cas de Marianne de l'Hùtel-Dieu; de cette femme aux formes exagérées, qui se promène depuis plusieurs années dans les salles de M. Magendie, où des savans et des curieux vont de tenq)s en temps la visiter. Lorsque l'accroissement a lieu du côté de la ca\ité ciânienne , il y a nécessairement des symptômes de compression dont on prévoit les conséquences.

i4t5 ck

« On ne Mtirait croire, dit Lobstein , h quel (lejzrc de volume et de dureté \\cn- \ent parvenir les os de la tête quand ils Foiit frappés d'ostéosclérose. Sandifort donne des détails curieux sur un crâne extrOmemenl épais, dur et compacte , qui se trouve dans le cabinet de Leyde. Kibell décrit une tète d'iiomme d'adulte, laquelle pe«ait i5 livres et quart (poids naturel , 1 livre et i\i à 2 livres) ; la mâchoire inTérieure seule était du poids de 5 livres et demie... Jadelola trouvé à Reims, àquinze pieds sous terre, une tête qui pesait 8 livres. L'épaisseur des os du crâne variait de y li;;nes jusqu'à 1 pouce et demi. Le diploé était d'un tissu plus compacte que les deux tables elles-mêmes. Les sutures étaient presque toutes elTacées; néanmoins, tout annonçait (jue cette tête avait ap[)arlenu à un jeune sujet. Il a publié, dans une nionoi^raphie , la descri[)li()n anatomique d'une léte extraordinaiiemcnt volumineuse et j)psante : c'était celle d'une fille morte h \iiigt-sept ans. Le poids de cette télé, non conq)iis celui de la màiboirc inférieure , était de 120 onces, et excédait par conséquent se[)t fois le poids ordinaire de celte partie du s(iuelelte. Son diamètre antéro-postérienr était de 7 pouces et demi ; le transversal de 10 pouces; la surface externe de la calotte o-seuse , inégale et raboteuse, était semblable à Técorce de certains arbres, et percée çà et là d'orifices l)Our le passage des vaisseaux. Les sutures étaient elfacées. L'épaisseur de ce crâne variait de 9 lignes à 2 pouces. La poriion nibitaire des o^ frontaux qtii , dans l'ctat iialin-el. est mince et pres<;ue transparente, avait 9 lignes d'épaisseur. Le corps du siiliéuoïde était le seul os qui bit exempt d'un epaisMsscmenl aussi cou'^idérable.

Cette augmentation de volume s'était faite aux «b'peu's de la cavité interne de la lê!e, dont le long dinmrtre avait o pouces 2 lignes, le t ransversal 4 pouces 8 lignes; les sillons qui l«>g«'nl l'ariére mcriingi-e moyenne étaient plus profonds et plus nomlneiix. Tous les orifices cpii li\rent passage aux vaisseaux et nerfs étaient considerabienjent rétrécis; le grand trou occipital était rechiit de moitié ; les trous spbéno épineux avaient seuls conserve b'tir calilu e Les os de la face étaient aussi singulièrement ^'onfléi et épaissis La personne à h-

, quelle avait appartenu cette tôte avait joui d'une bonne santé jusqu'à l'âge de dix ans, et était remarijuablc par sa beauté. A celte époque , elle fut attaquée, sans cause connue , de goutte sereine , à laquelle succédèrent des accès d'épilepsie , de céphalée et de délire. De temps à autre , il survenait un érysipèle à la tète. A l'âge de seize ans, cette personne devint sourde ; l'année suivante, elle ne pouvait plus avaler d'alimens solides. Alors aussi, on reinanpia une torsion latérale de la colonne vertébrale et des fémurs. La mort eut lieu subitement à la suite d'un érysipèle répercuté. » {^inat. path., t. ir, p. 104.)

Chez un individu dont parle Saucerotte, les os du crâne avaient acquis un tel développement ([u'il était obligé de se faire faire des chapeaux, n'en trouvant pas à sa mesure. Ses yeux étaient à fleur de tête par l'épaississement des os qui forment l'orbite. {Mélanges de chirurgie, p. 407.)

Dans les faits ci-dessus, il s'est agi d'hy- ])éroslose générale du crâne. Klle existe cei)endanl assez souvent d'une manière circonscrite, et reçoit alors le nom d'exostose. Comme l'hypéroslose, l'exostose est extra ou intra-crànienne. Cette dernière est assez rare. Du reste , au crâne comme ailleurs, on rencontre les deux espèces essentielles d'osteocèle , savoir : l'exostose parenchymateuse etPexostose épiphysaire.

(/^. ExosTOSE.) Citons quebpies faits.

Un jeune Anglais, I\I. Piilchard , âgé de vingt ans , de bonne constitution , n'ayant jamais eu la vérole ni autre affection diathesique, a reçu, il y a deux ans, un coup de poing à la tempe en boxant. Il n'a pas perdu connaissance ni éprouvé de vive douleur. Six mois après, la région a paru gondée, et il s'y est forme par degrés une tumeur du volume d'un œuf de ])oule , à base |)late, s'rtendant depuis un d('ini-j)0U((' de l'extrcmilé externe du sourcil droit jus(|irà deux pouces environ en haut et en arricr**. ('elle tinneur a été jugée osseuse , elle n'elait autrement incftmmode que par l.i difformité (|u'elle produisait; la prr'ssion ne déterminait absolument aucune douleur, et le jeune homme jouissait de Tinlégrilé de toutes ses fonctions. Comme cette tumeur fai^^ait des progrès en surface, on Ta attaquée par des applications rcpéiécs de sangsues : 6U0 sangsues

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ont été consommées en peu de temps, mais sans aucun avantage appréciable. Dupuytren ayant été consulté, diagnosticpia une exostose externe , probablement épiphysaire, c'est-à-dire formée par une sécrétion périostale; il a prescrit des frictions de pommade mcrcurieile ammoniacée sur la tumeur et la compression méthodique à Taide d'un appareil construit par M. Charrière. La tumeur a semblé diminuer d'abord , mais ensuite elle a continué à faire des progrès ; son volume , surtout en largeur, avait triplé trois ans après. Nous Vavous perdu de vue depuis. [Gaz. méd.^ 1836, p. 22.)

Dans ce cas, la tumeur était à base large, peu saillante, par conséquent de mauvaise espèce sous le rapport de l'opération. L'absence de tout symptôme cérébral faisait présumer que la végétation était tout-à-fait externe, et la nature de la cause (une contusion) faisait croire qu'il s'agissait d'une exostose épiphysaire. On ne peut cependant prévoir avec certitude les conséquences de cette exostose : il est évident que le mal peut se borner à l'extérieur , ses progrès s'arrêter en tout sens, et le jeune homme continuer à se bien porter ; mais il seraitpossible également qu'en se cimentant avec Vos du crâne la tumeur fît des progrès du côté de la cavité crânienne et déterminât des accidens fâcheux.

Un homme de Montpellier, âgé de trente-deux ans , se présente , en 1855 , à la consultation de Du puy tren, à l'Hôtel-Dieu, pour une exostose du volume dun œuf qu'il portait sur le front. 11 se plaignait de maux de tête, d'éblouissemens , de vertiges ; sa physionomie exprimait la souffrance. L'origine de la tumeur datait de l'enfance. Le malade n'avait jamais eu la vérole d'après son dire. Plusieurs traitemens mercuriels et autres avaient été faits inutilement. Dupuytren conseilla l'ablation de la tumeur pour combattre les symptômes encéphaliques qui dépendaient probablement de sa présence. Il est probable que cette exostose était externe et épiphysaire en origine , et était devenue parenchymateuse et interne par la suite. {Ihid., p. 23.) Une femme des environs de Pise , âgée de vingt-quatre ans , portait depuis plusieurs années une exostose à la partie moyenne et inférieure du front, du volume

d'un œuf de poule, stationnaire. Clavus , vertiges continuels, hébétude. Llle entre à la elinicpie de M. Rognoli. Opération : incision des tégumens et dénudation de la tumeur : elle est cimentée et éburnée.

Enlèvement au moyen de la gouge et du marteau, et à petits coups, de la tumeur et d'une portion de la lame antérieure du frontal ; ablation d'une portion de l'os nasal correspondant et de l'apophyse montante de l'os maxillaire supérieur, exostose également. Cautère actuel. Chute de la nécrose consécutive et dénudation de la dure-mère. Pansemens ordinaires. Guérison après dix-neuf mois de traitement. ( Kognetta , Troisième mémoire sur les exostoses , Gaz. mêd.^ 1856.)

Un militaire , âgé de trente-trois ans , portait une petite exostose sur le front. Compression à l'aide d'une lame de plomb; pas d'effet avantageux. Progrès considérables de la tumeur. Tout le front en est presque envahi. Heister l'opéra à l'aide de la gouge et du marteau. Dénudation d'une grande portion de la dure-mère, guérison. (Gockelius , Z)c ossium tMmoriÔM^. Helmaestadii, 1740, p. 13.)

L'exostose crânienne peut se borner à la lame externe, acquérir un très grand volume , et n'incommoder que par sa difformité. J. L.- Petit rapporte le fait suivant.

« Un soldat du régiment Royal-Roussillon vint dans l'hôpital de Lille en Flandre , attaqué de la pierre; on lui fit l'opération, il mourut, et je le disséquai pour m'instruire sur la nature d'une tumeur qu'il portait depuis quinze ans : elle était sur los des tempes , où elle avait cru et végété peu à peu jusqu'à la grosseur d'un petit melon. Elle ressemblait d'autant mieux à ce fruit qu'elle était oblongue , et que quantité de veines gonflées , qui régnaient sur sa surface , représentaient assez bien les côtes des melons. Après avoir découvert cette tumeur et en avoir détaché tout le périoste , je la considérai d'abord comme une espèce de hernie , dans laquelle une portion du cerveau s'était plongée; j'avais d'autant plus de facilité à le croire que l'os des tempes est fort mince en cet endroit dans l'état naturel. Dans cette pensée , je n'ouvris point le crâne par le côté de la tumeur , mais en détrui-.

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sant les pariétaux , le coronal , l'occipital et Tos (le la tempe du côte opposé , ce «pie je lis tantôt avec la scie , tantôt avec le ciseau , le maillet et les tenailles incisives , de manière (jue je découvris la dure-mère autant qu'il le fallait pour bien voir ce que je m'étais imagine. Je fus trompé; la duremère et le cerveau de ce côté n'avaient rien de particulier, et l'os des tempes n'était monstrueux qu'au dehors ; l'intérieur gardait sa conformation naturelle jusque dans les moindres scissures que les vaisseaux ont coutume d'y graver. Je pensai donc que la tumeur était une exostose , et je la reconnus bénigne après l'avoir enlevée et l'avoir sciée en deux parties égales; elle étaitaussidureetaussi blanche que l'ivoire, il n'y avait aucune porosité dans sa substance. » [Malad. des os, t. u , p. 581 , édition de Louis, 1772.) 11 faut bien se garder de toucher à ces sortes d'exostoses externes du crâne , (pii se sont terminées par induration ou par ostéo-sclcrose , l'opération pouvant donner lieu à des accidens encephali(iues formidables.

« Je ne puis passer sous silence , dit J.- J.. Petit, l'observation (jue j'ai faite sur une maladie prescjuc semblable à la tumeur qu'avait le malade deRoyal-l^oussillon.Un ieiuie homme la j)ortait dei)uis sept ans «pi'elle avait commence, jus(]u'au temps qu'il se détermina à se laisser faire l'opération. Cette tumeur était placée sur la partie supérieure et moyenne de l'un des pariétaux. Elle était très élevée, ayant plus de 4 pouces de circonférence dans sa base, r» dans son milieu et '2 vers son sommet , qui était légèrement carie. Ce malade me fut recommande par un de mes amis, en présence (hiquel je l'examinai et lui promis de lui faire l'opération ; je le préparai par saignées, piu'gation et diète. S. E. iTionsfiL^ueur le cardinal de l'iolian me le recommanda et ordonna tous les secours dont il pourrait avoir besoin ; cette maladie était rare pour (luchjues pcisoiuies curieuses de la voir et envieuses d'opérer, puisqu'elles m'enlevèrent mon malade par des menées et des souterrains que je n'ai jamais pratiqués, évites ni craints. Le malade, qui avait confiance en moi, obtint de ces usurpateurs, comme par grâce, (pie je serais présent a l'opération; ils me le propos«reat, je les refusai , et je leur lis i)lai-

sir sans dessein. Ils firent une incision , découvrirent la tumeur, et la regardèrent comme une hernie du cerveau , dont le crâne prolongé faisait le sac; ils trépanèrent cette tumeur à l'endroit de la carie , avec beaucoup de peine, à cause de sa dureté ; ils firent entrer la couronne jusqu'à ce que le sommet de la tumeur touchât le fond; fatigues d'une opération autant laborieuse qu'elle était inutile, ils pansèrent le malade et remirent au lendemain le reste de l'opération. Ils n'eurent point la même fatij^ue, la fièvre qui i)ritau malade les empêcha de travailler; les saignées brusques et C()[neuses ne diminuèrent point les accidens, et le transport au cerveau qui survint emporta le malade. Ils ouvrirent le crâne, et furent détrompés de l'idée de hernie qu'ils avaient , idée que j'avais eue de la tumeur du soldat dont j'ai parlé, mais que je n'avais point de celle-ci , parce que la première m'avait instruit. La tumeur qu'ils enlevèrent fut sciée , on la trouva l)leine, dure et blanche comme de l'ivoire. » [Ibid.^ [). 585.)

11 n'est pas à notre connaissance qu'on ait jan^ais rencontré chez l'homme des exostoses intra-cràniennes épi|)hysaires ; nous disons c/<es Vhomme, car elles ne sont pas rares chez lecheval et lelxruf. IM Dupiiy eu a rencontré assez souvent à la face interne du coronal chez ces animaux. Ces exostoses étaient véritablement épiphysaires , puisqu'on pouvait les décoller de la surface osseuse. ^L A. Séverin , Morgagni , r»uysch , V\ ilson ont décrit plusieurs cas d'exostoses ])areilles chez d'autres animaux. Ordinairement, les exostoses intracrâniennes chez l'homme sont de nature parenchymafeuse. « D'après l'étude des faits de ce genre, il résulte 1" «]ue les exostoses intra-crâniennes peuvent naître à la l)a<e comme à la voûte de la boite céphalicpie ; -" (juc les elfels de leur piésence sur le cerveau sont variables selon les différentes circonstances. Ces circonstances se rapportent au volume de l'exostose, au temps qu'elle a mis pour se dévelo|)per, à l'endroit du cerveau qu'elle occupe. Les etrels de sa i)resence sont : une douleur fixe à l'endroit de Pexislence de la tumeur (clants) ; des symptômes apoplectiformes , ou l'apoplexie foudroyante ; !'< j)ilepsie; l'iicmiplegie^ou des paralysies plus

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ou moins complètes , soit des organes des sens, soit de ceux du mouvement. II pourrait se faire aussi néanmoins (pTime exoslose se développât lentement du eôlé de la cavité du crâne , sans que des symptômes encéphaliques en décelassent l'existence durant la vie. Ajoutons que les symptômes ci-dessus énoncés ne sont pas exclusivement propres à la présence de ces tumeurs dans le crâne; une foule d'autres causes peuvent i)rnduire les mêmes effets. Un individu saturé de vérole se plaignait de douleur fixe sur la partie latérale de la tête. Étourdissemens, symptômes de compression cérébrale se répétant plusieurs fois; enfin , apoplexie, mort. L'autopsie montra dans la cavité du crâne , à l'endroit où le malade accusait de la douleur, une exostose eburnée du volume et de la figure d'un demi-œuf de poule. Rien n'apparaissait au dehors du crâne; aucune autre lésion ne fut remarquée sur cet homme. (Caspart, De exostosi cranii rariori, Argentorati , 1750, p. 9.)

"Dans l'observation qu'on va lire, Texostose n'existait que sur la face externe du crâne. Les symptômes qui l'accompagnaient cependant firent présumer à J.-L. Petit que la tumeur faisait saillie du côté de l'encéphale. M***, vérole, n'ayant jamais voulu faire de traitement mercuriel, portait une tumeur osseuse au-dessus de l'apophyse mastoïde et une tumeur pareille au milieu du front. Symptômes encéphaliques, absence d'esprit et de mémoire, assoupissement, etc. Traitement mercuriel par frictions, disparition graduelle de ces symptômes; gucrison complète et disparition des exostoses. Ce seul fait, à côté duquel on pourrait en joindre cent autres analogues, suffirait pour renverser le système de ceux qui accusent le mercure d'être la cause des exostoses syphilitiques. Bertrandi raconte avoir observé la compression du nerf optique , et par conséquent l'amaurose par suite d'une gomme sur l'apophyse orbitaire de l'os palatin. Dans quelques circonstances, on a vu une exostose de la base du crâne faire saillie au dehors par le sinus maxillaire, boucher non seulement les narines, mais aussi occasionner une exophlhalmie d'abord , puis l'amaurose, enfin la mort apoplecticjue.

Tel «tait le cas dont sir A, Gooper nous

a transmis l'histoire. {Mémoire sur les exostoses.) Les exostoses qui naissent sur la face externe du crâne ne sont pas ordinairement accompagnées de symptômes graves, les malades se plaignent tout au plus de mal de tête. Le soldat dont parle J.-L. Petit, et dont nous avons rappelé l'histoire, n'éprouvait aucune souffrance. Héclard parle aussi de deux belles exostoses symétriques sur les bosses pariétales d'un jeune homme qui n'en souffrait nullement. Ce professeur conservait dans son cabinet le crâne de ce jeune soldat ; la cavité encéphalique n'était aucjmement resserrée. {Anatomie gén.) J'ai vu également des exostoses analogues du crâne, ne produire d'autre inconvénient que celui de la difformité. J'en ai observé d'autres qui étaient jointes à une douleur fixe et à de l'hébétude ; mais on ne peut affirmer que ces symptômes ne provenaient pas d'autres lésions indépendantes de l'exostose externe. M, Howship cependant a décrit le cas d'un homme qui était fou depuis plusieurs années, et dans la tète duquel on ne trouva d'autre altération qu'une exostose parenchymateuse de l'os pariétal gauche , laquelle proéminait extérieurement sans resserrer d'une seule ligne la cavité crânienne. La pièce se trouve déposée dans le muséum de M. Heaviside. M. Magendie fut obligé de lier la carotide aune jeune femme à la Salpétrière , pour combattre les symptômes d'une exostose épiphysaire de la face externe du frontal, et M. Regnoli m'a dit avoir observé des vertiges continuels , par suite d'une petite exostose de la face externe du front. On pourrait cependant opposer à ces faits une foule d'autres où les fonctions cérébrales n'étaient aucunement dérangées. On conçoit néanmoins que, sans produire de symptômes encéphaliques , une exostose extra-crânienne peut être aussi cause d'autres dérangemens sérieux, suivant l'endroit du crâne qu'elle occupe. Ainsi, par exemple, nous avons vu la chute de l'œil sur la joue être la suite d'une exostose intra-orbitaire.

J.-L. Petit a observé la diplopie à l'occasion d'une petite exostose sur le bord interne de la même cavité. D'autres ont remarqué des fistules lacrymales , l'obturation des narines^ la difficulté de U dé ;

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glutition, par suite d'une exostose extra- C('()lK\li(iuo. 'rcriiviions ces réflexions en fai-iant observer que parmi les o.s du crâne le frontal olFie à lui seul un beaucoup plus grand nombre d'exemples d'exostoses (jue tous les autres os crâniens pris ensemble.» (Rognetta, deuxième mémoire sur les eorosfoses^ Gazette médicale^ 1855, p.

706. ) Les causes de Tliyperostose et des exostoses du crâne sont les mêmes que pour les all'ections analogues des autres régions, {r. IIypllrostose, Exostose.) Le traitement interne de ces deux maladies est basé sur la connaissance de leurs causes connues ou présumées; il sera exposé aux mots indiqués.

Le traitement chirurgical n'est indiqué contre les excstoses crâniennes qu'autant qu'elles sont accompagnées de symptômes cncé[)bali(pies ou d'autre espèce. Encore lie doit-on en venir à Tablalion qu'après s'être assuré (ju'un traitement médical est insuflisant. Nous venons de voir elFectivement des cas où le seul traitement interne a sudi pour dissiper les symptômes dépendant en apparence de l'action mécanique de la tumeur et de l'exostose elle-même. C'est donc par là (jue le traitement doit commencer, (^ela est d'ailleurs im[)ortant pour simi)Iilier la maladie. La cliirurj^rie possède (lillérens moyens pour attacpier directement les exostoses crâniennes. Le ]iremier i)as à faire est de raser les cheveux et de couper les tégumens pour inetlrc la tumeur à découvert. On peut découvrir par trois procédés difTérens les exostoses crâniennes-, par une incision cruciale, dont on dissèfiue les quatre laml)caux; par une incision en II, dont on fait deux lambeaux comme deux moitiés d'un livre , et par une incision ovale , dont on enlève le lambeau circonscrit. Les circonstances particulières de charpie cas peuvent seules décider quand l'une de ces incisions est préférable à l'autre. On se règle ensuite selon la nature et le volume de la tumeur. Si elle est manifestement épiphysaire, non encore cimentée, on peut la faire sauter en agissant avec un ciseau, en guise de levier, sur les dilfercns points de la circonférence de la l)a<e. Si elle adhérait fortement, on pourrait se conleiiler de la simple deiiudation et d'un pansement à sec, dans le but de

provoquer une suppuration dans les tissus adjacens ; l'exostose pourrait se nécroser et tomber spontanément ainsi que nous le verrons ailleurs. On i)eut, au reste, exciser la tumeur avec la scie à amputation, ou une petite scie si elle est pédiculée ou à base étroite; la comprendre dans une large couronne de trépan si son volume le permet. La scie de 31. lleyne peut rendre de véritables services dans ce cas. La gouge et le marteau ont été employés avec succès contre les exostoses enciuestion, mais leur emploi exige ici beaucoup de ménagement, surtout si Pexostose est très dure. On a encore conseillé de faire perpendiculairement avec la scie plusieurs sections parallèles dans la masse de la tumeur, les(|uelles seraient traversées par d'autres sections analogues dans un sens inverse aux i)remières , de manière à réduire la tumeur en [plusieurs digitations perpendiculaiies, qu'on emporterait ensuite avec la gouge et le maillet en plusieurs séances ; mais ce mode opératoire est long et dangereux â la fois dans la région dont il s'agit. Dans l'état actuel de l'art, la scie d(^ M. fïeync parait l'instrument le i)lus commode pour ces sortes de cas ; le trépan cependa.nt mérite aussi la j)réference, surtout si l'on so\qiçonne (jue l'exostose pénètre jusipi'â la table interne. On conçoit ([ue la tumeur peut être circonscrite par des couronnes de trépan appliiiuées en plusieurs séances juscpTà ce que l'exostose soit complètement enlevée. Pour plus de détails sur ce sujet, nous renvoyons â l'article général. (/^. Exostose.) ^ IL ATHorniE. Les os du crâne peuvent s'atrophier de trois manièies dilh;rentes : 1» par arrêt de l'ossineation dans l'enf.mce; 2" par l'oblitération des vaisseaux nourriciers chez les vieillards; 3° par l'action comprcssive de <|uel(pie tumeur. Dans un travail (pj'nn miMlecin anglais, M. (jranlham, a ])ublié, il pose vn principe (jne les défauts d'ossification lie la calotte crânienne occasionnent l'epilepsie, des congeslionscerebrales etPhydrocephahi. C'est surtout vers l'âge de neuf â vingt mois (jue cela se vérifie d'après Tauteur. Remontant aux causes de celte absence d'o-sification , M. Crantham les trouve dans une alimentation impropre, le vice scrofuleux, un manque de chaleur à la

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peau durant les sept ou huit mois de !a ^ vie. 11 rapporte quatre observations à l'appui de sa manière de voir; les trois premières nous paraissent dignes d'attention. Dans le premier cas, il s'agit d'un enfant de (|uatorze mois, sujet à des attaques cpilepliques fréquentes jour et nuit. Les sangsues, les vésicatoires et le calomel n'avaient pu améliorer son état. En examinant sa tête, M. Granlham trouve la suture coronale et la fontanelle antérieure très larges ; il serre la tète avec une bande de calicot de la largeur d'un pouce et demi, et prescrit une boisson de 24 grammes d'eau de chaux. L'amélioration a été immédiate, les accès ne sont plus reparus et l'enfant a pris bientôt de la force, de Tembonpoint, et a guéri radicalement. Dans le second, l'enfant était âgé de sept mois, il avait des attaques épileptiques fréquentes, dépendantes de congestion cérébrale, puisqu'elles étaient accompagnées de symptômes de compression. Les sangsues, les vésicatoires et le calomel procurent la guérison ; mais les accès reparaissent un mois après, sans symptômes de compression.

Les mêmes remèdes ne produisent aucun bien cette fois. M. Grantham trouve le frontal très saillant, la suture de cet os et la fontanelle très ouvertes. Bande de calicot et eau de chaux comme dans le cas précédent; disparition de Tépilepsie, l'enfant prend bientôt de la force. Deux mois après, l'enfant reparaît , et meurt bientôt dans des convulsions générales. L'autopsie montre les sutures extraordinairement béantes; ramollissement cérébral, collection aqueuse dans les ventricules encéphaliques. Le troisième fait, enfin, concerne im enfant de quatorze mois, excessivement faible et languissant sous tous les rapports. On ne savait à quoi attribuer cet état. M, Grantham en trouve la cause dans le défaut d'ossification crânienne. Il prescrit une calotte en caoutchouc artistement arrangée , et l'usage de l'eau de chaux coupée avec du lait. Amélioration presque instantanée. Guérison complète au bout de trois semaines. {The London médical Gazette, septembre 1837.) Ce sujet est tout- à-fait neuf; nous ne connaissons pas d'autres observations à reproduire.

Chez le vieillard les os du crâne s'atro-

])hient comme ceux du reste du squelette ; cela les prédispose singulièrement aux fractures. Cette atrophie est caractérisée par ladiminution ou ladi-;parition du tissu diploique, le ra[)prochement réciproque des deux tables , la légèreté et la fragilité de la substance oss(!use. Cet état ne conslitue pas une maladie, mais une prédisposition à des airections morbides. Il peut cependant se présenter chez des sujets jeunes et dépendre de causes pathologiques. (' Nous pos-édons au muséum de la Faculté, dit Lobstein , des têtes d'adultes qui ne pèsent qu'une livre trois onces. » On sait d'ailleurs parles calculs de Ténoii que les têtes des vieillards ont perdu le cinquième de leur poids. [Mém. de Vimt. national^ t. i , p. 221 , an vi.) La cause prochaine de l'atrophie de ces parties est la diminution des vaisseaux capillaires qui se ramifient dans le périoste et l'oblilération des trous nourriciers. On a même remarqué le rétrécissement de trous plus grands que ceux (jui livrent passage aux vaisseaux nourriciers. Schreger a vu les trous sacrés considérablement diminués sur un vieillard. Portai {Anat. méd. , 1. 1 , p. 94) avait noté que le grand trou occipital se rétrécissait chez les vieillards par le travail de l'alTaissement atrophique de Tos. Lobstein a remarqué le même fait [Anat, path.y t. I , p. 6o}. Ce dernier a observé en outre que les apophyses condyloïdes s'atrophiaient par la même cause. Les remarques précédentes expliquent peut-être pourquoi les vieillards se fracturent aisément le crâne à la moindre chute sur cette partie, etc.

Lorsque l'atrophie dépend de l'action compressive d'une tumeur, elle est toujours partielle et la substance osseuse peut devenir presque aussi mince que du parchemin. « C'est une usure qui a beaucoup d'analogie avec celle que déterminent les tumeurs anévrismales sur les os. Cette destruction locale s'observe dans les cas de tumeurs fongueuses de la dure-mère ; elle est très fréquente au niveau du sinus longitudinal supérieur, et elle paraît alors occasionnée par la présence des glandes de Pacchioni. D'ordinaire elle ne s'accompagne d'aucun phénomène m irbide : cependant on trouve dans l'analyse que les Archives générales de médecine ont don-

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iitie d'un li'a\ ;iil tri£l>ennaier,s»r les fungus de la (liire-nière el les tumeurs fougucMiscs et héMiaiodt'sdecello membrane, deux observations d'un développement énorme de ces glindes (|ui avait suivi de violentes contusions du crâne et (|ui donnait lieu à des douleurs exlrèmemenl vIncs : on fut obliiré de recourir au trépan, (jui lit reconnailre la naîure du mal, eî en procura nnegnérison radicale. (Dict. de méd. , jx, ii86.) Il est des cas cppeiulant où fous les os de la voûte crànieinie sont é^aleuient amincis i)ar laction compiessive dont il s'aij:it ; tel est Je cas des sujets liydrucéphales. Des tumeurs liydaliiiues ont clé observées qnebpiefois entre les lames de l'os frontal ; le résultat a ele le même (juant aux os rpie dans les cas de fongus. [f^. 11y-

DATIDES.)

<i JIl. Carie et nécrose. On observe plus fréquenunent la nécrose que la carie axu os du crâne l/iine el lauire alfeclion cependant ne sont pas rares. La carie s\)bserve plus souvent a la région iiiasloïdienne que dans le reste du crâne, elle se lallaclie alors à nne maladie de lorgarie audi;if. On l'a neamnoins rencontrée assez fréquenunent dans la regittn frontale. La nécrose suit ordinairement les suppurations dilfuses qui ont lieu au-dessous du pericràne a l'occasion de lerysipéle plilegmoneux de la région crânienne. Dans l'une comme dans l'autre alFeciion il inq)orte de distinguer les cas dans lesijuels le mal est superliciel de ceux où il est profond. La carie ou la nécrose de la table interne peut coexister avec une maladie de rencepiiale ou de ses membranes. Il n'est pas rare au reste de voir lalltction passer de la table interne.! l'exierne , et vice versa. Lors(|ue le mal (b-bule par la table externe , les parties molles el l'os sont simultanément affectes Il survient iine tumeur du genre de celles (pfnn noinme pcriostoses.qui est peu douloureuse , adberente , pâteuse et qui (init par s'abicder. On recoiuiait alors la véritable nature de la maladie. Lorscjue, au contraire , l'alTcction se déclare par la table interne , le m.ilade accuse pre><|ue toujours une douleur opiniâtre, ( ircon- •criie , qui persiste pendant long temjis , .tans aucune apparence extérieure de maladie. Le niénie i»lienom»'ne s'(»bserve quelquefois au^jsi dan? la carie superficielle.

A ce premier symptôme de la carie profonde succèdent souvent des vertiges, des convuUions , lassoupissement , la cécité , pbénoménes dependans de la compression du cerveau. Surxient ensuite tine tumeur externe à l'endroit de la douleur, la(pielle finit pars'ouNrir connne dans le cas précèdent. On reconnaît alors (jue le crâne est perfore Celte pe;foration est à bords minces, inégaux, taillés en bizeau aux dépens de la table interne , qui a subi une bien plus grande destruction (jue Texterne.

« La carie du crâne et de la face est le plus ordinairement vénérieinie , cancéreuse ou scrofuleuse. Dans la carie vénérienne on trouve des érosions nombreuses, disséminées dans un grand nombre d'endroits, au front, au sommet de la tête, à l'occiput, aux orbites , aux fosses nasales et jusqu'à la base du crâne. Ces os sont souvent perces de part en part, et toute la tête est comme criblée. Cette carie est ou sini|>le ou accompagnée dostéosclérose ou d'exosiose, mais non d'osteomacie. A l'état frais une membrane blancbe et lardacée sensible, mais non saignante, tapisse l'ulcère de lOs , et s'insinue même dans ses réduits les plus cacbes. La carie cancéreuse du crâne et de la face n'e-l pas au-si disséminée, mais (ixee sur un .^eul |)()int, (pj'elle détruit dans une grande éiendue. Ses bords sont boursoulles et connne renverses : d'autres fois ils sont couverts d'osteopbytes licbenoïdes; ce «pii rend la surface des os très raboteuse , même à une certaine distance de la carie. A l'elat frais la partie cariée est couverte de végétations fongueuses et de mamelons mous, blafards, peu sensibles, et (jui au jiioindre attoucbemenl fournissent un sang lliiideen dessous. La carie .scrofuleuse est caractérisée par des solutions de continuité arrondies, profondes, sans a>«peiiles ni végétations o.sseuses, soit au fond, soit aux environs de l'ulcère; par labsence d'inllaimiiaiion , et {lar la sécrétion , non d'un pus sanieux, mais d'une matière pullacée, renfermant des (tarcelles de substance tuberculeuse De nombreuses glandes lympbatiques de la tête el du co.i, engorgées ou ulcérées, en (ompiètent le diagnostic.» (Lobstein , ^twit pdth. , t. ii , p. 177.)

Du pus s'ccuulc en abondance par ces

CnANE.

ouvertures. Si la lésion a lieu vers l'apophyse masloïdc il n'est pas rare de voir un ccoiil<'m«Mit piirifonne avoir lieu i)ar le conduit audiiil'. La maladie fait d(!s progrès intérieurement ; des symptômes de méningite aiguë viennent souvent mettre fin à la vie du malade, {f^. OTOuuuÉf:

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