‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 54 sur 117 · TREMENS · texte numérisé non relu

TREMENS

bien éloignés des premiers , n'ont de commun avec eux qu'une identité d'origine, l'abus des liqueurs spiritueuses ; ils s'en éloignent par un ensemble de caractères qui établit entre eux une ligne de démarcation bien tranchée : on dirait une phase nouvelle de l'empoisonnement alcoolique. » ( Thèse citée, p. 9.) N'est-ce pas là ce que les auteurs ont distingué sous le nom de delirium tremens aigu et de delirium tremens chronique?

Nous avons rapporté ce passage tout entier, parce que les considérations qu'il renferme dominent la pathogénie des maladies par intoxication alcoolique. Il est évident , en effet, qu'il ne saurait être permis de confondre le delirium tremens avec l'ivresse elle-même. L ivTesse a toujours une durée limitée ; le délire qu elle provoque ne se prolonge pa" au delà de quelques heures. Du moment qiie des accidents déterminés persistent pendant plusieurs jours, lors même qu'ils succèdent à un excès alcoolique , on doit les considérer comme résultant, non pas de cette action toxique essentiellement passagère qui appartient à l'ivresse, mais de cette action toxique continue que détermine le delirium tremens ou folie des ivrognes , sous forme aiguë ou chronique. MM. Monneret et Fleury font remarquer, à ce sujet, que les auteurs mettent au nombre des symptômes du début , des phénomènes morbides qui dépendent évidemment de l'état d'iwesse plus ou moins habituel des sujets , et qui n'appartient })as en propre à la maladie. (Compendium de méd. prat., t. III, p. 3.)

Le début de la maladie est tantôt soudain et tantôt graduel. Dans ce dernier cas, des troubles do l'appareil digestif se mêlent à ceux du système nerveux ; il y a anorexie absolue, dégoût pour les aliments, des rapports nidoreux , des nausées , la langue est blanche , la soif vivo ; à cela se joint de 1 insomnie , de l'agitation , de la céphalalgie souvent.

Enfin, le délire éclate : il est, en général , très violent , loquace , quelquefois furieux ; il a quelquefois pour sujet les occupations habituelles du malade, d'autres fois il tourne autour d'ime idée dominante, le plus souvent il a rapport aux hallucinations qui tourmentent le malade. On peut établir, d une manière générale , qu'à 1 inverse de

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