ANCE
susceptible de contraction , tandis que la portion de l'utérus qui lui correspond se resserre; les deux surfaces, jusque-là exactement juxtaposées, glissent lune sur l'autre ; le tissu fin et délicat qui les unit est tiraillé , il se rompt , et le placenta détaché tombe sur le col de l'utérus. La sensation que sa présence en ce lieu détermine excite des contractions plus énergiques (jui se manifestent par la dureté et la forme globuleuse que prend l'utérus , et par des douleurs analogues à celles de l'accouchement , mais plus faibles , et proportionnées à la résistance qu'éprouve le corps contenu dans la cavité utérine. Le col de l'utérus , déjà plus ou moins revenu sur lui-môme , se dilate de nouveau pour livrer passage au placenta ; celui-ci descend dans le vagin, pèse sur la partie inférieure du rectum. Le sentiment qui en résulte engago la femme à contracter le diaphragme et les muscles des i)arois abdominales : les viscères de l'abdomen , comprimés de toutes parts, pressent sur la matrice , qui pousse au-devant d'elle le j)lacenta, et le chasse hors de la vulve. La délivrance est alors terminée. » (Dubois , loc. cit.)
Le mécanisme du décollement offre quekjues différences selon le point où le ])lacenta est implanté. Fixée au fond de l'utérus, la masse se replie sur sa face fœtale, au moment où cet organe revient sur lui-même ; ordinairement alors le décollement commence par le centre , il se forme dans ce point une cavité lenticulaire dans laquelle s'amasse le sang qui , juni à pe , augmentant en (piantité , achève de détacher la circonférence ; le placenta tombe alors sur l'oriticf; du col , l'œuf se retourne ainsi (•omi)létement , de manière à offrir sa face fœtale à l'orifice du col utérin , tandis (pie sa face utérine forme la paroi dune cavité dans lacpielle le sang s'accumule, et finit par se coaguler.
L'im()lantation a-t-elle lieu sur les i)arois du corps de la matrice , le décollement commence encore par le centre, mais il se pro[)age peu à i)eu vers les bords , et surtout vers le bord supérieur. Dans ce cas, le renversement du placenta a lieu comme dans le cas précédent ; si , au contraire , le décollement se propage vers le lx)rd inférieur, c'est cette partie qui se propage à la vulve, en se roulant sur elle-
DÉLIVRANCE
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même. Les membranes sont alors plus exposées à se déchirer, et le sang, n'étant pas retenu , coule par la vulve à chaque contraction utérine.
2° Délivrance dans Vavortement. « Les phénomènes de la délivrance dans l'avorteraent varient suivant l'époque de la grossesse où l'expulsion prématurée survient.
Au temps où le produit de la conception est encore ovulaire , la sortie des memhranes de Tœuf ne prend pas ordinairement de nom , car elle se confond avec l'expulsion des rudimens du fœtus, et s'opère en même temps. Ce n'est que dans Tavortement embryonaire que l'expulsion du nouvel être se dislingue de celle de ses annexes. Le plus souvent le décollement partjel ou total du placenta précède la sortie de l'embryon. La prédominance de développement que cet organe a acquise sur le fœtus à cette époque nous rend raison de ce décollement prématuré ; car les contractions ne peuvent se montrer qu'en portant toute leur action sur lui. Ajoutons que les causes de l'avortement , dans la plupart des cas , agissent primitivement sur la masse placentaire. L'expulsion du délivre, lorsqu'elle n'a pas eu lieu en même temps que celle de l'embryon , réclame plus de temps pour s'accomplir-, le peu de dilatation de l'orifice utérin, nécessaire au passage de l'embryon, nous explique les nouveaux efforts auxquels la matrice se livre pour la sortie du placenta et des membranes. Le plus souvent , ce dernier organe s'engage à travers le col utérin par un point de son disque en se roulant sur lui-même, aussi le travail est-il presque toujours précédé ou accompagné d'une effusion de sang , phénomène qui n'aurait pas lieu si les choses se passaient comme dans la délivrance d'un accouchement légitime. A son expulsion, il s'offre sous la forme cylindrique, et est disposé de telle sorte, que la face utérine est externe et que la face fœtale simule une petite cavité recouverte dune membrane séreuse. Cet arrangement se remarque princi[)alement, lorsque le placenta a séjourne pendant quel(|ue temps à travers l'orifice utérin. >» Dans ravoitemenl fœtal, la délivrance [)artage finehines uns des carac irres que nous venons de décrire , pour les ]>crdre à mesure que la grossesse s'est
avancée vers le septième mois. A cette dernière période, la délivrance se fait comme dans l'accouchement légitime , mais avec moins de régularité. Les contractions utérines ont plus de peine à détruire les adhérences solides d'un organe qui n'est pas parvenu à sa maturité. » (Guillemot, loc. cit.^ p. o65.)
La longueur de l'espace de temps qui s'écoule entre l'accouchement et la délivrance varie entre quelques minutes et un quart d'heure , elle peut même se faire attendre quelques heures et plus. Presque toujours la délivrance peut être abandonnée aux seules forces de la nature sans danger pour les femmes. (P. Dubois.) Cependant , long-temps les accoucheurs ont été divisés en deux partis, les uns voulant que l'on procédât de suite à la délivrance , les autres que l'on attendît , dans les cas réguliers, le décollement du placenta. Celte dernière opinion a prévalu, seulement on conseille, une fois que le placenta est détaché , de favoriser sa sortie pour épargner à la femme quelques douleurs d'expulsion et des inquiétudes.
Dans ce but, dès qu'on est averti du décollement du placenta par quelques légères douleurs lombaires et par une saillie de la grosseur de la tête d'un fœtus que l'on sent à travers les parois de l'abdomen à la région hypogastrique, on saisit le cordon ombilical , puis on le tire doucement pour l'amener au dehors ; dès qu'on éprouve une légère résistance, on le saisit solidement le plus près possible du vagin, ou bien on l'entortille deux ou trois fois autour des doigts, ou bien encore on l'entoure d'un linge sec et on le saisit à pleines mains. Alors on exerce une traction douce et continue , d'abord en ligne directe , puis en le portant alternativement de gauche à droite. Enfin, pour diriger la traction selon l'axe de l'utérus , on porte les doigts indicateur et médius reunis dans le vagin jus^pi'à l'orifice de Tuterus , on forme ainsi une poulie de renvoi sur laquelle on fait glisser le cordon. A mesure (pie le f)lacenta descend vers le vaj^in, on ahaisse les doigts, et, dés qu'il est descendu dans celle cavité , on |)orte le cordon un peu en avant pour exercer les tractions suivant l'axe de ce conduit ; si l'on éprouvait de la résistance, il faudrait attendre
DÉLIVRANCE
jusqu'à ce que le placenta fût entièrement détaché. Dès que le placenta a franclii la \ulve on le saisit avec les deux mains et on le tord plusieurs fois sur lui-même pour réunir les membranes en un seul paquet, et les enlever complètement avec le placenta. (^. Placenta.)
B. Délivrance artificielle. Quelques auteurs l'appellent encore contre-nature. « Il n'est pas possible de préciser les rapports qui doivent exister entre les délivrances naturelles et celles qui réclament l'assistance de l'art. On concevra les difficultés de semblables recherches si Ton réfléchit à la diversité des opinions des accoucheurs sur le moment opportun de la délivrance et aux pratiques variées auxquelles elle a donné lieu. Suivant Smellie, la délivrance artificielle n'a lieu qu'une fois sur 50 accouchemens. Merriman dit qu'elle s'est montrée à lui une fois sur 77 accouchemens dans la pratique des pauvres, et sur 500 dans sa pratique particulière. Dans les relevés de Ramsbolham, la délivrance a été 67 fois difficile sur 8,967 accouchemens . ce qui fait 1 délivrance artificielle sur i'bA accouchemens. Dans le royaume de W urtemberg , il y eut , du 1" juillet 1856 au 1" juillet 1857, 56,419 naissances, et on remarqua 600 cas de délivrance difficile. » (Guillemot, omu. cit.,
Les obstacles qui retardent la délivrance ou même empêchent complètement qu'elle s'effectue par les seuls efforts de la nature sont : 1« linertie de l'utérus ; 2° les adhérences contre nature du placenta ; 5° la contraction spasmodique du col de l'utérus; 4" les vices de conformation du placenta; 5° la faiblesse du cordon ombilical; 6° le chatonneiiient du placenta.
1° Inertie de Vutcrus. Cet état peut se prolonger plusieurs heures et même des jours entiers. « Si pendant ce temps on faisait des tentatives pour extraire le délivre on produirait infailliblement le renversement de l'utérus , «i les adhérences du placenta résistaient, et, dans le cas contraire, une hémorrhagie utérine , accidens rares actuellement, mais communs à l'époque où on ne savait pas suivre une sage expectalion. 11 faut donc attendre que l'utérus reprenne son énergie, l'y exciter en faisant de douces frictions sur la paroi
antérieure de l'abdomen, en le massant, pour ainsi dire, légèrement avec l'extrémité des doigts, en donnant à la femme une nourriture capable de soutenir etde relever ses forces. On ne procédera à l'extraction du délivre que quand des signes manifestes feront connaître que l'utérns, en se contractant, a décollé le placenta et préludé à son expulsion. Les stimulans conseillés par les anciens et par quehpies modernes sont inutiles dans la plupart des cas, et dangereux dans un grand nombre, où l'on doit craindre, soit une hémorrhagie, soit une inflammation, comme cela a lieu surtout après un accouchement long et difficile. On ne doit s'écarter de cette circonspection que lorsque les accidens, venant à la traverse, présentent des indications plus pressantes. « (P. Dubois, loc. cit.)
2° Adhérences du placenta. Il peut arriver que le tissu qui réunit le placenta à l'utérus contracte une telle solidité qu'il résiste aux efforts de l'utérus et aux tractions exercées sur le cordon. Cette adhérence se prolonge plus ou moins longtemps jusqu'au moment où la décomposition du placenta la détruit ; en général , elle est la conséquence d'altérations diverses qui seront étudiées dans un autre article. (^. Placknta [maladies du].)
Selon que l'adhérence du placenta se trouve être générale ou partielle , les accidens diffèrent de gravité; si elle est générale, il ne survient pas d'hémorrhagic , mais aussi la décomposition du placenta l)eut doiHier naissance à une phlébite utérine, à une fièvre typhoïde qui entraînent souvent la mort. Lorscjue l'adhérence est partielle , le décollement incomplet est suivi d'une hémorrhagie qui peut se prolonger assez pour avoir des conséquences fort graves pour la santé de la femme. On reconnaîtra cet accident à la persistance des contractions de l'ulerus, et à l'absence de décollement du placenta (jui continuera à faire relief sur la surface de l'utérus et résistera aux tractions exercées sur le cordon.
« Les indications consistent à soutenir les contractions utérines; car, ailleurs, nous ne Irouvciions aucune puissance aussi efficace (\uc celle qu'elles exercent contre l'union trop intime du placenta; l'action de la matrice ne triomphe quel-
DÉLIVRANCE
qiiefois de cet obstacle qu'après plusieurs heures de contractions. L'expectation pourrait éire dangereuse si on n'avait pas soin de prévenir , par la ligature du cordon , rhémorrhagiequi survient quelquefois par les vaisseaux ombilicaux. On a tort de considérer ce danger comme chimérique. Lorsqu'il s'est écoulé un certain laps de temps .«ans que les contractions aient altéré les rapports du placenta et de la matrice , il faut eu venir aux injections d'eau froide par la veine ombilicale dans le placenta. Deux indications se trouveront remplies par rap[)l!cation de ce moyen : celle de changer Tordre des contractions et de les régulariser , et celle de distendre le placenta par l'accumulalion d'un nouveau liquide dans son tissu vasculaire, d'en augmenîer le volume et le poids. Ces effets combinés concourent à rompre les adhérences entre les deux surfaces qui, au même insiant et par l'action du même moyen , changent brusquement de rapports, car Tune s'agrandit par l'expansion de son tissu vasculaire , tandis que l'autre se rétrécit jïar la forte contraction qu'elle éprouve. Après avoir coupé le cordon ombilical au niveau des parties naturelles, et avoirexercé quelques pressions surla vessie pour la vider entièrement du sang qu'elle peut contenir, on injecte dans ce vaisseau, au moyen d'une seringue , de l'eau froide acidulée par du vinaigre, avec une certaine force, pour que ce liquide se répande dans tonte la masse placentaire ; celte injection doit être répétée avec le soin chaque fois de retenir le liquide pendant quelques minutes dans le placenta par une compression faite au cordon. Il est rare (jue l'adhérence résiste à ce moyen. » (Guillemot, lococit.^ p. 0.^3.)
hi cette adhérence persistait et si des convulsions ou une hémorrhagie demandaient l'extrarliou ra[)ide du [)lacerita, il faudrait procéder à cette o[)craiion ; mais , lorsijue ces circonstances inqwhieuses n'existent pas, faut-il agir de incuia? les avis sont partagés sur ce point; plusieurs dissertations ont été pubTu^cs pour et contre; on doit en conclure, dit AL 1*. Dubois, que le séjour du placenta dans l'utérus peut entraîner des suites fàiiheusrs dans (pielques cas , et dans d'autres être sans conséquences funestes. On pourra donc ,
quand on verra que les forces de la nature ne peuvent pas suffire , tenter de faire l'extraction , mais les tentatives devront être dirigées avec beaucoup de prudence ; il vaut mieux abandonner les femmes au hasard incertain des maladies qui peuvent suivre la rétention du placenta que de les exposer aux accidens directs qu'amèneraient des manœuvres forcées qu'il faudrait exercer. [K Placenta [ rétention et résorption du], OEuf humain.)
50 Contraclion spasmodique du col, « Il y a tout lieu de croire, dit 31. P. Dubois, qu'on aura priS pour cet état le resserrement qui s'opère naturellement dans cette partie après la sortie du fœtus, et qui cède aux contractions du corps et du fond, qui tendent à expulser le placenta ; cette erreur devait être fréquente quand on se pressait trop à délivrer les femmes. Quelques accoucheurs n'admettent la possibilité de cette contraction spasmodique que dans les cas où il existe un état général de spasmes et de convulsions. Si cette contraction spasmodique se rencontre hors de ces cas, cela doit être bien rare. Tous les bons praticiens s'accordent à dire que , si quelque cas de ce genre se présentait , on devrait attendre que le spasme cédât à l'action des contractions du fond et du. corps de l'organe , ce qui ne tarderait pas à arriver; et que, s'il survenait quelque accident qui forçât à accélérer la délivrance, on parviendrait facilement à vaincre ce resserrement et à dilater l'orifice avec les doigts.)) {Loco cit., p. 52.)
Le col de l'utérus peut présenter à son orifice interne un état de contraclion particulière, signalé par A. Paré et par Guillemeau, et après eux par Mauriccau. Les Anglais, qui l'ont étudié avec soin dans ces derniers temps , l'ont appelé hour^ glass contraction (contraction en forme de sablier). Des hommes fort habiles avaient confondu cet état avec la contraction du corps de Tutérus lui-même. On reconnaît cet état en appli(iuant la main sur l'hypogastre; on sent la tumeur utérine partagée en deux portions, séparées par une dépression (pii lui donne la figure d'uufî (-alebasse. Par le toucher, on arrive sur le col utérin flasque , allongé , entr'ouvert , et au fond ou sent l'orifice interne resserré, formant un obstacle, On conseille dans ce cas les opia-
DENT
ces , les bains , la saignée dans le cas de pléthore , la dilatation progressive ; on pourrait avoir recours à l'application des préparations de belladone.
4'^ rices de coti formation du placenta. Il est bon de connaître les variétés anatonnques du placenta , afin de ne pas être embarrassé dans les cas où elles se rencontrent y il est rare (ju'elles donnent lieu à des embarras sérieux. (K Placenta.)
o» Faiblesse et rupture du cordon ombilical. La première disposition doit être signalée pour prévenir contre les tractions auxquelles on pourrait se livrer, et qui auraient pour conséquence sa rupture. 11 faut, dans les deux cas, confier à la nature le soin de la délivrance , et , s'il survient des accidens , aller à la recherche du placenta avec la main.
6'^ Cliatonnement du placenta. Les auteurs ont leconnu deux espèces de cliatonnement du placenta, Tun complet, l'autre incomplet ; dans la preuiière espèce , le placenta est emprisonné tout entier ; dans la seconde , la cellule n'emprisonne que les bords. Dans quelques cas signalés par IMM. Velpeau et Osiander, la matrice prend même l'empreinte des cotylédons du placenta ; c'est cette espèce que M. Velpeau appelle chatonnement multilohaire {Tokologie). Cet état consiste donc dans l'application des parois de l'utérus sur le placenta , et dans la contraction qu'elle exerce ainsi sur cet organe. 11 y a en cela une grande analogie avec ce qu'on observe avant la sortie du fœtus; car quel(|uefois, après la sortie des eaux, l'utérus s\ip[)Iique assez exactement sur l'enfani pour en ])rononcer les saillies.
« Le cliatonnement, dit M. Guillemot, a lieu sur toutes les parties de la matrice , mais là où il a été observé le p'us fréquemment, c'est sur les parois antérieure et postérieure et les côtés ; le fond en est très rarement le siège ; ce fait est très facile à concevoir, si Ton songe au mécanisme du décollemcntdu placenta.... En dehors des contractions de la matrice, d'autres causes ])euvent contribuer au (lével(q)pement de cet état pathologique. Des liactions exercées sur le cordon pour procéder à la délivrance, et faites intempestivement , ne permettant pas à la matrice de régulariser fccs conlraciions, slimuleul le viscère sur ,
les points d'insertion du placenta , à une époque où les autres portions de Torgane ne sont pas disposées à entrer en action. Les fibres musculaires ainsi excitées , en étendant leurs contractions sur toute l'étendue du placenta, forment à sa circonférence un cercle qui l'emprisonne. Les effets se trouvent plus facilement reproduits lorsque la matrice a été distendue par la présence de jumeaux ou par l'abondance des eaux de l'amnios. » [Ouv.
cit., p. 570.)
Selon M. Paul Dubois, on reconnaît cet état aux signes suivans. En portant la main sur l'hypogastre, on trouve la matrice contractée et offrant une dépression qui la sépare en deux parties ; en introduisant la main dans l'utérus, on arrive dans une cavité qui ne renferme pas le placenta ; en continuât les recherches, on stiit le cordon jusqu'à un orifice étroit par lequel il pénètre. Si cet état existe sans complications, il faut abandonner le travail à la nature, la continuation des contractions utérines effacera peu à peu cet état; mais s'il existe des accidens, il faut dilater progressivement le collet et aller à la recherche du placenta. Si le cliatonnement n'est que partiel, on introduira le doigt dans le chaton , et en le promenant circulairement , on dégagera les parties étranglées. 11 est presque inutile de dire que, dans ces cas comme dans tous ceux qui exigent que l'on introduise une main dans l'utérus , l'autre main doit être appliquée sur la paroi antérieure de l'abdomen pour aider celle qui est à l'intérieur.
On peut avoir en même temps affaire à quelques complications, ce sont: 1° l'adhérence du placenta ; 2° le renversement d'une partie de la matrice ; 3" l'hémorrhagie.
Quant aux accidens qui peuvent accélérer la délivrance , ce sont l'hémorrhagie (F. Pkrtk), les syncopes, l'éclampsie (^. ce mot). Bornons-nous à dire que le plus souvent ils sont déterminés par la présence du placenta, et qu'ils cessent après la délivrance. (F. Partlrition.)
DEMEl\CI':. {r. aliénation.)
DEX r, DEXTITION. Par le mot de dentition , on désigne l'ensemble des phénomènes physiologiques qui caractérisent lu sortie des dents. On dislingue
DEINÏ.
une première et une deuxième dentition.
lo Première dentition , phétwmènes normaux. A l'époque de la naissance, les dents sont encore enfermées dans les alvéoles et recouvertes par les gencives. Elles sont cependant déjà parfaitement développées, puisque « dès les premiers temps de la vie intra-utérine , au second mois, si l'on examine avec soin les arcades alvéolaires, on y trouve un grand nombre de follicules dentaires, logés dans l'épaisseur des replis membraneux que forme la gencive. » (Blandin, Jnat. du système dentaire, in- 8°, 1856, p. 85.)
Le moment où paraissent les premières dents est très variable , car, si on a vu plus d'une fois des enfans naître avec une ou plusieurs dents, on cite aussi des cas dans lesquels la dentition a été retardée jusqu'au commencement de la deuxième année, et même beaucoup plus tard, comme la onzième année, suivant Dugès {Dict.
de méd. et chir. prat., p. 221), et la vingt et unième, suivant Smellie ( Jcc, t. nr, p. 425). Mais c'est ordinairement du sixième au neuvième mois , ou mieux, du milieu à la fin de la première année, que l'éruption commence.
Quand les dents veulent percer., on voit le bord alvéolaire s'épaissir et se séparer en bosselures de plus en plus saillantes; en même temps l'enlant perd son sommeil, s'agite, se plaint, porte ses doigts à sa bouche, salive abondamment, et éprouve au visage un prurit douloureux (jui se décèle as«ez soiivent par des taches rouges, qu'on nomme vulgairement feux de dents.
Cet état peut durer long-temps , et l'on pf'ut juger que l'éruption n'est pas prochaine encore, quel que soit le volume du bord alvéolaire, tant que l'on voit régner sur *a sijpj'rficie un filet saillant, reste du bord tranchant qui, dans les premiers temps de la vie , reprcsentail seul les gencives. KnOn, la gencive rougit, s'amollit, puis un point blanrhàlre recouvre, sous la forme d'une pellicule ulcérée, l'extrémité de la dent dont la couronne sort ordinairement en deux ou trois jours.
Cette éruption est graduée, et, dans la plupart des cas, les dents sortent deux à deux , à des intervalles plus ou moins éloijrnés. Les deux incisives centrales inférieures, par exemple, eortenl les pre-
mières; deux mois après, environ, paraissent les grandes incisives supérieures. Les incisives latérales suivent le même ordre à une égale distance. Quelques mois plus tard paraissent non pas les canines, comme on l'a long- temps enseigné (F. le mémoire de M. Serres intitulé : Essai sur, etc., ou Nouvelle théorie delà dentition., 1817, in-8o); mais les premières petites molaires d'en bas, puis celles d'en haut; enfin percent les canines, et vers deux ans et demi à trois ans et demi , sortent les deuxièmes petites molaires. Alors est achevée la première dentition, c'esl-à-dire que l'enfant présente vingt dents qu'on nomme dents de lait, infantiles ou temporaires , qui seront par conséquent renouvelées.
Phénomènes morlides. Quoique la sortie des dents soit un phénomène tout-à-fait naturel, on ne peut pourtant se dissimuler qu'elle ne soit, pour certains enfans , la cause prédisposante ou occasionnelle d'un grand nombre de maladies , et ne forme une des périodes orageuses de leur existence. Quelques médecins ont vainement essayé de prouver le contraire, leur dénégation est aussi éloignée de la vérité, que l'opinion de ceux qui, comme Baumes {Trailé de la première dentition^ Paris, 1805, in-8o), ont soutenu que l'existence des enfans était à chaque instant menacée, depuis la formation de la pulpe dentaire jusqu'à l'achèvement complet et la sortie des dents de la deuxième dentition.
Tant qu'ilne survient que les phénomènes presque entièrement locaux que nous avons précédemment énumérés, tout se passe, pour ainsi dire, dans l'ordre naturel, carilestfortpeud'enfansquien soient complètement exempts. Mais l'étatdevientmaîadif du moment où la lièvre est continue , où les digestions se troublent, où le lait est vom' avec facilité et promptement, où il se déclare une diarrhée séreuse, jainiâtre, verdàtre , où enfin, et c'est là l'accident le plus redoutable, des convulsions se manifestent dans un point quelconque de l'économie, et successivement dans i)lusieurs; ce qui forme autant d'alleclions distinctes (pu, bien que nedillcrant pas sensiblemejit de celles dy même nature, se développant dans toute autre circnnslance , méritent cependant un traitement qui pourrait no
DEINT.
pas convenir aillciii's. Examinons-les siicressiveniont.
La fièvre continue est un des effets les plus oiflinaires d'une dentition pénible, mais elle est souvent peu intense et de courte durée. L'inappétence, si lenfant est sevré, en est un sympiùme constant, ainsi que les éruptions anormales qu'on remarque si souvent sur diverses parties du corps des enfans. Dans les cas graves, cette fièvre prend tous les caractères des fièvres calarrliales si souvent fâcheuses ciiez les adultes et dans le cours desquelles toiUes les membranes muqueuses sont envahies à la fois ; elle peut même se compliquer d'ataxle et faire alors courir aux enfans les plus grands dangers.
Comme cette fièvre cesse souvent d'une manière subite, même au milieu de sa plus grande intensité, dès l'instant où les dents se font juin- à travers les gencives, on a nécessairement été porté à croire qu'elle n'était (pie le ré>ulîat delà compression de la pulpe denîaire au Taud de l'alvéole, et à présumer qu'elle devait cesser du moment où. par l'incision de la gencive, on fendrait la barrière (pii s'opimse à la sortie de la dent. Celte opéraîion, (ju'on pratique ordinairement avec la pointe d'une lancette ou d'un bistoini , garnis d'une petite bande jusqu'à deux lignes environ <le leur extrémité, a quelquefois si ptom[)temenl f.iit cesser tous les accidens, qu'on a soiivent le regret de ne pas Tavoir employée ou de Lavoir employée trop tard.
3Iais, d'un autre côte, comme on voit bien souvent aussi des incisions prématurées, non seulement se refermer sans avantage p!)ur l'enfant, mais encore n'avoir d'autre résultat (jue de favoriser la carie des dents à sortir, on a généralement admis enprin- (ipe <« (pi'il faut, avant de la mettre en (cuvrc , être bien sur de limminence de l'érujjtion et de la nécessité de Laccélérer encore. » (Duges, Dict. cil.)
On doit donc le plus souvent se contenter de faire mâcher à l'enfant <|uel(iue corps de médiocre consistance. Quant aux moyens généraux, comme l'enfant ne |)eut pas s»q)porler une grande diète, le lait, l'eau panée , la décoction dorge perlée, les crèmes et les fécules plus ou moins étendues, formeront la base de son alimentation. On ne doit pas négliger non [ilus
les fomentations émollientes et les lavcmens de même nature. Quelquefois même les purgatifs doux, comme Ihuile d'amandes douces, le sirop dit de chicorée , sont utiles pour entretenir la liberté du ventre.
Après la fièvre, le vomissement et la diarrhée sont les accidens les plus fréquens de la dentition. Si le premier n'est pas toujours l'indice d'une gastrite, il prouve du moins une surexcitation assez vive de l'estotnac; a»issi ne peut-il ordinairement être combattu que par la diète, les boissons émulsives , tout au plus légèrement aromatisées avec l'eau de fieurs d'oranger ou de tilleul. Quant à la diarrhée, on la regarde généralement comme favorable , lorsqu'elle est modérée, parce qu'elle procure, disent les uns, une dépletion utile; parce que, disent les autres, elle dissémine l'irritation (b's voies digestives sur une plus grande surface. « îMais quand elle arrive à un degré tel que les alimens et les boissons passent presque sans altération d'un bout du tube digestif à l'autre (lienterie), quand des matières très liquides, vertes ou séreuses, sont fréquemment expulsées, quand surtout le vomissement se joint à cette surabondance des déjections alvines, l'enfant ne tarde pas à s'affaiblir, et peut succomber i)romptement si l on n'arrête cette fâcheuse complication. »
(Dugès, Dict. de mcd. et dechirur. prat.^ art. Di:NTiTiON,t. vi, p. 22B.) Les fomentations sur le ventre, une ou deux sangsues, les lavemens avec le lait, le jaune d'(euf délayé, la fécule, les mucilages et quelquefois un peu de sirop diacode,sont les moyens les plus appropriés à la circonstance.
Le (lux diarrhéique se rencontre quelquefois seul; mais, souvent aussi, le vomissement coïncide avec lui et lui succède promplemeni, de sorie que, dans la plupart des cas, l'une de ces maladies n'est que le premier degré de l'autre. Ces de>ix principaux syin[)l(')mes reunis constituent, aux yeux de 3L (inersant [Dict. de méd., t. VI, art. Dkntitiov,) une maladie particulière , « beaucoup plus commune à la sortie des canines et dès molaires que des dents antérieures, » et que 3L Dugès dit avoir observée plus souvent «< chez les enfans déjà sevrés que chez ceux qui sont encore à la mamelle. » Celte affection de-