‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 67 sur 117 · DOUCHE · texte numérisé non relu

DOUCHE

en aucune manière le développement de ces redoutables phlegmasies , d'ailleurs étrangères à toute espèce d'étranglement. M. Champion a conjuré deux fois les accidens inflammatoires qui surviennent après l'amputation des doigts par l'application de la potasse caustique dans la paume de la main ; mais, quand les cataplasmes ou une forte application de sangsues n'en arrêtent pas les progrés dès le début, il n'y a que de nombreuses et profondes incisions qui en triomphent réellement. Le remède est pénible, sans doute, mais il s'agit de la vie ou de la mort , et tout homme qui s'est trouvé à même d'en apprécier les effets parfois miraculeux n'hésitera pas un instant. » [Loco cit.)

Pour l'amputation de chaque doigt avec son métacarpe , voyez ce dernier mot , et Main.

DOTHINENTÉRIE. ( ^. Fièvre, et Thyphoïde [Fièvre].)

DOUCHE. On appelle douche le courant continu d'une colonne de vapeur ou de liquide plus ou moins volumineuse qui vient frapper une partie quelconque du corps , ou Tune de ses cavités. Ce nom est dérivé du mot italien doccia , avec lequel on a fait le mot lalin moderne ducia.

C'est déjà dire, par conséquent, que les douches sont distinguées en douches aqueuses et en douches de vapeur : les premières, dit M. Rochoux {Dict. deméd., 2' édit., t. X , p. 492), quoique connues et employées depuis une époque assez reculée , ne paraissent pas l'avoir été par les anciens. En elfet, on doit incontesiablement considérer comme ayant trait à nos affûtions le fnv/hvj ^ affuser, qui se trouve dans divers endroits des livres attribués à Hipporrate , et le terme de cataclysmus employé par Cœlius Aurelianijs, bien que (lueUjues auteurs aient cru devoir le traduire par le mol douche.

En voulant imiter le plus possible les douc.hps naturelles, on a composé des appareils disposés à peu près de la manière suivante. Un réservoir donne naissance à un tuyau flexible, ordinairement en cuir, muni d'un robinet à sa partie inférieure, «t terminé [)ar un ajutage auquel s'adapte, selon les besoins, un bout, soit siirq)l(; , soit double , soit en [kjiiumc d'arrosoir. I^a hauteur du réi.ervoir doit varier entre 3

et 12 pieds ; il en est de même pour les dimensions du tuyau, selon la violence que l'on veut imprimer à la colonne de liquide et le volume qu'on veut lui donner.

Selon la direction du tuyau, le courant de liquide affecte des directions différentes ; de là les noms de douches ascendantes, descendantes, obliques., latérales^ en arrosoir, en pluie , etc.

La colonne de liquide employée peut encore être chaude ou froide ; de là deux divisions ; elle peut être chargée de principes médicamenteux , ou encore être formée par des eaux minérales de diverse nature , le plus souvent salines ou sulfureuses.

Pour donner la douche, on place le malade dans une baignoire vide si la douche que l'on administre est tiède, parce qu'elle servira à remplir le bain ; au contraire , si la douche est froide , on met le malade dans un bain tiède que l'on a soin de couvrir, de manière à empêcher l'eau froide de se mélanger avec l'eau du bain.

Les douches de vapeur ont été, dans ces derniers temps, l'objet de plusieurs modifications qui en ont fait généraliser l'usage. Elles exigent cependant , pour leur administration, un appareil fumigaioire complet. Par ce moyen , on peut à volonté diriger un courant de vapeur de volume, de température et de vitesse détermines , chargé ou non de substances médicamenteuses , sur les parties du corps que l'on veut atteindre. On doit la plupart de ces améliorations à M. Rapou.

Action thérapeutique. Les douches de vapeur d'une température très élevée peuvent agir en produisant une véritable cautérisation; à une température plus basse , elles ne donnent lieu qu'à la rubéfaction des tissus. Il en résulte , dit M. Rochoux, des effets particuliers qui, considérés en eux-mêmes, ne sont certainement pas douteux, mais dont l'utilité thérapeutique n'est pas à beaucoup près aussi facile à ap[)récier.

Quant aux douches aqueuses , quelle que soit la température du licpiide , elles [)rodniscnt dans le lieu où elles frappent une dépression (jui est subordonnée à leur violence; en même temps il se forme une surface rouge plus ou moins étendue; on peut dune dire en général qu'elkit uni une

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