DURE-MERE
action stimulante. On a cependant prétendu (pren les prolongeant elles devaient avoir des propriétés sédatives : c'est à l'expérience de prononcer sur ce point.
Les douches sont employées contre une foule d'affections; au premier rang se placent les altérations des fonctions cérébrales que l'on confond sous le nom de folie; on en a fait depuis longues années un moyen de traitement banal contre ces maladies, a dit M. Rochoux, qui pense cependant que , dans beaucoup de cas , elles doivent exposer à des accidens plutôt que produire des effets utiles. Elles constitueraient plutôt un bon moyen de répression , et ce serait là , selon Georget , son plus grand , sinon son seul avantage dans le traitement de la folie. Ce moyen a élé employé plusieurs fois par M. Leuret [Du traitement moral de la folie) , qui dit en avoir obtenu des succès fort remarcpiables. On sait que l'ouvrage de M. Leuret a éprouvé une vive opposition de la part de plusieurs praticiens ; nous citerons seulement M. lîlanclie ( Du danger des rigueurs corporelles dans le traitement de la folie. )
Il est un grand nombre d'autres affections pour le traitement desquelles on emploie les douches , tels sont les engorgemens articulaires dits tumeurs blanches ^ avec ou sans trajets fistuleux ; les rhumatismes chroniques, les fausses ankyloses, la chorée , les douleurs arthritiques , etc. On les a encore dirigées contre les affections chroniques des viscères de Tahdomen. Les maladies de la peau invétérées ont quelquefois été traitées avec succès par le moyen que Bieit mettait assez souvent en pralicjue à l'hôpital Saint-Louis. (Cazenave et Schedel , Traité des maladies de la pcau^ 2* édit.) 11 n'y a pas longtemps, M. Verdier, chiruigien herniaire , a proposé l'emploi des douches froides pour produire la cure radicale des hernies, et il a réussi plusieurs fois par ce moyen. (l\ Yerdier, Traite pratique des hernies, Paris, 1840.) (F. Hernies.) Le même moyen était employé depuis long-temps comme une ressource assez efficace contre la hernie étranglée.
Les douches à faible courant ont encore été mises en usage pour delerger les abcès du perincci la purulence du rectum,
suite d'abcès du foie ouvert dans les intestins (Rochoux) ; les engorgemens blancs du col de l'utérus (Dance, Observât, sur plusieurs cas de guéri sons remarquables, archives générales de médecine , novembre d852, p. 508.) Itard les conseille pour le traitement des maladies des oreilles. (F. Oreilles.) Il en est de même pour les maladies chroniques de la vessie. (F. Vessie.)
Terminons en disant que la douche forme partie d'un traitement médical dont nous ont doté les Allemands, et que M. L. Fleury a fait le premier connaître en France en 1857 [De V Hydrosudopathie , ou système thérapeutique basé sur V action combinée de Veau froide et de Vexcitation de la perspiration cutanée; arch. gén. de wéd. , 5« série , t. m , p. 208.) Cette méthode, alors dans l'enfance , s'est généralisée dans ce pays et a donné dans ces derniers temps naissance à une foule d'ouvrages. IN'ous ne citerons que les suivans, écrits en français: Engel, De Vhydro-thérnple , Paris , 1840 , et liigel , Manuel pratique d'hydrosudopathie.
DRAGO>JNEAU. (F. Pilaire ) DKASriQUES. {r. Purgatifs.) DUODÉNUM. (F. Intestin.) DUIŒ-MÈKE, membrane fibreuse qui sert d'enveloppe à Teiicéphale et à la moelle épinière; elle revêt la face interne de la cavité crânienne et du canal rachidien. Au crâne elle se prolonge au dehors par les différentes ouvertures de cette boîte et s'anastomose ou plutôt s'entrelace avec le tissu du péricràne et du périoste facial. Elle accompagne d'ailleurs les troncs nerveux sous forme de gaîne et constitue à elleseule le périoste de la cavité orbitaire. Aussi les irritations, les phlogoses de ces parties se propagent-elles aisément à la dure-mère.
Les maladies de la dure-mère sont les lésions traumatiques , les tumeurs , les phlogoses , les ulcérations, les abcès et les ossifications.
§ I. LÉSIONS traumatiques. La simple dénudalion, la contusion, les piqûres, les divisions, les déchirures et les ablations partielles, telles sont les lésions traumatiques auxquelles la dure-mère est sujette. On conçoit (jue ces lésions ne peuvent avoir lieiî ordinairement sans que la
cause agisse on môme temps sur l'encéj)liale , sur les os crâniens, ou sur ces deux parties à la fois. Leur étude se rattache par conséquent naturellement à celle des plaies de la tête. (A^. ce mot.)
Nous pouvons dire cependant par anticipation que ces sortes de lésions ne sont graves que par les plilogoses qu'elles entraînent, {r. MÉNINGITE.)
Il est néanmoins une variété de blessure de la dure-mère qui doit nous occuper d'une manière particulière, nous voulons parler des plaies du sinus longitudinal supérieur qui ont été si bien étudiées par Lassus,
Le sinus longitudinal supérieur, placé sous la suture sagittale et le long de la partie moyenne du coronal , a donné lieu au précepte qui rejette l'application du trépan sur celte suture, dans la crainie d'exciter une héinorrliagie considérable et difficile à arrêter , si l'on avait le mailieu r d'ouvrir ce sinus Presque tous les auieurs ont dit que l'ouverture des sinus causerait une hémorrhagie funeste. L'autorité des praticiens et les fausses idées qu'on avait de la naluie des sinus ne contribuèrent pas peu à en faire regarder l'ouverture comme un accident redoutable. On croyait que les sinus avaient des pulsations , et que le sang artériel coulait dans ce genre de vaisseaux. Yésale enseigna le premier que les rameaux de l'artère carotide interne allaient s'ouvrir dans les sinus de la dure mère. (Lib. m , cap. xiv, p. 549.) Cette erreur , répétée pendant long-temps, n'a pas besoin d'être combattue aujourd'hui; on sait que les sinus de la dure mère ne sont que des canaux veiu» ux (]u\ versent le liquide de ce nom dans les jugulaires internes. Us présentent des bridns transversales cjui empêchent leur ph'hilude et leur distension excessives par lesquelles le cerveau aurait pu être comprimé.
JJes expériences faites par Ilaller et répélées par Lassus sur des animaux vivans ont prouvé fjue , lorsqu'on ouvre le sinus longitudinal, le sang veineux qu'il contient s'éroule lentement, m petite »pianiiié et rouMiie en bnvunt ; il s'éeoule plus rapidement durant l'agitaiiou de Tanimal.
Les laits ob-ei\és chrrz Ihounne conlirment ces remarfpiea pratiques. Lor.^^qnc;
dans une fracture du crâne le sinus en question a été ouvert , l'hémorrhagie n'a été que fort légère et s'est arrêtée d'ellemême. En conséquence si, dans l'application du trépan ou à l'occasion d'une blessure quelconque, le même réservoir venait à être blessé , il serait très facile d'en arrêter le sang à l'aide d'une légère compression pratiquée avec un tampon de charpie sèche. Quatre faits ont été rapportés par Lassus à l'appui de cette pratique ; le suivant est des plus remarquables. Une fille âgée de seize ans fut terrassée d'un coup de barre de fer très pesante qu'on lui porta sur la tête ; elle fut conduite sans connaissance à Tiiôpital. La malade avait au sommet de la tête une plaie fort large et une fracture considérable sur la suture sagittale; les pièces fracturées étaient si mobiles et si grandes, qu'il fut aisé de les ôler sans l'aide du trépan. Après leur extraction le sinus longitudinal parut à découvert dans l'étendue de deux pouces au moins, sans lésion et par conséquent sans hémorrhagie. Cette fille fut saignée deux fois dans les trois premiers jours. On essaya en vain de l'évacuer, quoiqu'on s'y prît de toutes les manières ; elle resta toujours dans une insensibilité parfaite et absolue. Le cinquième jour, comme elle était encore dans le même état et qu'il paraissait que l'art ne pouvait plus rien dans un cas semblable par l'administration des secours connus, Pott se détermina à ouvrir avec «me lancette le sinus longitudinal; il en laissa couler le sang jusqu'à ce que le visage de la malade, (jui était haut en couleur , devînt pâle , et que le pouls, qui était Tort et plein, devînt faible; en un mot jusipi'à ce que la malade parût tomber en syncope. Ensuite on appliqua un peu de charpie sur l'ouverture du sinus (ju'il lit contenir parle doigt d'un aide; le sang s'arrêta ; augmentation de la fièvre, délire , convulsion , mort ledixse[)tième jour. A Touverlure du crâne on trouva beaucoup de pus sur la surface du cerveau , à côté du procès falciforme de la dure mère.
On voit dans ce fait comme dans les autres analogiies, que l'ouverture du siiuis Iruigiliiduial n'a rien olIVrt de gr.ive pai* elle-mèitie, et (pie les symplomt-s (pii ont enlevé la iruilade sont précisément ceux
qui dépendent de la rêaclion inflammatoire {Mrm. deV/icad. de chir.^ t. m, p. 197, édit. de Yl^ncyclop. des se. méd. 1857.)
§ II. Tumeurs. ^. Fongus. On appelle ainsi une production anormale qui se développe ordinairement à la surface de la dure-mère, attaque et détiuit peu à peu les os du crâne et forme une liunenr audessous des parties molles de la tète. Le plus souvent cette tunieurne fait irruption au dehors que par un point qiielconciue de la voûte crânienne : dans quelpies cas cependiint la tumeur marche vers la cavité orbitaire, ex|)ulse le globe oculaire, et vient faire saillie |iar cette ouverture (Travers] ; dans d'autres plus rares elle prend là voie des narines , du pharynx ou de l'oreille, et dans d'antres elle reste bornée à la base du crâne et ne franchit point la cavité de ce nom.
« Cette maladie qui n'a été connue , dit Lassus, que dans ces derniers temps, n'a cependant point échapiié à l'observation des auteurs anciens; mais ils l'ont décrite très im[)arfaitement et sous une fausse dénomination. Ils ont cru (pie c'était une loupe , une tumeur enkystée , natta, talpa , tcstudo , qui peu à peu détruisait le crâne. Ils ont pris la tumeur fongueuse ou sarcomateuse de la dure-mére pour du sang coagulé , pour des chairs de mauvaise (pjalilé semblables à celle^^ qui végètent sur les ulcères avec carie. C'est ainsi (pj'il faut entendre quelques obser valions mal détaillées (pTon trouve dans les écrits de Lanfranc, de Gui de Chauliac , de '1 héodoric et autres écrivains des >:iii' etxiv siècles. Cette fausse doctrine s'est transmise d'âge en àgcjusfpi'au xvni«. Amatus Lusitanus a donné encore le nom de loupe avec carie à une tumeur fongueuse de la dure-mf-re qu'avait un enfant de huit ans qui mourut dans les convulsions deux jours après l'ouverture de cette tumeur. Une autre observation semblable faite sur un enfant et recueillie à Paris par Camerarius, est indiquée sous le litre de singulière excroissance osseuse. tlnfinCattier, médecin de Montpellier, nousa transmis l'histoire de maflame Phelippeau , de Pontchartrain , femme du premier président de la chambre des comp'es, morte dune tumeur fongueuse de la dure -mère,
qui causait des douleurs si aiguës qu'elles arrachaient des cris à la malade. Pimprenelle , célèbre chirurgien de Paris, était d'avis qu'on appliquât le trépan; le chirurgien de la malade s'y opposa (i658).
Cette dame étant morte , on trouva sur la dure-mère un fongus avec perforation du crâne , ce que l'auteur désigne sous le nom de substance dure, pierreuse, formant des pointes et des aspérités » {Pathol. chir., t. I, p. 497.)
L'historique véritable de cet te affection ne commence que depuis le beau mémoire que Louis a publié parmi ceux de l'Académie de chiriu'gie. Cet auteur cependant a compris sous le nom de fongus des tumeurs de nature dirterente qu'il importe de distinguer aujourd'hui. Les modernes ont observé que 'es tumeurs décrites par Louis sous le nom de fongus de la dtire-mère étaient, les unes fibreuses,les autres hématiques, d'autres de simples végétations phlegmasiques, d'autres enfin de vérital)les cancers squirrheux ou encé|)haloïdes. Ces dernières méritent seules à la rigueur le nom de fongus. Laissons parler M. Yelpeau.
« Les dégénérescences de la dure-mère se montrent presque toujours, dit-il, sous forme de tumeurs. Ces tumeurs englobées, depuis Louis, sous le titre de tumeur»
fongueuses n'en sont pas moins de natures assez diverses; on leur a de plus associé un certain nombre de corps tout-à faitindépendans de la dure-Fuère. L'alfection dont parle Hebreard [Bullet.de la FacuL^ t vj était une espèce de kyste plein de matière pultacée , logé dans le lobe moyen gauche du cerveau , et qui n'avait envahi la dure-mère que secondairement. C'est ainsi encore que certains exemples relatés par Aberneihy [Surg. obs. , vol. ii,p.51, 54) semblent appartenir aux dégénérescences du cerveau plutôt qu'à celles de la dure- mère.
» Q)uoi(prelles soient rares, les masses purement fibreuses se remarquent cependant quehpiefois au crâne. M. Senn (Lspino^a, /V/f^c, 1825) parait en avoir rencontre un exemple. Dans celui qui fut présenté à l'Académie de médecine en 1825 [irchio. gcn de méd. , t. xnr , p. 121) la tumeur olfrait le volume d'un œuf, occupait la base du crâne en arrière et à
droite, avait déprimé les lobes encéphaliques correspondans, et ne s'était révélée par aucun symptôme pendant la vie. Gomme ces tumeurs semblent ne s'être encore manifestées qu'à la face externe de la duremère , il eût été intéressant de savoir si les prorluciions fibreuses observées par M. del Greco [Jrcli., xxiii, 452) dans la fente ptérygo-maxillaire ou les fosses nasales , et par M. Rayer, dans la fosse zygomatique, sur une femme morte en décembre 1834, ne pourraient pas être classées dans cette catégorie,
» Le sang qui s'épanche dans le diploé , entre la dure-mère et les os, entre la dure-mère et le cerveau, ou dans les couches les plus superficielles du cerveau luimême , peut subir là diverses sortes de dégénérescences , et revêtir la forme de tumeurs qu'on pourrait appeler hématiques. Quelques faits rapportés par Abernethy viennent à l'appui de cette supposition. Chez un homme âgé de quarante ans, qui avait été frappé violemment par une pierre , et qui eut par la suite une espèce de hernie cérébrale, la tumeur fut trouvée semblable à du sang coagulé. (Abernethy, /. c.) Le même auteur parle d'un charpentier qu'on trépana pour un enfoncement au pariétal , qui eui une sorte de hernie cérébrale le douzième jour de ropéralion, et chez lequel la tumeur parut également formée par du sang épanché dans la substance cérébrale. Abernethy en conclut d'ailleurs que ce qu'on a décrit sous le nom de hernie cérébrale est quelquefois formé par du sang, et qu'il en est de même de certaines tumeurs fongueuses de la dure mère. Un fongus développé dans le tibia, et (|u'il compare aussi a du sang coagulé, puis ce (|ue j'ai dit des contusions et ce que j'ai souvent observé depuis, ne laissent pasrpje de fortifier cette manière de voir. On expliquerait ainsi l'apparition de tumeurs difficiles à ran;-'er parmi les cancers, et dont l'origine semble réelk'fnentse rattacher à une violence extérieure.
«' Les plaies de la tête, les fractures du crAne , la trépanation , ont été pltisifurs foin suivies (le fongosiiès ou de végétations %\\t la dure-mère, et de manière (pie i^ouis, eu particulier, a pu confondre ces produc-