‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 85 sur 117 · EAUX SALINES THERMALES · texte numérisé non relu

EAUX SALINES THERMALES

Balaruc (département de Tllérault).

r,ourg à 5;4 de lieue de Frontignan, 1 lieue '1;2 de Cette, et 4 de Moiiti)fîirK'r. il existe à Balaruc un établissement thorinal qui présente toute sorte de rommodilés et d'agrément. La première saison <les eaux ouvre le l"niai, et la seconde le i" septembre. La routiime est de prendre les eaux pendant dix jours.

Source. Elle est située dans une plaine, près de l'étang salé de Thau qui communique avec la Méditerranée.

Propriétés physiques. L'eau de Balaruc est hmpide, a une odeur qui tient un peu de celle de la mer; sa saveur est salée, mêlée d'amertume ; sa surface est couverte d'une grande quantité de bulles , et présente une espèce de pellicule qui ressemble assez à des gouttes d'huile, lorsque l'eau est restée quelque temps sans être agitée. Sa pesanteur spécifique est de 1,025; sa température est ordinairement de 47» à SO» centig., et est très propre à faire éclore les œufs.

Analyse chimique. M. Balard a constaté récemment la présence du brome dans l'eau de Balaruc. Voici l'analyse de M. Brongniart :

Eau (1 litre).

Acide carbonique , quant, indét.

Chlorure de sodium , 6,250

— magnésium, 1,400

— calcium , 0,610 Carbonate de chaux , 0,570

— magnésie , 0,040 Sulfate de chaux , 0,380 Fer, »

Perte , »

9,230 Propriétés médicales. Prises en boisson à la dose de quelques verres , les eaux de Balaruc ne produisent aucun effet fâcheux sur une personne en bonne santé : dans l'état de maladie elles donnent du ressort à l'estomac , font cesser les symptômes qui sont le résultat bilieux ou muqueux des premières voies ; à la dose de 2 ou 5 litres par jour , elles deviennent purgatives. Employées en bain à la température de 53" centigr. , elles fortifient l'action musculaire , mais au-dess!is de cette température elles a(T,élèrent le pouls , causent de la céphalalgie. Les bains associés aux douches provoquent d'abondantes sueurs qui semblent allaiblir les malades , mais qui |)lus tard ont des effets salutaires chez les individus d'un tempérament Iymphati([ue.

I,(!s eaux (hî l>;ilarnc conviennent dans toutes les maladies (pii reconnaissent pour cause le relâchement et l'alonie des lissus. Ellew sont particulièrement frcquenlees

EAUX

par les paralytiques , même par cent dont la maladie est due à une altération cérébrale. Cependant Leroy , Fouquct, Baumes, Delpech et IM. Lallemand ont remarqué qu'à l'amélioration qu'elles produisent d'abord, succède presque toujours une nouvelle attaque d'apoplexie.

Ces eaux conviennent dans les affections scrofuleuses , les embarras bilieux ou muqueux de l'appareil digestif , les engorgemens des viscères du bas-ventre, les fièvres intermittentes rebelles , les rhumatismes chroniques , la sciatique , la raideur, l'engorgement des articulations , la contracture et la débilité des membres qui se remarquent à la suite des fractures, des luxations , des entorses. Les injections dans l'oreille ont réussi quelquefois à dissiper la surdité résultant d'une otite catarrhale.

Les personnes prédisposéesà l'apoplexie, à l'épilepsie et aux hémorrhagies doivent s'abstenir de rcm[)loi des eaux qui nous occupent : elles sont nuisibles dans les cas d'hystérie , d'hypochoudrie , dans les affections de la poitrine , l'aslhme , dans les irritations des organes digestifs.

Mode (Tadministralion. Les eaux de Balaruc sont employées sous toutes les formes. Comme purgatif on les prend à la dose de 2 à 5 litres par jour, pendant quatre à cinq jours seulement : comme toniques etapéritives, leur dose ne doit pas dépasser 1 litre cha(iue matin.

Les rhumatisans d'une forte constitution peuvent se baigner dans le bassin de la source , ayant soin de n'y rester que quelcpies minutes à cause de la tempi'rature très élevée des eaux. Dès que la face devient rouge et se couvre de sueur , ils doivent en sortir.

Les douches ne doivent durer que quelques minutes, surtout si on les dirige sur la tête. Ou api)lique avec avantage les boues sur les articulations atteintes d'ankylosc incomplète.

Boorbonne-les-Bai.ns (département de la ILiuie-Marne).

Petite ville à 40 lieues de Langres , 20 de Nancy , 10 de Hesanron , 72 de Paris , qui offre toutes les ressources désirables pour le logement et la nourriture , mais

tractions qu'elle est féconde en guérisons. La saison des bains dure depuis le 1" juin jusqu'au 1^^ octobre : la cure est de vingtun jours.

Sources. Elles sont au nombre de trois : 40 la Fontaine de la Place , destinée à la boisson ; 2'^ le Puisard ou Fontaine des Bains civils ; 5° le Bain Patrice.

Propriétés physiques. L'eau de Bourl)onne est incolore, d'une transparence parfaite ; elle n'a point d'odeur appréciable,quoique les bassines exhalent celle de l'hydrogène sulfuré ; sa saveur est amère, fortement salée et nullement nauséabonde ; l'eau paraît d'abord douce et onctueuse , puis elle cause à la peau un peu de rigidité : sa pesanteur spécifique est 1,006. C'est une des eaux minérales les plus riches en principes salins : elle marque 2" 1/2 à l'aréomètre de Baume.

Analyse chimique. L'eau de Bourbonnc a été analysée par plusieurs chimistes : nous ne donnerons ici que les résultais obtenus par Vauquelin etpar]\13L Bastien et Chevallier.

Analyse des boues minérales par Vauquelin.

3Iatières animales cl végétales , Silice, Fer oxyde , Chaux,

3Lngnésie , Alumine , Perte ,

100,00 Analyse des eaux par ]MM. Bastien et Chevallier.

Eau (1 litre).

Bromure alcalin , gr. 0,050

Chlorure de sodium , 6,005

— calcium , 0,740

Carbonate de chaux , 0,287

Sulfate de chaux , 0,783

Perle , 0,135

8,000 Propriétés médicales. Les eaux de Bourbonnc sont très excitantes et doivent être employées avec prudence ; en général elles ne conviennent qu'aux personnes d'un tempérament lymphatiiiue et dans les afTections caractérisées par un certain degré de relâchement , de faiblesse et d'inerqui est autant stérile en agremcns et dis- J ne dans la vitahté des organes : leur efTir

EkVX.

cacité, dit M, Pâtissier, sefa d'autant plus manifeste que les organes soumis à leur action seront moins irrités , et que les malades seront moins irritables.

Ces eaux conviennent dans les paralysies partielles ou générales , y compris celles qui dépendent d'une affection cérébrale ; dans les rhumatismes chroniques musculaire et articulaire , les névralgies , l'arthritis , les nodosités , la goutte atonique , les débilités musculaires , les maladies scrofuleuses , les hydartroses , les tumeurs blanches , le relAchement des ligamens de la matrice , les luxations spontanées , les diastases et entorses , les ankyloses , les accidens , suite de blessures par armes à feu.

Sous rinfluence des eaux de Bourbonne, le système nerveux , les fibro-cartilages acquièrent plus de mollesse ; le tissu osseux lui-même participe aussi à ce ramollissement. (Pâtissier, p. o8ô.) Les fractures , dit M. IMagistel , s'opèrent plus facilement chez les personnes qui prennent les eaux que chez toute autre ; quelquefois le cal des fractures mal réduites subit un nouveau travail ; on est obligé de suspendre le traitement chez les personnes qui se sont fracturées récemment un os, et ce n'est que cinq à six mois après l'accident qu'elles peuvent prendre les eaux.

Il résulte de cela que les eaux de Bourbonne ne conviennent point dans le rachitis ; elles sont également nuisibles dans l'hémoptysie , la phthisie pulmonaire, les anévrismesetdans toutes les maladies qui se rapprochent d'un état plus ou moins aigu , ou qui affectent des individus d'une constitution sanguine ou nerveuse.

Mode d'adniinisiralion. On prend les eaux de Bourbonne en boisson , bains , douches , éluves ; leur sédiment est rarement employé.

Lu boisson , on les prend le matin et jamais dans l'intervalle des repas : la dose moyenne est d'un litre. Prises à la source elles prissent très bien et n'occasionnent ordinairemJint aucun trouble digestif malgré leur température éievi-e. On peut les miliger avec le lait , l'eau de gomme , l'infusion de lilbîul, toutes Irs fois rpie l'on craint dirriter. Ln gènér.il elles déterminent des i)urgatioris. Lu cas de constipation , choëe (pt'il faut craiiidry , ou a re-

cours aux boissons délayantes , aux pilules purgatives , et Ton cesse la boisson thermale si elle persiste. Dans certains cas on associe avec avantage à l'administration des bains une eau minérale ferrugineuse qu'on trouve dans un village voisin de Bourbonne appelé la Jiivière , et qui a une action spéciale sur les reins et la vessie.

Les bains que l'on prend sont des bains entiers, des demi-bains et des bains locaux : il est prudent de commencer par des bains tempérés et de courte durée : la température des bains généraux doit rarement excéder 53° à 36° cent. : la durée moyenne de l'immersion est de quarante minutes.

L'usage des douches est presque général : on en obtient de si bons elfets dans les rhumatismes et accidens, suite de blessures, qu'il n'est pas rare de voirdes militaires qui arrivent à Bourbonne avec des béquilles ou le bras en écharpe , s'en retourner parfaitement guéris.

Les bains de vapeur sont employés également avec succès contre les douleurs rhumatismales. Les boues agissent comme astringent, et, lorsqu'on veut s'en servir dans les maladies des articulations, il faut les mêler à une décoction mucilagineuse.

« Pendant les premiers jours du traitement, la plupart des malades éprouvent de la lassitude , à laquelle succède bientôt une excitation générale. C'est particulièrement dans les huit premiers jours que l'on doit redouter des attaques d'apoplexie, une irritation vers la poitrine , l'estomac, les intestins, suivant les prédispositions des malades. Si ces maladies surviennent, il faut renoncer à l'usage des bains et les combattre par les anti-phlogisliques. Pendant la cure , il se manifeste souvent ijuel- (jues symptômes qui, loin d'être dangereux, annoncent presciue constamment des révulsions salutaires : telles sont une salivation abondante, une expectoration plus ou moins copieuse, des urines épaisses , la diarrhée , des sueurs et des éruptions à la peau. » (Pâtissier, p. 589.) LucQUF.s (Italie).

Grande et belle ville , capitale d'une principauté, située dans une vaste plaine inagnirKjue et très b;rtil(! , à i7 lieues de i'iorence, 4 du l'ib« el b de Livouruv. Les

EAUX

eaux tliermales de Lucqiies jouissent d'uuc grande réputation, surtout en Italie.

Sources. Il y en a plusieurs : 1° la Villa; 2° \a Trastullina ; 5* la Mariée,- -t" la del Fontino; b"* la Douchc-Houge; 6* la Doccione ; 7« la Désespérée ; S» la Coronale ; 9" Saint- Jean; 10° la Bernabo.

Propriétés physiques. Les eaux de Lucques sont limpides et inodores, La saveur de la Yilla est doucereuse , Ic-^'èrement salée.

Leur température est h suivante : la Villa, -410,2; la Trastullina, -40« ; la Mariée, 45o,7; del Fontino, 4Go,7; la Douche- Rouge , 47°, 5; la Doccione, 53o,7 ; la Désespérée, 43°; la Coronale, 45^,7; Saint- Jean , 38o; Bernabo, 45",7.

w^na^î/«ec/umt(7Me.M.Moscheniatrouvé dans les eaux de Lucques de l'acide car- Ijonique , des sulfates de chaux et de magnésie, de l'alun, des chlorures de sodium et de magnésium , du carbonate de chaux et de magnésie, de la silice, une matière extractive , de Talumine , du fer.

Propriétés médicales. Les Italiens recommandent les eaux de Lucques dans toutes les maladies asthéniques, et spécialement contre les scrofules , la chlorose , la leucorrhée , la gastralgie , les eugorgemens des viscères abdominaux , les maladies des voies urinaires , dans le rhumatisme chronique et les ulcères des jambes.

Mode d'administration. On emploie les eaux de Lucques en boisson , bains , douches et étuvcs. Les eaux de la Transtullina sont d'abord administrées pour préparer à la cure , ensuite on passe à Tusage des plus énergiques.

PLOMBii;RES (départ, des Vosges).

Petite ville située à 425 mètres au-dessus du niveau do la mer, à o lieues d'Kpinal , 4 de Luxeuil, 5 de Hains et 103 de Paris, dans une petite vallée. On y trouve plusieurs hôtels bien tenus, la vie animale y est bonne , et, au Bain-lUnal, on a disposé un beau salon de lecture qui sort quohiuefois de salle do bal et do concert.

J)ans les environs de Plombières, on trouve un bois et des promenades charmantes.I/élablissomont thermal est un d^'s plus important de Test de la France : les eaux sont fréquentées depuis le 13 mai jusfju'au d3 oc'ohre.

Sources. Il y en a plusicurf^ , que Ton

distingue en froides et en thermales. Parmi les premières, l'une, ferrugineuse, est appelée source de la Bourdcille; les autres sont savonneuses : trois d'entre elles sont utilisées.

Parmi les sources thermales, les principales sont : celle du bain des Romains, la fontaine du Crucifix, la source de l'Enfer, la source Muller , la source Simon , la source de TÉtuve de Bassompierre , la source du bain des Capucins, celle du bain des Dames.

La source du Crucifix n'est employée qu'en boisson ; les autres sont employées en bains, douches et étuves.

Propriétés physiques. Les eaux de Plombières sont limpides, onctueuses et inodores : elles n'ont point de saveur, excepté la source ferrugineuse ; exposées à 1 air et à la lumière, elles s'altèrent et présentent, au bout de vingt-quatre heures , un goût fade , nauséeux , très désagréable. La température des principales sources est la .suivante : Grand-Bain, 63o,7ê{ cent.; Étuves, 540,40; les Capucins, 52», 30; le Crucifix, 490,30 ; bain des Dames, 52^,50; savonneuse du Grand-Bain, 18° ; du jardin du Bain-Royal, IS»; ferrugineuse Bourdeille, 15".

Analyse chimique. Voici les résultats de l'analyse de Vauquelin.

Eau (1 litre).

Carbonate de soude , gr. 0,4269

— chaux , 0,0287

Sulfate de soude , 0,1338

Chlorure de sodium, 0,0754

Silice , 0,0737

Matière animale , 0,0624

Les eaux dites savonneuses ont, d'après l'analyse de Nicolas, la môme composition que les autres : le principe savonneux qu'elles renferment se trouve également dans les rochers d'où sortent les eaux chaudes. C'est une substance terreuse qui happe à la langue et qui est douce au toucher.

La source ferrugineuse contient du carbonate de fer.

Propriétés médicales. Les eaux de Plombières accélèrent la circulation, ne sont pas laxalives, mais elles agissent particulièrement par les .^^ueurs et les urines. Elles sont utiles dans les maladie» chro-

EAUX

niques du lube digestif, dans les vices de la digestion , tels que les gastralgies , Tanorexie , la dyspepsie , les flatuosités , les vomissemens chroniques, les aigreurs, les renvois nidoreux , les éructations , quelques maladies du foie et de la rate , dans lesquelles les eaux de Yichy seraient trop stimulantes; les engorgemens glanduleux, les lésious de la matrice, la cysiite, surtout celle qui est produite par une rétrocession rhumatismale. Leur efficacité est également grande dans les maladies du système locomoteur et nerveux , dans les rhumatismes musculaires et articulaires^ les ankyloses incomplètes , les névralgies sciatiques et maxillaires, dans diverses paralysies, dans quelques maladies de la peau , la chlorose , etc.

Mode d'administration. Ces eaux sont employées sous toutes les formes : on boit ordinairement Teau thermale du Crucifix ou du bain des Dames à la dose de 2 à 6 verres ; on la mêle quelquefois avec du lait , du petit-lait, du sirop de gomme, de la tisane de chiendent, etc. Refroidie, elle peut cire bue aux repas.

Les bains forment la partie essentielle du traitement : les baigneurs éprouvent quelquefois sur le corps des ét)ulHtio7is qui disparaissent, même en continuant les bains. La durée des bains est d'une à deux heures , et leur température de 33 à 35*^ centigrades.

La durée ordinaire des douches est de cinq à'trente minutes ; on doit autant que possible les combiner aux frictions et au massage.

Les bains de vapeur sont généraux ou partiels; la température des étiives est variable : M. Grosjean fils Ta trouvée de 57 à 61" cent., et de 41 à 45° cent, dans celle du liain-I'oyai.

LuxiaiL (départ, de la Ilaute-Saône),

Jolie petite ville située dans une plaine à 4 lieues de Plombièi es, i'i de Besançon, 6 de Vesoul, 86 de Paris. (Jn y trouve un bel établissement thermal (\\n renrernif: Oo baignoire-; et 0 [)isc,ines, La ville présente plusieurs hùlels et de jolis a|)[)artemens. La nourriture y est bonne et à bon marché; un beau salon de réunion sert à donner plusieurs bals |)ar se.u.iine. L;i saison de» eaux commence le 1" mai et huit le lîJ octobre.

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