TOME III
Sources et halns. Plusieurs sources thermales qui jaillissent au pied d'une colline calcaire sont reçues dans un joli bâtiment entouré de jardins qui contient sept bains, savoir : 1» le bain des Capucins ^ 20 le bain des Cuvettes , 5° la salle du Grand-Bain^ 4° le bain Gradué, 5» le bain des Fleurs, 6» le bain des Dames , 7» le bain des Bénédiciins.
Près de rétablissement thermal , on trouve l^la fontaine Hy(jj.e ou savonneuse, 2" deux sources ferrugineuses.
Propriétés j^J^ysiques. Les eaux de Luxeuil sont limpides, inodores, onctueuses au toucher; elles impriment au goiH un léger sentiment d'astriction. Voici la température des sources d'après M. Molin. Bain des Capucins , 52« cent.
Source du bain des Cuvettes , 46 i"-» Source du Grand-Bain , 55 2« Source id. 56
l's Case du bain Gradué , 50
2« Case id. 52,25
3^ Case id. 55
4'= Case id, 57,50
Bain des Fleurs , 40
Bain des Dames , 46,23
Bain des Bénédictins , 54
Source d'Hygie , 50
1" Source ferrugineuse , 10,50
2' Source id. 17,50
Analyse chimique. L'eau thermale a été analysée par Vauquelin, et l'eau ferrugineuse par M. Longchamp. Voici ces deux analyses.
Eau (1 litre).
Eau thermale saline.
Chlorure de sodium, gr. 0,990
Carbonate de soude , 0,050
— de chaux , mêlé
d'un peu de magnésie, 0,(190
Silic(î, 0,UGO
Matière bitumineuse végé-
tale
quant, indét.
1,170 Source ferrugineuse.
Chlorure de sodiuui , 0,o:)910
Sullale de soude, 0,01250
Carbonate de chaux, 0,10780
Silice, 0,05010
IMatière organique, 0,00i)70
()xyd<! fcrroso-ferriipie , 0,01290
Sidlate de chaux , traces.
Perle, o,00(>90
^& EAUX
Propi'iélc.^ mcdicales. Los eaux de Liixe\;il prises cm l)oisson facilitent la sécrétion des urines , la transpiration , excitent légèrement la membrane muqueuse de l'estomac et activent un peu la circulation. On les administre avec succès dans les affections nerveuses , la gastralgie , les \omissemens opini.'itres sans lésion orgaiiiijue; dans lastérilité, les maladies cutanées avec érctisme, les rhumatismes nerveux ^ les paralysies locales , etc. L'eau de l'IIygie fut très utile en 1719 aux habitans des environs de Luxeuil, tourmentés alors par une dysenterie épidémique : on recommande aussi celte eau dans le crachement de sang. La source ferrugineuse est utilisée dflus la chlorose, les flueurs blanches , la gravclle.
Mode iVadm'misiralion. On emploie les eaux de Luxeuil sous toutes les formes. L'eau des Cuvettes se boit soit pure , soit mêlée avec du lait on avec les sirops de capillaire ou de guimauve.
Le plus ordinairement , on prend les l)ains dans les piscines : les persoimcs des deux sexes , couvertes d'une longue robe en toile grise , s'y rencontrent à la fois sans qu'on observe rien de contraire à la décence.
Les douches et les étuves doivent être cm[)loyécs avec réserve à cause de leur âjncrgie.
WÉuis (département de rAllicr).
Bourg situé dans un vallon cà 80 lieues 4le Taris, 1 de Montluçon, IS de Moulins^ 14 de Clermont. Le climat de Néris est doux, salutaire, et le pays est très agréable. L'établissement thermal est superbe, et la ville ne manque pas d'hôtels où l'on se procure facilement les objets nécessaires à la vie. La saison des bains dîne depuis le 20 mai jusqu'au 15 octobre.
Sources. Il existe à Néris plusiciu-s griffons , mais ils sont tellement rapprochés entre eux que l'on peut dire quil n'y a qu'une seule source.
Propriclis physiques. Les eaux de Né- Tissont limpides et onctueuses : chaudes, elles exhalent une odeur fafle. D'après M. Monthic , leur température est de 51" cent, dans toutes les saisons.
Analyste chimique. ^\. Longcliamp croit ♦lu'il se dégage de Tazot*; de ces eaux. \oici l'analyse de M. Certhier :
Eau (1 litre )i
sels secs, selscrist.
Bi-carl)onatedesoude, 0,57 0,42
Sulfate de soude , 0,57 0,84
Chlorure de sodium , 0,20 0,21 Corbonate de chaux et
de silice , 0,17 0,17
1,11 1^4 En supposant la soude à Télat de carbonate neutre, on a le résultat suivant : Carbonate de soude neutre , 0,20 0,70 Sulfate de soude, 0,57 0,84
Chlorure de sodium , 0,20 0,21
Carbonate de chaux et de silice. 0,17 0,17
1,00 1,92 Robiquet , ayant analysé le gaz qui se dégage des sources , a reconnu que l'azote renferme deux ou trois centièmes d'acide carbonique; que l'air qui se dégage de l'eau de INéris par l'ébullition contient 58 pour 100 d'oxygène.
Propriétés médicales. La renommée des eaux de Néris est très étendue : leurs effets varient suivant la température h laquelle on les administre. En général, elles activent la circulation, augmentent la transpiration ou portent aux urines; elles sont très cflicaces dans les maladies nerveuses , telles que les névralgies, la gastralgie, l'hystérie, la sciatiquc, la catalepsie, dans les raideurs musculaires et articulaires, le rlmmatisme nerveux, la goutte, les hydartroses , la paralysie , les désordres de la menstruation , la leucorrhée , les maladies cutanées avec éréthisme, les conTale?cences à la suite des couches laborieuses.
Les goutteux ne guérissent pas à Néris, mais ils améliorent ordinairement leur santé pour une année , pendant hupielle les accès de goutte manquent ou sont légers. Ces eaux , selon I\L IMontluc , réussissent fort bien dans certaines phlegmasies chroniques des voies digestives et surtout dans les affeclions qui ont été la suite du choléra.
Les eaux de Néris n'ont aucune eflicacifé contre les maladies du foie, les engorgemcns des viscères abdouiinaux et les maladies de la poitrine. Elles sont nuisibles dans les congestions cérébrales et dans les palpitations qui ne .sont point rhuiiiatismales.
EAUX
Mode d'adminîstraiîon. On assure que tous les samedis, en hiver comme en été, les habitans de Néris , même en sanlé , se baignent dans les piscines, et Ton remarque que parmi eux les rhumatismes , les affections nerveuses et les maladies de la peau sont très rares. Dans les cas d'indigestion ou de coliques nerveuses , ils en usent en guise de thé. Ces eaux sont recherchées par les bestiaux; elles cuisent bien les légumes et servent à la préparation du pain et des alimens.
Les eaux du Puits-de-la-Croix sont employées en boisson dans les maladies : on en boit depuis 3 ou 4 verres jusqu'à io ou 20 le matin et dans la journée. Depuis quelques années, on en boit aux repas lorsqu'elles sont refroidies; elles augmentent la transpiration et les urines; la digestion en est facile. Malgré leur grande température , elles ne causent point de douleurs à l'estomac; on peut les couper avec du lait.
Les bains que Ton prend dans les piscines sont toujours réglés à 45° cenlig., et durent depuis six jusqu'à quinze minutes; les bains ordinaires ont une température de 35 à 36o cent. , et durent une heure et plus.
Les douches descendantes ordinaires ont de 10 à 15 pieds d'élévation, 45° cent, de chaleur, et durent un quart d'heure. Les douches chaudes ont 46 à 48^ , et durent cinq à six minutes; les douches tempérées de 35 à 42'> sont courtes et souvent en arrosoir.
Les vapeurs spontanées qui chauffent les étuves n'ont que 40°. Le limon , ou matière végéto-animale, est administrée en frictions et en bains partiels.
« M. Montluc admet trois modes de traitement qu'il emploie suivant les maladies et la constitution des sujets. 1° Le traitement doux est indispensable dans les maladies nerveuses , ou celles qui sont accompagnées d'Une grande irritabilité; il consiste a prendre les eaux en boisson, des bains dune heure à deux heures et même plus long-temps, à 32 ou 35° cent.; rarement des doii(hes,ou bien on les administre faibles et courtes, entre 55 et 42"; 2" les rhumatismes chroniques et les maladies qui affectent des sujets robustes exigent ua traitement [Au* actif; on donne
alors des bains de piscines, des douches prolongées et chaudes à 46», des bains de vapeur, quelquefois des douches dans les étuves, et on applique le limon à haute température. Administrées sous ces formes actives, les eaux de Néris activent la circulation, déterminent des sueurs abondantes, rendent les urines bourbeuses et produisent une excitation générale; 5° enfin, il est des maladies qui, après avoir résisté à ces deux modes de traitement, ne cèdent qu'à une perturbation plus ou moins vive ; ainsi M. Montluc a vu des rhumatismes et des névralgies , rebelles aux moyens ordinaires , s'amender ou guérir au moyen de douches fraîches, administrées dans les étuves, des accès de névralgie s'arrêter au moyen d'afîusions froides. » (Pâtissier, p. 416-17.)
La durée du traitement est ordinairement de vingt-deux jours, quelquefois de trentedeux, chez les femmes surtout, à cause de la suspension des eaux pendant l'époque menstruelle. Suivant les indications , M. JMontluc associe aux bains de Néris, la boisson des eaux de Vichy, de S.-Pardoux ou du Mont-d'Or.
Bâgnères-de-Bigorre ou Bagnères- Adour (dép. des Hautes-Pyrénées).
Jolie petite ville de la vallée de Campan, sur l'Adour, située à 567 mètres au-dessus du niveau de la mer, à 25 lieues de Toulouse, 5 de Baréges, 4 de Tarbes, 212 de Paris. La ville, qui est de 8,000 âmes, peut recevoir 4,000 étrangers et plus; elle est située dans une riante plaine ; les vivres y sont abondans en toute espèce , et on y trouve les agrémens les plus variés. La saison des eaux dure depuis le commencement de juin jusqu'au 15 octobre.
Établissement de bains et sources.
Pour obtenir de l'eau minérale à Bagnères, il suffit de percer verticalement le sol de la plaine : on arrive alors promplement au centre souterrain de l'eau.
Les sources d(; la Heine, du Dauphin ^ de la Fontaine-Nouvelle , du fioc de Lan- ?ie.ç, i\ii Foulon ., de Saint- /loch et des Veux ont été réunies dans un vaste établissement, les thermes de Marie-Thérèse^ remarcjuable par la profusion des beaux marbres des Pyrénées ({ue Ton a employés.
EAUX
Il y a à Bagnères plusieurs établissemens particuliers (lue nous sommes ol)ligés de passer sous silence.
Il existe, de plus, deux sources ferrugineuses, dont Tune est une propriété de la ville et se nomme Fontaine (TAngoulême, l'autre appartient aux dames Can*ère.
A deux lieues de Bagnères existe la source sulfureuse de Labassère , et non loin de là, celle de même nature nommée Fontaine d'Jranon.
Propriétés physiques. Les eaux de Bagnères sont limpides, transparentes et ne s'altèrent pas à Tair; leur saveur est fade, puis légèrement astringente. Celle de Zahasscre est douce et ne i)roduit aucune impression au goût. Les sources ferrugineuses ont un goût métallique , qui est bientôt remplacé par une saveur légèrement styptique et fraîche. En général, ces eaux n'ont point d'odeur, excepté les sources sulfureuses de Pinac et de Lahasscre qui répandent une odeur hépatique.
La température des sources indiquées est la suivante :
Source de la Reine, ^-^^-.^
— du Daiiphin , ^^°-J
— de la Fontaine-Nouvelle, 4i",5
— du Koc de Lannes, 4o«,0
— de Foulon, 35», 0
— des Yeux, ^^"'^ ^7iaZî/5Cc/ii//n"9UC.LasourcedelaBeuie
a donné à l'analyse qu^en ont faite ]MM. Ganderac et Rosière, les résultats sui-
vans :
Eau (i litre.)
Acide carbonique, quant, indét.
Chlor\ire de magnésium, 0,150
> sodium, ^^^^'^
Sulfate de chaux, 1^680
soude,
— magnésie, Sous-carhonatc de chaux,
magnésie,
— fer, Subst. grasse résineuse, Subst. extract, vég., Silice, Perle,
2,7C0 Source sulfureuse de Pinac.
Acide carboni(iue, (quant, indét,
— sulfhydnque , (
Chlorure de magnes.
— sodium.
Sulfate de chaux,
— magnésie , Sous- carbonate de chaux,
— magnésie, Substance grasse résin., Substance extract, végét., Silice, Perte,
Source sulfureuse de labassère.
Acide carboniipie, quant, inapp.
— sulfhydrique, litre 0,062
Chlorure de sodium, 0,206
Ilydro- sulfate de soude, 0,420
Sous-carbonalc de soude, 0,044
IMatièrc végéto-animale, 0,046
Silice, 0,018
Perte, 0,008
0,564 Propriétés médicales. « Bagnères, dit M. Pâtissier, peut être considéré, à raison de ses nombreux établissemens , comme la métropole des cités minérales. La réunion de ses sources salines, sulfureuses et ferrugineuses, offre beaucoup de ressources à la thérapeutique et permet d'y traiter un grand nombre de maladies diverses, principalement celles (pii sont accompagnées d'atonie. C'est à Bagnères-de-Bigorre que doivent se rendre les gens de lettres, les jurisconsultes, les hommes livrés à des fonctions sédentaires, qtii, fatigués par les veilles et les travaux intellectuels , éprouvent des douleurs vagues et des irritations dans les organes du basventre; c>st-là que doivent venir les hypochondriaques, les personnes tourmentées par l'idée du suicide, les femmes hysteri(|ues, celles (jui sont affaiblies par des couches plus ou moins fréquentes, par des flux immodérés ou par des peines morales; les guerriers, couverts d'honorables blessures, qui les font continuellement souffrir, y trouveront toujours du soulagement et (juclqucfois leur guerison. » ( P. 428.) Les eaux salines de Bagnères sont utiles dans les langueurs d'estomac avec perte d'appétit, occasionnées par la présence de matières saburrales , dans la j)lupart des engorgemens du foie, de la rate , du mé-
EAUX
sentère, la jaunisse, les embarras muqueiix des voies urinaires, les liémorrhoïdes dues à une constipalion habituelle, les rhumatismes chroniques , les paralysies et dans les affections chroniques de la peau qui dépendent d'une lésion hépatique.
Ces mêmes eaux sont nuisibles dans le scorbut, les maladies scrofuleuses. D'après M. Sarabeyrouse, elles aggravent les infirmités causées par Texcès des plaisirs vénériens.
La source Foulon , en particulier, a été recommandée pour les maladies de la peau. Plusieurs sources de la ville sont plus douces et moins stimulantes que celles de l'établissement.
La source sulfureuse de Pinac est utile dans les rhumatismes chroniques, les dartres, la gale, les flueurs blanches, les ulcères fistuleux , quelques affections chroniques de la poitrine et dans les maladies vénériennes, pour détruire les accidens du mercure. La source de Labassère convient dans les catarrhes pulmonaires chroniques, l'asthme et dans l'atonie des voies digestives. On coupe cette eau avec du lait chaud ou de Teau d'orge.
Les eaux ferrugineuses sont prescrites dans la débilité de Vestomac et la chlorose. On associe cette boisson aux bains d'eaux de rJagnères.
Mode d'adwinistraliov. Les eaux qui nous occupent sont employées en boisson, bains, douches et fumigitions; on les boit à toutes les sources depuis 1 livre jusqu'à 4, en passant graduellement des plus faibles aux plus fortes. Elles exercent principalement leur action sur le tube digestif; elles sont légèrement purgatives, surtout celles de la Reine et de La- Ijassèrc, et, au défaut d'action on ce sens, on y ajoute quehjuefois un peu de sel neutre. Parfois on boit les eaux ferrugineuses aux repas.
Les bains aident singulièrement l'usage intérieur des eaux ; la plupart des eaux ont besoin d'être refroidies avant d'être dirigées dans les baignoires.
LouESCiiE ou Leuk (Suisse).
Villnge du cari ton du Valais, situé dans un vallon à 4,G(h» pieris au-dessus du niveau de la mer, a 2 lieues i;*2 du bourg de Louesciic, 4 de Sirrre, 7 de bion, 40 de Genève, *iu do lierne.
L'air est vif et pur, la température variable, d'où la nécessité de se pourvoir d'habillemens chauds. La nourriture est saine et abondante, les hôtels petits. La saison des bains commence au mois de juin et dure jusque vers le mois de septembre.
Sources. On utilise les suivantes : 1° la source Saint-Laurent; 2° la Source-d'Or,- 3° les trois sources du Bain des Lépreux; 4° au dehors du village, une source moins considérable alimente un petit bassin.
Il y a à Louesche quatre établissemens de bains , qui sont : 1» le hain Neuf; 2o le bain des Messieurs -, 5° le lain des Zurichois ; 4° le bain des Pauvres.
Propriétés physiques. L'eau de toutes ces sources est parfaitement limpide, inodore et sans saveur. La température des différentes sources est invariable; elle est de olo, 2 centig. à la source Saint-Lau-» rent : elle est de 55 à 57» centig. pour les autres sources.
Jnalyse Chimique. Voici celle que MM.
Brunner et Pagenstecher de Berne ont donnée, après avoir opéré sur l'eau de la source Saiat-Laurent :
Eau (1 litre).
Acide carbonique, Oxygène, Azote, Sulfate de chaux,
— magnésie,
— soude ,
— strontiane , Chlorure de sodium,
— potassium,
— magnésium,
— calcium, Carbonate de chaux,
— magnésium, protoxyde de fer ,
Silice, rsitrate,
lit. 0,009 0,007 0,012 1,2106 0,1842 0,0480 0^0051 O.OOol 0,0021 0,002^ traces.
0,0350 0,0002 0,0022 0,0099 traces.
1 ,:)009 Propriétés médicales. Les trois quarts des baigneurs de Louesche sont alfectés de maladies de la peau, telles (pie dartres, couperose, boutons, rougeiu-s du front, de la face, ainsi que de toutes les alfcclions de nature psorique. Les eaux (jui nf)iis occupent sont ('gaiement utiles dans les scrofules, les engorgemens glanduleux du cou, desi aisselles, surtout du mésentère;
eaux:
dans les tumeurs blanches des articulations, les fistules, les ulcères atoniques et strumeux ; dans l'ozène et le coryza chroniques; dans les engorgemens du foie, de la rate; dans plusieurs cas d'irritation chronique de Testomac , des intestins ; dans les maladies qui surviennent aux époques de la première menstruation, du temps critique, et enfin dans les rhumatismes anciens.
Les eaux de Louesche doivent être interdites aux sujets pléthoriques et disposés à l'apoplexie ; elles sont très nuisibles aux phthisiques , aux névralgiques , aux goutteux, et à Unis ceux qui sont doués (fune excessive sensibilité.
Mode d'administration. Ces eaux sont administrées en boisson, bains et douches. On les boit à la dose de 1 verre jusqu'à 6 ou 8, pures ou coupées avec du lait pendant le bain.
L'eau nécessaire aux bains est conduite le soir dans les bassins , et y reste pendant la nuit pour se relroidir jusqu'à 36 ou 57» centig., parce qu'à une température plus élevée elle produit des maux de tête ; les baigneurs des deux sexes sont réunis, et chacun est enveloppé d'un manteau de llanelle (jui est attaché au-dessus des épaules et qui descend jusqu'aux talons. Dans le bain Neuf, on peut aussi s'y baigner seul.
« La cure est communément de trois semaines. On débute ordinairement par un bain d'une heure ; on augmente tous les jours d'une heure, jusqu'à ce qu'on soit parvenu à cinif ou six heures de bain; ce maximmn di^s heures de bain s'ai)[>cl- Ic haiile baignée; on la continue si rien ne s'y oppose , pendant douze à quatorze jours. On commence alors la dcbaignce^ c'est-à-dire qu'où diminue graduellement la durée des bains. Au bout de huit à dix jours, il survient ce qu'on nomme la;?0M5sée^ qui consiste en une éruption de plaques rouges à la peau , semblables à la rougeole , à la scarlatine ou à l'urticaire. Si cette éruption est abondante et très douloureuse, on suspend les bains pendant quelques jours ; mais le plus ordinairement, elle se dissipe d'elle-même en continuant les bains. Si elle laisse après elle des démangeaisons, on a coutume de les coinballrç pav des ventouses scarificcs
qu'on applique dans un bain, appelé pour cette raison, bain des ventouses. » (Pâtissier, p. 464, 63.)