MER MÉDITERRANÉE
Bergman
3Iarcet
B.Lagrange etVûgel
B. Lagrange etYogel
Laurens
Acide carbonique ; ; . .
litre 0,230
Chlorure de sodium . , .
— magnésium. .
Sulfate de magnésie . . .
— chaux
Carbonate de magnésie
et de chaux
Chlorure de calcium . . .
Sulfate de soude
Potasse. ...... , , .
gr- 52,155
Iode * . . .
quant, ind.'
Propriétés médicales. L'eau de mer employée en boisson est purgative et ne convient qu'aux tempéramens lymphatiques ; un médecin anglais (Bussel) en recommande l'usage dans les engorgemens chroniques du foie , la jaunisse , les scrofules , les obstructions des ganglions du mésentère, la chlorose.
« Mais c'est surtout en bains que l'on fait usage de l'eau de mer. Chez Vliomme sain^ ces bains froids , en absorbant l'excès de chaleur dont le corps peut être l)Ourvu, sont à la fois rafrafchissans et toniquesj ils rendent à l'houime le courage , la force et l'énergie que lui enlèvent les chaleurs accablantes de l'été. C'est ainsi qu'à Marseille, d'après le rapport (I835y (le ^L Robert, pendant les années t,S55 et 1854, dont la sécheresse extraordinaire avait tellement tari les puits et les fontaines de la ville (jue les bains publies manquaient d'eau , la population entière de Marseille se précipitait chaque jour dans la mer pour se ralralehir et rem placer l(!s bain» domestifpjes. D'après celle remarque!, (pie l'on f;iit chacpu! jour dans les lo-
bains de mer , si l'on n'en abuse pas , sont favorables à l'homme sain. Mais pourquoi^ dans l'état de maladie, ces bains doivent-ils être administrés avec précaution pour ne pas être nuisibles ? C'est probablement parce que , dans l'état de santé , ils fortifient également tous les organes, tandis que, dans les maladies chroniques, ils communiquent à l'organe malade une surexcitation qui , modérée , est utile à la guérison , mais qui , trop forte , peut être suivie d'accidens fâcheux. C'est pour no pas pousser trop loin celte excitation (^l'il est essentiel de prendre le bain de mer de coiu'le durée, m (Pâtissier, p. 501.)
Les bains de mer agissent en même temps par la pression qu'exerce à la surface du corps la masse liquide, par la percussion des vagues ou lames , et par les principes salins que contient l'eau de la mer. La vue elle-même de l'Océan [)roduit, chez les personnes de l'intérieur des terres (pii l'obf-erveut ])our la |)remit're fois , une émotion (pii r('a;;it ordinairtunent d'une manière favorable sur le système nerveux et sur vv.Uù (\v, i'inlclligcrue.
caliUt» luariiimci^ , il catcoudtum ([wa ka L^^i dl'eia immediulii des balus d<i mer
EAUX
sont ceux de tous les bains froids , et par conséquent nous renvoyons à rarlicle Bains.
La durée du bain est très importante à déterminer ; les médecins anglais qui le conseillent fréquemment veulent que le st'jour dans l'eau soit de courte diuée, voire même instantané par immersion , et en permettent rarement plus d'un dans la journée. Les médecins allemands, au contraire, font baigner souvent deux fois dans la journée et conseillent d'attendre le second frisson dans l'eau. Eu résumé, la durée du bain, qui doit rarement dépasser lin (|uart d'heure , sera d'ailleurs subordonnée au degré de faiblesse du malade.
C'est ordinairement le malin à jeun que Ton prend le bain; les personnes qui craignent le bain et se réciiaullént avec ])eine peuvent le prendre dans le milieu de la journée. A Boulogue, on a établi des voilures qui prennent les baigneurs à la descente de retal)lissement et les conduisent dans l'eau à la profondeur voulue où ils se trouvent abrites par des tentes.
Au sortir de l'eau, le baigneur frissonne pendant quelques inslans , s'essuie et se fait frictionner les membres. La réaction ne tarde pas alors à s'établir , ])reuve que le bain a bien agi ; si elle tardait à paraître ou manquait entièrement, il faudrait <*n conclure (pie rimmer.-ion a duré trop Jong-temps. Le défaut de réaction expose à des eépbalalgies et ta des i)blegmtisies internes si on continue à prendre les bains.
Après quebjues jours de l'usage des ])ains de nier, les malades éi)rouvent de Li constipation , maigrissent un peu, .se plaignent de démangeaisons, de rougeurs à la peau ; la transpiration devient plus abondante, nne clialeur douce se ré|)aud sur toute l'iiabitude extérieure; il survient à la peau des éruptions semblables à la rougeole ou à la scarlatine, ou des taches de diverses couleurs.
Le bain de mer donne de l'énergie à toutes les fonctions et convient par cela inémc dans beaucoup de maladies chroniques ; ninis il ne doit pas élre trop généralisé. « iNL Leclievrel , dit Alibert, dont 3'ai cite la sage expérience, dit avoir plus d'un exemple de maux rcnd\is incurables par leur usa^o p«u rationnel ou empiri-
que. » {PrécU hist. sur les eaux mintr.y p. 191 )
a Le bain de mer convient spécialement dans les maladies lymi)hatiques et nerveuses, j^ovrai que les malades aient la force suffisante pour réagir contre l'imprcssioji du froid , et que la maladie 7ic soit compliquée d'aucun aymptôme inflammatoire, précepte fort important qu'il ne faut pas négliger. » (Pâtissier, p. 503.) On doit l'interdire aux enfans au-dessous de deux ans, aux vieillards, aux femmes enceintes, aux sujets dans un état de pléthore , dans les cas d'anévrismc interne, et dans toutes les circonstances on le lefoulement du sang à l'intérieur est à craindre. Ils sont nuisibles aux sujets atteints de dartres humides, de gomte aiguë, à ceux dont les rhumatismes ont un caractère un peu mllammatoire , et ta ceux qui sont très sensibles à l'impression du froid.
C'est principalement dans le rachilis que les bons elfets du bain de mer se font sentir, dans les affections scrofuleuses. « Les Anglais les emploient surtout pour combattre les lumeiu's scrofuleuses , dans les engorgemens des ganglions lymphatiques du mésentère, contre la chlorose. » (Alibert, ]). 19U.) Dans ces cas, ils donnent les eaux de la mer à l'intérieur en même temps que les bains. Ce>ix-ci conviennent également dans les ulcères (isluleux, la carie des os et l'ophthalmie scrofuleuses, la langueur qui succède quehpiefois aux couches, dans les déplacemens de l'utérus, les engorgemens chroniques du col de cet organe, les flueurs blanches, la stérilité, l'aménorrhée, la dysménorrhée, la métrorrliagie , lorsque toutes ces all'ections peuvent élre attribuées à un état de faiblesse générale ou locale. Selon M. Gaudet , médecin inspecteur ta I)ie()pc , les bains de mer associés aux alFiisions froides sont le moyen le plus sûr pour guérir les céphalées, les hémicranies, les névralgies de la léle. Us réussissentsouvent dans les gastralgies avec constipation hahituelle, dans les douleurs intestinales avec ou sans diarrhée, dans les affections hystériques , hvpochondria(iues et la chorée. i\L (iaudet admet que la toux non symptomati(pjc d'une alîéction pulmonaire conlirmée doit cesser le plus souvent i)ar l'usage de ces bains j endn, ils peuvent réussir dans cer-
EAUX
taines névroses de la vue, la blennorrhée, les pertes séminriles involontaires, l'atonie de la peau , la faiblesse musculaire , dans quelques rhumatismes , dans les dartres farineuses , les cphélides , les varices des jambes et la faiblesse des articulations qui succède aux entorses, luxations ou fractures.
Mode d'administration. L'eau de la mer , prise à la dose d'un à deux verres pour les adultes , et de deux à trois cuillerées pour les enfans, agit comme purgatif.
En lavement, elle procure presque infailliblement des évacuations alvines.
Les injections et douches vaginales sont employées avec succès dans la leucorrhée, les déplacemens de l'utérus et les engorgemens du col de cet organe sans inflammation aiguë.
Les affusions d'eau de mer sont très ef~ ficaces dans les névralgies de la face ; on les applique souvent pendant que l'on prend le bain de mer chauffé , ou à la lame.
Les bains de mer chauffés sont prescrits toutes les fois que certaines conditions d'âge, de maladie, de susceptibilité, de l'état moral des baigneurs et de l'état atmosphérique , empêchent de recourir aux bains à la température ordinaire. Ils sont administrés à la températiu'e de 31 à 32" cent., que l'on abaisse graduellement jour par jour jusqu'à celle de 25 ou 22° centig.
Les effets des bains de mer ne sont souvent que consécutifs. M. Gaudet a remarqué que les individus qui quittent les établissemens thermaux pour venir se baigner à la mer éprouvent toujours des elFels nuisibles de l'air marin.
L'eau de mer se décompose promptement et s'ahére par le transport.
KaUX minérales Ar.TIf'IClELLES. PIu-
sicurs considérations, qui d'ailleurs sont .secfuidaircs pour nous, ont détcrmiru'! la fabricaiiondes eaux minérales ariificiclh's: les principales se résument dans l'iirqjossibililé daîisla(]Mellese trouvent certains malades de se rendre aux sources mêmes, soit par suite de leurélat, soit par défaut de moyens [técuiiiairrs , et dans la rapidité avec lafpjf'lle ccrlaines eaux perdent quelques-unes de leius propriétés médicamenteuses, ce qui en rend h; tr.in>j)()rt infmclucux , <|uehiuc pr»:caulion (pie Ton pren-
ne. De ce nombre sont principalement les eaux hydro-sulfatées des Pyrénées , celles qui contiennent des matières glaireuses.
L'eau de Plombières , celle de Luxeuil , exhalent bientôt une odeur fétide quand elles sont conservées dans les dépôts ; la même chose arrive, quoique plus tard, aux eaux de Vichy. Les eaux qui contiennent des sulfates et des matières organiques deviennent également fétides par suite de la transformation lente des sulfates en sulfures alcalins, et quelques sources naturelles paraissent même se former par suite d'une sem.blable décomposition : l'eau d'Enghien est de ce nombre.
Les eaux minérales artificielles rendent aujourd'hui d'immenses services à plusieurs égards, et l'on ne saurait plus contester l'utilité de ce nouveau genre d'industrie. Mais on leur a adressé plusieurs reproches qui tendent à leur faire préférer les eaux minérales naturelles : pour la plupart d'entre elles , ces reproches consistent principalement dans le défaut de rintluence salutaire qu'exercent sur les malades les circonstances accessoires, telles que la distraction produite par le voyage , la substitution de l'exercice à une vie de mollesse, la température, la propriété acidulé de certaines eaux, la difficulté dans la fabrication des eaux artificielles d'imiter soigneusement la nature dans ses procédés , le concours d'un air plus sain, etc.
Assurément, plusieurs de ces reproches ont une grande valeur : nous devons dire cependant que plusieurs d'entre eux disparaissent en présence des services que les eaux minérales artificielles rendent auprès des malades, qui, par une cause (pielconque, ne peuvent se rendre aux sources mêmes. INous devons même ajouter (pje les eaux artificielles , étant fabriquées d'après une formiile constante , offrent toujours la même comi)osition; avant;ige que ne réunissent [)oiut les eaux natur(!lles, dont ])lusieurs sont sujettes a varier. Les eaux de Seit/, de Forges, de Si)a , etc., sont de ce nombre , et M. Soubeiran dit même s'être convaincu (ju'il en est ainsi de toutes. (Aoco cit., ]). (>y.) « La [ijus forte objection qu'on ait [)u faire contre la substitution des eaux artificielles aux eaux natuiclles , dit ce mêuwî auteur, c'cbt 1 incertitude où nou« beruns* loujour.-j,