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pour quelques-unes d'entre elles, que l'analyse nous ait fait connaître exactement la nature et la quantité des élémens qui se trouvent dans CCS eaux , et rimpossibililé où nous sommes de reproduire lidclemcnt certains composes qui s'y trouvent. » (P. 70.) En effet, il existe, dans certaines eaux minérales, des matières spéciales produites par un concours de circonstances que nous ne pouvons reproduire de manière à introduire ces matières dans nos eaux artificielles : telles sont principalement les substances désignées sous le nom de résine , bitume , matière extractive huileuse ou azotée , barégine , etc. Elles concourent certainement aux propriétés des eaux minérales, dit M. Soubeiran, soit par ellesmêmes, soit parles combinaisons qu'elles ont contractées avec d'autres principes appartenant à ces eaux. {Notices sur la fa- Iricatioji des eaux minérales arli/icielles,\i.7, Paris, 1840.)
Au demeurant, on peut résumer ainsi la discussion relative aux avantages et aux inconvéniens respectifs des eaux minérales naturelles et artificielles. Les eaux naturelles doivent être préférées toutes les fois qu'elles peuvent être conservées longtemps sans altération : lorsque par l'art on peut atteindre à une imitation parfaite, il devient indilférent d'employer les unes ou les autres; il en est de même, lorsqu'une étude comparative et long-temps continuée des propriétés médicales des deux espèces d'eaux a montre l'identité de leur action sur l'économie.
Les eaux artificielles, au contraire, doivent être préférées dans certains cas :
ainsi , en chargeant d'un grand excès d'acide carbonique les eaux ferrugineuses et les eaux salines, on les rend moins rebutantes , plus digeslives pour les malades , sans alf.iiblir les autres propriétés; ainsi, l'eau de Seltz, chargée d'un excès de gaz, est plus pro[)re, dans bien des cas , à faciliter la digestion que l'eau naturelle qui est à peine acidulé.
i:^! les eaux artificielles , d'ailleurs, telles qu'on les fabrique aujourdhui, ne sont souvent que des imitations grossières de la nature , plusieurs d'entre elles n'en sont pas moins des médicamens nouveaux dont la médecine retire de nombreux bieufîAÏls. teur fabricaliou , envisagée
d'une manière générale , se compose de manipulations spéciales ou de considérations qui s'appliquent au moyen d'introduire dans les eaux une certaine série do corps.
Ue la préparation de Veau gazeuse.
Nous suivrons dans ses j) oints les plus importans la description que M. Soubeiran donne avec beaucoup de détail dans sa Notice sur la fabrication des eatix minérales artificielles^ publiée en i840 (p. 5 et suiv.), relativement à la préparatiou de l'eau gazeuse.
On obtient, par l'action de l'acide sulfurique ou chlorhydrique sur le carbonate de chaux, l'acide carbonicpie que l'on introduit dans les eaux. Il en résulte du sulfate ou du chlorhydrate de chaux , et l'acide carbonique est mis en liberté. Ou emploie le marbre blanc ou la craie : dans le premier cas , c'est à l'acide chlorliydri- (]ue que l'on a recours; on l'étend de son poids d'eau , pour qu'il ne répande plus de vapeurs acides. Son action sur le marbre esl régulière , parce ([ue le marbre qui est cùmi)acte ne se laisse attaquer que peu à peu par l'acide ; mais l'action continue à se produire tant qu'il y a de l'acide libre, parce cpie le chlorhydrate de chaux qui so forme sans cesse, étant un sel très soluble, est dissous à mesure par la liqueur, et livre toujours la surface nue du marbre à l'action de l'acide décomposant. Avec le même carbonate , l'emploi de l'acide sulfuri(jue serait moins bon; il formerait bientôt, à la surface du calcaire, une couche de sulfate de chaux insoluble, (jui mettrait obstacle au contact intime de l'acide avec le carbonate : l'action cesserait, ou ne marcherait qu'avec beaucoup de lenteur.
L'acide chlorhydri(iue et la craie sont rarement employés pour obtenir l'acide carboniiiue ; car le carbonate étant très divisé et le sel qui resuite de sa décomposition étant très soluble , la décomposition s'établirait sur prescjuc tous les points à la fois, le gaz carbonicpie se dégagerait avec > iolence , et le dégagement cesserait presque aussitôt pour reparaître de nouveau tumultueusement lors de l'alfusion d'une nou\elle quantité d'acide. L'opération ne marcherait pas d'une manière régulière.
L'appareil employé pour produire le gai carbonique, au moyeu de Vacide clilor-
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hydrique et du marbre , est le suivant.
Un flacon de 20 à 23 litres à deux tubulures est destiné à recevoir l'acide chlorhydrique : une de ces tubulures reste toujours fermée et ne s'ouvre que lorsque l'acide est consommé et que Ton veut en introduire de nouveau ; l'autre tubulure est munie d\m tube en plomb , bien fixé avec un bouchon , lequel tube se replie sur lui-même , et vient s'adapter à la tubulure d'une bonbonne de grès , où il ne pénètre qu'environ de l'épaisseur d'un bouchon.
La bonbonne en grès a trois tubulures supérieures et une inférieure. On remplit aux trois quarts cette bonbonne avec un marbre cassé par morceaux ; une des tubulures supérieures porte un tube en plomb qui va porter l'acide carbonique en dehors du vase de production : une autre des tubulures supérieures reçoit le tube qui établit la communication avec le flacon : la troisième tubulure supérieure reçoit l'extrémité d'un robinet en verre qui est solidement fixé à une tubulure correspondante du flacon. Suivant que l'on ouvre ou que l'on ferme ce robinet , on établit ou l'on arrête l'écoulement de l'acide sur le marbre. Le tube en plomb qui va du flacon à la bonbonne établit une communication entre l'atmosphère gazeuse des deux vases , de manière à ce que l'augmentation de pression qui s'établit dans la bonbonne par la production du gaz , se fasse également sentir dans le flacon , et qu'elle ne fasse pas obstacle à l'écoulement de Tacide sur le marbre. Une ouverture qui existe à la partie inférieure de la bonbonne sert à vider le chlorure de calcium qui s'est formé.
Quand on emploie, pour produire le gaz acide carbonique , l'acide sulfurifiue , on se sert toujours de la craie ; on pulvérise celle-ci, on la délaie dans l'eau, de manière à en faire une bouillie claire; et Ton y verse par parties l'acide sulfurifpic concentré; on renouvelle les surfaces au moyen d'un agitateur.
Le lavage de l'acide carbonique a pour objfît de débarrasser ce gaz dos portions d'acide étranger qu'il a pu entraîner avec lui. Ce lavage peut se faire de diverses manières ; M. Soubeiran se sert d'un tonneau en bois , étroit (;t profond ; un tube
presque entièrement rempli d'eau. Le gaz à son arrivée est obligé de traverser un diaphragme percé de petits trous , placé au fond du tonneau ; il s'y divise en très petites bulles et présente ainsi beaucoup de surface à l'eau qui doit le débarrasser des acides étrangers. Un autre tube va porter le gaz lavé sous le gazomètre. Le lavage est du reste d'autant plus facile , que l'on a délayé dans une quantité d'eau plus grande la craie destinée à fournir l'acide carbonique.
Le gazomètre se compose d'un grand vase cylindrique en cuivre étamé ou en bois que l'on remplit d'eau , et d'une cloche renversée , en cuivre étamé , qui est tenue en équilibre au moyen d'un tube , et en sort par un autre quand le robinet est ouvert et que la pompe aspirante est mise en jeu.
Quand on a besoin de connaître exac^ tement la quantité du gaz que l'on emploie , la cloche du gazomètre est armée d'une règle graduée , qui fait connaître le nombre des litres de gaz contenus dans le gazomètre , par l'observation prise sur la règle du point qui affleure la surface de l'eau.
Pour introduire l'acide carbonique dans les eaux minérales , l'eau dissolvant un volume égal au sien de ce même acide , on pourrait se contenter de l'en saturer sous la pression ordinaire ; mais, pour la rendre plus mousseuse en la sursaturant de ce même gaz , on fait usage d'appa^ reils de compression.
A cet efl'et deux systèmes sont suivis : dans l'un , une pompe aspirante et foulante va puiser le gaz dans un réservoir ou gazomètre , où il est contenu sous la pression ordinaire , et le refoule dans un appareil fermé ; dans l'autre , l'acide car-i bonifjue n'est pas produit dans un a[)pareil séparé , et la compression se trouve exercée par le gaz lui-même. Les api)areils où l'on produit le gaz éprouvent nécessairement des niodilications , selon (juo l'on opère suivant l'un ou l'autre système.
Quand la compression du gaz doit être exercée par le gaz lui-niéinc! , la disposition des vases dans lesquels l'acide carbonique est produit est liée nécessairement amené le ^ixz jusqu'au fond du tonneau [ aux autres parlicij de ruppdfcil. XI n'en est
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pas de mt^me quand le gaz est préparé à part.
Dans le système où le gaz n'est pas refoulé par lui-niLMue , l'acide carl)oiiu|ue est enlevé au moyen d'une pompe aspirante et foulante qui est mise en jeu par des moyens uK'cauiques diliérens ; le gaz puisé dans le gazomètre , sous la pression ordinaire, estrefouléfortementdans un tonneau épais, en des proportions qui varient avec la nature de l'eau que Ton veut obtenir.
Celte manière de dissoudre le gaz carl)oniqije dans Teaii se rattache à deux procédés dilférens. Dans l'un que, M. Soubeiran propose d'appeler procède de fabrication inlerrowpue ou de Genève , le récipient dans lequel l'eau se charge d'acide carbonique est d'une assez vaste capacité, et, quand tout l'acide carbonique a été introduit, on soutire Teau gazeuse pour recommencer ensuite une nouvelle opération. Dans le second procédé que 1 on peut appeler, dit M. Souboiran , procédé de fabrication continue ou de Bramait , suivant le nom de son inventeur , le ré(M[)ient qui reçoit l'eau et le gaz est d'assez petite dimension ; mais , du moment où une certaine quantité d'eau gazeuse y a été i)réparée , la fabrication continue et marche sans interruption. A mesure (\uo. l'ouvrier retire une partie du l)roduit fabritpié , la pompe refoule dans l'appareil une nouvelle quantité d'eau et de gaz , pour remplacer l'eau gazeuse qui est sortie.
Nous devons nous borner aux quelques notions qui précèdent, concernant la préparation de l'eau gazeuse , renvoyant pour de plus amples détails à la notice de M. Soubeiran.
]/a[)pareil de Hramah a l'avantage de donner des eaux également chargées à toutes les époques de l'opération , et de débiter plus promptcment que celui de Oencve j mais il a le défaut de demander l)eaucoup plus d'habileté pour la mise en l)outeilles , car le système de robinet à double courant ne peut y être adqité , parce que l'eau est lancée dans les bouteilles avec violence et qii'elle perd ainsi une partie de son gaz. 11 est également moins bon pour la fabrication des eaux très chargées de carbonate terreux insoluble, parce qu'un contact i)rolonge des sels
et de l'eau gazeuse est souvent nécessaire alors pour obtenir une dissolution parfaite. 31M. Hoissenot et Dupié pensent que les eaux préparées par Tappareil de Genève retiennent avec plus de ténacité l'acide carbonique , et M. Soubeiran est assez disposé à partager leur opinion.
DE l'introduction DES SELS DANS LES EAUX MINÉRALES.
« La première difficulté qui se présente quand on veut préparer une eau artificielle chargée de matières salines est celle de savoir en quel état les sels existent réellement dans l'eau naturelle que l'on veut reproduire. Ainsi l'analyse lait bien connaître la nature et la quantité des bases et des acides qui se trouvent réunis ; mais nous en sounnes réduits à des hypothèses plus ou moins probables sur la manière dont tous ces élémens sont combinés entre eux. Ne pouvant résoudre cette difficulté , on Ta négligée, et l'on est convenu en (juelque sorte que, lorsqu'on a réuni dans une eau minérale les eléinens que l'analyse y fait trouver , on est arrivé à une imitation suffisamment (idèle. Remartpions que lorsqu'il existe , dans une eau minérale , une base et un acide en quantité prédominante, il ne peut rester aucun doute sur Texistence de la combinaison qu'ils ont formée entre eux.
» Si les sels qui entrent dans une eau minérale sont tous solubles , la fabrication consiste dans une simple dissolution : par exemple, l'eau de Baréges, de Cauterets, l'eau de mer. Si l'eau minérale est en même tc!iq)s acidulé , on prépare la dissolution des sels , on en remplit le tonneau, et l'on charge de gaz acide si l'on opère par la méthode de Genève. On la fait soutirer par la pompe en même temps que le gaz, quand on se sert de l'appareil de IJramah. Si la proportion des sels est peu considérable, on peut encore les dissoudre dans une petite quantité d'eau , les introduire à Tavance dans les bouteilles et achever de remplir celles-ci d'eau gazeuse simple. "Nous citerons l'eau de Seitz, comme pouvant être indifféremment préparée par l'une ou par l'autre niéihode.
>' (^)uand une eau minérale n'a fourni à l'analyse cpie des sels insolubles, ces sels
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ne peuvent être que dos carbonates qui existent dans Tcanà Tétatde bi-carbonates; on imite alors Veau naturelle en faisant dissoudre ces mêmes carbonates dans un excès d'acide carbonique. Il n'existe pas d'eau minérale qui ne contienne que ce genre de sels : mais, comme la manière de reproduire les bi-carbonates reste souvent la même, quand ces carbonates sont mêlés à d'autres sels, nous allons la décrire une fois pour toutes.
» Les carbonates de chaux, de magnésie et de fer se trouvent communément dans les eaux; ils se dissolvent aisément dans un excès d'acide carbonique. Pour peu que la proportion en soit considérable, il faut assurer leur dissolution en les employant à cet état d'extrême division qui résulte de la précipitation chimique. On précipite à froid une dissolution très étendue de sulfate de magnésie purifiée ou de chlorure de calcium pur, par du carbonate de soude; on lave le précipité à plusieurs reprises pour le débarrasser des sels étrangers, et on le fait égoutter sur une toile. Pour apprécier la quantité réelle du carbonate que contient l'espèce de bouillie épaisse que l'on s'est procurée, il faut en prendre une certaine quantité , la sécher et la calciner fortement : 1 partie de produit magnésien représente 2,0.? de carbonate de magnésie et 2,24 de magnésie blanche fhydro-carbonate de magnésie); 1 partie de précipité calcaire qui a été chaude fortement au rouge représente 1,777 de carbonate de chaux.
i' On peut opérer de même pour le carbonate de manganèse , parce qu'il peut être lavé au contact de l'air sans éprouver d'altération. Quant au carbonate de fer, comme il absorbe [)romptement l'oxygène de l'air, et qu'après cette oxydation il ne peut plus se dissoudre dans l'acide carbonique, on le prépare au moment du be.-oin, en introduisant successivement dans les bouteilles une dissolution de sulfate de fer et une dissolution de carbonate de sonde : on se hàtf de remplir avec l'eau gazeuse. La(|uanlité,tonjoiirs!!èsminimedesulfale de sourie, (]ue cette mano'uvre introduit dans les eaux, ne peut rien changer aux effets médicinaux. Pour avoir 1 partie de carbonat»' d«î fer, il faut enqdoycr 2, 4 parties de sulfate de fer cristallisé , et 2, ;$
parties de carbonate de soude également cristallise.
>J1 est presque impossible d'éviter qu'une partie du carbonate de fer ne s'oxygène et ne refuse alors de se dissoudre ; aussi est-il préférable de mettre dans les bouteilles la dissolution du sel de fer soluble, et d'y introduire l'eau gazeuse chargée du carbonate de soude qui doit le décomposer.
wL'ne fois les carbonates o])tenus, on les délaye dans l'eau ; s'ils sont en petite proportion, on les introduit danslesbouteilles, que l'on remplit ensuite d'eau gazeuse; mais , quand ils doivent entrer dans l'eau minérale à ime forte dose , on les délaye dans le tonneau même, l'on charge d'acide carbonique et Ton agile de temps en temps. Comme on peut prolonger davantage le contact de l'eau acidulé et des carbonates, leur dissolution complète est plus assurée. Ici, l'appareil de Genève a une supériorité marquée , il permet de fabriquer une plus grande quantité à la fois,
» Lorsqu'une eau minérale a donné en même temps à l'analyse des sels solubles et des sels insolubles, si l'on peut, par un échange des bases et des acides, tout convertir en sels solubles, on ne manque pas de le faire, pour rendre la préparation plus facile. Par exemple , l'eau de St. -Nectaire contient du carbonate de chaux, du carbonate de magnésie et du carbonate de fer," tous trois insolubles , mais elle contient en même temps du sel marin et du sulfate de soude ; on en profite pour faire un échange entreles selsinsolublesetlessels desoude:
le carbonate de chaux et une partie de sel marin disparaissent pour donner place à du carbonate de soude et à du chlorhydrate de cliaux; le carbonate de magnésie et une quantité proportionnelle de sel marin donnent du clilorliydrate de magnésie et dii carbonate de soude; entin^ de l'échange entre le carbonate de fer et le sulfate de soude, il résulte du sulfate de fer et du carbonate de soude, qui sont tous deux solubles dans l'eau..» (Soubeiran, 7Voa*C(?, etc., p. 55 et suiv.)
H Une formule d'eau artificielle étant donnée, voici la manipulation qu'il faut suivre : avec l'appareil de (Venèvc, on fait des dissolutions séparées de tous les sels (]ui pourraient se décomposer nuiluellement; on introfluit toutes cesdi'^soluliona
eaux;
dans le tonneau, et l'on charge d'aeide carbonique. Les carbonates insolubles qui se forment au moment du mélange des dissolutions sont redissous par le gaz carbonique. Avec l'appareil de Bramah , on fait absorber par la pompe la liqueur trouble qui résulte du mélange des liqueurs salines. Dans l'un et l'autre système, on peut encore mettre dans les bouteilles la dissolution d'une partie des sels , tandis que les autres sont introduits dans le tonneau suivant la méthode ordinaire. Le mélange des substances salines ne se fait alors que dans un liquide sursaturé d'acide carbonique, et il n'apparaît aucun précipité. Avec l'un et l'autre appareil, on peut encore faire des dissolutions concentrées et séparées de chaque genre de sels, les mélanger ensemble et partager le mélange trouble dans les bouteilles que l'on remplit alors d'eau gazeuse simple. Toutes ces manipulations sont également bonnes, et je ne vois d'autres raisons de donner la préférence à la dernière , que le désir de conserver plus long-temps sans altération l'appareil qui est attaqué plus vite par des dissolutions salines que par de l'eau pure. Cependant l'introduction de ces matières dans le tonneau même mérite la préférence, quand les carbonates terreux sont employés en forte proportion.
» Il arrive que la composition des eaux ne permet pas de convertir tous les sels en sels solubles : si la proportion de principes qui manque est faible , on peut l'ajouter sans inconvéniens. C'est ainsi que dans l'eau de Forges il manque du sulfate ou du mnriale de soude , pour changer le carbonate de fer en un sel soluble : on introduit cependant le fer à l'état de sulfate, et l'on ajoute la quantité de carbonate de soude nécessaire pour le décomposer; il en résulte que l'eau renferme un peu de sulfate (le soude qu'elle ne devrait pas contenir, mais en quantité si faible (jue l'on peut facilement n'y pas faire attention.
3> Enfin, lorsque, dans une eau minérale, la proportion des sels insolubles est considérable , il faut les préparer par double décomposition. On les délaye dans la dissolution des sels solubles, ou dans un peu d'eau, et l'on opère ainsi (jue nous l'avons dit précédemment. On peut consulter
comme exemple Veau de Contreisevllle. »
(Soubeiran, Notice citée, p. 40-41.)
INTrxODUCTION DE LA SILICE ET DES MATli:UES ORGANIQUES DANS LES EAUX MINÉRALES.
L'impossibilité de produire les matières organiques qui existent dans certaines eaux minérales naturelles fait que les artificielles n'en contiennent jamais.
Il est difficile d'y introduire la silice , mais on a peu d'intérêt à le faire. Quand les eaux contiennent du carbonate de soude , on peut faire bouillir la silice gélatineuse dans la dissolution du carbonate : elle s'y dissout en proportion plus que suffisante ; mais cette dissolution de silice ne peut être introduite dans les eaux acidulées gazeuses , car la silice en est précipitée par l'ac'de carbonique, de sorte que ce procédé n'est pas applicable aux eaux minérales les plus employées. En faisant bouillir de la silice gélatineuse avec de l'eau, M. Soubeiran a trouvé les résultats suivans :
1 gramme carbonate de soude sec + 1 litre d'eau;
Silice dissoute, 0,62 gramm.;
I gramme carbonate do soude sec + 4 onces d'eau ;
Silice dissoute , 0,218 gramm.