‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 90 sur 117 · EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DES EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

EMPLOI THÉRAPEUTIQUE DES EAUX MINÉRALES ARTIFICIELLES

H résulte de l'article précédent que les propriétés physiques et chimiques des eaux minérales artificielles sont très différentes de celles des eaux naturelles ; leurs propriétés médicales ne peuvent donc être les mêmes. Néanmoins , quoique les eaux artificielles n'aient que des analogies avec les naturelles , elles n'en constituent pas moins une série d'agens médicamenteux très utiles dans beaucoup de cas, et d'autant plus précieux qu'on peut se les procurer facilement.

II nous serait impossible d'entrer ici dans des détails sur chacune des eaux en particulier , et nous nous contenterons , comme M. Guersant, de comparer les propriétés de quelques-unes d'entre elles avec celles des eaux naturelles , afin d'en faire sentir les rapports et les différences.

Eaux minérales acidulés artificielles.

Parmi ces eaux, celles qui sont simplement

EAUX

chargées de gaz acide carbonique , et fini ne contiennent point de substances salines, sont très peu excitantes et paraissent préférables aux eaux acidulés naturelles , vers la fin des gastralgies chroniques et dans les romissemens sans phénomènes phlegmasiques, ordinairement appelés nerveux, et qui dépendent souvent d'une tendance de la membrane muqueuse au ramollissement.

L'eau de Seltz artificielle est moins irritante que les eaux de Seltz naturelles. M. Desportes (Eugène) a vu survenir chez quatre sujets soumis à l'usage de Feau de Seltz artificielle des anxiétés précordiales , des syncopes avec congestion cérébrale et lividité des lèvres, très analogues aux symptômes que présente l'asphyxie par le gaz acide carbonique.

Eaux minérales toniques artificielles.

Ces eaux sont en général préférables aux naturelles, au dire de M. Guersant [Dict. de méd., t. xi, p. 114), car Tart peut mieux doser les quantités du fer qui entre dans leur composition en l'associant à l'eau gazeuse ou non gazeuse. « En effet, dit ce même praticien, on emploie avec beaucoup de succès toutes ces eaux ferrugineuses factices, dans beaucoup de cas où les eaux naturelles mêmes ne pourraient pas convenir.

Eaua^ artificielteg alcalines. « Le soda \vater et les eaux alcalines gazeuses , qui ne diffèrent de l'eau de soude qu'en ce qu'elles contiennent trois fois autant au moins de bi-carbonate de soude , sont un des agcns thérapeuti(jue? les |)!iis puissant, et sont supérieurs pcut-èire dans certains cas à toutes les eaux alcalines naturelles, parce qu'on les modifia, selon les circonstances H la susccpliJjilité des organes gastro-intestinaux, très variables suivant les malades. » ((iuersant , p. 41.j.) Elles suppléent, par conséquent^ avecavantagc aux naturelles dans les cas de gravelle,de pierre dansla vessie, et dccalarrl:e des voies uiinaircs. L'eau ma;^'né4cnne est un produit précieux qui n'a point d'analogue jtarnii les eaux natiirelU's. Onoique cette dissolution soit limpide, elle contient .5 à 4 grains de carbonate dn magnésie par i]2 once. Elle agit à j)f;li!e dose romme absorbant, et à dose plus élfvée de 8 A 10 onces comme pur^'afif.

Eauœ escHtantes salines artificielles.

Ces eaux diffèrent tellement des eaux salines naturelles , quant à la nature de leurs propriétés principales, qu'il est même impossible de tenter un rapprochement à cet égard. Ici , l'art est impuissant pour imiter la nature.

Eaux minérales excitantes hydrosulfureuses artificielles. Ces eaux encore sont au-dessous des naturelles , et leurs effets ne sont pas analogues à ceux que déterminent les eaux naturelles. Il est notoire d'ailleurs que nous ne pouvons imiter la glairine ou la barégine, ni combiner ce principe avec les substances salines de manière à former un tout homogène semblable aux eaux naturelles. Aussi les eaux sulfureuses artificielles sont-elles plus stimulantes; elles dessèchent et irritent beaucoup plus la peau, causent plus d'agitation et d'insomnie , surtout lorsqu'elles sont préparées avec les sulfures alcalins décomposés par des acides. Ceci s'applique également en partie au moins aux eaux sulfureuses iodées et bromées , et aux eaux de la mer, encore plus composées, et qui contiennent beaucoup de substances animales et végétales que nous ne pouvons remplacer.

Cependant , les eaux sulfureuses artificielles, bromées ou iodées , sont des agens médicamenteux dont on peut tirer profit.

Eauxpiirgatii'es Ioniques et excitan^ tes artificielles. TDans beaucoup de cas , ces eaux sont préférables aux naturelles, paice que nous pouvons modifier à plaisir la quantité des principes salins purgatifs. Mais, dans l'impossibilité où nous sommes de faire d'excellentes eaux de Sedlitz , de Piiilna et d'Epsom , nous ne pouvons donner à nos eaux artificielles des propriétés toniques et excitantes en boisson, et surtout en bains, qui vaillent celles des eaux naturelles. L'eau de iialaruc est la seule que nous puissions réellement imiter.

Eaux minérales dont la nature n'offre point de modèles. Nous avons déjà signalé l'eau magnésienne et le soda water ; il nous resterait à mentionner (jueUpies autres eaux , telles rpie l'eau de Seltz goinmé(!, la limonade ^'azeuse, etc., mais ceci s'éloigne déjà trop de notre sujet.

ÉCLAMPSTE.

FXCnYMOSE,s. f., svyuuwc.ç, ecchymosU. On appelle ainsi rexlravasation du sang dans le tissu des organes, produite par la rupture de leurs vaisseaux sanguins ou par une exhalation morbide.

La première variété que nous indiquons ici est le résultat de contusions, de compressions diverses, et elle intéresse principalement le chirurgien; les particularités qui la concernent sont étudiées aux mots Contusions et Plaies. ( /^. ces mots.) Le médecin légiste doit également étudier avec soin cette lésion, qui peut lui fournir do très utiles renseignemens. (/'. Blkssures, Cadavre.)

Quant à la seconde variété, elle sera étudiée en faisant l'histoire des maladies diverses. [F. Scoiibut, Typuus, Peste, Pi'TÉcniES, Tacues.)

KCL.\:\I1»S!E, s. f., ccîampsiaparlu- Ticntium, du grec r/).aa-}t,', lueur des éclairs. « Les convulsions dont les femmes enceintes peuvent être affectées pendant la grossesse, le travail ou les suites de couches, ont été désignées sous le nom d'echnnpne. Il ne faudrait pas croire cependant que tous les mouvemens convulsifs que peut jjrésenter une femme pendant la période puerpérale offrent tous les caractères qui caractérisent léclampsie. » (Cazeaux, Traité pratique des accouchctn., p. 398.) Eu général , les auteurs conservent ce nom aux convulsions générales.

(^. Grossesse [maladies de la].)

Cette maladie est assez rare , car , selon les relevés faits par un grand nombre d'accoucheurs , on i)eut admettre qu'elle existe une fois sur deux cents accouchemcns environ. Elle se montre en général à toutes les epo(iues de Tannée, contrarlictoirement à ro[)inion de madame Lachapollc, qui pense que certaines circonstances atnH)>plieri(iue6 ne sont pas étrangères à sa production.

Éliologlc. On a cité parmi les causes prédisposantes de léclampsie, une conslilulion plethori(|ue caractérisée par la grosseur de la tète, la brièveté du cou, la coloration du visage (Désormeaux, Dict.

de viél., !"• édit. , t. vu, p. 21)0); certaines constitutions atmosphéri(pies encore mal déterminées (marlame Lacliapelle) , une première grossesse ( les sept liuilièmos des cas ont été observés chez

des femmes primipares), une disposition saburrale des premières voies, caractérisée par un état particulier de la langue, la douleur épigastrique qui se montre presque toujours au début de l'accès (Chaussier, Merriman). L'éclampsie a lieu fréquemment vers la fin de la grossesse ; cependant I\L Dauyau père a eu Poccasion de Tobscrvei' chez une jeune lemme arrivée seulement à la sixième semaine de la grossesse, et chez laquelle l'extraction de Tœuf [)ut seule faire cesser les accidens ; à une grossesse suivante et au même terme , Pavortement survint encore, accompagné d'éclainp-ie; mais cette fois les accès persistèrent encore quelque temps après l'avortement. (Cazeaux.) Le radiitisme est souvent lié à la production de l'éclampsie, selon 1\L P. Dubois ; entin , I\I. Ba:idelocque a signalé ( Thé- .«e, 1822) riiabitation des villes, Pusage des vétemens étroits, une nourriture trop succulente, Pusage des spiritueux, la constipation, la rétention d'iu'ine, le coït, la suppression d'un flux habituel, le sommeil trop prolongé, le défaut d'exercice, la fréfiuentationdes bals , des spectacles, la colère , la jalousie , la contrariété , les chagrins. Disons cependant que la cause occasionnelle la plus fréquente est la difficulté du travail de renfantement , de quelque cause qu'elle dépende. Après Paccouchement, elle reconnaît souvent pour motif la rétention du placenta, ou d'un caillot, la suppression des lochies, etc.

Si/mptômcs. Madame Lachapelle a distingué, pour la maladie qui nous occupe, trois ordres de phénomènes ; ce sont les phénomènes précurseurs, ceux qui caractérisent les accès , ceux (jui se montrent dans leurs intervalles. Î\L Baudeloccjue, selon les différences que les symptômes présentent, admet deux variétés de la maladie : 1° (juand la femme offre le retour à la connaissance entre les accès, il dit qu'il y a èpilepsic proprement dite; 2° le nom &cclavipsie s'ai)i)li(pie au contraire aux accès séparés i)ar des intervalles pendant lesquels il existe du coma. Désormeaux, de son coté, n'a voulu voir dans ces deux formes, que deux degrés d'une môme affection.

A. Phénomènes précurseurs. Ordinairement, quelques heures avant raccès,

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