ÉCLAMPSIE
souvent même quelques jours auparavant, les malades se plaignent fie malaise, d'agitation ; elles sont impatientes, éprouvent des douleurs de télé, des nausées les accompagnent, et même souvent des vertiges, des vomissemens et des tintemens d'oreilles. Cette espèce de migraine doit particulièrement fixer l'attention du praticien, le plus souvent elle est localisée dans un seul point du crâne. Plus lard la vue est obscurcie , l'ouïe est moins nette, la figure prend une expression d'hébétude , les traits sont immobiles , la femme répond à peine aux questions qu'on lui adresse. Le pouls est plein, lent et dur, si le sujet est pléthorique; dans d'autres circonstances, il est petit, serré; enfin on a encore noté des frissons, du picotement dans les membres , des sueurs froides.
'( Lorsque l'éclampsie se manifeste pendant le travail, elle est souvent précédée d'une extrême indocilité, d'une vive agitalion , et surtout les contraclions utérines offrent, pendant un temps plus ou moins long, ce caractère particulier d'irrégularité et de continuité qui leur a fait donner le nom de tétanos utérin. » (Cazeaux.)
B. Phénomènes de Vaccès. Le regard devient fixe, il y a un moment d'immobilité générale , les muscles de la f ice sont agités de petits mouvemens très rapides, les traits s'allèrent et grimacent, les paupières clignotent, le globe de l'œil roule en tous sens, et enfin se fixe d'un côté de l'orbite. La pupille est dilaiée et immobile ; les lèvies sont sans cesse eu mouvement, l'une des commissures est entraînée vers le môme côté que les paupières, et ce côté est celui vers lequel doit se pencher la tôle ; la langue sort de la bouche qui bientôt, se refermant convulsivement, la mutile et la déciiire profondément.
L'expression de la figure de la malade est celb; de la face d'un satyre. (Paul Dubois, Pressât, ('azeaux.)
LeK convulsions gagnent les muscles du tronc, et portent snrlout sur les exlen- Heiirs, l(; tronc <'st dans un étal d'exlrnsion contimjelle, Uml le corps est agil(! de petites secousses convulsives; les uiouvcineiiH sont rareuH'nt tn-s éir-ndus, ais^ la position de la mfilade vari(;-t-ell(; fort peu. Souvent on observe , en même leinp^ (pie TOME m.
les convulsions, l'épanchement volontaire des madères fécales, de l'urine, des alimens ou des boissons contenus dans l'estomac. La respiration est bruyante, irrégulière; quelquefois même, selon l'observation de madame Lachapelle , elle est complètement suspendue par la contraction spasmodique du diaphragme et des autres muscles du thorax : il en résulte une espèce d'asphyxie momentanée.
Le pouls est tantôt développé, tantôt petit, la bouche expulse continuellement de l'écume, rintelligence et les fonctions des sens sont abolies , l'insensibilité est comi)lèie.
« La durée de l'accès est très variable, les premiers sont ordinairement les plus courts; ils se prolongent davantage en se multipliant : d'abord de une à deux minutes, ils durent ensuite de trois à quatre, il est rare qu'ils dépassent six à huit minutes. On dit cependant en avoir observé qui ont duré un quart-d'heure, une demi-heure, une heure même. Les auteurs qui prétendent en avoir vu continuer plusieurs heures et plus ont évidemment confondu, dans l'accès, la période convulsive et la période comateuse... La cessation de l'accès n'est jamais soudaine, les mouvemens et les spasmes deviennent peu à peu moins violens, les autres phénomènes s'amendent en même temps...
Le nombre et le rapprochement des accès, sont également variables; pres(]ue toujours il y en a plus de deux, quehjuel'ois on en a compté jusqu'à trente. Tantôt ils laissent entre eux plusieurs heures, une demi-journée ; tantôt , au contraire, ils sont à peine séparés par quel(|ues minutes d'intervalle. (Cazeaux, lococit.^ p. 6(KS.)
C. Intervalle des accès. Nous avons déjà parlé des distinctions de variétés que les auteurs ont voulu établir d'après l'état de la malade pendant l'intervalle des accès; nous rapi)ellerons que d'habitude, entre les premiers accès, les auteurs signalent pour les intervalles, un état conq)l<'t de prostration qui est bientôt remplacée par (|uel(pies intervalles lu(Mdesaux(juelssuccè- (le v(Ms la lin un elat (;om;ileux profond (jue rien ne vient plus interroitq)ie. Le coma se présente avec tous les earacièrr's d'une e.ongestion cérébrale \iolenle. L'assouj)isseineut est profond , la face injectée, lu