GUS
Bien rarement la maladie dont nous parlons se termine d'une manière funeste; la mort peut cependant survenir quand Paireclion s'est généralisée , mais alors c'est presque toujours par le fait d'une lésion viscéralr.
«< La (jnestion importante de la rêlroces- .^ion des maladies de la peau , dit Biett [art. cil.,\). 18S), ne peut être traitée que «l'une manière générale. Toutefois je rappellerai ici (pie rien n'est plus rare que la véritable réiroression des formes eczématiques Dans une prati(pie (jui m'a mis à même de voir passer un grand nombre de faits sous les yeux , je n'ai vu (pie deux cas de dispariiion brusque sans être précédée d'une plilegmasie qui se serait déclarée sur un organe important; car, il faiit le (lire pour ceux qui observent sans idées préconçues, ce qu'on a[)pclle répercussion
n'est véritablement qu'une révulsion. J'ai essayé plusieurs fois de reproduire la répercussion par des applications topiques de préparations saUu-nines, de la glace, etc. , et jamais je n'ai pu réussir à faire disparaître ces éruptions. On peut en induire que, dans le plus grand nombre des cas, les maladies qu'on avait considérées comme la suite immédiate de répercussion de l'eczéma avaient seulement précédé la disparition de la phlegmasie cutanée.» Un peu plus haut il avait fait remarquer la succession alternative de cette même maladie avec certaines affections, telles que des rhumatismes, des névralgies très graves , des palpitations de cœur, des gastralgies , etc. M. Alibert a vu plusieurs fois la dartre squammeuse alterner avec de la dyspnée et des accès d'asthme sulfocant {ouv. ci^, pag. 40), Pour l'examen de cette question, r. Dartres.
Complications. Assez souvent , surtout quand le malade a fait usage de pommades irritantes , des vésirules d'cczema simplex ou même d'autres formes de cette même atTection peuvent compliipier la (jale; le diagnostic diiïcrentiel >erait dans certains cas tout-à-fait impossible si quelipies sillons ou carialicules ne contenaient d'acarus. (r. Galk )
Il est une maladie , le lichen agrius , qui complique si fréquemment l'eczéma , et qui s'en rapproche par tant de traits de consanguiriite,(prAlibert en avait fait, avec raison , je crois , une variété de la dartre squammeuse sons le nom de dartre squammcia^e lichénoïde. [f^. Licuen.) Dans ce cas les vésicules eczématiques et les papules suppurantes se confondent pour donner lieu à des croûtes petites, arrondies,et à des squammes tout-à-fait caractêristi(iues. Assez souvent encore , et quoi qu'en aient dit certaines personnes, ou observe sur un même sujet, ici reczéma , là des plaques de psoriasis : une femme actuellement placée dans le service de Î\L Emeryolfre ini curieux exemple de cette complication rpii n'a rien d'étonnant quand on songe que l'eczéma ( dartre s(piammeuse) et le psoriasis (dartre furfuracée) ne sont que deux espèces dillerentes d'un même geme , celui des dartres.
On a noie aussi la coïncidence de Télé-
ECZÉMA. 505
phantiasis des Arabes avec la maladie dont i ques jours, en sorte qu'en une ou deux
nous parlons.
Diagnostic. L'eczéma pouvant se présenter momentanément sous la forme vésiculeu.se , on pourrait le confondre avec quelques maladies qui offrent essentiellement ce caractère; telles sont \3.gale, l'herpès phlycténoïdes , la miliaire.
i° La gale ne peut guère éire confondue qu'avec Teczema simplex qui présente lui aussi des vésicules disséminées occupant le dos de la main et même Tintervalle des' doigts, nous venons de voir plus haut à quels signes on pouvait les dislinguerTune de l'autre, (^.d'ailleurs Gale )
2» Dans Vherpès phhjctênoïde , les vésicules sont assez grosses, transparentes, arronrJies; elles sont disposées par groupes isolés, petits et disséminés; tandis que dans l'eczéma, les vésicules sont petites, acuminées et disposées par larges plaques.
5° Miliaire. Elle poiurait être confondue avec Teczema rubrum. M. Gibert a parfaitement indiqué les signes différentiels de ces deux affections. La miliaire, dit-il, diffère de l'eczéma, en ce qui a trait seulement à l'affection cutanée^ par les caiaclères suivans :
« Les vésicules , isolées les unes des autres, quoique rapprochées, forment un semis qui recouvre des surfaces plus ou moins étendues, tout un membre par exemple, la poitrine, le dos, etc. On ne voit |)oint ces groupes séparés par des intervalles de peau saine (pji se remarquent si souvent sur divers points dans V eczéma^ groupes dans lesquels plusieurs vésicules se confondent quebiuelois et deviennent confluentes. Dans Veczéma , les vésicules sont fort petites au début, mais se confondent assez souvent plusieurs ensemble, et durent deux, trois, quatre jours au plus, puis des excoriations suintantes et scjuamnieu-esleur succèdent et persistent ensuite pendant des semaines, des mois, des années. Dans la miliaire frjui est toujours une éruption aiguè et rapide), les vésicules ge développent n'^/ulir-reinent [)endaiit un nombre de jours plus grand, accpiierent le volume et ras[)e(t d'un grain de millet, puis se dessèchent au bout de ciiKi, six ou sept jours en (lelils débris furfuracés qui permettent de reconnaître la trace des sc- »iculc.s, et ne persistent pa« [Am de rpiel-
semaines (et souvent dans un temps moins long), l'éruption a [)arcouru toutes se.'i périodes, même lorsqu'elles'estaccompagnée de Tinflammation la plus vive, ce qui s'observe notamment dans ces éruptions miliaires produites par des applications irritantes que quelques praticiens connaissent sous le nom ùHrysipèle miliaire.
Jamais cette éruption ne passe à cet état que M. Alibert a décrit sous le nom pitto resque de dartre sqiiammeuse humide., et qui est au contraire la forme la plus commune sous laquelle l'eczéma se présente à l'observation du praticien. » {Ouv, cit.^ p. 177.)
iMais si, comme vient de le dire IM. Gibert en terininant ce paragraphe, c'est sous la forme squammeuse que l'eczéma se présenteleplussouventàl'observation, quelles sont ks maladies qui pourraient faire équivoque et induire le praticien en erreur?
Le pempliygus chroniipie (pompholiv diulinus}:, dans les premiers temps, les grosses bulles du pemphygus sont facilement reconnaissables. 3L:ûs plus tard , quand tout le tégument, ayant été envahi, est recouvert de larges squammes qui succèdent à la rupture des bulles, le diagnostic peut offrir de l'embarras à un praticien inexpérimenté. '• Le plus ordinairement, dit M. Biett [art. cit., p. 195), dans l'eczéma les siu'faces sont limitées ; dans le pompholix diutinus toute la surface cutanée est envahie : on trouve des débris de larges bulles qui ont des dimensions plus étendues que celles des vésicatoires; les squammes ont d'ailleurs une largeur considérable, elles sont superposées comme les pétales d'une large corolle. Dans l'eczéma, les siiuanunes sont moins larges, plus légères, point super[)osées, le pompholix est toujours mortel, l'eczéma ne l'est pres(iuc jamais. »
Le psoriasis (dartre furfuracée) offre beaucoup de ressemhiance avec queNpics formes de l'eczéma chroniipie, dans lesquelles une certaine étendue de pe.Mi rougo et sèche est recouverte de squanmies minces, petites et blanches. Ou (;vit<ua Terreur en se rappelant (jue,dans le psoriasis, il est rare, (pie de très larges surfaces soient envahies; (|ue 11 peau nialad»' est d'iui roii^'c vif, plus élevée «pie celle qui est restée saine, mais
ECZÉMA
sans gerçures, fans fissures et que les fur- neux ou sulfureux, généraux ou partiels,
fures peûtes, nacrées, chatoyantes qui la recouvrent ne sauraient en iin|;oser pour les s(juarnmes, minces, d'un blanc mat ou jaunâtre, ou même Iransparenles, mais toujours plus ('tendues de Teczéma.
Quant à Vlclhyose^ maladie le plus souvent congénitale , caractérisée par des squammes nacrées, occupant une portion très étendue sinon la totalité de -'envelop|)e cutanée sans changement de couleur à la peau, elle ne peut induire en erreur.
Nous renvoyons aux mots Impétigo et Lichen le diagnostic différentiel de Teczéma avec ces deux affections.
Pronostic. Ce que nous avons dit de la marche et des terminaisons de Teczéma en général et de ses différentes variétés fait voir combien il est difficile d'asseoir un pronostic certain. Rappelons seulement ici ce que nous avons dit de son opiniâtreté dans certains cas, de la frcquence des récidives , des tourments (prit fait endurer dans certaines régions par les démangeaisons qu'il provofjue, et enfin de la rareté ûei terminaisons funestes.
Traitement . Les détails dans lesquels nous sommes entré à Toccasion de la thérapeutique des affecti(uis dartrenscs {l''oy. Dartres) nous permettront de passer rapidement sur les moyens curatifs propres à combattre l'eczéma = nous devrons donc nous borner à quelques indications spéciales.
Dans le cas d'eczéma simplex quelques lotions émollienlcs, des bains entiers, des boissons délayantes suffisent ordinairement pour conq)lé!er la gucrison en l'espace de quehiues jours.
Si la phlogose est assez intense , dans les cas d'eczéma rubrum ou impetiginodes, au début de l'eczéma chroniiiue , on aura recours aux saignées générales ou locales , aux cal.q^lasmes , aux onctions adoucissantes , aux boissons rafraîchissantes ou laxatives , suivant les indications posées au mot DAr.ruE. En même temps, le régime du malade sera convenablement modifié , et l'on veillera à ce que la cause déterminante , s'il en existe, soit immédiatement éloignée.
Quand Tetal chronique est bien cou'^ta- 1é , il faut alors avoir recours aux moyens légèrement cxcitans : bains alcalins, sa\on-
selon le cas. Pommades résolutives avec le sous-carbonate de potasse , les mercurianx, les autimoniaux, le goudron, etc. ; douches pour ramollir la peau quand elle est sèche , tendue , fendillée ; boissons dépuratives , pastilles soufrées , purgatifs, etc.... Enfin , quand la maladie est très opiniâtre, on aura recours aux arsenicaux à Tintérieur, a la solution de Fowler ou de Pearson : « C'est alors , dit M. Gibert ( ouv. cit. , p. 181 ), que l'on peut a[)pli(pier un vésicatoire sur le lieu malade , (|uand le siège du mal est circonscrit ; (jue l'on promène sur la peau (après l'avoir dépouillée des squammes qui la revêtent, au moyen des bains, des douches de vapeur, des cataplasmes) de la charpie trempée dans l'acide nitrique, murialique , le nitrate acide de mercure, que l'on cautérise superficiellement et à plusieurs reprises avec le nitrate d'argent fondu. »
On calmera l'ardeur des démangeaisons au moyen de pommades camphrées ou laudanisées : pour ces derniers cas on aura soin de ne pas les employer en trop grande quantité sur des surfaces dénudées , de crainte de voir se manifester les accidens de l'intoxicaiiou par les narcotiipies.
«« Quand cet eczéma (celui de la vulve) s'accompagne chez les femmes d un prurit [)énible ou qu'il occupe le scrotum et s'eiend à l'anus chez l'homme , les fumigations sulfureuses, les fumigations cinabrées partielles , administrées au moyen d'un ap[)areil particulier, ont parfois du succès.
» Si le mont de Vénus est spécialement affecté , les douches sulfureuses , ou sulfuro-gelalineuses, sont aussi fort utiles.
M Ces mêmes douches, et mieux encore les douches de vapeur, font merveille dans l'eczéma chronicpiede l'oreille : (juand le conduit auditif externe reste induré et rétréci à la suiie de cet eczéma , on se sert des tentes de racine de ;ienliane ou d'eponge préparée introduites dans l'oreille. La coiiq>resMon est quehpiefois nécessaire pour réduire le voknne et re[>aisscur du pavillon de l'oreille en pareil cas.
i) Dans reczéina chroni(iue des narines des lotions avec Teuu de sureau , de
ÉLECTUAIRES.
cerfeuil, de son, de guimauve additionnée d'un peu d'eau de savon sont utiles. Les bains de vapeur font tomber les squamuies qui bouchent Tentréc des n .rines. Le cérat soufré j les pommades résolutives avec les oxydes de plomb, de zinc, de cuivre, peuvent être appliqués le soir en petite quantité sur les points malades.
"Quand les mains sont affectées^ on se trouve bien de faire porter la nuit aux malades des gants enduits de cérat , de pommade de concombres, ou d'autres ongucns diversement composés.
» La compression doit être mise en usage chez les sujets dont les jambes deviennent œdémateuses ou variqueuses à la suite d'un eczéma chronique.
» Enfin ^ quand la maladie résiste aux moyens ordinaires de traitement , il devient nécessaire que le malade aille chercher sa guérison dans les établissemens thermaux , que les médecins ont de tout temps signalés comme spécifiques pour la cure des affections cutanées chroniques : les eaux minérales sulfureuses sont celles qui généralement ont le plus de succès dans le traitement de l'eczéma. «(Gibert^ ouv. Ci7. , p. 185 et suiv.) A la tète des eaux minérales le plus spécialement recommandées, nous citerons celles de Barèges, de Bagnères de Luchon^ d'Uriages (près Grenoble), et d'Enghien.
ÉLECTRICITÉ. ( r. Galvanisme.)
ELECTUAIRES. On appelle ainsi des médicamens soil officinaux, soit magistraux, d'une consistance de pâte molle , et d'une composition très variée. Ils résullcnt de l'union d'une ou plusieurs sulistanocs médicaincnlcuses avec le sucre ou le miel, quelquefois avec l'un et l'autre. Ils sont sinq)k's ou composés suivant le nombre des ingrcdicns qui en forment la base.
Les élecluaires sinq)l('s , c'esl-à dire qtii DC .«ont formés que de l'excipient et d'une «eulc substance médicamenteuse, portaient autrefois le nom de cnuscrvcs ou martnrludcs : les composés étaient appelés i:lr'rlnair,;s^ confcclious, opiuls, innrrni-.lddrs, c cnir.s.^h\'\^ toutes ces dénominations, dont le choix ne reposTit sur rien de précis, et (jui s'appliquaient dadleurs à des médicamens, ne lorinant en réalité qu'un seul et métne «enre, ont été, de nos jours, abandonnées avec railon, (Cottcreau, Traite cktn. de jiharmnc, p. ir.0.j
Le principal avantage qu'oiïrc cette forme pb-irmaceuliquc, c est de rendre moins péliiblg pour les malades l'admiulstraliou des
mii
poudres; en les unissant avec un excipient qui en rapproche les particules et les rend cohérentes , on les avale plus facilement. Arrivés dans l'estomac , les élcctuaires se délaient promptement dans les sucs qui s'y trouvent; ils sont bienlôt en contact avec la surface muqueuse de cet organe et des intestins , qui éprouvent d'abord l'effet de leur activité : puis les suçoirs absorbans , répandus sur cette surface, pompent les molécules de ces agens pharmaceutiques; elles passent dans la masse sanguine, et toutes les parties du corps peuvent ressentir leur action. (Barbier, Dict. des se. med., t. xr, p. 513.)
Les médecins des temps passés avaient une grande conGance dans ces sortes de médicamens et en employaient un grand nombre dans la composition desquels ils faisaient toujours entrer beaucoup de substances diverses. « Mais ces préparations , dit M. Guersant (Dict. demëâ., t. vu, p. 338), pour la plupart monstrueuses et bizarres, qui se ressentent de l'enfance de la thérapeutique et des préjugés qui ont présidé à leur composition avant l'époque de la connaissance immédiate des médicamens, sont maintenant appréciées à leur juste valeur, et en grande partie abandonnées par les praticiens éclairés, l^lusieurs de ces remèdes , même les plus composés , semblent cependant avoir survécu à la proscription générale; lathériaque,lediascordium, la confection de safran ou d'hyacinthe , sont encore d'usage, soit parce que ces électuaires remplissent parfaitement le but que se propose le médecin en les employant, soit parce qu'il craint de ne pas l'atteindre aussi bien par des remèdes plus simples qui exigeraient d'ailleurs beaucoup d'essais et d'expériences avant de présenter la môme garantie : c'est par ces raisons sans doute que l'empirisme a conservé la thériaquc, qu'on a souvent cherché à imiter, mais qu'on n'a pas pu parvenir encore à remplacer.
» Quel que soit, au reste, l'assemblage ridicule et indigeste des formules dos électuaires, les résultats de leurs effets immédiats sont toujours les mêmes que s'ils étaient composés de cinq ou six substances seulement; en éla- ^'uanl,en effet, la plupart des substances inutiles ou peu actives, ou en trop petite proportion |)Our (|ue leurs effets soient sensibles , on jjcut facilement apprécier leurs propriétés immédiates, et ranger tous les élcctuaires suivant les médications aux(iuelk's ils appartiennent. »
Sans nous occuper de cette classification des électuaires d'après leurs propriétés physiologi(|ues, nous nous bornerons à mentionner ici ceux (|ui sont consignés au nouveau Codex, et à faire ctjmi.iilrcî leurs i)ropriétés, les cas spéciaux dans le^cjnels on les emploie, les doses aux(piel!<'s (;n les prescrit, et les divcrsfîs manières de les adnunislrer.
i" L/etluuirr t/uriutiiic. (^et électuairc , compoàtion monstrueubc ii on compte les
306 ÉLEGTUAIRES.
ingrédiens xariés dont elle est formée, préparation précieuse si on a égard aux succès thérapeuliciues (ju'ellc a procurés cl qu'elle procure encore tous les jours, est rangé par I\I. Gucrsuiit parmi ceux à médications ternaires, lui effet, il est composé de substances toniques, excitantes et narcotiques, qui produisent une triple médication dépendante de l'action de ces agens réunis, et qui incline tantôt plus ou moins vers l'un ou l'autre effet, suivant la dose employée, et encore suivant l'idiosyncrasie des sujets et les circonstances dans lesquelles ils se trouvent placés. Ainsi, Iors(ju'on en Tait prendre GO ccntigram. (12 grains), 12 décigram. (1 scr.), 2 gram. (1 demi-gros), il y a toujours avec 1 opération de l'opium (ce corps y entre dans la proportion d'environ 1 centigramme par chaque gramme ) une excitation des organes gastriques ; si, au contraire, on en porte la dose à 4 grammes (I gros) et plus , l'action de l'opium devient dominante, il survient un embarras de la tôle, de l'assoupissement, des sueurs abondantes avec gonflement et chaleur de la peau, etc.
La thériaque jouit donc de propriétés calmantes très manifestes ; aussi la met-on assez souvent encore en usage dans les toux violentes. On la donne aussi comme sudori[i(pie, anthelminli(|uc, cordiale et stomachique : on la prescrit dans les maladies contagieuses, les lièvresataxiqueselataxo-adynaniKiues. lùifin, on la prescrit quelquefois à I extérieur, sous forme d'épithème, comme anti-spasmodique et calmante.
J>a dose, pour l'usage interne, est de 1 à 4 grammes (IS grains à 1 gros), une ou deux fois dans la journée; pour l'usage externe, ou la porte jusqu'à 30 grammes (1 once) et plus.
2* Electudirr diasmrdiinn. Cet électuairc, connu anciennement sous la dénojnination de confection (le Frncastnr , parce (fu'il est de l'ifiveniion du médecin italien de ce nom , s'est maintenu parmi les médicamens usuels, malgré le discrédit du plus grand nombre des préparations du même genre, etsetrouNe encore employé journellement par les praticiens de notre «'•poque.
La réunion des substances toniques et nromalii|ues(pii entrent dans sa comjjosition, ainsi cpie de l'extrait d'opiini» (jui en lait i)artic, pl.ice cettiî prép.iration, comme la précédente, parmi les médicamens ii la fois toni- (piC'i, excitans et caïmans. La |)rop()rtion de I opium qui s'y trouve contenu est, h |)cu de chose près, la même que pour la thériaque.
On l'emploie comme stomachique, pour soutenir l'action de l'estomac, pour rendre plus régulier l'exercice des fondions diecslivps. Un le donne surtout contre la diarrhée et la dysenterie, lors<|ue ces malailies sont ducs à une atonie profonde du canal inteslinul, et que l'on veut réveiller ses propriétés
vitales, rétablir sa force organique ; il procure du calme, et souvent diminue progressivement le nombre des évacuations.
On le prescrit a la dose de î à 4 grammes (IS grains à 1 gros) et même plus , que Ion fait prendre le soir, .soit à l'intérieur, soit dans un quart de lavement approprié. Pour le porter dans l'estomac, tantôt on le délaie dans du vin rouge ou de la tisane, tantôt on l'enveloppe dans du pain azyme : cette dernière précaution n'est pas h négliger, à cause de l'odeur et de la saveur désagréables de ce médicament, qui le rendent très dillicile à avaler pour quelques personnes. (A. lUchard, Dict. de mcd., 2« édit., t. x, p. 280.)
")<> Electnaire cuUinlicnm. Les substances qui forment la base de ce médicament, parmi celles très nombreuses dont il est composé, sont le tamarin, la casse, la rhubarbe et le séné. Il était très employé autrefois comme minoraiif; en effet, il purge doucement, sans tranchées ei il resserre le ventre a|)rès l'avoir évacué; on le prescrivait dans certains cas de diarrhée et de dysenterie, soit à l'intérieur, soit en lavement, à la dose de 8 à 30 gram. (2 gros à 1 once) ; mais il n'est plus guère employé aujourd'hui.
4° Electuairc Icnitif. Cet élecluaire, qui a pour base les pruneaux, le tamarin, le sénc et la casse, associés surtout à des substances nmcilagineuses et sucrées, rehU'he doucement le ventre, à la dose de 30 à 4*1 grammes (l once à \ once et demie) ; à celle de (iO gram. (2 onces), il |)urge assez bien. On ne l'emploie guère qu'en lavement; encore est-il très peu usité de nos jours.
T)" Électuairc diaphœnix. Ce médicament, composé à la fois de drastiques, de slimulans et d'émolliens , est un purgatif hydragoguc et diuréli(pie, que l'on donnait autrefois à la dose de 4 à 30 grammes (l gros à 1 once), dans les cas d'hydropisie, d'a[)oplexie, de paralysie et d'affection hystéri(iue. Il est encore très usitéaujourd'hui h l'hôpital de la Charité, où on le fait entrer h la dose de 30 grammes (1 once) dans la i)réparation de la médecine et du lavement purgatif cm[)loy6 contre la coliijue des peintres.
G" Élecluaire de safran composé. Cet électuairc, connu encore sous le nom de confection d'in/acinihr , n'a pas été mentionné par les auteurs du Codex, bien (ju'ils l'indiiiucnt au nombre des composans de la potion aro- )naii<jnr ou cordiale, ("/est un médicament formé de substances stimulantes (safran, santal,cannelle, diclnme, myrrhe) et absorbantes (terre sigillée, yeux d'écrevisses) , réunies au moyen du mi<'l et du sucre. On l'emploie connue slomachi(pie et absorbant, à la dose de 4 à 8 grammes (I à 2 gros) et plus : il convient surtout dans les cas d'aigreurs et do diarrhées anciennes, par atonie des voies di^eslives.
ÉLÉPHAINTIASIS.
sor
ÉLÉPHANTIASIS, s. m., de s/s^aç ,
éléphant. Ce même nom a été appliqué à deux maladies essentiellement différentes : Tune, décrite par Arétée, Archigène, etc., connue sous le nom (Véléphantiasis des Grecs ; Vautre , dont Thistoire nous a été pour 11 première fois transmise par les Arabes , et qui règne surtout dans certaines régions intertropicales, bien que pouvant se montrer dans nos climats, et qu'on appelle éléphaîilians des Jrahes. La première espèce sera étudiée soigneusement à l'article Liipre , dans lequel nous nous proposons d'examiner d'une manière générale les différentes maladies désignées et confondues sous ce nom ; la seconde va nous occuper immédiatement.
Éléphantiasis des Arabes. On donne ce nom au développement énorme que l'hypertrophie de la peau et du tissu cellulaire sous-cutané peut donner à certaines parties à la suite d'une phlegmasie de l'appareil lymphatique; les jambes , en étant le plus souvent affectées , prennent des dimensions et une configuration qui les fait ressembler à des jambes d'éléphant; de là le nom de la maladie. L'éléphanliasis a été décrit pour la première fois par Rhazès, qui florissait vers l'an 900 (mort en 932) ; puis , un siècle aprè^, par Avicenne et les autres Arabes; ces premières indications furent copiées et altérées par les arabistes ; vint Prosper Alpin , qui , ayant pratiqué en Egypte (vers 4 580) , en parle de visu et le distingue de l'éléphanliasis des (irecs; il parie aussi d'une hypertrophie du scrotum qu'il désigne sous le nom de hernie charnue [hernia carnosa)^ terme qui, au reste, servait alors à caractériser le sarcocèle. ( De med. egypt. , in-4" , Paris, 164o.) Dans le siècle dernier, (juel- (pies auteurs anglais établis aux liarbades , Jliliary (iTlVJ) , Ilendy (1784j, etc. , en donnèrent une borme description sous les noms de jambe dex liarbades , maladie glandulaire, des liarbades , etc. ; mais le travail bî [)liis complet (pii ait été ^mblié gurce sujet est celui (pi'Alard fit paraître en i.SOP) d'.iboni , puis en l«2-i. ^ous aurons de frcfjuentes occasions d(! le citer. Knfin , dans ces derniers temps , les travaux <](' M r.ouillaud , de MAI. I*.ay<r et (iaide, de M. i'abre , etc. , dont nous reparlerons dans le cours de cet article ,
jetèrent un grand jour sur la question. Alibert a rangé cette maladie dans le groupe des dermatoses lépreuses sous le titre d' éléphantiasis îuhéreux, tandis que MM. Cazenave et Scbedel le rejettent à la fin de leur ouvrage parmi les maladies ne rentrant dans aucune des classes qu'ils ont établies. Moins scrupuleux, M. Gibert le décrit dans l'ordre des tubercules à côté de l'éléphantiasis des Grecs, imitant en cela l'exemple de Baleman , qui donne l'histoire de ces deux maladies dans un même chapitre.
Causes. Ce que l'on sait des causes de l'éléphantiasis des Arabes se réduit à fort peu de chose. On le rencontre plus fréquemment dans l'âge adulte qu'à toute autre époque de la vie; il attaque également les hommes et les femmes, ne parait pas susceptible de se transmettre par voie héréditaire , et n'est manifestement pas contagieux. Celte maladie existant d'une manière endémique dans certaines régions , par exemple en Egypte , aux Barbades , dans quelques îles de la mer des Indes, au Japon, etc., peut-on trouver dans les localités où elle sévit les causes de cette préférence? P. Alpin attribue la fréquence de l'éléphantiasis chez les habitans malheureux du Kairc à l'usage qu'ils font des poissons péchés dans le Nil et dans des marécages; à l'eau croupie qui est souvent leur seule boisson ; à certains légumes dont ils se nourrissent. {Op. cit., p. 26.) Hendy fait observer que si, dans les colonies, les nègres sont plus souvent atteints de la maladie glandulaire (jue les blancs, cela tient, suivant lui , à ce que ces malheureux sont mal velus et exposés aux brusques alternatives de température, et à ce refroidissement qui , dans l'opinion de l'auteur , est la cause la plus commune de l'éléphantiasis. Aussi a-t-il soin d'ajouter que les blancs et les gens riches n'en sont point exempts et doivent rapporter l'origine du mal à (luebjiuî im|irudence, comme de dormir les Irnèlres ouvertes^ de s'exposer encore tout échauffé à des courans d'air froid, etc. (Trad. dAlard.) Alard partage entièrcnient c(;tte manière (h; voir et insiste beaucoup sur ce point dans son excellent ouvrage;. (f)e iiii/l. des raiss. abs., etc., p. 32r> et suiv.)
iMuis quelle est la cause anatomique de