‹ Dictionnaire des dictionnaires de médecine français et étrangers, ou, Traité complet de médecine et de chirurgie pratiquesChapitre 98 sur 117 · SEME · texte numérisé non relu

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et présentent ensuite ces infiltrations gazeuses comme des affections anciennes , et même conune des maladies congénitales.

On connaît les faits rapportés à ce sujet par A. Paré, Fabrice de Hilden, Dionis, Sauvages, etc. J'ai eu occasion d'observer un certain nombre de fois cette sorte d'emphysème volontaire sur les détenus de la prison de Bicêtre; ils se piquent l'intérieur d'une des joues avec une épingle ; ils font ensuite de fortes et de fréquentes expirations , mais en prenant ressenticlle précaution de fermer le nez et la bouche : bientôt Pair s'insinue dans le tissu cellulaire de la face et du cou , et Ton voit se dessiner une tumeur plus ou moins étendue , qui est nàle , luisante et crépitante : ils ont recours à ce moyen , tantôt pour se soustraire au départ de la chaîne , tantôt pour chercher à être admis ta rinfirmerie, et sortir du cachot où ils ont été mis à la suite de quelques écarts de conduite. L'emphysème par insufflation peut nécessiter quelquefois des incisions : on doit les pratiquer dans les endroits où la tumeur présente le plus grand volume. On reconunande ensuite de favoriser l'évacuation des gaz en exerçant des pressions méthoditpies. Les frictions faites avec des flanelles chaudes imprégnées de liquides toniques, les bains froids de courte durée, sont autant de moyens desquels on peut retirer de grands avantages. On accélère la guérison en prescrivant un exercice modéré, un régime qui soit tout à la fois léger et tonique, des vêtemens chauds, etc. [Ouv. cilé, p. 556.)

C'est encore une espèce d'insufnation que cet état qui se produit , au dire de quehpif's chirurgiens, dans les plaies de poitiine non pénétrantes. En effet, J.-L. Petit a pensé que , dans queliiues circonstances , par Peifet d'une jtlaie sinueuse dans les [)arlies du thorax abondamment pourvues de tissu cellulaire, comme le voisinage des inu-c'cs grand pectoral , grand dorsal, le creux de l'aisselle, il |K)uvait se former un emphysème au moyen de l'air venu du dehors. Lorsque ces plaies sont négligées et restent béantes , selon lui, les mouvemens du thorax pour la resjïiration , aidés des mouvemens de déplacement du membre supérieur, peuvent donner lieu à une espèce d'aspiralion ou

EMPHYSÈME

de vide qui permette rintrodiiction de l'air dans le trajet de la plaie ; les mouvemens venant à combiner différemment la position relative des parties, à détruire le parallélisme , il peut se faire que l'air s'épanche dans les interstices celluleux et y forme un emphysème. Ce chirurgien admettait même qu'il pouvait résulter de la compression du poumon correspondant, de la dyspnée, du crachement de sang.

Sans nier entièrement ces faits , Boyer les croit très rares , et, selon lui , la connaissance imparfaite du trajet de la blessure et de sa profondeur peut avoir induit en erreur et fait croire à la non-pénétration de la blessure, tandis qu'elle avait lieu réellement.

II. Emphysème par exhalation (spontané). On peut rapporter à cette sorte de lésion, que Murât attribue à un changement survenu dans les mixtions chimiques, les tumeurs gazeuses que Galien et Fabrice de Hilden ont eu occasion d'observer, et les collections de gaz qui se manifestent sur différentes parties du corps , à la suite ou pendant la durée de certaines maladies, après l'exposition au froid, dans quelques cas d'empoisonnement, après la piqûre faite par quelques insectes , ou par divers serpents. Le même auteur a réuni plusieurs exemples de cet accident empruntés aux divers pathologistes. C'est ainsi que Morgngni rapporte l'observation d'un emi)hysème général qui survint chez un jeune homme après la disparition de la gale. Schuize a conservé l'histoire d'une

affection de ce genre survenue chez une jeune tille par suite de Texposition à une atmosphère viciée par de l'eau stagnante. i\uHier et M. Delafoche ont constaté rexislence de lésions semblables dans deux cas d'empoisonnement. Cet accident survient quehjuefois après des hémorrhagies abondantes. Un gentleman , âgé de cinquante-cinq ans, éprouva des épi-taxis fréquens , en même temps le tissu cellulaire devint ein|iliysémat(Mix. (Graves, Tha Dublin j. (if médical and chimical gricnces ^ janvier I85f.) I/ernpliysème se fait souvent reinarquJT après les fortes contusions , les ecchymoses , les affections gangréneu^ics, etc. I)e>^anlt observa un énorme emphysème sous les muscles i)ec-

toraux pendant les efforts qu'il faisait j pose -, quelquefois il repousse fortement le

pour réduire une luxatioti ancienne de l'humérus. Murât a vu dans des conditions semblables une tumeur de ce genre se développer sous le grand pectoral , gagner l'aisselle, s'étendre sur toute la partie antérieure et postérieure de la poitrine et acquérir un assez grand volume. M. Yelpeau a eu l'occasion d'observer un emphysème général manifesté après une luxation compliquée du pied.

III. Emphysème pulmonaire. « Trois états pathologiques appartiennent à Temphysème pulmonaire : !« la simple dilatation d'une vésicule , ce qui est rare ; 2" la rupture et la réunion de plusieurs vésicules ; 5° la pénétration de l'air dans le tissu cellulaire. Les deux premières lésions ont reçu de Laënnec le nom CCemphysème tésiculaire ou pulmonaire proprement dit, le dernier se nomme aujourd'hui emphysème interlobulaire. » ( Monneret et Fleury, Compend. de méd.^ t. m, p.

Quoi qu'on en ait dit dans ces derniers temps, on doit la connaissance première de l'emphysème pulmonaire à Laënnec.

Les recherches récentes de MM. Andral , Louis , Piédagnel , Jackson et Magendie ont jeté un nouveau jour sur cette affection.

J. AnAtomie pathologique. Sur quarante-trois sujets sur lesquels M.

Louis put rechercher les altérations pathologiques , l'emphysème avait eu lieu vingt fois à droite ^ vingt-trois fois à gauche ; dix-huit fois l'emphysème était général dans les deux poumons , cinq fois général dans le poumon gauche, deux fois dans le poumon droit; neuf fois il existait dans le lobe supérieur gauciie, neuf Um dans le lobe supérieur droit, quatre fois dans le lobe inférieur droit , quatre fois dans le lobe moyen et supérieur du même côté. {Dict. de mcd. , 2" édit., t. XI, p. 241.)

1" Emphyfiènie vèsiculairc. Lorsqu'on ouvre la i)oihine, le poumon dont les vésicules sont dilatées, trop volumineux pour la cavité qui le renf(!nne , s'en eclia[)p(; et vient faire saillifî. Souvent les (I(mix poumons se recouvrent par leurs bords libres. Si l'un «les deux est seul alfeclc , il (eiid à envahir la cavih- tliora('iqu(; du coté op-

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cœur et le médiastin. Le tissu du viscère est plus ferme , il résiste au doigt qui le touche et cherche à l'affaisser ; il possède une certaine mollesse qui, suivant la comparaison qui en a été laite , donne la sensation que Ton éprouve quand on presse un oreiller de duvet. La crépitation se rapproche du bruit que produit Tau* qui s'échappe lentement d'un souflet , et le déplacement de l'air se fait difficilement = les poumons s'enfoncent à peine dans Teau.

Ces détails sont dus à Laënnec , qui les a a consignés dans son Traité de Vausculîation médiate ; c'est encore à lui qu'on doit la descrii)tion anatomique de cette altération, description qui a été tracée avec une rare exactitude.

Les vésicules, dit-il, acquièrent un Tolume plus considérable que dans Tétat ordinaire ; elles varient pour la grandeur : les unes ressemblent à un grain de millet , d'a\itres à un grain de chenevis, ou à un pois; il en est qui égalent en volume un noyau de cerise ou une fève de haricot. Enfin , une autre circonstance , c'est que les vésicules hypertrophiées peuvent ne faire aucune saillie à la surface du poumon, ou bien se dessiner en relief sous forme de petits globules comme pédicule-;. Quand ces vésicules saillantes se réunissent en nombre et par groupes , il en résulte des appendices dont le v(.lume est tantôt celui d'une noisette ou d'une noix , et tantôt celui d'un gros œuf de poule ; le tissu pulmonaire ressemble alors d'une manière frai)pante au poumon vésiculeux des animaux de l'ordre des batraciens ; le poumon ctant insuHlé et desséché , et en ayant coupé des tranches, on reconnaît en l'examinant avec soin que , parmi les tumeurs aériennes, les unes sont constituées parles vésicules dilatées, les autres par la réunion de plusieurs d'entre elles dont les cloisons ont été rompues , d'.mtrrs enfin par l'exlravasationdo l'air dans le tissu cellulaire.

Une autre question se présente : les parois des vésicules aériennes ainsi distendues sont-elles épaissies ? Ce point de fine anatomie adonne lieu à d'assez nombreuses discussions. 11 paraîtrait cependant Tésulter des investigations de iNL Andral et de Î\I. lîourgery (juc rien n'est constant sur ce sujet, et qu'en s'agrandissaut les

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