BOUHOURS
Fer DE CHEVAL, Fer à cheyai.. Un ftr de cheval est un fer qu*on met au pied d'an cheval.
Un fer à cheval est. un ouvrage en demi^cercle au-dehors d'une place. C'est encore un escalier en demi-cercle et à deux rampes. — Mi-
NAOB. ACAD.
Feu, Feue. Fcvl^ placé avant l'article on un adjectif pronominal, ne prend ni genre m nombre. Feu la reine^ feu votre mère ; mais on écrit, la feue reine, votre feue mère, — Waillt.
Fixer. Aucun auteur du bon siècle n'usa du mot de fixer que pour signifier arrêter, rendre stable, invariable :
En fixant de ses vœux rinconstance fatale, Phèdre depuis long-temps ne craint plus de rivale.
Racine.
Quelques Gascons hisisardèrent de dire : J'ai Jixé cette dame, pour, je l'ai regardée fixement; y ai fixé mes yeux sur elle. De-là est venu la mode de dire:^xfr une personne; alors vous ne savez point si on entend par ce mot : j'ai rendu cette personne moins incertaine, moins volage ; ou si l'on entend : je l'ai observée, j'ai û%é mes regards sur elle. Voilà une nouvelle source d'équivoques. — Voltaire.
Flatter (se), prend le </« lorsqu'il veut dire: se vanter. Il se flatte tVétre ie premier homme qui. ... ; et prend le que lorsqu'il signifie espé^ rer: Il se flatte qu't7 vous plaira.
Fond et Fonds. Fond sans s signifie nonseulement Tendroit le plus bas d'une chose creuse, comme le fond d^un tonneau, le fond d^un puits ; mais aussi ce qu'il y a de plus éloigné et de plils retiré du commerce, dans quelque pays, comme: Le fond d^ un bois, le fond d'un désert; être dans le fond d^une province,
II s'emploie figurément en ce sens-là, dans plusieurs phrases: Dieu connoit le fond des cœurs : le fond d'tm procès, le fond d'une ques^ tion ; posséder une science à fond.
Fonds avec un s signifie le sol d'une terre,
d*un champ, d'un héritage, et se dit aussi d'une
somme considérable d'argent : // faut faire un
fonds pour telle chose. Il n^y a point de fonds.
Le fonds n'est point encore fait.
En examinant cette phrase : Vendre le fonds
^t le très-fonds, quelques-uns ont cru que le
fonds et le très-fonds, dans le figuré, dévoient
s'écrire sans s : Cet homme sait le fond et le
irès'fond de cette affaire.
On n'y a point mis de différence, et l'on a conclu que le figuré suivoit le propre, c'est-àdire, qu'il faut l'écrire avec un s.
Quelqu'un a demandé ensuite s'il falloit dire : faire fonds, ou faire fond sur quelqu^un.
On a répondu qu'il falloit dire : Faire fonds avec un s ; fonds . devant être regardé, dans
cette façon de parler, comme le sot d*un héritage. — A CAD.
Foudre, féminin au physique (la foudre est tombée), devient masculin au figuré: ce héros est un fondre de guerre* Jupiter est armé da foudre.
Fus (je). Voltaire dit qu'on ne doit pas dire : je fus, tu fus, etc., pour j'allai, tu allas, etc.; en conséquence, il blâme ce vers de Corneille, dans Pompée :
Il fut jnsques à Rome implorer le sénat.
// fut implorer f c'étoit, dit-il, une licence qu'on prenoit autrefois; il y a même encore plusieurs personnes qui disent: je fus le 90ir;jf fus lui parler; mais c'est une faute, par la raison qu'on va parler, qu'on va voir. On n'wt point parler, on n^est point voir : il faut donc dire: y allai le voir, y allai lui parler, il alla l'implorer. Ceux qui tombent dans cette faute ne diroient pas : je^ii* lui remontrer, je/a* 1"^ faire apercevoir. — Fontenai. Foyer Etre et Avoir.
Fut (il), pour il alla. On se sert fort communément du prétérit indéfini du verbe être, au lieu d'employer celui d^aller. Par exemple, on dit : Il fut trouver son ami, pour dire, il alla trouver so7i ami.
Quantité de gens très-délicats dans la langue, condamnent cela comme une faute, et soutiennent qu'il faut toujours dire : // alla, et jamais il fut. Je8uisdecesentiment.-T.CoRN.F.Fus (je).
Future. Les deux futurs, le conditionnel pré-
sent et le conditionnel passée formés ^bt f aurais ou je serûisy ne peuvent pas s'employer avec si. On emploie alors le présent, au lieu du futur simple ; le parfait indéfini, au lieu du futur aotérieur ; l'imparfait, à la place du conditionnel présent, et le plusque-parfait, au lieu du conditionnel passé.
Ainsi, au lieu de dire : Les soldats feront bieti l€UT denoir, s^ils seront bien commandés ;
Je serais contentf si je vous verrois appliqué à vas devoirs ;
Dites : Les soldats feront bien leur devoir, s'ils sont bien commandés ;
Je serais content , si je vous voyois, etc*
Les étrangers font souvent cette faute ; on y tombe aus3i dans quelques provinces.— Wa il-