‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 12 sur 29 · BOUHOURS · texte numérisé non relu

BOUHOURS

Fer DE CHEVAL, Fer à cheyai.. Un ftr de cheval est un fer qu*on met au pied d'an cheval.

Un fer à cheval est. un ouvrage en demi^cercle au-dehors d'une place. C'est encore un escalier en demi-cercle et à deux rampes. — Mi-

NAOB. ACAD.

Feu, Feue. Fcvl^ placé avant l'article on un adjectif pronominal, ne prend ni genre m nombre. Feu la reine^ feu votre mère ; mais on écrit, la feue reine, votre feue mère, — Waillt.

Fixer. Aucun auteur du bon siècle n'usa du mot de fixer que pour signifier arrêter, rendre stable, invariable :

En fixant de ses vœux rinconstance fatale, Phèdre depuis long-temps ne craint plus de rivale.

Racine.

Quelques Gascons hisisardèrent de dire : J'ai Jixé cette dame, pour, je l'ai regardée fixement; y ai fixé mes yeux sur elle. De-là est venu la mode de dire:^xfr une personne; alors vous ne savez point si on entend par ce mot : j'ai rendu cette personne moins incertaine, moins volage ; ou si l'on entend : je l'ai observée, j'ai û%é mes regards sur elle. Voilà une nouvelle source d'équivoques. — Voltaire.

Flatter (se), prend le </« lorsqu'il veut dire: se vanter. Il se flatte tVétre ie premier homme qui. ... ; et prend le que lorsqu'il signifie espé^ rer: Il se flatte qu't7 vous plaira.

Fond et Fonds. Fond sans s signifie nonseulement Tendroit le plus bas d'une chose creuse, comme le fond d^un tonneau, le fond d^un puits ; mais aussi ce qu'il y a de plus éloigné et de plils retiré du commerce, dans quelque pays, comme: Le fond d^ un bois, le fond d'un désert; être dans le fond d^une province,

II s'emploie figurément en ce sens-là, dans plusieurs phrases: Dieu connoit le fond des cœurs : le fond d'tm procès, le fond d'une ques^ tion ; posséder une science à fond.

Fonds avec un s signifie le sol d'une terre,

d*un champ, d'un héritage, et se dit aussi d'une

somme considérable d'argent : // faut faire un

fonds pour telle chose. Il n^y a point de fonds.

Le fonds n'est point encore fait.

En examinant cette phrase : Vendre le fonds

^t le très-fonds, quelques-uns ont cru que le

fonds et le très-fonds, dans le figuré, dévoient

s'écrire sans s : Cet homme sait le fond et le

irès'fond de cette affaire.

On n'y a point mis de différence, et l'on a conclu que le figuré suivoit le propre, c'est-àdire, qu'il faut l'écrire avec un s.

Quelqu'un a demandé ensuite s'il falloit dire : faire fonds, ou faire fond sur quelqu^un.

On a répondu qu'il falloit dire : Faire fonds avec un s ; fonds . devant être regardé, dans

cette façon de parler, comme le sot d*un héritage. — A CAD.

Foudre, féminin au physique (la foudre est tombée), devient masculin au figuré: ce héros est un fondre de guerre* Jupiter est armé da foudre.

Fus (je). Voltaire dit qu'on ne doit pas dire : je fus, tu fus, etc., pour j'allai, tu allas, etc.; en conséquence, il blâme ce vers de Corneille, dans Pompée :

Il fut jnsques à Rome implorer le sénat.

// fut implorer f c'étoit, dit-il, une licence qu'on prenoit autrefois; il y a même encore plusieurs personnes qui disent: je fus le 90ir;jf fus lui parler; mais c'est une faute, par la raison qu'on va parler, qu'on va voir. On n'wt point parler, on n^est point voir : il faut donc dire: y allai le voir, y allai lui parler, il alla l'implorer. Ceux qui tombent dans cette faute ne diroient pas : je^ii* lui remontrer, je/a* 1"^ faire apercevoir. — Fontenai. Foyer Etre et Avoir.

Fut (il), pour il alla. On se sert fort communément du prétérit indéfini du verbe être, au lieu d'employer celui d^aller. Par exemple, on dit : Il fut trouver son ami, pour dire, il alla trouver so7i ami.

Quantité de gens très-délicats dans la langue, condamnent cela comme une faute, et soutiennent qu'il faut toujours dire : // alla, et jamais il fut. Je8uisdecesentiment.-T.CoRN.F.Fus (je).

Future. Les deux futurs, le conditionnel pré-

sent et le conditionnel passée formés ^bt f aurais ou je serûisy ne peuvent pas s'employer avec si. On emploie alors le présent, au lieu du futur simple ; le parfait indéfini, au lieu du futur aotérieur ; l'imparfait, à la place du conditionnel présent, et le plusque-parfait, au lieu du conditionnel passé.

Ainsi, au lieu de dire : Les soldats feront bieti l€UT denoir, s^ils seront bien commandés ;

Je serais contentf si je vous verrois appliqué à vas devoirs ;

Dites : Les soldats feront bien leur devoir, s'ils sont bien commandés ;

Je serais content , si je vous voyois, etc*

Les étrangers font souvent cette faute ; on y tombe aus3i dans quelques provinces.— Wa il-

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