‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 16 sur 29 · MIE · texte numérisé non relu

MIE

Peux (je), je puis. Plusieurs disent et écrivent je peux. Je ne pense pas qu'il le faille tout-à-fait condamner ; mais je sais bien que je puis est beaucoup mieux dit, et plus en usage.

On le conjugue ainsi : Je piiii, tu peu», il

peut»

Il est de la beauté et de la richesse des langues» a avoir ces diversités — Vaugelas.

Ift9

Je peux pour je puis^ a été condamné, et même en poésie.

Corneille fait dire à César, qai voit les cendres de Pompée dans les mains de Cornélie.

Kestes d*an demi-dieu, dont à peine j'e/nci#, Egaler le g^rand nom, tout vainqueur que j*en suis.

' Ra'cine a dit :

Hé ! que puiê-je au milieu de ce peuple abattu ?

Boileau a dit :

Je me sauve ft la nage, et j'aborde où je puis,

Marmontel:

Permettez que je vous aime, comme je puis et auiSLUt que je puis.

Phrase. Quand on a fait deux membre»

d'une" phrase, il faut que les deux autres soient parallèles ; ainsi, quand on dit : Tous les ins^' tans de ma vie peuvent nuire ou servir au bonheur de vingt mille hommes, il ne faut pas ajouter et préparer celui de la race future, mais pluxtôt et préparer la ruine ou la prospérité de la race future 9

Plaindre* Se plaindre que, om de ce que.

Se plaindre de ce que, suppose un sujet de p'ainte.

Se plaindre que, n'en suppose point. Ainsi, ¥0us direz à une personne que vous n'avez pas trompée : Vous avez tort de vous plaindre que je vous ai trompé. Si vous disiez : Fous avez tort de vous plaindre de ce que je vous ai trompé, ce seroit avouer que vous l'avez trompé.

Pi«Ai&B. Se plaire t«ot i ayaat !• nom ou

rinfinitif qui le suit. // se plaît à la campagtu» Malheur d celui gui ne êe plaît çu'à fairo du mail

Mais quand plaire est pris impersonnelletneot» il demande que ou de avant Tinfinitif qui le suit. Vous plait-il que je vous dise mon sentiment P Vous plait-il de venir avec nous f 11 a plu à Diea de nous affliger,

Yaugelas dit que, quand on se sert de plaire en terme de civilité et de respect» on supprime de. Vous plaîtM me faire cet honneur* Il lui a plu m' honorer d^une visite, £n ce cas,. il vaut mieux employer toujours de. Le dictionnaire de l'Académie ne le supprime point dans ces sortes de phrases.

Selon Ménage, il faut toujours dire, que vous plaît^il f Cette décision n'est pas juste ; dan» le style familier, une personne qu'on appelle, ré^* pond seulemiBut: p/(âf^t/f--^AoABéMtB.

Plaisir» Il pa plaisir à ou de. On dit: Il y a plaisir â, qnand il doit Suivre ime <:onsoâme< // ff a plaisir às^aequitier de êeêàe^rs.

On dit: Il y a plaisif de^ quand il doit snivre une voyelle. Il y a plaisir ^ dit Pascal, d'être dans nn vaisseau battu de Vornge, lorsqu*on est assuré qu^il ne périra pu ini^^Bov HOO us.

Plaît (ce qui te ou ce qu'il te)« Il y a de la différence entre ce qui te plaît ^ et te quUl te plaît ; car le premier signifie ce qui t*est agréable ; mais le seoond, ee que tu v^tur.*^ d'Olivït.

Pléok ASME Se dit de tout mot qui n'est q 110 l'équivalent d'un autre : ainsi, quand on dît, è

la hmle romd€9 «ne iêmpéte orogeuiey des bornes ai itts HmUe$9 les mots ronde, orageuse, et IImUsSt sont dea pléona^niM, parce qu'ils n'ajoutent rien au sens.

Pi^iJPART. Quand ia plupart se dit sans un substantif à sa suite, le verbe se met toujours au pluriel : ia plupart sont très-reconnpissan*.

Plxjbiel. Dans le cas de la réunion d'un adverbe ou d'une préposition avec un substantif, c'est après celui-ci seulement que se met le s qui liéaif Ae \b plaridL

Des avant^eoureurs, des eontre^danses, des mUre^meis, des demi^dieux, des pour^^arUrs, des prime^riresy etc.

Ou ne place de même le s qu'à la un, quand le mot est eempoeé d'un verbe et d'un nom ; des pm$ie^pwtê, des peree^pierres, des ekasse^mm^ ré€S, des garde^fous, des tire^bùuekonst des hausse'Cols, des toume^broehes, ete,

11 n'y a d'esceptiAii que dans ees denK oae-ci, quand le mot qui termine est adverbe ou prépcttitieii ; ainai, il faut écrire dea passe-avani, des

pesse-partouif ete.

Quand le dernier mot rejette évidemment le caractère du pluriel» eomme dans ceùe expresaio«« prié'dien : treis prié^diem, éUnent plaoés daaa le sanctuaire.

Quand le mot composé offre la réunioo de deux «abstantift, il ne prend de même le signe du pluriel qu'à la fin du second. Des ekff-^Henx de canton, les chef -^^ œuvres de CorneiUe, des croc^en^jambes, etc.

Mais il ne ^ut pas cooiondre un aimple rap-

prochement de mots, avec des mots composés»

De ce dernier ordre ne sont pas, tour de bdtom^ coup (Vœii^ çsil de bœuf et autre de même nature.

Ce que Ton dit ici n*est applicable qu'aux mots dont la composition n'en forme absolument qu'un seul.

Ces mots peuvent être le résultat d'un adjectif et d'un substantif. Alors Pun et l'autre prennent le caractère du pluriel.

Ce sont deux helles-^œurs^ des sages^fimmerf des gentils- hommes,

La seule exception est pour l'adjectif grande qui devient alors une sorte d'adverbe ; nos grcnd^ mères f deux ou trois grand-messes^ etc. , L'adjectif est pris adverbialement dans ces occasions«là ; au siilgulier même il n'admet pas r«, ma grand* tanie^ la grand* salle, faire grande chère, etc. — Académie.

On peut mettre le singulier, quand les substantifs sont singuliers, et non liés par une con« jonction. La douceur, la bonté du grand Heurt a été célébrée de mille louanges^-^Pû lis-

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