‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 19 sur 29 · FONTENAI · texte numérisé non relu

FONTENAI

Plutôt que. On a remarqué qne ce plutôt amène nécessairepaent de, quand son régime est près de lui, comme : Plutôt que de mourir y plutôt que de faire cette lâcheté ; vous devez craindre sa justice, plutôt que d'espérer en sa miséricorde, ^^T A l lem an t.

Point ne se dit jamais qu'arec la particule' négative, ou exprimée, ou sous-entendue ; et de plu» il 7 a cette différence entre point et pas, quant à l'usage, qu'en répondant à une interrogation, point se peut mettre tout seul ; au lieu que pas ne s'y met jamais. En vouleZ'VOus f point ; éteS'Vous fâché ? pas du tout»

Quant à la signification, il 7 a encore de là différence entre point et pas. Ainsi, lorsqu'on dit : N^avez^vous pas vu un tel? N'avez'vous pa9 pris ma montre? l'interrogation n'est qu'une question simple. Et lorsqu'on dit : iV'avez^vous point vu un tel? N^avez'vous point pris ma montre ? On marque par -là qu'on croit que celui qu'on interroge a vu celui dont on parle, et qu'il a pris la montre qu'on lui demande*

Pourquoi.

Qu'il est plas â propos qa'il vous cèle pourquoi.

Voltaire, à l'occasion de ce vers de Corneille dans Polyeucte, fait la remarque suivante :

Ce ver» ou cette ligne tient trop du bourgeois. C'est une règle assez générale, qu'un vers héroïque ne doit jamais finir par un adverbe, à moins que cet adverbe se fasse à peine remar»

qiieir covime adverbe ; je ne le Terrai pl«#. Je ne Taimerai jamais. IhnLrquQi peurroit être employé à la fin d'un vers, quand le sens est snspendu.

Et commeDt, et pourquoi Voulez- voua que Je vive ?

Quand vous ne vives pas pour Dioi.-"^iii-

NAULT,

Mais alors ce pourqoot lie la phrase* Vous ne trouverez jamais dans le style noble: il M'a dit pourqwà ; je màt pourquoi. La nuance du simple et du familier est délicate; il fant la saisir.

Pourtant* Pourtant an commencemeat d'une phrase est do la plus vieille date de la poésie française, et de la bonne prose.

11 iàut l'éviter, et mettre à la place, toutefois ou tepeudani ; ou bien insérer pourtant dans le milieu du vers, ou après les mots de la phrase.

Bmlpau. • . «^. . . .

Qoi mit, tout à )>lâiDer, sou étide et sa gloire, . A pourtant de ce roi parlé comme ^histoire.

Clément.

Pouvoir avec peut^étre^ postibU» C'est une négligence d* employer le verbe pouvoir avec peut 'être f possible^ impossible^ Peut-être otec le secours de ses umis pourra«t-il réussir. Dites: Peut-être réussira^t^H avec le secours 4e ses amis» Il est impossible qu'on puisse #'tmaginer quelle douleur lui causa cette mort* Sites : on ne peut s'imaginer quelle douleur lui causa cette mort.

Propositions. Elles n^ont aucune des propriétés qui convieanent au nom. Elles sont de tout genre, de tout nombre. Elles ne sont ni du masculin, ni du féminin. Elles n'ont ni singulier, ni pluriel : la seule attention qu'elles exigent, c'est la manière de les employer avec leurs régimes ; par exemple, ce seroit une faute d' écrire, X regarder au travers les vitres, on â travers des vitres , il faut dire au travers des vitres, ou â travers les vitres.

On dit encore : // est hors du royaume ; et cependant il faut dire et écrire : Tous les juges furent du même avis^ hors le président.

Plusieurs de nos verbes ont à leur suite à et un infinitif. Cherchez à rendre service. Aimez à secourir les malheureux. Travaillons à nous former.

D'autres prennent de» Je vous conseille de partir. II a promis de travailler d votre om^ vrage»

D'autres enfin prennent de ou d, selon que l'oreille le demande. Tels sont :

A peine a*t-on commencé d vivre, qu'il faut songer à mourir.

Il avoit commencé d' écrire sa lettre.

Apollon sourit de la vision de ce poêle qui vouloii continuer à lui débiter ses extravagances.

Avec les verbes commencer^ continuer, enga^ geTy commander, exhorter, forcer, s^efforcer, manquer, obliger, tâcher, on emploie de, surtout quand il s'agit d'éviter plusieurs à, ou la rencontre de plusieurs voyelles. Ainsi, on dira: Il commence de sortir du jardin.

NB, — On trouve à chaque verbe, dans le Dictionnaire^ les prépositions qui doivent* les suivre.

La répétition des prépositions n'est nécessaire aux noms, que quand les substantifs ne sont pas synonymes. Exemple : par les ruses et les artifices de mes ennemis. Ruses et ariificesy sont synonymes ; c'est pourquoi il ne faut point répéter la préposition par ; mais si, au lieu à" artifices y il y avoit armes y il faudroit dire : Par les ruses et par les armes de mes en^ mis, 11 en est ainsi de plusieurs autres prépositions, comme pour, contre, avec, sur, sous et leurs semblables.

La préposition peut ne pas se répéter, lorsque les noms, sans être synonymes, sont équi" pollens : Pour le bien et l'honneur de ses mai'* très. Bien et honneur ne sont pas synonymes, mais ils sont équipollens. — V au G EL a s»

On tient la répétition des prépositions néces-^ saire devant des substantifs équipollens. Ainsi, il faut dire : Pour le bien et pour t honneur de Son maitrcy et non pas, pour l'honneur et- le bierty etc. — Académie.

11 faut remarquer que si une préposition est suivie de plusieurs complémens, elle doit se répéter à chacun d'eux ; on ne dit pas: «/'ar travaillé pour vous et moi, contre elle et lui; je vais à Lyon et Avignon ; mais, j'ai tra^ vaille pour vous et pour mot, contre elle et comtre lui:- je vais à Lyon, et à ^ot^tton.— •Girard.

Présider. Ce verbe veut ordinairement la

préposition à. En France, le chimcelier^ comme chef de ia justice, préside à toutes, les campa» gnies de judieature.

Od dit quelquefois sans préposition » présider une compagnie. Celui qui présiduit la compagnie^ répondit : Je suis son ancien, je le présiderai toujours,

PftÉTENDRE*

Mais^ connois Palchérie, et cesse de prétendre.

Ce verbe prétendre exige absolument un ré<« gime. Ce n'est point un verbe neutre. Ainsi, la phrase n*est point achevée.

On pourroit dire : Cesser d*aimer et de haïr, quoique ce soient des verbes actifs, parce qu'en ce cas, cela veut dire : Cessez d^avoir des sentie mens d^ amour et de haine. Mais on ne peut dire, cessez de prétendre, de satisfaire, de concourir, — Voltaire.

Prétérit simple et prétérit composé. On ne peut indifféremment employer Tun pour l'autre et dire, par exemple : j^eus, pour j'at eu ; je fis povtr j'ai fait.

Dans ce vers du Cid :

Qàand je lai fis raffront, etc.

il auroit fallu dire: je lui ai fait. — Académie. Ce seroit pécher contre la langue, que de dire: je reçus de l'argent ce matin ; je rendis mes comptes cette semaine; parce que ce matin, cette semaine font partie du jour et de la semaine oit Ton est encore. On feroit également, une faute si l'on disoit: Nous vîmes

de grande èrènemem dtmê ce siècle» dans cette année, dans C9 mois, danê cette semaine, parce que le siècle, l'année, le mois et la semaine dont on parle ne sont pas encore écoulés. Il faudroit dire : Nous avons vu de grands événemens, etc.

Notre Langue est si exacte dans la propriété des expressions, qu'elle ne souffre aucune excep* tion en ceci. Mais on peut indifiRéreranent se servir du passé défini, quand le temps dont on parle est entièrement écoulé ; ainsi, on peut dire : fat éerit ou fitrivis hiet ; fai été ou je Jus malade la semaine passée.

Prétexte {sovê ou sur). Il faut mettre sous en la plupart des pbtases : sous prétexte ; sous ombre d^amitié, sous telles et telles conéu tiens, etc.

On a seulement remarqué à cet égard, que* lorsqu'on y met un article, on dit quelquefois â«r, comme sur un si léger prétexte, il osa bien lui dire, ètc.«*^TAi.L£MANT.

Prier de. Prier a. On n'emploie prier à qw'avant manger, dîner, souper, quand par le mot prier f on veut marquer une prière de des^ sein prémédité et de cérémonie. Je suis prié à dtner pour demain. Il m'o^prié à souper pour vendredi.

Dans les antres cas, prier régit de. Je voifs prie de le prendre sous votre protection. Il m'a prié de Raccompagner, on m* a prié de lanote.-^

ACADÉnfE.

Promener» C'est mal parler que dédire:

:fi lions promener, il e^ allé promènera II faut mettre le pronom possessif dans ces sortes de

us

pfarasan : aUons natij promener aux Tuilerm ; U esi allé te promener.

Il est vrai qu'on dit : Je Renverrai bien pn^m mener ; je l'ai emtoyé promener ; mai8 promener est neutre, passif dans ces &çoiis de parler.— 4-

Pronom PERSONNEL. Ce pronom est abso»* Inmeot nécessaire danns certaines phrases.

Jlfon fils est essÊm. digne que la prÎQoesse

Lni dosncy ay«c sa mmsty restime et la teadrtiM.

VcHiâ wi solécisme intolérable, ou fdntdt un barbarisme. On ne donne point l'estime et la tendresse comme on donne le bonjour. Le pronom étoît absolument nécessaire ; les esprits les plus grossiers sentent cette nécessité. Jamais le bourgeois le plus mal élevé n'a dit à sa mat«tresse, aecordez-moiVestime^ mM motte eetime. Lm raison en est qoe tons nos sentiiAens notes appartiennent. Vovs excitée mm colère, et ooà pas la colère, mon indignation et non pae Tin*digsaition ; à moins qu'on n'entende l*inâigna« tion, la colère du public. On dit : Voms moez Vestime et Vamour du peuple ; voue avez mon amoàr et mon eethne. Le vsrs de Lamotte n'est pas français ; et riln n'est peut-être plus rare que de parler français dass notre poésie^ — ^Vol-

TAI^RB.

Prononciation. Toutes les règles sur la prononciation, en général, toutes les tentatives faites pour l'exprimer par des signes, sont parfaitement inutiles ; la prenoociatien ne peut être

sentie que par Toreille ; il ii*y a qu^une mère qoi puisse, à cet égard, servir de maître à son enfant. — Foy. VAreriissement.

Propre à. Propre de. Propre, quand il signifie convenable à, qui peut servir à, etc., régit à ou pour. Vn homme propre à la guerre «tt pour la guerre.

Quand le verbe qui doit suivre propre a une signification passive, il faut mettre à.

Vn fruit mûr n*est pas propre à confire.

Propre \proprius, a, un, peeuiiaris,, e) quand il exprime une qualité particulière et distinctive, prend la proposition de» La pudeur est une vertu propre du sexe*

Pureté de la langue. Songeons à conserver, dans sa pureté la belle langue que l'on parloit dans le grand siècle dé Louis xiv.

Ne commence-t*on pas â la corrompre ? N'estce pas corrompre une langue, que de donner auE termes employés par les bons auteurs, une signification nouvelle ? Qu*arriveroit-il, si vous changiez ainsi le sens de tous les mots? On ne TOUS entendroit ni vous, ni les bons écrivains dn grand siècle*

• • « • Chaque langue a des mots désagréables que les hommes éloquens savent placer heureuse- .inent^ et dont ils ornent la rusticité : C'est un èrand art ; c'est celui de nos bons auteurs. Il faut donc s'en tenir â l'usage qu'ils ont fait de la langue reçue.

Quelques auteurs qui ont parlé allobroge en français, on dit élogier, au lieu de louer ou faire

^ usai! éloge; par eoMte^ av lieu d'au contraire ; èduquer pour élever, donner' de l'éducation : égaliser les fortunes^ pour égaler.

Si l'on continue» la langue française, si polie, redeviendra barbare. Notre théâtre l'est déjà par des inûtations abominables : notre langue le sera -de même. Les solécismes, les barbari^mos, le style boursoufflé, guindé, inintelligible, ont inondé la scône depuis Racine, qui sembloit les avoir bannis pour jamais par la pureté de sa diction, toujours élégante. '

La prose n'est pas moins tombée. Oii voit dans des livres sérieux et faits pour instruire, une affectation qui indigne tout lecteur sensé.

Le défaut contraire à Taffectation est le style i^ifl^g^y lâche et rampant, l'emploi fréquent des expressions- poptilaires et proverbiales.

Il s'est glissé dans la langue un autre vice, c'est d'employer des expressions poétiques dans ce qui doit être écrit du style le plus simple.*—

VoiiTAlKE.

Qoe ne diroit-il pas aujourd'hui, s'il voyoit les livres nouveaux, hérissés de termes impropres, de locutions barbares qui, depuis quinze ou vingt années, infectent notre langue ?

Elle les doit principalement aux parleurs, aux écrivassiers nombreux que ' la révolution a fait éelore» et qui, de tous les points de la France, nous ont apporté ces expressions et ces phrases' provinciales qui déparent aujourd'hui la langue des Racine, des Buffon, et choquent également l^oreille, la grammaire et le bon sens.

Le mal ne peut qu'empirer par l'introduction

presqu' inévitable des locutions aljemandes, piémontaisesy italiennes, etc.

C'est ainsi que les conquêtes des Romains perdirent la langue latine^ par le mélange des langues barbares.

Il n'est qu'un seul moyen d'éviter ces locutions barbares, c'est de lire et relire les bons écrivains du siècle de Louis xiv, et ceux da dernier siècle, jusques y compris Thomas ; La Harpe, Palissot et Bernardin de Saint- Pierre, qui lui-même n'est pas toujours exempt de néologisme et d'une profusion d'épithètes qui donnent à son style une teinte de charlatanisme, pour parler en néologue. Il n'est également qu'un moyen d'empêcher qu'on n'achève dloublier le français, c'est de remettre' sans cesse sous les yeux les règles de la grammaire.

Exemplaria grœca Noctumâ versaie nuinUf versaie tUufiiâ.

N'oublions pas que, si les mœurs forment la langue, la langue à son tour caractérise les mœurs, témoin ce mot nouveau, démoraliser»

— Voy, NÉOLOGIE.

Quand. On ne peut employer quand pour si, supposé quCy qu'avant l'un ou l'autre des conditionnels.

Quand elle voudrait, elle seroit heureuse.

Dites, si elle voulait.

Quand il me parle, je lui répondrai. Dites, s*il me parle. — Garnie a.

Quand, Lorsque, s'emploient souvent l'un pour l'autre ; c'est une faute : on met quand pour signifier dans le temps que^ en supposant que, dans quelque temps,

Qu'on est malheureux quand on est au-dessus du reste des hommes !

, Quand le malheur ne seroît bon Qu'à mettre un sot à la raison, Toujours seroit'Ce ajuste cause Qu'on ledit bon à quelque chose. — Lafomtaine.

Quand Dieu par plus'd'fffets montra-t-il son pouvoir? —

Racine.

On met lorsque pour signifier dans! les occa* sions où, pour peu que, au moment où* Lorsqu'on est assez heureux pour entrevoir une lueur de vérité, la droiture du cœur doit suppléer ce qui manque à l'évidence de la lumière.

Que. Dans les phrases où la conjonction que et la préposition de sont suivies d'un infinitif, on ne sait souvent si on doit les mettre toutes les deux ensemble, ou si on ne doit en mettre qu'une, et laquelle ?

Pour lever la difficulté, il faut examiner, 1°. si dans la phrase il y a un sens de comparaison ou de restriction ; alors la préposition de- a besoin d*être accompagnée de que ; elle ne peut s'en passer que dans le cas où celle-ci serviroit comme subséquente : 2°. quand la conjonction que est comparative, il faut voir si elle est précédée de la préposition de, parce qu'alors elle l'exige aussi après. Exemple :

// n^est rien de si beau que de mourir pour sa patrie-

Si elle n'est point précédée de la préposition de, il faut voir si la première des choses oompa* rées est énoncée par un iti^nîtif ; parce qu'alors on peut admettre ou rejeter la préposition.

Exemple :

J^aimerois mieux périr que vous vQirg ou que de vous voir entre les bras d'un autre.

Si la première des choses con^parées n'est pas énoncée par un infinitif» alors il faut admettre la prépositbn. Exemple :

. ÏUen de sibeau.que de maîtriser ses passùms*

3®. Quand la conjonction que est restrictive, il ne se trouve etitr'elle et la préposition aucun rapport qui exige qu'elles soient ensemble; alors il faut consulter le régime du verbe ou l'influence des autres mots pour savoir s'il faut mettre dé avant T infinitif, ou se le pas mettre. Exemples :

Il ne fait que jouer. Il ne stmge qu^à se di^ vertir.

Il ne se soucie que d* augmenter son revenu*

Il est aisé de reconnoître dans ces exemples le régime des verbes. — Font en ai.

Que en régime composé, s'emploie dans les phrases où il n'a aucun rapport à ce qui pré* cède. Cest ainsi que V orgueil perdit les anges.

Despréaux et Bouhours ont fait des fautes en disant :

C'est à voaSy mon esprit, à qui je veux parler.

C*est â tious à qui |7 appartient de rigUr ces sortes â^ affaires.

Il falloity C*est à vous que ie veux parler.

V^est â vous qu*il appartient de régler ces sortes d'affaires.

Dans ces vers de Crébillon :

te

Malg^ré les plears amers dont j'arrose ces lieux. Ce n^est que du tyran dont je me plains aux Dieux.

Ce dernier dont est une faute ; il falloit :

Ce n'^est que du tyraa que je me plains aux Dieux.

On dira bien : Ce n*eet que du tyran dont je me plains 9 que je teux tirer^-tengeance^ parce qu'alors dont sera relatif é tyran.

Étoit-ce dans mon âme Où devoit s^allumer une coupable flamme ?

Dites : Etait-ce dans mon âme que devoit s^allumer^ etc. Dans cette phrase que avec Ure forme un gallicisme. — Waillt.

Que, précédant un pronom personnel, occasionne souvent de TobBcurité, une double entente: ye ne V admire pas autant que vous/ Estce autant que vous Vadmirez^ ou bien autant que je vous admire f II faut terminer la phrase.

Quel et Quelle, pour quelque. C'est une faute familière à toutes les provinces qui sont delà la Loire, de dire, par exemple : Quel mé~ rite que Von alty il faut être heureux ; au lieu de dire: Quelque mérite que ton ait; et & est une merveille, quand ceux qui pcirlent ainsi, s'en corrigent, quelque séjour quHls fassent à Paris ou à Iji cour.—- V au gela s.

Quelque. .. .çue, signifie à peu près la même chose que quoique. Quand il y a substantif entre quelque et que, on écrit quelques

si le substantif est au pluriel. Quelques richesses que vous ayez.

Quand il n'y a qu'un adjectif entre quelque et que^ quoique joint à des pluriels, il ne prend point d'5. Quelque habiles, quelque éclairés que nous soyons, etc»

Ainsi il y a faute dans cette phrase : Tous les peuples de la terre, quelques différens qu'ails soient, etc^

Quand on veut placer le spbstantif après le que et le verbe, il faut se servir de quel que, quelle que (en deux mots), qui désigne la qualité. Quelle que soit votre naissance, quelles que soient vos dignités.

Ainsi au lieu d'écrire : Quelque soit la puii^ sance d^un monarque ; écrivez : Quelle que soit la puissance, etc.

Ne confondez pas tel, telle que, avec queU que*,.. que ou quelque* On craint de se voir tel qu'on est, parce qu*on n^est pas tel qu*on devroit être. — Fléchier.

N'imitez pas l'auteur qui a dit : Un titre tel qu'il soit, n*est rien. Il falloit dire, quel qu'il soit.

Au lieu de dire : A tel degré d^ honneur que vous téleviez, il ne sera point content, dites ; d quelque degré, etc. — Wàilly.

Quelque exprime une quantité, ou réelle, ou morale. Il me reste quelque argent, j'ai quel^ que crédit, je tiens de quelques bons militaires, etc.

Sous ce rapport, quelque est un pronom simple, m?»"^''*" '^" ^4minin, qui se décline et qui

se joint à an adjectif ou à un substantif, à un singulier on à un pluriel.

Il ne change, pas de nature, quoique le substantif auquel il est joint suivi du que relatif, pourvu qu'il y soit immédiatement ; quelques richesses que vous ayez acquises : de quelques contrées que nous revenions ; à quelques beautés qucf vous adressiez votre hommage: là il est pronom.

Mais, si au lieu d'un substantif, c'est un adjectif qui sépare quelque du que auquel, il correspond, alors quelque devient adverbe, et ne prend plus le s au pluriel : quelque grandes que soient ses possessions ; quelque hardies que soient ses opinions.

Justes ne craignez pas le vain pouvoir des hommes. Quelque élevés quMls soient, ils sont ce qae nous sommes»

Rousseau.

Pour grands que soient les rois, ils sont ce que nous sommes. Corneille.

Dans ce vers on emploie pour à la place de quelque adverbe qui ne peut prendre un s.

Quel que forme deux mots, dont le premier se décline lorsqu'il signifie : tels que, de telle nature que, etc. Quels que soient vos secrets, je dois les respecter. Quelle que soit votre puissance, disoit Racine à Louis xiv, elle avoit encore besoin du secours de votre bonté. Quelles çu'aient été vos erreurs, votre repentir les efface.

L'adjectif pronominal 9110/9 ti€f se prend quel-

qaefois pour environ ; alors il est adverbe : iU étaient â quelque trois cents pas de nous.

Quelque sagesse dont on se yante, est une faute : il falloit dire, de quelque sagesse qu'on se vante. On ne dit pas quelque personne à qui Ton parle : il faut dire, â quelque personne que Von parle.

Que est si nécessaire à la suite de quelque précédé d'une particule» qu'il n'est pas permis de dire : en quelque endroit où l'on vive ; la syntaxe veut, en quelque endroit que Ton vive. Camin.

Qui relatif, sujet ne sauroit être séparé du substantif auquel il se rapporte. Ainsi n'imitez pas* cet exemple de Racme :

Phénix même en répond, qui Ta conduit exprès Dans un fort élmgné dn temple et du palais,

Boileau a dît aussi :

Et d^nn bras, à ces mots, qui peut tout ébranler. Lui-même en se courbant s'apprête à le rouler«

Racine, au lieu de quiy pouvoit mettre et, Boileau pouvoit dire :

A ces mots, éTime main qui peut tout ébranler. Lui-même, etc.

Molière dit de Tavare : Donner est un mol pour qui il a tant d^ aversion^ quHlne dit jamais, je vous donne, mais je vous prête le bon jour. Il faut pour lequel.

Le qui relutif ne se rapporte pas bien à des

verbes. Les Gaulois se disent descendus de Pluton, qui est une tnidition des Druides.

»-d*Ablancourt. Ce qui ne vaut rien ici.

Dites : Suivant une tradition des Druides^ les Gaulois se disent descendus de Fluton. — Wail-

Oti dit^ selon Restant : -La pluralité des dieux est une chose qu*on ne peut s*imaginer çtii ait été adoptée par des hommes de bon sens. Mais cette façon de parler est peu usitée ; elle semble d'ailleurs tout-à-fait irrégulière; enfin, elle a un air de gène qui choque Toreille : il vaudroit mieux dire : qu'on ne peut s'imaginer javoir été adoptée par, etc.

Ayertissons néanmoins que cette construction est employée par bien des auteurs :

C'est une douce erreur que^e prétends qui cesse.

D*oà Tient donc cette ennui qu'on voit qui vous dévore ?

PiRON.

Il auroit mieux valu dire: mais il faut, ou mais je veux qu^elle cesse. — Fontenai.

On ne diroit pas: Je vous envoie une chienne par ma servante, qui a les oreilles coupées.

Par ma servante n'est pas complément do chienne. Dites: Je vous envoie, par ma servante, une chienne qui, etc. .

On trouve rarement dans les bons auteurs, le qui relatif précédé d'une des conjonctions à, de, pourf aveCf etc., lorsqu'il se rapporte à des choses inanimées. On dit alors hquel^ laquelle, lesquels, lesquelles^ au lieu de qui.

bout, se met pour de qui, duquel, de laquelle.

desquels avec rapport aux choses comme aux personnes.— G A RN 1ER.

Qui. La plupart des écrivains commettent une faute en séparant le qui du substantif anquel il appartient. Il en résulte des phrases burlesques, ou tout au moins embrouillées. Par exemple : Il exigeait une préférence dans le commandement qui nuisait au prince» Est-ce la préférence ou le commandement qui nuit ? Dites : // exigeait dans le cammandement une préférence qui nuisait^ etc.

Quiconque est un pronom substantif qui ne se dit qu*au singulier : il est masculin quand il signifie celui ou ceux qui: et féminin, quand il signifie celle ou celles qui. Quiconque de vous, mes amis, bravera le danger, sera couvert de gloire; quiconque de vous, mes filles, osera broncher, sera punie.

Après quiconque^ on ne peut mettre il an dernier membre de la phrase ; mais Pusage autorise j>, en. tournant quiconque par celui qui; il seroit ridicule de dire, quiconque ou celui qui me désobéira, il sera puni ; il faut nécessairement dire ; quiconque de vous sera assez hardi pour médire dé moi, je l'en ferai repentir.— Cami-

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