‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 20 sur 29 · NADE · texte numérisé non relu

NADE

Quiproquo. 11 y a dans la langue française une foule de mots qui ne différent entre eux que par une consonne de plus ou de moins, même par une seule lettre : cela donne lieu à des quiproquo risibles dans la bouche de personnes même instruites, mais qui ne connoisseot pas les étymologies grecques ou latines. Tous

es mots qui donnent lieu aux quiproquo sont rapprochés les uns des autres au Dictionnaire des Paronymes é

Quoi ne peut se rapporter qu'aux choses.

On se sert rarement de ce pronom avec Ip rapport à une chose bien déterminée.

SoDt-ce let eUeaux avec quoi Ton tond les brebis ? Sont-ce là les ciseaux avec UêqueU^ — Garni er.

Quoique. Il ne faut pas confondre quoi^ que conjonction, avec quoi que pronom ; exemple : Quoique vous Tavez offensé il vous aime

Je n'écouterai pas vos raisons, quoi que

vous puissiez dire. Quoique conjonction s*écrit en un seul mot ; quoi que^^ (quelque chose que) pronom doit s'écrire en deux mots. — FoN-

TENAI.

RÀlLIiERIE (entendre RAILLERIE, OU LA).

Entendre raillerie^ c'est prendre bien ce qu'on nous dit, c'est ne s'en point fâcher ; c'est nonseulement savoir, souffrir les railleries, mais aussi les détourner avec adresse et les repousser avec esprit.

Entendre la raillerie^ c'est entendre l'art de railler : comme entendre la poésie, c'est entendre l'art et le génie des vers.^ — encyclopédie.

Raisonner. Résonner. On ne doit pas confondre ces deux verbes. Raisonner^ c'est discourir, se servir de sa raison. // raisonne sur de faux principes.

Résonner^ c'est retentir, renvoyer le sob.

Cette voûte résonne bien»

Faites la même observation pour raisomiementy faculté ou action de raisonner ; et résonnement^ retentissement, son renvoyé. — ^Waii.i.y.

RÉGIME DC VEBBE. Il importe de bien connoitre le régime du verbe, surtout de bien distinguer, lorsque deux verbes qui agissent sur le même objet ont des régimes différons, pour ne pas faire de fautes en écrivant : c'en seroit une grande de dire : il a entendu et profité du sermon^ parce qu'on ne dit pas, il a entendu du âermon ; il faut dire : il a entendu le sermon et en a profité ; de même on ne pourroit pas dire : les hommes sont toujours soumis et dépendans de Dieu, parce que soumis ne régit pas de, Dieuj mais à Dieu. Ainsi il faudroit dire : les hommes sont toujours soumis à Dieu et en dépendent. On écriroit encore mal en disant: le maréchal d'Hocquincourt attaqua et se rendit maître d'Angers ; parce qu'on ne dit pas, attaquer d'une place. Ainsi il faut écrire attaqua Angerf et s'en rendit maître. Enfin, il faut donner aux verbes comme aux .prépositions leurs véritables régimes. — Panckouke.

JViS.— Voyez le régime de chaque verbe dans le Dictionnaire.

RÉPANDRE, Verser. Répandre se dit d'upe liqueur qu'on laisse tomber sans le vouloir.

Ainsi on dit à un homme qui porte un vase plein de quelque liqueur : Prenez garde de ne pas répandre^ et non pas de verser.

Verser, se dit d'une liqueur qu'on met à des-

seîa dans un vase. On a versé du vin dans votre verre, il faut le boire. On a répandu du vin dans voire verre ^ etc., ne vaudroit rien.

Néanmoins on dit également verser ou répan^ dre le sang ; verser ou répandre des larmes. — Waillt.

RÉPÉTITIONS VICIEUSES. Tous les mots répétés dans une phrase, sous différeos rapports, Y jettent de Tobscurité, où bien ils font une cacophonie désagréable à T oreille,, et ; c'est ce qu'il faut éviter.

Vous ne seriez pas sans pain, sans la paresse qui vous tient toujours sans travailler.— Cacophonie.

Pour éviter ces répétitions^ on pourroit dire :

Voua ne seriez, pas sans pain, si la paressé ne, vous empêchoii de travailler.'^GAV.siE&.

Respirer, pris figurément, signifie désirer avec ardeur. Vous ne respirez que les plaisirs^ vous ne respirez que la guerre. Mais, ce qui paroît une bizarrerie dans notre langue, il ne se dit guère qu'avec la négative, car on ne di^oit pas, à beaucoup près, aussi correctement : Fous respirez les plaisirs, vous respirez la guerre.

Peut-être cela vient-il de ce que respirer, employé sans négative, a communément un autre seps. Tout respire ici la piété, signifie, non pas que tout désire ici la piété , mais' que tout donne ici des marques de piété. — d*Olivet.

Ressembler. On connoU ce joli madiigal de Racine :

Quand je revis ce que j*ai tant aimé.

Peu s^en fallut que mon feu rallumé Ne fît Tamour en mon âme renaître, Et que mon cœur, autrefois son captif.

Ne ressemblât Tesclave fugitif, A qui le sort fait retrouver son maître.

Il y a un solécisme. Il falloît dire à P esclave. Ressembler gouverne toujours le datif, aussi bien en vers qu'en prose. — Académie.

Ressentiment. Le P. Bouhours dit que ce mot se prend en bonijie et mauvaise part pour le souvenir qu'ion garde des bienfaits et des injures. Aujourd'hui il ne se dit guère qu'en parlant des injures. // conserve un ressentiment de l'injure quHl a reçue» Il ne put dissi-muler son ressentiment. On doit sacrifier ses ressentimens au bien de Vétat.

Ainsi, au lieu de : Je n^ ai pas perdu le ressentiment des bontés que vous m'avez témoignées ; je dis : Je h* ai pas perdu le souvenir des bontés que vous m^avez témoignées. — Wailly.

Ressentir se prend en bonne et mauvaise part. Je ressens les obligations que je vous ai. Elle ressent vivement cette injure.

Se ressentir ne se prend qu'en mauvaise part. Je me ressentirai de V injure que vous m'avez faite. On dit aussi : // m'a joué un mauvais tour, mais il s* en ressentira; pour, il en sera puni. On ne diroit pas bien : Je me reS' sens du plaisir qu'il m'a fait ; je m'en reS' sentirai long^temps, — Académie. Bouhours.

Rester, voyez Demeurer.

Ri EN 9 sans négation signifie quelque chose ;^ en latin quicquam. Rien flatte-tM êi déiieieuser ment V esprit et V oreille qu^un discours sagement pensé et noblement exprimé ? — d'Olivet.

Rien moins. Cette expression a quelquefois deux acceptions opposées. Avec le verbe être, elle signifie point du tout. Il n^est rien moins que sage, veut dire, il n'est point du tout sage. Elle a le même sens avec, t7 ii*y a, il n^y avoit etc.; comme, il n'y a, il n*y avoit ^ rien de moins vrai que cette nouvelle^ c'est-à-dire, cette nouvelle n'est, n'étoit nullement vraie.

Avec les autres verbes le sens sera équivoque, s'il n'est déterminé par les mots qui précèdent. Exemple : vous le croyez votre coneur* rent, il a d'autres vues, il ne désire rien moins, il ne se propose rien moins que de vous sup»

planter, il n^ aspire à rien moins qu'à vous supplanter ; q' est-à-dire, qu'il n'est pas votce concurrent, qu'il ne veut pas vous supplanter.

Vous ne le regardez pas comme votre concur* rent, cependant il ne désire rien moins, il ne se propose rien moins que de vous supplanter, c'està-dire, qu'il est votre concurrent. — Académie.

Comme il y a des phrases où ce qui précède ne détermine pas le sens, on pourroit ôter l'équivoque en plaçant, de entre rien et moins. Par exemple, on diroit, il n^aspire à rien de moins qu*à vous supplanter. Il ne souhaite rien de moins que de vous supplanter ; pour, il aspire réellement à vous supplanter. — Wailly.

Satisfaire. Ce mot est goivi delà pf^P??*'*"^ d, quand il signifie faire ce qn'oB d<Mt à régrara de quelque chose. It/oîil satisfaire à sim dew>^- Sath/aire a un régime simple, quand U Bignine contenter. Tout le» bietu du monde ne »o»* p*" eapaùlet de satisfaire !e cœur A»««ift.

On dit aussi latitfaire set eréaneieri, lenr payer ce qui leur est dû. Satitfaire «« homme q*'on a offenté, lui faire réparation.

Une chose satisfait l'eMpril, ies tena, le goni, la vue, l'areille; c'est-à-dire, plaît à l'espnt» aux sens, etc. SatU/aire l'attente de qHelqn"^^* c'est remplir l'attente de quelqu'nn^— Waili-^- Saukoit (on ne). Oh me peut. "« « êavroit, paroît plus propre pour marqner 1 impuissance où l'on est de faire une chose. Oi«-« peut, semble marquer pins précisément et avec pitis d'énergie impossibilité de la chose en ellemême.

Ce qu'on ne tauroit faire est trop difficile, ce qu on ntpeuf pas faire est impossible,— GiaA»i». , .»''. après plusieurs personnes nommées, pent laire équivoque, si on ajoute ces mots, r^«pr<^ 9«*mtBf. f^ttlueilement, i'ut* Faulre en cas que 1 action soit réciproque, et /'«fi et Pautre ou «*- "Vr»?'.!'^':-^-". si elle oe l'est pas.

•"•^ se trompe elle-môme.— G*»- C'eat un mot plus nouveau,

qa'heurenxy que signaler au lieu de désigner. On si^ale des qualités ; on désigne des objets. On ne signale pas même nn homme, quoiqu'on en donne le signalement. Ainsi l'auteur (Rîv.arol) désapprouvera lui-même cette façon de parler : Tous ces mots à plusieurs acceptions, seront exactement signalés dans ce Dictionnaire,^-^ Gkémbnt.

Singulier. On met le singulier, malgré les pluriels, qui précédent, quand il y a une expression qui réunit en une les pluriels, comme ce, chacun, personne, nul, tout, rien, etc. Per^ fidies, noirceurs, rapines, brigandages, ce n'est là, qu'une foihle esquisse de ce qui se passa en France sous le malheureux Charles VI.

Biens, dignités, honneurs, tout disparoit à la mort, la vertu seule reste.

Dans tous ces exemples on sous-entend. le verbe après les pluriels ; comme, Bi^ns, dignités, Aonfs«itr«,disparoissent.^Ottr disparoit à la mort.

Ainsi cette phrase du P. Berruyer n'est pas exacte. Les reptiles, les oiseaux, les bétes de la campagne, les animaux domestiques, tout ce qui respiroit sur la terre et dans les airs, périrent sans exception. Il faut pérît, à cause de tout ce qui, etc. — Wailly. .

Le singulier des noms communs s'emploie très-souvent pour le pluriel. Le Turc est entré dans la Hongrie.

L*ôfficier doit donner Vexemple au soldat. — Wailly.

SiNGULiEn et Pluriel ont et ent. Le t de»

mots qui se terminent en ont et ent, se chanp

présente nn sens déterminé, il faat-dire : ImB, elle, luùmime, eïlt^même. phases.

L Soi. qaand il se rapporte '^''» ^K' peut se metlre non-seulement a«c } indéfim, mais avec le défini; et il <;»";'«'»'.* *"^'^ genres = La vertu «( aimable de «. î Pf*^^'^ f^r<,mp«.M. Ce remède «( ôo» rfe «> ; 9««-

' S<.. S«, rapporté à un singulier, ne «»f«™^ aucune difficulté qui ne soit résolue par ce qui vient d'être dit ; car, «i est«0 V°^,'!.*Tr.nt le 40. Peut-il se rapporter à un pluriel î 1 ooi '« monde convient que non, s'il s'agit des p sonnes ; on ne dit qu'eux, et elles.

A l'égard des choses, l'Académie n admet ceUe locution que dans cette pbrase-ci : ÂJe wi, ce* choie» tant indifférentes. , .

Pour moi. si je n'étois retenu par le respect que je dois àTAcadémie, je condamnerow même cette phrase, étant bien persuadé que sot, qui est UD singulier, ne peut régulièrement se coi»tmire avec un pluriel. — d'Olïtkt.

Ces remarques na souffrent aucune exception pour la prose. Mais il faut être moins sévère pour les vers, et l'on peut dire avec Racine: Chanwoit, Jeune, tratnant tous les «œurs ^rèa toi. ___ 4v ccBùJoau :

^^^^^"taBBTtai uu autpur qui se flatte et qui s'aime, *■ ■wn ^QJB cl t'Ignore aot-wttme,

it équivoque, s'il Aoit employé de ' "■■ vil pas 4 quelle personne il a

Louise est allée chez Caroline» elle y a trouvé son amant, sa mère,.

On ne sait si c'est Vamaut, la mire de Louise ou de Caroline. Dites :

Louise a trouvé son amant, sa mère, chez Caroline, quand elle y est allée. Ou: Louijse a trouvé chez Caroline l"* amant, la mère de celleci. — Garnier.

Le pronom soi, appliqué aux choses inanimées», fait mal. — Madame Neckeb.

Son, Sa, Ses, Leur. Il se présente à l'égard de ces pronoms possessifs, tels que son, sa, ses, leur* une petite difficulté dont il est bon de parler. On dit bien, remettez ce livre, en sa place ; tous les corps. ont leurs dimensions » Là Seine a sa source en Bourgogne ; les arbres portent leurs fruits, chacun dans leur saison ; mais ce seroit use faute de dire, en parlant d'une maison, j'admire son architecture, ses ap^ partemens, sa situation ; et en parlant d'un arbre, ses fruits sont excellens ; il faut dire, fen aàmineV architecture, les appartemens,la situa-» tion; les fruits en sont excellens. > Tous les grammairiens ne donnent de ces distinctions que des raisons abstraites et fort obscures* V oici» ce me semble, celle qu'on peut en donner,, quoiqu'elle ne soit pas sans objection, à l'égard de quelques exemples particuliers. Les pronoms son, sa, ses, indiquent la propriété ; mais toute propriété ne convient qu'à ce qui est et respire* On ne peut pas dire que des appartemens, des fleurs soient la propriété d'une maison, d'une plante : on ne doit donc pas dire : V''

un bel arbre, j'admire sei âeurs, ses fruits : mais j'en admire les fleurs^ les fruits, etc. — Pamckoucke. Il semble que son^ sa, ses, peuvent être employés lorsqu'ils indiquent ce qui constitue l'être, comme, voilà un bel arbre, sa tige est bien droite ; car il n*y a pas d'arbre sans tige, et cette tige est plus que sa propriété; elle est sa partie constituante.

Les son^ sa, ses, quant ils sont près les uns des autres, et qu'ils se rapportent à deux personnes différentes, font amphibologie; c'est là un des grands embarras de notre langue. — Madame Neckeb.

Songer, s'emploie pour penser. Songez ^ vos affaires, à ce que vous faites.

Mais comme songer n'a pas de régime simple, on ne sauroit dire ; on songe de lui mille choses désavantageuses ; il faut, on pense de lui Biille choses désavantageuses.^^Yi^iijhY*

Sorte (toute). ^ On peut mettre indifféremnent toute sorte et toutes sortes, avec un génitif pluriel ; comme, toute sorte de malheurs, toutes sortes d^animaux.

Mais avec un génitif singulier, il faut mettre tàuie sorte au singulier. Je vous souhaite toute sorte de bonheur, et non pas, toutes sortes de bonheur.

On croit qu*avec le mot autre, il faut aussi mettre toute sorte au singulier, et dire : Toute autre sorte d'avantage l'eût bien moins flatté, plutôt que toutes autres sortes d'avantages. On dit naturellement: Tout autre que vous VaiU" roit fâ^^ ' ' ' -variant de la sorte, et non

pas» tous autres que vous Vauroient fâchè,^^ Académie.

Sorti (il a ou il est). Je suis sorti est le prétérit parfait du verbe sortir. Mais quoiqu'on dise : Je suis sorti ce matin pour telle affaire, le père Bonheurs observe, que ron dit fort bien : //y a huit jours que je n*ai sorti.

Il est certain que, si l'on demande, M. est M au logis f II faut répondre : // est sorti.

Cependant, comme le remarque Ménage, on doit dire: M, a so,rti ce matin^ et non pas, est sorti, pour faire entendre quUl est sorti et revenu. -^Th. Cori9eille.

Sortir. Ce verbe est neutre et non pas actif. C* est pourquoi, sortez ce chevaU pour dire, faites sortir ce cheval^ ou tirez dehors ce cheval, est très-mal dit.

La conversation a rendu cette phrase si eom* muiie; sorteZ'tnoi de cette affaire, que Ton n'a pu la blâmer, quoiqu'elle soit contre l'usage ordinaire du verbe sortir, qui est toujours neutre.

Il est certain que la plupart des gens qui ont des chevaux à faire voir, disent ordinairement, sortez ce cheval ûe Vécurie, pour dire, tirez ce cheval: maison ne peut dire, «nfres ce cheval, pour diite faites entrer ce cheval.

On a condamné, sortir le royaume,^ au lieu de sortir du royaume.

Quand à ce qu'on dit en terme de palais, la sentence sortira son plein et entier effet, il n'est pas mal ai^é déjuger d'où elle vient, puisqu'elle n'a aucune irrégularité. Ce futur sortira vient de 5or/ir, verbe actif, qui veut dire avoir, obtenir.

en latin sorltrt, et non pas de' swfUrp neutre, qui sig^nifie passer da dedans an dehors, en latin agredi; et s'il se conjuguoit au présent et à rimparfait de l'indicatif, on diroit: Je sortis^ tu sortis y je sortissois^ tu sortissois ; et non pas, je sors 9 tu sors 9 je sortoiSy tu sortoism

On le voit par cette phrase où le verbe sortir^ dans cette signification, est au subjonctif : J*en» tends que cette clause sortisse son plein effet,-^ Académie.

Soutenir (FAïAE). Il faut dire: Jfin de les faire souvenir^ et non pas, afin de leur faire souvenir. On dit au singulier : Je Cai fait souvenir de sa promesse, et non pas> je lui ai fait souvenir de sa promesse ; ce qui fait cen-* noitre que le relatif /«et /«jr doit être toujours mis à raccusatif,— Académie,

Substantif mal assorti au Verbe. Je vous assure qu'il y a beaucoup de passion dans r affection que j'ai de vous servir. On ne dit point fai une grande affection de vous servir. Dites, dans Venvie que j^ ai de vous servir.

Rien ne peut diminuer Vestime et raffection que sa Sainteté a pour votre mérite»

On dit bien, avoir de t estime pour le mérite de quelqu'un; mais on ne- dit pas avoir de taf^ fection pour le mérite de quelqu'un. On a de l'affection pour la personne même.

Nous aimons mieux acquérir, des fluxions^ et des catarrhes» Dites, gagner des fluxions.

On ne dit point, gagner un combat, L* Académie a approuvé la critique de Scudéri sur ce vers du Cid :

Le prince poar e€»ai de générosité.

Gagnerait des eonUnitSf marchant à mon côté.

L'Académie dit sur ce vers du Cid :

Voua élève en un rang qui n'étoit dû qu^à moi.

'■' Cela n'est pas français ; il faut dire, élever à un rang; et par conséquent élevé à un état»

On dira bien, élever en honneurs^ en dignité^ parce qu'il n*y a rien entre en et le substantif ; mais on doit dire, élever à une haute dignité , à de grands honneurs,

Susanne levoitles yeux vers le ciel, •• // éleva les yeux vers le ciel. Dites; leva les yeux au ciêL Cette phrase élever les yeux vers le ciel^ n'est point française. — ^Vaugelas.

Des écrivains modernes fourmillent de fautes que le bon sens et la réflexion peuvent faire éviter. On doit lire à ce sujet le sentiment de r Académie sur le Cidy les remarques de Vauge* las, de Boubours, les réflexions sur la politesse dn style de Bellegarde, le Dictionnaire Néologique, les agrémens du langage, etc., et surtout le Pi Bpnbours. — W^ i l l y .

Substantifs. Tous les substantifs topographiquei^ et chorégraphiques ne prennent jamais, de plunely s'ils ont un singulier, ni de singulier s''ils ont un pluriel. Ainsi Ton dit Pancienne Rame; mais l'on ne peut jamais dire les Romes : de* même les Pyrénéesj les Alpes^ ne peuvent varier leur nombre, ni leur terminaison. Encens ne souffre point de pluriel. Ainsi ce vers de Corneille, dans Pompée^ est répréhensible :

Mais quoique vos encens le traitent dMmmortel.

Oa peut observer ici qu'en aucune langue les métaux, les minéraux, les aromates, n'ont jamais de pluriel. Ainsi chez toutes les nations on offre de Vor, de V encens^ de la myrrhe^ et non des ors, des encens, des myrrhes.

Cependant Voltaire paroit avoir fait le pluriel orSy du moins en termes d'atts, depuis que la mode est venue de faire des bijoux d plusieurs orSy qui sont Tor pâle, For rouge, Por jaune et l'of vert.

Qui toari.à4our dans I*air poassoient des harmonies»

Corneille.

Quoique ce substantif harmonie n'admette point de pluriel, non plus que mélodie, musique, physique, et presque tous le^noms des sciences ^ et des arts, cependant, j'ose croire, dit-il, que daqs cette occasion ces harmonies ne sont point une faute, parce que ce sont des concerts différens. On peut dire les mélodies, de LuUy et de Rameau sont différentes. — Fontenai.

Suppléer à un régime simple, quand il signifie ajouter ee qui manque, fournir ce qu'il faui de surplus. Ce sac doit être de mille francs ; et ce qu*il y aura de moins, je le suppléerai. On dit. Suppléer ce qui manque à un auteur, poar remplir les lacunes de son ouorage.

Suppléer prend à, quand il signifie, réparer le manquement, le défaut de quelque chose. Son mérite supplée au défaut de sa naissance. La valeur suppléera au nombre. On ne dira pas bien: Supplée le défaut, suppléera le nombre. — Wailly.

Stm oh tmes. On gâte une pensée, une phrase, un epériode, si l'on y ajoute mal-à-propos des synonymes qui ne contribuent ni, à la clarté de Texpression ni à T ornement du discours, comme :

Les corps après la mort sont réduits en cendre et en poussière.

Mais on dira bien: Longin entend par le sublime, ce qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte. Ces trois verbes sont élégans, parce qu'ils enchérissent l'un sur l'autre. — Wailly.

Tâcher prend à, quand il signifie viser à.

Vous tâchez à m"* embarrasser. Il tâche â me nuire, — Acad. a. ,

Tâcher prend w» quand il signifie faire tous ses efforts pour parvenir à une fin.

Soyons sages aux dépens d'aiifrut, et tâchons de ne rien faire par où, personne puisse le devenir aux nôtres, — Wailly.

Tarder, pris impersonnellement, veut toujours de. Il lui tarde de partir y déjouer.

Tel, Telle que. Ne confondez pas tel, telle que, avec quelque que ou quel que. On craint de se voir tel qu'on est parce qu^on n^ést pas tel qu'on devroit être.

N'imitez pas T auteur qui a dit : Un titre tel qu'il soit, n'*est rien si ceux qui le portent ne sont grands par eux-mêmes. 11 falloit dire, quel qu* il soit.

Au lieu de dire : A tel degré d'honneur que vous PeUviez, dites, à quelque degré, etc.

TÉttoiN. Quand ce mot se prend pour mo- Dumenty marque qui atteste quelque chose, il n'a point de pluriel, et s'emploie adverbialenient. Témoin, les yictoires qu*il a remportées ; /émoin, les blessures qu'il a reçues. — Académie*

TÊTE (AVOIR DE LA), TeNIR TÊTB. // a

de la tête, en parlant d'un homme, signifie pour Tordinaire, ii a du jugement, de la condutiCm Ce général a de la tête. On dit que M* d« . « . • n'a point de tête.

Avoir de la tête, signifie aussi être opiniâtre» Cet enfant a de la tête, c'est-à-dire, est opi" niâtre.

Etre- homme de tête, être femme de tête, si- ' gnifie avoir du sens et de la conduite.

Tenir tête à quelqu*un, c'est s* opposer à quelqu'un, lai résister,^ ne lui point céder en quelque chose. Il trouvera des gens qui lui tiendront tête*

On dit dans le sens propre, tenir la tête à quelqu*un.

Tombé. J'ai sourent entendu dire: // a tombé, j'ai tombé, ce sont des fautes.

La langue n'admet que je suis tombé, il est tombé.

M. de Fontenelle apporta à l'Académie un de ses ouvrages qu'il venoitde publier. Quelqu'un des académiciens présens à l'ouverture du livre ayant lu ces mots : La pluie avoit tombé, feignit que des femmes l'avoient prié de mettre en question si, j^ai tombé ne pourroit pas se dire aussi bien jque je suis tombé. On alla aux voix, et M. de Fontep""'" •*•««« ut la parole, fronda merveilleuse-

ment ces sorieà d'innovations. A peine "finissoit-il, qu'on lui fit voir la page et la ligne où étoit la phrase que j'ai rapportée. Point de réponse à cela, si ce n'est celle d'un galant homme qui reconnoit ses fautes sans hiaisen-—

D'Olivet.

• Tout. Faut-il dire : Non-seulement tous ses honneurs et toutes ses richesses^ mais toute sa vertu s'évanouit ou s'évanouirent ? 11 faut sViMiitoutf au singulier, parce que tout fait sousentendre s^évanouirent après ses richesses. — y AUGE L As. Il faut ici le singulier à cause de mat#, et non pas à cause dé ioui^ comme l'a cru Vaugelas. En effet» ôtons tous^ toute, de la phrase, et nous ne laisserons pas de mettre le singulier : Non-séuiement ses honneurs et ses richesses, mais sa vertu s'évanouk. Si au contraire, au lieu de mais nous mettons et, nous dirons alors : Tous ses . honneurs, toutes ses richesses et toute sa vertu s'évanouirent.—

ACAJ>. — CoRNElLtE.

C'est une faute que presque tout le monde fait, de dire tous, au lieu de tout* Par exemple, il faul dire : Ils. sont touf étonnés, et non pas tous étonnés, parce que tout 9 en cet endroit, n'est pas nn adjectif, mais un adverbe, et par conséquent indéclinable, qui veut dire iout-à-fait : ils sont iout autres que vous ne les avez vus ; et non pas tous autres.

Ce n'est pas qu'on ne puisse dire, tous étonrnés, quand on veut dire que tous le sont. Mais nous ne parlons pas de l'adjectif; nous parlons de l'adverbe qui se joint aux adjectifs, ou " —

i*ordiiiaire aux participes passifs; comme, ils sont tout saleSf ils sont tout rompus, pour entièrement romptcf.— -Vauoelas* .

Cet adverbe tout est de même indéclinable devant ceux-là seulement (adjectifs ou participes), qui commencent par une voyelle ; car devant les autres, alors il devient adjectif et se décline : cette femme vint tout éplorée, et 8*en retourna /oufe consolée.

L'Académie a décidé â la pluralité' des saf* frages, qu'il faut dire et écrire : Elles Jurent tout itonnèeSf et non pas toutes étonnées ; quoique on demeure d'accord qu'il fi^ut mettre, toute et toutes^ devant les adjectifs qui commencent par une consonne : cette femme est toute beile, ces étoffes sont toutes sales ; suivant cette règle, il faut dire : Les dernières étoffes étoient tout autres que les premières, — Académie.

La règle est la même dans les circonstances où tout signifie quoique^ encore que^ etc. Tout habiles qu'ils sont, toute raisonnable qu'elle est, etc.

Tout, placé après plusieurs substantifs, exige le verbe au singulier. Biens^ dignités^ AoitneurSf tout disparoit à la mort. Bien exige la même chose. Jeux, conversations, spectacles, rien ne la tire de la solitude. — Panckoucke.

Travers (â ou au). On ne sauroit dire: â travers de, mais seulement àjravers le, on d travers lesy comme d travers les blés»

On emploie aussi à travers, sans qu'il suive aucun article ; comme en cet exemple : <i travers champs.

On met toujours un génitif, avec au travers, comme il passa au travers du camp des ennemis.

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