FONTENAI
Bruts. Pluriel masculin de l'adjectif brut* Voltaire a dit, en parlant de Dieu :
Comment, sans liberté, serions-noas ses .images ? Que loi reviendioit-il de ses brutes ouvrages /
Il falloit ouvrages bruts au masculin. Brutes
est le féminia de cet adjectif, oa bien le pluriel du substantif hrmte. Exemple :. la raison (ait une différence essentielle entre les hommes et les brutes. — La harpe.
Çl, si^ifiant tct, ne se joint qu*aTec le verbe venir : Ventz-çàm Avec tous les autres verbes, il faut employer ici. Couchez ici. Couchez çâ, vondroit dire couchez cela.
Cacophonie. La langue française, qui manque souvent d'harmonie, exige beaucoup d'attention et d'oreille pour éviter la cacophmiie. On cite pour exemple ce vers de Leblanc de Guillet:
£n crmrois-ta, Manco, Manco^Capac capable ?
Un plaisant répondit :
D*im tel forfait Manco croit Capac iocapable.
Pour pouvoir bien écrire, il faut avoir Toreille juste et délicate.
Capitaine des gardes, est un officier des gardes du corps. — ^Wailly.
Capitaine aux gardes^ est un officier des gardes- françaises. — W a i l lt.
Car. Le son aigre et dur de ce mot doit le faire éviter autant que possible. Racine et Molière en ont ri. Dans les Plaideurs, Petit-Jean dit :. . . .De l'éloquence, car.
Ce. Quelques-uns répètent ce devant le verbe substantif, et d'autres ne le répètent pas. Par exemple : Ce qu*il y a de plus déplorable, c^est, etc.
D'autres disent : Ce qui est de plus déplorable, e$t»
Il est toujours plus élégant de répéter ce, quand même le premier ce ne seroit pas beaucoup éloigné ; comme en cet exemple : ce qu'il y a de fâcbeux, c'est que.
On doit en user de même quand on a mis un antre mot que ce auparavant, comme : La diffi" cuite que ton y trouve^ c'est, et non pas est, qui ne seroit pas si bien à beaucoup près,
£n général, on doit toijy ours préférer cVif d estm
Si ee aToc être, est suivi des pronoms eux, elles, ou d'un substantif pluriel sans préposition, alors on met le verbe au pluriel. Ce sont vos ancêtres qui vous rendent illustre; imitez'les si vous ne voulez pas dégénérer.
Ainsi, au lieu de dire avec Bossuet : C'est eux qui ont bâti ce superbe labyrinthe, je dirois: Ce sont eux qui ont bâti ce superbe labyrinthe.-— Wailly.
Cela, se trouvant en opposition avec ceci, exprime une chose plus éloignée : Je n^aime pas ceci, donnez-moi de cela*
Certain, qui a un sens indéterminé lorsqu'on l'emploie pour quelque : certain temps, certaine personne, prend un sens déterminé lorsqu'il s'unit au mot âge : épouser un homme d'un certain âge, un homme âgé. .
C'est ne souffre après lui de préposition ou de particule que devant un pronom et un verbe, comme c'est à vous à y réfléchir ; c'est de quoi il faudra vous occuper*
Racine a dh:
CV«f votre illustre mère â qui Je yeux parler.
S*il avoit dit, c*eêt à votre illustre mère çne je ▼eux parler, il auroit fait un solécisme. On lit dans Fènélon: c^est oou« seul, 6 mon clierNarbal, pour qui mon cœur s'attendrit. Téjlé-
MAQUE, liv* III. — CaMINADE.
C'EST EUX otf CE SONT EUX. On a dit que pour parler plus régulièrement, et surtout en écrivant, il faut : Ce sont eux ; mais dans le discours ordinaire, c^est eux peut s'excuser.
Faut-il dire : C^est ou ce fat^ dans cette vue que l'on résolut, etc. ?
Il a semblé d'abord qu'il y avoit plus de régularité à ce fut^ parce qu'il s'agit d'un temps passé, et que c'*est est un temps présent. Mais on a trouvé néanmoins que ce fut est une espèce d'affectation, et qu'on dit toujours: C^est lui qui a fait le coup ; c'étoit lui qui s^y opposa; ce sont eux qui passèrent les premiers, qui otivrirent un tel avis. Tallement, sur VAta^ demie.
C'ÉTOiT. Lamotbe-le-Yayer condamne cette pbrase de Yangelas : Si chatoient nous qui èus^ sions/ait cela. Chapelain la condamne comme lui, et prétend qu'il faut dire : Si c^étoit nous, an singulier, comme on dit : c*étoit dix heures qui sonnoienty au singulier.
Ils ont raison l'un et l'autre. Le pluriel de rimpersonnel cVsf, ne peut se mettre qu'avec des troisièmes personnes, et jamais avec nous et vous. Si Ton pouvoit dire â l'imparfait : si c^i-
SI
toient nous çtiî €i{isions été ehoint^ on [jparroit dire au présent : Ce s&nt nous qu'on diotsit ; ce qui seroit une manière de parler insupportable.
On dit donc au singulier, en joignant c*esi avec nous et avec vous : C"est nous qui avons rétabli le calme ; c'est vous, généreux athlètes^ qui avez cow^attu glorieusement. Et an pluriel areo 1» ^rcïisième personne seulement : Ce sont enxqfuildnt le plus contribué au gain de la bataille^
On dit de même au pluriel en d^autres temps, comme an prétérit indéfini et au futur : Ce fu^ reni ceux qui, le voyant sans défense, prirent son parti. Ce seront eux qui auront le soin des affaires de la ville.
Ce qu'il y a de particulier, c^est qu'à l'imparfait, on met plutôt c^ et oit, que c*étoient avec un pluriel ; i^insi on dit : si c'étoit eux qui eus-sentjuit cela» Si Von vouloit ne point se trom-^ per dans sa conduite, ce seroit d^ habiles gens que Pon iroit consulter.^^Tu* Corneille.
Chacun. L'usage ne souffre plus qu'on dise un chacun comme l'assurent plusieurs grammairiens : peut-être cependant pourroit-on excepter, à la rigueur, certaines phrases usitées dans la conversation familière.
On propose une difficulté de grammaire : cha-eun est suivi d'un nom qui a un rapport de possession avec celui auquel chacun appartient ; ce rapport doit-il s'exprimer par son, sa, ses, ou par leur, leurs f Par exemple, doit-on dire : les hommes ont beau demander conseil^ ils en agiS'* sent toujours chacun selon leur /antaisie ou chacun selon SSL fantaisie ?
11 est certain que dans les phrases où le nom pluriel dont le mot chacun est le distributif, n^est exprimé ni par lui-même, ni par un pronom personnel et mis au pluriel, leur ne peut avoir lieu en aucune façon : que chacun songe à ses affaires. Je donnerai à chacun sa récompense. Nous récompenserons chacun selon son mérite. Quand dans la même phrase chacun fait contraste avec un nom pluriel auquel il appartient, alors il faut bien examiner à qui des deux ou du pluriel ou du distributif singulier répond plus directement le rapport de possession qu'on veut exprimer par l'adjectif «on ou leur: s'il répond au distributif, employez son, sa, ses ; s'il répond au nom pluriel, leur, leurs, doivent énoncer le rapport en question. — Fontenai.
Quand on a ainsi commencé sa phrase : Cka^ cun veut que le bonheur d'au/mt, nt trouble pas le sien, il ne faut pas changer de tournure ensuite, en disant, et que la paresse et la cupidité ne viennent point enlever le fruit de notre travail et de vos peines ; mais il faut, et que la paresse et la cupidité ne viennent point lui enlever les fruits de son travail et de- ses peines. — Madame Necker.
Changer à. Changer en. On dit : Changer une chose en une autre. Aux noces de Cana le Sauveur changea Peau en vin, La/emme de * Lot h fut changée en une statue de sel. Mais on ne diroit pas : he Sauveur changea Veau au vin, La femme de Lothfat changée à une statue de sel. Ainsi n'imitez pas Racine qui a dit:
Peot^tre avant la nuit Pheureuse Bérénice, Change le nom de reine au nom dMmpératrice.
Od diroit en prose ; change le nom de reine en celui d'impératrice,
Cepeadant on dit: Dans le Sacrement de V Eucharistie 9 le pain est chargé au corps de no^ tre Seigneur. Cet exemple est une phrase consacrée qui ne fait pas loi pour le langage commun. — D'Olivet.
Choi&« On ne s'en sert jamais au présent ni à l'imparfait de l'indicatif. Au prétérit on peut quelquefois s* en servir à la troisième personne du singulier, il chut^ et à la seconde du pluriel, vous chûtes^ mais jamais aux autres.
On ne s'en sert jamais à la première ni à la seconde personne du singulier, parce que y eus chuytu eus chu ne seroient pas supportables à l'oreille : mais on peut dire, il eut chu^ nous tûmes chUj vous eûtes chu, ils eurent chu.
Il n'a jamais d'impératif: au subjonctif, il n*a que la troisième personne du singulier de l'imparfait, qu'il chût; le prétérit que f aie chu, que tu aies chu, quHl ait chu, que nous ayons chu, que vous ayez chu, quHls aient chu ; et dans le plusque-parfait la troisième personne du singulier qu*il eût chu. — Fontenai.
Chose, est féminin; une chose nouvelle et bien faite. Cependant quelque chose est masculin.
Au lieu de dire : Voyez'Vous sous le ciel quelque chose qui soit permanente, dites quelque chose qui soit permanent ; ou quelque chose de permanent.
Mais chose est féminin, s'il y a un adjectif
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