ACAD
Tout-à'^coup marque toujours que la chose se fait brusquement, et qu^il y a de la surprise» ce que ne marque pas toujours tout d'un coup.
Courir, se mouvoir avec vitesse, etc., prend avoir. Il a couru toute la journée. Ainsi, on ne doit pas imiter Racine, qui a dit :
II en étoit sorti lorsque J'y suis couru»
11 falloit :
II en étoît sorti quand j'y suis accouru,
Couku. On dit indifféremment : J'ai accouru, je suis accouru ; mais Je suis couru est une faute. — D'Olivet.
Craindre. Toutes les fois que craindre est suivi de la conjonction çue, la particule ne doit se trouver, ou dans le premier ou dans le second membre de la phrase.
Dans le premier : Je ne crains pas qu'il verse trop de larmeSf et ici cette particule est négative.
Dans le second : Je crains qu*il ne verse trop de larmes, et ici la même particule, quant au son, est prohibitive.
Racine 1ui<4nême nous donne un bel exemple de Pun et de l'autre, en deux y ers qui suivent et qui sont dits par Andromaque parlant de son fils à Pyrrhus :
Hélas l on ne craint point quHl venge un jour son père 3 On craint qu'il n'essuyât les larmes de sa mère.
N* B. On craint qu'il n^eisuyât n'est pas français, il faudroit : Mats on craint qu'il n'essuie^ ou bien, on craindroit quHl n^essuyât.
On distinguera bien aisément ces deux particules, si l'on vent considérer que la prohibitive n'est jamais suivie de pas ou de points comme la négative Test ordinairement; et que si l'on mettoit pas ou point après la prohibitive, il en résulteroit un contre-sens* Par exemple, si nous disions : On craint qu'il n'essuyât pas les larmes de sa mère, nous dirions précisément le contraire de ce que Racine a dit.— D'Oli-