‹ Dictionnaire des difficultés de la langue française, extr. du Dictionnaire universelChapitre 9 sur 29 · ESTHER · texte numérisé non relu

ESTHER

C'est aussi le sentiment de Voltaire; il approuve ce vers de Corneille dans le Cid :

M'ordonner du repos, c'est ere^re me» malhmirst

Il me semble, dit*il, qu'il est permis de dire, craUrc me$ tourmem^ mes ennuis, mes douleurs, mes' peines, etc.

D, à la fin d'un mot, se prononce comme I devant une voyelle ou un h : Chrand arbre , grand homme, prononcez : grantarbre, grantomme.

Bans et £k ne s'emploient pas indifféremment Tun pour l'autre ; on dit : la politesse règne plus dans la capitale que dans les provinces ; et il faut dire : il est en province, et il est dans la province de Normandie.

On ne dit pas indifféremment : le monde qui est à Paris^ et le monde qui est dans Paris ; par le monde qui est à Paris j on entend celui qui s'y trouve pour le moment ; et par le monde qui est dans Paris, celui qui s'y trouve habituellement.

Davantage. Cet adverbe est le synonyme ^e plus, dont il partage la signification. Mais il y a entre eux cette différence essentielle, que plus veut ou admet un que à sa suite, et que davantage n'en reçoit jamais.

Bien des gens parlent mal lorsqu'ils disent : Je ne vous dois pas davantage que cent écus.

Il faut dire : Je ne vous dois pas plus que cent icus.

'Davantage se met toujours absolument ; je n'en veux pas davantage, n'en demandez pas davantage. — Acad«

Davantage ne s'emploie bien que quand il est

seul, et alors il n^est pas préposition, mais adverbe. La science est estimable, mais la vertu l'est bien davantage.

Davantage ne soufiTre point les prépositions ; on dit bien : vous avez eu beaucoup de peines, et je crains que par la suite vous n'en ayez en-eore davantage ; mais on ne peut dire : je crains que vous n^ayez davantage de peines que vous iCen avez eu. Dites plus.

De, après un verbe :

Et je puis dire enfin que jamais potentat N'eut à délibérer d^in si g^rar^d coup d*état.

Corneille.

L'usage veut afujourd'hui que délibérer soit suivi de la préposition sur ; mais le de est aussi permis : on délibéra du sort de Jacques u dans le conseil du prince d* Orange, Mais je crois que la règle est de pouvoir employer le dCj quand on spécifie les intérêts dont on parle. Ou délibère aujourd'hui de la nécessité ou sur la nécessité d'envoyer des secours en Allemagne. On délibère sur de grands intérêts, «tir des points importans.

Afin de la convaincre, et détromper le roi.

Corneille.

Il faut, pour l'exactitude, et de détromper; mais cette licence est souvent très-excusable en vers* Il o'est pas permis de la prendre en prose. — Voltaire*

L'emploi de la préposition de, dans le sens à*avec ou de pur, étoit familier à Racine et à Despréaux.

\yaà vient qoe d'un soin si cruel L.*iDjaste Ag^amemnon m'arrache de Tautel?— Racine.

Au lieu de, avec ioin»

Vaincu du pouvoir de vos charmes.— -Racine,

Au lieu de^ par le pouvoir.

Cependant il y a des endroits où cela paroît, du moins aujourd'hui, avoir quelque chose de sauvage.

Mais c*est pousser trop loin ses droits injurieux, Qu'y joindre le tourment que je souffre en ces lieux.

On diroit en prose, que d^ y joindre ; en effet, il n*est pas indifférent d'employer ou de supprimer la préposition de devant les infinitifs qui suivent la conjonction que. Ces deux phrases, il ne fait que sortir ^ il ne fait que de sortir y présentent des sens tout différens. Plus on étudiera notre langue, plus on admirera Tusage qu'elle sait faire de ses prépositions, entre les*quelles distinguons-en deux, à et de^ qui soutiennent presque tout l'édifice. — D'Olivet.

DÉ CESSER. Ce mot employé pour cesser ^ signifie tout le contraire de ce qu'on lui fait dire, le dé étant un privatif.

Dedans.

Va dedans les enfers plaindre ton Curiace.

Corneille.

On ne se sert plus du mot dedans ; et il est toujours un solécisme, quand on lui donne un régime. On ne peut l'employer que dans un sens absolu : Et€s*vous hors du cabinet f non je suis dedans» Mais il est toujours mal de

dire : dedans ma chambre^ dehors ma chambre.'^ Voltaire.

DÉJEÛNEa de ou avec un pâté. La pTeoaîère locution est préférable, afin de réserver la seconde pour dire : déjeûner avec quelqu*un,

DÉLICE est masculin au singulier, et féminin aii pluriel ; c'est un délice de boire frais en été ; vous ferez toujours mes plus chères délices.

DÉLIVRER. Quand délivrer signifie livrer^ il ne peut avoir deux régimes de personnes. On dit bien, délivrer des marchandises à queiqu^un; mais on ne doit pas dire, délivrer un prisonnier à quelqu^un» Ainsi, au lieu de : VouleZ'VOus que' je vous délivre le roi des Juifs ? Délivrez^ nous Barahhas / 11 falloit dire : Voulez^vous que je vous renvoie ou relâche le roi des Juifs f Re» iâcheZf ou renvoyez-nous Barabbas / — Bou-^

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