Cocher, vieux français caticher
calceus\ chausson-caleçon [calzone).
camerarius, chambrier-camérier [cameriere). canacula*^ chiennaille-canaille (canaglia). capreolus^ chevreuil-cabriole [capriola].
castellum, château-castel [castello].
castratus, châtré-castrat (casfrato).
catafalcus*, échafaud^-calafalque (catafalco). cauma^y chômer-calmer (calmare), cavea, cage-gabie (yabbia).
costuma* ^^ coutume-costume [costume), crescentum, croissant-crescendo (crescendo), délectant em, délectant-dilettante (dilettante), ducatus, duché-ducat [ducato]^.
ducem^ duc-doge [doge], dominicella, demoiselle-donzelle {donzella). duo^ deux-duo (duo), exquadra*^ équerre-escadre [squadra) ®.
fuga^ fuie-fugue (fuga).
imposita, impôt-imposte {imposta), incarnatus, incarné-incarnat (incarnato) ^.
1. Calceus a donné le français chausse (d'où chausson)^ l'italien calzo (d'où calzone).
2. Echafâud était à l'origine eschaafaud, eschadafaud, cadafaud, et correspond au provençal cadafalc, espagnol cadahalso.
3. Du grec xaO[jLa. Ce radical a donné le vieux français chôme, prov. chaume, signifiant repos (d'où chômer)^ et d'autre part l'italien calma, d'où calmare qui, au xvi« siècle, a donné calme.
4. Forme contractée de consuetudinem qu'on trouve déjà dans les chartes du vn^ siècle.
5. Le ducato était à l'origine la monnaie frappée par le duc de Ferrare.
6. Squadra^ sign. carré de soldats, et escadre eut ce sens au xvi® siècle : une corruption du mot escadre est escouade qui signifiait à l'origine aussi bien une flotte qu'une troupe de fantassins ; on trouve encore escouade au sens de flotte dans les Mémoires de Bassompierre, I, 302.
7. Mentionnons aussi le mot ingambe, venu au xvi« siècle de l'italien ingamba, et qui correspond exactement au français enjambe. — Deux radicaux germaniques ont aussi donné lieu à des doubles formes intéressantes : c'est frais, fresque (de it. fresco), qui viennent l'un et l'autre du vieil haut-allemand frise, — lot, et loto (de it. lotto) du vieil hautallemand hloz (lot). — Enfin l'italien macarone (pluriel m.acaroni) nous
lacuna^ lacune- lagune (layuna).
ligare lier-liguer (legare).
metallea, maille-médaille (medaglia).
opéra, œuvre-opéra (opéra), palatinus, palatin-paladin {paladino), planas, plain-piano {piano), prœstusy prêt-preste (presto], quadrare, carrer-cadrer (quadrare).
reductus, réduit-redoute (ridotto).
renegatus, renié-renégat (rinnegato).
reversus, rcvers-revêche [revescio). *
scala, échelle-escale (scala), schistus, schiste-zeste (zesto) *.
staticum*, étage-stage (staggio).
tenorem, teneur-ténor (tenore).
tympanum, tympan- timballe (timballo).
villa, ville-villa (villa), voluta, voûte- volte (volta).
Citons k part les suffixes latins en ata qui donnent ée en français, ata en italien, et l'italien à son tour devient ate, ade, en passant au français :
adcollata*, accolée-accolade (accolata).
arcata, archée-arcade [arcata].
a donné au xvi« siècle macaron, au xix« macaroni. — Pour los termes de musique on trouvera sans doute la présente liste incomplète. Nous n'avons admis que les termes d'usage commun (opéra, piano, ténor, etc.), laissant de côté les mots purement techniques (allegro, andante, alto, etc.).
1. Ajoutons à cette liste scorsonère (de l'italien scorxa-nera, équivalent du français écorce noire), — soprano, d'un type latin superanetis (qui a donné au français souverain). De l'arabe torgomdn (interprète) sont venus : l* Drogman. 2' Truchement, qu'on écrivait anciennement truclwman, qu'on pourrait dériver de Titaiien lurcimanno, espagnol trt^/aman; mais les" formes du vieux français drughmant (Villehardouin, LXXXVI), drugement (Join ville, 242), s'y opposent — Le vieil hautallemand alansa a donné le françiiis alêne, l'italien lésina (qui signifie au propre alène^ au figuré avarice, et dans ce sens a donné au xvi« siècle le français lésine).
camerata^ chambrée-camarade (camerata] ^ . cahallicata* , chevauchée-cavalcade (cavalcata) . cantata, chanlée-cantate (cantata).
cruciata*j croisée-croisade (crociata).
ex-cappata* ^ échappée-escapade (scappata). imboscata*, embusquée-embuscade (imhoscata). muscat a ^ musquée-muscade [muscat a], parata, parée-parade (parafa), pommata, pommée-pommade (pommata) ^.
salata, salée-salade (salata) ^.
sonata^ sonnée-sonate (sonata).
stratây estrée-estrade (strada).
§ 2. DOUBLETS D'ORIGINE ESPAGNOLE
L'invasion de la langue espagnole en France depuis le temps d'Henri III jusqu'à la mort de Louis XIII laissa sur notre idiome une empreinte relativement forte ; elle a créé une vingtaine de doubles formes par la rencontre de mots espagnols avec des mots français d'origine commune :
adjutantem, aidant-adjudant (ayudante).
camerata, chambrée-camarade [camarada] .
capitaneus^, capitaine-capitan (capitan).
casa^ chez^-case (casa).
catena, chaîne-cadène ^ (cadena).
1. Camarade vient plutôt de l'esp. camarada que de l'italien. — Ajoutons ici briguée-brigade (it. brigaia).
2. L'it. pommata désignait à l'origine un onguent fait de pommes d'api et de saindoux.
3. Salata^ herbes qu'on mange avec du sel. — A ces formes ajoutons le doublet taillée-taillade (de it. tagliatia).
4. Capitaneus (dérivé de cajmt) avait déjà donné au vieux français les formes chevetaine et cataigne.
5. La forme française de casa est chez (voyez ma Grammaire historique, p. 212), cependant case est déjà dans Rutebœuf, p. 196 ; caser est dans Roncisvals, v. 5.