‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutique (volume 2)Chapitre 70 sur 107 · TUBES · texte numérisé non relu

TUBES

un liquide analogue à l’acide hydro-cyanique , de l’acide oxalique, etc. Ces re'sultats ne nous donnent presque aucune idée sur le principe de l’odeur des truffes , principe dans lequel gissent leurs propriétés échauffantes. On en prépare un sirop qui est quelquefois, mais bien rarement, donné comme aphrodisiaque. Une odeur semblable existe dans un fossile du Vicentin, nommé lartujfite, et que M. Jules Desnoyers a retrouvé abondamment en France dans le département de l’Orne près d’Argentan. L’analyse de ce fossile , par MM. Vauquelin et Moretti , n’a pas beaucoup éclairci l’origine de son odeur. L’azote qu’ils y ont découvert leur a fait présumer que cette odeur était due à des débris d’animaux. V. le Mémoire de M. Jules Desnoyers, inséré parmi ceux de la Société d’Histoire naturelle de Paris, t. I , p. 17g. (G. ..N.)

TUBÉREUSE. Polyanthes Tuberosa, L. Belle plante de la famille des Narcissées, originaire de l’Amérique méridionale, et maintenant cultivée dans les jardins d’Europe, à cause de ses fleurs qui exhalent une odeur agréable, mais qui peut déterminer une sorte de narcotisme chez les personnes dont le système nerveux est facile à irriter. Les parfumeurs fixent cette odeur dans les pommades et les essences pour la toilette. Les bulbes de tubéreuse sont âcres et vomitifs. (G... N.)

TUBES. Tuyaux cylindriques plus ou moins longs et plus ou moins gros. Ceux employés par le pharmacien sont en verre, en porcelaine , en platine , eu fer, en cuivre. Les tubes de verre sont les plus employés ; leur diamètre varie depuis la capillarité jusqu’à 3 ou 4 centimètres. On en fait même d’un diamètre plus considérable , mais ils sont peu employés. Les tubes capillaires servent à construire les thermomètres ; ces mêmes tubes, fermés des deux bouts, servent de baguettes ; ils sont employés pour agiter les liquides , lorsque l’on fait des expériences; il est cependant plus commode d’employer des tubes pleins , et d’arrondir les angles à la lime, à la meule ou à la lampe de l’émailleur.

Les tubes d’une plus grande dimension sont mis en usage pour soumettre des gaz ou des vapeurs , seuls ou mêlés à

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d’autres corps, à l’action de la clialeur. 1 1 ‘est souvent nécessaire de les recouvrir d’une chemise de terre ; on appelle cette opération luter. Ces mêmes tubes servent â faire des cloches recourbées , des éprouvettes, des tubes gradués.

Les tubes qui ont de 4 à 10 millimètres servent à faire des tubes courbés , des siphons ( V . ce mot), des pipettes, des aréomètres , des tubes de sûreté. V ■ les planches. (A.. C.)

TUE-CHIEN. Un des noms vulgaires du colchique. V. ce mot.

TULIPIER. Liriodendron Tulipifera, L. — Rich. Bot. méd. , t. II, p. 636 (Famille des Magnoliacées. Polyandrie Polygynie, L. ) Grand arbre originaire des forêts de l’Amérique septentrionale, et maintenant cultivé dans les jardins d’Europe , où il s’est parfaitement acclimaté. Ses feuilles sont grandes, pétiolées, irrégulièrement quadrilatères, tronquées au sommet, à 4 lobes aigus, d’un vert très clair et parfaitement glabres. Ses fleurs sont grandes, d’un jaune verdâtre, et ressemblent par leur forme générale à une tulipe; elles ont un calice à trois sépales, une corolle à six grands pétales; environ vingt étamines kypogynes. Le fruit est une sorte de cône allongé formé de la réunion d’un grand nombre de carpelles.

L’écorce des jeunes branches de tulipier est amère, mais non astringente. On s’en sert, dans l’Amérique septentrionale, comme médicament tonique et fébrifuge. Administrée à titre de simple tonique , la dose est d’un gros à deux gros ; comme fébrifuge, d’une demi-once à une once, soit en poudre, soit en décoction. (A. R.)

TUNGSTATES. Combinaisons résultant de l’union de l’acide tungstique avec les bases salifiables Ces sels ne sont pas employés. V. Acide tcngstique. (A. C.)

TUNGSTÈNE. Scheelium. Corps combustible simple métallique, découvert en 1781 par M. Délliuyart. Ce métal, qui n est pas employé , se rencontre dans la nature à l’état de sel et combiné à de la chaux et à de l’oxide de fer. 11 a depuis quelques années été trouvé dans des mines de manganèse par MM. Vauquelin, Laugier et Chevallier. Ce métal a été rangé

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par Fourcrov, parmi, les métaux cassans et acidiüables, puis parM. Thénard , dans la quatrième section. On l’obtient en mêlant l’acide tungstique à du charbon , faisant une pâte avec de l’huile , chauffant dans un creuset brasqué.' (A. C.)

TUNGSTIQUE. V. Acide tungstique, t. I, p. ig^.

TURBITH MINÉRAL. V. Suleate de MERCURE.

TURBITH VÉGÉTAL. Convolvulus Turpethum, L. ( Famille des Convolvulacées. Pentandrie Monogynie , L. ) Cette espèce de liseron croît dans les Indes orientales , et particulièrement dans l’iledeCeylan. Ses racines à l’état récent sont cylindriques, flexueuses, très longues, rameuses, pleines d’un suc laiteux. Séchées et telles qu’elles se voient dans les pharmacies, elles sont en tronçons de 4 à 5 pouces de long sur un demi-pouce à un pouce de diamètre , c’est-à-dire environ de la grosseur du doigt ; le corps ligneux en a été séparé; l’extérieur est gris-cendré ou rougeâtre , l’intérieur blanchâtre, compacte , composé de fibres parallèles longitudinales , ou de vaisseaux propres renfermant une résine jaune orangée. La coupe transversale de ces tronçons offre des trous ronds apparens à la vue simple , ce qui donne à l’intérieur de ces racines l’aspect d’une tige de bambou ou de jonc coupée transversalement. Cette observation, qui est due à M. Guibourt, paraît n’avoir pas frappé les anciens pharmacologistes.

Les racines de turbitli sont inodores ; leur saveur est d’abord nulle , puis elles laissent une impression âcre et nauséeuse. De même que le jalap, qui appartient au même genre de plantes, le turbith végétal est un purgatif drastique , autrefois plus employé qu’il ne l’est aujourd’hui. Il entrait dans ùn grand nombre de préparations que les médecins modernes ne prescrivent plus.

M. Boutron-Charlard a publié ( Jouai, de Pharm. , t. VIII, p. 122) une analyse du turbith végétal, dont voici les produits : résine; matière grasse; huile volatile; albumine; et fécule amilacée. (G...n.)

TURBITH (EAUX ). V . Tiiapsie. Ce nom, ainsi que celui de lurbilli des montagnes , a été encore appliqué vulgairement

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au Laserpitium lalifolium, L. , plante île la famille des Ombellifères.

TURION. Turio. Ou désigné sous ce nom le bourgeon de certaines plantes vivaces, situé au collet de leur racine et se confondant avec lui. Les turions de plusieurs plantes sont comestibles; tels sont ceux de l’asperge et du houblon.

TURNEPS. Les Anglais donnent ce nom, qui est maintenant reçu dans la langue française, à la grosse rave. V . Rave.

TURPETHUM. V. Turbith végétal.

TUSSILAGE. Tussilage) Fqrfara, L. — Ricli. Bot. méd. , t. I, p. 3gi. (Famille des Synanthérées Corymbifères de Jussieu. Syngénésie superflue, L. ) Cette plante, vulgairement nommée pas d’âne , croît dans les localités humides , et particulièrement dans les terrains calcaires. Ses tiges ( rhizomes ) sont souterraines, rampantes, et se propagent au loin. 11 en pousse, vers le premier printemps, plusieurs petites hampes hautes de 6 à 8 pouces, couvertes d’écailles lâches et cotonneuses, terminées par un seul capitule de fleurs jaunes. Ce capitule a les folioles de l’involucre lancéolées étroites, formant une sorte de cylindre autour des fleurs qui au centre sont tubuleuses, hermaphrodites, et à la circonférence forment une rangée de demi-fleurons en languettes et femelles. Les feuilles naissent après l’apparition des fleurs; elles sont grandes, pétiolées, cordiformes, anguleuses et denticule'es sur leurs bords, d’un vert clair en dessus , blanches et cotonneuses en dessous.

Les fleurs exhalent une odeur agréable qu’elles conservent par la dessication ; leur saveur est douce et un peu aromatique. On les emploie en infusion théiforme comme adoucissantes dans les affections de l’appareil pulmonaire. L’infusion doit être passée dans un linge fin , afin d’en séparer les poils de l’aigrette, qui pourraient irriter la gorge et augmenter la toux . Ces fleurs font partie des espèces pectorales ; on en fait un sirop particulier, et elles entrent dans le sirop de 'grande consoude. 1 1

On employait autrefois les feuilles do tussilage dont la sa—

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