‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 102 sur 130 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

reclissouclre une deuxième fois dans l’alcool; on ajoute à cette solution du charbon animal purifié par l’acide hydro-chlorique ; on fait bouillir quelques instans, on filtre et l’on fait évaporer.

Labrucine cristallise , par une évaporation lente , en prismes réguliers , ayant plusieurs lignes de longueur ; si l’on hâte l’évaporation, on l’obtient au contraire sous forme de feuillets nacrés. La saveur de la hrucine est amère , apèrbe, persistante ; cette substance est soluble dans 85o parties d’eaxi froide , dans 5oo parties d’eau bouillante. Exposéè au contact de l’air , elle n’éprouve aucune altération; exposée à l’action de la chaleur, à une température un peu plus élevée que celle de l’eau hoaillante> elle se fond , se prend par refroidissement en une masse qui a læaucoup de ressemblance avec la cire. A une température plus élevée encore, elle se décompose, fournit de l’eau, de l’acide acétique, de l’hydrogène carboné, un peu d’acide carbonique-, de l’huile empyreumatiqiie en assez grande quantité.

La hrucine a été employée dans l’art médical , par MM. Andral fils et Magendie. Ces praticiens l’ont administrée dans les mêine§ cas que la strychnine (i). M. Andral fils a établi en prinqipe que 6 grains de hrucine produisent les mêmes effets que ceux qui résultent de l’emploi d’un grain de sfrichuyne impure cl, d’un demi -grain de strychnine à l’état de pureté. Ce jeune 6t .savant praticien a employé cette substance dans des cas de paralysie, à la dose d’un grain à cinq. M. Magendie a admintet'ré ce médicament avec succès dans le cas d’atrophië. Il faisait prendre chaque jour à ses malades 6 pilules contenant chaèune uri huitième de grain de hrucine.

,1 Ce médicament , lorsqu’il fait partie d’une préparation médicale, doit être divisé exactement dans cette pt'éparation.

La hrucine ne doit être délivrée que sur l’ordonnance d’un médecin connu, et après que les formalités voulues par la loi ont été remplies.

(i) Des cxperierffsint'ditcs qui Hoüs ont été 'ctiràiriilniqucVs doivent f.iiie i-egarder les propiitte's therape iniques’ de la bnieiiïe Ooniine bien difFerentes de celles de la sliichnyne. .

Les réactifs qui peuvent faire reconnaître la Bruciiie , sont : 1°. l’acide nitrique concentré; cet acide lui donne une belle couleur rouge cramoisi qui passe au jaune si l’on élève la température. 2°. Le proto-hydro-chlorate d’étain, mis en contact avec le nitrate de hrucine formé avec l’acide nitrique concentré et à l’aide de la chaleur, donne un mélange d’une belle couleur violette.

Les secours à donner contre l’introduction de la hrucine dans l’économie animale consistent : déterminer le vomissement,

soit à l’aide des vomitifs ou des moyens mécaniques; 2°. l’insufflation de l’air dans les poumons y 3“. les purgatifs ; 4°. l’usage de l’eau éthérée et l’huile de térébenthine. Si le poison avait été appliqué à l’extérieur, l’emploi de la ventouse doit être fait le plus tôt possible. place ventousée doit être incisée, puis brûlée par la pierre infernale.

Les médicamens dans lesquels entre la hrucine sont 'les suivans :

Pilules de hrucine.

Brucine

Conserve de roses. . .

( T 2 grains) 6 décigrammes , ( ï gros ) 2 grammes.

Mêlez potar faire 24 pilules bien égales, et argentées à leur surface.

jtlcool de brucine.

Alcool à 36° Brucine. . . .

(1 once) 32 grammes, (18 grains) g décigrammes.

Cet alcool, destiné à être introduit dans des potions, à ladosc de 6 à 24 gouttes , doit être préparé exactement.

• Potion stimulante préparée avec la hrucine.

Eau distillée de menthe. ( 2 onces) 64 grammes ,

Brucine pure (6 grains) 3 décigrammes.

Sucre blanc (2 gros) 8 grammes.

Dissolvez la hrucine .à chaud, dans un peu d’alcool; versez-la

484 BRYONE.

solution alcoolique sur le sucre, réduisez en poudre, ajoutez ensuite l’eau ; faites un mélange bien exact , qui doit être donné à la dose de 2 cuillerées à bouche , une le matin, l’autre le soir. La brucine, d’après l’analyse qui en a été faite, est com-

posée de

Carbone 7^,04

Azote 7,22

Hydrogène 6,52

Oxigène . 1 1 ,21.

La brucine cristallisée a été considérée comme un hydrate formé

D’eau 21,65

Brucine 100.

La brucine s’unit aux acides; elle forme des sels. V. Sulfate , etc. ( A. C )

BRYONE (racine de) . Br y onia albaj L. — Ricli. Bot. méd. 1. 1 , p. 35o. Bulliard, Herb. pl. 55. (Famille des Cucurbitacées, Juss. Monoeci'e Monadelpbie , L. ) Cette plante est assez commune dans les haies et dans les lieux incultes. Sa racine est charnue, très grosse, fusifornie , souvent rameuse ,i4d’un blanc jaunâtre extérieurement , et d’un blanc gris à l’intérieur. Sa tige est grimpante, herbacée, légèrement velue, anguleuse et rameuse; elle porte des feuilles alternes, hérissées de poils courts et rudes, pétiolées , écbancrées en cœur à leur base, divisées en cinq lobes anguleux, celui du milieu plus long et plus large, La tige est, en outre, munie de vrilles très longues et souvent simples. Les fleurs sont ordinairement dioïques , les mâles portés sur des pédoncules grêles et axillaires ; les feuilles moins nombreuses , aussi axillaires , et portées sur des pédoncules beaucoup plus courts. Le fruit est une baie pisiforme, noire ou rouge, contenant trois à six graines. Plusieurs auteurs distinguent deux espèces dans la plante que nous venons de décrire ; l’une monoïque et à fruits noirs , qui serait le vrai Bryonia alba,\j.-, l’autre dioïque et à fruits rouges, ou le Bryonia

imYONE. 485

f/tofcûtle Jac(|uîn ; mais ces plantes sont plus généralement considérées comme de simples variétés.

I.a racine de bryone, qui est nommée vulgairement racine de couleiLvrèe et navet du diable j a une odeur vireuse et nauséabonde lorsqu’elle est fraîche , et une saveur amère , âcre et même corrosive son suc produit des érosions sur la peau et purge avec violence. Ces propriétés ne disparaissent pas par la dessication, car, réduite en poudre,. elle purge à la dose de trente à quarante grains. Les anciens en faisaient beaucoup d’usage dans les bydropisies, la manie, et toutes les fois qu’il leur semblait utile d’évacuer les humeurs , c’est-à-dire d’exciter violemment le tube intestinal. Comme cette racine contient une grande quantité d’amidon, on a proposé de l’en extraire, en soumettant la pulpe à des lavages fréqxiemment répétés.

La bryone est un poison assez violent ; le fait suivant constate cette propriété. La domestique du nommé Vincent Viguez , de la commune de Paysie-Codon , près d’Aix en Othe, département de l’Aube , ayant mis dans le pot-au-feu une racine de bryone , qu’elle crut être un navet, cinq personnes qui mangèrent de la soupe trempée avec le bouillon furent empoisonnées, et leur salut fut dû à MM. Aflard et Millot, cliirurgiei^s , qui fui’ent appelés pour leur donner des secours nécessaires. Tous étaient sans connaissance à l’arrivée de ces praticiens.

Les secours à donner contre les accidens causés par la bryone consistent à faire vomir le plus promptement possible, et à administrer des adoucissans et des caïmans.

L’analyse de la bryone a été faite par M. Vauquelin , qui a reconnu dans cette substance, 1°. de l’amidon; 2°. une substance amère, soluble dans l’eau et dans l’alcool; 3°. de la gomme;, 4°. une matière végéto-aniraale; 5°. de la fibre ligneuse; 6°. du. sucre; 7“. du surmalate et du phosphate de chaux.

Une autre analyse de cette substance, faite par M. Dulong d’Aslafort, adonné à ce pharmacien les résultats suivans ; 1°. une matière amère, à laquelle la bryone doit ses propriétés drastiques et vénéneuses; 2°. de l’amidon; 3^ une huile verte concrète; 4“. de la résine; 5°. de l’alhurnine ; 6®. de la gomme ; 7”. du soust»

486 BRYONINE.

malate et du carbonate de chaux; S”, un malate acide, des cendres composées de carbonate, de sulfate et d’hydro-cblorate de potasse; dti carbonate et du phosphate de chaux, un peu d’ oxide de fer.

MM. Brandes et Firnhaher ont obtenu les résultats suivans, de 2000 parties de racine;

1°. Bryonine avec un peu 9°. Phosphates de magnésie et

de sucre

2°. Résine et un peu de cire

10®. Malate de magnésie

3°. Sous- résine

II®. Albumine concrète

4°- Mucoso-sucré . .....

12°. Gummarine ....

5”. Gomme

i3°. Matière extractive

6°. Amidon

i4°. Fibres

7”. Gélatine

i5®. Eau

4oo

8°. Fécule dui-cie .....

BRYONE DE L’AMÉRIQUE. On a donné ce nom à la racine de Méchoacan. V. ce mot.

BRYONINE. Nom donné à la-substance active de la hryone. Ce principe , signalé par MM. Vauquelln , Dulong d’Astafort, Brandes et Firnhaher, Collin, VItalis , s’obtient facilement par le procédé indiqué par M. Frémy de Versailles, dans le Journal de Chimie médicale j t. I , p. 335.

On prépare le suc de hryone, on le filtre, oh le sature par l’alcali volatil; cette saturation détermine la précipitation du malate et du phosphate de chaux; on sépare par filtration, on fait évaporer la liqueur filtrée avec ménagement. On obtient sur la fin de l’évaporation une pellicule cristalline, qui, recueillie et mise à sécher sur du papier, présente des rudimens de cristaux.

La bryonine, suivant les chimistes allemands, est d’une couleur rougeâtre, d’une saveur amère horrible; elle est soluble dans l’alcool , et analogue à la cathartine.

Son action sur l’économie animale n’a pas encore été étudiée.

BUGRANE. 487

BUGLE. Ajuga reptans^ L. — Rich. Bot. méd. t. I, p. 247. (Famille des Labiées, Juss. Didynamie Gymnospermie, L.) Jolie plante, fort commune au commencement du printemps , dans les bois humides et le long des fossés de toute l’Europe. Sa tige est simple, dressée, quadrangulaire , haute d’un demi- pied environ, émettant de’ sa base plusieurs stolons qui sont étalés sur la terre, et y prennent racine de distance en distance; elle porte des feuilles ovales presque crénelées et glabres. Les fleurs sont d’un bleu clair, et forment des verticilles très l’approchés ; elles sont munies de bractées qui diEFèrent peu des feuilles inférieures. Cette Labiée est une des plantes les moins aromatiques de toute la famille. Dénuée de qualités physiques , elle ne doit pas conséquemment posséder de grandes propriétés médicales. Cependant les anciens l’ont préconisée contre un si grand nombre de maladies, qu’il n’est pas facile de dire contre laquelle elle est le plus efficace. Aujourd’hui on en fait bien rarement usage, et dans quelques provinces., ou lui substitue sans inconvénient \ Ajuga pyramidalis, qui en diffère par l’absence des stolons, et par ses bractées trilobées. (A. R.)

BüGLOSSE. Anchusa italica. D C. Flore française- — Rich. Bot. méd. t. I, p. 277. ( Borraginées, Juss. Pentandrie Monogynie, L. ) C’est une belle plante herbacée, qui atteint jusqu’à trois pieds d’élévation, dont la tige est dressée, très rameuse, cylindrique, couverte, ainsi que toutes les autres parties de la plante, de poils longs et très rudes, et munie de feuilles alternes, entières, ovales, très aiguës, rudes au toucher, un peu ondulées sur les bords. Les fleurs sont grandes, d’un beau bleu d’azur, et disposées en panicules lâches à l’extrémité des rameaux. Ou trouve cette plante dans les moissons de l’Europe méridionale: elle n’est pas rare aux environs de Paris. La buglosse, dont les rapports botaniques avec la bourrache sont très marqué^» ^st aussi douée de semblables propriétés médicales , et on l’emploie aux mêmes usages. (A. R.)

BUGRANE. Ononis spinosa , L -- Rich. Bot. méd. t. 11 , p.546. (1^‘gumineuses , Juss. Monadelpliic Décandric', L.) Cette plante, vulgairement nommée arrête hœufj est extrêmement

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