‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 103 sur 130 · BUIS · texte numérisé non relu

BUIS

commune dans les champs incultes et les lieux stériles. Sa racine est yivace, rampante, très longue, d’une couleur brune à l’extérieur, et blanchâtre intérieurement; les tiges sont presque ligneuses et couchées à leur base, relevées à la partie supérieure, rameuses , velues et un peu visqueuses. Les rameaux se terminent le plus souvent en épines simples; ils sont garnis de feuilles alternes a trois folioles elliptiques denliculées', les deux latérales plus petites et accompagnées de deux stipules soudées avec la base du pétiole. Les fleurs sont d’un rose agréable , presque sessiles, axillaires, solitaires ou géminées.

La racine de cette plante est douceâtre, puis amère et nauséabonde ; séchée, elle a une couleur grise foncée à l’extérieur, blanche intérieurement , et elle offre une cassure rayonnante du centre à la circonférence.

Les anciens médecins l’avaient employée comme diurétique, et elle faisait partie des cinq racines apèritipes. Plusieurs auteurs modernes ont vanté son efficacité contre l’isohurie , l’iiydropisie de la tunique vaginale et l’engorgement du testicule : on l’administre en décoction a la dose d’une once pour deux livres d’eau. (A. R.)

BUIS. Buxus semperpirens — A. Rich. Bot. méd. t. I, J). 214. (Euphorbiacées, Juss. Moiioecie Tétrandrie, L. ) Cet arbrisseau , toujours vert , s’élève jusqu’à la hauteur de quinze pieds ; son bois est dur, uni , jaune , recouvert d’une écorce très mince; ses feuilles sont opposées, ovales, obtuses, lisses, coriaces, d’un vert foncé supérieurement, d’un vert clair sur la face inférieure qui est un peu concave. Les fleurs sont placées vers la partie supérieure des rameaux , dans les aisselles des feuilles, où elles forment de petits groupes très serrés et composés de fleurs mâles et de fleurs femelles entremêlées. Le buis croît abondamment dans les pays montagneux de l’Europe; il est surtout très commiTn dans les montagnes du Jura près de Saint-Claude. Les habitaus de ce pays en font de charmans ouvrages de tour et de tableterie.

Le bois et la racine réduits en poudre grossière au moyeu de la râpe , ont été vantés comme sudorifiques, et on les a employés

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avec succès dans le traitement des maladies syphilitiques et des rhumatismes chroniques. La dose de la râpure du buis est d’une à deux onces pour deux livres d’eau que l’on fait réduire d’un tiers. Toutes les parties du buis ont une saveur amère, nauséabonde et une odeur désagréable facile à reconnaître. On dit que certains brasseurs, pour économiser le houblon, mettent des feuilles de buis dans leur bière, à laquelle ces feuilles communiquent une amertume qui plaît à quelques buveurs. Cependant les feuilles de buis prises en décoction sont laxatives ; la fraude des brasseurs n’est donc pas sans quelques dangers pour la santé publique. ( A. R. )

BURSERINE. Nom donné par M. Bonastre à la sous-résine qu’il a obtenue du baume de sucrier de montagne , V Hedwigia balsamiferaj gommier rouge des Antilles. ( Journal de Pharmacie ^ septembre 1826.) (A. C. )

BUSSEROLE ou Raisin dovviS.Arhutus Uvaursij L. — Ricb. Bot. méd. , t. I, p. 335. ( Famille des Ericinées. Décandrie Monogynie. ) Petit arbuste rampant, dont la tige est ligneuse, couchée à terre , rameuse , glabre, munie de feuilles alternes, ovales , presque obtuses, entières , très glabres, luisantes et d’un vert foncé en dessus, plus clair en dessous, épaisses et très fermes. Ses Heurs forment une sorte de capitule terminal ; leur corolle est urcéolée, et d’un blanc nuancé de rose. Cet arbuste couvre en^ abondance les rochers des hautes montagnes , surtout celles des Alpes et des Pyrénées. Il est très rare, et probablement il n’existe pas dans les Vosges, d’où cependant les herboristes et pharmaciens de Paris tirent presque tout ce qu’ils livrent au public sous le nom de raisin d^ours. C’est qu’ils confondent avec ces feuilles celles du Vaçcinium Vitis idœa^ L., qui offrent avec elles la plus grande similitude, mais qui pourtant peuvent s’en»distinguer , en ce qu’elles sont d’un vert brunâtre, moins fermes que celles à'Uva ursi^ quelquefois légèrement dentées et a bords toujours repliés en dessous 5 leur face inférieure est parsemée de points bruns très visibles ; enfin triturées avec de l’eau, elles donnent une liqueur qui, par 1 action du sulfate de fer, devient d’un beau vert, et forme en—

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suite un précipité qui conserve sa couleur verte. Les feuilles de busserole ont au contraire une couleur verte qui ne s’altère pas, et la face inférieure est encore verte et luisante. Triturées avec de l’eau, la liqueur est jaunâtre et donne un beau précipité bleu par le sulfate de fer. Leur saveur est fort acerbe, en raison de l’acide gallique et du tannin qu’elles contiennent, et qui est en assez grande quantité pour que, dans plusieurs contrées, elles soient employées avec, avantage pour tanner le cuir. On en faisait jadis un grand usage comme astringentes dans la diarrhée, les Heurs blanches, et comme diurétiques dans la gravelle; aujourd’hui elles ne sont plus guère usitées. (A. R.)

BUTYRIINE. La butyrine est une substance grasse qui fut décrite par M. Chevreul, en 1819; elle existe dans le beurre, où elle est unie à diverses autres substances, l’oléine, la stéarine, et à de petites quantités d’acide butyrique.

Pour obtenir la butyrine, on opère de la manière suivante: on prend du beurre, on le fait fondre; lorsqu’il est fondu, on le sépare, par décantation, d’une certaine quantité de lait de beurre avec lequel il était mêlé; on laisse refroidir très lentcnienjt le beurre ainsi purifié , en le plaçant dans une capsule de porcelaine très profonde ; on le tient exposé pendant quelques jours à une température de 19°. En employant ce mode d’agir et filtrant ensuite, on parvient à séparer une certaine quantité de stéarine qui a pris la forme cristalline et qui reste sur le filtre. On prend le composé huileux qui a passé ù travers les pores du filti'e , on l’introduit dans un ballon , on verse dessus une quantité égale à celle de l’huile, d’alcool à 0,796 de densité, et on le laisse dans un lieu dont la température soit de 19°; on agite de temps en temps; après 24 heures de contact, on décante l’alcool; on introduit ce liquide daus une cornue, on le soumet à la distillation en ménageant l’emploi de la chaleur. Le résidu de la distillation est de l’huile qui contient la. plus grande partie de la butyrine; on traite cette huile par du lait de magnésie : l’acide butyrique s’unit à la magnésie, et forme un sel très soluble dans l’eau; on filtre, on sépare la matière hui-

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