‹ Dictionnaire des drogues simples et composées, ou dictionnaire d'histoire naturelle médicale, de pharmacologie et de chimie pharmaceutiqueChapitre 108 sur 130 · CALCULS · texte numérisé non relu

CALCULS

nom de rotain^ et. qui servent de cannes ou pour battre les babits, sont les jeunes pousses de ce palmier. ^ (A. R.)

CALCEDOINE. On a donné le nom de calcédoine à une variété de quartz agate. Cette pierre n’est pas usitée dans l’art pharmaceutique; on peut cependant en retirer la silice, dont elle est presque entièrement formée. (A. C.)

CALCINATION. La calcination est une opération qui consiste à exposer un corps à l’action d’un feu plus ou moins vif, et pendant un espace de temps plus ou moins considérable, dans le but de le priver de quelques-uns de ses principes, qui se décomposent ou se volatilisent.

La calcination s’opère à vase clos, ou à vase ouvert, selon que la présence ou l’absence de l’air peut être utile à cette operation. Exemple : on calcine à vase clos les substances ligneuses, pour séparer l’oxigène et l’hydrogène du carbone; on calcine a vase ouvert le carbone, pour obtenir le résidu de la combustion (les cendres). On se sert, pour opérer la calcination, de divers vases, et particulièrement de ceux qu’on a nommés creusets. Voir ce mot. q ^

CALCIUM. Le calcium est un corps combustible simple métallique, découvert par Davy. Il existe dans les sels de chaux à I état d’oxide , combiné aux divers acides.

Il n’existe pas à l’état métallique dans la nature. On l’obtient de la même manière que lé barium. {V. ce mol.) A cet effet, on substitue au sulfate de baryte employé, le sulfate de chaux ; on le réduit en poudre , puis en pâte, dont on fait une capsule ^dans laquelle on met du mercure; on place ce vase sur une plaque métallique , et l’ori soumet à Tactiou d’un courant galvanique; on continue ensuite l’opération comme pour le barium.

liC calcium a ele obtenu en petite quantité. Ses propriétés ne sont pas bien connues; cependant on lui donne les caractères su. vans.- Il es^ blanc, brillant; il absorbe, l’oxigène avec rapidité, et se convertit en oxide de calcium (cliaux).^

Le calcium n’est pas employé. C v

CALCULS, (^JN'CRETIONS, PIERRES. On a donné le nom de calculs aux concrétions qui se forment accidentelle- Toaie 1.

5i4 CALCUr^S.

ment dans le corps des animaux. Quelques auteurs ont établi une dilFérence entre les calculs et les concrétions ; ils ont appelé calculs les corps étrangers, inorganiques, qui se forment dans les canaux ou réservoirs tapissés par une membrane muqueuse; et concrétions, les corps inorganiques étrangers qu’on rencontre dans les autres voies ou dans l’épaisseur des organes. Selon q\i’ils se rencontrent dans les divers organes , ils sont distingués en calculs biliaires ^ salivaires ^ urinaires j arthritiques j intestinaux J pulmonaires. {Voir ces mots.) (A. C.)

CALCULS ARTHRITIQUES. On aydonné le nom de calculs arthritiques aux concrétions qui se trouvent dans les articulations. Ces calculs sont formés d’urate de soude, de matière animale; quelquefois ils contiennent du carbonate et du phosphate de chaux. ^')

CALCULS BILIAIRES. On a donné le nom de calculs biliaires aux concrétions qui se rencontrent dans la vésicule du fiel, dans le foie ou dans le canal cholédoque. On les distingue en cystiques, hépatiques ou hépato-cystiques, selon qu’ils se trouvent dans l’une des trois parties que nous avons désignées. Ces calculs sont généralement composés de 88 à 94 parties de cholestérine, de 6 à 12 de matière jaune de la bile, et très souvent d’une petite quantité de picromel. Quelques-uns contiennent de l’albumine coagulée, de la cholestérine pure, de la matière verte, quelques traces d’une substance charbonneuse, du phosphate de chaux. Ces calcuH, examinés, n’ont pas fourni de cholestérine.

Les calculs biliaires des animaux ont été analysés par jVIlM. Fourcroy, Vauquelln, Thénard, John. Ces chunistes, dans ces circonstances, ont reconnu une matière grasse, huileuse, une matière résineuse produite par l’épaississement de la hile, de la matière jaune, de la bile, du phosphate de chaux, une matière acide, verte, amère. {Annales du Muséum j Annales de Chimie J Mémoires d’ArceuU. — Journaux étrangers.)

CALCULS INTESTINAUX. On a donné le nom de calculs, intestinaux aux concrétions qui se forment dans les intestins.

CALCULS. 5i5

Ces calculs sont, pour la plupart, composés de phosphate, de carbonate de chaux et de matière animale ; ils sont extrêmement rares chez l’homme : ceux qui existent chez les animaux sont nommés hézoards.

Les calculs intestinaux ont été analysés par MM, Watson, Thumherg, Péarson , Fischer, Giohert, Fourcroy, Bartholdi, Klaproth, Proust; ils y ont trouvé les substances suivantes; 1°. du mucus gastrique*, 2°. un principe salin, ayant de l’analogie avec le sel ammoniac; 3°. du carbonate de chaux; phos-

phates de chaux, de magnésie, d ammoniaque; 5°. des substances végétales; 6°. des poils feutrés, de l’acide phosphorique ; 7°. de la magnésie; 8°. de l’acide urique. Ces substances n’existent pas toutes dans un calcul , mais elles sont le résultat obtenu d’un très grand nombre d’analyses. (A, C. )

CALCULS PULMONAIRES. On a donné le nom de concretions pulmonaires aux calculs qui se trouvent dans les poumons des sujets afl'ectés de pneumonie chronique. Ces calculs varient de grosseur ; il en est de gros comme un grain de millet, d autres de la grosseur d’une noix. Le nombre de ces calculs que l’on rencontre dans les poumons est quelquefois considérable. Les calculs pulmonaires ont été soumis à l’analyse par MiM. Fourcroy, Nœring, Thomson, Henry,. John, Crunipton, qui les ont trou,vés formés, ï°. de phosphate de chaux^et de matière animale; 2°. de carbonate et de phosphate de chaux et de matière animale; enfin Nœring a trouvé dans les calculs d’un phthisique âgé de cinquante à soixante ans, une substance qu il a cru reconnaître pour de la magnésie (V. les tableaux de John traduits par Jiolfinet-. ) ( A. C. )

CALCULS SALIVAIRES. On a donné le nom de calculs salivaires aux concrétions qui se développent dans l’épaisseur des glandes salivaires ou dans leurs conduits excréteurs. Ces concrétions fournissent ordinairement à l’analyse du phosphate et du carbonate de chaux, liés par une espèce de gluten ou matière animale.

11 existe un grand nombre dehalculs qui sont peu connus ; de ce nombre sont ceux qui proviennent de l’estomac , des glandes

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lacrymales, tles mamelles (Haller), de l’oreille, du pancréas, de la glande pinéale, de la prostate, des vésicules séminales, de l’utérus, etc. La plupart de ces calculs sontlieureusement rares, et les cliimistes ne sont pas à même de les soumettre à l’analyse comme les calculs biliaires et urinaires. (A. C.)

CALCULS URINAIRES, Pierres de la vessie^ Calculs 'vésicaux* On a donne le nom de calculs urinaires aux concrétions cjui se forment dans les reins et dans la vessie, suivant qu’ils se forment dans l’un ou l’autre de ces lieux , on les nomme calculs rénaux ovL calculs -vésicaux. Lorsque les calculs vésicaux sont recouverts d’aspérités, on les nomme calculs muraux. / concrétions urinaires ont été examinées par un grand nombre de chimistes , au nombre desquels on compte ; Galen , Van Helmont , Haies , Margraf , Lehmann , Scheèle , Bergmaiin , Tycbsen, Scopoli , Linke, Giobert, Ingenhouss, Brugnatelli, Guyton-Morveau , Péarson , Lavoisier, Tenant, Wollaston, Black, Vol ta, Proust, Mascagni, Wurzer, Berzélius, Alemani, Brandes, etc., etc., etc.; et particulièrement par Fourcroy et Vauqueliu, qui publièrent, sur ces calculs, un travail préparé sur une collection immense.

Cette collection, due en partie aux dons de savans médecins, et particulièrement à MM. Sabbatier , Lassus, Pelletan , Jussieu, Boyer, Desebamps , Noël (de Reims), Petit (de Lyon), Pamard (d’Avignon), Manssion (d’Orléans), Giobert (de Turin), fît voir à ces savans que les calculs vésicaux contiennent sept substances bien distinctes : V acide urique , V urate d’ ammoniaque , le phosphate de chaux j le phosphate ammoniaco - fnagnésien j Voxalate de chaux j la silice J et une matière animale variable selon les diverses espèces

de calculs (i). *

Les pharmaciens étant souvent chargés de l’analy.se des calculs, et les médecins souvent consultés sur les caractères chimiques que présentent ces produits, nous donnerons, autant

(i) Nous nous sommes assure's que quelques-uns des c.nlcuts vésicaux con^ tiennent une petite quantité de matière gra-'^sc.

CALCULS. Si J

Cju’il nous sera possible, des détails et sur ces caractères el sur les moyens simples à mettre en usage pour reconnaître leur nature. Nous regrettons que les bornes que nous nous sommes prescrites en publiant cet Ouvrage , ne nous permettent pas de nous étendre autant que nous l’eussions voulu sur un article d’un si haut intérêt.

Calculs d’acide urique. Ils sont insolubles à froid, solubles dans une très grande quantité d’eau bouillante. La solution aqueuse laisse déposer , par refroidissement , de petits cristaux, jaunâtres, qui sont formés d’acide urique. Ils sont solubles dans les alcalis fixes , en formant d’abord une masse épaisse, pâteuse et comme saponifiée : cette inasse, s’il y a un excès d’alcali, est très soluble dans l’eau •, ou peut en précipiter l’acide urique en saturant les alcalis par l’acide liydro-cblorique. L’ammoniaque dissout pende ces calculs. L’eau de chaux agit sur ces concrétions, mais après un espace de temps plus ou moins long. (Laugier). Les carbonates alcalins ont été annoncés comme n’ayant aucune action sur les calculs; mais des expériences de Mascagny, de 1\IM. D’Arcet, Robiquet, Loiseau, etc., semblent prpuver le contraire. En effet, l’usage des eaux alcalines, de l’eau chargée de sous et de bi-carbonate de soude, ont la propriété de dissoudre les calculs qui avaient été reconnus dans la vessie. L’acide nitrique mis en contact avec ces calculs, les colore en rouge, en changeant la nature de l’acide urique , en convertissant une ])artie,du calcul en acide oxalique et en acide purpurique. (Péarson.) Soumis à l’action du feu dans une cornue, les calculs se décomposent et donnent naissance à du sous -carbonate d’ammoniaque, à du pyro-urate d’ammoniaque et à des lames blanches cristallines, qui sont de l’acide pyro-urique (i). Il laisse pour résidu un charbon , alcalin. M. Bcrzélius a Indiqué, dans son Iraite du Chalumeau j 1821 , des essais faciles à faire a 1 aide de cet Instrument, essais qui permettent en peu de temps de reconnaître la nature des calculs urinaires qui sont soumis

(i) Chevallier et Lassaigiic.

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à ce traitement. Il indique comme un des caractères des calculs d’acide urique , de brûler sur la fin de l’opération, avec un accroissement de lumière.

Calculs d’ urate ammoniaque. Les calculs d’urate d’ammoniaque se l’approchent beaucoup , par leurs caractères, de ceux de l’acide urique -, mais Ils diffèrent de ces concrétions , en ce qu’ils laissent dégager de l’ammoniaque lorsqu’ils sont traités par une solution d’alcali caustique (soude ou potasse) , dans laquelle ils se dissolvent parfaitement. Les calculs d’urate d’ammoniaque sont toujours en couches minces et unies , sans être constamment lisses; ils ont ordinairement peu de volume , et sont d’une couleur analogue à celle du café au lait. Ces calculs sont souvent mêlés de phosphates terreux interposés entre les diverses couches. Par la calcination , on peut séparer l’urate d’ammoniaque, de ces sels, qui restent en résidu.

Calculs de phosphate de chaux. Ces calculs sont formés de couches minces (i), friables, peu consistantes , se brisaiÿ en éclats ou en écailles, lorsqu’on les scie. Ils sont aussi formés de grains friables, peu liés entre eux. Leur couleur varie du blanc sale au gris, et leur apparence est toujours terne. Ils sont toujours mêlés à d’autres substances , et particulièrement à une matière animale analogue à la gélatiue. Soumis à l’action du feu, ils noircissent sans se fondre, laissent dégager des vapeurs ayant l’odeur de corne brûlée. Si l’on continue l’action de la chaleur, ils se conduisent comme le phosphate calcaire; mêlés avec de la soude, et chauffés ensuite, ils se boursoufflent sans éprouver de vitrification ; fondus avec l’acide borique et mêlés avec quelques fragmens de fer, on obtient par ce moyen un culot de phosphure de fer.

Les calculs de phosphate de chaux se dissolvent facilement sans effervescence , dans les acides nitrique et hydro-chlorique , en passant à l’état de phosphate acide. La liqueur filtrée, traitée

(l) Les caractères que nous indiquons généralement pour les calculs offrent quelquefois des différences qu’il eût été impossible de faire ressortir, à moins de faire un traité spécial sur ces produits.

CALCULS. 5ig

par les alcalis , donne un précipité floconneux, de phosphate de chaux. Brugnatelli avait annoncé la présence du phosphate acide de cliaux dans les calculs 5 mais MM. Vauquelin et Fourcroy n’ont pas reconnu l’existence de ce sel acide.

Calculs de phosphate ammoniaco-magnésien. Les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien, selon MM. Vauquelin et Fourcroy, sont en couches lamelleuses, spathiques , demi- transparentes, dures, cohérentes. Ces produits sont faciles à scier,, et ne se brisent point comme les précédons. La sciure obtenue pendant ce travail est flne , douce au toucher , d’un blanc éclatant; sa saveur est fade et douceâtre ; elle se dissout un peu dans la, salive. Dans quelques cas, le phosphate ammoniaco-magnésien est sous forme de cristaux rhomboïdaux brillans , ou sous celle de lames carrées, chatoyantes, quelquefois disséminées dans les cavités d’autres substances calculeuses. Selon ces saA'ans , il est impossible de confondre les calculs de phosphate de chaux avec ceux de phosphate ammoniaco-magnésien. Soumises à l’action du feu , ces concrétions noircissent , mais elles donnent moins d’ammoniaque que ne le font les calculs de phosphate de chaux, qui contiennent davantage de matière animale.

Ces calculs sont peu solubles dans l’eau ; cependant la solution qu’on peut en obtenir cristallise par une évaporation spontanée. L’acide sulfurique faible dissout complètement ces calculs. Les acides hydro-chlorique et nitrique dissolvent plus facilement ces concrétions que les calculs de phosphate de chaux. Les solutions acides traitées par l'ammoniaque ne don nent qu’un léger précipité floconneux, tandis que le précipité résultant de la solution des calculs de phosphate de chaux obtenu par le même moyen , est très abondant.

Les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien , traités par une solution concentrée de soude ou de potasse , ne se dissolvent pas ; mais il y a dégagement d’ammoniaque , et on obtient pour résidu de la magnésie, l’acide phosphorique se combinant aux alcalis.

Des calculs d’oxalale de chaux ou pierres murales. L’oxalate de chaux uni à une matière animale forme des calculs qui ont lex

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